Parce que c'est ce que la vie fait. Elle ment.
Merci à :Vous, tout ceux qui ont pris le temps pour me laisser un petit mot de soutient. Vous êtes adorables et je ne vous mérite probablement pas mais merci, vraiment.
I left my anger somewhere between our kisses : Ce qui me lisent depuis longtemps savent que j'ai un truc avec le chiffre 9. Je l'ai tatoué sur ma peau il y a bientôt neuf ans justement et il a longtemps été ma photo de profil ici. Ce chapitre est spéciale et je n'ai été qu'à moitié étonnée en réalisant que c'était le neuvième. Le neuf toujours. C'est un neuf qu'il m'a embrassé pour la première fois, un neuf que je lui ai tout donné de moi neuf mois plus tard. Ça n'a jamais été fait exprès, ce n'est jamais qu'une coïncidence. Le neuf ne cesse de revenir dans ma vie et encore plus quand il s'agit de lui. C'est probablement pour ça que j'ai attendu neuf ans pour accepter la vérité.
Bonne lecture.
C'est ton nom que je crains
Neuvième chapitre
Except everything
Je prends une profonde inspiration, je sais que dans quelques secondes ce sera effectif, que ma vie va être chamboulée à jamais et qu'il n'y aura pas de retour en arrière. Il n'y en a déjà plus en réalité. Alors je reste figé, juste un instant.
« On entre ou quoi ? »
Je me tourne vers Julia qui s'impatiente. Elle a posé à ses pieds les sacs. Nous revenons de l'avenue sorcière où on lui a acheté des vêtements, une baguette, tout ce qui lui manquait pour reprendre sa vie. Enfin le matériel, il y a des choses qui ne s'achètent pas.
« Euh oui, bien sûr. Une seconde. »
J'ouvre la porte et elle se précipite à l'intérieur. Elle est sortie de l'hôpital ce matin avec l'accord des médico-mages. Les Aurors ont immédiatement accepté que je m'occupe d'elle. Bizarrement, les candidats à l'adoption d'une adolescente traumatisée ne se bousculaient pas aux portillons.
« C'est immense ici ! »
Elle s'est stoppée au milieu de hall, son regard se posant partout et nulle part à la fois. Elle ressemblerait presque à une adolescente classique en cet instant avec ses sacs de shopping sous les bras et son expression émerveillée.
« Je vais te montrer ta chambre que tu puisses poser tes affaires. »
Je m'avance vers le grand escalier et elle me suit. Elle pose des questions sur les portraits aux murs et je réponds distraitement. Dans une heure Harry viendra pour prendre sa déposition, ce sera notre premier contact direct depuis son message.
J'ai choisi la chambre la plus proche du hall afin qu'elle puisse se repérer facilement. Je lui propose de s'installer tranquillement et qu'on se retrouve dans le hall pour accueillir Harry. Je veux en profiter pour passer à la boutique.
Elle est fermée depuis le début de cette histoire mais je continue à assurer un service de livraison. Je récupère les bons de commande chaque soir, prépare les potions et je les envoie le lendemain matin. J'espère pouvoir reprendre une activité normale d'ici peu.
Je transplane directement là bas. Je vérifie immédiatement mes sorts de protections, tout va bien de ce côté là. Je récupère les bons, pour l'instant les commandes ne se tarissent pas mais j'ai peur que mes clients finissent par aller voir un concurrent où ils n'auront pas à attendre.
Je m'installe au comptoir pour les classer. Repensant à cette nuit, il y a dix ans. C'est grâce à lui que j'ai décidé de me lancer, grâce à ses mots. J'ai repris des études de potions et j'ai fini par ouvrir la boutique parce qu'il a cru en moi, il n'a jamais cessé de le faire. Contrairement à moi.
J'ai cru si longtemps que si on n'en parlait pas, c'était parce qu'on en avait pas besoin. Je croyais savoir ce qu'il pensait, ce qu'il ressentait pendant tout ce temps. J'ai vu en lui un homme perdu malheureux dans son mariage qui prenait un amant pour s'amuser.
Puis quand cette première image a été détruite, j'ai cru que j'étais sa vengeance. Qu'il continuait pour se rappeler qu'il était libre et que c'était simplement plus simple de le faire avec quelqu'un qui savait la vérité qu'un inconnu. Oui j'étais un choix mais à mes yeux un choix par dépit.
Alors j'ai été dur, j'ai été froid. Je ne me suis jamais autorisé à penser à mes sentiments pour lui. J'ai continué ma vie en agissant comme s'il ne comptait pas, comme si mes actes ne l'affectaient pas. Et j'aimerais dire que je n'avais aucun indice pour croire le contraire mais c'est faux.
Il me disait que j'étais parfait, qu'il ne se lasserait jamais de moi, qu'il ne se sentait bien qu'avec moi, qu'il n'avait pas envie de partir quand il était avec moi mais je ne l'écoutais pas. Je me racontais une histoire et j'ignorais chaque fait qui en racontait une autre.
J'attendais quoi en fait ? Qu'il me dise qu'il m'aimait ? Il l'a dit, il a passé les six dernières années à le dire avec ses actes et ses mots mais je n'écoutais toujours pas. Et je lui racontais mon bonheur conjugal, mes ruptures. Je le prenais et le jetais sans un mot, sans une seule justification.
Et même là alors qu'il a dit clairement me vouloir, j'attends toujours quelque chose pour y croire vraiment. Pour m'autoriser à lui rendre ses sentiments. Il m'a choisi, pleinement, moi et pas un autre. Pas par convenance, ni facilité mais parce qu'il me veut moi et je n'ai jamais été aussi perdu.
Je réalise la cruauté de mes actes, je me demande à quel point je l'ai blessé, à quel point j'ai pris part à sa souffrance. Je me demande s'il ne serait pas plus heureux sans moi, si j'en valais vraiment la peine. Sa peine. Cette pensée me donne le vertige.
Bientôt il sera là et je sais que dès qu'il aura fini d'interroger Julia, il sera temps qu'on parle. Que là aussi il est trop tard pour reculer. Je l'ai dit en premier mais je reste terrifié. Ça fait si longtemps que je m'accrochais à cette histoire que je me racontais.
Il est temps que j'entende sa version à lui et que je l'écoute vraiment. Je l'aime oui, mais je n'ai jamais souffert de ça. L'aimer ne m'a jamais empêché d'en aimer d'autres, jamais empêché d'être heureux sans lui. Au fond j'ai peur de ne pas l'aimer autant que lui le fait.
Julia fait les cent pas dans le hall quand je la rejoins. Elle jette des coups d'œil nerveux à sa montre neuve. Je m'assois sur les marches de l'escalier, ne sachant quoi faire. Elle s'apprête à dire quelque chose quand des coups sourds résonnent. Elle me regarde incertaine et je me lève pour ouvrir.
Il porte son uniforme d'Auror, ce qui ne devrait pas être une surprise mais ça reste étrange de le voir ainsi. Je le laisse entrer et le présente à Julia. Il lui adresse un sourire rassurant et lui tends la main. Elle me jette un regard, attendant mon approbation. Je hoche la tête et après une seconde d'hésitation, elle la serre.
« On devrait aller ... »
Je laisse ma phrase en suspens. J'allais proposer d'aller dans mon bureau mais je réalise que j'ai besoin d'un endroit neutre. Un endroit qui ne soit pas déjà envahi par les souvenirs. J'élimine aussitôt le salon qui sera à jamais le lieu où il m'a embrassé pour la première fois.
Ils me regardent, attendant que je termine ma phrase. Julia a l'air perplexe de me voir si hésitant tandis que Harry semble en proie aux mêmes pensées que moi. Je finis par proposer la salle à manger. Je jurerais qu'il a poussé un soupir de soulagement.
Je ne m'en sers jamais, elle est grande et lumineuse. C'est l'endroit parfait, j'aurai dû y penser plus tôt. Ils me suivent dans les couloirs dans un silence nerveux. Arrivés à destination je me mets en bout de table, Julia s'installe à ma gauche et Harry à ma droite, face à face.
« On va commencer par des questions simples. Si ça ne va pas, que vous avez besoin d'une pause, il suffit de demander, d'accord ? »
Elle acquiesce et je sens sa main se glisser dans la mienne. Je la presse doucement pour lui assurer que je suis là, que je ne la laisserais pas. Il commence par lui demander son nom et qui étaient ses parents. J'apprends en même temps que lui que son nom de famille est Parson et ses parents Victoria et Aleister Parson.
« Draco m'a dit que vous n'aviez qu'eux. Est-ce que vous pourriez me donner des précisions ?
- Quand j'étais toute petite on vivait en ville mais quand j'ai eu 5 ans, il y a eu un incident. Après ça on a déménagé près de la mer, dans un phare. Je crois qu'ils allaient en ville parfois mais ils ne m'y ont jamais emmenés et ils n'invitaient personne.
- Un incident ? Pouvez-vous m'en dire plus ? »
Il penche la tête perplexe. Je la sens hésitante, elle se tourne vers moi comme si elle cherchait une réponse dans mon regard. J'espère pouvoir lui faire sentir qu'elle peut lui faire confiance autant qu'à moi. Finalement elle se tourne vers Harry.
« Je ne sais pas trop, j'étais trop petite pour m'en souvenir. Je crois que ça avait un rapport avec les recherches de ma mère et avec moi mais ils ne m'en ont jamais parlé clairement.
- Vous savez sur quoi elle travaillait ?
- Non, elle disait que ça allait révolutionné le monde, ce genre de chose, rien de spécifique. »
Son calme de surface commence à se fissurer, elle se raccroche à ma main et je vois des larmes briller dans ses yeux. Elle détourne le regard en secouant la tête.
« Je suis désolée, ça fait tellement bizarre de parler d'eux, de me dire que je suis libre mais que je ne les reverrais jamais.
- Prenez le temps qu'il vous faut. J'ai perdu mes parents quand j'étais tout petit, encore aujourd'hui j'ai du mal à parler d'eux. »
C'est une des raisons pour lesquelles il a choisi de rester avec Ginny, il voulait que son enfant ai ce qu'il n'a jamais eu, une vraie famille avec des parents unis et vivants. Il tends un mouchoir à Julia qui le refuse. Elle respire profondément, ravale ses larmes et se reprends petit à petit. C'est une dure, il y a pas à dire.
« Continuez, ça va aller. »
Elle me sert la main et Harry lui adresse un sourire compatissant. Il change de sujet, posant des questions sur sa captivité. Elle nous apprends que Connor n'a pas été le seul à l'avoir gardé au fil des années.
Elle ne se souvient pas de tout, ayant passé la majorité du temps droguée mais ses différents geôliers la déplaçaient souvent et lui prenaient du sang quotidiennement. Parfois ils semblaient tenir des réunions mais elle n'a jamais rien pu entendre de ce qu'ils disaient en dehors d'une phrase.
« Fatorum Arcana Magiae, je ne sais pas ce que c'est mais je crois qu'il le cherchait. »
Un vertige me prends ainsi qu'un mal de tête. J'ai l'impression d'avoir déjà vu ce nom quelque part mais plus j'essaye de me rappeler plus la douleur s'intensifie. Harry et Julia continue à parler mais leur voix sont déformées, lointaines.
J'ai l'impression que des heures se sont écoulées quand la sensation disparaît. Harry me fixe l'air inquiet mais Julia semble trop bouleversée par son récit pour avoir remarqué quoi que ce soit. Elle semble éprouvée, je regarde l'heure et je vois qu'une heure est passée.
« On devrait peut être arrêter pour aujourd'hui. Tu as besoin de te reposerJulia. »
Elle m'adresse un sourire reconnaissant. Je lâche sa main et j'esquisse un geste pour me lever. Un nouveau vertige me prends, je sens le bras de Harry me retenir. Je ne l'ai même pas entendu se lever. Julia nous fixe, je sens le sang affluer vers mon visage tandis qu'il retire son bras comme s'il s'était brûlé.
Il lui tends la main précipitamment.
« Merci beaucoup pour votre temps, Julia. Je vous promets de tout faire pour les retrouver et les traduire en justice. Ce qu'ils vous ont fait à vous et vos parents ne restera pas impuni. »
Sa voix est déterminée et confiante. Julia lui serre la main, le dévisageant d'un air encore un peu méfiant mais surtout intrigué. Son regard passe de lui à moi, cherchant à comprendre la raison de notre comportement. Je lui propose d'aller manger quelque chose pour la distraire.
Elle accepte et je l'amène à la cuisine. Je lui propose de se servir ce qu'elle veut dans les placards et lui explique que je dois encore discuter avec Harry. Elle a l'air déçu mais semble comprendre. Finalement je commence à m'éloigner quand sa voix m'arrête.
« C'est qui exactement ? Pour toi, je veux dire ? »
Je me fige, cherchant mes mots. Je n'ai pas envie de lui mentir, ni sur ça, ni sur rien d'autre. Elle me fait confiance et je veux en être digne. Mais je ne peux pas lui dire la vérité non plus, ce n'est pas que mon secret. De toutes façons, je ne sais pas moi même ce qu'il est exactement, pas en ce moment.
« On a fait nos études ensemble, c'est un vieil ami. On en reparlera plus tard, d'accord ? »
Elle hoche la tête, l'air pas tout à fait convaincue par ma réponse. Je lui adresse un sourire, espérant qu'elle comprendra que je ne peux faire autrement. Elle finit par me le rendre et je me détourne, retournant dans la salle à manger.
Harry n'est plus là mais il a laissé une note indiquant qu'il est allé dans mon bureau pour qu'on puisse discuter en privé. Un frisson me parcoure, je refoule les images qui me sont venues en tête et je le rejoins.
Il s'est installé dans mon fauteuil. Il me sourit, légèrement moqueur. Je reste à la porte, ne sachant pas trop quoi dire. Il me fait signe d'approcher, son sourire grandissant encore un peu plus.
« Alors c'est comment d'être père ?
- Je ne suis pas son père. »
Les mots sont sortis tout seul, presque par réflexe. Pourtant ils sonnent faux à mes propres oreilles. Il secoue la tête, levant les yeux au ciel. J'entre et referme la porte derrière moi.
« À d'autres, Draco. Je te connais, je vois bien comment tu la regardes. Alors c'est comment ? »
Je croise les bras légèrement mal à l'aise. Je me sens vulnérable mais son regard brille. Il a l'air … Je ne sais pas. C'est déconcertant, en tout cas. Je m'approche lentement, cherchant mes mots.
« C'est … Je ne sais pas … Étrange, je dirais. »
Son rire me prends par surprise. Je me fige, me demandant si j'ai dit quelque chose d'inconvenant mais il se contente de sourire. Je lui rends, toujours aussi déconcerté. Il se lève alors que j'allais m'asseoir et me stoppe. Je m'apprête à lui demander ce qu'il fait quand il me serre dans ses bras.
« Je suis tellement fier de toi. Tu as presque l'air normal avec elle. »
Je le repousse indigné et il se remet à rire. Je lui jette un regard meurtrier et il se contente de me lancer un sourire éblouissant. Je secoue la tête, incapable de lui en vouloir. Bien sûr qu'il allait en profiter pour me taquiner, ça a toujours été comme ça entre nous. Je lui donne un petit coup de poing dans l'épaule.
« J'ai toujours l'air normal, Potter.
- Si tu le dis, Malfoy, si tu le dis. »
Il continue à sourire et je secoue la tête, faussement exaspéré. Au fond j'aime cette complicité entre nous, c'est le seul avec qui je me sens assez à l'aise pour se taquiner ainsi. Avec les autres, j'ai toujours peur qu'il y a un fond de vérité derrière la blague.
Mais pas avec lui. Il m'a accepté tel que je suis il ya longtemps et cette certitude m'apaise. J'esquisse un geste vers le fauteuil quand il m'arrête à nouveau.
« Je peux m'asseoir ou pas ? »
Il me reprends dans ses bras et me serre fort. Ce n'est pas une blague cette fois, je le sens dans ses gestes. Il murmure tout contre mon cou.
« Tu m'as tellement manqué.
- On ne s'est jamais autant vu qu'en ce moment. »
Ma réponse n'est qu'un souffle. Ses mots me bouleversent comme toujours et je ne sais comment réagir. Je n'ai jamais su quand il est comme ça. J'ai tellement envie de croire ses mots mais j'ai l'impression que si je me laisse aller à y croire, je n'arriverais jamais à revenir en arrière.
« Je sais mais tu me manques dès que tu n'es pas là. »
Une part de moi voudrait le repousser, ce serait plus simple au fond. Plus simple de juste l'ignorer quand il est comme ça. D'ignorer que ça me plaît de l'entendre dire ça, que je voudrais qu'il ne cesse jamais de le dire. Je m'écarte et attrape délicatement son visage entre mes mains, le forçant à me regarder.
Je cherche le mensonge dans ses prunelles vertes mais je n'en décèle aucun. Il a posé ses mains sur mes hanches et il attends ma réponse. Son regard est un livre ouvert et je me noie entre les lignes. Je ferme les yeux pour ne pas perdre un peu plus la raison. Je me penche et murmure avant de l'embrasser.
« Toi aussi. »
C'est toujours comme ça entre nous. On ne peut faire autrement au fond, ça fait dix ans que nous sommes bloqués dans cette situation à ne pouvoir être ensemble. Dix ans qu'on est toujours à la limite de se dire ce qu'on ressent. Que j'ai toujours aussi peur de me laisser aller à dire ce genre de chose.
On le dit et puis je le minimise, je recule, terrifié par mes propres mots et encore plus par les siens. Mais pas cette fois. Je me contente de l'embrasser, tentant de dire par ce geste que je ne reprendrais pas ces mots. Je crois que je suis prêt à plonger cette fois, je veux voir ce qu'il y a de l'autre côté.
C'est lui qui stoppe le baiser. Il me regarde à nouveau sérieux, il pose sa main sur ma joue et je me laisse aller. Je suis en sécurité, c'est lui et même si j'ai peur de la suite, il est plus que temps qu'on avance. Dix ans, c'est trop, ça l'a toujours été.
On ne peut pas continuer à coucher ensemble et à ne jamais en parler. À agir comme si ce n'était jamais arrivé alors que ça ne cesse d'arriver, encore et encore. Si ce n'était que le sexe … Toutes ces nuits à refaire le monde, dans les bras l'un de l'autre.
Sa tête sur mon épaule, nos doigts entrelacés, à se raconter nos peurs secrètes et nos espoirs déçus. Il m'a tout donné de lui, ses joies, ses larmes, ses craintes, ses victoires et ses défaites. Il m'a tout raconté au cours de ces nuits qui n'appartiennent qu'à nous.
Tout sauf une chose. Pardonne moi, si je tremble dans tes bras, c'est ce que la peur fait et je n'ai jamais eu aussi peur. Et je n'ai jamais été aussi sûr de moi. Le moment semble suspendu dans le temps, on se fixe, sachant pertinemment quels mots tu vas prononcer. Et tu les prononces, enfin.
« Je t'aime, Draco. »
Je résiste à la tentation de t'embrasser sans répondre. Ça fait mal, vraiment, vraiment mal de l'entendre. Mais ça fait du bien aussi, c'est un soulagement de l'entendre enfin, de ne plus être dans l'incertitude et de savoir. Je te regarde dans les yeux, le cœur au bord des lèvres.
Une part de moi à espérer t'entendre le dire depuis tellement longtemps. Et c'est un soulagement d'arrêter de prétendre que ce n'était pas le cas. Tu as prononcé les seuls mots qu'on ne devait pas se dire, parce que ça complique tout et n'avance à rien. Je devrais t'en vouloir mais je ne peux pas.
« Je t'aime aussi, Harry. »
Parce qu'ils sont vrais. Peu importe à quel point j'ai essayé de me le cacher, de faire comme si ça ne comptait pas, comme si tu ne comptais pas. C'est réel et il est temps qu'on l'accepte. Ça ne change rien au fond, tu es toujours bloqué et je ne veux toujours pas être avec toi. Oui ça ne change rien, excepté tout.
A suivre ...
Posté le 31 Mars 2020 à 07h13 (j'aime me coucher après le lever du soleil, quand tout est encore endormi et parfait).
Je l'ai déjà dit plus haut mais je le redis : merci. Je viens de passer douze jours enfermée chez moi seule et vos messages m'ont vraiment fait du bien alors que je me sentais vraiment seule et effrayée. Je vais bien dans l'ensemble, bien mieux que cette nuit là en tout cas. J'espère que vous aussi. Prenez soin de vous.
Merci d'être les meilleurs lecteurs que je pouvais espérer.
Anna.
