Deuxième année d'étude
- Tu triches !
- Non je triche pas ! répondit Allénore d'un ton offusqué.
- Si ! Je viens de te voir prendre des billets dans la banque ! l'accusa Scorpius en la regardant durement.
- Mais pas du tout ! s'exclama sa meilleure-amie en ouvrant grand la bouche.
Rose leva les yeux au ciel. Pourquoi fallait-il que tout, absolument tout, soit une compétition aux yeux d'Allénore et de Scorpius ?
- Rose ! Tu me connais !
- Justement, ricana Rose en lançant le dé.
La brune se tourna vers Louis, assis en tailleur sur le sol, juste à côté d'elle :
- Dis-leur toi !
- De quoi petite tête ? demanda-t-il sur un ton innocent.
- Que je suis innocente !
Louis regarda sa petite-amie. Ses cheveux étaient si longs qu'elle était presque assise dessus. Ses grand yeux chocolat le contemplaient, elle battait des cils et un petit sourire adorable se peignait sur son visage :
- J'ai presque envie de te croire !
Il lui vola un baiser et en profita pour lui subtiliser deux ou trois billets dans sa pile, sans qu'elle n'y prenne garde. Albus lui, examinait le plateau de jeu : il était mal parti ! La plupart des cases étaient investies soit par Allénore, soit par Scorpius. Rose, Louis et lui se partageant le reste, ce qui ne représentait finalement pas grand-chose. Rose avança de deux cases et son cousin la regarda, tendant la main :
- A moi l'argent ! se félicita-t-il.
- Je suis ta cousine préférée !
- A moi l'argent ! répéta-t-il.
Elle soupira : c'étaient ces derniers billets. Scorpius l'arrêta et lui tendit la moitié de la somme :
- Et ça c'est pas de la triche peut-être ? s'injuria Allénore.
- Je l'aide de mon plein gré c'est entièrement différent !
- Je ne vois pas en quoi !
- Je suis honnête moi ! la nargua Scorpius.
Ils se tirèrent la langue, et Albus, lassé, leur demanda d'arrêter la partie de Monopoly version sorcier. Allénore pesta, encore plus lorsqu'ils décidèrent que Scorpius était le grand vainqueur. Finalement, Louis la fît taire en l'embrassant, avant de se lever pour faire à manger. Rose le rejoignit, sans prêter attention à ses amis qui se chamaillaient.
- C'est à peine croyable hein ?! remarqua-t-il. Toi et Scorpius…
- Tu as eu du mal à y croire toi ? demanda Rose.
- Pas vraiment en fait. Vous deux, vous vous tourniez autour depuis si longtemps… J'ai longtemps cru que ça ne se ferait pas, que c'était trop tard.
- Tu crois qu'il est trop tard ? l'interrogea la rousse.
Rose avait toujours cette petite angoisse. Il y avait une flamme entre Scorpius et Rose, mais ils se connaissaient déjà par cœur. Ils n'avaient presque plus aucun secret l'un pour l'autre. Ils n'avaient pas ce moment de découverte, celui ou on allait de surprises en surprises, celui ou on apprendrait à se connaître. Il y avait la séduction. Au final, il y avait même toujours eu de la séduction…
- Ce que je pense n'a pas d'importance Rosie.
- Ça en a pour moi, tu sais.
Louis jeta un œil par-dessus son épaule, pour observer Scorpius, et Allénore qui se chamaillaient entre Albus, qui tentait de les réconcilier,partagé entre l'envie de rire et de pleurer. Ils étaient si semblables parfois, Allénore et Scorpius :
- Je crois qu'on est tombé amoureux et qu'on improvise depuis.
Rose s'esclaffa et se dit qu'il avait raison. Ils passèrent la soirée tous les cinq, à rire, à discuter. Elle était ravie. Parce que quand Louis était venu, et qu'il avait compris que Scorpius et Rose était en couple, il avait simplement souris. Elle se disait que finalement, l'annoncer à toute sa famille serait quelque chose de simple, qu'ils seraient tous heureux pour elle. Albus leur raconta ses aventures avec Nilam, en leur avouant comment il avait fini par la faire céder, par lui arracher un rendez-vous, grâce à de l'Amortentia, ou plus précisément, à ses effluves.
- Je lui ai demandé trois fois de sortir avec moi, soupira-t-il. Et heureusement parce que c'était la dernière !
- Pourquoi ça ? lui demanda Rose en fronçant les sourcils.
- Au bout de quatre c'est du harcèlement, récitèrent les trois hommes en même temps.
Vers minuit, ils partirent tous dans leurs chambres respectives, et Rose suivit Scorpius dans la sienne, nouant ses mains autour de son cou une fois entrés dans la pièce. Ils entendirent Allénore rire, avant de fermer la porte qui les coupa totalement du monde. Ils étaient seuls.
- Allénore a triché ! s'écria-t-il. Je t'assure !
Et Rose explosa de rire, avant de l'embrasser encore et encore, jusqu'à enlever sa chemise, à passer ses mains sur ses abdos, à le caresser. Leurs langues jouaient ensemble, elles seules connaissaient les règles et ils se laissèrent porter.
- Tu m'as manqué.
- On a passé la journée ensemble ! rit doucement Scorpius.
Il l'embrassa à son tour, la poussant doucement sur le lit. Rose colla son front à celui de Scorpius, avant de reculer.
- Tu es chaud !
- C'est le cas de le dire…
- Non Scorpius, ce que je veux dire c'est que tu es littéralement chaud ! répéta Rose.
Elle palpa son front, brûlant de fièvre.
- Non c'est mon désir pour toi qui fait grimper la température de mon corps ! plaisanta le blond.
- Non, ça c'est de la fièvre et il est hors de question que je tombe malade avec toi ! le prévint la rousse en s'éloignant de lui.
Il l'encercla de ses bras, et la regarda :
- Reste ! la supplia-t-il.
- Non ! fit-elle d'un ton déterminé.
Scorpisu et Rose avaient la fâcheuse habitude de se refiler leurs virus depuis qu'ils se connaissaient. Quand l'un était malade, il était certain que quelques jours plus tard, l'autre le serait à son tour. Rose l'éloigna doucement d'elle, mais Scorpius se rapprocha, se sentant soudainement un peu faible. Elle le prit en pitié. Soucieuse, elle soupira, et commença à faire une liste dans sa tête : il leur fallait des médicaments, de la soupe au poulet, parce que Scorpius n'était capable d'avaler que ça, quand il était malade. Et elle allait lui faire couler un bain aussi. Parce qu'il commençait déjà à frissonner. Et... Scorpius leva les yeux au ciel et appuya son front contre le sien.
Deux jours après, Rose était malade à son tour.
