Bonjour ! Bonsoir !
Comme promis voici le chapitre suivant. Et vous avez si bien devinez haha. En même temps c'était facile non :p.
Ce chapitre a été corrigé par Titou Douh, merci, merci.
BBLLL : Huhu merci beaucoup ! Non mais tu as le droit, ça aurait pu être autre chose XD, genre une momie sortant du livre ! Ou eux se retrouvant coincé dans le livre. Tu vois des hypothèses il y aurait pu en avoir plein. Hoho c'est une bonne question pour la logique de Voldemort mais perso j'y crois pas :p. Sinon ça ne serait pas drôle. Pour moi Harry reste l'enfant de la prophétie. C'est le but pour le parallèle Tonks/ Louve mais ça devait plus être du Louve/Teddy. Le bracelet de William était sensé enlever la douleur, en le retirant ce qu'il ressent, tous les sentiments enfouis en lui finissent par se répercuter sur son physique la peur et le stress ça fait blanchir les cheveux :o. Je ne dirais rien pour le bracelet, il faudra lire la suite XD. Merci à toi !
Hellehaare : Merci à toi ! Voici la suite et j'espère que tu aimeras :D
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LES PLAIES
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« If you say that you are mine
I'll be here 'til the end of time »
Should I stay or should I go. The clash.
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C'était une réunion de crise.
Du moins, c'est ce que pensait Nolan Corgan en arpentant les couloirs de Poudlard jusqu'au septième étage.
Deux semaines très exactement après que Hermione fut recouverte de sang, d'autres événements s'étaient produits : la pluie de grenouille, l'attaque des moustiques et depuis trois jours, des animaux, beaucoup trop d'animaux sortaient de la Forêt Interdite pour se rapprocher du château, ce qui avait valu aux professeurs de fermer les portes de Poudlard et d'interdire toute sortie le temps que Hagrid et d'autres professeurs puissent repousser les créatures qui étaient sorties du bois.
Nolan ouvrit la porte de la Salle sur Demande et trouva ceux qu'il devait trouver : Hermione, Harry, Draco et Neville.
- Je crois que je sais !
- Que tu sais quoi, Corgan ?
- Ce qu'il se passe !
Hermione cessa ses mouvements de baguette, Harry lâcha son carnet de croquis et Draco daigna enfin ouvrir les yeux de son projet de méditation qu'il exécutait avec Neville.
- Et qu'est ce qu'il se passe, exactement ?
Nolan sortit le seul livre qui lui avait parut essentiel : la Bible. Hermione le regarda avec des yeux ronds avant d'exploser de rire.
- Qu'est ce que tu nous fais, Nolan ? Tu comptes nous évangéliser !
- Qu'est ce que…. C'est une Bible. Tu as ramené une Bible, s'étonna Draco.
- Je ne l'ai pas ramenée, je l'ai empruntée à la bibliothèque.
- Poudlard possède une Bible ?
- Un exemplaire du Coran, de la Torah, de l'Avesta, du Rig-Veda, du Dao de Jing et même du Tripitaka, si vous voulez tout savoir. Il semblerait que les sorciers oublient que beaucoup de rites magiques sont étroitement mêlés à la religion.
Nolan constata qu'il avait à présent l'attention de tout le monde.
- Et en quoi la Bible est censée nous aider ? Demanda Harry.
- Je ne parle pas de l'histoire de Neville, je parle de tout ce qui passe depuis un certain temps ! Le sang, les moustiques, les animaux ! Ne me dites pas que ça ne vous dit rien ?
- Désolé..., fit Neville. C'est vraiment l'inconnu pour moi… La religion.
- Même chose de mon coté, asséna Draco. On ne se préoccupe pas vraiment des croyances des moldus.
- Et c'est un tord ! gronda Nolan. La plupart des briseurs de sorts obtiennent des forces qui viennent d'entités plus… Plus puissantes.
- Que tu appelles 'Dieu', mais rien ne dit que c'est un autre nom qu'on donne à la magie elle-même.
Nolan leva les yeux au ciel.
- On ne va pas débattre de ça maintenant ! Ce que je veux que vous voyiez, c'est ça !
Il ouvrit le saint ouvrage et tourna rapidement les pages pour tomber sur celles qu'il avait sélectionnées.
- Là ! « … Prends ton bâton et tends ta main sur l'eau des Égyptiens, sur leurs rivières, leurs ruisseaux, leurs étangs et tous leurs réservoirs d'eau. Elle deviendra du sang. Ainsi, il y aura du sang dans toute l'Égypte. »
Nolan continua sa lecture.
- « Je frapperai tout ton territoire par des grenouilles », et encore « Tends ton bâton et frappe la poussière de la terre. Elle se changera en moustique dans toute l'Égypte. » Vous voyez ! Il y a tout !
Harry se tourna vivement vers Hermione.
- Tu m'avais dit que Moïse était sûrement un sorcier mais que le rubis qui faisait sa force a été détruit.
- Le rubis faisait sa force, oui, et je t'ai aussi dit que tout était flou ! Bon sang, ça fait sens mais, Harry... User du rubis, user de cette magie pouvait vouloir dire faire appel à quelque chose de plus puissant ! J'ai trouvé un livre qui explique que les sorciers pouvaient faire appel à des êtres aux forces incroyables pour se protéger, pour se défendre.
- Comme les statues qui gardaient la bibliothèque, fit Draco.
- Ou celles qui gardent Poudlard, se risqua Neville.
Hermione acquiesça vivement.
- On parle d'invocation magique, donc.
Nolan secoua la tête.
- Non, c'est pire que ça. Nous sommes maudits. Vous n'avez pas entendu…
- La voix ! s'exclama Neville. C'était réel ?
- Vous voulez dire que c'est comme si… Comme si on avait ouvert un sarcophage et qu'on allait mourir dans les prochains jours ? rit nerveusement Harry.
- C'est le livre, n'est-ce pas ? l'interrompit Draco. Ce n'était pas juste des protections mineures, c'est plus que ça. En ouvrant le livre, on s'est jeté une malédiction.
Un silence lourd s'abattit sur les adolescents. Draco se massa les tempes.
- Réfléchissons : que sait-on des malédictions ? Des sorciers puissants peuvent en jeter, sous le coup de la colère, par magie du sang, ce qui est extrêmement dangereux ou…
- Ou quoi ? le pressa Hermione.
- Ou en tourmentant les victimes, en faisant appel à des démons.
- Oh…
- Oh…
- Quoi, 'oh' ? demanda Harry.
- Des démons, Harry ! Tout est lié, bien sûr ! Moïse était un sorcier qui croyait profondément qu'un dieu viendrait les sauver ! Ça s'apparente à quelque chose comme… Vendre son âme au diable.
- Tu blasphèmes, Hermione ! Ce n'est pas forcément ça : à l'époque de l'ancien testament, Dieu était un être vengeur et les démons pouvaient aussi être de bons démons qui étaient vénérés avec autant de dévotion. Mais… Mais je n'en sais pas plus sur le sujet.
- Moi non plus, concéda Hermione. Il nous faudrait en être certains.
- Je pense que je connais quelqu'un qui peut nous aider. Je veux dire : a-t-on déjà vu un ouvrage démoniaque à Poudlard ? finit par dire Harry.
Hermione et Nolan se regardèrent sans pouvoir répondre de manière positive.
OoooooooooooooOooooooooooooooO
- Allez savoir pourquoi, je ne suis même pas étonnée...
Ororo Anterra pivota sur elle-même et ils purent tous voir le mouvement de sa cape. D'une manière qu'ils n'expliquaient pas, la directrice de Durmstrang avait réussi à modifier la magie du miroir de Harry pour donner l'impression qu'elle était totalement présente dans la pièce mais sous l'aspect d'un fantôme.
Ils avaient donc tous l'impression de se trouver en cours.
- A cause des événements liés au massacre des sorcières en Europe centrale, beaucoup de sorciers ont pensé que les pactes avec les démons étaient ce qui avait causé leur perte. On ne pactise pas sans y laisser son âme. Seulement, c'est aussi faire une croix sur des enseignements cruciaux. Après tout, la Goétie, ou l'art d'invoquer les démons, est tirée du grec goeteia qui signifie sorcellerie. Quand invoquer la magie elle-même devenait trop difficile et demandait trop de personnes, faire appel à des démons était une manière plus rapide et efficace d'obtenir ce que l'on désirait. Encore une fois, rien à voir avec de la magie noire mais plutôt de la perversion magique.
Harry buvait littéralement ses paroles.
- Excusez-moi, Madame la directrice, mais est-ce que Durmstrang enseigne la démonologie ?
- Oui, mademoiselle. Uniquement en dernière année, cela dit. C'est une magie obsolète qui fait plus de mal que de bien. Tous les démons ont l'art et la manière de vous faire tourner la tête pour obtenir eux aussi ce qu'ils désirent, et un démon ne désire rien de plus qu'une âme. A une certaine époque, les sorciers démunis ne perdaient pas de temps à signer le livre du « Diable ». C'est encore d'actualité dans de nombreux pays, notamment aux États-Unis ou il y a je crois une sorte de… D'équilibre, je dirais.
- Est-ce que ça veut dire que nous sommes maudits ?
La directrice partit dans un rire franc.
- Non, non… Enfin, si vous étiez de simples non-mages, effectivement je ne donnerais pas cher de votre peau. Mais vous êtes des sorciers. Et un sorcier digne de ce nom a pratiqué au moins une fois dans sa vie un exorcisme. Enfin, ça n'a pas l'air de concerner les sorciers anglais. Vous êtes en train de devenir ma petite classe favorite.
Harry en resta bouche-bée.
- Alors qu'est-ce qu'on peut faire ? Est-ce que nous sommes en danger ?
- Je pense que vous l'êtes si vous ne faites rien. Vous avez compris assez vite ce qu'il se passait, ce n'est pas plus mal et au moins vous savez à quoi vous en tenir. De plus, vous avez la chance que le démon auquel vous faites face soit déjà connu vu qu'il s'est, semble-t-il, déjà illustré par le passé mais, bon sang… Il aurait pu changer de méthode. Quoiqu'il en soit, je vais vous faire parvenir un exemplaire du Lemegeton le plus rapidement possible. C'est une bonne chose, en fin de compte.
- Une bonne chose !? s'étouffa Draco. On va devoir faire face à un démon !
- Oui, et cela va me permettre de voir vos maîtrises de cercles. Enfin, à ce stade vous pouvez vous les approprier comme vos sceaux de sorcier.
- Nos sceaux de sorcier ?
La directrice de Durmstrang étira ses lèvres en un sourire avide.
- Un sceau est plus puissant qu'un cercle. Vous pouvez l'utiliser autant pour invoquer que pour vous protéger. Plus vous usez de votre cercle magique, plus il s'imprègne de la magie elle-même. Vous êtes trois à avoir déjà créé un cercle. Je pense que le jeune Potter en est au stade du sceau mais un seul sorcier, c'est déjà plus que tout ce que vous pouvez espérer. Si je pensais que vous étiez vraiment en danger de mort, j'aurais fait le voyage moi-même. Je ne crains pas pour vos vies si vous êtes assidus. Une chose me chiffonne, par contre…
- Oui ?
- Comment, par Yaga, avait vous pu réveiller un démon !? Oh, en fait, je ne veux pas le savoir. Mais j'ai hâte de vous voir progresser. Vous êtes cinq, maintenant… Cinq est un très bon chiffre pour emprisonner un démon... Ou le libérer.
Sur ses mots, la directrice de Durmstrang disparut sous le regard effaré des élèves.
- On va exorciser un démon ?
- On va rencontrer un démon !
Draco se leva et les regarda tous.
- C'est du grand n'importe quoi ! Plus aucun sorcier ne fait appel à des démons. C'est se… Se… Condamner d'une certaine façon.
- Ezkridis n'a pas eu l'air de s'embarrasser de ce genre de mise en garde. Après tout, parla Hermione, c'était un vieux sorcier et ça lui a permis de construire une prison et de tuer des moldus assez longtemps. Il devait savoir ce qu'il faisait. Quel dommage… Je vais finir par demander mon transfert à Durmstrang.
- Tu plaisantes, Hermione ! s'étonna Harry.
La jeune fille croisa les bras et afficha un air très sérieux.
- Honnêtement, je commence à être déçue de l'enseignement de Poudlard. Rien qu'en repensant à la participation de Viktor Krum dans les souvenirs de Harry, sa semi-métamorphose en requin devait déjà justifié un entraînement rigoureux. Quel élève de Poudlard, à part les Maraudeurs, peut se vanter d'être un animagus à notre âge ? Cette directrice est redoutable !
- Mmph, il faut croire que Dumbledore voulait absolument être le seul sorcier le plus puissant d'Angleterre..., ironisa Draco.
- Ou alors ne pas subir un deuxième Voldemort ou un deuxième Grindelwald, répliqua Nolan. La soif de connaissance a mené bien des sorciers à leur perte.
- C'est parce qu'on se met à considérer des sorciers qui usent d'une autre magie de mage noire immédiatement ! cingla Draco. Cette femme l'a dit : ce n'est pas de la magie noire mais de la perversion magique ! La magie est bien, l'homme ou le sorcier l'est bien moins !
Personne ne répliqua, pas même Hermione.
- De toute manière, fit finalement Neville, nous n'avons pas à Poudlard de la matière pour s'avancer sur cette histoire, je pense que Draco a en partie raison. Nous sommes trop restreints dans nos sorts et probablement pas mieux entraînés que ça. Même si en changeant le passé, Adams a réussi à faire en sorte que Regulus nous donne des cours de duels, ça reste du niveau de Poudlard. Peut-être – il se tourna vers Harry – peut-être que tu devrais reprendre les cours de l'A.D.
Harry ouvrit la bouche de surprise. Hermione et Nolan le regardèrent avec presque la même demande silencieuse, alors Harry se tourna vers Draco. Le blond haussa les épaules.
- Du moment que tu en changes le nom...
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Il fallut une semaine de plus pour que le Lemegeton, livre contenant le nom des démons, puisse arriver entre les mains de Hermione. Celui-ci fut apporté par un oiseau aussi sombre que le corbeau de Harry mais dont le bec était d'un blanc éclatant. Pour plus de sûreté, Anterra avait fait en sorte que ça soit la Gryffondor qui le reçoive afin de paraître moins suspect... Ce qui ne trompa pas le moins du monde Regulus Black qui retint les quatre élèves après un cours de duel.
- Ne tournez pas autour du pot… Qu'est ce que vous trafiquez ?
Hermione fit un pas en avant.
- Étant donné que nous ne devons pas nous mêler de toute la partie Voldemort, nous avons entrepris de nous améliorer aux cercles. Aussi j'ai fait une demande auprès de la directrice de Durmstrang de recevoir de quoi m'instruire seule, puisque Harry est trop occupé à – elle glissa un regard énervé à Draco et Harry – passer du bon temps, termina-t-elle avec mépris.
Harry et Draco furent tellement choqués par les propos d'Hermione qu'ils n'eurent pas besoin de fausser leurs réactions.
Regulus toussa.
- D'accord… Je n'ai rien demandé.
Une fois hors des murs du bureau du cadet des Black, Draco et Harry pestèrent à haute voix.
- Tu t'es servie de nous !
- Oh, ça va ! S'il y a bien quelque chose qui gêne la plupart des adultes, ce sont les histoires d'amour des adolescents ! Au moins, personne ne posera plus de question.
- Ne nous fait pas passer pour des chiens en chaleur, grogna Harry.
Hermione haussa un sourcil.
- Et ça c'est la preuve que peut-être mon mensonge était bien un mensonge... Tu as besoin de te détendre Harry.
Le brun se pinça l'arrête du nez : « sa » Hermione avait-elle été aussi perfide ?
- Je me ferais un réel plaisir de détendre Harry, siffla Draco, mais avant j'aimerais vraiment voir à quoi ressemble ce fameux livre. Je n'aimerais pas arriver à la partie où des nouveaux-nés se mettent à mourir.
La jeune fille ne protesta pas.
Aussi s'il n'y avait eu aucun signe des autres plaies, ils étaient tout de même réellement inquiets. Et c'est avec un réel sérieux qu'ils étudièrent le Legemeton et les notes laissées par Anterra elle-même. Une fois n'étant pas coutume, ils se retrouvèrent de nouveau en pleine nuit dans la Salle sur Demande.
Draco y entra en se jetant dans un des fauteuils mis à disposition.
- Que se passe-t-il ? demanda Nolan
- J'ai eu un « Désolant » en métamorphose.
- Et ?
- Et, répondit Harry à sa place, c'est sa troisième note en dessous d'Acceptable. Nos petites sorties nocturnes ne font pas du bien à nos notes.
- J'ai remarqué, concéda Hermione. Heureusement qu'il n'y a pas d'examen d'une importance capitale... Il faut voir le bon coté des choses : nous apprenons bien plus.
- Va dire ça a ce cher Lucius Malfoy et cette délicieuse Narcissa Malfoy, râla Draco.
- Il y a des circonstances atténuantes, intervint Neville. Tu peux toujours leur dire que tu es en stress post traumatique suite aux événements de cet été.
Harry et Draco observèrent Neville avec stupeur.
- Je vais absolument faire ça ! – Draco claqua des doigts – Neville rassure moi ce n'est pas Voldemort qui vient de parler.
- Si je te dis « non, je ne suis pas Voldemort », tu vas me croire ?
Draco plissa les yeux.
- Maintenant, je ne suis sûr de rien.
- Bien quand vous aurez terminé ce petit jeu, on pourra passer aux choses sérieuses ? Plus vite on aura bouté ce démon et plus vite on pourra se concentrer sur nos devoirs, pesta Nolan.
Draco se renfonça dans son fauteuil.
- Selon les notes d'Anterra, commença Harry, il nous faut un cercle principal, un pentagramme inversé. Comme nous sommes cinq, nous pouvons ajouter en bout de pointe de l'étoile nos propres cercles. Neville et Nolan, il est un peu tard pour vous apprendre les cercles mais apparemment, deux autres pentagrammes devraient suffire. Aussi, il faut d'autres petites choses. Pour commencer, si nous voulons procéder à un exorcisme puissant, il est préférable de le faire une nuit de pleine lune ou une nuit sans lune. Question de positivité et négativité.
Draco siffla, impressionné.
- Elle ne plaisante pas quand elle dit avoir laissé des notes... C'est le manuel du petit exorciste, que tu nous lis !
Harry réprima un rire et redevint sérieux sous le regard noir de Hermione.
- Mais on peut aussi l'exécuter une nuit où la barrière entre le réel et l'irréel est mince, une nuit où ce qui appartient à d'autres mondes peut se mêler.
- Autrement dit..., intervint Neville. Halloween ?
- Exactement.
- Oh, par Merlin ! s'exclama Hermione. Ça nous laisse moins de trois semaines pour préparer cette cérémonie !
Harry secoua la tête et se remit à lire.
- Des cercles d'invocation propres sont plus puissants mais on peut renforcer notre magie en mettant un peu de nous même. Par exemple, en fabricant nos propres bougies ou en broyant nous même le charbon qui nous aidera à tracer les cercles, en forgeant de nos propres mains les dagues avec lesquelles…
- Pourquoi tu t'arrêtes de lire ? demanda Nolan.
Le blond se pencha pour tirer le parchemin que lisait Harry.
- … les dagues avec lesquelles vous donnerez votre sang.
- Une magie du sang, souffla Draco. Bien sûr… C'est évident.
Hermione, Nolan et Harry le fixèrent avec étonnement.
- Évident ?
- Réfléchis… Je n'y connais pas grand-chose en exorcisme mais on sait que ceux qui le pratiquent sont des hommes d'Églises ou des hommes de Foi. Comme les sorciers n'ont aucune croyance… Ésotérique, nos moyens sont liés à la magie et la magie circule en nous.
- De plus, ajouta Neville, selon ma grand-mère, la magie du sang était notre magie élémentaire la plus répandue. Exiger un sacrifice du corps pour appeler des forces supérieures... Les cercles sont une manière de ne pas se sacrifier entièrement mais tu donnes de ta personne, Harry, c'est ta magie que tu utilises pour invoquer. Ici, ce sera le sang. Et puis c'est connu : c'est le prix du démon.
- Quand je vous entends parler, soupira Hermione, j'ai l'impression que la magie de nos jours a laissé beaucoup de pratiques derrière.
- Parce que ce n'est plus nécessaire de faire de terribles invocations : la plupart des sorciers se contente du peu. Comme nous nous cachons, nous n'avons rien à craindre à part nos semblables, assena Draco.
- L'inaction rend faible, je crois qu'on a compris ton point de vue. En gros, on réduit nos connaissances pour réduire notre force, murmura Nolan.
- On est en train de s'arrêter à ce qui nous entoure ! Rien ne nous dit que le monde n'est pas rempli de sorciers aux pratiques encore plus extraordinaires, intervint Harry. On parlera du futur du monde magique et de son déclin plus tard, vous voulez bien ?
- Continue, Harry.
- Bien, fabriquer nos propres bougies, nos propres dagues et la poudre ou l'encre pour tracer nos cercles, tout ça renforcera notre protection et la prison que l'on créera pour le démon. Ensuite, vient le nom de ce dernier. Il faut son nom pour l'appeler. On peut le forcer à nous le dire mais si c'est un démon puissant, il peut refuser. Avoir le nom du démon, c'est avoir le pouvoir sur lui. D'autres méthodes existent : la planche de Ouija, l'utilisation d'un pendule, les cartes, ou… Un petit voyage en Enfer.
- Pardon ?!
Harry fronça les sourcils.
- Elle précise que ce n'est pas réellement un voyage en Enfer, c'est une façon de parler : Un aller-retour pour avoir un indice. Beaucoup de sorciers le font, ou l'ont fait. Une fois le nom obtenu, il faut une incantation puissante pour chasser le démon. Est-ce que quelqu'un ici a déjà écrit une incantation ?
- Non, fit Draco, mais je connais le principe. J'ai lu quelques petites choses sur le sujet.
- Parfait, Draco sera donc notre maître de cérémonie. Je pense… Pouvoir me charger des dagues. Qui se sent d'attaque pour voyager en Enfer ?
- J'ai brisé le sort du livre, je pense que je peux passer mon tour sur le voyage.
Hermione et Neville se tournèrent l'un vers l'autre mais le blond leva la main.
- Il faut bien commencer quelque part si je veux faire voyager mon esprit je ne sais où.
- Et c'est pour ça que c'est une très mauvaise idée ! grogna Hermione. Imaginons que ton esprit, ou je ne sais quoi, reste bloqué je ne sais où !
- Hermione a raison. On ne sait pas quelles répercussions cela peut avoir sur toi.
Neville prit un air penaud.
- Je me sens réellement inutile.
- Ne le sois pas, tu vas nous fabriquer de superbes bougies, ricana Draco.
Harry roula le parchemin.
- Je crois qu'on a tout dans les grandes lignes. Je propose d'aller dormir et de revoir notre plan dès demain.
- Je n'arrive pas à croire qu'on soit sur le point de faire ça. Pour de vrai !
Nolan aida Hermione à se relever tandis que Neville ouvrait déjà la porte.
- Espérons que rien ne foire, soupira Draco. Je suis fatigué des mauvaises nouvelles.
Personne n'offrit de mot réconfortant au Serpentard.
Harry et Draco firent le chemin presque en silence jusqu'à ce que le blond s'arrête. Harry haussa un sourcil, le questionnant sans bruit.
- Je suis étonné que tu ne te sois pas proposé pour le voyage en Enfer...
Harry étira les lèvres en un mince sourire.
- J'ai l'impression que tout le monde veut avoir quelque chose à faire, quelque chose à prouver. Je crois qu'on m'a assez répété qu'il fallait que je me décharge. Et bon, je suppose qu'il faut un minimum de connaissance ésotérique, et ça n'a pas l'air d'être le fort de Neville. En parlant de ça… Je ne pense pas être le mieux placé pour…
- Pour traîner dans les couloirs aussi tardivement, fit une voix grave derrière eux.
Harry et Draco sursautèrent et tombèrent presque nez à nez avec Severus Rogue. L'homme les considéra avec une colère froide.
- Même si vous êtes préfet, monsieur Malfoy, j'attends de vous un minimum de bon sens. Surtout vu le déclin de vos notes ces derniers temps. Quant à vous, monsieur Potter… Il faut croire que la pomme ne tombe jamais loin de l'arbre.
Harry leva les yeux au ciel mais cessa immédiatement en voyant que son professeur de potion était mortellement sérieux.
- Peut-être que si vous aimez autant vous promener, quelques heures de retenue avec Hagrid vous feraient le plus grand bien.
Draco ouvrit la bouche.
- Je… Vous ne pouvez pas…
- Je peux et je le fais. Vous me forcez également à retirer cinquante points à Serpentard. Quelle misère que vous soyez de ma maison... Maintenant, retournez à vos chambres, et que je ne vous attrape plus dans ce genre de situation. Ne me décevez pas.
Harry voulut s'expliquer mais Draco tourna rageusement les talons.
Ils se couchèrent presque sans se parler et Harry eut du mal à s'endormir, sans se rendre compte que Draco resta aussi éveillé un long moment.
Il avait la sensation qu'ils devaient gérer énormément mais pour Harry, ce n'était pas totalement diffèrent de sa cinquième ou sixième année. Il avait toujours du gérer énormément. Puis la compréhension le frappa avec force : Draco n'avait pas l'habitude de gérer autant d'un coup.
Il avait presque perdu ses deux parents en même temps et devait suivre Harry dans une entreprise qui leur demandait du temps. Tout comme le Draco de son ancienne vie qui avait du réparer une armoire et vivre avec l'ordre de tuer Dumbledore, Draco gérait mal cette pression.
Harry s'en voulut énormément de ne pas l'avoir compris immédiatement. Il avait fini par accepter de se reposer sur les épaules de tous ceux qui pouvaient l'aider sans penser à ce que les autres pourraient ressentir : Nolan brûlait d'un feu nouveau, Neville voulait se sentir utile et Hermione était égale à elle-même. Mais Harry découvrait une autre facette de Draco. Celle du garçon fragile qu'il pouvait être, qui rongeait sa colère et son inquiétude comme un chien rongeant un os qui ne contenait plus rien. Avec force et peur.
Harry eut du mal à retenir son cœur de battre de désolation. Il se tourna vers Draco pour ne voir que son dos. Il détestait ça. Il détestait l'idée qu'à cause de lui, Draco devait se montrer plus fort ou plus détaché des événements qui lui arrivaient.
Il détestait ne pas voir son visage quand il s'endormait.
Ne t'endors jamais fâché avec ceux que tu aimes, parce que lendemain sera pire. C'était bien le genre de chose que disait son père.
Harry se rapprocha de Draco et passa un bras autour de son corps avant de poser ses lèvres sur sa nuque.
- Honnêtement Harry, siffla un Draco parfaitement éveillé, je ne suis pas d'humeur.
Harry leva les yeux au ciel, exaspéré.
- Tu ne penses vraiment qu'avec ton entrejambe.
Draco ne répondit rien, alors Harry continua à embrasser sa nuque doucement.
- Je sais, dit-il doucement, que les choses ont l'air terrible et je ne vais pas te mentir en te disant que tout ira bien. Je suis désolé de ne pas avoir été assez compréhensif pour voir que tu allais mal, Draco.
- Je ne vais pas mal, grinça Draco.
Mais sa voix avait flanché.
- Si. Et tu en as le droit. Tu as le droit d'être inquiet et frustré et en colère, contre moi ou contre le reste du monde. J'ai été à ta place, je sais ce que c'est quand personne n'écoute quand les choses vont mal. Ne me fais pas ça, Draco. Je… J'ai envie d'être là pour toi.
Draco ne lui répondit rien mais Harry le garda contre lui. Puis, après un long moment, le blond se tourna pour serrer Harry et enfouir sa tête contre son torse.
- Je déteste cette sensation. J'ai l'impression qu'on avance uniquement pour se prendre des murs. Comme si j'étais de nouveau dans le labyrinthe du Tournoi et que chaque passage fermé était protégé par des monstres. J'ai envie de t'aider, Harry, j'ai envie d'être là pour toi mais je déteste cette sensation de ne pas… De ne rien contrôler. Et ça n'arrivait pas, avant. Je contrôlais mes émotions, je contrôlais mon temps et la façon de le gérer et je contrôlais mon éducation.
Harry ferma les yeux en acceptant les reproches même si ils n'étaient pas directement faits contre lui, il se sentait responsable. Mais il se sentait aussi heureux que Draco en parle.
- Tu sais que j'aime ça, chez toi ? Tu arrives à rester de marbre dans des situations qui me donnent envie de m'arracher les cheveux. Mais tu n'es pas obligé d'être tout le temps comme ça. Je suis désolé de savoir que c'est ce que tu ressens mais quoi que tu veuilles faire… Je t'écouterais.
Draco s'écarta légèrement de lui.
- Donc… Si je décidais de laisser tomber cette histoire d'exorcisme, tu me laisserais faire ?
- C'est une question piège ? J'ai besoin de toi, Draco. La question, c'est… As-tu besoin de moi ?
- Bien sûr que j'ai besoin de toi ! Tu es… Harry… Je t'aime.
Harry sourit et chercha les lèvres de Draco pour l'embrasser.
- Dis-toi qu'il te suffit de jeter un accio balai pour sortir du labyrinthe.
Draco lui répondit par un reniflement plein de dédain mais reposa sa tête contre lui.
- Je gère mal la pression, Potter, ça ne fait pas de moi une princesse en détresse. Laisse-moi un peu de temps.
Harry ferma les yeux et serra Draco un peu plus, le jeune homme reprit alors plus doucement :
- Merci, Harry.
OoooooooooooooooOoooooooooooooooO
Harry et Draco passèrent presque une journée normale qui ne fut pas interrompue par des événements étranges.
Ils établirent avec Hermione et Neville la liste des objets et ingrédients dont ils auraient besoin pour l'exorcisme et décidèrent d'y dédier leur journée à Pré-au-Lard. Bien sûr, ce fut sans compter la détestable idée d'Hagrid de les envoyer pour leur retenue dans la Forêt Interdite.
- Est-ce vraiment nécessaire ? demanda Harry en tenant sa lampe à huile.
- Aerm, Harry, tu te promènes souvent ici, grommela Hagrid avec humour.
- Oui mais je suppose que vous n'allez pas nous faire visiter l'orée du bois...
Draco croisa les bras sur ses côtes en grimaçant. Le blond n'avait mis les pieds dans la Forêt qu'une seule fois, quand Harry s'était fait attaquer, et l'envie ne lui avait jamais repris d'y mettre les pieds de nouveau.
- Je dois juste vérifier comment se portent les centaures, les troupeaux de licornes et de sombrals. Depuis cette drôle d'histoire, beaucoup de créatures sont sorties et sont revenues totalement désorientées.
- Parfait, grinça Draco. J'espère qu'on va se contenter de les compter de loin.
- Oui, oui, juste s'assurer qu'ils sont de nouveau tranquilles. Vous voulez Crockdur avec vous ?
Draco coula un regard moqueur à Harry et le brun se retint de rire.
- Je pense que ça ira, Hagrid.
- Alors allons-y.
Les deux adolescents laissèrent le demi-géant entrer dans la Forêt en premier, jusqu'à ce qu'il leur indique le champ dans lequel devaient paître les licornes.
- J'espère très sincèrement que Voldemort ne va pas débarquer, murmura Draco.
- Honnêtement, ça serait digne de lui.
Draco le fusilla du regard mais se rapprocha beaucoup plus de lui.
- Une retenue… Franchement, je ne pensais pas que Rogue te ferait ça à toi !
- Techniquement, nous ne sommes pas au-dessus des lois et crois-moi, il ne se privait pas de punir Louve.
- Je n'arrive pas à croire que ces mots sortent de ta bouche !
Harry haussa les épaules et ils continuèrent leur chemin en silence jusqu'à la fameuse clairière. Tout le troupeau de licornes était là et aucun des deux Serpentard n'osa s'en approcher.
- Est-ce qu'on a besoin de les compter ?
- Je ne crois pas : elles ont l'air en bonne santé.
- Génial, alors partons d'ici, siffla Draco.
Harry n'essaya même pas de le convaincre de rester un peu plus. Ils se remirent en route quand Draco se tourna brusquement.
- Tu as entendu ?
- Entendu quoi ?
Draco attrapa sa baguette et par principe, Harry en fit de même.
- Ça venait de là-bas.
- Et tu penses que c'est une bonne idée d'aller voir ?
Harry coula un regard septique vers Draco.
- Je pense qu'on va faire demi-tour en courant.
Harry et Draco se retournèrent d'un coup pour fuir sans se poser de question, ce qui était lâche de la part de l'un et peu commun venant de l'autre, mais ils furent bloqués dans leur course par Hagrid.
- Où es-ce que vous allez ?
- Nulle part, les licornes vont très bien ! s'exclama Draco d'une voix aiguë.
Le demi-géant les fixa, incrédule, avant de ramener son regard vers l'endroit que Draco avait pointé un peu avant.
- Il y a quelque chose de bizarre…
- Et ça serait une merveilleuse idée de vérifier ça en pleine journée, tenta le blond, quand le soleil sera haut et qu'on pourra distinguer les formes…
Mais Hagrid ne l'écouta pas et leur fit signe de le suivre. Harry pouvait voir le visage de Draco se décomposer à mesure qu'ils s'approchaient du fameux lieu pour enfin découvrir une sorte de crevasse qui donnait sur une zone en contrebas.
Harry frissonna de dégoût en voyant ce qu'il y avait au sol : des toiles d'araignées. Tissées de l'herbe aux arbres. Il sentit Draco se tendre de tout son long et lui attraper la main avec force.
- Il est hors de question que je rentre là-dedans.
- Vous n'avez rien à craindre, fit Hagrid d'un ton bourru.
Harry plissa les yeux. S'ils étaient avec Hagrid, ils ne courraient peut-être aucun danger. La curiosité fut malheureusement plus forte que tout cette fois-ci et Harry suivit le garde-chasse qui descendait.
- Harry ! pesta Draco.
- Tu peux rester en haut avec Crockdur.
- Va te faire voir !
Draco se dépêcha de descendre à sa suite. Ils marchèrent ainsi durant quelques minutes, évitant les toiles au maximum, quand une masse sombre se présenta sous leurs yeux.
- Lumos, prononça Harry.
- Oh… Oh….
Draco recula en grimaçant de dégoût.
- C'est un des fils d'Aragog.
- Ara-quoi ? s'égosilla le blond.
Le cadavre de l'acromentule gisait sur le dos, ses pattes recroquevillées sur son abdomen. Même morte, Harry eut du mal à retenir le frisson d'horreur qui lui parcourait tout le corps. Vivantes, ces créatures avaient été une expérience pénible et mortes, elles l'étaient toujours autant.
- Harry, souffla Draco.
La main du blond venait de doucement prendre son bras et Harry quitta l'araignée du regard pour voir ce que Draco avait vu.
Des cadavres.
Partout.
- Oh non, non, non, bredouilla Hagrid.
L'homme se mit presque à courir et Draco et Harry eurent du mal à le suivre, évitant avec horreur les nombreux cadavres des arachnides.
- Harry ! Tu crois que c'est…
- La mort des troupeaux, une autre plaie, conclut Harry à bout de souffle.
Ils s'arrêtèrent là où Hagrid s'était stoppé d'un coup net.
Aragog, l'acromentule géante et amie de Hagrid, faisait elle aussi partie des victimes de la malédiction.
- Aragog… Pas toi !
Harry et Draco restèrent immobiles tandis que leur professeur s'agenouillait devant la créature en pleurnichant. Les deux adolescents se regardèrent, gênés, mais aucun d'eux n'osa lui demander s'ils pouvaient retourner au château. Harry tenta tant bien que mal de consoler Hagrid.
Ils finirent cependant par rentrer bien trop tard et Harry et Draco étaient trop épuisés pour en parler.
Harry avait souris face au bon sens du blond. Draco Malfoy était un serpentard après tout.
Le lendemain, malheureusement, Hermione ne leur donna aucun répit.
Ils constatèrent d'abord amèrement que Hagrid ne s'était pas présenté au petit-déjeuner. Harry avait reçu la lettre du demi-géant pour assister à l'enterrement de l'araignée puis la jeune fille avait fini par les intercepter après leur cours de potion en leur tendant un journal.
Un journal moldu.
- Tu reçois ça, avait murmuré Draco. Pourquoi ?
- D'abord pour voir si les Mangemorts n'attaquent pas les moldus... Mais regardez ça !
Elle tapota le doigt sur un petit article qui montrait juste l'image d'une ferme parsemée de petites tâches. Harry du y regarder à deux fois avant de comprendre ce que c'était.
- Des vaches ?
- Mortes, Harry… Des vaches mortes ! La mort des troupeaux ! C'est arrivé hier soir dans une des villes moldues voisines à Pré-au-Lard.
- En même temps que la mort des acromentules, donc ça touche même les moldus.
- Il faut vraiment qu'on se dépêche de faire cet exorcisme, on ne peut pas laisser le démon se promener ou je ne sais quoi !
Draco coula un regard vers Harry.
- Dans ton ancienne vie, tu devais aider Slughorn à prendre du venin d'acromentule... On ne devrait pas essayer de faire ça ?
- Slughorn en avait besoin, pas moi.
- Tu veux que je vienne avec toi ?
Harry étira ses lèvres en un fin sourire.
- J'aime ton beau visage Malfoy, mais c'est mieux quand il n'est pas déformé par le dégoût.
- Parfait, conclut Draco. Granger, expédions mon devoir de métamorphose pendant que Harry part enterrer d'horribles bestioles.
Harry regarda Draco et Hermione jusqu'à ce que les deux jeunes tournent dans un autre couloir. Il avait la sensation que Draco allait un peu mieux et espérait sincèrement que ça soit le cas.
Tout en marchant, il essayait de réfléchir à quelque chose qui ne donnerait pas l'impression à Draco de ne plus être un ado normal. Merlin savait que Harry aurait aimé que sa vie ne soit pas parsemée de problèmes en tous genres mais il se demandait aussi s'il ne se serait pas ennuyé.
Il rit sous sa cape : il ne pouvait pas regretter quelque chose qu'il n'avait pas vécu. Malgré tout, il se sentait plus serein. Une histoire d'exorcisme qui aurait du l'étrangler d'inquiétude et de curiosité lui donnait juste la sensation de se rajouter du travail. Et c'était peut-être le cas. Après sa conversation avec Anterra, Dimitri et Natasha lui avaient dit que la directrice avait été particulièrement joyeuse. Harry les croyait, il avait l'impression qu'elle était la seule à s'amuser de tout ça mais au moins, ça retirait toute l'ampleur dramatique de leurs erreurs.
OoooooooooOooooooooooO
Il parvint à la cabane de Hagrid et y trouva presque sans surprise Sirius, Regulus sous sa forme de professeur et Severus.
Harry s'avança et Hagrid fut le premier à le saluer.
- Oh, bonjour Harry, merci d'être venu.
- Hum… De rien, Hagrid.
Il ne se passa rien de différent d'avec le premier enterrement auquel il avait insisté. Hagrid avait été larmoyant et ce ne fut pas Slughorn mais Severus qui s'empara d'un peu de venin sous le regard dégoûté de Sirius... Le même genre de visage qu'aurait fait Draco.
- Il se passe quelque chose.
Harry leva les yeux. Ils avaient fini par quitter Hagrid après avoir accepté du thé et des gâteaux durs comme du béton. Et à présent, il se trouvait en présence de trois adultes qui, s'ils mettaient le nez dans ses affaires, risqueraient de tout compliquer.
- Je crois les jumeaux quand ils disent qu'ils n'y sont pour rien. Mais la mort de toute une colonie d'acromentules… Ça relève du bizarre, fit Sirius.
Harry se mordit l'intérieur de la joue.
- J'ai étudié une de ces bestioles, elles sont mortes instantanément. Pas de poison, pas de marque d'attaque ni de sort. C'est comme si… Comme si on leur avait jeté un sort de mort. En même temps, ajouta Severus.
Harry vit Regulus se tourner vers lui et froncer les sourcils.
- Des membres du département de la régulation de créatures magiques vont sûrement venir faire un tour. Vous pensez qu'il faut craindre pour les élèves ?
Cette fois-ci, les trois hommes cessèrent de marcher et se tournèrent vers Harry qui tenta un pauvre sourire.
- Personne n'a été blessé, tenta-t-il.
Severus plissa les yeux et Sirius lui offrit son regard le plus perçant. Quant à Regulus, il se contenta de le fixer, impassible.
- Harry a raison, aucun d'eux n'a été blessé. Mais un sorcier ou… Quelque chose s'amuse à jouer des tours de très mauvais goût.
- Je demanderais à notre directrice de faire venir des aurors. Juste pour s'assurer que ce n'est pas… De la magie noire qui est à l'œuvre.
Harry se força à ne pas soupirer de frustration.
- Il n'y a rien de noir dans la magie.
Malheur à lui, tous les regards revinrent sur sa personne.
- Pardon ? demanda sombrement Sirius.
- J'ai dit… Il n'y a rien de noir dans la magie. C'est juste de la magie corrompue, de la magie naturelle mal utilisée.
Les trois adultes restèrent silencieux, jusqu'à ce que Severus parle.
- Lily aussi s'est mise à tenir ce genre de discours et elle a cessé quand tu lui as fait la morale, Sirius.
- Évidemment, siffla le brun. Je sais quel goût à la magie noire !
Harry soutint le regard de son parrain. Il savait de quoi il parlait : le sort de torture. Mais ils savaient tous ici quel Harry avait pris place. Quel Harry se tenait devant eux.
Sirius se calma en se souvenant que c'était le garçon qui l'avait vu mourir. Severus ne fit aucune remarque parce que c'était le Harry qui avait tout quitté pour devenir Adams. Et Regulus n'avait pas besoin de grand-chose pour ne pas répliquer. Aucun d'eux n'avait le même vécu vis-à-vis de la magie noire.
Lily l'avait étudiée en long et en large, Sirius l'avait subie, Severus et lui avaient été séduits pour de mauvaises raisons.
- Je suis désolé, finit par dire Harry. C'est juste… A Durmstrang, on nous apprend tout autre chose, d'accord ? Et la magie noire, on ne la craint que quand on ne la connaît pas.
Harry vit Regulus se pencher vers Severus.
- Le fils de Lily, n'est-ce pas ? Avoir peur de ce que l'on ne connaît pas.
Regulus revint sur lui.
- Tu penses qu'il n'y a rien de noir dans ce qui se passe en ce moment ?
Harry sentit le piège.
- Je pense… Qu'on ne peut pas dire ce que c'est tant que personne n'a trouvé ce qui se passait réellement.
C'était gros comme une maison qu'il détournait la conversation... Mais il n'avait pas envie que Regulus le prenne à part et lui demande ce qu'il fichait. Parce qu'au fond, tout au fond de lui, une part était réellement excitée à l'idée d'exorciser un démon. Et Harry essayait réellement d'étouffer l'idée qu'il était probablement plus séduit par le coté sombre de la magie que ce qu'il prétendait.
Au final, les trois adultes cessèrent de lui poser des questions et Harry put enfin retrouver le dortoir des Serpentard. Il fut joyeusement accueilli par Fred et George.
- Harry ! Notre cher Harry ! Par ici, petit garnement !
Deux bras le tirèrent sans qu'il puisse protester et il fut emmené dans ce qui devait être la chambre des jumeaux. Il n'eut aucun mal à reconnaître leurs lits, où des tas de croquis, de boites en tous genres s'empilaient dangereusement.
- Assieds toi ! Mets-toi à l'aise…
Harry fronça les sourcils.
- Je ne crois pas que le moment soit bien choisi pour…
- Détrompe-toi ! le coupa Fred. Il est excellemment bien choisi, tu es seul, sans ta moitié. Il n'y a pas entraînement de Quidditch et on s'est rendu compte que c'était difficile de t'avoir pour nous tous seuls.
Harry inspira profondément. Il ne craignait rien des jumeaux, alors il fit ce qui était demandé.
- Bon… Je suppose que je n'ai pas le choix.
Les deux garçons sourirent de toutes leurs dents. George lui présenta ce qui ressemblait à un bonbon à sucer.
- Je te garantis que ça ne durera pas longtemps, mais tu risques probablement de finir en retenue. Enfin, on aimerait que tu te promènes dans le château et que tu croises quelques élèves.
Harry prit le bonbon.
- Je commence à regretter d'avoir pensé que vous étiez des types biens...
- Tu nous vexes Harry, on ne ferait rien pour te blesser. Jamais !
Harry secoua doucement la tête mais mit la friandise dans sa bouche. Ce n'était pas dur, il la croqua et un épais liquide au goût fruité se répandit dans sa bouche.
- Alors ?
- C'est bon.
Fred et George se regardèrent avec incrédulité.
- On a raté quelque chose ?
- Je ne pense pas.
- Vous plaisantez !? s'offusqua Harry. Vous me prenez vraiment pour un cobaye !? Mais vous êtes complètement…
Quelque chose siffla à ses oreilles avec force. Les jumeaux revinrent sur lui et écarquillèrent les yeux avant de se figer totalement.
- Fred ! George ! S'égosilla Harry.
Leur peau passa du pâle au gris et Fred eut juste le temps de lever son pouce et de sourire fier de lui.
- Juste le temps du repas, Harr…
Puis tout son corps se durcit. De Fred et George, il ne restait que deux statues de pierre souriant bêtement. Harry se leva d'un coup et eut conscience de ce qui se passait.
- Stupide humain !
- Délicieuse petite chose !
- Tout entortillé !
- Chatouille, chatouille !
- Très drôle ! Ils sont drôles et nous les aimons, non ?
Harry fit rouler ses yeux sur le coté et remarqua ce qu'il avait peur de comprendre : des serpents. Des tas de serpents autour de son crâne. Qui parlaient en même temps, d'un ton amusé, frustré ou colérique.
Harry grogna et se recula. Si Fred et George avaient su qu'il comprenait le fourchelangue, ils ne lui auraient sûrement pas fait avaler ce foutu bonbon.
Il lui fallut peu de temps pour repérer un miroir et encore moins de temps pour comprendre ce qu'il était.
Ses cheveux étaient devenus des couleuvres à la peau noire de jais. Ses yeux étaient toujours verts mais un vert translucide et brillant.
Fred et George étaient pétrifiés.
Il n'avait plus aucun doute, il était devenu une Gorgone.
Harry croisa les bras en fronçant les sourcils.
- Nous sommes furieux !
- Furieux oui ! Mais impressionné !
- Doué petit sorcier, faire de nous tout ça !
- Pavanons-nous ! Je veux être vu !
- non restons ici, cachons nous…
Harry fronça encore plus les sourcils. Les serpents parlaient et ce qu'ils disaient été très similaire à ses pensées.
Mais il avait promis aux jumeaux. Il sortit de la chambre et tomba nez à nez avec Goyle.
- Harry qu'est-ce qu…
Le jeune ouvrit la bouche dans une moue comique mais le mal était fait, il avait croisé le regard d'Harry et il était devenu aussi solide que la roche.
- C'est malin, grinça Harry.
Il se couvrit les yeux et fit rapidement le chemin vers sa chambre. Là il trouva Apophis sur son lit qui leva immédiatement la tête curieux.
- Qu'essse ? Tu t'es asssosssié avec d'autres ? Ingrat humain que j'ai pourtant ssssuporté !
- Oh la ferme ! Sifflèrent tous les serpents sur sa tête.
Apophis se recroquevilla sur lui-même.
- Inutile d'être aussssi blessaaannt, fit-il pauvrement.
Harry entendit ses propres reptiles pesté sur le manque de savoir vivre d'Apophis. Il n'arrivait pas à croire que ses cheveux se disputaient avec son animal de compagnie. Mais Harry avait autre chose à se soucier. Il fouilla dans son tiroir et trouva sa paire de lunette. Il pointa sa baguette dessus.
- Oculus obscuro !
Les verres transparents s'assombrirent pour donner des lunettes de soleil et Harry s'empressa de les mettre sur son nez.
- Voilà qui est mieux.
- Mieux !
- Beaucoup mieux !
- Plus beau…
- Méprisant…nous ne voyons plus nos yeux.
Harry pivota sur ses talons. Il n'avait qu'un diner à subir, sans fixer qui que ce soit et probablement une retenue à vivre…encore après ça. Mais c'était le prix à payer pour la petite chambre de la tour de l'horloge et c'était dans la même veine que les friandises qui transformait en canarie.
Il n'avait pas de quoi s'inquiéter.
Il allait juste être la risée de l'école, quelque chose dont il était parfaitement habitué.
Il inspira un grand coup et sursauta quand la porte de sa chambre s'ouvrit avec force.
Draco, Théodore et Blaise apparurent.
- Harry ! Bon sang qu'est-ce que…
Et ce fut la débandade. Tous les serpents de sa tête se mirent à se tendre et siffler dans une cacophonie insuportable.
- Lui ! C'est lui !
- C'est celui que nous aimons ! Nous l'aimons n'est-ce pas ?
- Beau, terriblement beau !
- Laisse-nous l'approcher, je veux le sentir, je veux le goûter !
Harry recula mais Draco avança rapidement vers lui. Il fut alors tiré par sa propre chevelure qui s'empressa de lover leurs nombreuses têtes contre la joue de Draco.
- Bon sang, grogna Harry en essayant de récupérer l'usage de sa tête.
- Adorable !
- Fantastique !
- Quel odeur ! Si douce…
- Restons avec lui, il est chaud, il est délicieux, il sent bon.
Blaise fut le premier à éclater de rire.
- Tu t'es fait avoir Potter, laisse-moi deviner, les jumeaux ont glissé quelque chose dans ton verre !
- Pourquoi est-ce que tu portes des lunettes de soleil, demanda Théo.
Harry sentis un sourire méchant naître sur ses lèvres.
- Tu veux savoir.
Il porta sa main à ses lunettes mais Draco l'arrêta dans son geste. Les serpents s'enroulèrent presque immédiatement autour de ses doigts.
- Tu peux leurs dires de se tenir tranquille, fit le blond.
- Non Draco, je ne peux pas ! Ils décident qui ils veulent toucher et apparemment leur amour pour toi est incommensurable, pesta Harry.
Même à travers ses lunettes noires il put voir le sourire satisfait de Draco, Harry pencha la tête en arrière pour empêcher ses reptiles de tout simplement se glisser dans la chemise de Draco.
- Bon et ils sont ou ces farceurs ?
Harry passa ses mains dans ses cheveux serpents pour les ramener en arrière.
- Figé dans leurs chambres. Et j'aimerais aller manger maintenant.
Il passa devant un Blaise qui pouffait encore et un Théo totalement incrédule qui le suivit en le fixant hypnotiser.
- Tu es une gorgone Harry, c'est incroyable.
- C'est ça ! Quand ça sera commercialisé tu te feras un plaisir de profiter de cette expérience incroyable.
- C'est plutôt une création dangereuse, Draco tu viens ?
- Partez devant, je vous rejoins dans la grande salle.
Harry haussa un sourcil mais Draco avait déjà fait demi-tour dans le couloir.
OooooooooooooOooooooooooooooO
Le chemin d'Harry, Blaise et Théo vers la grande salle fut très comique.
Harry frustré par les moqueries retira finalement ses lunettes et figea un groupe de Poufsouffle qui avait eut la bonne idée de lui demander si il avait pêché dans les bras du calamar géant et qu'il avait était puni par Poséidon.
Blaise leur rétorqua que le mythe n'était pas du tout ça mais c'était trop tard, il ne restait des adolescents que trois statues effarées. Puis Harry remonta ses lunettes sans un mot et marcha pompeusement vers la grande salle.
- Oh par Merlin, pouffa Hermione en le voyant.
- Bordel Harry, s'esclaffa Ginny, ils ne t'ont pas raté cette fois-ci.
- Comme ils sont adorable, chantonna Luna.
La jeune fille se mit caresser les petites têtes qui avaient trouvé un intérêt certain pour Luna.
- Divine créature !
- Délicieuse petite chose.
- Celle là aussi nous l'aimons !
Harry leva les yeux au ciel mais ne fit aucun commentaire. Il aurait aimé que George et Fred lui donne une indication sur la durée de ce traitement mais il se doutait qu'il était juste un testeur et le premier de surcroit.
Il réussit cependant à éviter les questions bizarre tant l'armée d'amis qui l'entourait empêché les curieux de l'approcher.
Enfin, il n'évita pas son parrain et son petit-sourire.
- Dis moi, combien tu en as pétrifié ?
Harry fit mine d'être choqué.
- C'était purement involontaire.
- Combien Harry…
- Six.
Sirius rigola mais Harry savait qu'il ne s'en sortirait pas comme ça.
- Hey ! Qu'est ce qu'il fiche !?
- Oh il n'est pas sérieux…
Harry se redressa pour voir ce qui avait détourné tout le monde de sa condition.
Draco venait d'entrer dans la grande salle et à sa suite flottait les statues de Fred et George. Leurs positions semi assise étaient presque comiques.
Harry ouvrit la bouche en grand au moment ou Draco laissa retomber les deus statues sur le sol en plein milieu de la grande salle. Il le vit agiter sa baguette et jeter des sorts aux statues sans que cela ne fonctionne.
Draco croisa les bras mécontent, sembla réfléchir puis changea de tactique. Il jeta aux statues un sort qui les couvrit de peintures colorés.
- Monsieur Malfoy, s'exclama la directrice qui venait de rentrer, quel est ce spectacle ridicule ?
- Vous n'aimez pas mon œuvre ? Pourtant je l'ai fait avec amour ! N'étouffait pas les désirs d'un garçon de devenir artiste.
Draco avait croisé les bras derrière son dos et Harry tourna la tête en direction des autres professeurs. Sirius avait couvert son visage de ses mains et Harry savait qu'il essayait de ne pas exploser de rire. Severus était blanc comme un linge mais sûrement parce qu'il comprenait que les quatre élèves responsable de ce grabuge était de sa maison.
- Il est strictement interdit de jeter des sorts sur d'autres élèves en dehors des cours ! Je retire trente points à serpentard et…
Elle observa les statues des jumeaux et poussa un profond soupir.
- Allez-vous assoir, le repas ne va pas tarder à être servis.
Draco parut surpris mais ne fit aucun commentaire et s'empressa de rejoindre Harry.
-Tu es un grand malade, lui dit ce dernier.
Draco fronça les sourcils.
- Personne ne touche aux cheveux de mon petit ami, même si c'est pour en faire une évidente représentation de sa maison.
Les serpents de sa tête émirent un sifflement similaire et se laissèrent presque tomber sur les épaules d'Harry.
- Qu'est ce qu'ils ont, s'inquiéta Draco, ils sont malades ?
- Non, ils viennent de tomber éperdument amoureux de toi, soupira Harry.
Draco sembla extrêmement fière de lui.
Il fallut une demi-heure de plus avant qu'Harry ne retrouve ses cheveux, les serpents disparurent dans un sifflement attristé au moment même ou Fred et George redevenaient eux-mêmes.
Bon joueur, ils saluèrent la foule d'élève riant d'eux, couvert de peinture.
Harry du, lui, faire un tour au cuisine pour récupérer de quoi manger et le donner à Goyle pour s'excuser de l'avoir transformé en pierre.
Il n'avait jamais vu Blaise Zabini rire autant que ce jour là.
Malheureusement les choses plus importantes les rattrapèrent dès le lendemain.
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Ce fut un hurlement qui réveilla tout le dortoir des serpentard. Suivit de plusieurs autres.
Draco sursauta presque en l'entendant dans sa propre chambre. Il se tourna vers Harry qui s'était redressé les yeux dans le vague sa main cherchant déjà sa baguette.
Il en fit de même et tira ses rideaux pour voir un Blaise Zabini hurlant et se cognant partout.
- Blaise mais…BLAISE BORDEL !
- MON VISAGE ! MON VISAGE !
Draco et Harry se précipitèrent sur lui mais s'arrêtèrent immédiatement en voyant le visage de Théo.
- Oh bon sang, Théo…
Draco écarquilla les yeux d'horreur. Le visage de Théo était ravagé de boutons, blanc et de la taille d'une bille.
- Quoi, murmura Théo.
Blaise retira ses mains de son propre visage pour que Draco y découvre le même mal. Le mulâtre les fixa avec fureur.
- De toutes les putains de blague que vous pouviez faire, celle-ci est la pire !
- On a absolument rien fait, se défendit Harry.
Draco attrapa le visage du brun pour s'assurer qu'il n'avait rien, ils furent vite interrompus par d'autres cris. Le blond s'empressa d'ouvrir la porte de leur chambre pour voir que deux garçons de sixième année courraient, le visage tout aussi ravagé de furoncle que ses deux camarades.
- C'est du grand n'importe quoi…
Il leur fallut un temps fou pour calmer l'hystérie de Blaise. Draco ne l'avait jamais vu aussi énervé. Il ne pouvait cependant pas l'en blâmer, si ça avait été son cas, il en aurait hurlé de désespoir.
Seul Théodore ne semblait pas accablé par son état. Finalement Severus Rogue apparut dans leur dortoir et ordonna à tous ceux qui étaient touché de se rendre immédiatement à l'infirmerie.
Il s'avéra alors que des filles avaient aussi était atteint par le même mal. Et au moment ou Draco commençait à croire que cela s'était juste répandu chez les serpentard il se rendit compte en arrivant dans la grande salle pour déjeuner que beaucoup d'élève manquait à l'appel.
- Les furoncles, murmura Nolan en s'installant à coté d'eux, Hermione le suivant de prés.
- Ou est Neville ?
- Au chevet de Luna, apparemment elle fait partie des victimes, ça devient vraiment urgent, fit la jeune fille.
Finalement, ils retrouvèrent Neville un peu avant la pause de midi.
- Luna est en pleine forme, dit-il, ça l'amuse beaucoup de voir tout les autres pleurer.
Draco secoua la tête de dépit.
- Après tous les efforts que font certains d'entre nous pour garder une peau intacte, je peux comprendre que ça ne soit pas drôle.
Draco s'attira un regard étonné de la part d'Harry et le blond plissa les yeux.
- Ce fameux savon à la menthe Harry est un secret de famille, tu penses qu'avec toutes les sucreries que je mange je serais capable de garder mon teint d'albâtre.
Harry ouvrit la bouche comme un poisson hors de l'eau.
- Tu…Tu triches ! Tu t'es moqué du bouton que j'avais en plein milieu du front !
Draco croisa les bras et sourit.
- Mais chez toi c'est réellement mignon.
- Va te faire foutre Malfoy.
- Les garçons ! Est-ce qu'on peut revenir au plus important…
- Hermione à raison, il reste la grêle, les sauterelles, les ténèbres et…la mort des nouveau-nés peut importe ce que ça veut dire, fit sombrement Nolan.
- Et on ne veut pas savoir, conclut Neville, Hermione a proposé de se rendre dans une Église lors de la sortie à pré-au-lard, juste de quoi…Bénir nos objets de rituel.
- Mmh, en parlant de Pré-au-lard, je ne pourrais pas venir avec vous, fit Harry, je suis interdit de sortie suite à ma petite mésaventure en tant que Gorgone.
Hermione se tourna vers Draco.
- Tu n'es pas puni ?
- Non, je n'ai rien fait de grave. Et je trouve que la punition d'Harry est injuste mais je ne suis pas professeur. De plus je n'ai pas besoin de vous suivre à Pré-au-lard mais Severus Rogue à mis un point d'honneur à ce que je ne sois pas dans les parages. Je vais juste profiter de cette journée pour…réviser. Parce que Salazar sait que j'en ai besoin.
Aucun n'émit de protestation. Alors après le déjeuner, Harry les quitta en premier pour se rendre à son heure de retenue qui allait avec son interdiction de sortie tandis que Nolan, Neville et Hermione se dirigèrent vers les portes de Poudlard.
Pour la première fois depuis le début de l'année, Draco Malfoy se retrouva seul.
Il retourna d'abord dans sa chambre et s'empara de la plupart de ses livres de cours. Puis s'attarda sur Apophis qui avait l'air de s'ennuyer ferme, alors il le prit avec lui.
Il usa du serpent pour le faire entrer dans la chambre des secrets et s'assura avec précaution qu'aucun moustique ne vivait encore dans l'immense salle.
Enfin, il déposa ses affaires au sol et s'y assit. Apophis ne tarda pas à se rouler dans sa veste et à le fixer de ses yeux reptiliens.
- Et moi qui pensait que ça te ferait du bien de sortir.
Le serpent sortit sa langue et Draco se laissa choir contre la pierre froide.
Depuis quand n'avait-il pas eu juste un moment pour lui ? Pour réfléchir ?
Il avait l'impression d'être passé à travers huit vies en l'espace d'une seule minute.
Draco plissa les lèvres amèrement, se retrouver seul l'obligeait à penser. Et penser, l'emmenait fatalement vers Archibald, son père ou Harry.
Harry qui l'avait percé à jour trop facilement, ce qui avait rappelé à Draco que son brun l'avait connu d'une autre manière.
Cette partie de lui ou il était le plus misérable. Il aurait pu l'être encore plus mais il n'avait aucune envie de se disputer avec Harry.
Le garçon était son havre de paix, même quand le monde autour d'eux avait l'air de partir en fumée, il avait la sensation qu'Harry serait une lumière dans le noir.
Draco laissa échapper un rire moqueur.
Il se prenait vraiment pour une gamine fleur bleue.
Mais c'était la vérité. Harry avait compris qu'il ne gérait plus rien correctement, Harry laissé des portes de sorties et en même temps n'avait plus peur de lui dire qu'il avait besoin de lui.
Draco se sentait important.
Cela dit, il se morfondait d'être aussi dépendant.
Il aimait Harry oui, mais il ne voulait pas être le garçon qui retenait Harry de se mettre en danger. Il voulait être de ceux qui savaient se battre.
De ceux capables de protéger.
Draco se releva sur ses deux pieds et sortit sa baguette.
- Bon, s'exclama t-il, je suis un sorcier extrêmement doué et foutrement intelligent et n'importe quel personne qui sort avec moi se doit d'être plus que reconnaissant !
Apophis leva la tête vers lui et lui lança une œillade qui aurait bien pu vouloir dire « c'est cela oui… ». Draco l'ignora.
Il pointa sa baguette droite devant lui et fronça les sourcils.
- AGUANGE !
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Neville fixait avec crainte tout ce qui l'entourait. Il s'attendait d'un moment à l'autre à voir surgir un prêtre prêt à hurler « au bûcher ». Ce qui n'était pas sensé arriver selon Hermione mais les histoires de grands-mères avaient la peau dure.
Ils avaient plus que fait le tour de tous les magasins de pré-au-lard pour obtenir ce dont ils avaient besoin.
Pour lui : du fil de coton, de l'huile de menthe, de la cire d'abeille et du charbon de frêne.
Pour Harry, selon ses directives : du minerai de fer, du charbon de frêne et de l'obsidienne.
Neville n'avait pas bien compris en quoi Harry avait besoin de tout ça, il avait vu le brun arpenter la bibliothèque ces derniers jours et ne choisir que des ouvrages sur l'alchimie qui le dépassait totalement. Et plus il s'intéressait à la lecture de ses camarades : Hermione, Harry, Nolan, Draco. Plus il se rendait compte que ses connaissances magiques pouvaient aller au-delà de ce qu'il apprenait à Poudlard.
Pourtant ce n'était pas comme si on leur interdisait tout accès à l'apprentissage. En dehors des livres de démonologie, qui selon Neville pouvait aussi être trouvait sur le chemin de Traverse, ses amis avaient trouvé les références suffisante dans leurs écoles. Il lui était juste apparu que personne ne se donnait les moyens d'en apprendre plus. Ce qui était compréhensible, lui-même ne s'était pas imaginé fureter d'autres livres que ceux qui l'intéressaient. Il pensait que c'était une réaction normale.
Mais sa situation n'était pas normale.
Et cette situation le fit paniquer d'avantage quand il vit Hermione se diriger vers l'Autel ou se trouvait justement un prêtre.
- Hermione ! Qu'est ce que tu fais, s'égosilla Neville.
- L'un des amendements de la bible est : Tu ne voleras point, je ne vais pas voler d'eau bénite.
Neville se força à paraître le moins inquiet possible quand Hermione arriva enfin au niveau de l'homme d'Église.
- Mon père !
- Mademoiselle…jeune homme, que puis-je faire pour vous ?
Neville fixa Hermione qui fixait le prêtre sans se démonter.
- Nous aurions besoin d'eau bénite.
L'homme haussa un sourcil avant de les froncer.
- Êtes vous…
- Nous ne sommes pas croyant à proprement parler, enchaina Hermione, sinon je l'aurais fais moi-même, je n'ai pas énormément de connaissance ésotérique mais nous en avons réellement besoin.
Le prêtre parut décontenancé et Neville voyait déjà la future scène, l'homme leur courant après en les maudissant avec des noms d'oiseau ou il ne savait quoi.
- Est-ce une question de vie ou de mort ?
- Plutôt une question d'exorcisme, pour le moment personne de physique n'a était blessé.
- Hermione, s'exclama Neville, tu ne peux pas…en parler comme ça, finit-il en chuchotant.
Hermione se tourna vers lui et il savait ce qui allait suivre, et ça ne rata pas. La jeune fille prit son air le plus pompeux, levant le nez au ciel.
- Neville, c'est un prêtre qui a la foi, plus de foi que nous. Et qui est en mesure de bénir une eau afin d'avoir une protection puissante. Et la foi d'un homme d'église est puissante, si vous êtes bien croyant bien sûr, elle se tourna vers le prêtre.
- Je devrais me sentir insulter que vous remettiez ma foi en doute jeune fille mais j'ai comme la sensation que le pragmatisme est votre seule croyance.
Neville observa le prêtre qui n'avait en vérité par l'air vexé du tout.
- Attendez-ici voulez-vous.
Dès qu'il disparut de leurs champs de vision Neville revint sur Hermione.
- Ma parole tu es complètement...
- Folle ?
- J'allais dire incroyable.
Hermione lui fit un petit sourire.
Ils attendirent en silence et Neville en profita pour observer la nef, c'était la première fois qu'il entrait dans une Église. Ça ne lui aurait même jamais traversé l'esprit d'y mettre les pieds. Il était autant subjugué par la beauté des lieux, ses vitraux, ses statues, ses tableaux et l'odeur qui y régnait.
Presque comme à Poudlard, avec une légère odeur d'encens ou de bougie. Et en même temps, il se sentait écrasé par un monde qu'il ne connaissait pas du tout et qu'il ne pensait pas être à sa portée un jour.
Il fut tiré de sa contemplation par le prêtre dont les mains tenaient une Idole en verre à l'effigie d'une femme.
- C'est Marie, chuchota Hermione.
- Voici de l'eau, béni par l'archevêque de Glasgow, je n'en ai pas trois comme ça, alors il faudra être méticuleux avec celle-ci. Puis-je savoir ce que vous allez en faire ?
- Ô c'est très simple, répondit Hermione, nous allons nous protéger d'un démon.
Le prêtre sembla hésiter mais tendis la figurine à Hermione.
- Soyez des anges, revenez me voir quand ça sera fait, que je ne m'inquiète pas éternellement pour votre sort. Il serait dommage que des petits sorciers en herbe qui ont l'air si brillant disparaisse du jour au lendemain.
Neville écarquilla les yeux et même Hermione se retrouva à court de mot. Le prêtre leur offrit un petit sourire en coin et agita la main.
- Allez, je ne voudrais pas vous retenir plus longtemps, Dieu seul sait ce qui pourrait se mettre à tomber aujourd'hui…de la grêle…des boules de feu ?
- Vi…Viens Neville, allons-y…Merci mon Père.
- Vous me remercierez quand il ne pleuvra plus de grenouille.
Hermione tira un Neville totalement abasourdis qui jeta un dernier regard par-dessus son épaule pour voir le prêtre le saluer avec amusement.
- Comment il sait !?
- Comment ? Je ne sais pas…j'ai probablement une théorie sur le fait que ce village est le plus proche de Poudlard et que quoi qu'on en dise…l'Église doit toujours avoir un œil sur le monde magique mais ça ne me rassure pas.
- Tu rigoles ! C'est…C'est…
Neville n'avait pas les mots mais il devait avouer que ça les arrangeait énormément. Ils finirent par reprendre le magicobus et arriver aux alentours de Pré-au-lard et retrouvèrent Nolan qui les attendait devant la cabane hurlante.
- Vous en avez ?
- Oui et toi, tu as ce qu'il faut ?
Nolan ouvrit les pans de sa cape pour dévoiler un chat blottis contre son torse.
- Alors on a tout ce qu'il faut.
- Apparemment.
- Dans ce cas, rentrons.
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Voilà pour aujourd'hui ! Un ptit mot, des ptits encouragements, ça fait toujours plaisir et j'espère que vous avez apprécié ce chapitre :D ! Ciao les agneaux !
