Bonjour !
Comme indiqué dans le chapitre précédent, ce texte faisait à la base partie d'un défi Kinktober. Il est donc un poiiiiiiil plus olé-olé que les autres du recueil, mais vraiment à peine. Je préférais quand même prévenir, histoire de ne pas trop vous prendre de court.
Bonne lecture !
Momo se réveilla dans l'infirmerie deux heures après la fin de l'exercice, vidée de ses forces. Elle avait beau s'être battue de toutes ses forces, avoir anticipé chaque mouvement de leur adversaire, construit une tactique certes risquée mais qui n'avait que peu de chances d'échouer, elle avait tout de même perdu. Ils avaient perdu. Quel piètre chef faisait-elle…
Personne ne semblait lui en vouloir. Ses coéquipiers lui rendirent visite les uns après les autres, et tous affirmèrent qu'elle avait pris toutes les bonnes décisions, que leur échec n'était qu'un manque de chance et que sans elle, la classe B les aurait neutralisés en quelques secondes. Pourtant, plus ils tentaient de la rassurer, moins elle les croyait. Toutes leurs belles paroles sonnaient à ses oreilles comme des mensonges, de jolies histoires pour ménager son ego blessé. Elle n'avait pas besoin de ce genre d'attention.
Alors qu'elle était sur le point de se rendormir, Momo reçut une visite plus inattendue. Kendo débarqua dans l'infirmerie, tout sourire, un sac plastique à la main. Elle semblait en forme, même après leur affrontement, ce qui ne fut pas pour améliorer son humeur. Que cherchait-elle en venant la voir ? Kendo ne semblait pas du genre à fanfaronner sur sa victoire, et encore moins dans un tel contexte.
— Ça va mieux ? La fille invisible – j'ai pas du tout retenu son nom, pardon – m'a expliqué que tu rechargeais ton pouvoir en mangeant, alors je me suis dit que ce serait la moindre des choses.
Elle lui tendit le sac plastique Momo était encore trop épuisée pour y réfléchir, alors elle le prit et la remercia. Il contenait une demi-douzaine de pains melons encore tièdes, qui dégageaient une odeur alléchante.
— C'était un beau match, dit Kendo. Je ne doutais pas que tu serais un adversaire à la hauteur, et tu m'as encore plus mise en difficulté que ce que je pensais. C'était… c'était vraiment bien.
Elle se tenait les mains derrière le dos et pinçait ses lèvres quand elle hésitait, un rose pâle couvrait ses pommettes. Du peu qu'elle connaissait sa camarade, Momo ne l'avait jamais vue aussi timorée. Kendo se tenait toujours droite, déterminée, les yeux fixés à l'horizon.
— J'ai encore beaucoup de progrès à faire, déplora Momo. Dans une situation de danger réel, mes coéquipiers seraient morts et moi aussi…
Elle allait enchaîner quand elle vit Kendo se pencher vers elle. La fatigue lui faisait tout percevoir comme au ralenti sans autant avoir le temps de réagir, aussi ne fit-elle rien pour l'empêcher de déposer un petit baiser sur sa joue. À la réflexion, elle n'aurait pas voulu la stopper. La sensation des lèvres douces pressées contre sa joue demeura longtemps, refusant de s'échapper.
— Je devrais y aller, s'exclama Kendou en lui adressant un sourire embarrassé, c'est mon jour de ménage ! En tout cas, soigne-toi bien !
Elle tourna les talons et quitta la salle avant que Momo ait le temps de la retenir. Elle resta seule dans l'infirmerie, encore trop faible pour bouger. Petit à petit, la chaleur du baiser se dissipa, et elle eut l'impression de geler sur place. Elle s'enroula dans sa couverture et sortit un des pains melons du sac. Elle avait rarement goûté à ces pâtisseries chez elle, on appréciait surtout les viennoiseries françaises. Elle croqua dans le pain. Leur saveur sucrée valait tous les croissants du monde.
Alors que le soir tombait, elle se recroquevilla sur son lit et ferma les yeux. Derrière ses paupières, elle voyait Kendo, ses cheveux roux et son éternel sourire.
Elles se trouvaient de nouveau toutes les deux dans l'infirmerie. Assise sur le bord du lit, Kendo posa un baiser au coin de la mâchoire de Momo, puis descendit le long de son cou jusque sur son épaule. En même temps, elle déboutonna sa chemise et dévoila un soutien-gorge de dentelle bleue, assortie à ses yeux.
— Touche-moi, pria-t-elle d'une voix fiévreuse.
Momo obéit. Libérée de toute hésitation, elle fit glisser les bretelles et dévoila une poitrine opulente. Elle attira Kendo à elle, pressant leurs deux corps, partageant leur chaleur. Leurs lèvres se rencontrèrent, puis leurs langues, et poussèrent à l'unisson un soupir de contentement.
Leurs vêtements finirent au sol, après une valse de mouvements désordonnés, de jupes et de bas glissés comme on le pouvait le long de jambes fines et douces. La sensation de leur peau nue semblait plus vraie que nature, même si Momo se rappelait parfois, au détour d'un frisson, qu'elle était seule, enroulée dans une couverture.
Après un échange de regards, Kendo débarrassa finalement Momo de sa culotte, dernier vêtement qui lui restait.
Elle se réveilla alors qu'une main chaude se glissait jusqu'à son sexe. Son cœur battait jusqu'à ses tempes et entre ses cuisses, la frustration avait créé une tension douloureuse. La nuit était tombée, l'infirmerie plongée dans le noir. Le fantôme d'un baiser lui brûlait encore la joue.
