Chapitre 14 : Cartman
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Le lendemain pendant le déjeuner, Token tapa une crise. Le tournoi approchait à grands pas et selon lui, il fallait qu'on s'entraîne beaucoup plus. Un des gars de North Park avait laissé échapper qu'il serait très facile de nous battre et bien sûr, notre ego de mâle était tout froissé et nous devions prendre notre revanche. Voir tout ce bazar m'amusait quand même un peu.
J'aimais bien jouer au poker, indéniablement, et j'étais même devenu assez bon. Mais subir une telle pression pour gagner... Sachant que je ne savais même pas jouer au poker il y avait six semaines, j'étais déjà fier de m'être autant amélioré en si peu de temps. Mon sens de la compétition semblait s'être adoucit avec l'âge.
Token ne lâcha pas l'affaire. Accompagné de Cartman, il insista pour qu'on s'entraîne presque tous les soirs chez lui. Cartman lui aussi avait étrangement pris ça très au sérieux. On aurait dit que ça l'empêchait de penser à autre chose. Il m'avait appelé trois fois pendant le dîner pour exiger que je vienne chez Token pour l'entraînement. J'en avais levé les yeux au ciel mais j'y étais quand même allé.
Là bas, on jouait pendant des heures et Cartman s'était énervé même contre Clyde qui était arrivé en retard. Clyde avait perdu son sang froid et crié sur Cartman, qu'il n'était qu'une brute, un bully, prêt à tout pour arriver à ses fins. Puis, à notre plus grande surprise, il s'était effondré en pleurs. Token s'était dépêché d'appeler Craig qui était tout de suite venu.
Craig avait tapoté l'épaule de Clyde avant de le ramener chez lui. On avait fini l'entraînement en silence, cette étrange scène entre Cartman et Clyde pesait sur nous comme un sombre nuage.
Entre l'entraînement, mes devoirs et les activités extra-scolaires habituelles, je n'avais pas du tout pu voir Kenny. La veille du tournoi, j'eus enfin le courage d'appeler Token et d'inventer une excuse pour me libérer de l'entraînement. Il se contenta de pousser un soupir et de me répondre qu'il n'y avait pas de problème, Clyde ne viendrait pas non plus et il fallait plus de joueurs pour pratiquer correctement.
Je n'avais même pas demandé à Kenny s'il était libre ce soir, mais j'espérais vraiment que oui. On avait pu seulement échanger par téléphone ou texto pendant la semaine. Plus quelques réunions éclairs dans les toilette des garçons du lycée. Mais ça n'était pas suffisant, je voulais lui parler et être avec lui. Je l'appelai après dîner, enfin débarrassé des devoirs et des tâches ménagères.
_Coucou mon chou. Dit-il.
_Salut bébé, répondis-je timidement, je me demandais si tu voulais venir à la mare de Stark avec moi, ce soir ?
Il garda le silence quelques secondes.
_Tu veux me voir, dehors ?
Je fronçai les sourcils. Je ne savais pas pourquoi mais il avait l'air tout content. Peut-être un peu trop. Je voulais juste qu'on fasse un tour dehors.
_Euh, oui. Répondis-je, un peu confus.
_Bien sûr ! A quelle heure ?
_Dans une heure environ ?
_Super ! A tout à l'heure !
J'arrivai un peu en avance à la mare, je posai mon sac par terre et m'assis. J'avais apporté des cookies au chocolat pour Kenny parce que je savais que c'était ses biscuits préférés. Pendant que je l'attendais, je profitai de la douce chaleur du début d'été. Je m'allongeai. Les feuilles tremblaient doucement au dessus de ma tête. Je fermai les yeux, juste quelques secondes, avec la chaleur des rayons du soleil et la dureté de la terre. C'était durant ces moments que je me sentais connecté à la terre ou des trucs de hippie du genre. Je ne parlais jamais de ça à Kyle ou à Cartman.
J'entendis des bruits de pas s'approcher et je sus (ou j'espérais) que ce soit Kenny. C'était lui. Il se précipita sur moi et me sauta au cou. A peine le temps d'apercevoir des mèches blondes et des fringues un peu usées et il était sur mes genoux.
_Je suis tellement content que tu veuilles me voir à l'extérieur.
Je compris pourquoi il avait l'air aussi content.
Une seconde plus tard, j'étais par terre, et Kenny me serrait contre lui. Ses lèvres trouvèrent les miennes et nous nous embrassâmes, tandis que ma main se perdit dans ses cheveux. Nous étions aussi impatients et désireux l'un que l'autre. J'avais l'impression de ne pas l'avoir vu depuis des semaines et je crois bien qu'il ressentait la même chose.
J'en avais jamais assez d'embrasser Kenny. Chaque baiser était aussi intense que le tout premier, j'étais envahi par toutes sortes d'émotions. Mais toutes étaient agréables et authentiques. Avec Wendy je ne ressentais jamais ça, uniquement avec Kenny. Je ne lui avais jamais demandé s'il ressentait la même chose mais j'en étais sûr et certain. Parler de ses sentiments avec un autre mec restait un peu bizarre, même si ce mec m'avait fait des choses que personnes ne m'avait jamais faites avant.
Parfois, même Wendy finissait par en avoir marre de m'entendre déballer mes sentiments et c'était une fille. Les filles étaient censées savoir gérer ce genre de choses. Mais mes sentiments et mes pensées étaient difficiles à étouffer et je me retrouvais souvent à déblatérer sans le vouloir.
_Hum, Kenny, j'adore t'embrasser. Dis-je.
_Super, parce que moi aussi. Répondit-il.
_Je veux dire... je préfère être avec toi qu'avec des filles. Balbutiai-je, distrait par ses baisers.
_Tant mieux, vu que tu es en couple avec un mec.
_Plus qu'avec Wendy.
Il s'immobilisa. Je compris que j'avais dépassé les bornes. La façon dont il se raidit sur mes genoux me fit peur. Il avait l'air d'être en colère ou choqué. Il se leva et tourna la tête vers moi. Ses yeux bleus écarquillés et ses lèvres roses après nos baisers.
_Plus qu'avec Wendy ? Répéta-t-il, la voix grave et triste. Je ne l'avais jamais vu dans cet état : paralysé et détruit.
_Je, euh... oui. Finis-je par répondre, dépité.
_Merde Stan. Souffla-t-il, et revint m'embrasser.
_Pour de vrai ? Demanda-t-il.
_Oui ! C'est vrai !
J'étais de plus en plus angoissé mais je continuai de l'embrasser.
_Je veux dire, on est ensemble et-
Je l'interrompis en caressant sa joue et ajoutai :
_Kenny...
Je ne savais pas comment le dire, ici et maintenant. Je n'avais rien préparé alors je me lançai :
_On est ami depuis des années, on a traversé plein de choses ensemble. Je pense que toi et moi... on va bien ensemble, tu vois ? Mieux qu'avec Wendy.
_Nom de dieu Stan, tu es tellement...
Il semblait ne plus savoir quoi dire et moi, je ne savais plus quoi faire.
_Mais... tu ressens la même chose, non ? Demandai-je, effrayé par le perspective que ce ne soit pas le cas.
_Parce que maintenant on est ensemble et on s'est dit "je t'aime" et tout et tu sais, je le pense vraiment, repris-je sans pouvoir plus m'arrêter, je sais qu'on ne parle pas trop de nos sentiments mais je suis très-
Cette fois ce fut lui qui me coupa en posant ses doigts sur ma bouche.
_Stan, ne t'inquiète pas (il sourit) moi aussi c'est ce que je ressens, depuis quelques temps. Je croyais juste que Wendy était l'amour de ta vie.
_Oui, elle l'était.
_Attends, tu me dis que maintenant c'est moi ? Souffla-t-il. Je comprenais ce qui avait provoqué choc et paralysie.
_Je sais pas, peut-être. Je n'y ai jamais trop pensé.
_Oh Stan sérieux ?! Tu es tout le temps à fleur de peau, bien sûr que tu y penses tout le temps.
_Wendy détestait ça chez moi. Dis-je pour changer de sujet. Peut-être que c'était encore trop délicat, trop féminin pour en parler ainsi.
_Vraiment ? Parce que moi c'est ce que je préfère chez toi.
Il me fit un grand sourire
_Mais je ne suis pas très doué pour exprimer ces trucs-là. Et si je te montrais plutôt à quel point je t'aime ?
_Tu ressens la même chose alors ? Demandai-je
Il m'embrassait dans le cou tout en répondant :
_Bien sûr ! Je n'ai jamais eu avec personne ce qu'on a ensemble.
Sa main glissa sous mon t-shirt.
_J'ai l'impression d'être une meuf à parler de mes sentiments aussi ouvertement.
_Alors permets-moi de te faire te sentir comme un homme.
Nouveau baiser. Ses mains caressaient mes côtes, ses pouces sur mon ventre. A la fois, ça me chatouillait et m'excitait. Il se pressa contre moi ce qui m'arracha un petit gémissement. Le souvenir de mes doigts à l'intérieur de lui me donna un vertige tant l'excitation était forte. Quelques baisers secrets entre les cours et des rendez-vous rapides dans les toilettes ne suffisaient pas. Et apparemment, pour lui non plus. Il insistait bien à frotter nos sexes l'un contre l'autre à travers le tissu, lentement. On aurait dit une lap dance. Il eut un faible gémissent et ce son magnifique résonna dans tout mon corps.
Mes mains, animées par une volonté propre, passèrent sous son t-shirt pour caresser la peau douce et chaude qui se cachait dessous. Sentir sa peau me donna un frisson. Je pouvais enfin le toucher là où je voulais. Je saisis fermement ses hanches pour améliorer le frottement.
_Kenny ! M'exclamai-je tandis qu'il appuyait plus fort. J'étais tellement excité que je pourrais jouir dans mon jean.
_J'ai tellement envie que tu me prennes. Grogna-t-il.
Je ne pus résister plus longtemps.
_Oui, ok, oui, s'il te plaît, acceptai-je, tu as du... ?
Il tapota sa poche avec un sourire.
_Je ne sais même pas pourquoi tu poses la question. Répondit-il. J'ouvris son jean, mais il se figea. Peut-être qu'il ne voulait plus. Il se dégagea de moi et me tira dans un buisson. Il se pencha pour attraper mon sac à dos et le tirer aussi. Je le regardai pour trouver une explication, qu'il me donna :
_Quelque arrive. En plus, on sera plus tranquille par ici de toute façon.
On resta cachés dans les buissons en attendant qu'ils partent. Kenny jeta un œil entre les branches pour vérifier.
_Tu ne devineras jamais qui c'est ! Chuchota-t-il, le regard brillant.
_Qui c'est ? Répondis-je
_Kyle !
_Quoi ? M'exclamai-je et il se jeta sur moi pour plaquer sa main sur ma bouche. Il recula pour que je puisse regarder à mon tour. Sans aucune doute, c'était bien Kyle. Il était assez près de nous et il avait l'air inquiet. Il s'assit sur le banc près de la mare et regardait autour de lui.
_Qu'est-ce qu'il fait là ? Interrogeai-je. Kenny se contenta de me faire un sourire et ébouriffer mes cheveux.
_Je crois qu'on va pas tarder à découvrir pourquoi il t'a autant menti ces derniers temps.
Je n'étais plus du tout d'humeur au sexe. Faire l'amour à quelques centimètres de mon meilleur ami était inenvisageable. Kenny eut l'air de le comprendre car il ne tenta plus rien. En silence, nous continuâmes d'observer Kyle. J'étais fou de curiosité, allait-on enfin savoir ?
Nous n'attendîmes pas longtemps. Moins d'une minute plus tard, quelqu'un vint le rejoindre. Un mec. Un peu fort, cheveux bruns, avec un très, très, grand sourire. Clyde.
_Oh, c'est juste Clyde. Dis-je à Kenny.
_Vieux ! Mais t'as pas compris ?
Kenny semblait aux anges. Comme si son hypothèque venait d'être validée, mais comment savait-il que Kyle avait rendez-vous avec Clyde ?
_Comprendre quoi ? Je vois pas, vieux. J'imagine qu'ils se voient des fois. Je savais même pas qu'ils étaient potes.
Clyde avait rejoint Kyle, qui souriait.
_Mais Stan, tu es tellement naïf, parfois. Rétorqua Kenny, amusé.
_Qu'est-ce que-
Mais je m'interrompis lorsque je vis Clyde s'approcher.
Pour embrasser Kyle.
Ma mâchoire s'en décrocha. Kyle avait l'air plus que consentant : il prit Clyde dans ses bras et le serra contre lui.
Et là, je compris tout.
Ce n'était pas vis-à-vis de Wendy que Clyde était mal à l'aise. Il n'était pas mal à l'aise en ma présence parce qu'il sortait avec mon ex, il l'était parce qu'il sortait avec mon meilleur ami. Ce n'était pas par paresse qu'il ne voyait plus Craig et Token. Ce n'était parce qu'il traînait au lit qu'il arrivait en retard aux entraînements, ce n'était pas Wendy qui lui avait fait ce suçon.
Tout ça, c'était Kyle.
Et Kyle... c'était pour voir Clyde qu'il me mentait. Voilà pourquoi il était si distant, pourquoi il défiait Cartman. Quelqu'un avait réveillé cette part de lui-même. Ce quelqu'un, c'était Clyde.
Paralysé, je continuai d'observer mon meilleur ami échanger un baiser passionné avec Clyde. Je vis tout de suite que ce n'était pas qu'un coup de cœur. Ils étaient amoureux.
J'entendis un petit rire de Kenny, à côté de moi. Je me tournai vers lui, son regard reflétait de la joie et du malice.
_Tu étais au courant ?
Il haussa les épaules.
_J'avais des doutes.
Une conversation qui démarra entre les deux autres nous fit taire.
_Tu m'as manqué. Dit Clyde, mielleux à son habitude. Mais cette fois c'était bizarre de le voir dans cette position avec Kyle.
_Tu m'as manqué aussi. Répondit Kyle timidement, qui n'était pas aussi à l'aise à l'idée de montrer ses sentiments.
_Mais tu ne devais pas aller jouer au poker ce soir ?
_Ouais, mais j'ai appelé pour Token pour dire que je ne viendrai pas.
Clyde eut un petit rire.
_Encore ?
Mais Kyle avait dit ça en souriant.
_Ouais, encore. Mais après le tournoi...
_Tu paries ? Après...
Kyle ne finit pas sa phrase. Ils n'avaient déjà plus besoin de dire clairement les choses.
_J'en peux plus d'attendre d'être ouvertement avec toi.
_Même chose. Mais je crois qu'il faut que le dise à Stan d'abord.
Je tournai le regard vers Kenny.
_Tu crois qu'il va bien le prendre ? Demanda Clyde, c'est que Cartman n'était pas très content quand il l'a appris.
Kenny et moi fronçâmes les sourcils en entendant ça. Quand et comment Cartman les avait découverts ?
_Il a pourtant tenu parole, il n'a rien dit à personne. Répondit Kyle.
Je me souvins de l'air désespéré qu'avait affiché Cartman en regardant le couple cette après-midi. Cartman lui aussi les avait vus discuter dans le couloir, mais il savait ce que cela impliquait, alors que moi, l'idée n'avait fait que m'effleurer. Cartman, lui, avait rapidement fait le calcul, bien avant moi. Il avait toujours eu un faible pour Kyle. Un gros faible. Cette expression de désespoir venait peut-être du fait que ce n'était pas qu'un faible.
Je me retournai en direction de Kyle et Clyde qui ne s'étaient pas éloignés. Ce n'était pas souvent que j'avais vu Kyle aussi heureux. D'accord, il m'avait menti pour Yom Kippur, mais je ne pouvais que constater les faits : mon meilleur ami était très heureux. Au point que ses cachotteries n'avaient quasiment plus aucune importance.
_J'aurais pas cru qu'il puisse garder le secret, marmonna Clyde, mais apparemment les gens font des trucs de fou quand ils sont amoureux.
_Oui, je suppose.
Kyle eut un sourire, l'enfoiré était parfaitement au courant des sentiments de Cartman.
_J'aime pas que tu lui plaises à ce point.
_T'inquiète mon nounours.[1]
Du coin de l'œil je vis Kenny plaquer sa main sur sa bouche pour ne pas rire. Kyle avait un côté guimauve. Moi aussi ça me fit sourire.
_Je n'aime que toi.
_Pour de vrai ? Aucun autre brun ? Ou cheveux noirs ?
Ce besoin qu'avait Clyde d'être rassuré était plutôt adorable.
_Genre Stan ? Finit-il.
J'exultai, Kenny serra doucement mon genou. Sans aucun doute, il trouvait ça très marrant.
Kyle souffla de mépris.
_Mais non ! C'est mon meilleur ami. Ce serait trop bizarre, je ne le vois pas comme un partenaire. En plus il est cent pour-cent hétéro. En ce moment il a une nouvelle copine, tu savais ?
Kenny resserra sa prise sur mon genou et il souriait tellement que je le voyais du coin de l'œil. En me tournant vers lui j'eus confirmation. Je lui rendis son sourire et l'embrassai rapidement.
_Cent pour-cent hétéro... Murmura Kenny, j'allais répondre quand la conversation reprit de l'autre côté :
_Bon d'accord.
Clyde avait l'air sincèrement soulagé.
_Et toi tu le diras à Craig hein ?
_Euh...
_Clyde.
Kyle utilisait sa voix autoritaire, ça marchait sur moi mais également sur Clyde apparemment.
_Je crois qu'il le sait déjà, l'autre jour je lui ai dit que j'étais pas venu au cinéma car j'avais un rendez-vous, et Craig a répondu : blonde, alors j'ai dit : non roux. Du coup il m'a un peu coincé et j'ai fini par lui dire la vérité.
_Oh, Clyde.
Kyle poussa un soupir et passa sa main dans les cheveux de l'autre. Il se mirent à s'embrasser et ne s'arrêtèrent plus. Ils se touchèrent le dos puis les fesses. Lorsque je sentis une main sur ma cuisse, je sursautai. Kenny la fit remonter le long de corps. Il était vraiment en train de me peloter alors qu'on épiait mon meilleur ami en train de faire de même ? J'essayai de le repousser mais ça ne fit que l'encourager.
_On va chez toi ? Demanda Clyde, Kyle était en train de l'embrasser dans le cou.
_Oui, tout de suite ! Répondit Kyle, d'une voix pleine de désir. S'il n'avait pas été mon meilleur ami ça m'aurait excité. Ils partirent presque en courant, en s'arrêtant quand mêmes tous les trois, quatre mètres pour s'embrasser. Ils étaient très amoureux.
Je me tournai vers Kenny, toujours en état de choc. Je ne parvenais pas à croire que Kyle sortait avec Clyde sans que je n'en sache rien. Je me sentais un peu trahi mais aussi un peu con de ne pas avoir compris tout seul ce qu'il se passait. Kenny me consola un peu. Il éclata de rire, cet enfoiré, très très fort, il se retenait depuis un moment.
_Ta tête quand ils se sont embrassés !
Il en pleurait de rire. Je lui donnait un petite claque sur la nuque.
_C'est pas marrant Kenny.
_Si, mais si !
On sortit enfin des buissons. Je lui tendis mon sac.
_Tiens.
_Quoi, pourquoi ?
Il regarda quand même à l'intérieur et s'écria :
_Des cookies !
Il me regarda, tout content.
_Si je ne t'aimais pas déjà, maintenant ce serait sûr !
Il déchira l'emballage du paquet et mordit dans un biscuit.
_On pourrait manger un peu puis aller chez toi ? Proposai-je.
_Hum hum, fit-il la bouche pleine. Voir son expression toute contente, des miettes au coin de sa bouche était amusant, je lui souris. Je pris un cookie moi aussi.
Tout en mangeant, Kenny reprit :
_Clyde a raison tu sais.
_Ah bon ? Sur quoi ?
_C'est cool de pouvoir être ensemble en public.
_Tout à fait. Confirmai-je.
Il prit ma main et embrassa mes doigts, il y avait des miettes partout.
_Moi aussi j'ai envie qu'on soit ensemble ouvertement. Déclara-t-il fermement.
_Moi aussi.
_Après le tournoi ? Proposa-t-il en accord avec l'idée de Kyle et Clyde.
_D'accord, après le tournoi.
Et je l'entraînai pour un baiser, au goût de chocolat.
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A suivre
[1] Teddybear. Au début j'avais choisi "mon chéri" mais il fallait que ça soit drôle pour coller au récit donc j'ai mis la dose de guimauve.
