Charles se réveille allongé sur son lit, la tête légèrement relevée. A côté de son lit, Erik est assis sur une chaise, la tête posée sur ses genoux entre ses bras.
« Erik .. ? » demande-t-il faiblement.
L'allemand relève la tête. Ses yeux sont rougis et remplis de culpabilité. Le télépathe a des vagues souvenirs de ce qui s'est passé mais il se rappelle d'une violente douleur au crâne qui a rencontré le marbre dur du mur.
« Je suis désolé … » dit Erik d'une petite voix.
Charles cligne des yeux, un peu secoué. Puis il se souvient d'un Erik lui criant d'arrêter le suivre puis lui, qui se fait propulsé contre le mur.
Il est si puissant que ça ? Je coris que je l'ai sous-estimé à tort …
« Ce n'est rien, Erik. Je vais bien. C'était un accident. »
« On dirait mon père … » déclare Erik avec une pointe de nostalgie.
« Ton père ? »
Erik approuve par un bref signe de tête mais sans rien ajouter. Il se lève et s'apprête à quitter la pièce.
« Je me demandais, Erik. Quand tes pouvoirs se sont manifestés la première fois, as-tu eu … peur ? »
L'allemand se stoppe dans l'embrasure de la porte, les poings légèrement serrés.
« Oui. » répond-il d'un ton sec.
« Et … tes parents ? Ils ont réagi comment ? »
Erik se retourne, tremblant.
« Je n'aime pas repenser à mes parents. Cela me rappelle … là-bas. »
Un frisson parcourt le corps du plus grand alors le jeune professeur n'insiste pas. L'allemand s'en va, laissant son ami se reposer.
Erik rejoint Raven, inconsciemment dans le salon. Cette dernière est en train de lire un livre, assise confortablement dans le fauteuil de prédilection de son frère. En voyant l'allemand arriver, elle se lève posant son livre sur la table.
« Alors ? Comment il va ? »
« Bien d'après ce qu'il dit. Déjà, il n'a pas perdu la mémoire. »
Raven approuve avant de soupirer.
« Tu devrais faire attention la prochaine fois. Tu risquerais de tuer Charles sans le vouloir. »
Blesser Charles c'est une chose … Mais le tuer … Non jamais !
« Je sais. Mais s'il s'obstine à vouloir m'aider … C'est ce qu'il se produira, Raven. »
« Tu n'étais pas comme ça avant. Tu étais tout gentil et calme. »
« J'étais jeune. J'ai grandi. Et Charles devrait aussi grandir. »
« Tu ne peux pas lui reprocher d'être qui il est ! »
« C'est vrai, tu as raison. Excuse-moi. »
Raven l'excuse.
« Parle-lui. Il a l'impression que tu l'écartes de ta vie. Il veut mieux te connaître afin de t'aider au mieux. »
« Et si je ne veux pas de son aide ? »
« Erik, cesses d'être aussi solitaire et isolé. Charles t'offre la chance de devenir un homme incroyable. Alors, saisis cette chance. »
Raven le laisse quittant la pièce. L'allemand soupire, n'aimant pas se sentir obligé de recevoir les conseils de quelqu'un d'autre. Il quitte la pièce également sans but précis.
Charles fixe d'un regard vide le plafond de sa chambre. Il ne comprend pas pourquoi Erik est si renfermé sur lui-même lorsqu'on lui parle de ses parents.
« Charles ? »
Charles redresse la tête légèrement et voit Erik revenir.
« Oui ? »
« J'avais 9 ans. »
Erik est décidé à parler alors Charles va en profiter.
« 9 ans ? Comme moi … »
« J'avais 9 ans et … ce qui a déclenché ma mutation c'est … une violente dispute entre mon père et mon oncle qui se sont donc éloignés les années suivantes … »
Charles regarde Erik et l'invite à venir s'assoir.
« On était à table. J'avais aidé ma mère pour le repas. Et lorsqu'ils ont commencé à se disputer, tous les couverts se sont mis à flotter dans la pièce. Et moi, j'hurlais qu'ils devaient arrêter, que je n'aimais pas les disputes. Ils n'ont pas compris immédiatement ce qui se passait. Mon oncle a pris peur, pensant que la maison était hantée et est parti sans manger le dessert … »
« Et tes parents ensuite ? »
« Mon père n'a pas arrêté de me fixer et a noté le changement de couleur de mes yeux. Ils étaient devenus gris-acier. Ma mère a eu peur pour moi et m'a pris dans ses bras. Quelques jours plus tard, cela s'est reproduit. Je suis rentré de l'école comme tous les soirs et j'ai exprimé tout ce que j'avais ressenti en foutant le bazar dans le hall de ma maison. Le porte-manteau s'est tordu et les murs vibraient. C'est ce jour-là que mes parents ont compris que je ne serais jamais comme les autres, que j'étais … différent. »
« Il s'était passé quoi dans ta journée ce jour-là ? »
« Charles, je suis juif et j'ai vécu durant la période où les Juifs étaient critiqués, pointés du doigt. »
Charles se relève et vient s'assoir à côté de lui. Il caresse son dos.
« Cela n'arrivera plus jamais, Erik. Personne ne t'obligera à faire quoique ce soit. »
Erik soupire et pose sa tête sur l'épaule de Charles.
« Mon immatriculation, 214782, je la porte comme un fardeau … Tous les jours. Tu ne sais pas ce que c'est d'avoir un numéro écrit sur ton bras à vie … »
« Tu ne dois pas voir ça comme un fardeau. Cela fait partie de ce que tu es Erik. Et pas en négatif. Tu es la preuve vivante de ce qui s'est passé là-bas. »
« Personne ne pourra comprendre les atrocités des camps .. »
« Oui c'est vrai tu as raison. Mais tu en a été la victime et franchement, je trouve que tu t'en sors plutôt pas mal. »
Erik rit légèrement.
« En me repoussant toute à l'heure … Tu m'as fait mal au dos aussi … »
« Tu ne pouvais pas demander à Hank de t'examiner ? »
« Et me mettre torse-nu devant lui ? Tu es fou toi … »
Erik rit puis Charles sourit enlevant sa chemise.
« Il n'y a que toi qui peut me voir à moitié dévêtu … »
« Même plus … » dit Erik avec un air dragueur.
Charles rougit, un peu mal à l'aise.
« Allonge-toi .. » lui susurre Erik à l'oreille.
Charles frissonne et s'allonge sur le ventre. Erik se met sur lui à califourchon et entame un lent massage.
« Tu me dis si je te fais mal … »
Charles approuve et ferme les yeux.
Au bout de quelques minutes, le massage de l'allemand étant terminé, les deux hommes sont dans les bras de l'un de l'autre, endormis.
