Chapitre 40: La mort d'une ère, le début d'une autre
Il y avait un long silence. J'étais entre les bras de Rabastan que j'avais trouvé quelques minutes plus tôt parmi les blessés. J'étais épuisée, je sentais que la fin n'était maintenant plus qu'une question d'heures. J'étais sur ses genoux, la tête sur son épaule.
- Rab… Murmurais-je, essayant que personne ne nous entende.
- Oui ma Princesse ?
- Reste avec moi jusqu'à la fin. Si tout se déroule mal, nous fuyons. Père me l'a ordonné. J'ai avec moi un Portauloin. Nous partirons loin de tout cela s'il vient à mourir. Tu viendras avec moi hein ? Tu seras là pour moi, pour les enfants... ?
- Toujours, mon coeur. Même des années plus tard, même après tout ce temps qui aura défilé et que je serais un petit vieux tout radotant et aigri. Je serais toujours là.
Il serra un peu plus ses bras autour de moi et commença à me balancer en chantonnant. Je sentis mon rire au bord de mes lèvres alors que mon sourire était maintenant présent.
- Tu t'entraînes ? le taquinais-je.
- Il faut bien commencer un jour non ? répondit-il sur le même ton que moi. Tu serais adorable avec une jolie robe et des couettes. Porter des couches, boire au biberon et être une gentille fille pour moi. Hm?
- Rab ! Par Merlin d'où tu tiens de telles fantaisies ? hurlais-je en lui tapant l'épaule, les joues terriblement rouge de gêne.
Il tourna sa tête, ses lèvres très proches de mon oreille, je sentais son souffle ainsi que son sourire joueur et taquin. Ce sourire qui m'a fait craqué il y a deux ans.
- Il n'y a pas que du mal partout chez les moldus, me murmura-t-il. Tu sais, ils ont des pratiques sexuelles assez originales, assez... exotique comme ils disent.
- Nous avons toute la vie pour tester cela Rab, toute la vie devant nous.
Je pris les colliers autour de nos cou en main. Ces colliers qui nous permettent d'être immortels. Oui nous avions toute notre vie pour tester de nombreuses choses. Mais la fin n'étais pas encore là. Non vraiment pas.
La pause prit fin et ce sont quelques rares Mangemorts qui suivirent le Lord dans un coin reculé. Nous attendions Potter. Il y avait Hagrid qui avait été fait prisonnier, attaché, à genoux au sol. Bellatrix qui suivait Père comme un chien. Je renifle de dédain à cette image, me ramassant un regard noir de cette dernière. Quand je pense que je l'ai voulue comme mère… Certes elle est puissante et me laissait plus de liberté. Mais elle est complètement folle à lier et à part sa petite vie privée, personne ne compte.
Alors que je voyais le Lord perdre patience un mouvement dans les fourrées nous fit tourner le regard vers la source du bruit. Il apparut, en simple tenu moldue, Harry Potter. Je vis Père sourire légèrement. Je sentais au fond de moi que quelque chose n'allait pas. Pourquoi était-il venu aussi confiant ? Puis tout se déroula rapidement le sort de mort frappa Harry, créant une explosion. Père tomba au sol, inconscient. Merlin tout puissant. Je m'y précipitais, paniquée. Que se passait-il ? Pourquoi, comment ? Puis rapidement il ouvrit les yeux, je fus poussé par Bellatrix, tombant sur mes fesses. Sympa, merci.
- Maître, vous allez bien ? Êtes-vous blessé ? répéta-t-elle presque en boucle.
- Je n'ai rien, je n'ai rien. Je n'ai pas besoin d'aide ! Dit-il en se levant la poussant de même.
- Mais...
Elle attérit pas loin de moi. Je fus relevée par Rabastan qui observait plus loin le corps du soi-disant héros du monde sorcier.
- Est-il... Mort ? Demanda l'un des mangemorts du groupe.
Une femme sortie du groupe et alla le voir. Elle se pencha sur le corps, longtemps, peut-être bien trop longtemps à mon propre goût avant qu'elle ne se redresse, se tournant vers nous et nous dise platement un seul et unique mot.
- Mort.
C'était bien trop facile à mon goût. beaucoup trop facile que cela en avait l'air. Le sort de Mort sur Potter, le Lord qui s'évanouit un instant. Ce fut trop louche. Hagrid éclata en sanglots alors qu'il lui était demandé de porter le corps.
Nous nous dirigeâmes vers les ruines de ce qui fut le château. Nagini était là, à côté du Lord. Silencieuse compagne mortelle. Ce fut en une véritable marée noire que nous arrivâmes devant les portes, devant ceux du camp opposé. Le corps de Potter fut posé au sol, lentement et le Lord éclata d'un rire sinistre alors que Neville s'était mis en tête d'être le nouveau chef de lumière apparemment. Tout cas il avait bien muri. J'écoutais à peine le discours, les paroles des deux en faces.
Draco et d'autres traversèrent la foule, venant à nos côtés alors que seulement deux ou trois firent l'inverse. Hermione ne bougea pas d'un pouce, sa situation était bien trop grave pour qu'elle se le permette.
Puis je le vis comme dans dans un film d'horreur. Le corps soi-disant sans vie de Harry, bouger, se relever et lancer un sort vers Nagini. Sort qui rebondit et alla s'écraser pas loin de nous créant un effet d'éboulement commun dans les rangs. C'était pas du tout bon. C'était même catastrophique.
Les sorts commencèrent à nouveau à voler… explosion sur explosion.
Je vis du coin de l'oeil plusieurs mangemorts disparaître. La fuite était apparemment de mise. Je me reculais, doucement, tirée par Rabastan. Il fallait au moins se mettre à l'abris. C'était bien trop dangereux. Je vis du coin de l'oeil Les Malfoy fuirent au loin, à pied, suivit de près par Hermione qui passa hors de la vigilance des autres rien qu'un instant. C'est main dans la main, les deux couples partirent, Draco une main sur le ventre de sa compagne.
Cela pouvait pas être déjà la fin… PAS cette fin-là. Non ! L'on resta là, cacher. Attendant de savoir le dénouement. Je sentais les larmes poindre. j'avais peur, bien trop peur. Je me rendis pas bien compte de ce qu'il se passait, mais je vis parfaitement au loin Bellatrix se faire tuer par Molly Weasley, cette femme qui m'a donné naissance.
Comme quoi, la plus forte des mères est parfois pas forcément celle qu'on pense. Elle tourna son regard fière et me vit. Je vis ses yeux m'observer, regarder mon ventre maintenant visible. Elle me fit un sourire puis un signe de tête avant de se retourner vers les seuls Weasley encore en vie, Arthur, Charlie, Bill et les jumeaux.
Une détonation attira mon regard. le Lord contre Harry. Le combat faisait rage et je le vis flancher, un simple instant, le regard peiné, rien qu'un fragment de seconde. Nagini venait d'être certainement tuée… Plus aucun Horcruxe était vraiment existant. Y avait-il encore un espoir ? Je déglutis d'angoisse puis vis au loin Fenrir attraper un Remus les joues rougies. L'alpha me fit un lever de sourcils des plus suggestifs et souleva de terre mon ancien professeur, le portant dans ses bras, avant de disparaître de la vision. Je secoue la tête de gauche à droite avant de me concentrer sur le combat.
Sorts contre sorts ils se battaient, rouge contre vert, des perles de sueur coulaient sur leur peau... Puis tout d'un coup, ce fut la fin. Un corps tomba au sol. Son corps… son corps qui partit en poussière.
- Père, noon ! hurlais-je.
Pétrifiée, j'étais complètement pétrifiée d'horreur et d'effroi. Je me sentis tirée vivement en arrière et alors que le paysage devenait flou autour de moi, je sentis une douleur me parcourir, comme un pincement vicieux au creux de mon coeur et de mon ventre avant d'être remplacé par une douce chaleur.
Atterrissant devant une bâtisse modeste, moderne, loin de l'Angleterre et de tous les autres, je mis mes deux mains sur mon ventre légèrement plus chaud que la normale. Deux puissantes mains se superposent aux miennes, Rabastan était là avec moi. Nous avions fuis, tout ira bien maintenant. La guerre était terminée. Je tremblais encore, Jamais je n'aurais cru qu'il mourrait. C'était juste impossible.
Mais la vie est ainsi et quand des vies partent d'autres arrivent. C'est comme cela...
Tout ira bien mes amours, papa et maman sont là pour vous. Oui... tout ira bien.
