Bonjour ! Voilà un nouveau chapitre, très attendu je pense ! :D

Bien entendu rien ne m'appartient blablabla, gloire à JK Rowling !

Bonne lecture !


Chapitre 22 : L'éclat

James suivit Albus dans les couloirs. Il était sûr que son frère avait remarqué qu'il le suivait mais il continuait au même rythme. Mais dans la foule, James le perdit de vue, Albus comptait certainement là-dessus. Mais James savait parfaitement où il allait. Il monta au deuxième étage et prit la direction des toilettes des filles. Il poussa la porte et entra doucement. Albus était penché au-dessus d'un lavabo, la respiration saccadée. Il tentait de reprendre son souffle.

- Albus.

Le brun releva brusquement la tête et le fixa dans le miroir.

- Laisse-moi.

- On doit parler.

Albus se retourna.

- J'ai pas envie d'te parler, cracha-t-il. A quoi tu joues avec Scorpius ?

- A quoi je-

James rit, amer.

- A quoi je joue ? Mais t'as toujours rien compris en fait. Je joue pas.

- Tu veux juste m'atteindre à travers lui, c'est dégueulasse.

- Le monde ne tourne pas autour de toi : s'emporta James, agacé. Si c'était le cas, pourquoi est-ce que j'aurais accepté sa demande de ne rien te dire ?

- Parce que tu es malin, répondit Albus du tac au tac.

James secoua la tête, méprisant.

- Ton avis est fait en fait. Mais méfie-toi, c'est comme ça que tu vas perdre Scorpius et tu pourras t'en prendre qu'à toi-même.

- Ferme ta gueule, Scorpius et moi c'est pour toujours.

James se rapprocha, cette fois-ci franchement remonté par le comportement de son frère. Il devait se calmer, il voulait juste que leur entente soit cordiale pour le bien de Scorpius, mais son frère n'y mettait vraiment pas du sien.

- Mais t'as fini de croire que c'est un objet ? assena James, les dents serrées. T'as toujours pas compris ? Il a pas été assez clair ? Il ne renoncera pas à ce qu'on vit pour toi. Il va falloir que tu m'acceptes.

Albus fixait son frère. Son regard était différent de d'habitude. Comme si les mots durs qu'il lui disait sortait sans qu'il les contrôle. Il souffrait mais James était incapable d'identifier cette souffrance. Son frère ne parlait jamais, il ne disait jamais ce qui n'allait pas.

- Je l'aime.

Albus se jeta sur son frère qui cogna brutalement contre le mur d'en face.

- Tais-toi !

James inversa leur position et le plaqua à son tour contre le mur.

- Mais arrête, bordel, arrête !

Albus le repoussa brusquement et James se rattrapa de justesse à l'un des lavabos. Albus revint à la charge.

- Depuis toutes ces années tu me pourris la vie, tu m'as tout pris, tu ne me le prendras pas lui !

James ne comprenait vraiment plus rien. Albus lui assena un coup de poing et James répondit avec la même violence.

- Je t'ai toujours foutu la paix ! Je n'ai jamais voulu te faire du mal !

Et c'était vrai.

- Et pourtant c'est exactement ce que tu as fait ! répondit Albus en crachant du sang.

Il se jeta sur son frère et James se retrouva au sol, vulnérable.

- J'aurais préféré n'importe quel sale coup plutôt que tu m'ignores tout ce temps !

James se prit un coup dans les côtes. Les reproches avaient changé. Il ne s'agissait plus de Scorpius, ils s'agissaient d'eux. Deux frères.

- Plutôt que tu sois un étranger !

James réussit à amortir le poing qui s'abattit sur son torse.

- Plutôt que tu m'abandonnes toi aussi !

Albus pleurait à chaudes larmes et il frappait, frappait. La colère, l'injustice l'aveuglait et c'était tout ce qui avait toujours compté entre eux. Alors James cessa d'essayer de riposter. Il se contentait d'essayer de limiter les dégâts et lui aussi pleurait à présent, du sang coulait de sa lèvre.

La vie, le destin les avait séparés. Cette guerre, cette foutue guerre les avait séparés et c'était injuste, tellement injuste. Mais ici, entre ces murs, à cet instant, les liens du sang n'avaient aucune importance. Albus n'avait pas de jeu à jouer ici, il pouvait simplement laisser libre cours à sa frustration, se déchirer, se détruire, se faire du mal, lui faire du mal, autant que possible. Mais se faire mal, faire souffrir l'autre, revenait à le briser lui. Et ça, James voulait y mettre fin. Tous deux tenaient à lui plus que de raison.

Et James aimait son petit frère, cela lui faisait mal, si mal qu'ils se déchirent, il en avait assez, il était fatigué qu'ils prennent les coups pour des erreurs qui n'étaient pas les leurs.

- Si tu savais comme j'ai lutté pour ne pas tomber amoureux de lui mais je l'aime ! Voilà ! Et je ne veux pas te voler quoi que ce soit de ta vie ! Arrête de me voir comme un voleur, je ne veux pas que tu me vois comme ça !

- C'est pourtant ce que tu as fait !

- Et j'ai eu tort ! Tu ne vas rien perdre, rien ! Albus, je ne suis rien pour Harry ! Rien ! Tu es son fils, toi, toi tu es son fils et tout ce qui compte à ses yeux et ma présence n'y changera rien, je ne prendrais jamais ta place et qu'elle est-elle d'ailleurs, à part celle de ton frère ?

James retint ses poignets mais Albus continuait à essayer de le frapper, de lourds sanglots bloquant sa gorge.

- Albus, tu ne vois pas ! Je comprends ta douleur, j'ai souffert moi aussi ! Arrête d'être en colère, Albus, arrête ! MOI AUSSI JE SUIS UN ENFANT OUBLIÉ ! Je sais, je sais mieux que quiconque combien tu souffres, Albus ! Papa m'a rejeté et j'ai été trainé dans la boue comme étant son fils illégitime mais je sais ce que maman t'a fait endurer à toi !

Albus réussit à libérer un de ses poignets et gifla faiblement James, avant de taper des poings sur son torse. James avait le souffle coupé mais il ne comptait pas s'arrêter de parler maintenant que la parole était libérée.

- Jamais, jamais un seul signe de tendresse ou d'amour, je sais ta douleur, Albus ! Et tu me frappes pour leur faire payer ton chagrin, mais réfléchis, Albus ! Je suis le sang de ton sang, le seul qui souffre autant que toi ! Et on s'est bien trop détesté pour leur plaire alors que tout est de leur faute ! Je te demande pardon, Albus. Je te demande pardon de ne pas avoir été là pour toi !

James retint cette fois-ci fermement les poignets de son frère. La respiration d'Albus était hachée, ses cheveux tombaient sur son visage baigné de larmes. Il pleurait sans discontinu. James aussi pleurait et pour la première fois depuis bien trop longtemps, il lui semblait que leurs pleurs se mêlaient et se rejoignaient.

.

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- Scorpius.

Scorpius releva immédiatement la tête à l'appel de Jensen. James et Albus venaient d'entrer dans la salle commune, l'un derrière l'autre. Tout le monde faisait bien trop la fête pour le remarquer, le jeune attrapeur passa inaperçu. Scorpius fronça les sourcils.

- Ils sont blessés, murmura Rose.

Albus avait un œil gonflé et la lèvre fendue. James, quant à lui, saignait du nez et avait plusieurs bleus sur le visage. Il se tenait la côte aussi. Leurs yeux étaient enflés.

- Par Merlin, jura Scorpius en se redressant.

Rose le retint.

- Non, attends.

James et Albus s'arrêtèrent l'un en face de l'autre. Albus tendit sa main et James la serra. Hugo pinça ses lèvres.

- J'imagine… que c'est une bonne nouvelle ?

James retrouva ses amis et Amélia plaqua ses mains sur sa bouche. Scorpius suivit Albus du regard qui venait vers eux.

- Albus, commença Scorpius.

- S'il te plaît, Scorpius, je n'ai pas envie de parler, répondit le serpentard d'une voix enrouée en s'asseyant sur l'accoudoir d'un fauteuil. Tu veux bien… me servir un truc à boire ?

Scorpius s'exécuta. Il tendit le verre à Albus et s'assit à côté de lui. Albus but une gorgée et laissa doucement aller sa tête contre son épaule. Scorpius caressa ses cheveux et jeta un regard en direction de James. Ce dernier croisa son regard et esquissa un sourire qui ressemblait davantage à une grimace. Amélia lui prit le bras et l'emmena hors de la salle commune, certainement pour l'emmener à l'infirmerie. Scorpius se baissa lorsqu'il sentit des petites pattes. C'était Diego. Il tenait un mot entre ses crocs que Scorpius eut du mal à lui faire lâcher.

Ça va aller. On se retrouve plus tard.

Je t'aime.

Scorpius serra le mot entre ses doigts et embrassa le front d'Albus. Albus ne dit rien, ne bougea pas. Jusqu'à ce que la soirée en l'honneur de l'équipe de Serpentard prenne fin et qu'il monte dans les dortoirs après avoir serré ses amis dans ses bras, cette fois encore sans un mot.

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Scorpius entra dans la chambre de James après avoir frappé. Amélia, Elias et James se tournèrent vers lui en souriant. Scorpius adressa un sourire forcé à Amélia et s'assit près de James, allongé dans son lit. Il lui prit la main.

- Comment tu te sens ?

- Hannah m'a donné une potion pour mes côtes.

- Il t'a- Par Merlin, murmura Scorpius en plaquant une main sur son visage.

Amélia se leva, suivit d'Elias, installé au bureau de James.

- On va vous laisser. Bonne nuit les garçons.

- A demain, ajouta Elias en ouvrant la porte de la chambre.

Il la referma derrière eux et Scorpius alla s'installer contre le mur, la main de James toujours dans la sienne.

- James, qu'est-ce qui s'est passé ? Albus n'a pas dit un seul mot de toute la soirée.

James esquissa un sourire fatiguée à Scorpius. Scorpius voyait dans le regard de James, dans le comportement d'Albus, que quelque chose d'important s'était passé. James se tourna vers lui en grimaçant.

- Je crois que les choses vont être différentes maintenant, murmura-t-il.

Scorpius haussa un sourcil.

- Tu ne vas pas m'en dire plus ?

James enlaça leurs doigts et tira doucement sur la main de Scorpius pour qu'il vienne s'allonger en face de lui.

- Je crois… je n'ose même pas le dire, mais… je crois que j'ai retrouvé mon frère.

Scorpius écarquilla les yeux. Ceux de James étaient vitreux, blessés par les coups d'Albus, mais aussi fatigués et rougis d'émotion. James voulut se rapprocher mais il grimaça à nouveau. Scorpius se colla contre James et posa sa main sur sa taille.

- Je suis content pour toi, murmura Scorpius.

- Et moi je suis content pour nous trois, répondit James, s'endormant déjà.

Scorpius déposa un baiser sur son front et d'un coup de baguette, il éteignit les lumières.

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Harry releva les yeux de son livre lorsqu'on toqua à la porte de ses appartements. Il referma son livre en soupirant et se leva, se demandant qui venait le déranger à cette heure tardive. Il ouvrit la porte et écarquilla les yeux lorsqu'il croisa le regard de son fils.

- Albus, mais qu'est-ce qui est arrivé à ton œil ? s'inquiéta Harry en approchant ses mains du visage de son fils.

Albus écarta sa main et entra dans les appartements de son père.

- Je me suis battu avec James.

Harry se retourna brusquement après avoir fermé la porte.

- Quoi ?

Albus inspira profondément et s'appuya contre la table, les mains serrant son bas de pyjama.

- Tu sais… il a fallu que Draco et Scorpius entrent dans notre vie pour que tu te rappelles que j'existe.

Harry resta où il était, le regard fixé sur son fils qui lui regardait le sol, le visage songeur, plongé dans ses souvenirs.

- Oh tu m'avais pris à la maison, tu n'avais pas vraiment le choix, tu me considérais toujours plus que ma mère pour qui je suis une erreur.

- Albus, ne-

- Tu sais pertinemment que c'est vrai.

Albus releva les yeux vers Harry.

- Ginny et toi vous n'avez fait que des erreurs, tout le temps. Alors je sais, vous êtes les écorchés de la guerre, tu as donné ton âme pour les sorciers, etc, etc. Mais après ?

Harry fronça les sourcils de tristesse. Cela faisait bien longtemps qu'il n'avait pas eu cette discussion avec son fils. Mais Albus n'était pas en colère. Il énumérait les faits, l'histoire avec beaucoup de calme et sachant visiblement où il voulait en venir.

- James et moi, on est des victimes. Des victimes de votre chère guerre sauf qu'on y est pour rien. Vous nous avez utilisés comme des armes l'un contre l'autre.

- Ce n'est pas ce qu'on voulait, Albus, essaya de justifier Harry.

- C'est encore pire. Vous n'avez pas été suffisamment conscients de nous pour qu'on soit élevé dans l'amour. Quoi que pour Ginny j'ai des doutes sur les intentions qu'elle a eus. C'est super d'être élevé dans une famille pleine d'amour, de cousins, de repas de famille. Mais mon frère, mon propre frère est un étranger pour moi. A cause de vous.

Harry sentit son pouls s'accélérer, la panique le gagner.

- Mais c'est fini. James et moi, on ne se détestera plus. C'est… c'est mon frère, le seul qui peut me comprendre comme tu ne l'as jamais fait, comme aucun de vous ne l'a jamais fait. A part Scorpius. Et ce n'est pas à vous que je dois son arrivée dans ma vie.

Albus contourna son père pour ouvrir la porte. Harry le retint par l'épaule.

- Je suis content pour toi, Albus.

- Ce n'est pas pour toi qu'on le fait. C'est pour nous seul. A notre tour d'être égoïstes.

Albus se dégagea lentement et quitta la pièce, laissant Harry les bras ballants, plongé dans ses anciens démons.