Scorpius, Rose, Albus et Allénore, se frayaient un chemin dans la foule, slalomant entre les personnes amassées, déjà en train de prendre d'assaut les places libres dans les gradins. Tout le monde hurlait, tapait dans ses mains. Scorpius oublia un instant le stress des examens finaux qui arrivaient à grands pas et se laissa happer par l'ambiance festive.
Scorpius pouvait se vanter de figurer au tableau d'honneur de son école. Son stage à Gringott lui avait fait énormément de bien… Scorpius était désormais capable de contrer n'importe quel maléfice et même si le risque zéro n'existait pas, il était de plus en plus confiant et n'hésitait plus autant avant de décharmer un objet ou d'entrer dans un tombeau. Les quelques exercices pratiques qu'il avait pu faire, lui avaient permis de se rendre compte de ses capacités… Pour autant, il ne relâchait pas ses efforts, continuant d'apprendre. La formation des briseurs de maléfices durait trois ans. Ils avaient commencé l'année à soixante-quatre. Il n'en restait que trente-deux…
La compétition était rude, longue et la solidarité était souvent oubliée. Heureusement que Scorpius avait eu Nathan cette année. Et malgré tout ce qu'il pouvait en penser, Elzima lui avait été d'une précieuse aide également. Scorpius s'en voulait énormément. Il avait ce sentiment de culpabilité immense qui le rongeait chaque fois qu'il croisait son regard. Il s'était servi d'elle… Sans prendre en compte ses sentiments. Ils ne s'étaient pas reparlés depuis... la dernière fois.
- Tu penses à quoi ? murmura Rose à son oreille.
Elle devinait toujours quand il avait trop de choses en tête. Scorpius préféra se taire et garder un œil sur Albus qui s'éloignait déjà trop :
- AL' ! hurla-t-il en courant pour le rattraper. T'éloignes pas trop !
- Je te manquerai c'est ça ? plaisanta Albus.
- Les billets que tu as avec toi surtout ! rit Scorpius.
Albus leva les yeux au ciel et les lui tendit.
- On est pas trop mal placés ! se félicita Scorpius en regardant les numéros.
- Remercie ma mère !
Ginny Potter avait toujours des places pour les matchs de Quidditch. Ancienne joueuse, elle faisait désormais carrière dans le journalisme et faisait souvent profiter sa famille des petits avantages du métier.
- C'est qui contre qui ? demanda Allénore en hurlant pour se faire entendre à cause des supporters.
- Les Canons de Chudley contre les Faucons de Falmouth ! lui apprit Rose.
Ils avaient pris deux jours avant les examens pour profiter d'être ensemble et pour assister à la finale nationale de Quidditch.
- Qui va gagner ? demanda la brune.
- Les Canons de Chudley ! argua Rose en brandissant son écharpe de supporter.
- Les Faucons de Falmouth ! répondit Scorpius en même temps.
Rose grimaça. Scorpius était parfait… Si seulement il avait de meilleur goût en Quidditch ! Plongée dans ses pensées, elle se heurta à quelqu'un, qui la salua chaleureusement :
- Rose ! Comment tu vas ?
- Ethan ! fit-elle.
C'était plus fort que Scorpius. Dès qu'il remarqua le brun, il s'approcha de Rose et noua ses doigts aux siens. Rose le laissa faire, en levant les yeux au ciel. Ethan et elle, s'étaient quittés en bon terme. En fait, quand Rose avait revu Ethan pour rompre avec lui, ce dernier avait tout de suite deviné. Rose lui plaisait bien évidemment, et peut-être même que lui plaisait vraiment à Rose. Mais ce n'était pas assez. Ils discutèrent un moment, avant de trouver leurs places et le match débuta.
Scorpius n'en regarda pas grand-chose. Non seulement parce que les Faucons de Falmouth étaient en train de se prendre la râclée du siècle, mais aussi parce que c'était bien plus amusant de voir Rose s'égosiller de toutes ses forces, le poing en avant pour encourager son équipe. Rose vivait à fond. Elle était si belle… Les joues rouges, les lèvres entrouvertes, prêtes à laisser sa voix hurler toute sa joie, sa frustration, les cheveux en bataille... Il digéra assez bien la défaite de son équipe. Tout d'abord, parce que pour fêter leur victoire, Rose se jeta sur lui et l'embrassa de toutes ses forces devant tout le monde, jusqu'à ce qu'ils manquent de souffle tous les deux. Et ensuite, parce qu'au final, ce n'était jamais qu'un jeu. Il ne répondit même pas aux railleries d'Albus et Rose, qui le taquinaient allégrement, bras dessus bras dessous.
- Les Faucons ne volent pas bien haut ! scanda Albus avant d'être reprit par toute une ordre de sorciers.
Allénore resta avec Scorpius, le consolant :
- Tu sais, si ça peut te rassurer, moi je trouve qu'ils se sont bien défendus !
Scorpius fronça les sourcils, parce qu'Allénore n'y connaissait absolument rien au Quidditch :
- Ça ne me rassure pas du tout ! rit-il.
Allénore joignit son rire au sien. Il observa sa meilleure-amie, et la trouva fatiguée, encore plus que d'ordinaire. Depuis qu'elle avait insonorisé les chambres, Scorpius n'avait plus aucun moyen de savoir si elle faisait toujours des cauchemars. Le blond allait lui demander si elle allait bien, avant de sentir sa main agripper son bras.
- Elzima.
- Quoi Elzima ? fronça-t-il des sourcils.
- Elzima droit devant.
Son ancien binôme s'avançait effectivement vers lui, le visage fermé, et passablement en colère. En un mois, Scorpius avait réussis à l'éviter, honteux, ne sachant pas quoi lui dire. Il s'arrangeait toujours pour être avec Nathan ou pour transplaner à temps. Au final… Il était bien lâche. Sauf que désormais, il n'avait plus trop la possibilité de s'échapper.
- C'est la ballade des exs ma parole ! murmura Albus.
Rose se posta devant Scorpius, comme pour faire barrage. Mais elle se tourna finalement vers lui. Il y avait des choses qu'il avait réglé seul, et elle lui faisait entièrement confiance. La rousse lui caressa la joue et passa une main dans ses cheveux blonds :
- Je t'attends entre ici et la maison, chuchota Rose.
Elle s'éloigna finalement, et avant il lui cria :
- Je te rejoindrais à mi-chemin alors !
Il inspira faiblement, la regardant partir et salua Elzima, les mains dans les poches, prêt à s'expliquer, mais surtout, à s'excuser.
Quand Scorpius rejoignit Rose à mi-chemin, elle était assise sur un banc et l'attendait. Il se lova dans ses bras et elle lui caressa les cheveux. Il aurait pu s'endormir ici même, dans leur étreinte. Rose ne lui posa aucune question, ne demanda rien. Après un long moment, il se redressa et la regarda :
- Ca a toujours été toi, tu le sais ?
Elle hocha timidement la tête.
- Dis-le, l'implora-t-il presque.
- Oui je le sais.
Depuis toujours, Rose et lui se laissaient faire la moitié du chemin et s'attendaient, se distançaient, s'évitaient, n'avançant pas forcément au même rythme. Aujourd'hui, ils s'étaient enfin rejoints et l'un comme l'autre, espéraient ne plus avoir à faire l'autre moitié du chemin seuls.
