Bonjour, bonjour !
Cet OS se passe dans un futur proche des événements de MHA, mais il n'y a pas de spoilers à proprement parler. Rien de tout ce qui arrive dans la situation initiale ne s'est passé dans le manga (pas encore du moins, peut-être que le futur me donnera raison). Donc même si vous ne suivez que l'anime, vous pouvez avancer sans crainte. Il y a juste une touuuuuuuute petite évocation de quelque chose qui ne s'est pas encore passé dans l'anime, mais c'est assez minime pour ne pas être considéré comme du spoil à mon sens.
Bonne lecture !
Ils observaient, impuissants, alors que Midoriya faisait face à leur ennemi ultime. Ils auraient dû se douter que cela finirait ainsi, que le combat ne serait pas gagné d'avance. Quand les efforts conjoints des héros et des élèves de Yuei étaient venus à bout de Shigaraki et ses sbires, on avait cru à la victoire. On avait cru trop tôt.
Désormais qu'il savait que Midoriya était le successeur d'All Might, All for One avait mis son plan à exécution. Les héros avaient anticipé l'attaque, mais leur adversaire avait déjà trois coups d'avance. Il tenait désormais Midoriya en joue au milieu d'un immense champ de force, sur les ruines de ce qui avait été Yuei. Si l'apprenti héros s'en était bien sorti au départ, la fatigue se faisait ressentir et All for One avait réussi à l'immobiliser contre des gravats.
En contrebas, les autres élèves de Yuei fulminaient. Ils avaient enfin réussi à repousser les assauts des sbires de All for One et terminé d'évacuer la zone avec des pertes minimales. La barrière invisible avait subi toutes les attaques possibles et imaginables mais le verdict était sans appel : elle tiendrait bon et Midoriya devrait combattre seul.
— La lance a transpercé son bras ! s'écria Mei Hatsume, qui scrutait toute la scène à l'aide de son Alter. Mais sinon, il a l'air d'aller bien !
Personne ne parvenait à écarter son regard de l'affrontement terrible qui se déroulait au-dessus d'eux. Des mains couvraient les bouches, des larmes remplissaient les yeux, des encouragements jaillissaient de la foule. Mais personne n'était dupe, ils ne servaient à rien.
Au milieu des autres, Monoma bouillonnait. Il ne pouvait pas rester là les bras croisés tandis que Midoriya risquait sa vie. La tête entre les mains, il se creusait la cervelle pour trouver un moyen de l'aider. La barrière resterait debout, personne ne pouvait intervenir physiquement. Mais il y avait bien un moyen, un Alter qui lui permettrait de retourner la situation. Il devait y avoir un moyen.
Il scruta tour à tour chacun des membres de l'assemblée, mais aucun ne faisait l'affaire. Une capacité purement matérielle, comme celle de Bakugou ou Todoroki avaient beau être impressionnantes, elles n'auraient aucun effet dans cette situation. Il avait bien songé à utiliser les lianes de Shiozaki, pour creuser sous le sol et se frayer un passage à l'intérieur de la bulle. Mais elle avait eu cette idée bien avant lui et elle s'était révélée infructueuse. Même les Alters des héros professionnels présents ne revêtaient aucun intérêt à ses yeux.
A moins que…
Monoma ne l'avait d'abord pas remarquée, tant à cause de sa petite taille que parce qu'il avait bien mieux à penser sur le moment. Minami Aiba. Après un plus que bref séjour en prison, elle avait bénéficié d'un accord : tant qu'elle travaillait auprès des forces de l'ordre, qui mettrait à profit ses dons en informatique, elle pouvait rester en liberté surveillée. Elle avait fini par rejoindre une petite agence de héros, en tant qu'apprentie, après que ceux-ci lui aient promis qu'ils embaucheraient également Dajuro Tobita quand celui-ci serait remis en liberté. Monoma s'était renseigné sur son Alter, pour la forme, mais l'avait rangé dans sa poubelle mentale, au même titre que les autres capacités débiles qu'il n'utiliserait jamais de la vie.
A croire que le destin faisait exprès de le détromper.
Monoma leva les yeux vers les deux ennemis qui s'affontaient. All for One se rapprochait lentement de Midoriya, savourant déjà sa victoire. Il fallait faire vite !
Sans prendre le temps de se dire que c'était de la pure folie, Monoma courut vers la jeune femme aux cheveux roses.
— Ton Alter, il a quelle portée ? demanda-t-il.
Elle le dévisagea, interloquée, mais finit par se reprendre.
— Il n'y a pas vraiment de portée, il faut juste que l'autre puisse t'entendre. Pourq… ?
— Je te l'emprunte !
Il lui toucha la main et courut tout de suite vers Yaoyorozu. Il avait certes dix minutes de délai avant que sa copie ne fasse plus effet, mais Midoriya ne tiendrait pas jusque-là. Chaque seconde lui était précieuse.
— Eh, j'aurais besoin des enceintes les plus puissantes que tu puisses fabriquer ! Et d'un micro !
Creaty, bien que mal en point, leva le pouce et s'attela immédiatement à la tâche. Ce court laps de temps laissa à Monoma l'opportunité de réfléchir sur ce qu'il s'apprêtait à faire. Ce dernier coup d'éclat réduirait à néant sa réputation. Il était celui qui ne s'était jamais laissé embobiner par ces fanfarons de la classe A, qui croyaient être les personnages principaux et jetaient leur dédain sur tous les autres. Le dernier résistant à l'envahisseur. Et il était sur le point de montrer au monde à quel point tout cela était un mensonge. Certes, il détestait toujours 99,9% de ce ramassis d'incompétents, mais le reste compensait bien.
Tous les regards étaient braqués sur lui quand Yaoyorozu lui tendit le micro avant de s'effondrer. Il devait avouer qu'elle s'était dépassée sur ce coup-là. Pas au point de sauver l'honneur de tous les autres, mais elle avait du potentiel. Devant lui, se dressait deux immenses baffles de concert que n'auraient pas reniées les plus grands festivals.
Il jeta un dernier regard à l'assemblée. Toute la classe B était là, ainsi qu'une bonne partie de la classe A et une poignée de héros professionnels. Alors qu'il prenait une grande inspiration, Manami Aiba surgit derrière lui.
— Je sais ce que tu essayes de faire, haleta-t-elle. Mais ça ne marchera pas, il faut vraiment que ce soit la personne que tu aimes le plus !
Il ne lui répondit que par un haussement de sourcils.
Au-dessus d'eux, All for One levait le poing en direction de Midoriya. C'était le moment ou jamais.
— Midoriya ! hurla-t-il.
Il laissa s'écouler plusieurs secondes, pour s'assurer qu'il avait été entendu. Aux alentours, les autres s'étaient éloignés et se couvraient les oreilles du mieux qu'ils pouvaient. Lui-même n'entendait plus qu'un sifflement aigu.
All for One arrêta son mouvement, et Monoma vit que Midoriya se tournait aussi vers lui, du mieux qu'il le pouvait.
— T'as intérêt à bien écouter parce que je vais pas te le dire deux fois !
Ça y est, le moment de vérité était arrivé, il n'y avait plus moyen de reculer. Il aurait préféré un comité plus restreint, plus intime, pour évoquer ces sentiments qu'il n'était pas encore sûr d'assumer complètement. Mais depuis la fin de la première année, depuis que Midoriya avait appris ce qui lui était arrivé dans son enfance et qu'il avait pris sur lui, cet adorable idiot, de lui prouver qu'il valait bien mieux que ce qu'il pensait, il avait su qu'il ne pourrait pas s'empêcher bien longtemps de succomber. Il en avait fait un ami, loin des yeux des autres pour ne pas perdre la face. Échangé des messages dans les heures sombres de la nuit, quand l'angoisse le tiraillait, quand la peur de n'être qu'un imposteur et que tout le monde voie clairement dans son jeu le rattrapait. Partagé ses musiques préférées et parlé de ses séries favorites, planqués sur le toit du gymnase B. Jamais Midoriya n'avait cessé de l'écouter et de le soutenir dès qu'il en avait besoin. Et un beau jour, il avait dû se rendre à l'évidence.
— Je t'aime !
Les secondes qui s'écoulèrent ensuite furent les plus longues de sa vie. Il avait crié si fort que sa gorge brûlait. Les yeux des autres passaient de lui à Midoriya, de Midoriya à lui. Et s'il ne pouvait plus les entendre, il savait ce qu'ils se disaient. Aucune chance que ça marche, pas vrai ? Ils avaient tous été témoin de explications d'Aiba.
Monoma ne respira de nouveau que lorsqu'une nuée d'éclairs roses entourèrent le corps de Midoriya, suivie d'une fumée de la même couleur. Il l'avait fait, il avait réussi ! Midoriya regarda ses mains, aussi interloqué que l'étaient les spectateurs en bas. Puis il disparut dans une longue traînée fuchsia, si rapide qu'il devenait impossible de le suivre.
Assourdi par la puissance des baffles, il n'entendit pas Kaminari et Ashido de la classe A qui s'approchaient dans son dos. Quand ils le serrèrent dans leurs bras, si fort qu'il en eut une nouvelle fois le souffle coupé, il serra le poing, prêt à riposter. Il ne se rasséréna pas pour autant en découvrant qu'il n'avait pas à faire à des ennemis, mais à des alliés. Comment osaient-ils le toucher, ceux-là ?
Mais bien vite, une marée humaine le submergea. Kirishima s'ajouta à la pile, suivi de Sero, puis de Uraraka. Il nota mentalement leur nom, jurant de se venger plus tard. Mais cela pouvait bien attendre.
