It's always today and never tomorrow/
Merci à :Lyloo0145 de me relire (encore une fois si jamais, elle écrit aussi, je dis ça, je dis rien). Et vous, ça devient redondant mais tant pis, je le dis quand même.
Tell them I'm back : Les mots résonnent si fort en moi. Cette urgence qui me maintient éveillée, qui me force à tenir alors que le soleil se lève. Cette dévotion, rien ne compte plus que les mots, rien d'autre n'a jamais compté. Je suis autrice, je raconte des histoires depuis que je sais parler, j'en écris depuis le jour où on m'a mis un stylo entre les mains. C'est ce que je suis, ce que je serais, ce que j'aurai toujours dû être. Je ne pouvais pas vivre sans ça, je me noyais. Je hurlais en silence cette douleur sur des pages et des pages, incapable de m'échapper dans mes mondes imaginaires. On m'avait pris la seule chose qui ai jamais compté pour moi. Je me fiche du reste, il n'y a que l'écriture à mes yeux, qu'elle qui me fasse sentir à ma place. Je suis née pour écrire, qu'importe que je n'ai pas le talent, qu'importe que je fasse n'importe quoi, c'est ce que je suis.
TELL THEM I'M ALIVE.
Bonne lecture !
C'est ton nom que je crains
Dixième chapitre
Dis le encore
Je pouvais te dire un tas de choses. Je pouvais te mentir droit dans les yeux sans une hésitation. Je pouvais continuer à te laisser m'ouvrir ton cœur pendant que je ne faisais que te repousser. Je ne saurais dire lequel de nous est le plus surpris au final.
Tu souris, un sourire hésitant comme si tu n'étais pas sûr d'avoir bien entendu. Comme si tu ne savais pas si tu devais te réjouir ou non. Je ne peux t'en vouloir, je comprends au fond. Je t'ai fait comprendre l'inverse si longtemps. Je t'ai laissé me crier ton amour sans te le rendre trop souvent.
Et tu me regardes avec tant d'espoir dans les yeux mais sous l'espoir il n'y a que de la douleur. Je le sais trop bien, c'est ce que je ressens aussi. Et j'aimerais te dire que ça va aller, que ce n'est pas si grave. Qu'on peut s'aimer ainsi, que ce sera suffisant. Non, ça ne fait pas si mal.
Mais je ne peux pas, je ne peux plus. Tes mots sont un jet d'eau glacé sur une brûlure à vif : une torture. J'aimerais te prendre par la main et te dire qu'on a juste à fuir. Toi et moi et qu'importe le reste. Mais c'est faux et tu le sais aussi bien que moi.
« On fait quoi maintenant ? »
Tu murmures et pourtant j'ai l'impression que tu hurles. Que le monde entier a entendu nos confessions. Mais il n'y a que toi, que ton visage qui envahis mon regard. Tes traits que je connais par cœur mais que je n'ai jamais vu ainsi. J'ai séché tes larmes, écouté ta douleur.
J'ai célébré tes victoires et enterré tes échecs. Je sais tout de toi, je t'ai vu passé par tout mais ce soir une expression inédite a envahi tes traits : le découragement. Tu as sauvé le monde mais tu es soudain désemparé. Tu attends une réponse de ma part mais je ne sais pas.
Je ne suis pas toi, je ne sais pas ce qu'il faut faire. J'ai mis dix ans à oser affronter mes sentiments et encore une fois tu as dû faire le premier pas. Je ne suis pas celui que tu voudrais que je sois. Celui que tu ne cesses de voir en moi, malgré que le temps t'ai montré mille fois que je ne le serais jamais.
Et je t'aime, ça me brûle de l'intérieur. Je le sais depuis longtemps mais le savoir n'est pas l'accepter. Et tu m'aimes. J'ai envie de pleurer ou de rire. Envie de fuir ou de ne plus jamais te laisser repartir. Ce n'est pas juste au fond, pas juste que ce soit si compliqué pour nous.
Pourtant une réponse me vient aux lèvres. J'attrape tes mains et entrelacent nos doigts. Je prends une grande inspiration, ferme les yeux un instant, juste le temps de rassembler le peu de courage qu'il me reste. Je les rouvre et tu es toujours là, attendant ma sentence.
« Dis le encore. »
Et tu t'exécutes sans une seule hésitation. Et une digue cède en moi, je me raccroche à tes mains alors que je me prends la vague. J'avais raison, j'ai l'impression de me noyer, je suis à bout de souffle, de nerfs. Et les mots viennent, ils coulent d'entre mes lèvres sans que je puisse les retenir.
« Ne cesse jamais de le dire. Qu'importe que ce soit sans espoir, qu'importe que ce soit impossible, je m'en fous. Je m'en fous du reste tant que tu le dis encore, tant que c'est toi. »
Et tu embrasses mon visage, murmurant entre deux baisers, me répétant encore et encore ces mots qui nous sont interdits. Une larme coule sur ma joue et je ne sais si c'est de joie ou de douleur. Les deux sûrement. Je t'arrête, bouleversé.
« Viens. »
Je garde une de tes mains entre les miennes et je te guide jusqu'à ma chambre. La pièce n'est éclairée que par la lumière de la lune. Je m'arrête au milieu de la pièce, relâchant ta main pour m'éloigner de quelques pas. Je te regarde comme si je te voyais pour la première fois.
« Je suis tellement désolé. »
Tu secoues la tête, balayant mes excuses d'un geste. Pourtant il faut que j'aille jusqu'au bout, je te le dois et quelque part je me le dois aussi. Je nous l'ai fait, dans une moindre mesure mais c'est aussi ma responsabilité. J'avais juste tellement peur. Je sens des larmes me brûler les yeux.
« C'était ma faute, Draco. »
C'est mon tour de secouer la tête. Ne joue pas les héros, pas cette fois, laisse moi accepter le blâme pour cette fois. Je suis prêt, tes mots m'en ont donné la force.
« La mienne aussi. J'ai eu peur de toi, peur de moi. Peur de ce que tu me faisais ressentir, peur que tu me blesses alors à la place je t'ai blessé. Tu ne méritais pas ça.
- Ce n'est pas grave, j'ai eu peur aussi. J'aurai dû la quitter dès la première fois ou te laisser tranquille mais je n'ai pas réussi à choisir.
- Elle te droguait, Harry, ce n'est pas ta faute. »
Tes yeux brillent sous le clair de lune, brillent d'une culpabilité qui fait trop bien écho à la mienne. J'aimerais trouver les mots pour te faire comprendre que je t'ai pardonné il y a longtemps. Qu'il n'y a pas de faute à pardonner. Pas la tienne en tout cas.
« Tu m'as choisi, tu n'as pas arrêté de le faire, c'est moi qui ne voulait pas le voir. Tu es toujours revenu, même quand je ne te donnais aucune raison de le faire. Même quand je ne le méritais pas.
- Je ne pouvais pas faire autrement. »
Tu t'es rapproché de moi, ta main se pose sur ma joue. Tu es beau, ça me transperce soudain. Tes cheveux ont pris un éclat argenté sous la lumière nocturne, les ombres accentuent les traits de ton visage et derrière tes lunettes tes yeux ont la teinte exacte de l'émeraude.
Sais-tu à quel point tu es beau ? A quel point ça continue à me bouleverser peu importe le nombre d'années ?
« Je ne pouvais pas renoncer à toi. Je n'ai jamais pu, ça aurait été renoncer à la seule chose qui ai jamais compté en dehors de mon fils.
- Ne dis pas ça. »
Ma voix manque de conviction. tes mots me touchent au plus profond de mon âme, je te serre contre moi. Enfouissant ma tête dans le creux de ton cou pour te cacher mes larmes. Je suis heureux pourtant, plus que je ne l'ai jamais été.
« Je t'aime tellement, Harry. Je t'aime et ça ne change rien. »
Il y a de la colère dans ma voix. Une rage mal contenue, envers le monde, les circonstances, envers moi et surtout envers elle. J'aimerais pouvoir retourner en arrière et avoir le courage de te dire ces mots bien plus tôt, quand ça aurait pu changé quelque chose.
Tu me caresses doucement le dos, me berçant entre tes bras, cherchant à m'apaiser. Je sais que tu t'es résigné à ta situation mais ce n'est pas mon cas. Je n'ai jamais pu accepter ce qu'elle te fait, accepter de te regarder souffrir en silence. Tu dis lui avoir pardonné mais je ne l'ai jamais fait.
Délicatement tu t'écartes de moi et d'un geste me fait relever le visage vers le tien. Dans tes yeux, il n'y a que de l'amour, aucune colère. Je ne sais pas comment tu fais, comment tu peux continuer à sourire ainsi et à y croire encore après tout ce qu'elle t'a fait subir.
Ta force me fait me sentir si petit soudain, c'est ta souffrance et pourtant tu me souris et essuie mes larmes. Et je crois que je t'aime encore un peu plus pour ça. Comme si c'était possible.
« Ça change tout, Draco. »
Tu m'embrasses, avec violence, avec passion, avec un désespoir qui nous ressemble trop. Tes lunettes cognent contre mon visage mais je m'en fiche. Tes mains si douces se font impatientes. Un désir soudain embrase mes reins. Je me sens brûlant entre tes mains.
Tu me plaques contre le mur et mes mains s'agrippent à toi si fort. Dans la tempête qui me traverse, tu es mon seul repère. Tu es ma seule réalité. On se déshabille avec précipitation, maladroitement. La pièce ne résonne plus que de nos baisers.
Je te mords les lèvres, mes mains s'enfonçant dans ton dos alors que tu commences à me préparer. Je m'agite, t'encourageant. J'ai tant besoin de te sentir en moi. Tant besoin de ne faire plus qu'un avec toi. Tu me soulèves et mes jambes s'accrochent à ta taille.
« Fais moi l'amour. »
Un frisson te parcoure et ton regard cherche le mien. L'intensité de ton désir me paralyse. A cet instant, je te sens t'introduire en moi. Nos regards restent accrochés alors que nos corps se réunissent enfin. Malgré la douleur, je ne ressens que du soulagement.
Je suis tien, complètement. Qu'importe le reste, à cet instant il n'y a que nous, le reste ne compte plus. Je vis pour ton regard sur moi, pour tes lèvres sur les miennes, pour ton corps complétant le mien pour une énième fois. Nos respirations s'accélèrent et je sens ton cœur cogner dans ma poitrine.
Je t'embrasse, capturant ton souffle entre mes lèvres. Je ne saurai plus dire où ton corps commence et où le mien s'arrête. Nous sommes un. Ton plaisir est le mien, ma jouissance est tienne. Nos gémissements se confondent et nos murmures se répondent.
Mon corps se tends contre le tien, mes mains griffant ton dos. Je me fiche des conséquences, ce soir tu es mien. Tu mords mon cou et un cri de plaisir m'échappe. Tu me rends fou, tes lèvres sur ma peau, tes coups de reins me font perdre lentement toute raison.
Mon dos cogne contre le mur mais je le sens à peine. Il n'y a que toi à cet instant, le reste du monde n'est qu'une rumeur lointaine. Tu te retires à bout de souffle et me retourne. Je n'ai pas le temps de protester de ton retrait que tu reprends possession de moi.
Mes mains s'accrochent au mur alors que tu continues à me faire l'amour impitoyablement. Une main sur ma hanche, l'autre sur mon cou, possessive. Tu tournes ma tête pour pouvoir m'embrasser et je te laisse faire. Je m'abandonne totalement ce soir.
« Tu es à moi. »
Tu ponctues ta phrase d'une morsure dans mon cou. Un frisson annonciateur de l'orgasme me parcoure. Je ne peux qu'acquiescer incapable de former une pensée cohérente. Tu accélères le rythme et l'orgasme explose en moi. Chacun de tes mouvements créant une nouvelle onde de choc.
Soudain tes mains se crispent sur ma peau et tout ton corps se tends. Je te sens jouir en moi alors que les derniers spasmes de mon orgasme me secouent. Ton corps se retient au mien et je sens ton souffle près de ma joue. Tu trembles contre moi.
Lentement on se laisse glisser au sol. Nous nous retrouvons assis, tes jambes de part et d'autres des miennes, tes bras me serrant contre toi. Je laisse ma tête retomber sur ton épaule et tu tournes ton visage vers le mien. Tes joues sont encore rougies et tes lèvres gonflées d'avoir été trop mordus.
D'un geste encore tremblant, je les caresse du bout des doigts comme pour m'excuser. Tu souris sous mes doigts, l'air apaisé.
« Dis le encore, Draco. »
Et je le dis, te regardant droit dans les yeux. Je n'ai pas peur à cet instant. Il sera toujours temps de paniquer plus tard, de chercher les réponses aux questions inévitables mais pas maintenant. Pour un instant nous ne sommes que deux amants s'étant avoué leur sentiments pour la première fois.
Tout est simple et je veux savourer ce moment. Avant que la réalité nous rattrape. Tu me serres fort contre toi, je me sens bien comme ça, en sécurité. Je ferme les yeux et pendant un instant je me laisse aller à croire que ça pourrait être notre quotidien.
À imaginer ce que ce serait de pouvoir te tenir la main en public, t'embrasser sans avoir besoin de vérifier que personne ne peut nous voir. Je me sens libre auprès de toi mais cette liberté n'est qu'illusoire. Je n'ai pas le droit de t'aimer, pas le droit de rêver à ça.
« J'ai trouvé quelques choses dans tes souvenirs. »
Ta voix me fait revenir à la réalité. J'avais presque oublié que je t'avais confié mes souvenirs pour que tu les analyses. Une peur gronde au fond de moi. Tu caresses doucement mon bras, tentant d'apaiser mes craintes. Je hoche la tête, attendant la suite.
« Un sort puissant empêche d'y accéder mais j'ai réussi à extraire quelques images supplémentaires. Je ne sais pas ce qui t'es arrivé Draco mais quelqu'un ne voulait pas que tu te souviennes.
- Qu'as-tu vu ? »
Je ne peux empêcher ma voix de trembler légèrement. Je n'ai jamais eu de perte de mémoire et savoir qu'elle a été provoqué volontairement est un tout autre niveau de terreur. Qu'ai je fais ? Pourquoi voulait-on si fort que je ne me souvienne pas ?
« J'ai vu une potion et un livre. Je n'ai rien dit devant Julia parce qu'elle est assez bouleversée comme ça mais c'est ce dont elle a parlé : le Fatorum Arcana Magiae. »
Ma tête bourdonne et le vertige étrange que j'ai ressenti plus tôt me reprends. Je t'entends m'appeler mais ta voix me semble lointaine. Je sens le souvenir si proche, je force malgré la douleur et la nausée qui s'empare de moi. J'ai besoin de savoir, besoin de comprendre.
Je me revois dans la bibliothèque, un livre à la main que je pose sur une console. Le souvenir s'arrête brutalement. Pendant un instant, il n'y a que le noir, la tête me tourne. La douleur est insupportable, j'ai l'impression que ma tête va exploser. Je me sens crier mais je ne l'entends pas.
Au moment où je pense ne plus pouvoir en supporter plus, la douleur reflue soudain. La lumière revient et je vois des formes floues. J'écarte tes bras et m'éloigne de quelques pas en rampant, incapable de me lever. La respiration haletante, un spasme me traverse et je vomis.
Je roule sur le côté, épuisé. Je sens une présence à mes côtés. Ma vision s'éclaircit alors que tu te penches vers moi. Les oreilles encore bourdonnantes je lis sur tes lèvres que tu me demandes si je vais bien. L'inquiétude sur tes traits me bouleverse. Je cherche à parler mais ma voix refuse de m'obéir.
Je pose la main sur ton bras, j'ai l'impression de me mouvoir dans de l'eau. Petit à petit, ma respiration se calme. Le bourdonnement s'éloigne et je t'entends. Tu me parles avec douceur, me demandant si je vais bien, ce qu'il s'est passé.
Ce que j'ai vu me revient, fugacement. Je balaie tes interrogations d'un geste, un sentiment d'urgence au creux de l'estomac.
« La bibliothèque. Il est dans la bibliothèque. »
Tu me fixes sans comprendre. Finalement un éclair de compréhension éclairci ton regard. Tu commences à me demander s'il s'agit du fatorum. Je t'arrête, posant la main sur ta bouche pour t'empêcher de prononcer le nom.
« Ne le dis pas, je t'en supplie. Je ne peux pas revivre ça. Il faut qu'on y aille maintenant. »
Je me lève encore vacillant sur mes jambes. Tu m'arrêtes, passant ton bras autour de ma taille pour m'empêcher de tomber. Tu me forces à te regarder dans les yeux, ton inquiétude semble s'être accrue. J'aimerais trouver les mots pour te rassurer mais j'ai besoin de réponse.
« Tu n'es pas en état, Draco. Je ne sais pas ce qui t'arrive mais si simplement dire le nom de ce livre te fait ça, je ne veux pas savoir ce que le toucher te fera. »
Je secoue la tête, cherchant à me libérer de ton étreinte. Ton bras me pousse vers le lit, j'essaye de résister mais le peu de force qu'il me restait m'abandonne. Tu m'allonges et r'assois à mes côtés. Tu repousse une mèche de cheveux blonds de mon visage et pose la main sur mon front.
J'aimerais me lever mais je me sens épuisé soudain, incapable de faire le moindre geste. Tu me fixes et je crois que je ne t'ai jamais vu aussi terrifié de toute ta vie. Tu caresses doucement mes cheveux. Le sentiment d'urgence s'estompe et je réalise que tu as raison.
Je ne peux pas m'approcher de ce livre, pas tant qu'on ne saura pas un peu plus ce qu'il se passe. Je soupire résigné. Mes paupières sont si lourdes et ta main si apaisante. Je me sens partir.
« Va le chercher, Harry, je vais rester ici. Promis. »
Ma voix est si faible. Les paupières entrouvertes je te vois me sourire, un sourire tremblant mais tu as l'air d'avoir un peu moins peur. Tu embrasses doucement mon front. J'entends à peine ta réponse alors que mes yeux se ferment. L'épuisement a finalement raison de moi et je m'endors.
A suivre ...
Posté le 6 Avril 2020 à 22h22.
Je voulais écrire quelque chose et puis j'ai écrit totalement autre chose. J'avais oublié ce que c'était de se laisser porter, de laisser les mots venir et de simplement les écrire. Cette facilité, fatalité. Je suis heureuse ce soir, je crois que ça fait bientôt deux mois que je le suis. Parfois j'angoisse, parfois j'ai peur, parfois j'ai mal mais ça ne dure pas, ça ne dure plus. Game over, bitches. Au final, j'ai gagné.
Merci de m'avoir lu. Si ça vous a plu (ou pas), les reviews sont là pour ça.
Mary.
