Bonjour, bonjour !

Je viens de retrouver ce chapitre (ainsi que le suivant) dans les méandres de mon cloud. A la base, ils faisaient partie d'un recueil du Kinktober, mais ils sont franchement super soft, donc je me suis dit que je pouvais me permettre de vous les présenter ici.

Enjoie !


Il le faisait exprès, c'était pas possible autrement. Il voulait le provoquer, il savait quel effet il avait sur lui. Aucune autre raison ne pouvait pousser Mirio à venir soulever de la fonte, là, dans sa chambre, avec pour seul vêtement un pantalon de jogging.

Tamaki s'efforçait depuis une demi-heure de se concentrer sur ses devoirs, mais en vain. Il avait déjà pris beaucoup d'avance, et n'aurait pas à s'inquiéter s'il n'arrivait à rien ce soir. Mais ce n'était pas par sérieux qu'il s'était plongé dans ses manuels, non. C'était pour éviter la vision enchanteresse de ce qui se déroulait à l'autre bout de sa chambre.

Ces dortoirs s'étaient révélés bien plus dangereux qu'il ne le pensait. Il lui était déjà assez difficile de résister à l'envie de le toucher en classe ou en cours de sport, alors dans des quartiers privés, où ils se retrouvaient si proches, si souvent… Il s'efforçait de ne pas écouter son souffle à chaque fois qu'il faisait descendre le poids, de ne pas imaginer ses biceps rouler sous sa peau à chacun de ses mouvements, de ne pas rougir plus que de coutume, mais en vain. Il se demandait parfois si Mirio avait une idée de l'embarras qu'il provoquait chez son ami… enfin, petit-ami… enfin, il ne savait pas vraiment, pour être honnête. Ils s'étaient embrassés en première année, pendant les vacances d'été, sous le feu d'artifice d'une matsuri. Plus cliché, tu meurs. Depuis, ils avaient recommencé, encore et encore, à la dérobée, loin des regards indiscrets.

Ils n'étaient pas vraiment allés plus loin. Ils avaient bien échangé quelques timides caresses, mais jamais Tamaki n'avait eu l'occasion de toucher Mirio comme il le voulait. Il rêvait parfois de tracer tous les contours de ses muscles du bout de ses doigts, avant de rejeter ces fantasmes gênants. Rien ne lui disait que son ami voulait de ce genre de relation. Peut-être le prendrait-il pour un pervers…

Il finit par craquer. Son regard était irrémédiablement attiré par la luminescence que dégageait Mirio, il en avait toujours été ainsi. Il fit pivoter sa chaise de bureau, et resta longtemps à observer le moindre de ses mouvements, la plus petite des contractures. Mirio était si fort et lui si léger il pourrait sans problème le soulever et… non, il préférait ne pas y penser.

Absorbé dans sa contemplation, il eut tout de même la présence d'esprit de croiser les jambes pour dissimuler son érection naissante. Cela n'échappa pas à la vigilance de Mirio, qui lui adressa un grand sourire.

— Ça va ? Tu es… tout rouge, d'un seul coup. Enfin, plus que d'habitude.

Tamaki secoua la tête. Non, il aurait mieux fait de hocher, pour que Mirio ne s'inquiète pas. Il opta pour cette solution. Il finit par ressembler à un de ces petits chiens en plastique sur les plages arrières des voitures, ce qui n'était pas des plus rassurants.

Avant que Tamaki ait eu le temps de réagir, Mirio se leva et franchit la distance qui les séparait. Il tira son ami à lui, qui ne put résister et le pressa contre son torse. Jamais Tamaki n'avait été en même temps aussi mortifié et euphorique. Euphorique parce qu'il pouvait enfin toucher ce corps tant désiré sans aucune barrière et mortifié parce que, dans la position où ils se trouvaient, Mirio ne manquerait pas de remarquer son état et Dieu sait comment il le prendrait.

La réaction ne se fit pas attendre. Doucement, il se pencha sur le visage de Takami et posa ses lèvres sur les siennes. Bien que de l'extérieur, il n'ait rien d'exceptionnel, ce baiser ne ressemblait à aucun autre. Tamaki passait ses mains partout où il pouvait, détaillait à l'aveugle biceps, trapèzes et pectoraux, savourant chaque centimètre carré de peau auquel il avait accès.

Les yeux toujours fermés, il se sentit soulevé du sol, avec une aise encore plus déconcertante que ce qu'il s'était imaginé. Il se sentait poupée de chiffon et pour la première fois de sa vie, il n'en tirait aucune honte, bien au contraire. Tant de faiblesse lui permettait d'apprécier encore plus le contraste avec la force de Mirio. Et quelque chose lui disait qu'il n'avait pas fini d'en profiter.