Charles se recule de Erik, en sursautant. Raven vient de les surprendre en train d'échanger pour le moins torride. L'allemand soupire et regarde la parabole.
« Le président va faire son discours et vous, vous vous bécotez ? J'hallucine … »
« Raven, merci. Nous arrivons. »
Raven soupire et rentre dans le manoir. Charles pose sa main sur l'épaule de Erik afin d'attirer son attention.
« Erik ? Tu viens ? »
« Non. »
« Erik … »
« Je ne veux pas entendre le discours ridicule et inutile d'un humain. »
Charles se sent piqué à vif.
« Erik ! Ce discours parlera du futur ! Qui concerne humains et mutants ! »
« Je m'en tape. Tu me feras un résumé. »
Charles soupire et rentre, laissant Erik seul. Ce dernier soupire en regardant le télépathe partir puis se reconcentre sur la parabole.
Charles rejoint les autres. Le président fait son discours : il met en garde que si les Soviétiques dépassent une certaine ligne ce sera le début de la guerre nucléaire.
« Shaw sera là. » déclare Hank.
« Pourquoi forcément ? » demande Sean.
« C'est évident. C'est ce qu'il veut depuis le début. » dit Hank.
Charles reste muet, regardant par la fenêtre l'allemand semblant être perdu dans ses pensées.
« Qu'en penses-tu, Charles ? » demande Hank.
« Je pense qu'il faut qu'on dorme bien ce soir. Demain, nous serons à Cuba. »
Ils acquiescent et Raven est étonné de la réactivité de son frère. Charles sort de la pièce, d'un pas décidé sous le regard étonné des autres.
Charles rejoint l'allemand.
« Erik ? Nous allons à Cuba demain. Shaw y sera. »
Erik ne répond pas.
« Erik ? Tu as entendu ? »
« Tu sais d'où viennent mes cicatrices ? »
Charles soupire et répond par la négative.
« Tu refuses de m'en parler dès que je te pose la question … »
Erik soupire, regardant toujours la parabole.
« C'est Shaw. Lorsque je ne faisais pas ce qu'il me demandait, il me punissait. Les marques sur mes bras sont les cicatrices qu'il a volontairement faites … Par contre, ailleurs … c'était pour en quelque sorte m'examiner … Comme un simple et vulgaire rat de laboratoire … »
« Erik … »
« Je n'étais qu'un vulgaire animal pour lui … Et il a fait de moi un monstre … »
« Non c'est faux Erik ! »
Erik sursaute et regarde le jeune professeur.
« Je te l'ai dit il y a quelques minutes … Tu vaux plus que ce que tu crois … »
« Tes belles paroles je n'y crois pas trop Charles … Ca, c'est ce que tu veux bien croire … »
« Non Erik… Cela ne l'est pas … Tu me permets si .. »
Erik l'y autorise. Charles entre dans l'esprit de l'allemand et lui fait surgir des pensées liées à des choses qui ne se sont pas encore produites.
« Regarde Erik … Tu vas devenir sans doute l'un des plus puissants mutants qui existe … Cesse de croire que tu n'es qu'un monstre … »
Charles sort de la tête de Erik. Ce dernier est secoué et regarde ses mains, appréhensif.
« Non … Charles, j'ai déjà du mal à contrôler ce que j'ai déjà … »
« Tu es un mutant Oméga … Tu es destiné à évoluer je suis désolé … »
« Non ! » crie-t-il.
Charles sursaute et calme Erik.
« Erik … Calme-toi … »
Alex vient en courant.
« Charles ! Charles ! Nous n'avons plus de télé ! plus de radio ! On ne capte plus rien ! »
« Je vais régler ça … »
Charles se rend compte alors que Erik a crée sans le vouloir un puissant champ magnétique les coupant du monde.
« Erik, calme-toi … »
« Je … Je ne veux pas … Pourquoi moi bordel ? »
Erik crie et Charles tente de le calmer, prenant un risque énorme. Il sait qu'il ne pourra pas contenir toute la rage à l'état brute de l'allemand mais il peut se contenter de la minimiser au maximum.
« Je t'aiderais Erik … Je serais là … »
Erik regarde Charles et finit par abaisser le champ se calmant. Il se réfugie dans les bras de Charles sous le regard surpris d'Alex.
« Laisse-nous. » lui dit Charles.
Alex rentre dans le manoir, en soupirant. Charles caresse les cheveux de Erik, réconfortant.
« Je peux comprendre que cela te fasse peur. C'est tout à fait normal. N'importe quelle personne aurait peur de l'étendue de tels pouvoirs. Je t'aiderais, je t'en fais la promesse, Erik. »
Erik sanglote sur l'épaule de Charles.
« Pourquoi .. ? »
« On ne choisit pas, Erik. C'est aléatoire. Comme tout ce qui a un lien avec la génétique. »
Erik finit par se calmer et redresse la tête, essuyant ses larmes d'un revers de la main.
« Ridicule … Pathétique … »
« Quoi ? »
« Moi … C'est ce que je suis … Je … Je suis un faible … Shaw avait raison. Je me laisse submerger par ma sensibilité … »
Charles sent un pincement au cœur. Il n'aime pas entendre Erik se dévaloriser : à ses yeux, l'allemand est l'homme le plus formidable qu'il connaisse.
« Cesses donc de te dévaloriser … Tu es loin d'être tout ça. Tu l'as vu toi-même. »
« As-tu aussi vu que je vais ENCORE tuer des gens ? A croire que je suis né pour ça … »
Charles soupire, se sentant un peu démuni. Erik détourne le regard, fixant de nouveau la parabole.
« Tu fais justement peut-être une légère erreur à m'aider … »
« Peut-être en effet. Mais je le fais parce que je t'aime. »
Erik regarde de nouveau le jeune professeur.
« Tu as peut-être tort aussi sur ce point. Je ne mérite pas que quelqu'un m'aime. Pas après tout ce que j'ai fait ces dernières années. »
Charles regarde l'allemand, incompréhensif. Hier, ils s'aimaient comme des fous. Aujourd'hui, c'est tout l'inverse.
« Je ne te comprends pas, Erik. Je dois avouer que là tu me laisses perplexe … »
Erik soupire et rentre à l'intérieur. Charles le suit.
« Erik ? »
« Cesses de me suivre ! » crie Erik.
Un violent champ magnétique se crée et Charles se retrouve propulsé contre le mur. Sa tête cogne le marbre dur et froid et il retombe inconscient au sol. Avant, il aperçoit un Erik, les larmes aux yeux se précipitant vers lui.
