La vingtième semaine marqua un tournant décisif. Ils avaient vu leur bébé. Et cette fois, il avait vraiment l'apparence d'un bébé. Lors de l'échographie, ils l'avaient vu prendre son pouce dans sa bouche et ils avaient finalement sauté le pas et accepté de connaître le sexe de leur enfant.
Comme ils l'avaient prévu, ils avaient invité leurs amis présents au Wakanda, ainsi, Sam, Wanda, Pietro et Steve les rejoignirent chez eux. Amélia portait une jolie robe évasée qui voltigeait et enrobait son ventre à chacun de ses pas. Quand elle les avait accueillis sur le pas de la porte, tout le monde avait compris sans qu'ils n'aient besoin de le leur annoncer. Ils avaient été félicités, son ventre avec été caressé, le plus souvent par Wanda, qui s'extasiait déjà à l'idée d'avoir un bébé dans son entourage. Rapidement, Steve et Bucky s'isolèrent. Rogers lui donna une tape sur l'épaule et lui sourit.
- Une fille ? Sourit-il.
- Une fille. Confirma Bucky en buvant une gorgée de sa bière.
- Tu sais que t'es dans le pétrin ?
- J'ai déjà prévenu Amélia.
- Tu vas être papa.
- Si on nous avait dit ça un jour.
- Je n'aurais pas misé un dollar sur toi.
- Moi non plus.
- Elle est radieuse.
- Elle fait des nuits complètes. Il a fallu attendre qu'elle soit enceinte pour qu'elle dorme comme un bébé. Sourit-il.
À la vingt-deuxième semaine, Bucky la sentit enfin. Amélia était allongée devant la télévision, sa tête reposait sur ses genoux et il avait posé sa main valide sur son ventre. Au départ, il n'avait pas été sûr de lui, il avait tourné la tête vers sa femme au moment où il avait senti quelque chose contre sa paume mais elle n'avait pas bougé, ça n'avait rien d'étonnant, elle sentait leur fille bouger depuis plusieurs semaines maintenant.
Il avait glissé sa main au sommet de son ventre, sur son nombril et il avait attendu, son attention était complètement focalisée sur le ventre de la brunette mais elle ne semblait pas s'en rendre compte. Il fallut attendre plusieurs minutes avant de ressentir quelque chose. Un coup contre sa paume, léger certes, mais un coup tout de même.
- Je l'ai sentie. Marmonna-t-il.
Amélia huma une réponse vague sans détourner ses yeux de l'écran. Il lui fallut quelques secondes supplémentaires pour se rendre compte de quoi il parlait. Elle tourna brusquement la tête vers lui et rencontra ses yeux, ils pétillaient d'un éclat de bonheur qu'elle avait rarement vu.
- Tu l'as sentie ?
Barnes hocha la tête en esquissant un sourire et ils retombèrent dans un silence confortable.
Avec la vingt-cinquième semaine, arriva la fatigue. Amélia ne dormait pas plus mais il était sûr qu'elle dormait mal. Sa fatigue n'entacha cependant pas sa bonne humeur et ils commencèrent à préparer la chambre de leur enfant. Ils avaient choisi le mobilier ensemble, ils étaient tombé d'accord pour une chambre à coucher de couleur blanc cassé. Le plus dur pour eux, furent de se mettre d'accord sur la couleur dont ils allaient peindre les murs.
- Je ne veux pas de rose. Insista Amélia.
- Tu l'as déjà dit.
- Alors pourquoi est-ce que tu regardes les roses ?
- C'est une fille. Ce serait normal qu'il y ait du rose.
- Je sais que tu es plutôt de la vieille école mais est-ce qu'on pourrait éviter les clichés ?
- Un pan de mur ? Proposa-t-il. Je ne te parle pas de rose bonbon. Mais plutôt de ce genre-là ?
Il lui désigna du doigt un rose clair auquel elle répondit par une grimace.
- Tu n'aimes pas le taupe et le beige ?
- C'est triste, Amélia.
- Le rose n'est pas plus gai.
- Le rose est bien plus gai. Contra-t-il. On garde le taupe mais on remplace le beige par le rose.
- Tu veux vraiment mettre du rose dans la chambre de notre fille ? Et quand elle aura quinze ans ?
- On refera la décoration.
- C'est ce que tu dis aujourd'hui.
- C'est ce qu'on fera. Nuança-t-il.
- Je ne veux pas de ce rose.
Au bout d'un long moment, ils parvinrent à se mettre d'accord sur un beige et un vieux rose qui plaisait à Amélia plus qu'elle ne voulait bien l'admettre.
Et pendant que Bucky peignait, Amélia lisait des livres sur la maternité ou faisait du yoga, ce qui ne manquait jamais d'amuser son mari.
- Comment elle s'appelle celle-là ? S'enquit-il en la rejoignant sur la terrasse.
Elle était debout, les jambes écartées, son pied gauche était tourné d'un quart de tour vers l'extérieur tandis que le droit était posé sur le sol. Son genou droit était fléchi et sa jambe gauche parfaitement tendue, tout comme ses bras qui étaient tendus parallèlement au sol. Il la regarda rester dans cette position quelques secondes avant de se remettre en position debout pour finalement refaire le même mouvement de l'autre côté.
- Le guerrier. L'informa-t-elle.
Elle l'entendit pouffer et elle lui lança un regard noir qui suffit à lui faire reprendre son sérieux.
- Qu'est-ce que c'est censé faire ?
- Soulager mon mal de dos.
- Je pensais que c'était à ça que servaient mes massages ?
- Ça aide. Assura-t-elle.
Bucky n'ajouta rien. Il l'avait trouvée dans des positions bien plus étranges que celle-là, comme par exemple à genoux, les jambes légèrement écartés, la tête vers le haut et le dos cambré, elle avait ensuite rentré la tête et fait le dos rond. Il avait appris que c'était la position du chat.
- Et les cours de préparation à l'accouchement ? Interrogea-t-il.
- Je ne veux plus y retourner.
- Tu y es allée une fois.
- Je ne veux pas passer deux heures à écouter une femme me dire quelle position je dois prendre quand le travail aura débuté.
- Et les techniques de respiration ?
- J'ai acheté un livre. Je regarderais des vidéos sur internet.
- Tu ne changeras pas d'avis ?
- Des tas de femmes ont accouché sans prendre de cours. La femme accouche depuis la nuit des temps, crois-moi qu'il n'y avait pas de cours au Moyen-Âge.
- Ce n'est pas toi qui me dis sans arrêt qu'on est au vingt et unième siècle ?
