Voici le dernier chapitre, avant l'épilogue.
Bonne lecture.


Chapitre 19 : Vie d'adulte (fin)

Elle m'avait bercé jusqu'à ce que je m'endorme. Ma dernière pensée fut pour mes futures bébés, elles auraient dû connaître Granny. Leur monde aurait été plus beau avec Granny, le mien l'avait été. Je me blottis un peu plus dans l'étreinte de Regina. J'allais rendre mes bébés les plus heureuses possible, j'allais les choyer et les protéger.

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Bien sûr, ça avait été comme la dernière fois. Nos enfants étaient tellement impatients. Malgré toutes les précautions, les jumelles avaient décidé que 7mois et demi suffiraient. Saleté de gamines, faire perdre les eaux à leur mère en pleine nuit, pour mettre pratiquement 10h à sortir… au moins Mathias avait eu la décence d'être rapide.

Ingrina et Corinne Mills avaient vu le jour. Ingrid et Cora avaient carrément pleuré à chaude larme… La vidéo, qu'en avait faite, ma sœur était tellement émouvante. Henry S étaient aux anges d'avoir enfin des filles… Mathias du haut de ses 4 ans avait dit indigné « et moi je pue le caca »… Mon fils, ce poète. Henry J avait pleuré un peu en portant doucement Corinne. Il était merveilleux et le plus doux des grands-frères. Belle, enceinte de trois mois, n'avait pas pleuré, mais elle avait largement reniflé et son âme-sœur Tessy avaient gentiment demandé si elle pouvait en prendre une dans les bras. Elle avait dû attendre patiemment son tour. Les deux bébés étaient allées de bras en bras sous le regard un peu anxieux et surtout contrarié d'Emma et moi, je me mordillais la lèvre, je ne pouvais pas foutre tout le monde à part Henry et Mathias à la porte, si ?

Finalement, après une demi-heure de patience, c'est ce qui était arrivé. Tu avais donné Ingrina à Henry, Corinne à Emma et tu avais mis tout le monde à la porte, même Ingrid pour faire bonne mesure. Pas de privilégier.

Emma m'avait regardé avec reconnaissance et amour et j'avais enfin pu câliner mes louveteaux, tous mes louveteaux et ma femelle. Mon alpha était vraiment heureux, mes enfants et ma femme, ma progéniture et mon oméga. Dans une seule pièce, heureux, protégés.

Je soupire. Quand est-ce que ma famille est devenue si grande, merde !

Les jumelles avaient 5 ans, et naturellement nous fêtions leur anniversaire. Elles avaient invité chacune 4 amis plus deux communes, ce qui faisaient déjà 10 enfants et leur.s accompagnateur.s. Soit exactement, 23 personnes… C'était déjà beaucoup trop.

Puis il y avait les grands-parents, puis la famille de ma sœur… Cela faisait 8 de plus…

Puis Belle et Tessy avec leur fils et leur très jeune fille, puis il y avait Kat et Briana, une très jolie et baraqué oméga, puis Ruby avec une certaine Dorothy, puis Lili avec un certain Killian et bien sûr Mérida et Béa. Et tu rajoutes 12.

Soit 43 personnes sans compter mon Emma, moi et mes enfants… Le jardin était grand mais il y avait des limites. 43 dont beaucoup trop qui buvaient de l'alcool à l'anniversaire de petites filles de 5 ans…

Ma sœur était pompette et Robin n'était pas loin. Il était si content après son voyage réussi au Canada. Il avait géré et avait fait une publicité d'enfer au cabinet. Zéléna avait vraiment trouvé sa voie dans le militantisme en faveur des omégas et Lili était clairement en train de la suivre mais d'un point de vue bien plus politique. Killian était un bêta intéressant, il aimait surtout sa moto et Lili et je l'avais presque convaincu d'essayer de monter à cheval. Tessy était adorable et elle vénérait littéralement ses enfants Hermione et Emma, nommé d'après mon ange et elle aimait passionnément Belle. Elles avaient découvert qu'elles étaient des âmes sœurs, après 6 mois de relation et elles ne se quittaient plus depuis. Tessy était professeur de littérature et Belle l'adorait. Je pensais que c'était surtout à cause de sa bibliothèque géante mais bon, ce n'était que mon avis. Je remerciais le ciel pour Belle, car elle avait appris à mes enfants à aimer lire du classique à la bande dessinée, du manga au essai, Henry surtout dévorait tout. Mathias était plutôt attiré par les romans graphiques en tout genre et ses dessins étaient vraiment beaux. Des cours de peintures et dessins étaient déjà prévu pour l'an prochain. Mes toutes petites étaient encore bien jeunes mais Belle passait toujours un long moment avec elles à la bibliothèque pour choisir le livre du soir, à lire et à faire lire…

Dorothy et Ruby étaient le couple le plus dégoulinant d'amour… Je me demandais si je ressemblais à ça au début avec Emma… Si c'était le cas… Et bien je comprends les moqueries de ma sœur. Après sa rupture définitive avec Lili, Ruby avait eu un peu de mal, mais maintenant, avec Dorothy, elle vivait le grand amour. Dorothy l'avait dragué dans le bus, qui fait ça ? Elles avaient en commun l'amour de la nature et des bêtes. Dorothy travaillait dans un chenil et Ruby, après avoir beaucoup cherché sa voix ici et là, avait fait des études de pâtisserie. Elle travaillait en tant que pâtissière dans une boulangerie de la ville.

Briana était aussi forte que Kat était douce. Briana, malgré son statut, était dans l'équipe féminine de hockey de Vancouver, elle avait rencontré Kat alors qu'elle allait aux urgences de l'hôpital à cause d'un nez cassé, une bagarre, je crois à la sortie d'un bar. J'avais entendu Kat dire qu'elle avait d'abord été frappée par l'odeur de bière puis par l'odeur de Briana, suave et forte. Briana, en état d'ébriété, se souvenait de l'odeur sexy de Kat. Elle l'avait honteusement et maladroitement dragué. Kat avait donné son numéro et le reste était plus ou moins allé de soi.

Béa était la compagne de Mérida, depuis et bien depuis toujours… Elle m'avait enfin demandé de l'aide pour trouver une bague et j'étais très honorée. Béa était une femme particulièrement forte et impressionnante. Elle avait fait des études de droit, elle aussi, elle était allée vers les forces de l'ordre pour finalement ouvrir un bureau de détective. Je l'avais engagé quelques fois pour le bureau mais son efficacité était telle qu'elle était au service du cabinet Mills presque continuellement. Je la considérais comme un atout pour l'entreprise mais aussi et surtout, je la considère comme une amie. Mérida après avoir brillé comme archère avait décidé de reprendre ses études pour devenir professeur de sport. Avec quelques petites conversations, ici ou là, j'avais légèrement aidé sa carrière dans la ville. La ville trouvait amusant d'avoir des archets et surtout des archets à cheval et je trouvais ça génial. Je n'étais pas trop mauvaise et Henry était carrément excellant. Mathias aimait surtout s'occuper des chevaux pas les monter et il préférait les sports d'équipe. Les jumelles n'étaient pas encore en âge pour faire du tir à l'arc mais elles allaient monter sur un cheval dès l'an prochain. Béa voulait se marier avec Mérida et ce n'était pas trop tôt. Elles étaient ensemble depuis presque 6 ans. La bague était très belle, Mérida allait l'adorer.

Je regarde l'heure. Il était 17h, largement l'heure d'ouvrir les cadeaux et de manger les cadeaux. Peut-être que d'ici une heure ou deux, j'allais pouvoir récupérer ma maison et ma famille.

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Après avoir eu mon master en droit, j'avais naturellement commencé au cabinet Mills. Mais assez vite, j'ai trouvé ça eu peu nul et puis ça n'avait rien avoir avec ce que je voulais vraiment faire. Alors j'avais créé le cabinet Swan pour aider les familles en détresse, pour aider les mineurs du système d'adoption. Ça c'était ce que je voulais faire.

Et chaque matin, je me levais avec l'idée nette d'aider des jeunes, d'aider des familles. J'étais en contact avec des dizaines d'association, des dizaines de familles d'accueil, des dizaines d'assistants et assistantes sociaux… J'aidais et améliorais le système.

J'étais très fière de ça.

Je comprenais pourquoi Régina m'avait obligé à sortir de la maison… A reprendre mes études en main, à faire quelque chose. Je l'aimais tellement à l'époque, je pensais qu'elle pouvait être mon monde entier mais maintenant, je comprends pourquoi elle m'a forcé à sortir.

Elle était mon monde, elle et notre famille, nos enfants, mais j'étais autre chose qu'une mère, qu'une oméga, qu'une épouse. J'étais aussi avocat et patronne. J'étais très fière. Je travaillais avec Zéléna, avec Lili. J'avais sous ma direction 21 personnes, notre équipe était dynamique et assez jeune. Chacun de nous voulait aider et rendre les choses un peu moins difficiles pour les autres, surtout pour les enfants.

J'étais vraiment heureuse, mes quatre enfants étaient grands maintenant, les jumelles avaient 7 ans, Mathias 10 et Henry presque 17. Il était tellement heureux, il avait l'âge que j'avais quand j'avais rencontré Gina quand elle nous avait sauvé. Quand nous avions fêté ses 16 ans, j'avais pleuré dans notre lit. J'avais pleuré et je m'étais recroquevillée contre Gina… L'idée de ma vie sans Gina, pire la vie d'Henry sans Gina, ça m'avait fait pleurniché. Régina m'avait serré contre elle, murmurant des mots apaisants. Henry était si heureux, si épanoui, si fort. Il était tellement beau et ça me faisait pleuré. Quand j'avais dit à Henry qu'il n'était pas biologiquement un Mills ça l'avait secoué mais la biologie n'avait pas d'importance. Il était mon fils et celui de Régina. Il l'avait été à l'instant où elle l'avait vu la première fois.

Il était heureux, il avait des amis, des amies. Il était dans les premiers de presque toutes ses classes, il faisait du sport et surtout il adorait aller avec ses frères et sœurs à l'équitation. Ils étaient une fratrie unie et joyeuse, malgré les différences d'âge. Deux alphas Henry et Corinna, Mathis était un bêta et ma toute petite Ingrina était une oméga. J'avais offert à mon alpha 4 enfants, en pleine santé et heureux.

Je m'étais promis de pas pleurer mais là. Alors que Mérida dans une robe à couper le souffle remontait l'allée vers Béa, je pleurnichais aussi silencieusement que possible. De tout façon, le père de Mérida sanglotait avec bruit donc j'étais couverte.

La semaine avait été bien remplie. Avec l'enterrement de vie de jeune fille de Mérida, les derniers préparatifs pour le mariage, j'étais fatiguée. Oui, j'étais fatiguée et donc plus émotive, voilà. Régina entoure ma taille de son bras pour me réconforter même si je vois un sourire moqueur sur ses lèvres. Si même mon alpha est méchante…

J'adorais les mariages surtout quand c'était celui des autres, beaucoup moins stressant et je pouvais encore plus danser.

Je surveillais du coin de l'œil mes enfants en train de danser comme des fous et je me tourne vers Ingrid et Cora. Je leur demande de jeter un coup d'œil sur les petits Mills en délire avant d'attraper le bras de Gina pour aller danser. Je pose ma tête sur l'épaule de Regina et soupire de bien-être. J'adorais danser avec Gina, c'était le seul vrai avantage de toutes ces soirées professionnelles auxquelles je l'accompagnais. Je pouvais danser. Le fait que je la fasse aller en boîte de nuit environ une fois par mois avec Zéléna, Ruby et Mérida et leur partenaire parfois même avec Lili était un petit miracle que je devais sans doute à ma menace de la priver de sexe.

Je pose mes lèvres sur son cou et je la sens frémir. Ses mains sur les hanches se crispent et je la sens murmurer :

-Mon allumeuse. Son ton est à la fois joueur, tendre et légèrement menaçant. J'adore. Je lèche soumise et coquine son cou et sa main attrape ma chevelure pour me faire reculer. Plus tard mon ange, plus tard. Je fais une petite moue et me met sur la pointe des pieds pour l'embrasser. Je l'aime tellement.

Je soupire. C'était la DOUZIEME bague et malgré toute ma bonne volonté et la bonne volonté du vendeur, il y avait de limite. Surtout que c'était la troisième bijouterie.

-Ruby ?! Sérieusement, il faut choisir, là !

-Je sais, je sais… mais je… Je ne suis pas sûre… C'est important okay ? Si elle ne l'aime pas, elle va pas vouloir se marier… Donc il faut que je fasse le bon choix.

-Ruby, si elle n'aime pas la bague, elle l'échangera. Elle va dire oui, tu l'aimes, elle t'aime, donc tout va bien. Ta mère l'adore, son père t'adore. Sa mère te déteste pour la lui voler et ton père la trouve à son goût, Ruby grimace au souvenir de son père disant qu'elle était sexy cette petite, donc tout va bien. La bague on s'en fout, elle va à peine la regarder, elle te regardera dans les yeux et te sautera au cou.

-Enfin, la bague est quand même… Je foudroie le vendeur du regard. Il veut qu'on reste là toute la journée ou quoi ?

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Après le mariage de Béa et Mérida et les fiançailles de Ruby et de Dorothy, ça avait été le tour de la procréation.

Tu étais marraine d'une petite fille du nom d'Isé et c'était merveilleux. Belle était tellement heureuse et Tessy était au ange. Elle piaffe presque comme un chiot alors qu'elle montre à tout le monde une photo de son bébé. Elle te rappelle Régina avec tes enfants.

Tu souffles doucement sur le visage d'Isé et Belle te regarde faire. Elle est heureuse que tu sois là. Tessy est du genre à flipper malgré sa joie et elle a peur de prendre sa fille. Belle est trop crevée pour gérer les émotions de son alpha.

Isé était sublime. Elle avait 6 ans de moins que les jumelles et elle comblait une petite envie de bébé que j'avais depuis quelques temps. Je savais que 4 enfants étaient suffisants, et il me suffisait mais quelques fois, j'avais envie d'avoir à nouveau une vie à l'intérieur de moi. Belle était d'un avis contraire et elle l'avait très très clairement fait comprendre à la ronde pendant l'accouchement. Tu ne l'avais jamais entendu dire autant d'insulte de ta vie.

Régina, elle était marraine d'un petit Ethan le fils de Kat et de Briana. Elles ne s'étaient pas mariées et ne souhaitaient visiblement pas l'être. Les jumelles tentaient de les faire se marier parce qu'elles, je cite, voulaient une belle robe comme lors du mariage de Ruby et de Dodo. Dorothy avait le surnom le plus nul du monde. Mais Kat était catégorique sur la question et Briana ne semblait pas s'en inquiéter.

Tu étais tellement heureuse avec tes enfants et ton alpha. Tu avais une vie parfaite et remplie.
Les petites allaient entrer en CP et étaient excitées comme des puces. Tes garçons étaient doués et sages à l'école, tu ne pouvais pas rêver mieux.

Mais ça ne pouvait pas durer.

Tu avais presque fait une crise de panique quand on t'avait dit que ton père était à l'hôpital.

Tu avais eu besoin d'Emma pour te calmer. Henry avait voulu venir mais il fallait quelqu'un pour garder les petits, tu ne voulais pas laisser des enfants de moins de 15 ans tout seul. Alors il était resté et Emma avait conduit jusqu'à l'hôpital. Tu avais cru que perdre Granny avait été dur, mais perdre ton père t'avait dévasté. Ça avait dévasté tout le monde. Ta mère était en larme et n'avait presque pas lâché ta main après que tu sois arrivée. Tu avais été aussi incapable qu'elle de gérer la situation. C'était Emma et Zéléna qui avaient tout organisés. Tout gérer.

Ça avait été si rapide. Une crise cardiaque foudroyante et… juste choisir un cercueil. C'était injuste. Tellement injuste. Il aurait dû être là à la remise des diplômes de chacun de ses petits-enfants. Il aurait dû être là pour leur mariage, pour… pour tout…

Mais il ne serait pas là, il n'était plus là.

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Perdre Henry Sénior avait été un drame pour tout le monde. Mais surtout pour Régina et Cora. Elles avaient été effondré pendant des semaines. Cora surtout était celle qui était le plus en colère. Elle était seule et elle ne savait pas comment faire. Ils avaient eu tant de projet, tant d'idée pour occuper leur retraite. Et tout cela ne servait plus à rien.

Mais tes filles avaient trouvé un moyen de faire sortir et ta femme de son isolement. Elles avaient décidé d'avoir besoin d'aide pour absolument tout. De l'équitation à leur cour de math en passant par le shopping et les conseils coiffure. Cora était devenue la référence pour tes filles. Tes filles harcelaient presque leur grand-mère au téléphone, et comme tout bon Mills tes filles avaient une petite bouille absolument adorable qui empêchaient tout être humain de leur dire non.

C'était mes filles et sa sœur qui avaient aidé Régina à s'en sortir. Il avait exigé comme tout bon adolescent de passer un moment privilégier avec sa mère. Il avait exigé deux heures d'équitation par semaine. En entendant cela, Mathias avait exigé comme tout bon garçon de passer du temps avec sa mère, et donc Régina avait dû devenir coach assistant pour ses entrainements de tennis. Les deux garçons avaient monopolisé l'attention de Régina, comme Zéléna d'ailleurs… Elle demandait continuellement des conseils juridiques à ma femme.

Cora comme Régina avaient été sollicité et leur blues était passé.

La vie devenait supportable. Même si j'étais seule pour jeter un coup d'œil à la voiture de Zéléna qui ne fonctionnait pas bien... J'avais perdu un père et ça avait et faisait toujours juste un peu trop mal parfois. A l'anniversaire de sa mort, nous avions invité tout le monde chez nous. Il ne manquait que les deux grands garçons de Zéléna partis à la fac… Le repas avait été beaucoup trop silencieux jusqu'à ce que Matt commence à raconter un souvenir de lui et de son grand-père. La soirée avait été passé à se raconter des souvenirs. Cora avait même raconté quelques excentricités qu'Henry avait faites pour la séduire. Régina et Zéléna avaient été mi choquées, mi amusées.


L'épilogue est pour bientôt.