Il était une fois un Shinigami légendaire devenu gérant d'une boutique mortuaire sur Paris. Chapitre entièrement dédié à Undertaker.
Chapitre 160 : #136649
La journée avait été ordinaire. Il venait d'honorer sa liste d'âmes à récolter, sans pitié ni délai. Il était cependant hors de question de s'octroyer du repos ; l'inactivité n'engendrait que la paresse et donc la désescalade de l'échelle. Et cet employé modèle se donnait corps - et... âme ?... - à son travail.
Il s'était vu convié, lors d'une assemblée extraordinaire, pour y être officiellement félicité.
Le fleuron de la Division de Récupération. L'employé montant. Un exemple. Solide. Sûr.
#136649 ne s'accordait que peu de repos. Tout au plus se plongeait-il dans la lecture attentive des innombrables règles régissant la vie des Shinigamis en fonction.
Les humains... étaient si faibles. Cependant, leur arracher la vie demeurait un acte complexe.
En devenant un citoyen de l'au-delà, 136649 avait gagné en vitesse et en puissance. L'immortalité, elle, n'était qu'une forme d'expiation.
Il était devenu une légende en récoltant les âmes de Robin des Bois et Marie-Antoinette de France. Rien ne l'avait perturbé dans son travail, ni plaintes ni gémissements.
Il était cité en exemple lors de la formation des nouveaux arrivants et lorsque les frais émoulus le croisaient au détour d'un couloir de l'Organisation, c'était l'événement !... Une véritable rock star. Le mouvement, pourtant, le laissait de marbre. Seule comptait la tâche de laquelle il devait s'acquitter.
Il s'était pourtant permis une seule et unique fantaisie ; celle de soigner son look.
Costume de rigueur, sombre, long pardessus de couleur similaire, cravate sur col blanc, bottines et élégant catogan en faisaient un être à part - arborer un tel look, non conventionnel, était généralement toléré par les Hautes Autorités. L'essentiel étant de rendre une liste des morts impeccable.
Ainsi, siècle après siècle, il effectuait son travail sans la moindre variation de comportement. Loyal jusqu'à la moelle, d'une célérité exemplaire, il ne s'attendait sans doute pas à tomber... comment dire ?... sur un os.
Le rouage était si parfait que rien ne semblait pouvoir enrayer l'irréprochable mécanique.
C'était sans compter sur cette essence qui échappait à toute chimie... l'amour. Ah, l'amour.
L'amour auquel il ne pouvait prétendre.
L'amour, chacun le sait, est un véritable poison. Qui s'insinue dans les veines, se distillant à chaque organe - le coeur étant le plus sensible du lot.
Sa faux venait de trembler au lieu de frapper. Le regard phosphorescent passait du nom sur la liste à la victime agonisante. Même sur son lit de mort, dieu qu'elle était belle !...
Il avait été incapable de lui arracher le souffle de vie restant. Incapable.
Il avait baissé la tête, résolu d'être anéanti, sentant combien sa vie manquait de sens à présent.
S'il avait été humain, il aurait bien tenté de lui faire la cour... mais qu'attendre d'un être piégé entre deux mondes ?...
Ainsi, elle devint son seul, unique objectif. Il accomplissait désormais son service sans la moindre émotion et machinalement. Puis il prenait du temps à l'observer, toujours placé en hauteur, indétectable. Elle était devenue son obsession !...
Il venait de faillir et à présent il trahissait les règles même qu'il avait appliquées depuis des siècles. Il avait beau se les réciter en boucle, son nom venait de s'effacer de toute liste, échappant ainsi à la mort imminente.
Tiraillé comme jamais, torturé jusqu'aux jointures de son être, tourmenté par la dualité qui se jouait en lui, #136649 avait perdu tout son panache.
L'épier lui rendait comme une bouffée de vie. L'épier sans se déclarer.
Il se mit à développer un fort ressentiment contre le système de l'Organisation.
Et il devint désireux d'en faire basculer les fondements mêmes. Oh, il en aurait la force et la puissance !...
Il savait pertinemment que ce pas ne tolérerait aucun retour en arrière et qu'il porterait à vie le fardeau d'une telle rébellion.
Il l'avait fait ; détruisant la plupart des Q.G., trônant sur des ruines. Et il avait, en offense ultime, emporté sa faux avec lui au lieu de la restituer.
Puis il était allé se déclarer, grimant sa nature de peur de la voir s'enfuir.
Il ne pouvait ni décliner sa véritable identité ni pouvoir prétendre à un mariage. Il demeura l'amant de l'ombre, dominant un serment à la déroute.
L'ombre. L'ombre était telle un vêtement duquel il était paré.
Le mystère qui l'entourait ne le rendait que plus séduisant encore ; peu loquace et sombre.
Il se mit à haïr ce personnage, finissant par opter pour son antithèse.
Dans une ruelle peu passante de Londres, il s'établit.
Il conserva un métier en rapport étroit avec la mort ; s'occupant des corps et non plus de l'âme.
Gérant déjanté d'une boutique de pompes funèbres, il occupait son poste avec le même dévouement que jadis.
C'est au milieu de cette horde décharnée qu'il découvrit le rire. Et ce fut au beau milieu d'une toilette mortuaire, un événement totalement banal, qu'il eut son plus bel éclat de rire, à s'en rouler parterre, tout en se tenant les côtes. Il s'était mis à parler avec une voix éraillée, toujours prête à s'envoler, se racontant lui-même des farces au sujet des défunts.
L'expérience fut si marquante qu'il décida d'être payé en rire lorsqu'il délivrait des informations concernant le monde souterrain qu'il côtoyait de par son métier.
Il reprit contact avec l'unique descendant de la famille à laquelle il était attaché, veillant sur lui comme du lait sur le feu. Hélas... son âme était déjà corrompue. Qu'à cela ne tienne !... Il trouverait un moyen de basculer le sort, diable ou pas.
Opiniâtre et appliqué, ennemi déclaré du pouvoir en place, le Shinigami tourné croquemort ne reculait devant aucun sacrifice pour atteindre le but ultime ; faire vaciller les fondements mêmes de la mort en personne. Il la verra s'effondrer sur un dernier sursaut de rage et il partira dans le meilleur éclat de rire au monde !...
Caroline glousse en trempant le biscuit en forme d'os dans le thé parfumé.
"La forme t'amuse, Caro line ?"
"Oui, je trouve ça très original. Du reste, vous ne m'avez jamais communiqué la recette !..."
"Secret de croquemort, ma chère." sur un pli de bouche amusé.
Romain nous rejoint, tête encore dans l'oreiller, cheveux en pagaille, t-shirt blanc sur bas de pyjama.
"Romain... toujours aussi peu lève-tôt." s'amuse Undy.
"Je devrai bosser en horaires décalés." s'installant.
Je lui sers le café.
C'est un rituel de prendre le petit déjeuner ensemble.
Romain s'est bien adapté à nos us et coutumes.
"Tu sembles t'être bien fait à nous, Romain." dis-je, ravie.
"Vous êtes faciles à vivre." avec le sourire.
"Eh bien, nous formons une belle et agréable petite famille, tous les quatre, nihihihihi !..." s'enthousiasme Undy.
"Je peux vous poser une question, M. Crevan ?"
"Oh, oui, oui, Romain." ouvert et avenant.
"Qui vous a percé ?..."
"Oh... eh bien, moi-même, figure-toi."
"Hmm mmm. Partout ?" demandais-je.
"My Lady !..." amusé.
Caroline nous regarde tour à tour. "M. Crevan est... percé aussi ailleurs ?"
"Mais oui, ma chère Caroline." dis-je, très amusée par sa réaction. "Seulement il le camoufle à merveille."
"Je n'allais pas m'arrêter en si bon chemin, Caro line !..." renchérit le croquemort.
Je lève les sourcils simultanément. "Percé où il le faut, comme il le faut, Caroline." d'une voix blanche.
"My Lady !" de plus en plus amusé.
"Oh wow, wow, wow !... Toi !..." le tournant vers moi.
Il est magnifique avec ce gilet de costume, sans manches, porté sur une chemise blanche à manches retroussées, cravate étroite, gants sombres, tablier noir frappé d'un lys blanc stylisé sur le devant, souliers vernis.
Il lève les bras, se laissant admirer, tournant sur lui-même en tenant son tablier de manière comique et féminine.
"Suis-je à ton goût ?..." avec une courbette.
"Toujours. Même nu comme un ver." avec un sourire approprié.
"Hihihihihihi !..."
"Vous avez vu comme ça pue la classe ?" amène Caroline en nous rejoignant.
"Et comment !..."
"Nihihihihihi !..."
Sachant Caroline partie, je rejoins Undertaker dans la boutique où il œuvre à la confection d'un cercueil.
Je me pose contre un meuble pour observer. "Tu fais des heures supplémentaires ?"
"Je souhaiterai terminer cette commande, en effet." me dit-il avec douceur, sans se détourner de sa tâche.
"Oh, voilà donc la jolie nuance parme commandée la semaine passée ?..." m'approchant du tissu satiné.
"Oui. Je sens que cette nuance va connaître un succès considérable, nihihihihi !..."
"J'aime te regarder travailler..." m'installant plus confortablement. "Je le pourrai des heures durant."
"Tu me flattes, my Lady. Je suis heureux que mon métier trouve ainsi grâce à tes yeux." sincère.
"Tu excelles dans tous les domaines, y occupant une place choix chaque fois : que ce soit employé modèle au sein de la Division de Récupération, principal dans l'établissement le plus prisé du pays, directeur de ta propre boutique de pompes funèbres... à quoi vas-tu encore t'essayer, Undy ?"
"Aaaah... il faut bien tuer le temps avant qu'il nous tue, my Lady !..." jaugeant son travail d'un œil sûr.
"J'aime ton éclat sous tes airs modestes."
"Huhuhuhu !... Tu me perces si aisément à jour que cela pourrait être offensant s'il s'agissait de quelqu'un d'autre que toi, my Lady."
"Il te reste encore bien des mystères."
"Que je compte bien conserver aussi longtemps que possible pour voir tes yeux pétiller de la sorte !..."
"Et j'adore nous voir et nous entendre jouer cet ode à la vie dans ce lieu dédié aux morts."
"Ah, nous y voilà, my Lady !..." amusé que je finisse par trahir mes attentes.
"Je ne te demande pas s'il te reste suffisamment d'énergie, mon tout beau ?..."
"Inutile, en effet." peaufinant la finition de son cercueil en cours.
Je quitte ma chaise et m'approche, laissant mon revers courir le long de son dos suintant de l'effort rendu. Il en frissonne instantanément.
"Je note que... cela ne peut plus attendre..." ton joueur dans la voix.
"En effet, il y a... quelque urgence..." soufflé à son oreille percée.
Il apprécie de travailler dans sa tenue victorienne, ne portant que la soutane près du corps.
"Demain, je compte retravailler le site de la boutique... et refondre le logiciel de devis et de facturation..." murmuré à son oreille appréciatrice.
"Oooooh... my... Lady..." ronronnant comme un fou dès qu'il s'agit d'attentions portées à son corps ou à sa chère boutique.
"J'aime comme la nature t'a fait."
Je le fais se retourner et me glisse dans ses bras.
"My Lady !..." fortement amusé par mon besoin de contact.
Je me plais fréquemment à imaginer le chemin sinueux qu'aurait pris l'attirance interdite de #136649 à mon égard.
Quel plaisir j'aurai pris, presque à mon insu, à dévoyer un tel employé modèle dont la vie éternelle était vouée à sa tâche.
"Calmement, très calmement. Indéfiniment. Avec indifférence et détachement." voilà la façon dont ce prodige opérait, d'après ses propres mots.
Des siècles à visionner les lanternes cinématiques des défunts. Voir les morts. Toutes les morts.
#136649 est aux antipodes d'Undertaker ; froid, détaché, sans sourire aucun, regard blasé derrière le verre de ses lunettes de fonction.
Éteint. Mort.
Il m'aurait croisé par pur hasard. Ma silhouette lui frappant d'emblée la rétine, rallumant ce sursaut de vie qu'il pensait enterré, mort avec lui. Il aurait eu un sourire, fugace.
Puis ça aurait commencé à sérieusement le travailler. Ma silhouette. La liste des morts du jour à honorer. Ma silhouette, obsédante. Il avait beau fermer les yeux, mon image demeurait.
Se concentrer sur sa tâche. Se réciter les lois interdisant aux Shinigamis de frayer avec des humains, patiemment, paragraphe après paragraphe.
Vaquer avec zèle à ses occupations. S'apercevoir qu'une silhouette dans la rue ou dans un parc lui rappelait la mienne. La chercher des yeux. Fouiller le secteur. Consulter sa montre et se rendre compte qu'un retard a été pris. Le rattraper dans les délais. Rentrer au bercail comme si de rien n'était.
Prendre de plus en plus de retard, l'accumuler. Être obsédé par cette silhouette. Ne voir plus que cette silhouette. Y penser en continu. Occulter le prochain nom sur la liste. Se trouver au cœur d'une bataille organisationnelle contre le temps et ses supérieurs. Commencer à dévaler la pente, lentement, sûrement. Ne plus penser à rien d'autre qu'à ce corps, ce regard, envoûtants.
Renier en bloc les fondements mêmes de l'organisation, commencer à faire de la résistance.
Songer que ce sort est absurde. Penser âprement à en démissionner.
Ne plus être à la hauteur de sa tâche et s'en congratuler.
Suivre la silhouette, l'épier jusqu'à en devenir fou, ne vivre que pour cela.
Troquer le zèle pour la désobéissance. Rire au nez du conseil de discipline.
Programmer sa propre éviction des rangs en causant un maximum de dégâts.
Mon Shinigami petit-déjeune souvent en compagnie d'un mensuel consacré aux métiers nécrologiques - il dispose de trois abonnements distincts, il me semble.
Funéraire est l'un d'entre eux. Crémation Magazine et Résonance funéraire.
Magazine savamment tourné sur une page, il apprécie cette lecture matinale dans un silence quasi-religieux.
C'est son petit moment à lui que je ne permettrai d'interrompre sous aucun prétexte !...
Et dès qu'il en a terminé, il vient ronronner de mon côté. Il a le ronronnement thérapeutique !... Ce son qu'il émet, comme un grand félin, nous apaise tous deux.
Caroline nous trouve souvent tous deux devant le meuble bas de la cuisine, lui placé dans mon dos, bras fermés autour de mes épaules, ronronnant à délice. Le spectacle la touche et la fait rire tout bas. Son patron est décidément un grand sentimental !...
Je n'ai jamais été inquiétée quant à la relation qu'il entretient avec la jeune gothique et je dois avouer que c'est une première pour moi d'être apaisée par la proximité immédiate d'une potentielle rivale. Je sais que les deux sont extrêmement proches du fait du métier et qu'il leur arrive de flirter. Mais j'ai toute confiance en l'un comme en l'autre. Et ça, c'est très reposant.
J'aime les voir courir à leurs petites affaires courantes, agités par la ponctualité des rendez-vous et drivés par le même amour du travail.
Voilà. J'ai retravaillé toute la mise en page du site, l'ornant d'un sobre bouquet de lys blancs (la fleur fétiche d'Adrian). On retrouve d'ailleurs le motif sur les devis et les factures.
Undy a secoué la tête, dans un silence approbateur.
"Caro line." appelle-t-il pour lui montrer.
"Oh ? Ooooh !... Magnifique, quelle sobriété !..."
"Tu me le prends de la bouche. Attention à me le rendre." taquin, agitant son index bagué.
Ils sont trop mignons tous les deux.
Je soulève, d'un mouvement de pied, lentement, la tunique oversized d'Undy, donnant sur les cuissardes sanglées. Caroline glousse à mesure que les sangles s'affichent.
"Je ne sais vraiment pas de quelle manière qualifier le trouble dont tu souffres..." dis-je.
"Voyons... la sanglonite ?..." émet Caroline.
Undy éclate de rire à s'en appeler des larmes. "Caro... line... ne me refait plus jamais ça... j'ai cru y rester !..."
"Il est bien connu que la sanglonite déclenche des crises intempestives de rire, ma chère Caroline." dis-je d'une voix blanche.
"My Lady !..." repartant de plus belle.
"A s'en rouler parterre au plus fort de ladite crise." renchérit Caroline.
"Houhouhou ! Ass... ez !..." s'en tenant les côtes.
"Quel triste sort, en effet. Trouvera-t-on un jour un vaccin contre tel fléau ?"
Il est plié en deux tant il rit.
C'est sa thérapie à lui face à la mort qui lui a arraché tant d'êtres aimés.
Le son percutant et répétitif de ses talons hauts sur le parquet. J'adore. Je ferme les yeux pour le savourer, devinant ses déplacements.
Là, il est arrêté devant le meuble bas de l'entrée et ouvre le courrier à l'ouvre-lettre, demeurant debout pour le lire, en appui sur une jambe.
Il flotte dans l'air le parfum Vétiver de Guerlain qu'il affectionne tant.
Vétiver associe de la bergamote, du citron, de l'orange et du pamplemousse. La sensation qui s'empare de l'homme qui le porte se veut alors particulièrement vive. En ce sens, Vétiver évoquerait presque l'odeur d'une Cologne. Néanmoins, c'est à ce moment là qu'apparaissent ses premiers effluves de vétiver. Cet ingrédient donne ainsi à l'essence un air typiquement masculin et plus charpenté. Qui plus est, en son cœur, le vétiver est juxtaposé à des feuilles de tabac, un ingrédient à cette époque très associé à la gente masculine de haut rang. Néanmoins, comme si Vétiver n'affichait encore pas assez son caractère, Jean-Paul Guerlain décida également d'y ajouter quelques touches épicées de poivre, de piment et de noix de muscade. Enfin, c'est en son fond que s'épanouit réellement sa senteur de vétiver. Celui-ci est même encore enrichi d'autres tonalités boisées.
En outre, il s'achève sur une senteur très riche de bois de santal, de patchouli et de fève tonka.
Vétiver est un parfum qui démarre par une odeur particulièrement vivifiante. En optant pour cet effet, le parfumeur ne s'est pas trompé puisque la fraîcheur est toujours particulièrement appréciée de la gent masculine. Ainsi, Vétiver nous offre l'alliance de la bergamote, du citron, de l'orange et du pamplemousse. Ce concentré d'agrumes n'est pas sans faire écho à la fraîcheur vive et fugace des racines de vétiver. Puis, le cœur de Vétiver se corse et dégage une harmonie particulièrement masculine. On y trouve notamment la présence de feuilles de tabac ainsi que de plusieurs épices telles que le poivre, le piment ou la noix de muscade. Son fond, quant à lui, est sa signature olfactive. C'est ici que se situe précisément le vétiver d'Haïti. Il est alors enrichi de patchouli, de fève tonka et de bois de santal.
Puis j'entends ses pas se rapprocher du canapé dans lequel je chois.
Un souffle, un toucher dans mes cheveux, un baiser renversé. Sa signature.
Il s'accorde une courte pause, lové sur moi, nez enfoui contre ma peau.
Puis il s'éloigne pour préparer le thé.
Nous avons ainsi nos petites habitudes domestiques.
