Et bonjour !
Bon c'est plus qu'officiel, Retour livre II est bien plus long que le premier livre mais tout le monde s'en doutait u_u. Imaginez si c'était des chapitres de 5000 mots et pas de 8000 ou 10 000. J'ai de bon espoir sur la suite et la rapidité à laquelle j'essaie d'aller.
D'ici quelques chapitre nous entrerons dans la phase DARK de l'histoire hahaha. En attendant savourez la douceur de celui-ci (lel). Corrigé par Titou Douh, can I have a amen ?
Bonne lecture les agneaux !
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C'EST UN PIÈGE !
« Je peux bien vendre mon âme au Diable
Avec lui, on peut s'arranger »
Ma liberté de penser. Florent Pagny
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"Me procurer une potion de mort a été un véritable calvaire mais le résultat en valait la peine, indubitablement.
J'aurais pu la fabriquer moi-même mais certains ingrédients étaient beaucoup trop longs à obtenir et un homme seul n'y serait jamais parvenu.
Et quelle idée de pouvoir fabriquer avec précision une salle de la mort comme celle appartenant au Macusa. Même si je trouve leur méthode bien trop simpliste, ça relève du génie, assurément.
Extraire les souvenirs les plus sinistres et les plus affreux des victimes était bien évidement la partie la plus simple. De même que les incorporer dans la potion de mort en même temps que le corps du moldu.
Quand je pense que cela résulte d'une simple différence, choisir la tristesse au lieu du bonheur...
Souffle-mort, tel est le nom que je leur donne. A présent, une dizaine se plaît à tourner autour de ma demeure. Ils ne craignent ni la pluie, ni le vent, ni le froid. Ils ont cependant altéré l'environnement. Par exemple : la disparition des créatures marines qui abondaient autrefois. Quelle ne fut pas ma surprise de voir s'échouer sur les rochers une multitude de cadavres de poissons et de dauphins... Un spectacle étourdissant !
Mais sacrifier un moldu pour obtenir un Souffle-mort me demande beaucoup. Certains villages sont suspicieux, certains sorciers aussi. Leurs dégâts sont trop importants pour que je les laisse envahir les villes, on me pourchasserait immédiatement et je ne peux pas me permettre cela.
J'ai tant de choses à créer, tant de créatures à découvrir, de méthodes à mettre en place...
Celle-ci est cependant, pour le moment, ma plus belle création."
Harry laissa le livre ouvert sur ses jambes mais ses yeux avaient cessé de lire. Il sentit la nausée tourmenter son estomac et tenta de prendre une grande goulée d'air.
Le reste des notes était accompagné de dessins. Il devrait sans nul doute se pencher sur la potion de mort, mais pas maintenant. Finalement, il se décida à le fermer et à le poser à coté de lui. Il se redressa dans la pièce réparée de la Salle sur Demande.
Il n'y avait plus aucune trace de l'attaque de Gardner : les murs secrets avaient repris leur place, et lui avait repris ses activités. Il ne pouvait pas dire que tout était rose depuis qu'ils pouvaient lire le livre, mais il avait l'impression que les choses avaient évolué dans son sens.
Pour commencer, Regulus était revenu, sous sa véritable apparence, Minerva avait usé de la fameuse disparition de Leone pour offrir ce poste à Regulus. S'il n'y avait eu aucune remarque du côté des élèves, la presse et de nombreux parents avaient fait part de leurs inquiétudes. Regulus avait fait de la prison, c'était un ancien Mangemort. Mais il avait le soutien des Corgan, des Potter, de deux autres professeurs, des Lovegood et de tous les élèves qui avaient pu lire ses articles dans le Chicaneur. Harry était soulagé d'avoir encore Regulus à ses côtés, soulagé aussi de se dire que bientôt il bannirait le silence de ses actes.
Ça avait été le sujet d'une discussion plus que sérieuse entre lui et Draco mais pas la plus importante. Harry avait même été surpris de voir que son choix de tout dévoiler à un moment ou un autre ait rassuré Draco. Cela avait abouti sur le sujet du démon.
Draco et lui avaient mis un peu de temps à se retrouver ; les événements d'Halloween et la soudaine popularité de Draco auprès des Serpentard avaient beaucoup joué : aucun des sixième et septième années n'avait oublié que c'était à lui qu'ils devaient leurs vies. Harry s'était alors retrouvé au second plan et peut-être qu'il aurait du être jaloux et atterré de n'être que le numéro deux mais sa situation ne lui déplaisait pas.
Il était à la place de Ron et Draco gérait bien mieux que lui sa notoriété. Harry pouvait à présent jouir d'une certaine tranquillité. Il avait juste à compter sur l'amour inconditionnel de Draco pour savoir que le blond finirait toujours par revenir vers lui. C'était une pensée égoïste et mortifiante, mais quand Harry en avait fait part à Draco, ce dernier n'avait pas démenti.
- Je reviendrai vers toi. Parce que le reste est insignifiant. Mais ça ne veut pas dire que je ne vis qu'à travers toi et uniquement pour toi. Ça ne veut pas dire ça. Ça veut seulement dire que si je pouvais te garder secrètement enfermé et loin des yeux de tout le monde, je le ferais. Mais Neville a raison : tu ne serais alors pas le garçon qui me fascine. J'ai entendu énormément de choses à mon propos. Beaucoup disent que je suis difficile à vivre et insupportable, que je mets énormément de distance entre moi et les autres parce que… Parce que je regarde tout le monde de haut. On va dire que mon éducation a fait de moi cette personne qui pense avoir toujours le dernier mot. Harry, je ne sais pas si tu sais à quel point chaque soir je mesure la chance que tu me supportes. Et imaginer que tu penses que je reviendrai vers toi et que c'est la raison pour laquelle tu ne dis rien face à ce nouvel engouement… Ça me fait quelque chose. Parce que je me dis que tu m'attendras toujours.
Ce n'était pas habituel. Ce n'était pas un discours vindicatif de la part de Draco, ni même prononcé avec son humour habituel. Ça avait été sérieux, dit d'une voix posée que Harry ne lui avait jamais entendue... Comme si Draco y avait mûrement réfléchi et accepté la force de ses sentiments sans décider d'aller contre ces derniers.
Harry avait choisi de faire pareil. Draco décidait d'agir pour les autres uniquement par amour pour Harry, alors Harry pouvait bien agir uniquement pour lui par amour pour Draco. Il en était donc arrivé à un stade où le temps qu'il prendrait pour son propre plaisir était un temps important.
Cependant, le fait que le livre des Ombres d'Ekrizdis finisse par donner des réponses jouait un nouveau tournant dans leur quête et Harry n'aurait pas de répit tant qu'il n'aurait pas toutes les réponses.
Aussi, il rouvrit le livre et se mit à lire les indications pour la potion de mort.
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- Les cellules de la mort du Macusa sont… Hum… C'est une pièce blanche, il y a juste une petite plate-forme à l'entrée et une chaise au milieu de la salle. Le sol est recouvert d'une potion de mort dans laquelle les membres du Macusa plongent les souvenirs heureux extraits du sorcier condamné. Ensuite, la chaise est disposée au milieu de cette dernière et c'est le sorcier seul qui décide d'y plonger. Pour… Retrouver ses souvenirs. S'il résiste, c'est la potion qui vient à lui. C'est indolore, il paraît... Enfin, c'est ce que m'a dit mon père.
Hermione avait la bouche grande ouverte face à ces nouvelles informations et Neville se gratta l'arrière du crâne.
Ils marchaient à présent tous les quatre en direction de la Grande Salle.
- C'est toujours mieux qu'un monstre vous aspirant la vie en vous rappelant vos pires moments..., conclut Harry.
- La liste des ingrédients pour une potion de mort est tout bonnement… Improbable, je suis presque sûr que la moitié des choses est interdite à la vente, fit Draco.
Hermione lui retira la liste des mains.
- Et si on veut pouvoir la fabriquer rapidement, on ne pourra pas avoir de résultat fiable avant… Juin. C'est… C'est…
- Ne dis pas « impossible », s'il te plaît, la pria Nolan.
- Compliqué, termina Hermione. Harry, tu as une autre idée ?
- J'en ai plein.
Les quatre paires d'yeux le fixèrent immédiatement.
- Il est évident qu'aucun de nous ne peut se fournir en… Venin de runespoor ou même en peau de moremplis. Et je crois ne pas connaître la moitié du reste des ingrédients. En revanche, je connais plein de sorciers qui pourraient se procurer tout ça.
- Qui donc ? demanda Hermione.
- Pour commencer, le père de Draco, Severus Rogue, ma mère sûrement, Hagrid... Mon ancienne directrice et d'autres personnes aux mœurs plus ou moins discutables.
- Harry, tous les adultes que tu as cités vont forcément nous demander le pourquoi du comment ! Tu te vois expliquer que tu as l'intention de créer un détraqueurs pour aspirer l'âme du corps de Neville ?
- C'est pour ça que je vais faire appel à quelqu'un de moins conventionnel. Mais pour ça, il va me falloir de l'argent.
Harry bascula la tête en arrière en geste de réfléxion.
- De l'argent ? Tu veux dire qu'on va devoir payer quelqu'un ?
- C'est tout à fait ça.
Il n'eut pas le temps d'en dire plus, Hermione et Neville les quittèrent pour rejoindre leur table. Nolan arrêta tout de même Harry.
- Tu penses que tes parents vont accepter de te donner de l'argent ? Quel genre de personne tu connais qui peut s'occuper d'une telle mission ?
- Je te le dirais quand j'aurais mis la main sur lui.
Harry lui offrit un petit sourire et l'abandonna pour aller s'asseoir aux cotés de Draco.
- Je ne vais pas juger tes idées mais toute cette histoire m'a l'air mal partie.
- Draco, aie un peu foi en moi, plaisanta Harry.
Il put voir le blond être sur le point d'ajouter quelque chose mais toute discussion fut interrompue par McGonagall.
Harry ne l'avait pas remarquée, mais à ses cotés se trouvait une femme qu'il n'avait jamais vue. Grande, mince, aux longs cheveux noirs, et portant une tenue qui la plaçait officiellement du coté du Ministère. Le brun fronça immédiatement les sourcils.
- Bonsoir à tous. Avant de commencer votre repas, j'aimerais vous présenter Madame Eliksa Furenebre. Miss Furenebre est un membre du conseil des études magiques, sa présence est souhaitée par le Ministère dans le but de veiller au bon fonctionnement de certains cours.
Harry leva les yeux au ciel et Draco se pencha vers lui.
- C'est quoi ? Une deuxième Dolorès Ombrage ?
- Pitié non, siffla Harry.
- Une dernière petite chose. Les cours de duels sorciers auparavant tenus par le fugitif Apedemak Leone n'auront plus lieu. Regulus Black n'assurera que les cours d'arcane magique.
Harry leva un regard effaré en direction de Regulus mais ce dernier resta impassible.
- Sur ces mots, je vous souhaite à tous un excellent repas.
Il suivit des yeux Furenebre qui prit place juste à coté de Regulus. Cette dernière se pencha vers lui et Regulus inclina la tête sans mot dire.
- Elle n'est pas là pour n'importe quel cours, fit Harry. Elle est là pour Regulus !
Supposition que lui confirma Regulus dans ses propres quartiers en fin de soirée.
- Perdre les cours de duel et avoir un membre du Ministère sur le dos n'est pas cher payé pour pouvoir garder un œil sur toi. Le fait que tu sois impliqué dans la présence du démon me fait me demander si c'est une bonne idée de ne pas te poser de question...
Harry soupira mais il ne pouvait pas en vouloir à Regulus de remettre ça sur le tapis. Seulement il n'avait aucune envie d'en parler.
- Tu pourrais toujours dispenser tes cours en secret ?
Regulus lui adressa un sourire tendre.
- Je ne vais pas risquer de perdre ma place ici. De plus, tu ne m'as pas suivi dans le but unique de me parler de Furenebre.
- En effet. Est-ce que le nom de Mondingus Fletcher te dit quelque chose ?
Regulus haussa un sourcil.
- C'était un homme de l'Ordre. Je crois l'avoir croisé deux ou trois fois. Dumbledore lui faisait faire certains travaux qui nécessitaient de se salir les mains. Harry, je ne pense pas que ça soit une personne fréquentable.
- En effet, mais c'est un homme qui a toujours su se sortir de situations délicates et qui est plein de ressources.
- Pourquoi as-tu besoin de lui ?
Harry sortit la liste de la potion de mort.
- J'ai besoin qu'il trouve certains produits pour moi et je n'ai pas l'intention de manquer de cours cette année. Et si tu es surveillé, tu ne vas pas pouvoir t'en charger non plus. Mais j'ai besoin d'argent.
- Qu'est ce que tu as l'intention de faire, Harry ?
- Si je te le disais, tu m'empêcherais de le faire ? Si je te le dis…
Regulus se massa les tempes.
- Tu veux que je paie un homme auquel on ne peut pas faire confiance pour te trouver ce qui est marqué sur cette liste.
- Il est le seul qui soit du bon côté sans l'être vraiment. Je suis sûr que ses allées et venues dans l'Allée des Embrumes seront à peine remarquées, c'est un voleur mais ce n'est pas un total idiot.
- A quoi cela va servir ?
- Je te l'ai dit… C'est pour sauver Neville.
Regulus soupira. Il ne pouvait décidément rien refuser à Harry.
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Rencontrer Mondingus ne fut pas l'expérience la plus plaisante de Harry. Le rencontrer une deuxième fois n'aida en rien à améliorer son opinion sur l'homme. Mais Harry avait tout de même réussi à l'amadouer et même à rester stoïque quand le voleur éclata d'un rire gras face à la liste.
- C'est impossible ! Impossible, je ne peux pas obtenir tout ça avant… Avant la moitié du mois de décembre, c'est ça ? C'est ce que tu veux, gamin ?
Harry poussa la boite en bois que Regulus lui avait confiée.
- Vous allez rendre ça possible, Monsieur Fletcher, dit-il d'un ton velouté.
Il ouvrit la boite. Il put presque voir la bave couler aux commissures des lèvres de Fletcher et ça l'horripila. L'homme s'empara de la boite, craignant qu'elle disparaisse presque aussitôt.
- Avant la fin du mois de décembre, oui.
- Bien sûr, reprit Harry, c'est juste un avant goût. Si j'obtiens ce que je veux, vous serez grassement récompensé.
L'homme le regarda suspicieusement.
- D'où tu sors tout cet argent ? Et comment tu me connais ?
- Disons que je connais quelqu'un, qui connaît quelqu'un, qui vous connaît. Aussi simple que ça.
- D'accord… D'accord, mais ça me dit pas que vous n'allez pas m'entourlouper.
Harry plissa les yeux.
- Vous n'avez pas besoin de savoir grand-chose. Pour le moment, je n'ai aucune garantie que vous allez me trouver ce que je désire. Cependant, si vous tentez de me flouer, je saurais vous retrouver.
- J'ai compris ! Pas la peine de monter sur vos hippogriffes.
Fletcher se leva, tenant contre lui la boite. Harry l'observa quitter la Tête de Sanglier à reculons.
- Perry.
Un « pop » lui indiqua que l'elfe l'avait entendu.
- Monsieur Potter, Perry est ravi de pouvoir aider.
- Tu vas me suivre cet énergumène. Je veux un rapport du moindre de ses faits et gestes.
Le sourire de l'elfe fut immense.
- Perry va bien faire son travail !
Harry croisa les jambes dès que l'elfe disparut et but une gorgée de sa bièraubeurre. Mondingus avait commandé deux verres de whisky et était parti sans payer.
- Gamin, fit la voix d'Abelforth. Tu joues un jeu dangereux, ce type ne mérite pas qu'on le regarde.
Harry ne répondit rien. Il n'avait jamais fait confiance à Mondingus et ce n'était pas aujourd'hui qu'il allait le faire. En revanche, il avait confiance en Perry et c'était tout ce qui comptait. Il était presque sûr que l'argent de Regulus partirait dans de l'alcool et des femmes et que l'homme reviendrait vers lui misérablement avec rien dans les poches en lui sortant une histoire sans queue ni tête. Harry était sûr de ça. Aussi, il préférait avoir de quoi tenir d'une poigne ferme celui qu'il venait de payer et ça demandait quelques sacrifices.
Il fixa brièvement son reflet et se demanda si ce n'était pas Adams qui parlait, à présent. Mais ça aussi avait fait parti de ses réflexions. Il ne pouvait plus agir bêtement.
Draco le retrouva un peu plus tard alors que Harry avait quitté le pub de Dumbledore. Au moins Alberforth était de ceux qui ne posaient pas de question et le brun supposait que son ancien directeur avait du avoir la bonne idée de donner plus d'importance à son frère et de crédit à Harry.
Le blond glissa sa main dans la sienne et Harry se sentit sourire.
- Qu'est ce que tu mijotes ?
- Tu as envie de partir à l'aventure ?
Draco fronça les sourcils.
- Juste toi et moi ?
- Juste toi et moi, confirma Harry.
- Quand ? Ce soir ?
Harry secoua la tête avant de se pencher vers Draco.
- Non, pas ce soir. Ce soir, nous avons d'autres projets.
Il posa ses lèvres sur celles de Draco et ce dernier emmêla presque immédiatement ses doigts dans ses mèches noires pour le garder contre lui. Harry ne se gêna pas pour gémir, il avait la sensation que ça faisait une éternité qu'il n'avait pas embrassé Draco et ça lui avait manqué.
Draco se détacha à peine de ses lèvres pour lui parler.
- Au château ?
- Au château, répondit Harry.
Le blond l'entraîna à sa suite. Ils refirent le chemin inverse rapidement et traversèrent le parc de Poudlard tout aussi vite, s'embrassèrent avidement contre la porte de la tour de l'horloge, faillirent presque s'écrouler dans les escaliers qui les menaient à la petite chambre.
Ils n'atteignirent pas le lit. Harry plaqua Draco contre la porte et le blond en profita pour la fermer, seul geste rationnel avant de perdre pieds et de jeter écharpes, capes, vestes et pulls au sol pour s'étaler sur l'amas de vêtement.
La bouche de Draco avait quitté la sienne pour dévaler sur son cou, ses clavicules, son sternum et ensuite bifurquer sur l'un de ses mamelons qu'il mordilla avec douceur.
- Putain, grogna Harry.
Le rire de Draco fit vibrer tout son corps mais il ne détacha pas ses dents du petit bout de chair qui pointait outrageusement. Harry se languissait d'avoir plus et, pour le faire savoir, ne se privait pas de lever son bassin, se frottant comme un chat affamé de caresses et d'attention, cherchant le contact par tous les moyens.
- Draco… Draco.
Draco remonta vers son visage, plongeant le gris effacé par le noir de ses pupilles dans ses propres iris. Il avait ce sourire insolent qui faisait remonter le coin de sa lèvre et l'une de ses mains continuait de jouer avec son téton, le pinçant, le caressant.
- Je t'écoute ? Tu n'as pas établi la nature du projet de ce soir...
Harry laissa retomber sa tête au sol.
- Tu plaisantes ? C'est plutôt évident !
- Des mots, Potter, je veux que ça sorte de ta bouche. Parle-moi.
Draco vint caresser de ses lèvres son menton, dardant sa langue pour dessiner une ligne froide de salive sur sa peau.
- Dis-moi ce que tu veux...
Harry se mordit la lèvre. Il savait que Draco aimait qu'il soit vocal. Le blond mettait toujours un point d'honneur à ce que Harry ne ferme jamais la bouche. Mais Draco avait aussi développé une tendance à vouloir que Harry exprime ses désirs avec plus d'éloquence.
- Toi, soupira Harry. Je te veux toi. Je veux ta langue en moi, je veux ta queue en moi. Je veux que… Que tu me baises, Draco. Doigte-moi, suce-moi, fais-moi jouir dans ta bouche, jouis dans la mienne.
- Bordel, gémit Draco.
Son blond plongea sa langue dans sa bouche et Harry la suça avec une faim dévastatrice. Au même moment, la main de Draco avait glissé le long de son ventre et le branlait frénétiquement. Harry se crispa. Il allait juste jouir, uniquement par une branlette et l'excitation d'avoir mis des mots sur ce qu'il faisait.
Il éjacula.
Mais Draco ne s'arrêta pas. Sa main pleine de son sperme, il la guida entre ses cuisses, contre ses fesses, passant un doigt humide dans son sillon.
- Harry, ouvre les yeux.
Il le fit, ne s'étant même pas rendu compte qui les avait fermés. Draco le regardait avec révérence et rien que ça le faisait se sentir comme la créature la plus incroyable au monde. Comme s'il était spécial mais aux yeux d'une seule et unique personne. Maintenant, il savait qu'on pouvait mourir d'amour pour quelqu'un.
Il existait une époque où blesser Draco Malfoy aurait été la cerise sur le gâteau d'une bonne journée. Aujourd'hui, il désirait plus que tout que Draco Malfoy soit heureux. Heureux d'être avec lui.
- Je vais te faire l'amour, Harry. Je vais te prendre avec tellement de force que bouger serait une option que tu effaceras de ta vie. Ma queue sera l'unique chose à laquelle tu souhaiteras rester attaché. Je vais te faire tellement de bien.
Draco embrassa sa joue et fit venir à lui le lubrifiant qui trônait sur la table de chevet.
- Tellement de bien, chaton…
Il embrassa son autre joue, puis son front et ses lèvres. Harry laissa échapper un son misérable de sa bouche. Draco avait glissé deux de ses doigts en lui, oints du liquide frais mélangé à son sperme, étirant son anus sans effort, caressant ses parois avec douceur, travaillant le corps de Harry pour qu'il soit prêt à l'accueillir, ce qui était un comble.
Harry était toujours prêt à l'accueillir.
Draco se plaça entre ses jambes et Harry remonta les siennes sur son torse. Il aurait aimé voir le moment où Draco prit son sexe en main mais il ne fit que le sentir ; le gland de son petit-ami appuyant sur son muscle plissé, s'insérant en lui comme si c'était sa seule et unique fonction : entrer dans son corps, le posséder, le lier, le tenir contre lui.
Le sexe de Draco avait sa place entre ses jambes et Harry expira un souffle de pur contentement.
- Tellement bon… Harry… Tu es… Tellement…
Draco le pénétra d'un coup sec. Le pic de douleur lui fit serrer les jambes autour des hanches du blond. Draco posa des baisers d'excuse sur sa peau mais ça n'avait plus d'importance : Harry se fichait de la douleur. La douleur faisait pâle figure face au plaisir de le savoir bien, de le savoir confortable. En lui, avec lui.
Il enlaça la nuque de Draco et Draco bougea. D'abord lentement, se retirant entièrement pour reprendre la place qui était sienne.
Son trou n'était plus que le réceptacle du plaisir de Draco et Harry le vivait affreusement bien. L'angle n'était pas parfait, sa prostate était à peine effleurée mais tout le reste le fit bander. Le reste, c'était le souffle de Draco dans sa nuque. Le reste, c'était sa main possessive sur sa cuisse. Le reste, c'était le bruit indécent du sexe de Draco pénétrant son cul. Le reste, c'était le son de leurs peaux, les vêtements sous leurs corps, leurs soupirs, gémissements, râles rauques.
Draco bascula complètement sur lui, s'allongeant presque de tout son poids, il était totalement en lui. Harry sentait chaque millimètre de sa queue se faire une place dans le canal étroit de ses chaires. Avec une envie incontrôlable, sa bouche trouva la nuque de Draco et ses dents se plantèrent dans sa peau. Draco cria et se tendit. Harry le sentit trembler à l'intérieur de lui, contre lui et les jets chauds qui l'emplirent lui firent tourner la tête.
Il avait l'impression qu'il ne quitterait plus jamais ce sol, son érection était douloureusement pressée contre le ventre de Draco mais il n'avait aucune envie de bouger.
Pas maintenant. Plus jamais, en fait.
Draco, lui, ne l'entendit pas de cette oreille. Il se redressa et descendit sans un mot entre ses cuisses.
- Dr…
Harry perdit tous ses mots quand la bouche du blond entoura son pénis. Il dura encore moins longtemps que la première fois.
OoooooooooooOoooooooooooO
Un peu plus tard, ils avaient réussi à trouver le chemin du lit, totalement nus et enroulés dans les couvertures. Draco avait entouré le ventre de Harry de ses bras et s'était lové, torse contre dos, contre lui. Harry pouvait sentir le souffle chaud de ce dernier contre les cheveux de sa nuque.
Draco dormait mais lui non. Il avait les yeux fixés sur la fenêtre qui laissait entrevoir une partie du château.
Il essayait encore d'avoir une vue d'ensemble sur la suite. L'angoisse était palpable, l'excitation aussi. Il avait la désagréable impression d'être enfermé dans une pièce ronde et de ne pas savoir comment en sortir.
- Je t'entends penser, grommela Draco, et ton cœur bat de plus en plus vite.
Harry ne répondit rien. Ce qu'il était en train de vivre était étrange. Il avait été heureux quelques heures auparavant et un seul regard sur le château de Poudlard venait de faire tomber un poids invisible sur tout son corps.
- Harry ?
Draco tenta de se redresser mais Harry le tint fermement contre lui. Il essayait de raviver le bonheur, le souffle court, la poitrine douloureuse et une petite voix lui disant que c'était comme ça qu'il mourrait sans jamais sauver personne... Parce que son plan était lamentable.
- Harry ! Harry, calme-toi… Calme-toi. Chaton… Ça va aller !
Draco pressa des baisers contre sa nuque puis le tourna pour lui faire face. Harry s'empressa d'enfouir sa tête dans la nuque de Draco.
- Je n'y arriverai pas ! Je vais échouer, je vais échouer et je vais mourir !
La panique lui donna envie de pleurer. Elle venait de nulle part, sourde à son envie de fermer les vannes du désespoir qui reposaient au fond de son cœur.
- Non. Ça n'arrivera pas ! Harry… Ça n'arrivera pas.
- Et toi… Oh, Draco, et toi… Qu'est ce que tu deviendras…
- On ira bien, Harry ! Tout ira bien ! Calme-toi… Chaton. Calme-toi. Respire…
Harry suffoquait. Draco l'allongea alors sur le dos et pinça son nez puis souffla dans sa bouche.
Harry sentit les larmes lui monter aux yeux. Draco recommença encore et encore, jusqu'à ce que sa respiration se calme. Jusqu'à ce que tout redevienne presque normal.
Draco garda ses lèvres contre lui, le serrant avec une force qu'il ne lui connaissait pas. Mais il ne voulait pas le repousser.
- Je suis désolé, parvint-il à murmurer.
Le blond se dégagea doucement. Il le fixait avec sérieux.
- Tu as déjà fait ce genre de crise, je m'en souviens. Durant ta première année, c'est Severus qui t'a aidé. Et tu as failli en faire une autre devant le lac après l'attaque du Kelpy, n'est-ce pas ?
Harry avait totalement oublié ces deux crises. Draco caressa ses cheveux avec douceur.
- Tu n'en avais plus fait depuis. Peu importe ce à quoi tu penses, Harry, je serai là. Je serai là pour toi.
- Comment tu peux le savoir ? croassa-t-il.
Draco ne répondit rien. Il se contenta de continuer à le caresser.
OooooooooooooooOoooooooooooooooO
Draco avait fini par raconter l'épisode de la crise de Harry à Hermione.
- C'est surprenant qu'il n'en fasse pas plus souvent...
- Est-ce que je dois m'inquiéter ?
- Draco, Harry est une boule de nerfs qui voit cette vie comme sa dernière chance. Nous n'avons presque rien vécu de l'horreur qu'il a vécue. Tu t'inquiéteras le jour où il décidera de ne plus se battre. Je pense que ces crises montrent surtout à quel point il est inquiet... Il partage difficilement ses craintes et ses inquiétudes. C'est toujours le plus positif, celui qui nous dit quoi faire.
Hermione rigola doucement.
- Quoi ? Qu'est ce qui te fait rire ?
- Rien, je me dis juste… On pense tous que Harry est le plus fort mais c'est peut-être toi, finalement. Tu gardes la tête froide.
Draco préféra ne rien répondre. Il n'était pas le roc qu'Hermione pensait qu'il était. La vérité était qu'il avait constamment peur. Depuis l'attaque de Voldemort sur Harry sous le visage de Neville, il était terrifié.
L'idée que Harry meurt le rendait malade. Mais il avait fini par ranger la peur dans le même compartiment que la fatalité. Sa peur était un moteur, une raison de tenir le coup. Sa peur le forçait à faire mieux. Cependant, il appréciait les raisons d'Hermione. Harry ne laissait pas ses faiblesses transparaître et l'idée que lui soit celui vers qui il se tournait pour s'abandonner lui réchauffait le cœur. Pourtant, il rêvait comme n'importe qui d'un monde où Harry n'aurait plus à se soucier de ça : la vie des autres.
- Draco ?
Draco revint sur Hermione.
- Je vais à la bibliothèque, tu viens avec moi ?
- Non, j'ai… Je dois voir quelque chose.
Hermione le regarda intensément mais ne posa pas plus de question. Draco pivota sur ses talons et se remit en marche.
Une fois à l'intérieur de la Salle sur Demande transformée en la pièce avec la pensine, il se frotta les mains, en proie à un frisson incontrôlable. Au milieu de la vasque flottait encore la boule de souvenirs d'Adams. Aucun d'entre eux n'avait remis les pieds dans ses souvenirs. Draco avait beau se dire qu'il y avait des réponses là-dedans, il avait à chaque fois l'impression de plonger dans un lac de tristesse. Il pouvait prendre n'importe quel souvenir de Harry Adams, même les plus heureux auraient un goût de désespoir.
Du bout des doigts, il caressa le bord de la pensine.
Il n'était pas étonnant que Harry soit mal. Draco était en vérité bien plus étonné de le voir tenir le coup. Il lui suffisait de se remémorer des souvenirs de l'ancienne vie de Harry. Et de celle d'Adams. Rien de bon, de vraiment bon ne découlait de ça.
Alors il apparut à Draco quelque chose d'épouvantable. Il n'avait pas souvenir que Harry faisait ce genre de crise dans ses autres vies.
Draco comprit ce qu'Hermione sous entendait et ce que Harry avait clairement exprimé : Harry avait peur de mourir. Chose qui ne l'avait jamais effrayé avant. Il avait peur de mourir parce qu'il voulait cette vie.
C'était un soulagement, d'une certaine façon, pour Draco. Il avait la certitude qu'avec ce sentiment, Harry était prêt à penser à lui. Que tous les efforts de Draco, de la famille de Harry avaient payé. Harry n'abandonnerait pas sa propre vie.
Avant qu'il ne puisse pousser le fil de ses pensées plus loin, la porte s'ouvrit sur le sujet de son introspection.
- Comment…
Harry agita la Carte du Maraudeur.
- Draco… Écoute.
Draco fit le nombre de pas nécessaire pour retrouver Harry et prit son visage entre ses mains, plaquant ses lèvres contre les siennes. Quand le baiser fut rompu, Harry le fixa avec étonnement.
- Tu as le droit de choisir ton bonheur. Tu as le droit de vouloir une vie pour toi. Ce n'est pas un crime et paniquer pour ça… Tu ne devrais pas paniquer pour ça. Tu as le droit d'avoir ça.
Harry lui sourit et posa ses mains sur les siennes, qui tenaient toujours son visage en coupe.
- Je crois que tu me l'as assez répété. Draco, je sais que je ne suis pas la personne la plus stable et revivre ça encore et encore m'épuise. Mais j'ai… J'aimerais te dire merci.
Draco savait que sur son visage pouvait se lire la question « pourquoi ? ». Harry ne perdit pas de temps à lui répondre.
- Merci de ne pas m'avoir laissé tomber. Merci d'avoir insisté. Merci de ne pas avoir fermé les yeux sur… Sur ce que je suis, ce que j'ai été. Merci de m'aimer.
Draco fut incapable de répondre quoi que ce soit. Il aimait Harry. Il l'aimait de tout son être et il avait cru…
- Tu es fou de moi, finit-il par dire.
Harry rit, et son rire clair noua son ventre. Draco avait accepté qu'il était celui qui s'enfonçait profondément dans cette relation. Qu'il était celui qui avait besoin de la main de Harry pour le garder à la surface... Mais Harry avait besoin de lui. Plus que tout. Ce qu'il ressentait quand Harry le regardait, lui parlait, l'embrassait... Tout ça… Harry le ressentait aussi.
- Tu m'aimes ?
- Bien sûr que je t'aime.
Harry leva les yeux au ciel. Draco eut du mal à retenir le sourire idiot qui étira ses lèvres et Harry fronça les sourcils.
- Tu doutais encore de moi ?
- Je doute moins quand tu es sur ma queue.
Harry se recula, choqué, et le frappa à l'épaule mais Draco ne sentit pas la douleur. Il riait.
- Sale petit con, grogna Harry.
Draco le récupéra par la taille et embrassa son front.
- Mmh, ton petit con.
Harry l'entoura de ses bras.
- Je t'aime, Draco.
- Je t'aime aussi, Potter.
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Il ouvrit les yeux. Tout ce qu'il y avait autour de lui était doré. Du moins, les couleurs avaient la fâcheuse manie d'être brillantes et s'il n'avait jamais vu à travers ces yeux auparavant, il en aurait été malade.
Il aurait aimé marcher mais la panique s'insinua en lui et l'instant d'après, le monde avait repris des couleurs normales. Et en face de lui, il trouva les visages sérieux de Nolan et Hermione. Le miaulement de Funambule le ramena définitivement à la réalité.
- Même pas une seconde.
- Mais c'est possible ! s'enthousiasma Nolan.
- Il m'a fallu deux heures de concentration extrême et une potion d'échappe-esprit pour en arriver là.
Hermione s'assit sur ses talons et croisa les bras.
- Le déplacement astral n'est pas inné pour tous les sorciers. Quand on pense à Harry et au fourchelangue, il ne le maîtrisait même pas. Il ne se rendait pas compte qu'il parlait aux ne m'attends pas à ce que tu réussisses en claquant des doigts. Mais Nolan a raison : ça veut dire que c'est possible. Harry travaille sur un cercle de méditation, il faut juste qu'on trouve autre chose que Funambule pour accueillir temporairement ton âme. Personne ne veut que ta bestiole en subisse plus...
- Qu'est ce que tu suggères, alors ?
Hermione fronça les sourcils.
- Peut-être qu'un cercle serait suffisant ? Un cercle qui donnerait l'illusion d'être un corps, un endroit sain où ton âme peut rester un temps.
- Mais pour ça, il faut que vous le gardiez actif.
- C'est pour ça que nous allons travailler dessus. Laissons à Draco et Harry la partie sur le détraqueur. Nous nous occuperons de ton entraînement. Ça va aller, Neville.
Hermione leva le pouce dans sa direction. Nolan copia son geste. Neville n'avait pas besoin de plus. Il avait une totale confiance en eux.
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Perry avait suivi tous les mouvements de Mondingus Fletcher. Il l'avait suivi à la trace, comme le deuxième Harry le lui avait demandé.
Quand le deuxième Harry était venu le retrouver dans les couloirs de Poudlard avec le vilain Malfoy, Perry avait été extatique. Il avait toujours gardé un œil sur le garçon mais n'avait jamais osé l'approcher. Il avait presque failli le faire quand le deuxième Harry avait été attaqué mais il avait vu qu'il était bien entouré.
Alors il pensait qu'il pouvait observer de loin, toujours. Puis le deuxième Harry était venu à lui, avec des vêtements propres et un travail, s'il le voulait bien.
Perry le voulait, Perry était heureux au-delà des mots d'aider le si bon et gentil deuxième Harry.
Et son travail était moins horrible. Il ne devait pas ramener les mauvaises nouvelles, dire à Dumbledore que Harry était mal en point, citer les noms des morts. Aujourd'hui, Perry devait juste surveiller un homme qui désobéissait aux ordres du deuxième Harry.
Perry l'avait vu dilapider l'argent de la boite, il l'avait vu s'écrouler ivre mort dans les ruelles, il l'avait vu se faire jeter des bars. Mais il ne l'avait pas vu travailler sérieusement. Non, il n'était pas sérieux du tout.
Perry devait dire au deuxième Harry qu'il perdait son temps et qu'il pouvait laisser Perry s'occuper de la tache de l'homme-inutile.
Mondingus Fletcher, cependant, loin de se douter d'être surveillé par une frêle créature, se sentit tout de même obligé de présenter quelque chose à ses démarcheurs.
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Le garçon qui l'avait embauché fixait d'un œil torve le sac qu'il lui avait ramené.
- Vous me dîtes qu'il y a la moitié de ce que je veux là-dedans.
- Oui, m'sieur.
Il détestait la manière dont le gosse n'osait pas toucher le sac. Il était comme tous ces péteux qui le sous-estimaient en permanence. Il n'allait pas dire à ce gamin que ce qu'il demandait était tout bonnement impossible. Certains produits demandaient des années de préparation et coûtaient bien plus que sa propre peau... Mais rien ne disait que le petit brun s'en rendait réellement compte. Mondingus était persuadé que c'était l'un de ces gosses de riches qui trouvait excitant de fabriquer quelque chose d'interdit. Il avait juste besoin de lui faire croire qu'il en était capable.
- J'ai usé de l'argent pour tout obtenir mais il en faudra plus pour le reste.
-Mh, fit le garçon.
Il ne posa pas de question et fouilla dans sa cape pour lui jeter une bourse. C'était moins que la première fois mais ça ferait l'affaire. Peut-être même qu'il pourrait s'offrir un séjour dans un petit hôtel français.
- Je vous ramène ça !
- Bien sûr.
Encore une fois, l'adolescent le regarda comme s'il était un moins que rien. Et bien, le moins que rien menait sa vie parfaitement bien. Il s'empara de la bourse et quitta le pub horriblement moldu qu'avait choisi le gosse.
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- Je suis désolé de t'avouer que tu t'es fait avoir.
Regulus ne daigna même pas jeter un autre regard au reste des produits ; des ingrédients de seconde main, de basse qualité et périmés. Il secoua un flacon qui devait uniquement contenir de la vase avec un dégoût non feint.
Harry ne sembla même pas s'en soucier.
- Désolé d'avoir perdu ton argent.
Regulus émit un petit rire.
- L'argent de mes parents, dont je n'ai guère besoin... Et puis, n'as-tu pas dit quelque chose sur le fait que c'était temporaire ? J'ai envoyé ta liste d'ingrédients à Xenophilius et il ne sait même pas ce que tu essaies de fabriquer. Il m'a gentiment dit que tu n'arriverais pas à te procurer le tiers de ta liste.
Harry prit le sac d'ingrédients et se dirigea vers la cheminée puis jeta le tout dans les flammes.
- Ce n'est pas les ingrédients le plus important. Ce sont les connaissances de Mondingus. Ce type est un voleur de pacotille mais il n'a jamais mis un seul pied en prison, même après la mort de Dumbledore. D'une manière ou d'une autre, s'il peut encore se balader librement, c'est qu'il connaît des gens. Ou que des personnes lui doivent des petits services.
Regulus se redressa dans son fauteuil, interloqué. Il fixa la silhouette de Harry devant le feu, observant le sac brûler et finir en cendres. Regulus eut un véritable frisson qu'il fut incapable de définir. Il avait l'impression de se retrouver devant Adams. Le Adams calculateur qui lui avait raconté une histoire sur deux frères... Le Harry qui avait cessé de prendre les choses à la légère et qui savait que tout se compliquait réellement.
- Harry ?
Le brun se tourna vers lui et lui sourit.
- Ne t'inquiète pas pour moi, Regulus.
- Ne m'enlève pas ce droit, Harry. M'inquiéter pour toi est un plaisir que j'aime m'accorder.
Harry rit doucement et décida de prendre congé.
Quelques minutes après le départ de Harry quelqu'un d'autre frappa à sa porte. Regulus l'ouvrit et plaqua le plus faux de ses sourires sur ses lèvres.
- Miss Furenebre, quel plaisir de vous voir.
- Est-ce le jeune Potter que je viens de voir sortir de vos quartiers ?
- C'est exact.
La femme plissa les yeux.
- En quel honneur ?
- Harry est le neveu de mon frère et le fils d'amis à moi.
- C'est donc vrai, vous êtes proche des Potter ?
- Proche… – son regard devint sombre – je suis bien plus que proche. Les Potter sont toute ma vie.
Durant un bref instant, Furenebre parut surprise mais Regulus ne lui laissa pas le temps de l'être plus.
- Voulez vous une tasse de thé ?
- J'accepte volontiers.
Il était peut-être coincé mais ça ne pouvait pas l'empêcher de rentrer dans les bonnes grâces de cette femme.
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Draco tournait en rond dans la salle commune des Serpentard, tandis que Harry faisait des petits saluts de la main à Circée.
- Comment est-ce que tu peux être aussi calme ?!
- Parce qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter.
- Il t'a arnaqué ! Et tu viens de perdre encore plus d'argent !
Harry cessa de plaisanter avec la sirène.
- Draco.
- Quoi ?
- Assieds-toi, je vais t'expliquer.
Le blond fulmina mais s'installa pompeusement dans le fauteuil en face de Harry. Lui aussi avait remarqué les changements chez Harry, sa nouvelle manière d'agir. Comme si le fait d'avoir pu enfin récupérer le livre d'Ezkridis avait ouvert des portes insoupçonnées. Comme si le cerveau de Harry bouillonnait de nouvelles idées.
Draco n'arrivait pas à détacher ses yeux de ce nouveau Harry, de ce garçon plus calculateur que jamais. Ou alors, Harry avait toujours été comme ça, quelque part. Il pouvait réfléchir dans la seconde et agir impulsivement, comme la fois où il avait fait semblant de verser du Félix Felicis dans la boisson de Weasley, ou encore son idée de libérer le dragon pour sortir de Gringotts. Mais il savait aussi planifier sur le long terme. Les plans d'Adams en étaient la preuve. Effacer les souvenirs du fabricant de retourneur de temps, détruire la Coupe de Feu, piéger Abraxas, pénétrer dans le Ministère…
C'était là, ça avait toujours été là, dans sa tête.
- L'argent de Regulus doit depuis un moment être revenu dans son coffre et Mondingus n'aura plus vraiment la confiance des gens chez qui il a dépensé cet or. Je pense que quelques bars ont du recevoir des lettres de Gringotts leur expliquant le pourquoi du comment. Mondingus n'a jamais réfléchi à d'où pouvait provenir ce qu'il obtenait et ce qu'il volait. Lorsqu'il à volé l'argenterie des Black, il ne s'est pas dit une seule seconde que ça importunerait quelqu'un. Tout comme lorsqu'il à volé le miroir.
Draco ne répondit rien. Il n'avait jamais pensé que ce souvenir continuerait d'affecter autant Harry.
- Pour utiliser l'or des Black, il faut un don signé de la famille en présence d'un gobelin. Mondingus ne pouvait pas le savoir et je ne l'aurais jamais su sans Louve non plus. Il fallait juste que j'obtienne sa confiance et que j'ai l'air du dernier des imbéciles.
- Et l'autre sac ?
Maintenant, il était tout simplement impressionné. Harry croisa ses doigts sous son menton avec un sourire de chat satisfait. Le même chat d'Alice au Pays des merveilles.
- Un petit cadeau de Circé.
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L'argent de la boite avait disparu. Tous les gallions avaient totalement disparu. A la place, il y avait une lettre. Mondingus Fletcher ouvrit la bouche, estomaqué parce qu'il avait entre les mains.
A l'intention de Monsieur Mondingus Lewis Fletcher.
N'ayant reçu aucun remboursement de votre part suite à l'emprunt des dix milles Gallions gracieusement prêtés par la famille Black.
Moi, Guripick Godvert, représentant de la trésorerie des Black, me vois dans l'obligation de récupérer l'or et de le restituer aux coffres dont il fait partie.
Le délai d'une semaine minimum étant passé, étant donné que vous n'avez émis aucun contrat daté, nous nous devons de récupérer chaque gallion dilapidé.
Vous n'aurez pas besoin de récupérer ce que vous avez dépensé, chaque pièce usée reviendra à son propriétaire et chaque obtenteur se verra fournir la même lettre que vous venez de recevoir.
En espérant pouvoir de nouveau faire affaire avec vous,
Guripick Godvert, trésorier de Gringotts.
- SALE PETIT…
Mondingus se précipita sur la bourse nouvellement obtenue. Il la secoua et en soupesa le poids. C'était de l'or, c'était certain, mais juste pour être sûr... Il défit la cordelette dorée nouée autour de la sacoche et émit un son guttural horrifié quand il vit ce qui en sortit.
Deux tentacules s'accrochèrent à ses bras.
- Nn.. Nnnh
Mondingus écarquilla les yeux, estomaqué. L'un des tentacules abandonna son bras pour sa gorge et il ne put rien faire face aux anneaux et aux ventouses qui sucèrent sa peau.
Il venait d'être berné.
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Draco et Harry le trouvèrent au sol de son ridicule appartement dans lequel Perry venait de les faire transplaner. Entouré de tentacules sortant du sac et s'enroulant autour de son corps, l'étranglant, l'homme avait le teint presque mauve et une bave mousseuse sortait de sa bouche.
Draco ne savait plus quoi penser de cette situation, c'était au-delà de ce qu'il pouvait concevoir. Il était hors de Poudlard en pleine nuit comme un fieffé voleur. Jamais son père n'aurait cru ça de lui. Lui-même n'aurait jamais cru être capable d'une telle chose.
Mais c'était le genre d'aventure que Harry avait l'habitude de vivre. Sauver le jeune Severus Rogue, sauver son meilleur ami Dimitri, partir à la rencontre de Sirius Black, faire face à un loup-garou, se battre contre des Mangemorts, quitter l'école pour courir après des objets magiques... C'était ce que faisait Harry et Draco faisait partie de ça.
Harry tourna autour de Mondingus, il vit l'homme le suivre des yeux. Son petit-ami donna un léger coup de pied dans la boite vide.
- Je vois que vous avez reçu un petit mot. De quoi est-ce que j'ai l'air, déjà, selon vous… Ah oui, d'un pauvre gosse qui aime jouer avec le feu, n'est-ce pas ?
Draco était subjugué par le ton froid de Harry. Par la maîtrise de sa voix aussi.
- Il y a une expression pour ça. Je crois que c'est tel est pris qui croyait prendre. Ça va être difficile pour vous d'expliquer à tous ceux chez qui vous avez dépensé autant d'or pourquoi il s'est volatilisé, mais j'ai hâte de vous voir leur raconter que c'est la faute d'un stupide élève de Poudlard.
Mondingus s'agita et grogna. Le seul résultat qu'il obtint fut que les tentacules se resserrèrent encore plus.
- Vous aimez ça ? C'est un peu pervers, comme jeu, mais qui suis-je pour juger ? C'est un petit cadeau de ma sirène préférée. Vous vous demandez sûrement pourquoi vous n'êtes pas mort ? Je vais vous le dire. D'abord, sachez que si je veux que cela arrive, ça arrivera. Je ne serai même pas inquiété de votre sort. Le premier bar dans lequel nous sommes allés, personne n'ira dire que j'y étais. Le deuxième bar était un bar moldu. Votre mort… Ne perturbera personne. Vous êtes ici le seul à pouvoir vous inquiéter pour votre propre vie.
Draco observa Harry poser son pied sur le ventre bedonnant du voleur et croiser ses bras derrière son dos.
Comme ça, il était une vision de pure classe et Draco était incapable de détourner son regard de lui. Des boucles brunes qui tombaient sur son front et ses lunettes rondes, de sa mèche blanche qu'il ne cachait plus. Le profil de sa mâchoire, le chaperon noir qui entourait ses épaules, son corps mince dessiné par la chemise blanche et le pantalon à pince noir qu'il portait.
Draco eut du mal à s'en vouloir d'être positivement excité par Harry.
- Alors, continua Harry, nous allons pouvoir peut-être négocier.
Le brun se pencha et Draco sortit sa baguette. Il se mit à bonne distance, prêt à agir si Mondingus jouait au plus idiot. Harry tendit le bras et le tentacule qui entravait la gorge de l'homme revint en arrière, s'agitant mollement dans l'air.
- Espèce de sale petite enflure ! Tu ne sais pas ce que tu fais ! Je connais des gens ! Des gens dangereux et je peux te dire que tu vas... Mmffhrrmp.
Harry avait de nouveau agité le bras et le membre visqueux avait repris sa place autour du cou de Mondingus.
- Tss, tss, ce n'est pas comme ça qu'on parle à son sauveur...
Draco sourit impunément à cette remarque.
- On recommence.
Harry refit le même geste, dégageant la voie pour Mondingus.
- Ce que tu demandes est impossible à avoir ! Tu n'obtiendras jamais tous les ingrédients ! C'est stupide ! Stupide ! cracha- t-il d'une voix abîmée.
Harry se redressa et afficha une moue désappointée.
- Est-ce que je perds mon temps ? demanda-t-il à Draco.
- Apparemment.
Harry s'écarta et revint vers Draco.
- Je suppose qu'il va falloir trouver un autre moyen. Amusez-vous bien, Mondingus !
Draco et Harry tournèrent le dos à l'homme.
- Non ! NON ! ATTENDEZ ! Je connais quelqu'un ! Je… Je… Je…Pas les ingrédients ! Mais je sais ! Je sais ce que vous voulez ! Une potion de mort ! C'est une potion de mort ! C'est ça ?
Draco sentit Harry se tendre à ses cotés. Il tourna doucement la tête vers Fletcher qui se contorsionnait pour attirer leur attention tout en essayant de se débarrasser de l'entrave des tentacules. Un nouveau sourire étira les lèvres de Harry. Draco l'aurait embrassé dans la seconde s'ils avaient été seuls.
- A la bonne heure, fit Harry. Ça va être un plaisir de faire affaire avec vous.
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Harry ne sut jamais comment Mondingus parvint à se procurer ce qu'il avait demandé. Mais quand il mit la main dessus, il donna à ce dernier la moitié de l'or qu'il lui avait auparavant offert, cette fois-ci venant de sa propre fortune. Ce qui ne plut pas vraiment à l'homme.
- Cette chose… Coûte beaucoup plus que tout ce que vous m'avez faussement donné.
Harry avait levé un regard ennuyé sur le voleur mais s'était abstenu de tout commentaire. Mondingus, lui, était apparu avec le visage tuméfié, conservant dans un chaudron en fer la dite potion. Il était certain que l'homme avait chèrement payé ses arnaques et la potion plus encore.
- Estimez-vous heureux d'avoir quelque chose, Mondingus. J'espère sincèrement ne jamais recroiser votre chemin.
- Le sentiment est partagé, avait grogné l'homme.
Ce soir-là, de l'ombre était sorti Abelforth, qui avait surveillé ses arrières depuis le début.
- Où est-ce que je dois mettre ça ?
- Nous allons la déplacer dans la cabane hurlante et il va y avoir quelques changements.
Bien après qu'Abelforth se soit occupé de sa demande, Harry avait fini par se retrouver dans la cabane.
Il avait, à l'aide de Nolan, protégé l'entrée via le saule cogneur. Harry, en renard, serait probablement le seul à pouvoir ouvrir le passage s'ils en avaient besoin et Regulus lui avait promis qu'il mettrait tout en œuvre pour que l'arbre ne soit jamais mis hors-jeu.
Autour de lui, Nolan, Hermione, Neville et Draco fixaient la bassine dans laquelle brillait un liquide argenté aux reflets noirs et blancs. Harry pensa à tous ceux qu'il venait d'impliquer, à toutes les choses qui étaient en train de bouger. Tous les événements qui venaient de se produire. Il lui suffisait de regarder ceux qui se trouvaient autour de lui pour savoir qu'il ne pouvait plus faire marche arrière, que Neville avait raison. Ils faisaient partie d'un tout. Ses options seraient de moins en moins nombreuses et il allait avoir besoin d'alliés.
Il aurait besoin de personnes fortes. De personnes braves. De personnes avec des qualités qu'il n'avait pas forcément. Harry allait avoir besoin d'eux…
- C'est avec ça qu'on va fabriquer un détraqueur ?
- Si on lit les notes d'Ekrizdis… Il nous faut un corps et des souvenirs affreux. Il faut tuer quelqu'un ? gémit Hermione.
- Non, intervint Draco.
Les regards se tournèrent vers lui.
- Il faut des souvenirs… Des souvenirs tristes, de la souffrance. Une souffrance telle que la personne ne souhaitait qu'une seule et unique chose : la mort. Et une âme, n'est-ce pas ? Ce n'est pas le corps, le plus important. C'est l'âme, c'est de ça que se nourrit un détraqueur.
- Et où est-ce qu'on va trouver ça ? s'enquit Nolan.
Draco noya son regard dans celui de Harry.
- On l'a déjà.
Hermione porta ses mains contre sa bouche.
- Tu n'y penses pas !
- De quoi est-ce qu'il parle, Hermione ?
Les lèvres de Harry tremblèrent légèrement. Mais Draco continua :
- Je parle de Harry Adams.
… Et ils auraient besoin de lui.
.
Voilà pour aujourd'hui. Encore désolée pour mon retard mais je ferai mieux lundi prochain. Si vous avez des mots d'amours pour cette histoire, je suis preneuse haha.
