Lotus savait que le moyen de sauver tout le monde était d'appartenir à Largne. Avant, toutefois, il avait un besoin à s'accorder. L'homme d'apparence fragile était entré dans une chambre où une déesse aux cheveux blonds dormait paisiblement. Il la regarda un instant, à moitié posé sur son bras. Amina était plus grande que lui. Elle était guerrière et il était un homme mince presque androgyne. Toutefois, il ne pouvait abandonner son idée. Peut-être qu'il avait vrillé au travers des récits de Gustave sur elle. Cette personne qui avait soutenu les rebelles, l'amour de Joseph et Rage et qui avait accepté de s'occuper de lui.
Amina Erca'ttir était magnifique. Alors qu'Aton était tombé dans un coma étrange, elle venait de lui confier une somme importante pour qu'il puisse s'enfuir avec son fils et essayer de trouver un lieu où ils pourront être en sécurité. Ce don signifiait qu'elle comptait agir stupidement. Elle ne laisserait pas Aton mourir. Amina voulait-elle finir comme Joseph ?
Lotus s'était habillé de manière séduisante et il monta sur le lit. Elle se réveilla aussitôt pour le regarder de ses yeux clairs et surpris de son arrivée. Lotus tira sur la couverture, remarquant que la femme dormait nue.
─ Qu'est-ce que …., gronda-t-elle
─ Laissez-moi faire.
Le sourire de Lotus fut plus doux encore. Il plaça ses lèvres sur le ventre de la femme. Délicatement, il l'embrassa avec délice. Amina le repoussa immédiatement.
─ Je ne fais pas ça avec les hommes, les animaux et les esclaves et vous êtes les trois.
─ Je suis un objet. Votre objet. Les objets peuvent servir à cela.
Surprise, la déesse le fixa avec agacement. Elle lui offrait la liberté et il ne voulait que ça. Pourquoi était-il encore là ? Il l'empêchait de dormir et c'était peut-être sa dernière nuit. Les lèvres de Lotus carmines revinrent se poser sur la peau blanche de la femme. Il l'embrassa à nouveau, sa langue glissant dessus.
─ J'ai envie de vous, maîtresse.
─ Voyons si ta langue est moins ennuyante à cet usage dans ce cas.
Les lèvres de l'homme descendirent, glissant directement vers la vulve de la femme.
La déesse émit un petit bruit saccadé. Elle attrapa le visage de Lotus et le pressa davantage vers sa féminité. Sans violence et sans douceur, comme on prendrait un outil, elle usa du visage de l'homme avant de donner des ordres pour qu'il soit plus expert dans son plaisir. Lotus s'active, sa langue glissant, ses lèvres se posant et ses doigts caressant la femmes. Il boit son jus avec impatience, il s'existe lui-même, bienheureux dans un fantasme qu'il réalise. Des sons rauques sortent des lèvres d'Amina.
Il cherche un rythme et le trouve, les orteils de la femme s'accrochent au drap. Elle chouine, elle gémit et elle grogne. Elle lui griffe les cheveux. Elle se caresse les seins, se pincent les mamelons et soupire d'impatience avant de couiner et de soupirer sans honte. Soudainement, sa respiration devient euphorique et elle gémit, grogne et se répand brutalement, humide et transpirante. Des gouttes de sueur coulent à l'arrière de ses cuisses. Elle jouit de plaisir, les sens perturbés, le ventre battant la mesure.
Lotus boit la femme, défaisant la fermeture éclair de son pantalon, le membre entièrement durcit dans son pantalon. Il remonte vers elle, vient embrasser sa peau.
─ Arrête-toi … Arrête-toi Lotus …
─ Vous n'aimez pas ?
─ Je ne le fais avec les esclaves … Putain, écoute-moi …
─ Je suis un objet, maîtresse Am … si vous ne voulez pas, je ne le ferrais pas. Mais si vous le voulez, faîtes-le, je ne veux pas de votre liberté.
Elle soupire, elle veut le repousser mais elle voit ses yeux sombres posés sur elle, ses lèvres humides de sa passion et elle finit par le repousser sur le lit. Il glisse les bras devant son visage, par habitude d'une autre, craignant un coup. Elle lui attrape les mains, venant embrasser les flancs de ces dernières. Amina ne savait pas pourquoi elle était si excitée par cet homme peureux et stupide. Elle n'aimait pas sa soumission et elle n'aimait pas l'idée d'avoir un esclave comme amant. Les humains ont oublié la fierté d'être libres. Elle se souvenait de Rage et de ce qu'il incarnait. Jamais Joseph n'aurait accepté qu'elle couche avec un être aussi soumis. Lotus lui attrapa le visage, la voyant hésiter ….
─ Ca n'a pas d'importance d'être un objet si je suis le tien.
─ Tu es tellement stupide.
Le corps entier de Lotus se cabra alors que la déesse avait attrapé le membre de l'homme entre ses doigts. Elle lui retira son pantalon, fit de même malgré ses protestations avec le tee-shirt. Elle glissa ses doigts sur les marques de fouets et de coups de ceinture, des cicatrices couvrant le corps de l'homme qui avait honte d'être ainsi observé.
Elle se redressa, elle ne pouvait pas faire ça. Si elle franchissait cette limite, elle ne pourrait plus regard Flma dans les yeux. Lui ne croyait plus en la bonté des dieux. Lotus lui rattrapa le poignet, les yeux plein de larmes, désemparé à l'idée d'être repoussé.
─ … S'il vous plait ….
Quel homme stupide ! Elle descendit jusqu'à ses cuisses. La bouche de la femme s'empara du membre tressautant de l'homme. Elle eut à peine effleuré le gland, qu'il geignit d'impatience. Elle glissa ses lèvres dessus, ses doigts jouant de ses bourses. Sous une nouvelle surprise, elle senti l'homme se déverser en elle dans des spasmes rapides, jouissant de plaisir, dans un orgasme aussi rapide que surprenant.
Elle redressa le visage, et le nettoya. Elle le vit se détourner honteux. Il n'était pas du genre précoce mais elle était si magnifique et il était si impatient. Il se redressa aussitôt, ses mains venant nettoyer le visage et le cou de la femme les voyant tâchés.
─ Je suis désolé …. Je suis désolé … Je suis …
─ Je n'ai jamais vu un objet parler autant, soupira-t-elle,
Elle l'attrapa par l'arrière du cou, l'attirant sur elle. Elle s'en fichait qu'il soit rapide ou lent. Son index droit glissa dans l'œillet de l'homme, venant frapper sa prostate. Il se contracta, avant de gémir, son membre durcissant de manière surprenante. Il la regarda stupéfaction, alors qu'elle se mit à le doigter. Le front de Lotus glissa sur son épaule, il essaya de se retenir, mais rapidement, il miaulait et gémissait de plaisir, demandant d'avantage encore.
La déesse se mit à le masturber, activement, comprenant soudainement que Lotus avait besoin qu'elle le touche. Elle vint l'embrasser et il n'arriva pas à se contrôler.
Il se cabra et elle se mit à rire en le voyant jouir de nouveau. Il voulut fuir, honteux de ne l'avoir satisfait en rien. Mais elle l'attrapa, l'attirant entre ses bras. La jambe de la femme glissa par-dessus celles de l'homme. Elle nicha son visage contre lui, et se rendormit en le serrant fermement.
─ XXX ─
Grâce à Anooby, Largne avait pu pénétrer dans l'appartement d'Amina en pleine nuit. Il entra dans la chambre de la femme et demeura silencieux. La femme dormait silencieusement et l'humain Lotus était entre ses bras. Il referma la porte. Il aspira un peu d'air et de colère. Un rire silencieux le traversa. Était-il en train de perdre la seule chose qui comptait pour lui ? Il allait devoir trouver une solution. Il avait fait tuer Nanu pour jouer, comptait s'amuser avec Lotus avant de s'en débarrasser. Ce dernier était désormais sous la protection d'Amina. Il haïssait cette situation. Il avait toujours voulu la battre. Il avait toujours voulu l'avoir. Ce chien baisait-il sa maîtresse ? Il ne pouvait pas imaginer le maigre corps sale et abimé de Lotus rentrant à l'intérieur de la pureté qu'était Amina Erca'tiir. C'était une aberration. Anooby savait-elle ce qu'elle y trouverait ?
Il rentra dans la chambre où dormait Aton. Il se rapprocha de lui. Cette chambre était parfaitement propre et rangé. L'homme était dans le coma et un enfant dormait à côté de lui.
─ Très bien. C'est de ma faute. Aton Lii'nko, tu ne peux pas mourir juste parce qu'un humain a été supprimé.
Il ne pouvait pas revenir en arrière. Ard l'avait confirmé : Gustave était bien mort. Anooby avait été clair : si son protégé devait mourir, elle ne pardonnerait pas à Largne de ne pas avoir su le rendre fort. C'était sa mission.
Dehors les hommes se rebellaient. La mort de Gustave était une mort qu'ils n'acceptaient pas. La rumeur disait qu'un dieu était intervenu. Elle était vraie, elle amplifiait et les hommes venaient se battre, frappaient, luttaient. Même des esclaves commençaient à se rebelle. Quel foutu merde pour un quarantenaire cassé !
─ Il est mort, lève-toi !
Comprenant qu'Aton refusait de bouger mais qu'il entendait, Largne lui envoya des photographies via leurs implants. Le corps sans vie de Gustave passant dans la tête d'Aton pour qu'il voit les clichés que Ard avait envoyé en tant que preuves. Le corps de Gustave était une épave et la vie avait entièrement quitté son corps.
Aucune réaction.
Largne s'agaça. D'un geste ferme, il voulut saisir le bras d'Aton. L'éclair bleu fut si rapide que Largne ne réalisa qu'après qu'il avait été projeté de l'autre côté de la pièce. Son bras le brûlait et sa peau était en lambeau comme fondue près d'une enzyme nucléaire. Et merde ! Cet idiot s'était vraiment renfermé dans sa tête. Tout ça pour quoi ? Un chien ? Un chien sans la moindre valeur.
─ T'as perdu ! Sois un dieu et pas un enfant. Accepte ta défaite ou c'est moi … Amina … nous qui mourront par ta faute ! C'est ça être un dieu. Acceptez que ses pions ne crèvent.
─ Que fais-tu ici ?
Amina fixa Largne sans comprendre. Il s'introduisait dans son appartement. Il n'avait pas fait assez d'erreurs ainsi ? La grande créatrice l'autorisait-elle à agir de la sorte ? Cela en était assez ! Amina ne laisserait pas ça passer.
─ XXX ─
En ouvrant les yeux, Lotus réalisa qu'il avait dormit pendant longtemps et qu'il était désormais seul sur le lit. Pour la première fois après un acte sexuel, il n'avait pas mal au corps mais au cœur. Cette douleur, il n'aurait pas pensé qu'elle puisse être aussi intense. C'était terminé. Il allait pouvoir partir. Elle ne voulait pas de lui. Il n'avait pas le choix. Soit il partait, soit elle acceptait qu'il soit un objet et elle laisserait les autres dieux s'amuser avec lui. Il deviendrait un cadeau pour l'un d'entre eux qui le transformerait en objet ou en animal. C'était douloureux car il aurait accepté d'être moins que ça si elle avait simplement dit oui, tu peux rester à mes côtés.
Il entendit un coup à la porte et alla se réfugier rapidement dans le placard. Il était idiot ! Pourquoi il se cachait ? Amina savait déjà qu'il était ici. Et si quelqu'un d'autre rentrait, il n'en avait pas le droit. Pourtant, il ne pouvait pas s'empêcher de rester dissimulé, regardant dans l'embrassure de la porte pour savoir qui venait de pénétrer dans les lieux.
─ XXX ─
En tailleur sur le lit, Aton nourrissait l'enfant. Il refit, pour la onzième fois, défiler le souvenir envoyé par Largne. Le corps de Gustave taché de sang, blessé et la mort entrant dans ses yeux sous la furie de ce dernier. Il s'était battu avec rage et était mort avec honneur. Aton senti un hoquet le traverser, se remettant à pleurer. Gustave était mort à cause de lui.
─ C'est pathétique …
La grande Créatrice fixa son fils au travers de son hologramme. Elle lui parla, encore et encore, mais il l'ignora. Il se redressa, avec l'enfant, quittant la chambre. Elle réapparu devant lui :
─ Où vas-tu ?
Il ne répondit pas. Elle le suivit dans l'escalier de secours.
─ Aton, mon enfant, où penses-tu pouvoir te sauver ?
Il ne répondit pas. Elle rit, réapparaissant dans la rue éclairée par ses soins.
─ Partout où tu iras, je serais là, mon fils.
─ Pourquoi ?
Elle le regarda aussi radieuse qu'à l'ordinaire.
─ Pourquoi ?, répéta Aton, qui vouliez-vous blesser avec moi ?
─ Tu es un enfant malin, Aton, je t'aime beaucoup.
Il se dirigea vers la cité des humains. Elle l'y attendait déjà.
─ Tu ne peux pas partir, j'ai besoin de toi.
─ Pour blesser Amina, ça ne m'intéresse pas,
─ Ce n'est pas elle qui m'intéresse mon enfant,
─ Cessez de vouloir vous convaincre que vous m'aimez,
─ Ce n'est pas toi non plus. Reste, Aton.
─ XXX ─
Ard regarda qu'il n'y avait personne dans la chambre d'Amina. Il ne craignait pas les vidéos d'Anooby Rhâ mais craignait de tomber nez à nez avec la déesse Amina sans avoir terminé de tout préparer. Il s'installa sur le bureau de cette dernière, ouvrant un ordinateur, préparant une protection. Deux de ses amis se placèrent derrière lui, quant à un troisième, il resta devant le bureau.
Quelques heures plus tard, Amina rentra dans la chambre. Habillée dans une robe en mousseline noire, elle regarda stupéfaite les quatre dieux se trouvant dans la chambre. Elle chercha du regard l'humain.
─ Où est Lotus ?
─ … qui ?
La stupéfaction de Ard ne fut pas feinte. Il ne comprenait pas de quoi parlait Amina Erca'tiir. La première déesse après la Grande fit un geste de la main et lui fit signe d'ignorer sa phrase. Elle avait invité Largne à partir, à s'enfuir, car ce soir au grand conseil, elle donnerait sa démission et provoquerait Anooby acceptant son expiation. Parfois il faut accepter de mourir pour que d'autres se soulèvent.
─ Sortez de mes appartements.
─ J'ai à dire.
─ Rien de ce que vous aurez à dire ne m'intéresse. Largne n'a qu'à se déplacer lui-même, mais il ferait mieux de partir sans broncher.
─ Je viens par moi-même.
─ Passionnant.
─ L'humain d'Aton Lii'nko n'est pas mort.
─ …
─ …
─ J'écoute, s'impatienta-t-elle
─ Je sais où il se trouve. Je l'échange en contre la place de Largne et surtout si tu me donnes Flma sous mes ordres.
─ Je devrais céder à un dieu qui a sans doute kidnappé lui-même l'humain et conspiré contre moi ?
─ Vous ne cédez pas, vous m'alliez à votre cause.
─ Et si je n'accepte pas ?
─ Dans une heure, il participera à mon nouveau jeu, il est en train d'y être préparé. Les paris sont nombreux et il n'y aura qu'un survivant. S'il survit, il participera aux suivants, jusqu'à sa mort. Il est tenace, il devrait tenir longtemps. Le temps de vous décider.
─ Et si je vous ordonnais de le rendre ?
─ Je l'ai acheté, il m'appartient. Même Anooby n'irait pas à l'encontre de ses lois. De toute façon, pourquoi vous rendrez-t-elle service puisque vos refusez son offre d'être à ses côtés ?
─ XXX ─
Jamais Gustave n'aurait un jour pensé qu'il serait prisonnier avec l'Apach, Larnak et Agémer. Il n'aurait jamais pensé non plus que Agémer pouvait le trahir. Les trois payaient le prix de leur trahison de façon bien trop forte.
Attaché, Gustave ne pouvait intervenir. Il voyait Larnak drogué par ses savants fous de dieux. Larnak était en train d'agresser et de violer des hommes et des femmes prisonniers, esclaves, animaux ou objets. Des pauvres individus qui n'avaient rien pour se défendre envoyés tour à tour à l'abattoir face à un homme complétement drogué et armé.
Dans la cellule d'à côté, les cris de Agémer lui parvenaient. Il semblait souffrir au point que la mort aurait été préférable mais Gustave ne pouvait rien y faire.
Larnak se rapprocha de ce dernier. Sa main tachée de sang gouttait de celui de ses victimes. Il ne semblait pas être blessé. Ses victimes étaient trop faibles face à lui dont la force n'était que décuplée davantage grâce à cette maudite drogue. Larnak tira les cheveux de Gustave en arrière, se collant à lui. Il avait attendu ce moment toute sa vie.
Gustave était attaché sur un chaise de torture. Elle se transforma rapidement en lit. Ses jambes liées et solidement attachés sur deux supports pour l'instant reliés furent séparées afin d'être écartées.
─ Larnak, ne fais pas ça.
─ Tu veux rire ? répondit-il en riant, j'ai attendu ce moment trop longtemps.
Gustave ferma sa bouche. Il lui jeta un regard noir. Puis, il se troubla alors que sans prendre la peine de le préparer ou de s'assurer qu'au moins c'était possible, Larnak venait de s'approprier son corps.
Il le violenta, le torturant en même temps qu'il le violait. En voulant davantage, il attrapa une seringue de drogue pour la planter dans le cou de Gustave. Se méfiant de sa force interne, et se foutant de risquer de le tuer, il lui en planta une seconde. Gustave senti son corps se déconnecter. Il n'arrivait plus à sentir ce qui se passait. Il planait.
Un instant, il reprit conscience. Ses joues étaient barbouillées de larmes qu'il ne se souvenait pas avoir fait couler. Ses bras éraflés au sol étaient secoués par les à-coups qu'il recevait. Il était agenouillé, presque prostré. Il perdit à nouveau le fil.
Les cris d'Apach s'élevèrent dans une autre cellule. Quand Gustave retrouva un peu de lucidité, pour quelques minutes simplement, il était dos au sol baignant dans du sang. Larnak était en train de bouffer sa peau. Gustave tourna à nouveau de l'œil et c'était sans doute préférable.
