Bonsoir à tous !

Je suis de retour pour vous jouer un…blablabla.

J'ai mis le temps et comme je suis en confinement, j'ai du temps ! Assez de temps pour rattraper mon terrible retard (pas aussi terrible que tout ce qui nous touche).

Donc vu que vous êtes enfermé comme moi (sauf ceux dont le métier est important et pour ceux là, force et amour sur vous), vous n'avez aucune raison pour ne pas lire ce chapitre.

Et comme je suis de moins en moins en retard on repart sur du un chapitre par semaine (aka le LUNDI les gaaars !)

De plus je touche du bout des doigts la fin de Retour, je le sens, j'y suis presque gnnnnn. Plus qu'une dizaine ou quinzaine de chapitre ! C'est rien à coté de tout ce que j'ai déjà donné XD.

Sur ce, savourez ce chapitre corrigé par TITOU DOUH.

Natsu : Merci beaucoup ^^

Penny : Hahaha je rigole mais c'est pas drôle u_u.

Loufoca59 : Je sais je compatis :'(

Ewi : Merci beaucoup ! Pour le moment tout va bien pour moi et ma famille ^^, et je peux presque écrire sereinement même si le contexte actuel est absolument pas drôle du tout. J'espère que ce chapitre mettra du baume au cœur.

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VICTIME

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« You accuse us of sins committed by yourselves

It's easy to condemn without looking in the mirror »

Cry for the moon. Epica

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Dans une petite marmite, il fit d'abord fondre la cire d'abeille et ajouta le charbon de frêne et l'huile de menthe à laquelle ils avaient rajouté de l'huile d'ail faite par les elfes de maison. Et pendant qu'il remuait le tout, il vit Hermione du coin de l'œil tremper les fils de coton dans l'eau bénite et les attacher chacun à un petit morceau de bois pour les faire suspendre au dessus de cinq verres.

Quand tout lui sembla prêt, Neville versa la cire chaude dans chacun des verres et observa son œuvre. Le liquide était d'un noir de jais ; il n'avait pas cru que ça serait si simple de fabriquer quelque chose qui devait être une ultime protection.

- Vous pensez que ça va marcher ? demanda Nolan.

- On ne peut pas faire plus magique… Du frêne pour ses vertus protectrices, de l'ail et de la menthe pour éloigner le mal, de la cire d'abeille pour la protection et de l'eau bénite pour se protéger. Cette cire pourrait tuer une armée de vampires à elle toute seule, asséna Draco.

- Bon, il ne reste plus qu'a attendre que ça sèche. Ça va être ton tour, Harry ! appela Hermione.

Toutes les têtes se tournèrent vers le brun qui leva le nez de son livre et remonta ses lunettes sur son nez. Neville vit Draco regarder Harry d'un air concerné voir inquiet.

- Plus tard, fit le brun. Je crois que j'ai un match de Quidditch, aujourd'hui.

Harry referma le traité d'alchimie qu'il lisait depuis au moins une semaine.

- Tu crois seulement ? s'étonna Nolan. Ce n'est pas parce que tu joues contre Poufsouffle qu'il faut que tu prennes ça à la légère...

Harry se leva et étira ses lèvres en un sourire moqueur.

- Je peux prendre ça à la légère : je joue comme attrapeur cette année, j'ai battu Diggory et je vais aussi battre la petite nouvelle.

- Tu ne regrettes pas d'avoir quitté l'équipe, Draco ? demanda Neville.

- Absolument pas ! Je vais enfin pouvoir passer plus de temps à reluquer qu'a jouer.

- Reluquer ne t'a jamais empêché de jouer, s'amusa Harry.

Draco lança un regard appréciateur sur le corps du brun en souriant.

- J'ai fini par établir mes priorités, concéda Draco.

Neville les regarda sortir de la Salle sur Demande en rigolant avant de se rendre compte que Nolan avait doucement déposé ses lèvres sur la tempe d'Hermione. Il en avait presque oublié qu'Hermione et Nolan sortaient ensemble tant leur couple était discret. Ils ne passaient pas leur temps à s'embrasser comme Zabini et Ginny et ne se regardaient pas comme s'ils étaient seuls au monde comme Harry et Draco.

C'était un couple simple et qui rendait Neville presque jaloux de leur complicité.

- Tu n'assistes pas au match, Neville ?

- Hum, si… Luna nous a fait des masques et elle veut que j'en porte un.

Hermione lui sourit en sortant de la salle.

- Peut-être que tu devrais inviter Luna à la soirée d'Halloween des Gryffondor ?

Neville papillonna des yeux.

Luna. Il n'avait jamais pensé à Luna comme Hermione semblait le suggérer. Il l'aimait bien, il l'aimait vraiment mais de la même manière qu'il aimait Ginny : comme une sœur. Luna était sa meilleure amie. Ça lui avait semblé clair et limpide depuis toujours.

La tête dans les nuages, il fit le chemin vers le terrain de Quidditch en se demandant si ça pouvait lui arriver aussi.

- Ouhou, la lune appelle Neville !

Le blond secoua la tête, Luna se trouvait devant lui avec Ginny. Elles portaient déjà toutes les deux un masque en forme de tête de serpent.

- Si personne ne savait qui vous souteniez, et bien c'est chose faite !

- T'en fais pas Nev'nev', rigola Ginny. Voilà le tien !

Elle lui tendit le chapeau-masque et Neville l'enfila pour entendre un sifflement qui ressemblait beaucoup à « Ssserpentard ». Il suivit les filles dans les gradins, accompagné d'Hermione et Nolan qui avaient l'air plutôt content de ne pas porter les créations de Luna.

- Ginny, franchement, ton copain ne joue même pas !

- Oui, mais une partie de mon cœur est à Serpentard... Mais ne te trompe pas, Hermione : quand viendra Gryffondor, je n'oublierai pas d'où je viens !

Neville s'assit en rigolant sous sa cape quand une voix l'interrompit.

- Quel dommage... Et moi qui pensais qu'il y avait une superbe entente entre Gryffondor et Poufsouffle.

Le blond se tourna pour apercevoir Hannah Abbot juste au dessus de lui. La jeune fille avait noué des rubans aux couleurs de sa maison autour de ses nattes.

- Hum, désolé, fit Neville. Je soutiens un ami.

La jeune fille éclaira son visage d'un sourire.

- Ah, oui ! Soutenir un ami, c'est mieux que soutenir une équipe. Potter, n'est-ce pas ? Comment est-il, c'est si difficile de s'approcher de la star de Durmstrang ?

Neville ouvrit la bouche, surpris. Ça aussi, c'était quelque chose qu'il avait tendance à oublier : Harry avait été un élève de Durmstrang.

- En tout cas, le vert ne te va pas aussi bien que le rouge...

Et sur ses mots, elle lui fit un clin d'œil. Neville ne sut rien répondre.

OoooooooooooOoooooooooooO

Draco croisait les bras. Son visage emmitouflé dans son écharpe aurait pu laisser croire qu'il ne s'amusait pas du tout.

C'était en partie vrai. Il n'avait presque rien suivi du match, se fichant totalement des autres joueurs. Ses yeux n'avaient jamais quitté Harry. Il se savait complètement et profondément amoureux. De ce coté-là, il n'avait aucun doute et c'était malheureux mais il s'était fait à l'idée d'être stupidement mièvre – du moins, pas aux yeux de tous. Mais s'il n'avait pas connu Harry avant et s'il l'avait découvert sur un balai de la plus simple des manières comme aujourd'hui, il aurait remis en question toute ses préférences sexuelles.

Harry James Potter était à tomber dans son uniforme aux couleurs des Serpentard. Draco ne pouvait simplement pas détacher son regard du brun et c'est pour ça qu'il sursauta quand toute la foule d'élèves autour de lui se leva comme un seul homme. Apparemment, Serpentard venait de marquer... Ce qui était incroyable vu qu'ils étaient loin de mener le jeu.

Draco était presque en train de s'en vouloir ne de porter aucun intérêt au match en lui-même : lui qui adorait le Quidditch se retrouvait à ne fixer qu'une seule personne... Mais la personne en question fit enfin un mouvement qui termina de le convaincre qu'il n'avait jamais tord.

Harry l'avait vu et Draco était persuadé que son sourire était définitivement timide, ce qui lui réchauffa le cœur. L'instant suivant, son brun favori fixait autre chose et Draco soupira, pressé que ce jeu prenne fin.

Puis quelque chose de froid tomba sur son front, son nez… Sa joue.

- De la neige… Si tôt ? s'étonna Théodore.

Draco quitta sa délicieuse contemplation pour lever les yeux au ciel. Oui, il neigeait et oui, c'était tôt. Il n'était encore qu'en octobre.

La neige continua à tomber doucement et quelque chose frappa sa peau – plusieurs petites choses en vérité.

De la grêle.

Un frisson d'horreur le parcourut entièrement. Il fallait vraiment que ça tombe maintenant...

- Vos parapluies ! s'exclama Draco.

Théodore et Blaise ouvrirent la bouche, surpris, mais Draco venait déjà de se lever et descendait les gradins. En l'espace de quelques secondes, les flocons étaient devenus de la glace et les grêlons d'énormes morceaux gelés.

Les professeurs s'étaient levés et enjoignaient tout le monde à se protéger.

Draco quitta Harry du regard au moment où une boule de feu de la taille d'un souaffle s'écrasa contre les drapeaux des tribunes pour s'enflammer immédiatement, suivie de beaucoup d'autres. Il poussa deux filles de Serpentard du chemin de l'une d'elle qui fit un trou brûlant à l'intérieur du banc.

- TOUT LE MONDE A L'INTERIEUR DU CHÂTEAU !

Le mouvement de foule qui s'en suivit fut terrible. Draco vit quatre ou cinq élèves tomber dans les escaliers et rouler vers le vide. Il fonça vers eux, conscient qu'il n'aurait presque le temps de rien faire. Puis Severus Rogue apparut et lança un sort ressemblant à une toile d'araignée qui stoppa la chute des élèves.

- LA-HAUT ! rugit un élève.

Draco leva les yeux pour voir les joueurs tenter de redescendre en évitant les boules de feu. Il aperçut l'un des jumeaux s'en prendre une dans l'épaule et perdre l'équilibre pour être sauvé de justesse par son frère, mais le mal était fait. L'attrapeuse des Poufsouffle percuta le sol avec une force inouïe et Draco aurait presque pu entendre le son de ses os se briser.

Il sortit sa baguette et vit Harry virevolter entre les flammes, se protégeant du mieux qu'il pouvait. Les boules devenant tout d'un coup plus grosses.

- HARRY ! hurla Draco.

Le brun lança un sort qui ressemblait à de l'eau et qui éteignit les boules autour de lui pour ne laisser que des rocs tout aussi dangereux... Jusqu'à ce que son cauchemar prenne vie : Harry braqua et tenta une retraite vers les gradins quand une immense sphère de brasier tomba devant lui. Draco eut juste le temps de voir le manche de son balai être détruit avant que le brun ne percute les bancs en bois et glisse le long des bannières, son corps désarticulé comme celui des marionnettes.

Draco courut comme un fou, faisant fi des propres projectiles qui lui tombaient dessus. Il aperçut alors Sirius Black et le professeur Leone se jeter tous deux dans le vide vers l'endroit où Harry avait chuté et Draco eut la fugace pensée que les Potter devaient vraiment être adorés.

Il s'engouffra lui-même dans une brèche des tribunes et se laissa glisser à travers le squelette de bois, éteignant le plus de départ de feu qu'il pouvait. Il trouva un groupe d'élèves, des première année, choqués et regroupés au sol comme des pingouins se protégeant du froid.

- BOUGEZ ! cria Draco. Bougez de là ! Putain, ça va s'écrouler !

Draco empoigna un des élèves et le força à sortir de dessous la construction et les autres suivirent, s'accrochant à sa robe. Il eut juste le temps de les pousser dans l'herbe en dehors du stade : ce dernier craqua et un bruit de bois s'écroulant se fit entendre. Draco s'empressa de pousser encore plus les élèves et lança un Protego de toutes ses forces pour ne pas être soufflé par la chute des débris.

Quand il put enfin se redresser, il tenait toujours les enfants contre lui mais son regard cherchait parmi les flammes. Les boules de feu tombaient toujours mais de manière plus éparse et Draco fit de son mieux pour maintenir la protection argentée au-dessus de sa tête et de celle des gamins. Son cœur battait à tout rompre et il n'osait même plus bouger. Toute cette histoire prenait une tournure incontrôlable et il espérait de tout son être qu'il n'y ait aucun blessé grave...

… Parce qu'alors, Harry ne se le pardonnerait jamais.

OoooooooooooooooooOoooooooooooooooooO

En vérité, la grêle de feu n'avait duré que deux ou trois minutes mais ses dégâts avaient été nombreux.

Pour commencer, tout le terrain de Quidditch et la moitié de ses gradins étaient ravagés. Les professeurs avaient réussi à éteindre le feu quand la plupart des élèves de septième et sixième année avaient renvoyé les boules de feu, tout en essayant de protéger les plus jeunes.

Draco avait eu du mal à se débarrasser des première année qu'il avait secourus. Il avait du user de toute sa patience pour leur faire comprendre qu'ils n'avaient plus rien à craindre. Il réussit même à ramener chacun d'entre eux à leur dortoir, deux Gryffondor et trois Poufsouffle. Bien sûr, à travers les couloirs, il avait vu d'autres élèves avancer, hagards et terrifiés. Il croisa Cho Chang, la préfète de Serdaigle, qui rassemblait plusieurs jeunes autour d'elle pour s'assurer qu'il n'y avait pas de blessé et voir ceux qu'elle devait accompagner à l'infirmerie. En fin de compte, cette dernière était déjà pleine d'élèves et Draco fut intercepté par Rogue au moment où il s'y rendait.

- Nous allons établir des lits dans la Grande Salle pour soigner ceux qui ont été blessés de façons mineure. Tu as l'air d'aller bien ?

- Je n'ai rien, mais Ha…

- Il est à l'infirmerie, Sirius et le professeur l'y ont transporté. Par Salazar, ce gosse veut notre mort à tous ! Tu pourras le voir plus tard. Il va bien, Draco. Mais j'ai besoin de toi : tu es préfet, conduis-toi comme tel et trouve-moi Parkinson.

Ce ne fut qu'une fois le professeur disparu de sa vue que Draco se rendit compte que l'homme ne l'avait pas vouvoyé : il lui avait parlé avec autant de considération que s'il avait adressé la parole à Harry. Draco s'exécuta tout de même. Il trouva rapidement Pansy qui avait un pansement sommaire sur le front mais qui avait tout l'air de bien se porter.

- J'ai croisé McGo' qui exige qu'on monte des lits de camps dans la Grande Salle et qu'on y amène ceux qui sont blessés.

- Rogue m'a dit la même chose.

Ils firent le chemin ensemble vers la Grande Salle et y trouvèrent déjà beaucoup d'entre eux. Hagrid avait déjà déplié de nombreux lits, de même que Flitwick. Draco repéra enfin Nolan qui s'occupait de donner les lits aux élèves.

Draco se précipita vers lui, le garçon l'attrapa immédiatement par le bras.

- Bon sang, tu vas bien !?

Le Serpentard fut surpris de lire un vrai soulagement sur le visage anxieux du cousin de Harry.

- Où est Hermione ?

- A l'infirmerie, Neville aussi. Il a voulu jouer les héros en protégeant deux filles de Poufsouffle et il est tombé à travers les gradins. Hermione s'est jetée après lui pour le protéger. Il a fallu les sortir des décombres.

Draco écarquilla les yeux d'horreur.

- Quoi…

Nolan le considéra gravement.

- Cette histoire… C'est de notre faute, murmura Corgan. Ça va beaucoup trop loin ! Personne n'est mort mais si ça avait été des moldus… Je n'ose même pas…

- La ferme, siffla Draco.

Nolan se tut et le fixa furieusement, comme si Draco venait de le gifler. Le blond ne s'embarrassa pas avec un air affligé.

- Imagine plutôt ce que Harry est en train de ressentir, s'il est réveillé ! Imagine ce que Neville doit ressentir ! On savait que ça serait une erreur en ouvrant ce livre mais c'était une erreur nécessaire !

- Pas quand la vie de plusieurs personnes est en jeu ! On ne maîtrise rien du tout.

- Et qu'est ce que tu suggères ? Qu'on aille tout dire à la directrice, à Rogue, à Sirius, à Regulus ? On devra rendre le livre ! On devra s'expliquer et expliquer tout le reste et ensuite…

Nolan plissa les yeux.

- Je te savais égoïste, Malfoy, mais pas à ce point. Tu te fiches du reste, tout ce qui compte pour toi, c'est…

Nolan ouvrit la bouche en grand de compréhension. Draco soutint son regard.

- Harry ne se pardonnera pas ça, peut-être mais il sait quand s'arrêter, grinça Nolan.

Draco ne répondit rien. De ça, il en doutait franchement. Il n'avait qu'à se souvenir de la manière dont Harry avait fui Poudlard pour poursuivre l'œuvre de Dumbledore. Harry était parfaitement conscient de sa nature destructrice et il y avait quelque chose dans son comportement qui faisait croire à Draco que quelque part, Harry Potter avait compris Dumbledore.

Sacrifier le peu pour sauver le plus.

Ça n'empêcherait pas Harry de continuer sa dangereuse entreprise mais ça aurait le même effet dévastateur que ça avait eu sur le premier Harry : la culpabilité finirait par le détruire. Draco ne pouvait pas laisser ça arriver et il n'avait pas l'intention de laisser Nolan acculer Harry ni lui rappeler que toute cette histoire devenait trop incontrôlable.

Ils avaient signé pour ça. C'était à eux de réparer leurs erreurs.

- Nolan… Ne lui prends pas la tête.

- Qu'est ce que tu suggères, alors ?

- Rien. Je vais attendre de voir ce que lui nous propose.

Sur ces mots, il abandonna le garçon et entreprit de se rendre utile. La mort dans l'âme, il suivit Goldstein afin de récupérer d'autres couvertures.

Il passa une très mauvaise nuit. Comme tous les préfets, il resta dans la Grande Salle à surveiller le reste des élèves.

OoooooooooooooooOoooooooooooooooO

Harry se redressa dans son lit au moment où quelque chose écrasa son matelas au niveau de ses pieds.

La potion Poussos avait cessé de faire effet depuis une bonne heure. Il avait cru pouvoir s'écrouler de fatigue après ça mais force était de constater qu'il était parfaitement réveillé. Et il n'était pas le seul, apparemment.

- Harry…

La voix d'Hermione le fit sourire mais ça ne dura pas. Elle monta sur le lit pour s'asseoir en tailleur en face de lui et Harry en fit de même. Il prenait la même position avec Draco quand il devait parler de choses importantes.

Harry jeta un œil au reste de l'infirmerie. Deux lits plus loin se trouvait celui de Neville qui, s'il ne dormait pas, avait du être assommé par une potion de Pomfresh.

Harry reposa son regard sur Hermione et cette dernière lui offrit un mince sourire, du moins c'est ce qu'il distingua à la pauvre lumière laissée allumée. Juste de quoi servir de veilleuse.

- Tout ça prend une ampleur disproportionnée...

Le brun ne répondit rien. Il savait parfaitement tout ce qui traversait la tête d'Hermione. Tout comme elle était allée voir McGonagall pour son Éclair de Feu, la jeune fille pouvait très bien recommencer afin de ne pas faire empirer les choses. Mais Harry était loin de tout ça. Il savait que c'était entièrement de sa faute. Il le savait profondément : à cause de son inconscience, beaucoup d'élèves avaient été blessés. Ce n'était pas si différent d'être responsable de la vie de ces mêmes élèves en étant la proie de Voldemort... C'était un cercle vicieux : il ne gagnerait rien à rester inactif et agir méritait quelques sacrifices. Sa véritable première erreur été d'avoir ouvert le livre à l'intérieur des murs de Poudlard, uniquement par impatience et parce que son instinct lui hurlait qu'il faisait bonne route. Il n'était pas inconscient, il devenait juste méchamment pragmatique. Et ce n'était pas loin de la pensée de Dumbledore.

En dépit de la dure réalité, Harry se retrouva à sentir la bile lui monter à la gorge. Il se détestait de penser comme ça. Mais il tenait quelque chose et il n'était pas question de remettre le livre aux Aurors ni de subir la colère froide de Regulus. Parce que dans ces cas-là, quitte à continuer sur cette voie, il pouvait juste prendre sa baguette et tuer Neville pour régler une partie de leurs soucis...

… Mais un simple tour de l'infirmerie lui envoya à la figure à quel point il déviait de ses principes. Il voulait se sacrifier pour les autres et les autres voulaient se sacrifier pour lui. Et autour de ça, il y a avait les dommages collatéraux. Ceux qui allaient subir sans rien demander, de la même manière qu'il avait été assez stupide pour croire aux images de Voldemort tenant Sirius et conduisant à la mort de ce dernier.

La faute à ses caprices.

- Hermione…

- Je sais qu'on ne peut pas reculer. Je sais aussi que le reste risque d'être pire. Parce qu'au-delà des plaies, Harry… Il y a la mort des soldats du pharaon, engloutis sous les eaux, et rien ne dit que ce n'est pas le même démon ou dieu qui est responsable de ça. Il faut qu'on exécute notre plan.

Harry papillonna des yeux.

- Tu… Tu veux continuer ?

Hermione lui fit une grimace éloquente.

- Tu pensais que j'allais faire marche arrière ?! Oh, Harry… Après tout ce qu'il s'est passé, dans cette vie ou dans les autres...

La vague de soulagement qui l'envahit fut si incontrôlable qu'il se sentit trembler de tout son long.

- J'ai cru… Tu sais que je ne comprends pas la moitié de ce que l'on est en train de faire ?

- J'avais compris. Mais c'est pour ça que je suis là, non ? On va se débarrasser de ce démon et ensuite on sauvera Neville. Et après… On tuera Voldemort. Ça te semble être un bon plan ?

- Très bon, dit Harry dans un sourire.

Hermione lui attrapa la main et Harry la serra fortement.

- Tout se passera bien.

Harry savait qu'il y avait plein de doutes derrière cette phrase mais il n'allait pas dire non à quelqu'un qui lui remontait le moral.

OooooooooooooooOoooooooooooooO

Il était rare, extrêmement rare que des Aurors interviennent à Poudlard. Ça n'était jamais arrivé du temps de Dumbledore. De mémoire, Franck savait que ces derniers n'étaient venus que lorsque Myrtle Warren avait été tuée pour finir par accuser quelqu'un qui n'était même pas responsable de sa mort.

C'est pourquoi quand il reçut l'appel de la directrice, sa première pensée fut de se demander qui était mort. Personne pour le moment, bien sûr, mais c'était pour éviter un tel cas de figure qu'il était demandé sur le terrain.

Franck quitta son bureau avec l'intention de faire la lumière sur cette histoire. Il se dirigea vers celui de ses coéquipiers pour tomber sur William Chester, son manteau déjà sur ses épaules.

- Tu t'en vas ?

Chester haussa un sourcil.

- Je donne des cours de magie à Syracuse, pourquoi ?

- Poudlard a appelé.

L'homme fronça les sourcils. Franck était incapable de savoir à qui Chester pouvait penser en premier quand il s'agissait de Poudlard. Il le savait proche de Sirius, d'une manière étrange. Il savait aussi que Chester et Severus Rogue avaient partagé leurs années de pensionnat dans le même dortoir. Il savait aussi que Chester avait un attachement tout particulier pour la famille Potter. Mais Franck avait aussi appris qu'il était incapable de mesurer la réelle amitié qui les liait tous. Même du temps de la première guerre, lui et Chester n'avaient jamais vraiment été proches et il ne savait toujours pas s'il pouvait le considérer comme un ami. Un collègue de confiance oui, un homme droit, c'était une certitude, mais un ami…

- Quel est le problème ?

- Ils ne savent pas encore mais l'école a subi des attaques… Inattendues.

- Ils soupçonnent un mage noir ?

Franck haussa les épaules. Il comprit cependant le cheminement des pensées de Chester : ils avaient tous les deux des secrets mais des secrets qui tournaient autour d'une seule personne. Un mage dont il ne fallait plus prononcer le nom mais dont l'existence incertaine continuait de planer au dessus de leurs vies.

Chester devait sûrement se dire qu'il y avait des fils et filles de Mangemorts, que l'homme qu'il était sensé avoir tué était sûrement presque de retour. La bande de Potter, Chester, Corgan et Black ne partageait pas grand-chose mais Franck n'était pas un imbécile : il avait su depuis le début qu'il avait échoué. Il avait su dès l'instant où Voldemort s'était désintégré, laissant le corps mort de sa femme et son fils mutilé, qu'il avait échoué.

Voldemort était en vie, Chester le savait, les autres aussi. Il fallait juste qu'ils crèvent l'abcès.

- Je vais voir ce qu'il en est. Je prends Tonks et Gardner avec moi. Pars tranquille.

Franck compta les secondes d'indécision de Chester. La crispation de sa mâchoire, son regard doré et dur et enfin l'abandon.

- Au moindre problème…

- Je sais, je te préviens. C'est moi l'ancien, je te rappelle.

- Tu devrais peut-être demander son aide à Maugrey.

Franck fit la moue. Il savait que ce n'était pas une mauvaise idée mais Maugrey avait tendance à jouer les chouettes libres.

- J'y penserai.

Chester ne fit aucune remarque. Un bref signe de tête et il n'était déjà plus là. Franck soupira mais se hâta d'aller chercher sa fine équipe.

OoooooooooooooOooooooooooooooO

- Tu es distrait.

- Comment ça ?

Syracuse rangea soigneusement sa baguette et croisa les bras. William se surprit à aimer cette posture pleine de confidence du blond, ce qui était stupide : Syracuse n'avait jamais était du genre timide ou à croiser les bras pour se protéger. C'était un garçon exubérant et plein de vie sous sa forme humaine.

- Je le sais. Tu as toujours cette manière de lever la tête puis de la baisser et la secouer quand quelque chose te tracasse.

William fronça les sourcils mais finit par ranger sa propre baguette avant de se diriger vers la petite table où se trouvaient deux verres d'eau et une bouteille. Il se servit.

- J'ai l'air si transparent ?

- Je ne suis pas sûr que quelqu'un d'autre que moi l'ait remarqué.

William rit doucement, de ça il en était certain. Syracuse pouvait lire en lui beaucoup trop facilement.

- Il se passe des choses à Poudlard.

- Et tu n'y es pas ?

Le ton alarmé du loup-garou lui fit tourner la tête.

- Il est peut-être arrivé quelque chose à Harry !

William s'était fait cette réflexion mais il l'avait très vite balayée de son esprit. Si Harry venait à mourir, il savait que le ciel s'écroulerait sur lui-même et que le monde imploserait. Il supposait avec certitude que ce genre de cataclysme pouvait arriver quand un sorcier à la force insoupçonnable venait à décéder. Ce qui était stupide : Harry Adams était mort et le monde n'avait pas cessé de tourner pour autant.

- Je ne crois pas qu'il lui soit arrivé quoi que ce soit.

- Tu ne veux pas que j'aille voir ? Il suffirait que…

- Que rien du tout. Après tous les efforts qu'on vient de fournir ? Tu pensais ne pas pouvoir pratiquer la magie mais c'était uniquement du à l'instabilité de tes changements de forme. Maintenant que Severus a trouvé le bon dosage, je n'ai aucune envie que l'on revienne en arrière.

- Et tu ne te demandes pas ce dont moi, j'ai envie ?

William eut la sensation qu'on venait de le gifler. Il regarda Syracuse avec éloquence mais le blond ne lui fit pas de cadeau.

- Harry est vraiment important pour toi ?

Syracuse étira ses lèvres en un sourire indulgent.

- Je ne fais pas la différence. Harry est important pour Harry.

- C'est pour ça que sa mort t'a aussi peu affecté ?

Le blond pinça les lèvres avant de se détendre totalement. Il se déplaça pour s'asseoir sur le seul canapé que William avait laissé en place dans leur salle d'entraînement improvisée qui se trouvait dans la maison de l'Auror.

- Ce n'est pas parce que je n'ai rien dit que je n'étais pas triste. J'étais dévasté, William. Harry m'a sauvé la vie et je l'ai suivi parce que je le voulais, pas pour réparer une dette ou je ne sais quoi. Je l'ai suivi parce qu'il était seul et n'avait sa place nulle part, tout comme je l'étais. Je voulais un but, pas seulement errer dans les bois. Harry m'en a donné un.

William se sentit mal mais osa rejoindre le garçon.

- Je n'en avais aucune idée.

- Bien sûr... Pour toi, pour les autres, je suis ce pauvre garçon de qui on a gâché la vie en le transformant en une bête immonde. Harry n'a jamais critiqué cet aspect de ma vie, il ne m'a jamais pris en pitié. Il m'a montré de la force là où les autres voyaient de la faiblesse.

Le brun sentit son cœur se serrer.

- Et a présent, qu'est ce que tu veux ?

Syracuse plongea ses yeux bleus dans les siens.

- Quoique je demande, tu n'iras pas contre mes choix ? Je donne peut-être l'impression de ne pas réfléchir mais je le fais… William… Tu me soutiendras ? Quoi que je décide ?

William avala l'air avec difficulté. Il avait la sensation de jouer sa vie sur ce genre de question. Harry lui avait demandé la même chose et il n'avait pas écouté. Syracuse le faisait aussi.

- Je pensais qu'on avait trouvé un équilibre, souffla le brun. Je pensais que ça te plaisait de faire de la magie et de voir qu'il y avait d'autres portes qui pouvaient s'ouvrir à toi. J'ai… Je dois être vraiment mauvais pour savoir ce que tu veux vraiment.

- Tu sais qu'il suffit juste de demander ?

William acquiesça.

- Écoute, peu importe… Loup ou homme, je serai toujours là. Enfin, il y aura toujours une chambre pour toi ici et pas juste le jardin. Donc oui, quoique tu puisses demander, je n'irai pas contre tes choix.

Le sourire que lui offrit Syracuse fut d'un tel éclat que William cru se sentir rougir.

- Tu as changé. En fait, ça me fait quelque chose quand tu ne penses pas à Harry.

- Quoi ?

- Si je te dis que je veux t'embrasser, tu penses pouvoir approuver ce genre de demande ?

William eut du mal à saisir pleinement l'information mais quand elle atteignit son lobe frontal, il ne fut tout de même pas capable de formuler une réponse correcte. Alors Syracuse prit les devant : avec une douceur presque insoutenable, il posa ses doigts fins sur sa joue mal rasée. Le baiser fut une simple caresse, des lèvres douces posées sur des lèvres rêches.

William ne ferma pas les yeux. La surprise lui avait coupé le souffle. Syracuse se recula et ce moment, qui dans l'esprit de William venait de durer infiniment, avait repris son temps normal, trois secondes sûrement. Il arriva cependant à lire le doute dans le recul du blond, alors il parla, enfin.

- J'approuve, dit-il. J'approuve totalement.

Syracuse éclata de rire et William se sentit comme un gosse à Noël.

OooooooooooooooOooooooooooooooO

- Laissez-moi faire et je vous promets qu'Auror ou non, cet abruti finira avec la face aussi affreuse que celui d'un éruptif !

Blaise trébucha avant de se reprendre rapidement sous les regards ahuris de Draco, Harry, Théo et Pansy.

Ginny Weasley avait parlé et exprimé assez simplement la pensée générale.

Elle fusilla du regard sans se cacher l'auror Gardner appuyé contre le mur de la Grande Salle juste en face d'eux. Il était loin, ne devait sûrement pas les entendre, mais Draco était sûr que l'aura meurtrière de tout une table pouvait se faire sentir. Enfin, si c'était le cas, Gardner s'en fichait et continuait à afficher son regard méprisant sur toute l'assemblée verte et argent.

Pourtant, Ginny n'était pas la seule à fomenter des envies de meurtres à l'encontre de cet homme. Depuis qu'il avait retrouvé une Ludmila Rosier en pleurs dans un placard à balais du cinquième étage, la colère grondait, muette mais lourde de sa présence, faisant grincer les dents de tous ceux qui avaient un lien de près ou de loin avec les Mangemorts.

Si personne n'avait à se plaindre de Tonks et de Londubat, beaucoup avaient à se plaindre du dernier des Aurors envoyés pour faire la lumière sur les événements de la tempête de grêle enflammée, de la pluie de grenouilles et du sang dans la tuyauterie. Bien sûr, ils faisaient chou blanc. Hermione avait martelé que ce qu'il leur aurait fallu, c'était un démoniste ou un sorcier exorciste. De même qu'ils ne trouveraient rien tant que le livre resterait enfermé dans la Salle sur Demande.

Les Aurors étaient là uniquement pour rassurer mais ils étaient devenu un problème.

Gardner était un problème. Tonks avait expliqué à Draco que ce dernier avait perdu son père, Auror lui aussi, dans un raid des Mangemorts contre le Premier Ministre britannique. Il se serait senti désolé si dès les premiers jours l'homme n'avait pas pris à parti Harry, lui disant qu'il avait combattu auprès de son père et que c'était une honte qu'il se retrouve à Serpentard. Harry avait rétorqué avec bravade que son père était extrêmement satisfait qu'il soit à Serpentard et qu'il pouvait bien garder ses préjugés pour lui.

Après ça, Draco n'avait développé que du dégoût pour le chien du Ministère. Ajoutées à cela les rondes plus qu'incessantes autour des cachots, des questions extrêmement limites posées aux élèves de Serpentard et se terminant par ces mêmes élèves au bord des larmes... Gardner s'était fait une belle collection d'ennemis.

- Vous voyez, renifla Pansy. C'est comme ça que presque tout le Ministère nous voit !

- Ne dit pas de bêtises, répliqua Théodore. Il est seul.

Pansy jeta une œillade noire à Théodore et Draco se pinça l'arrête du nez. La présence de Gardner avait réveillé quelque chose chez Pansy, une haine insoupçonnée pour l'autorité ministérielle. Il avait aussi remarqué que cette haine était presque similaire chez Harry mais son petit ami avait en ce moment l'art de ravaler le fiel qui lui venait aux lèvres.

Draco et lui en avaient discuté : Harry exécrait toute politique et était ravi de savoir que son père, sa mère et Sirius avaient refusé l'Ordre de Merlin.

- Ce sont pour la plupart des opportunistes, plus focalisés sur leur image que sur la protection du monde sorcier. Le Magenmagot est une institution polluée par des esprits étroits et si tu a l'intention de faire valoir ton siège, Draco, ne compte pas sur moi pour venir te chercher au travail.

Telles avaient été les paroles de Harry. Draco avait vaguement compris que le brun venait de faire une croix sur son envie de devenir Auror. Globalement, Harry se cherchait toujours.

Pansy avait un discours similaire. Elle traitait le Ministère de « retourneur de veste » qui avait peur de sa propre ombre. Et son agacement transparaissait de plus en plus. C'était une chose qui n'avais jamais effleuré l'esprit de Draco, le fait que Pansy puisse avoir des idées politiques. Il se rendit compte qu'il savait finalement peu de choses sur la jeune fille et sur les discours de ses autres amis. Hermione avait montré qu'elle s'inquiétait plus du sort des opprimés et des créatures magiques que des sorciers. Nolan estimait que c'était en ayant de la voix qu'on pouvait faire bouger les choses et bien sûr, s'il n'avait pas choisi de devenir Briseur de Sorts, il aurait suivi les traces de son oncle. Neville, lui, n'avait d'yeux que pour son père.

Draco avait longuement réfléchi à sa propre position. L'envie d'être quelqu'un d'important avait presque détruit son père. Harry lui répétait sans cesse que ça lui collerait bien à la peau, sans mauvaise intention. Quand la question de son avenir se posait, il était incapable de se situer quelque part et encore moins dans les locaux du Ministère : l'institution en elle-même lui semblait obsolète.

Cependant, l'heure n'était pas aux questions existentielles. Gardner était un problème pour les Serpentard mais aussi un problème pour leur petite escapade nocturne et leur plan de chasse au démon.

- En plus, ils n'ont rien trouvé ! renchérit Ginerva. Leurs questions n'ont ni queue ni tête ! Moi qui avais du respect pour les Aurors, je commence à douter.

- Que Neville ne t'entende pas, souffla Harry.

La jeune fille haussa les épaules.

- Soyons francs : depuis qu'ils sont là, rien de bizarre n'est encore arrivé.

Draco ne sut même pas si il devait être rassuré par ça.

La discussion prit fin dès qu'Hermione se planta devant leur table.

- Cessez de le fixer comme ça, il risquerait de se montrer encore plus énervant.

- La bonne blague..., ricana Pansy. Ce n'est pas toi qui es suivie comme si tu mijotais un plan diabolique pour détruire l'école. Tu n'es pas à Serpentard, tu ne sais pas ce que c'est.

Hermione porta sa main à son front en signe de fatigue.

- En effet… Harry, Draco… Un mot, s'il vous plaît ?

Les deux garçons s'exécutèrent. Hermione les traîna hors de la Grande Salle.

- Demain, dit-elle, je fais le saut en Enfer.

- Quoi !? s'exclama Harry. Avec trois Aurors qui patrouillent !? Il n'est pas question que tu fasses ça seule !

- Je le ferai seule mais vous serez là avec moi !

- Au cas où tu ne le saurais pas, intervint Draco, nous sommes surveillés comme si on avait la peste...

Hermione fronça ses sourcils broussailleux.

- Ne vous en faites pas : demain, il y aura une petite brèche. J'ai déjà prévenu Neville et Nolan, on se retrouvera comme convenu au septième.

- Attends… Qu'est ce que tu veux dire par « une brèche », qu'est ce que tu as fait ?

Hermione étira ses lèvres en un sourire que Draco ne lui connaissait pas. Ils la laissèrent cependant partir sans lui poser plus de question. Quoi que ça puisse être, ça ne leur porterait pas préjudice et ils le sauraient bien assez tôt. Selon lui, le plus inquiétant ces deux derniers jours étaient plutôt la disparation des brosses à cheveux chez les Serpentard.

- Que fait-on ? demanda finalement Draco.

- Est-ce qu'on peut retourner au dortoir ? Je commence à avoir mal à la tête...

Draco plissa les yeux face à la demande de Harry. Depuis sa sortie de l'infirmerie, c'était la deuxième fois qu'il se plaignait de maux de tête. Harry n'avait pas quitté ses lunettes depuis au moins trois jours. Le blond posa sa main sur le front de son petit-ami.

- Tu es sûr que ça va ?

Harry hocha la tête et repoussa sa main mais dès qu'ils atteignirent leur dortoir, le brun s'allongea et s'endormit presque immédiatement sur le lit de Draco. Malgré son inquiétude, ce dernier se surprit à sourire en voyant le brun dormir. Harry faisait ce qu'il pouvait pour montrer qu'il endurait correctement la situation mais cet état de faiblesse rassurait Draco. Devant lui, Harry était un adolescent qui s'épuisait à la tâche. Il savait que le brun avait travaillé sans relâche sur leur cercle d'invocation et sur des traités d'alchimie qui étaient au-delà de leur niveau. Harry s'était certes déchargé mais il y avait des choses qu'il se devait de faire seul.

Pris d'un soudain élan de compassion, Draco s'installa contre Harry et caressa son crâne avec douceur. Harry huma dans son sommeil et passa un bras possessif autour de Draco pour le serrer contre lui.

Draco pensa alors qu'il était beaucoup trop amoureux.

OoooooooooooooooOooooooooooooooooooO

Harry se réveilla en pleine nuit, son mal de crâne ayant empiré. Il se redressa et tâtonna pour ne pas réveiller Draco. Il avait l'impression que sa tête allait exploser. Il s'extirpa du lit avec difficulté, faisant grogner le blond dans son sommeil.

Il avait juste à se traîner vers l'infirmerie ; avec un peu de chance, Pomfresh serait encore debout pour lui donner quelque chose. Sur la pointe des pieds, il sortit de sa chambre puis de la Salle Commune où le faible feu faisait danser des ombres bizarres sur les murs. Harry plissa les yeux et poussa un soupir douloureux une fois dans les couloirs. Il se fustigea de ne pas avoir pris la Carte avec lui mais il pourrait toujours se justifier qu'il était malade.

Il continua son chemin, sa main ne lâchant jamais le mur, quand il entendit deux voix.

- Gardner, vous devenez réellement paranoïaque ! Je suis sérieusement en train de me demander si vous faire venir ici était une bonne idée !

Harry se plaqua contre le mur et regarda autour de lui pour finir par se faufiler sous une tapisserie.

- Vous savez que j'ai raison ! Il suffirait d'en interroger quelques uns pour de vrai et pas juste ce simulacre de surveillance. Ils sont trop fourbes pour faire un mouvement en notre présence et vous le savez.

- Vous accusez des enfants ! Des adolescents qui doivent aussi être terrorisés !

Harry reconnut la voix de Franck Londubat et ce dernier se vit couper par un reniflement moqueur.

- C'est ridicule ! On perd notre temps à juste patrouiller et envoyer Tonks se cacher parmi les élèves n'a rien apporté du tout !

- Si, le fait que les élèves n'ont absolument pas l'air responsable de cette histoire et qu'il faut chercher ailleurs. Alors je vous demande de vous rendre à Pré-au-Lard pour voir si il n'y a rien d'étrange ou de nouveau dans le village.

- Des fils de Mangemorts ! Vous protégez des assassins !

- Auror Gardner ! Je vous prie de vous taire ! Si vous continuez sur cette pente, je me verrais dans l'obligation de vous suspendre !

Harry écouta le silence, puis le mouvement d'une cape et le bruit de talons claquant sur la pierre.

Bien, Harry n'avait aucune envie de tomber sur Gardner. Il fit demi-tour et se dirigea vers le seul endroit qui pouvait encore être son salut : le bureau de Rogue. Il pressa le pas et entra plus que facilement dans le bureau, cherchant la trace d'une potion anti-douleur. Il ne se souvenait pas avoir eu aussi mal. Ce n'était pas comme les maux de tête provoqués par Voldemort, c'était une douleur qu'il avait longtemps connue enfant.

Harry passa ses doigts sur les diverses fioles et plissa de nouveau les yeux avant de soupirer et de reposer l'un des nombreux flacons.

- J'étais sûr d'avoir entendu du bruit.

Il ne sursauta même pas quand il entendit son professeur, il tourna simplement la tête.

- Tu cherches quelque chose en particulier ?

- Une potion anti-douleur.

Le vif éclat d'inquiétude qui brilla dans le regard sombre de Severus Rogue lui fit chaud au cœur.

- Que t'arrive-t-il ?

Harry lui fit un bref sourire et posa une main sur sa tête.

- Je crois… Je crois que ma vue baisse.

Severus s'approcha de lui et s'empara d'une fiole puis l'éloigna de Harry.

- Qu'est-ce que tu lis ?

- Ser… Vipère ?

- Exact. Harry, tu n'as pas retiré tes lunettes depuis que tu es sorti de l'infirmerie et tu les portes de plus en plus souvent, ces derniers temps.

- Je lis beaucoup, ces derniers temps.

Severus lui tira une petite boite et l'ouvrit sur des pastilles rondes. Harry s'en servit et en croqua une.

- La dernière fois que tu as fait réviser tes lunettes par ta mère, c'était quand ?

Harry papillonna bêtement des yeux.

- Hum… Je ne l'ai pas fait.

L'homme secoua la tête de dépit.

- Vous, les Potter, vous êtes vraiment les mêmes… Ta vue va bien, tu as juste besoin de changer de lunettes. Je suppose que tu enchaînes les migraines ?

Harry acquiesça. Severus l'entraîna hors du bureau pour l'amener dans ses quartiers, où il lui prépara du thé. Le brun l'accepta avec un petit sourire.

- Demain, ramène-moi tes lunettes : je les enverrai à ta mère. Ton père est myope mais tu ne l'es pas encore, tu as juste des verres pour ne pas fatiguer tes yeux.

- Mais je finirai myope ?

- Si tu continues à porter des verres qui ne sont plus adaptés, oui.

Harry se cala contre le dossier du canapé et ferma les yeux en sentant son mal de tête s'évanouir et le sommeil le prendre.

- J'ai cru… Quand j'étais petit, j'ai eu mal comme ça, j'étais incapable de lire le tableau et la maîtresse a appelé tante Pétunia…

Harry ne vit pas le regard interloqué de Severus.

- Harry…

- Ma tante était furieuse que l'école l'ait appelée et l'accuse de ne pas prendre soin de moi… J'ai eu des lunettes mais j'ai du rester enfermé dans le placard pendant trois… Jours.

Il s'endormit.

Severus resta immobile de longues minutes, essayant de comprendre ce qu'il venait d'entendre. Devait-il en parler à Lily ? Devait-il en discuter avec Harry le lendemain ? Severus observa le corps endormi de celui qu'il considérait comme son filleul.

Délicatement, il l'allongea complètement sur le canapé et amena des couvertures sur le garçon.

- … Potter, soupira Severus.

Le lendemain, Harry trouva de quoi petit-déjeuner sur la petite table en face de lui. L'absence du professeur en disait long sur son retard. Harry arpenta les couloirs plus vite que jamais pour se rendre à son premier cours en retard.

- Puisque monsieur Potter est en retard, cela signifie qu'il a du passer une nuit difficile à travailler son sort de mobilicarpet.

Harry fut incapable d'en vouloir à Flitwick en voyant sa mine joyeuse : il fut plus embarrassé du regard noir lancé par Draco.

- Si on veut, tenta-t-il.

- Alors un petit exemple ! Cette chaise est tout à vous.

Harry pointa sa baguette sur la chaise et oublia de prononcer le sort en le lançant. La chaise s'anima et courut vers lui de ses quatre pattes en bois, avant de se mettre à tourner autour de lui comme un chien faisant la fête à son maître.

- Impressionnant, mais il serait plus approprié pour ceux qui n'ont pas encore ce niveau de prononcer le sort...

Harry baissa la tête et alla immédiatement s'asseoir à coté de Draco.

- Bien joué ! souffla Blaise dans son dos. A quoi ça sert que tu sois en cours, monsieur le génie des informulés ?

Harry se pencha en arrière.

- Pour te montrer comment font les pros... Sans moi, tu serais perdu, Zabini...

Harry entendit le brun ricaner avant de se pencher de nouveau vers son propre bureau.

- Pourquoi tu ne m'as pas réveillé ? murmura Draco

Harry se tourna vers lui.

- Si je dois te réveiller pour un simple mal de tête, quel genre de couple somme-nous devenu ?

- Du genre à s'occuper du bien-être de l'autre ? Je serais aller le chercher, ton médicament ! Au lieu de ça, j'ai eu droit à Rogue m'avertissant de ne pas crier au meurtre et que tu dormais profondément dans ses quartiers.

Harry sentit le coin de ses lèvres s'étirer en un sourire amusé à l'idée de Draco courant dans tous le dortoir en hurlant qu'on l'avait enlevé. Draco lui donna un coup de coude dans les cotes et Harry pouffa.

- Désolé, la prochaine fois que mon orteil me grattera, je te promets de te secouer pour t'en faire part !

- Va te faire voir, Potter !

Mais Draco souriait.

Ils sortirent de la salle de bonne humeur. Humeur qui s'assombrit quand ils croisèrent Gardner.

- Monsieur Nott, fit l'Auror, j'ai un mot à vous dire.

Harry et Draco virent Théodore se figer. Le blond allait le suivre quand Harry lui attrapa le bras.

- Théodore ne peut pas vous suivre, il a rendez-vous avec le professeur Black et il est déjà en retard.

Gardner fixa Harry comme s'il était la pire crasse que le monde ait porté.

- Je suis sûr que le professeur Black ne verra aucun inconvénient à ce que je lui emprunte son élève dans le cadre d'une enquête.

- Et je suis sûr que c'est quelque chose que vous avez préalablement demander au professeur Black, intervint Draco.

Théodore se cacha presque derrière Harry et Draco.

- Vous pensez que je suis stupide mais je sais ce que vous manigancez.

- Comme tout le monde ici, rétorqua Harry, on travaille dur pour avoir un bel avenir !

- Et en tant qu'Auror, vous vous devez d'être un soutien pour la jeune génération dont les heures de cours sont comptées et troublées par des événements qu'ils ne contrôlent pas, ajouta Draco.

- Allons-y, Théo, le professeur Black n'attend pas !

Sans laisser le temps de la répartie, Harry traîna Théodore loin de cet énergumène.

- Il parait qu'il a bloqué Millicent ce matin après qu'elle soit sortie de la Grande Salle. Ce type est fou à lier ! s'emporta Draco.

- Non, il est juste misérablement rempli de haine et de préjugés. Est-ce que ça va, Théo ?

- Je savais que les erreurs de mon père me tomberaient dessus mais pas si tôt...

- Je vais aller voir Sirius : je suis sûr qu'il pourra lui faire fermer son claquet à ce fouille-merde !

Draco et Théodore regardèrent Harry, interloqués.

- Quoi !? fulmina le brun.

- Quel langage fleuri, susurra Draco. Ça ne te va vraiment pas.

Harry se contenta de lever les yeux au ciel.

OoooooooooooooooOooooooooooooooooO

Sirius ne semblait pas du tout amusé par la situation.

Harry et Draco étaient venus le retrouver pour de vrai en compagnie de Théo au cas ou Gardner décidait réellement de vérifier s'ils avaient bien une petite réunion avec le professeur.

- Il suffirait d'en parler à Londubat.

- J'ai entendu le père de Neville lui parler hier et ils n'avaient pas l'air d'être sur la même longueur d'onde.

- Et s'il renvoie Gardner qui est un bon élément, ça va jaser au Ministère. En plus, Gardner pourrait très bien faire plus de tapage qu'autre chose et avoir du soutien, répondit froidement Sirius.

- Donc on est condamné à passer pour les pestiférés de l'école ! s'exclama Draco. Au cas où cet imbécile ne le saurait pas, aucun de nous n'a de sang sur les mains !

- Mais nos parents si, soupira Théodore. Ça ne change rien, il pense que c'est dans les gènes, à moins de se mettre à pleurer et supplier...

- Je vais parler à la directrice, on peut peut-être étouffer cette histoire et renvoyer les Aurors... Ça ne nous garantit pas que les éléments perturbateurs de ces deux derniers mois ne reprennent du service, ceci dit. Après tout, depuis qu'ils sont ici, il ne s'est rien passé.

Draco et Harry échangèrent un regard embarrassé puis Sirius se leva et posa sa main sur l'épaule de Théodore.

- Certaines personnes sont incapables de passer outre la guerre mais d'autres… Beaucoup d'autres savent parfaitement voir. Ne vous occupez pas de ça pour le moment, les gosses.

Draco sortit du bureau de Sirius plus remonté qu'autre chose.

- Ton parrain est un doux rêveur...

- Je doute que les adultes puissent y faire quelque chose... Ça dépend de nous, j'espère que le plan d'Hermione vaut le coup.

- Quel plan ? demanda Théo.

Harry et Draco se fixèrent, embarrassés.

- Apparemment, elle veut donner une petite leçon à Gardner.

Le blond les observa, horrifié.

- C'est vraiment le bon moment ? On ne risque pas plutôt de faire empirer les choses ! C'est un Auror !

- Théo… Tu n'as donc aucune âme aventureuse, déplora Harry.

- J'ai surtout envie de survivre à Poudlard et partir loin de l'Angleterre dans un endroit où je ne serais pas jugé pour ce que je n'ai pas fait.

Les deux garçons furent incapables de répliquer quoi ce soit. Théodore décida qu'il n'y avait rien à répondre en les dépassant pour tracer son chemin.

- Je ne savais pas que c'était ce qu'il voulait, avoua Harry, surpris.

Draco se passa une main derrière la nuque.

- Je ne le savais pas non plus. On dirait que tout ça fait ressortir le pire de nous-même.

Draco sentit les doigts de Harry se glisser contre les siens et sourit. Le brun se pencha pour embrasser sa joue avec tendresse.

- Mais non. Tu divagues. Viens, allons voir ce que Hermione a préparé.

OoooooooooooooooOoooooooooooooooooO

Sirius avait parlé à McGonagall et la directrice lui avait dit avec réticence que maintenant que le Ministère était impliqué, elle ne pouvait plus renvoyer les Aurors ni leur dire qu'ils se chargeraient de tout.

Certes, il n'avait à se plaindre que d'un seul élément perturbateur mais c'était déjà beaucoup trop et Sirius savait que la parole de Gardner serait aux yeux du Ministère toujours plus légitime que celle d'enfants dont les parents étaient enfermés. Beaucoup de jeunes Serpentard pouvaient y voir une terrible injustice et préparer en fourbe quelque chose de terrible.

Ce n'était pas ce que croyait Sirius. Il avait confiance en Severus et Severus connaissait ses élèves sur le bout des doigts. Et puis, il y avait Harry. Son neveu était droit et de plus en plus impliqué vis-à-vis de l'honneur de sa Maison. Ce qui avait troublé Sirius au départ avait fini par le rendre fier : Harry semblait parfaitement réussir là où lui aurait indubitablement échoué.

Tout ça ne l'empêchait cependant pas de grincer des dents. Aussi, quand il arriva dans la Grande Salle pour le dîner du soir, il ne cacha pas son regard haineux envers Gardner.

- Vous avez un problème, Black ?

- J'en ai un : je me demande pourquoi vous pensez ça. Auriez-vous fait quelque chose qui puisse me contrarier et faire de vous un problème ?

Gardner haussa un sourcil et étira ses lèvres en un sourire moqueur.

- Ah oui, peut-être que vous avez oublié certaines choses liées à une certaine Maison.

- Vous ne vous cachez même pas...

- Pourquoi le devrais-je ? Vous avez eu assez de jugeote pour bien choisir votre camp à l'époque et ça vous a réussi, regardez-vous… Tandis que votre frère...

Le sang de Sirius ne fit qu'un tour. Au moment où il s'apprêtait à lever le bras pour frapper comme il se doit, une main l'en empêcha.

Apédémak Leone, ou plutôt Regulus Black, venait de bloquer son geste.

- Allons, Black… Cet homme à tout l'air de savoir de quoi il parle. Qui sait… Lorsqu'il aura démontré tout son talent d'inspecteur, il pourra tout aussi bien nous apprendre notre métier et comment réussir notre vie.

Sirius se dégagea du bras de son frère.

- N'avez-vous donc pas une enquête à résoudre, Auror Gardner ? Je vous vois arpenter les couloirs et si je n'étais pas si bien informé, je serais plutôt en train de penser que vous cherchez votre chemin en permanence.

La voix de Leone était posée et pas le moins du monde insultante mais Gardner laissa échapper un grognement mécontent.

- C'est cela, j'inspecte. Vous, contentez-vous de tenir vos élèves et… Vos collègues.

Gardner contourna la table pour s'asseoir là où on l'avait assigné. Sirius se tourna vers Leone et le foudroya du regard.

- Arrête ce petit jeu !

- Inutile que tu défendes ma dignité, Sirius. Je sais parfaitement quel genre de gamin j'ai été et quel homme je suis maintenant. Nier le danger que certains élèves peuvent être, c'est nier ce que j'ai été.

- Tu ne penses pas ce que tu dis, répondit Sirius, interloqué.

- Je le pense. Je pense aussi que c'est notre rôle de faire en sorte que les erreurs du passé ne se reproduisent pas. Je suis sûr que beaucoup d'élèves savent que nous sommes de leur coté.

- Pourquoi faut-il que ça soit toi qui aies l'air d'être le plus raisonnable !?

Leone croisa les bras et afficha un grand sourire.

- Parce que je suis le plus raisonnable de nous deux.

Sirius préféra ne rien répondre et s'installa à son tour sous le regard amusé de Leone. Bientôt, Severus les rejoignit, de même que le reste des professeurs. Au même moment, la plupart des élèves entraient eux aussi dans la Grande Salle.

- Qu'est ce que…, s'étonna Sirius.

Les seuls élèves qui étaient entrés n'étaient que des élèves de Serpentard et toutes les autres Maisons manquaient à l'appel.

Les trois Aurors furent les premiers debout et Sirius sentit la panique le prendre.

Jusqu'à ce que la porte s'ouvre de nouveau sur une marée d'élèves... Mais pas n'importe quels élèves : des jumeaux Weasley, des Nott, des Zabini, des Parkinson, des Prisket, des Anthon. Uniquement des élèves de Serpentard, en double ou en triple, habillé en Serpentard.

- Qu'est ce que c'est que cette mascarade !? s'emporta Gardner.

Deux élèves levèrent leurs baguettes et les bannières des maisons changèrent a l'effigie de celle de Serpentard. Sirius en était interloqué : quoi que ça puisse être, c'était un coup de maître.

- Monsieur Zabini ! gronda McGonagall.

- Oui ?

- C'est moi que vous demandez ?

- Je suis tout ouïe, madame la directrice.

Sirius réprima un fou rire quand une dizaine de Zabini répondit en même temps.

- Arrêtez ça ! hurla Gardner. C'est un piège !

- Voyons, je n'ai pas autant d'élève de Serpentard, fit posément Severus. C'est simplement une petite plaisanterie…

- Une dangereuse plaisanterie ! gronda l'auror.

- Aussi amusant cela soit-il, intervint Londubat. C'est une situation plutôt cocasse et un poil dangereuse. Rien ne dit que le responsable des actes malveillants ne se soit glissé dans cette foule...

Sirius cessa de rire.

- Assez ! cria la directrice. Votre spectacle est amusant mais je vous rappelle que la situation est grave !

Le sonorus qu'elle avait employé calma tous les élèves et la cohue.

- Je vois bien le soutien que vous apportez à vos camarades, du aux agissement peu exemplaire de certains… Professionnels, mais l'école subit de graves attaques et une équipe est là pour régler le problème ! J'aimerais tout de même un peu de coopération. Quant à vous – elle se tourna vers les Aurors – j'exige un peu moins de zèle inutile !

Un brouhaha se fit entendre de la part de tous les élèves et la situation dérapa quand l'un d'eux se mit à chanter :

- Poudlard, Poudlard, Pou du Lard du Poudlard, apprends-nous ce qu'il faut savoir, que l'on soit jeune ou vieux ou chauve…

Le chant discordant se fit plus insupportable quand les élèves décidèrent de chanter en canon.

OooooooooooooooooooOooooooooooooooooooooO

Harry en était tout simplement stupéfié.

Il réussit à attraper deux sosies de lui dans la foule et il s'empêcha de grimacer en se demandant qui était sous polynectar. Il avait déjà vécu cette situation mais maintenant, il était assez conscient du produit pour savoir que quelqu'un avait sûrement une bonne vision de son corps et de celui de Draco puisque ce dernier avait aussi quelques sosies. Pourtant, l'idée d'avoir plusieurs Draco n'était pas sans lui déplaire... Il se fustigea de penser à une telle chose à un moment aussi… Surprenant.

- Ne me dis pas que tu penses à ce que tu penses, fit Draco d'une voix atone.

- Je ne vois pas de quoi tu parles.

- Tu es en train de fixer deux types qui se sont emparés de… Cheveux m'appartenant et qui ont du boire une potion immonde juste pour avoir la chance d'être moi le temps d'une heure. Et je connais ce foutu regard.

Harry se sentit rougir jusqu'à la racine des cheveux, ce qui n'était pas arrivé depuis longtemps.

- Vraiment… Draco… Je ne vois pas de quoi tu parles.

- C'est ça, mais maintenant je sais que je vais devoir t'épuiser comme si j'étais trois en un...

La phrase de Draco atteint avec violence son bas-ventre et la chaleur qui se répandit en lui ne lui fit pas honneur. Draco se contenta d'afficher un sourire insolant.

- Arrête, souffla Harry. Tu penses la même chose !

- Oserais-je le démentir ? rigola Draco. Ta meilleure amie est un démon.

- Correction, murmura une voix derrière eux. Je suis un génie.

Draco et Harry se tournèrent pour faire face à Millicent Bulstrode.

- Tu l'as réussie, rigola Harry.

Millicent pinça la jambe de Harry.

- Ne perdons pas de temps, les jumeaux ne vont pas tarder à corser les choses.

Hermione parla et des feux d'artifice explosèrent.

- C'est notre moment.

Pendant que tout le monde s'extasiait sur le travail des jumeaux, Hermione les tira hors de la Grande Salle. Ils furent bientôt rejoints par un Irving Cram et Lucian Bole, qui devaient sûrement être Nolan et Neville.

- C'est de la folie ! s'exclama Draco. Comment avez-vous fait ?

- J'ai parlé aux jumeaux qui avaient de quoi faire du polynectar et ils ont volé de quoi avoir des cheveux.

- Nos brosses !

Harry eut un sourire idiot.

- Depuis quand cette idée te trotte dans la tête ?

- Depuis que Ginny n'arrête pas de se plaindre que Blaise ne peut plus se rendre dans la Salle Commune des Gryffondor vu que vos quartiers sont surveillés.

- Blaise traîne chez les Gryffondor !? s'étonna Draco. Le sale petit…

- On en parlera plus tard ! les coupa Cram. Si on pouvait se dépêcher ?

Harry reconnut immédiatement son cousin mais ne pipa mot et suivit son groupe vers le septième étage. Une fois à l'intérieur de leur fameuse salle, ils y trouvèrent le chat que Nolan avait récupéré côté moldu.

- Bien, mettons tout en place !

Hermione se précipita vers une bassine recouverte d'une planche. Elle la tira pour la mettre au centre de la pièce, Draco y amena au même moment une chaise en bois.

- C'est donc aussi simple que ça ? s'étonna Bole/Neville.

- Non, certifia Hermione. Harry…

Harry s'avança vers elle et la fit s'asseoir sur la chaise. Nolan lui tendit le chat qu'elle prit entre ses bras.

- Aucun de nous n'est croyant, fit Harry. Tu es la plus pragmatique.

- Tu penses que je vais échouer ?

Harry sortit une craie de sa poche et fit signe aux autres de s'éloigner. Il avait étudié les notes du Lemegeton laissé par Anterra. Il avait étudié des cercles et une nouvelle variation appelée « Porte ». C'était son premier essai.

Une porte vers l'Enfer.

Il traça un rectangle autour d'Hermione et une poignée à sa droite à l'effigie de son sceau. Hermione prit le visage du chat entre ses mains et plongea son regard dans celui de l'animal.

OooooooooooooOooooooooooooO

« Il ne faut pas croire que les prêtres et les exorcistes sont sans magie. Ils en on en eu et ça se manifeste d'une toute autre manière. Les sorciers, eux, sont conscients de leur pouvoir. Ils n'ont besoin d'aucun intermédiaire. Juste d'une façon d'entrer et de sortir. » Tels avaient été les mots de la directrice de Durmstrang.

Hermione inspira et se focalisa sur les pupilles du chat, le son de la craie sur le sol. Elle leva les pieds et les plongea dans la bassine.

Elle entendit le souffle de Harry puis le son de la craie, encore. Le battement de son propre cœur, qui ralentit.

Ralentit.

Le chat miaula. Rien ne se fit plus entendre jusqu'à ce qu'elle relève la tête.

C'était la même pièce de la Salle sur Demande à ceci près que son mur était ouvert béatement et que les pierres écroulées brûlaient sous un feu intense. Il n'y avait plus aucune trace de Harry, Nolan, Draco et Neville.

Hermione respirait fort et avec difficulté, la panique s'insinuant en elle quand elle vit ce qui entourait les ruines du château où elle se trouvait. Au-delà de sa vision, la forêt était en feu et des créatures difformes s'amoncelaient dans la braise.

Elle tourna sur elle-même et ses yeux s'agrandirent d'horreur. Là, au centre de la pièce se trouvait le livre et au dessus, agrippée au mur... Une créature innommable.

C'était un loup, ou tout du moins ça ressemblait à un loup. Énorme, le poil poisseux de ce qui devait être du sang. Et sa queue était celle d'un serpent. A la place de ses pattes, des serres aiguisées et sa gueule se finissait en bec.

La bête caqueta bruyamment et posa une patte au sol, puis une autre. Avant de s'avancer vers Hermione, elle vit ses longues griffes attraper le livre et ouvrir son bec en grand.

Hermione n'attendit pas de comprendre ce qui allait se passer.

Elle hurla.

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Et voilà les agneaux c'est tout pour aujourd'hui. En espèrant que vous allez tous bien, que vous êtes bien chez vous à sauver le monde en lisant ou en jouant au jeu vidéo que sais-je. (PS. Si vous avez Animal crossing n'hésitez pas à partager votre code ami XD par mp.) La suite lundi prochain.

Prenez soin de vous !