Chapitre 13 : Le coming-out
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De toute évidence, tenir Kyle dans l'ignorance n'était pas facile. Il savait que j'avais quelqu'un et il faisait des sous-entendus, tous les jours, tout le temps, pour signifier qu'il avait envie de savoir qui c'était, et dans pas trop longtemps. Mais chaque fois que je me disais "Vas-y, c'est le moment, dis-lui maintenant", je me tournais vers lui, ouvrais la bouche et puis... rien. Je ne savais même pas pourquoi j'étais aussi nerveux, mais je l'étais bel et bien.
Kenny se montrait très patient avec moi. Il ne me mettait aucune pression. Sauf qu'il venait à côté de moi durant les soirées jeux, en cours ou dans le bus et ne me lâchait plus. J'avais pris l'habitude de sentir des mains remonter le long de ma cuisse dès que je m'asseyais quelque part. Mais ça ne me gênait pas le moins du monde.
Je n'avais encore rien dit à mes parents. Je me disais que s'ils posaient la question, je le leur dirais. Shelley avait déjà de gros doutes et peut-être que ma mère aussi. Mon père, lui, restait aveugle.
C'était en tout cas ce que je croyais.
Kenny m'avait invité chez lui pour passer un "bon moment" ensemble, comme il l'appelait. Trois jours s'étaient écoulés depuis notre premier rendez-vous officiel et moi aussi j'avais très envie de le voir. J'avais choisi d'emporter avec moi quelques films un peu nazes, un choix sûr. Je descendis l'escalier et pris mon manteau.
_Je sors. Dis-je à mon père qui était étalé sur le canapé comme à son habitude.
_Tu vas où ? Chez Kyle ?
_Non chez Kenny.
_Tu passes encore la soirée avec le fils McCormick ? Demanda-t-il, sans détourner le regard de la télé.
_Oui.
Je fronçai le sourcils, mais enfilai tout de même mon manteau.
_Les gens pourraient penser que vous êtes un peu bizarres.
_Mais je le suis, papa.
C'était sorti tout seul, sans que je m'en rende compte.
_Quoi ?
Il se tourna enfin vers moi.
_Qu'est-ce que tu as dit ?
_Je suis bizarre. Avec lui. On est ensemble.
Il me fixait, stupéfait. A l'embrasure de la porte de la cuisine, je vis Shelley qui s'approchait, elle avait sans doute écouté notre conversation.
_T'es sérieux ? Dit mon père.
_Oui.
_T'es pédé ?
Je levai les yeux au ciel. Typique.
_Non papa, je suis bisexuel, enfin tu appelles ça comme tu veux.
Je croisai le regard de ma sœur. Elle avait l'air un peu étrange, comme si elle était fière de moi, comme pour dire "Je suis contente pour toi."
_Mais alors...
J'avais vraiment envie de mettre fin à cette discussions pénible et inutile. Tu es bisexuel ? Ça veut dire quoi ? Que tu aimes quand même les femmes ? Oui papa mais parfois j'ai aussi envie d'une bite dans le cul. Eh ben, Kenny déteignait vraiment sur moi.
_Désolé papa je dois y aller, affirmai-je, Kenny m'attend. Et tu sais ce que ça fait de laisser son amoureux attendre... maman déteste quand tu fais ça.
Et je sortis à toute vitesse. Je pris une grande inspiration, une bonne bouffée d'air estival. J'étais empli d'une joyeuse satisfaction.
XXX
Ce ne fut pas Kenny qui ouvrit la porte mais Karen. Le souvenir de notre dernière rencontre remonta et fit rosir mes joues.
_Oh c'est toi.
Elle avait réussi à avoir l'air plus déçue que Sheila à l'époque. Elle agita ses doigts devant mon visage.
_Qui fais des vilaines choses avec mon frère.
J'entrai, un grand sourire aux lèvres.
_Et moi qui m'étais fait des films quand j'avais entendu dire que tu étais de nouveau célibataire.
Elle fit semblant de s'évanouir.
_Désolé Karen.
_Quel dommage que l'inceste ne me tente pas...
Ok, cette conversation devenait vraiment bizarre, alors que je n'avais fait que deux pas dans la maison.
_Tant mieux, répondis-je en vitesse, parce que c'est illégal. Et je suis sûr que Kenny n'aurait pas envie non plus. Et moi non plus. Ajoutai-je rapidement avant de filer vers la chambre de Kenny, je mourais d'envie de fuir loin de cette étrange proposition. Je frappai doucement puis entrai. Kenny était allongé sur son lit, il lisait un comic et il se leva immédiatement à mon arrivée. Je ne savais pas pourquoi mais je n'en avait jamais assez de le regarder. Ah si, je savais très bien pourquoi : j'étais très très amoureux de lui.
Il me tira à lui pour m'embrasser, ce qui me fit sourire.
_Salut. Dis-je.
_Salut.
Il se remit sur son lit en souriant et je le suivis.
_Tu fais exprès de faire ce truc ? Demanda-t-il en désignant mes vêtements.
_Quel truc ? Demandai-je surpris.
Il leva les yeux au ciel et me fit un autre baiser.
_T'es beau dans ces fringues.
_Merci, ta sœur pense la même chose. D'ailleurs-
_Ne dis rien. Cette histoire d'inceste, encore ? Ouais elle m'en a parlée aussi.
Kenny secoua la tête.
_Elle était vraiment triste de nous griller. Je pensais l'avoir traumatisée mais en fait c'est juste qu'elle te voulait.
_Une vraie McCormick. Dis-je avec un sourire. Ça me rappela ce que mon père avait dit.
_Tiens j'y pense, mon père m'a demandé pourquoi je venais chez toi. Il a dit que les gens se mettraient à penser qu'on est "bizarres", alors je lui ai dit que je l'étais. Avec toi.
_Et il a répondu quoi ? Demanda Kenny, complètement pris de court par ma réponse.
_Je lui ai dit qu'on était ensemble.
Je me sentais de plus en plus nerveux.
_Parce qu'on l'est, hein ?
Il n'avait pas pu changer d'avis ?
_Quoi ? Oui bien sûr ! C'est juste que, le dire à tes parents juste comme ça...
J'avais peur qu'il désapprouve mon coming-out, mais je n'avais aucune raison de m'en inquiéter car il me poussa sur son lit. Il m'immobilisa et me regardait d'un air si heureux, en accord avec ma décision. J'en serais retombé amoureux de lui.
_C'est trop génial, j'aurais tellement aimé être là.
_Ben, tu peux. Il faut toujours que je le dise à Kyle.
Il caressait mon torse. Il eut un petit rire et se pencha pour m'embrasser.
_Tu es génial, dit-il à voix basse, je vais te récompenser par une très longue séance de sexe.
Mon corps réagit immédiatement de son propre chef. Je ris à sa blague, mais lui s'attaquait déjà à mon t-shirt.
_Pour de vrai ? Je suis récompensé pour avoir tout balancé à mes parents ou mon meilleur ami ?
Il avait fini de déboutonner mon polo et me l'enleva. Il caressait ma peau tout en parlant :
_Bien sûr. En fait... (il eut un sourire), tu veux être dessus ?
_Quoi ?
_Dessus, tu veux faire ça ? Me la mettre ?
Il remua un peu sur mes genoux.
_Parce que je crois que tu en as envie. Chuchota-t-il à mon oreille en continuant de remuer.
Je déglutis, un peu nerveux. J'y avais déjà pensé mais j'avais quand même peur de le faire.
_Je sais pas trop. Et si je m'y prenais mal ?
_Nom de dieu Stan, ce sera ta première fois. Ce qui serait surprenant c'est que tu sois bon.
_Mais toi tu étais bon. Répondis-je tout aussi surpris.
_Je sais, mais chez moi c'est naturel. Répliqua-t-il en jouant des sourcils.
Il se pencha pour m'embrasser et je le pris dans mes bras pour faire de même. J'adorais l'embrasser. Sa bouche se déporta sur mon torse et mon ventre. Il se rassit et déboutonna mon pantalon pour me l'enlever. J'agitai les jambes pour accélérer les choses.
Je remmenai Kenny contre moi, allongé sur le dos et embrassai son cou. Il se pressa contre moi et se mit à se frotter contre mon corps.
_Hum.
Il souffla dans mon oreille tandis que mes mains parcouraient son dos.
_Tu veux essayer ? Demanda-t-il.
_Oui, oui d'accord. Répondis-je. J'arrachai son t-shirt et lécha un de ses tétons. Il en gémit, il attrapa ma tête pour me garder près de lui.
_Il y a du lubrifiant dans le tiroir de ma table de nuit. Grogna-t-il.
_D'accord.
Je cassai notre baiser pour aller le prendre et Kenny s'allongea sur le dos à côté de moi. Les mains tremblantes je pris le lubrifiant dans le tiroir et le posa sur le lit. Je n'allais pas tout de suite m'en servir, je voulais que ça dure encore. Tout doucement je le couvris de baisers, du cou jusqu'au ventre. Le temps que j'arrive à la lisière de son jean il respirait très fort et pressait mon épaule entre ses doigts.
_Eh ben Stan je ne savais pas que tu me ferais autant languir.
Je ne répondis que par un sourire et ouvrit son jean. Je lui enlevai ainsi que son boxer. Je pris le temps de le regarder, nu sur le lit. Ses cheveux étaient tout emmêlés, la peau, de ses joues jusqu'à sa clavicule, toute rose. Un bras couvrait ses yeux et il transpirait déjà. C'était la vision la plus sexy du monde, bien plus que toutes les femmes que j'avais vues nues.
Je posai la main sur sa cuisse et il écarta les jambes. Je me plaçai entre et observai son érection. Une idée me traversa l'esprit. Il sembla remarquer mon hésitation et dégagea ses yeux pour me regarder.
_Stan, tu-
Il s'interrompit et me regarda descendre et lécher sa verge, de bas en haut.
_Putain... Gémit-il sans détacher son regard. Mes lèvres se refermèrent sur le bout et il ferma les yeux. C'était un peu bizarre de faire ça. Je n'étais pas habitué au goût et aux sensations. Je fus même surpris de constater que ça m'excitait beaucoup. Au début je ne fis qu'embrasser et lécher, j'avais un peu peur de le faire entrer dans ma bouche. Mais rien que ça semblait déjà lui plaire énormément. Il gémissait de plus en plus fort, et donnait des coups de hanches. Quand enfin j'eus le courage de le prendre dans la bouche, il lâcha un lourd soupir de soulagement.
_Oui, Stan. Oui !
Son plaisir affiché m'encourageait et je me mis donc à le sucer, comme j'aimais qu'on me le fasse. J'ajoutai ma main pour m'aider et Kenny s'enfonça dans ma bouche.
_Dieu, Stan, j'adore ta bouche. C'est bon. Chuchota-t-il. Je savais qu'il adorait les fellations et lui en faire une était super excitant. Il était doux, et ses réactions m'excitaient encore plus. Au point que je me frottai contre le matelas, en quête de contact, moi aussi à gémir.
Quand il m'entendit, il pressa mon épaule pour me faire arrêter. Il me lança le tube de lubrifiant.
_Maintenant Stan.
Il n'en pouvait plus d'attendre. Son visage était rouge, il transpirait et il tremblait même un peu. Mais je devais sûrement avoir la même tête.
Je versai donc du produit sur mes doigts, un peu nerveux. Il ouvrit les jambes et je vins entre. En même temps qu'un baiser, je caressai son ouverture pour nous laisser à tous les deux le temps de nous y habituer. Nos regards se croisèrent et il m'embrassa. Il me prit dans ses bras et me serra contre lui pour me rassurer.
Il poussa un nouveau gémissement et je pris ça pour un signal de départ. Je commençai à entrer doucement en lui. D'abord juste le bout de mes doigts avant de sortir, puis rentrer de nouveau, un peu plus loin.
C'était une sensation vraiment étrange. Pas du tout comme avec une femme mais quand même très similaire. C'était très étroit mais lisse. C'était un sentiment incroyable. Ça me plaisant tellement que lorsque je revins à l'intérieur j'en soupirai.
_C'est bon ? Demandai-je.
_Oui, répondit-il, essoufflé, mais bizarre.
_Je sais. Dis-je dans un souffle. Je pouvais bouger plus facilement maintenant alors je tentai un deuxième doigt. Il en grogna. J'entrai doucement, lentement mes deux doigts. Il eut un petit cri et pressa mon épaule.
_Putain...
Kenny était à ma merci, je le contrôlais totalement, je devais mordre mes lèvres au sang pour ne pas faire de bruit. Je me rendis compte que je baisais quasiment le drap tandis que je bougeais mes doigts. Et on avait même pas atteint la meilleure partie. Et je me dis qu'on y arriverait peut-être même pas.
Je continuai mes mouvement, mais je dus enfouir ma tête dans son cou pour ne pas jouir dans l'instant. Son expression de plaisir suffisait à me rendre dingue. J'entrai totalement mes doigts pour atteindre sa prostate, après quelques secondes de tâtonnement je la trouvai. Je le sentis se contracter et il enfonça ses ongles dans mes épaules jusqu'à me faire mal.
_Merde. Cria-t-il. Il se mit à exulter et son corps se contractait.
_C'est là, c'est là. Répéta-t-il désespérément et je m'exécutai.
_Stop, stop, putain Stan, stop. Supplia-t-il, mais j'en étais incapable.
_Putain, putain je vais jouir, je-
Il jouit. Il étouffa un grognement et je le sentis se contracter autour de mes doigts. Son sperme s'étala sur nos ventres. C'est uniquement lorsque je fus sûr que son orgasme était terminé que je retirai mes doigts. Je me rallongeai, trop fatigué pour tenter de faire l'amour. Ma main se glissa jusqu'à mon sexe, comme guidée par sa propre volonté. Mais Kenny fut plus rapide que moi, il se tourna sur le côté et s'en saisit.
Il s'allongea contre moi, sans rien dire, sans rien faire d'autre, il me regardait juste. Ça ne prit que quelques mouvements, accompagnés de son regard intense pour me faire jouir.
Il m'embrassa alors que je restai, essoufflé, immobile sur son lit.
Nous échangeâmes un regard puis un baiser.
_Mon dieu c'était ultra intense. Et t'as pu me doigter comme ça sans éjaculer ?
Sa franchise me fit rire.
_Oui mais difficilement !
Nouveau baiser.
_Peut-être ce sera un peu bizarre mais tu crois qu'on peut aller prendre une douche ?
_Ensemble ? Sourit-il.
_Évidemment.
On se nettoya avec des mouchoirs et on remit nos boxers. Dans le couloir, on croisa Karen qui nous lança un mauvais regard depuis le pas de sa porte.
_Vous pouvez faire moins de bruit ? J'ai un contrôle demain et je dois réviser.
_Arrête de mentir, c'est la semaine prochaine ton contrôle.
Kenny m'entraîna dans la salle de bain.
C'était petit et pas très confortable mais j'aimais bien être contre lui. On s'embrassait tandis qu'on se savonnait l'un l'autre des pieds à la tête. Il profitait de laver mes cheveux pour embrasser mon visage.
_Tu es toujours aussi adorable avec les gens avec qui tu sors ? Osai-je demander.
_Non, répondit-il à voix basse, qu'avec toi.
On se sécha à la serviette et revint dans sa chambre. Dès qu'il vit que j'avais amené le film Super Bad il fut tout content.
_Ce film est trop bien !
On a regardé le film en caleçon, roulés en boule dans son lit, les cheveux mouillés qui gouttaient sur les coussins. Je caressais son bras du bout des doigts en me disant que c'était le paradis.
Mais puisqu'il y avait école le lendemain il fallait bien que je rentre. Mes parents n'aimaient pas que je ne dorme pas à la maison les soirs de semaine alors j'essayais d'éviter le plus possible de le faire. En particulier parce que j'avais un gros contrôle d'histoire le lendemain.
Je rentrai vite chez moi, il n'était que vingt-deux heures donc je pourrais quand même dormir assez. Ma mère m'attendait sur la canapé et rien qu'à la voir, je savais qu'elle avait parlé avec mon père.
_Alors... Commençai-je.
_Oui, continua-t-elle, j'ai parlé à ton père.
_Ouais, c'est ce que je me disais.
Elle se leva et se dirigea vers moi, je détournai le regard.
_Kenny alors ?
Je hochai la tête.
_Je savais qu'il se passait quelque chose, tu avais l'air tellement content depuis quelques semaines.
Je la regardai dans les yeux, il y avait quelques larmes, mais des pleurs de joie.
_Je me sens vraiment bien avec lui maman. Finis-je par répondre. Elle me serra contre elle. Des larmes perlèrent au coin de mes yeux à moi aussi.
XXX
Je me rendis seul au lycée le lendemain. Kyle m'avait envoyé un texto pour me prévenir qu'il viendrait en avance pour s'occupe d'un truc. Je ne savais que ce qu'était ce truc mais je me doutais que ça avait un rapport avec sa copine secrète.
Je triai des livres dans mon casier quand Bebe vint me voir. Un sentiment de panique traversa mon regard, mais elle se contenta de s'adosser aux casiers et souffla une énorme bulle de chewing-gum. Elle attendit qu'elle explose pour prendre la parole :
_Je me disais, toi et Kenny vous êtes proches non ?
De toute évidence, mon corps avait attendu ce moment pour m'infliger le plus gros rougissement de la terre.
_Ouais pourquoi ?
_C'est juste qu'il m'a dit qu'il était avec quelqu'un.
_Je sais il me l'a dit aussi.
_Ah, s'exclama-t-elle, l'air déçu, pourtant ça ne l'a jamais empêché de coucher avec moi.
Tout à coup, je la détestai.
_Ok. Répondis-je, sans trop savoir quoi dire.
_Mais maintenant il refuse en bloc. Il dit qu'il aime vraiment cette fille.
Un sentiment de soulagement m'envahit et je me dis que j'étais bête d'avoir douté de Kenny.
_Oui c'est aussi ce qu'il m'a dit.
_Donc c'est pour ça que je suis venue te prévenir. Il refuse de dire qui c'est, il dit que même ses amis ne le savent pas encore. Tout ce qu'il a bien voulu me dire c'est qu'elle a les cheveux noirs. Et donc...
Elle s'approcha de moi
_Je crois que c'est Wendy.
J'étais trop étonné pour répondre. Elle crut que ma réaction correspondait à un état de choc dû à la trahison de mon ami et continua sur sa lancée :
_Écoute, je ne veux pas que vous vous disputiez par ma faute, mais ça se fait pas non ?
_Je ne crois pas que ce soit Wendy. Finis-je par dire.
_Ouais, c'est ça, tu es juste dans le déni.
_Ben, tu es proche de Wendy, toi, pourquoi tu ne vas pas lui demander ? Tentai-je. La logique féminine, je n'y avais jamais rien compris.
_Pfff, hors de question, ça ne lui plairait pas.
Elle jeta un coup d'œil par dessus mon épaule et s'éloigna.
_Red est là-bas, peut-être qu'elle en sait plus.
Et elle s'en alla. Je secouai la tête et fermai mon casier. En route vers mon prochain cours, quelque chose d'étrange attrapa mon regard.
Kyle discutait avec Clyde près des casiers de l'autre côté du couloir. Clyde souriait et regardait Kyle avec attention, il semblait nerveux, mais dans le bon sens. Kyle aussi souriait et je me rendais bien compte qu'il provoquait quelque chose chez Clyde. Derrière eux, Cartman les regardait et on aurait dit que le monde venait de s'effondrer.
Un courant électrique parcourut mon corps à la vu de ces trois-là. Non, c'était pas possible... Mais la sonnerie balaya mes hypothèses, le prochain cours commençait. J'allais entrer dans la salle quand Kenny fit son apparition, sorti de nulle part.
_Stan, je peux te parler ? Dit-il, trop poliment.
_Quoi ? Mais j'ai cours là.
Il me fit sortir du range et m'entraîna dans les toilettes.
_Ken-
Mais il me fit taire par un baiser un peu agressif.
_Kenny il y a peut-être des gens dans les toilettes !
_Alors on ferait mieux de rester silencieux, pas vrai ?
Il me poussa dans une des cabines. Je n'eus même pas le temps de parler que sa main était déjà dans mon jean pour me caresser, assez énergiquement pour provoquer une érection. Je fus au maximum très vite et le sentir lui arracha un petit sourire. Ses baisers étouffaient mes grognements et je ne tins même pas une minute.
Je voulus faire de même pour lui rendre ce plaisir mais il s'était éloigné.
_Non, c'était juste pour toi.
_Pourquoi ?
_A cause de cet exam d'histoire de cette aprem. Tu stressais trop, alors je voulais t'aider à te détendre.
Je lui souris et lui fis un bisou.
_Je parie que ça va marcher.
Ça avait marché. J'étais vraiment détendu pendant le contrôle. Je reçus le sujet et lus la première question. J'avais bien en tête les notes de Kyle et réussis à écrire toutes les bonnes réponses. Je parvins même à me souvenir de quand l'Alsace-Lorraine était allemande puis française. Pourquoi Breton et Cornish se ressemblaient autant et le nom de l'opération militaire d'Amsterdan durant la Seconde guerre mondiale.
J'étais très confiant en rendant ma copie. Je sortis prendre l'air pour me détendre au soleil et je fus content de voir que Kyle me rejoignit quelques minutes plus tard. J'avais comme l'impression qu'on ne s'était pas parlé depuis des jours.
_Salut. Dit-il en prenant place à côté de moi.
_Salut vieux, répondis-je en me poussant, j'étais en train de me dire que ça faisait longtemps qu'on s'était pas vu.
_Carrément ! Souffla-t-il, une partie de fléchettes ce soir, ça te dit ?
_Oui faisons ça.
Il passa une main dans ses cheveux et eut l'air content de ma réponse.
_Tu sais, j'ai vraiment envie qu'on retourne au parc aquatique un de ces jours. Mais je suis très pris ce week-end, le prochain ?
_Bien sûr, laisse-moi vérifier si je suis libre.
Je sortis mon agenda et tout à coup je me rendis compte que le tournoi le poker, c'était dans sept jours.
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A suivre
