Hello ! Non, je ne suis pas morte ! Désolée pour l'attente, j'ai eu quelques difficultés à écrire (les cours + un manque d'inspi/de motivation = pire combo pour un auteur).

J'espère que ce nouveau chapitre vous plaira !

Bonne lecture !


Le jour se levait paresseusement sur le village de Konoha. Quelques rayons de soleil transperçaient de leur lumière les nuages gris et illuminaient peu à peu la chambre d'une certaine Sayuki.

Quand elle sentit le changement de luminosité, Eirin ouvrit les paupières avec difficulté… et les referma presque aussitôt suite au violent mal de crâne qui l'assaillit. Elle effectua ensuite une nouvelle tentative et en profita pour se redresser en position assise sur son futon. Une grimace étira son visage alors qu'elle plaqua une main fatiguée sur son front

Par tous les Kamis ! J'ai l'impression que ma tête va exploser, geignit-elle mentalement. À quel point étais-je ivre hier soir pour finir dans un tel état ?

Eirin n'eut pas le temps de réfléchir plus longuement à la question, car un détail de la plus haute importance la frappa alors que son regard parcourait curieusement les murs qui l'entouraient. Elle ne se trouvait pas chez elle. Sa chambre semblait bien trop grande et luxueuse pour ça. Maintenant qu'elle y prêtait attention, une multitude de détails lui sautèrent aux yeux, que ce soit la soie de son yukata ou même la douceur des draps qui la recouvraient en passant par l'éclat discret du bois précieux du mobilier.

Ses yeux s'écarquillèrent soudainement de surprise. Sur le mur à sa droite trônait un immense symbole qu'Eirin ne connaissait que trop bien : un éventail rouge et blanc. Malgré son esprit encore embrumé par l'alcool de la veille, la jeune fille effectua directement le lien.

— Bon sang… marmonna-t-elle.

Les pièces du puzzle qu'était la soirée d'hier commençaient à s'assembler dans son esprit. Plus les souvenirs lui revenaient, plus un rouge honteux s'épanouissait sur son visage. Comment pourrait-elle regarder Madara dans les yeux après ça ? Et dire qu'elle venait à peine de lui avouer ses sentiments ! Eirin enfouit son visage aux creux de ses genoux et laissa ses cheveux glisser sur les côtés pour former un rideau rassurant. Cependant, elle n'eut pas le temps de se morfondre puisque la porte de la chambre s'ouvrit. La jeune fille ne bougea pas d'un iota, trop embarrassée pour parler à qui que ce soit.

— Eirin ? Tu vas bien ?

Évidemment. Elle avait espéré que quelqu'un, n'importe qui d'autre vienne la trouver et la « réveiller ». Mais non, il avait fallu que la première personne qu'elle croise soit Madara. Les Kamis ne lui accorderaient-ils donc jamais un peu de répit ?

Une main chaude et gantée se posa sur son épaule.

— Je peux revenir plus tard si tu as besoin de plus de repos, reprit-il.

Eirin prit une grande inspiration. Se murer dans son silence ne changerait rien aux événements de la veille… Et puis, Madara ne méritait pas ça. En revanche, elle se promit d'avoir une petite conversation avec la Yamanaka qui lui servait de meilleure amie.

— Non, ce ne sera pas nécessaire, ne t'en fais pas.

La jeune fille profita de sa lancée pour enchaîner, sans laisser le temps au Uchiha de lui répondre.

— Madara, à propos de hier… Je suis vraiment désolée. Tu n'aurais pas dû me voir dans un état pareil.

— Eirin…

— Et puis, tu as sans doute passé une mauvaise soirée par ma faute, l'interrompit-elle à nouveau. Par tous les Kamis, plus jamais je ne bois une seule goutte d'alcool ! Comment est-ce que je pourrais me faire pardonner ? À moins que…

— Eirin, regarde-moi.

Elle se figea, le cœur battant. Sa main droite vint ramener une mèche bleutée derrière son oreille, et son regard empli de gêne croisa les puits insondables qu'étaient les pupilles de l'Uchiha. Avec le temps, elle avait appris à déchiffrer ses quelques expressions faciales, mais le mystère derrière ses yeux lui restait encore inconnu.

— J'ai passé ma vie à combattre. J'ai vu toutes les horreurs auxquelles un homme peut assister, j'y ai même participé, mais j'ai aussi connu les joies des victoires et les fêtes qui s'en suivaient. Tu n'es pas la première personne ivre que je vois, et certainement pas la dernière.

Sa tirade paraissait peut-être un peu maladroite, mais elle eut le mérite de calmer la panique qui s'immisçait doucement dans le cœur d'Eirin. Elle lui sourit et dans un élan d'amour qui la surprit elle-même, elle enlaça Madara. Son nez se nicha au creux de sa nuque, là où elle pouvait profiter de son odeur qu'elle aimait tant. L'Uchiha se tendit légèrement à cause de ce contact physique inopiné. Leurs sentiments étaient certes partagés, mais Madara n'avait jamais été un homme très tactile Eirin s'en doutait. Pourtant, il finit par lui rendre son étreinte d'un bras malhabile dans son dos. Elle aurait pu rester là une éternité durant si une soudaine réalisation ne lui frappa pas l'esprit.

Elle s'écarta brusquement de Madara et se releva d'un bond un peu gauche.

— Eirin ? questionna-t-il, perplexe face à ce soudain changement d'attitude.

— Mitsuki va me tuer ! Je ne suis pas rentrée de la soirée, et il ne doit pas savoir où j'ai passé la nuit !

— Tu es l'Hokage, Eirin. Je doute que…

— Quelle heure est-il ?

Madara s'approcha de la fenêtre et observa la position du soleil dans le ciel.

— Presque midi, je dirais.

Une exclamation choquée lui répondit. Eirin s'agita dans tous les sens, cherchant sans doute à récupérer ses rares affaires dans la chambre.

— Je n'ai pas de temps à perdre ! Merci beaucoup de m'avoir hébergée, Madara !

Elle s'apprêtait à franchir le pas de la porte, mais l'Uchiha l'arrêta une nouvelle fois.

— Eirin. Tu devrais au moins te changer avant de sortir.

— Ne t'en fais pas, personne ne me verra si je fais le tour par… commença-t-elle avant de baisser les yeux sur sa tenue.

Son yukata avait glissé pendant la nuit, dévoilant sa peau blanche plus que de raison jusqu'à la naissance de sa poitrine. Le visage d'Eirin blêmit d'abord d'horreur puis vira en vive couleur cramoisie quand elle prit conscience que Madara l'avait vue comme ça. Si Eirin avait connu une technique pour se transformer en petite souris là, maintenant, nul doute qu'elle l'aurait déjà utilisée et qu'elle se serait enfuie loin. Très loin.

— Tu trouveras des vêtements propres dans la commode. Quant à la salle de bain, elle se trouve derrière cette porte, reprit l'Uchiha, imperturbable, en pointant le fond de la chambre. Je t'attendrai dehors.

Eirin acquiesça, attendit que Madara sorte de la pièce pour se diriger vers la porte qu'il venait de lui indiquer et commença à faire couler l'eau. À l'image de sa chambre, la salle de bain était décorée sobrement, mais le luxe qui s'en dégageait n'échappa pas à la jeune fille. Avec toutes les batailles qu'ils avaient menées et leur réputation à travers tout le pays, ce n'était pas étonnant que les Uchiha soient un clan riche et prospère. La Sayuki ne l'ignorait pas, mais elle avait la sensation d'en prendre conscience pour la première fois.

Un soupir de bien-être franchit ses lèvres au moment où elle s'immergea dans la chaleur de son bain. Les quelques doutes qui tentaient de s'immiscer dans son esprit furent bien vite anéantis par l'effet apaisant de l'eau. Elle retira le peigne à cheveux qu'elle portait et laissa ses longues mèches couler sur son dos.

Eirin comptait ranger l'objet, mais le porta finalement à son regard. La finesse du cadeau de Madara ne cesserait jamais de la fasciner, que ce soit par ses motifs complexes ou par sa couleur ambrée supposée rappeler ses propres iris. Peut-être était-elle trop sentimentale, mais la jeune fille se promit de le garder toujours sur elle.

Pour ne jamais oublier cette soirée.

Penser à Madara avait beau faire battre son cœur, l'épisode gênant de tout à l'heure ne quittait pour autant pas son esprit. Ce sentiment d'embarras paraissait lui coller à la peau, comme une tache tenace impossible à retirer… ou du moins c'était ce qu'Eirin voulait croire. Parce que derrière cette honte qui colorait ses joues, se cachait une toute autre envie qu'elle n'avouerait pour rien au monde.

J'aurais voulu qu'il me regarde.

Malgré tout, elle devinait sans peine que son absence de réaction visait à ne pas la mettre mal à l'aise donc elle ne lui en voulait pas vraiment. Eirin voulait juste plaire à celui qu'elle aimait, qui pouvait l'en blâmer ?

La jeune fille reposa le peigne et ferma les yeux. Autant profiter de ces quelques moments de détente tant qu'elle le pouvait encore. Les minutes s'écoulèrent dans un silence reposant, uniquement interrompu par les légers clapotis de l'eau. Eirin sortit ensuite de son bain, s'habilla, se sécha les cheveux et y remit le peigne afin de les rendre un peu moins désordonnés.

Lorsqu'Eirin sortit de la chambre, elle trouva Madara en pleine conversation avec un ninja encapuchonné qu'elle ne connaissait pas. Au vu de l'expression contrariée du chef de clan, il ne venait pas lui apporter de bonnes nouvelles.

— Madara ? appela-t-elle.

Il se tourna vers elle, surpris de la revoir aussi vite. D'un mouvement de main, Madara congédia son subordonné et se dirigea vers la jeune fille. Le ninja disparut aussitôt en un éclair tandis que l'Uchiha s'efforçait d'arborer un visage plus détendu.

— Je ne m'attendais pas à te voir aussi vite, sourit-il doucement.

Mais, Eirin n'était pas dupe. Elle le connaissait trop bien pour ne pas voir l'étincelle de sa colère couver derrière l'onyx de ses yeux.

— Qu'est-ce qu'il se passe ?

Il ne sembla même pas surpris par sa question. Un léger soupir franchit ses lèvres.

— Ce sont juste des affaires de clan, rien de très important.

La Sayuki fronça les sourcils, peu convaincue. Il lui cachait quelque chose, elle le savait. Son intuition ne lui mentait jamais. Elle rompit la distance entre eux d'un pas et enlaça ses doigts aux siens, gantés comme toujours tandis que son regard se vissait au sien.

— Madara. Dis-moi la vérité.

Sa main agrippa la sienne avec plus de fermeté. L'Uchiha ne broncha pas, mais Eirin aperçut un voile d'hésitation passer dans ses yeux.

— Ce n'est pas important, je te l'ai dit, souffla-t-il.

— C'est assez important pour te contrarier. Quelle Hokage serais-je si je ne prêtais pas attention à tous les habitants du village ? Et puis… je me fais du souci pour toi.

Elle prononça ces derniers mots dans un murmure, mais Madara les entendit aussi clairement que si elle les avait criés. À quand remontait la dernière fois où quelqu'un s'était inquiété pour lui ? Depuis les morts de son frère et sa mère, plus personne n'avait pris cette peine. Après tout, il était Madara Uchiha. S'émouvoir pour lui revenait à se soucier du sort d'un loup entouré de moutons. Du moins, il s'agissait d'une pensée commune parmi les ninjas de son clan.

Mais pas pour Eirin…

Ils se connaissaient depuis des années et pourtant, elle arrivait encore à le surprendre. Un bref soupir franchit ses lèvres. Il avait toujours cherché à la protéger, mais les rôles s'inversaient quelques fois, comme ici.

— Il y a quelques tensions au sein du clan, confessa enfin Madara.

— Des tensions ?

— Konoha est peut-être un village de paix, Eirin, mais la haine ne disparaît pas en un claquement de doigts, surtout quand elle est vieille de plusieurs décennies. Plusieurs Uchiha pensent que ce traité n'a fait que signer notre défaite face aux Senju, qu'il nous a rendus faibles. Je suis même persuadé que certains d'entre eux songent à me destituer.

Eirin baissa la tête, consternée. Bien sûr qu'elle savait qu'une querelle aussi ancienne ne pourrait pas s'évaporer du jour au lendemain, mais elle avait naïvement espéré qu'après la fondation du village, la paix s'installerait d'elle-même.

— Dis-moi ce que je peux faire pour t'aider, proposa-t-elle, chassant l'once de culpabilité qui tentait de noircir son cœur. Je suis l'Hokage, il y a forcément quelque chose que…

— Tu n'as pas à t'en occuper, Eirin, l'interrompit Madara. Il s'agit de mon clan, je peux en prendre la responsabilité. D'autant plus que le problème est bien plus profond qu'il n'en a l'air…

— Qu'est-ce que tu veux dire ?

L'Uchiha fronça les sourcils et parut agacé. Il ne voulait pas en dévoiler autant. Sa main quitta celle d'Eirin et elle n'eut le temps d'apercevoir qu'une lueur étrange – bien plus sombre que de la colère –dans son regard, avant qu'il ne fasse demi-tour.

— Viens, je te raccompagne chez toi.

— Madara ! appela-t-elle alors qu'il commençait déjà à s'éloigner. Madara, bon sang ! Attends une seconde !

Elle attrapa sa manche d'un geste brusque pour l'empêcher d'aller plus loin. Quelques Uchiha braquèrent leur attention sur eux et l'intensité de leurs regards fit frissonner la jeune fille. Sa poigne s'affaiblit, mais Eirin était déterminée à découvrir ce que Madara refusait de lui dire.

— Tu n'es plus seul, tu sais, reprit-elle d'un ton plus doux. Tu n'as pas à tout garder pour toi ni à me protéger à tout prix. Je sais que ça peut paraître étrange après des années passées à combattre et à défendre ce à quoi tu tiens, mais… nous ne sommes plus en temps de guerre, Madara.

L'Uchiha se figea. Sans qu'elle ne le sache, les mots d'Eirin résonnaient avec d'autres qu'Izuna lui avait adressés il y a quelques années. Mais cette fois-ci, Madara ne se montrerait pas si naïf. Il avait perdu sa mère, ses frères et sœurs… il refusait de perdre Eirin aussi.

— Le champ de bataille n'est pas toujours là où tu le penses.

Elle s'apprêtait à répliquer, mais l'arrivée soudaine d'un autre Uchiha face à Madara l'en empêcha. Il s'inclina comme le voulait le protocole. Eirin reconnut à ses cheveux grisonnants et à sa balafre qu'il s'agissait de Daiki, le fameux conseiller du clan.

— Hokage-sama, la salua-t-il. Veuillez m'excuser pour cette interruption, Madara-sama, mais il faut que je m'entretienne avec vous.

Il se tut un instant, lança un regard à Eirin et avisa ses doigts toujours accrochés au vêtement de son supérieur.

— C'est assez important.

Madara soupira d'agacement, comprenant sans peine que son conseiller souhaitait le voir dans l'immédiat.

— Très bien. Il semblerait que je ne puisse pas te raccompagner au final, ajouta-t-il à l'attention d'Eirin.

— Ne t'en fais pas pour moi. Par contre, cette discussion n'est pas terminée, sache-le !

À ces mots, Daiki étouffa un léger rire alors que Madara lui lançait un regard noir. Eirin était aussi têtue qu'une mule, et il savait qu'il ne pourrait pas y échapper. S'il ne lui disait pas la vérité, elle serait capable d'interroger chaque Uchiha pour la découvrir.

Un nouveau soupir franchit ses lèvres, lui attirant un regard amusé de son conseiller. Ce dernier paraissait prêt à dire quelque chose, mais Madara le devança.

— Pas un mot. Suis-moi. Il ne faudrait pas que des oreilles indiscrètes nous écoutent.

Daiki acquiesça et lui emboîta le pas sans plus de questions. Il n'avait pas été explicite quant au sujet dont il voulait lui parler, mais Madara soupçonnait déjà ce dont il était question. Certains Uchiha agissaient dans l'ombre et s'il restait les bras croisés, ces imbéciles pourraient bien relancer une guerre contre les Senju !

Je ne laisserai pas ce vent de rébellion balayer tous mes efforts ! J'en fais la promesse !


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