Salut tout le monde !
J'espère que vous allez bien et que le confinement se passe bien !
Prenez soin de vous et de vos proches !
Voici le chapitre 24 ! Bonne lecture !
Chapitre 24 : Aucune limite, aucune concession
Cela faisait déjà de longues minutes que James subissait le courroux de ses parents. Les mots fusaient de toute part. « Insouciant ! » , « Irresponsable », « Fou ». Rien ne lui était épargné.
Il était rentré au Manoir après avoir laissé Cara avec ses parents à l'hôpital. Evidemment, Sirius avait formellement refusé de laisser leur amie et, maintenant, il subissait seul leur colère.
Lily se tenait en retrait, visiblement gênée de cette situation, mais elle était la seule chose positive qu'il voyait en vingt quatre heures. Il n'arrivait pas à s'enlever les images de la veille. Tout ce sang, les pleurs, les cris…son cerveau ne cessait d'y revenir inlassablement.
-Est-ce que vous avez perdu la tête ?! Il y a eu une attaque, James ! Puis où se trouve Sirius, par Merlin ?!
Sa mère était une boule de nerfs. Malgré son âge, elle s'agitait dans tous les sens. L'inquiétude guidait ses paroles, il le savait et c'était pour cela qu'il ne la contrariait pas. Son père l'observait sans dire un mot, comme s'il essayait de deviner les raisons de leur absence du manoir.
-Vous êtes intenables ! Que vous fassiez des blagues au château, je le conçois ! Mais là c'en est trop !
Il aurait bien voulu lui répondre que tout ça dépassait les blagues puériles qu'ils faisaient au château mais il avait l'intime conviction qu'il était préférable pour lui et pour la santé de ses parents qu'il garde le silence. L'attaque avait déjà fait parler d'elle, la gazette du sorcier allait en faire sa première page, il n'avait pas besoin d'en rajouter.
Son attention dériva vers le feu de la cheminée qui se mit à crépiter avant de laisser place à Sirius qui en sortit la mine déconfite. Ce dernier ne se ressaisit que lorsqu'il leva la tête et qu'il les vit. Patmol s'immobilisa en les voyant tous réunis. Il échangea un bref regard avec lui et il ne lui fallut qu'une nano seconde pour comprendre ce qui se passait dans le salon des Potter.
-Merci Merlin ! Tu vas bien ! S'exclama Euphémia de manière théâtrale en se dirigeant vers lui pour l'enlacer.
Cette démonstration d'affection gêna Patmol qui se crispa aussitôt, surpris par cet accueil chaleureux. Les Potter étaient surement en colère de leur absence mais ils étaient surtout rassurés de voir qu'ils allaient bien.
James ne lâcha pas son meilleur ami du regard jusqu'à qu'il prenne place à ses côtés avec précaution. L'ainé de la famille Black semblait complètement déstabilisé par cette réunion de famille. Il avait l'habitude qu'on lui passe un savon, qu'on lui hurle dessus sans jamais se limiter à de simples engueulades. Il avait fait l'objet des sortilèges les plus vicieux à cause de son comportement et James savait que ce genre de réaction le laisser dans un flou abyssal.
-Bien. Maintenant que vous êtes tous les deux sains et saufs, on peut connaitre les raisons de votre absence au manoir hier soir ?
Euphemia n'avait rien en commun avec Walburga Black. Là où Walburga l'aurait certainement puni pour cet affront, Euphemia s'inquiétait et cherchait à comprendre. Elle était soulagée et heureuse de les voir. Sa colère ne voilait que son inquiétude.
-Il y a eu une attaque, lui répondit alors Patmol.
-Nous le savons, Sirius, et nous étions morts d'inquiétude à cause de ça, lui répondit posément Fleamont.
Le jeune sorcier hocha simplement la tête et tenta un regard vers son meilleur ami mais James resta de marbre, accoudé au canapé, visiblement épuisé de leur soirée et parfaitement indisposer à donner la moindre explication.
-Alors ? Insista Euphemia en plaçant ses mains sur ses hanches pour se donner un peu plus d'autorité.
Sirius prit une profonde inspiration. Il était lui aussi fatigué par les évènements. Il n'avait plus la force de faire de la rétention d'informations, pas envers la mère de James qui s'inquiétait comme une mère pour lui.
-Cara a été l'une victime de l'attaque, finit-il par dire.
Lily étouffa un cri de panique tandis que les visages des parents de James prirent la couleur d'un linge blanc, c'est alors que l'ainé de la famille Black prit conscience de la porter de ses mots en voyant la panique traverser leurs visages.
-Elle est en vie ! Les rassura-t-il aussitôt avec maladresse. Nous étions juste à Saint-Mangouste pour nous assurer qu'elle n'avait rien…
Un soupir collectif de soulagement accueillit ses paroles.
-Est-ce que Thomas et Anna sont au courant ? S'enquit Fleamont soucieux.
-Oui, leur répondit James. Ils étaient avec elle avant que je rentre.
-Bien bien…fit son père pour lui même. Je vais leur envoyer une lettre, si on peut aider d'une quelconque manière...
Tout le monde resta silencieux afin de digérer l'information.
-Est ce qu'on peut aller se coucher ? Demanda le préfet en chef. On n'a pas fermé l'œil de la nuit et on est à bout...
-Bien sûr, montez les garçons ! Je vais demander aux elfes d'être discrets. Lui répondit sa mère avec douceur.
Les deux adolescents ne se firent pas prier. Sirius s'éclipsa en deux trois mouvements tandis que James s'approcha de Lily, blanche comme un linge. Elle semblait avoir vu un sinistros.
-Allez Evans ! La taquina le préfet en chef. Il est grand temps de se reposer ! Tu as une mine affreuse !
Sa remarque lui valut un regard meurtrier de la part de la rouquine, ce qui arracha un sourire au sorcier. Le seul point positif de sa matinée pour le moment.
Il entraîna la jeune femme à l'étage et poussa la porte de sa chambre. Lily s'immobilisa sur le pas de porte. James lui jeta un regard amusé. Elle avait un comportement particulièrement étrange depuis quelques temps. Il l'observa franchir le pas de sa chambre avec précaution, comme si elle s'attendait à ce quelque chose lui arrive.
-Tout va bien ? S'inquiéta le gryffondor.
Le maraudeur avait peur d'être passé à côté de quelque chose de grave. Il s'était tellement focalisé sur Cara, sur ses problèmes de santé, qu'il en avait presque oublié Lily. Il pensait à elle mais cela ne lui avait pas traversé l'esprit de lui demander comment elle vivait les événements de leur monde alors qu'elle était en première ligne des concernés.
-Tu n'as pas l'air dans ton assiette…finit-il par dire.
Lily ne put s'empêcher de laisser échapper un petit rire nerveux.
-J'étais morte d'inquiétude lorsque j'ai vu que tu n'étais pas au Manoir ce matin, avoua nerveusement la rouquine.
-Je t'ai laissé un mot sur ton bureau...souffla le maraudeur pour la rassurer.
Un ange passa, elle ne l'avait pas vu.
-Je voulais pas t'inquiéter…lâcha t-il en se passant une main nerveusement dans ses cheveux en bataille.
La préfète en chef haussa les sourcils, sceptique.
-Vous n'étiez pas au manoir lors de l'attaque, tes parents ont retourné le manoir et le jardin pour vous retrouver et j'apprends que Cara fait partie des victimes ! Evidemment que je ne suis pas dans mon assiette !
Elle avait tout déballé d'une seule traite. Son angoisse avait été plus profonde que ce qu'elle avait pu imaginer. Ils auraient pu y laisser la vie lors de cette attaque et cette simple prise de conscience lui coupa la respiration. Inconsciemment, elle se mit à trembler comme une feuille en plein automne. Le maraudeur s'approcha doucement d'elle et posa ses mains sur ses épaules.
-Regarde moi, l'incita le jeune homme.
Les yeux verts de Lily se posèrent dans un premier temps sur ses mains, surprise par son geste, mais refusa de croiser son regard moqueur.
-Regarde moi, Lily. Insista James d'une voix douce.
Cette fois-ci, elle ne put s'empêcher de lever les yeux vers lui. Il arborait un sourire en coin particulièrement énervant à cet instant.
-On était au manoir lorsque que ça s'est passé, la rassura le gryffondor d'un ton léger. Et Cara va bien, elle a juste quelques égratignures mais elle va bien.
Il marqua une pause et prit le temps d'observer les traits de Lily se détendre et ses yeux s'éclaircirent d'un espoir qui réveillait en lui quelque chose de précieux.
-Les medicomages nous ont assuré que ses blessures n'étaient que superficielles...je ne voulais inquiéter personne...je pensais bien faire.
La sorcière scruta ses yeux. Il ne disait pas ça pour lui faire plaisir et cela l'apaisa irrémédiablement.
-Par contre, je suis convaincu que mes jours sont comptés...
Lily fronça les sourcils devant sa déclaration inquiétante.
-Sirius aura ma peau, rit le sorcier. Je suis allé à l'encontre de la volonté de Cara et autant te dire que c'était la chose la plus dangereuse à faire !
La jeune femme roula des yeux, amusée. Il était incorrigible. Même dans ce genre de situation il trouvait un moyen de blaguer et de lui arracher un sourire. La gryffondor remarqua que ses mains n'avaient pas quitté ses épaules et la chaleur qui s'en dégageait la gagnait petit à petit.
Le capitaine de l'équipe des rouge et or se retint à plusieurs reprises de bailler, il essayait de faire bonne figure mais ses yeux se fermaient irrémédiablement et maintenir sa tête droit lui demandait un effort exceptionnel. Elle mourrait d'envie de lui demander des détails sur ce qui c'était passé, mais elle se retint.
-Tu ferais peut être mieux d'aller te coucher ! Rit la rouquine.
-Je préfère attendre un peu, à mon avis Patmol ne va pas tarder à me faire un récap' de ce qu'il s'est passé ! Il est revenu avec une tête des mauvais jours...il s'est passé quelque chose, j'en suis certain. Enfin, en plus de cette attaque…
Lily lui offrit un sourire contrit. C'était définitivement un trait de caractère qu'elle aimait chez lui. Il faisait passer ses amis avant lui, sans se rendre compte à quel point cela pouvait lui porter préjudice.
Les mains du jeune hommes glissèrent jusqu'aux siennes. Il se mit à les lui caresser délicatement du bout des doigts, le regard fixé sur leurs mains et totalement perdu dans ses pensées. C'était tous ces petits gestes qu'il avait envers elle sans s'en rendre compte qui prenaient son cœur en otage.
Elle le sentait lui échapper, se perdre dans le fil de ses pensées. Néanmoins malgré la préoccupation et la fatigue flagrante de James, ses mains ne quittèrent pas les siennes.
-Qu'est-ce qui s'est passé, James ? Finit par demander doucement Lily en attirant toute son attention.
Le préfet en chef leva brusquement la tête vers elle, émergeant de ses pensées. Il était hésitant, cela se lisait dans ses yeux. Il jugeait de la pertinence de ce partage. Elle se douta alors qu'il allait lui épargner les détails.
-Je n'en ai aucune idée, souffla t-il l'air plus inquiet que jamais. Pat' a trouvé Cara dans son appartement, j'ignore comment il a su qu'elle se trouvait chez lui mais…
Le maraudeur se mordit la lèvre de colère et se mit à fixer leurs mains avec intensité. Il était en colère contre le sort et son incapacité à gérer la situation le frustrait.
-L'essentiel est qu'il l'ait trouvé, James.
Il approuva d'un simple signe de tête.
-Cara était…elle était…
L'horreur traversa son regard noisette qui finit par se teinter d'un voile d'une infinie tristesse. Il semblait chercher lui même des réponses à ses questions. Il était dans l'incompréhension. Il lui fallut un moment avant de reprendre.
-C'était un cauchemar, Lily…Je sais seulement qu'elle se trouvait sur le pont lors de l'attaque mais c'est tout…je n'ai réussi qu'à la calmer...
-C'est déjà beaucoup, lui assura la rouquine.
Le concerné secoua la tête. Il aurait voulu faire plus, elle le savait mais parfois la simple présence d'un ami était suffisante.
-Elle n'avait que quelques égratignures, reprit-il en se ressaisissant. J'espère seulement qu'elle sortira de cet état de choc. Elle était totalement paniquée ce matin quand elle a...
Lily scruta le visage du maraudeur qui était incapable de finir ses phrases. Il revivait les moments sous ses yeux. Son visage se crispait de colère et d'inquiétude. Ses yeux d'habitude si rieurs s'éteints assombris, tirant sur le noir. Mais au delà de l'inquiétude, la détermination naissait dans son regard.
-Et Sirius ? Comment il va ?
James sortit de sa stupeur et la regarda, étonné.
-Patmol ?
La sorcière approuva d'un signe de tête. Si leur amie avait été une victime de l'attaque, elle ne douta pas une seule seconde que l'aîné de famille Black l'ait vécu à travers elle. Sa mine avait parlé à sa place lorsqu'il était rentré.
-Je ne l'avais jamais vu comme ça. Lui qui prend toujours tout à la légère ! J'avais l'impression que...
James chercha ses mots.
-Qu'il vivait la même chose que Cara. Je ne sais pas...il est vraiment étrange en ce moment...irrationnel et étrange !
-Il est simplement amoureux, lui expliqua Lily en esquissant un sourire en coin.
Sa remarque lui valut toute l'attention du préfet en chef qui la regarda avec de grands yeux ronds, comme si sa remarque n'avait aucun sens mais il ne pouvait pas ne pas voir l'évidence.
-Non, Sirius n'est pas amoureux, nia le capitaine de l'équipe de gryffondor en laissant échapper un rire moqueur.
Le sourire de la rouquine s'élargit devant son déni.
-Il ne peut pas être amoureux ! Insista-t il.
-Ah bon ? Et pourquoi ? S'amusa-t-elle.
-Ça ne lui ressemble pas ! C'est Sirius ! Il...il...
Le gryffondor butait sur les mots et Lily le regarda amusée se débattre avec son esprit pour ne pas avouer l'évidence.
-Il n'est pas comme ça, conclut-il avec aplomb. Il me l'aurait dit si ça avait été le cas !
La préfète se mordit la lèvre inférieure pour ne pas éclater de rire. Il refusait catégoriquement cette idée. Pourtant, elle était prête à parier un bon nombre de galions sur cela. Les faits étaient tellement criants, il ne pouvait pas ne rien avoir remarqué. C'était une évidence.
-C'est juste...il est juste...balbutia Cornedrue.
Il poussa un soupir, vaincu.
-Il est tellement...et elle, elle est si...
Lily arqua les sourcils devant son monologue incomplet et son air parfaitement perdu. De toute évidence, la fatigue avait eu raison de lui.
-Ça te semble si invraisemblable ?
-Eh bien...quand on connaît le personnage, oui. Lui avoua t-il en haussant les épaules.
La gryffondor gloussa. Il réagissait comme un enfant à qui on avait annoncé que le père noël n'existait pas.
-Ingérable, secret, incohérent...énuméra la jeune femme de ses doigts. Protecteur, possessif…
-Ça va, ça va, l'arrêta James faussement exaspéré. C'est trop pour ma personne pour aujourd'hui !
Lily lui offrit un simple sourire et laissa son imagination vagabondait. Elle ne se serait jamais cru capable d'envier l'une des relations de Sirius black. Lui qui était connu pour être volage.
Ses yeux glissèrent alors sur leurs mains. Celles du maraudeur enveloppaient les siennes avec douceur, elles n'avaient pas quitté leur place depuis. C'était peut-être l'un de ces signes qu'il essayait de lui envoyer cependant elle n'arrivait pas à réfléchir clairement. James brouillait toutes ses fonctions cognitives dès qu'il agissait ainsi. Il lui était absolument pas à réfléchir correctement lorsqu'il était aussi proche, et encore moins lorsqu'il la touchait aussi innocemment que cela.
Depuis le gala, l'idée de l'embrasser ne l'avait plus quitter et la sorcière se sentit immédiatement honteuse de penser à cela au vue de la situation. Elle secoua la tête pour se chasser cette idée complètement déplacée de la tête.
-Qu'est-ce qu'il y a ? L'interrogea James en l'examinant avec attention.
Elle ouvrit la bouche, prête à lui demander ce qui le retenait et pourquoi il n'avait rien tenté mais se ravisa.
-Rien.
Cornedrue l'observa un instant. La jeune femme n'était ni coiffée ni maquillée. Elle sortait littéralement du lit et ne se sentait absolument pas à son avantage, et le regard de maraudeur la mettait mal à l'aise. Il la regardait avec une telle attention, comme s'il avait peur de louper quelque chose.
-J'ai cruellement besoin de sommeil, je risque d'être incapable de gérer tout ça sans un minimum de sommeil ! S'exclama soudain le sorcier en se passant une main dans ses cheveux en bataille. J'arrive à peine à penser clairement !
Il lui lâcha la main et se jeta sur son lit, épuisé, et se déchaussa d'un mouvement de pied las. Malgré l'envie de le rejoindre, la jeune femme ne put s'empêcher d'observer la chambre avec curiosité, la pièce arborait fièrement les couleurs de leur maison mais elle remarqua immédiatement le bazar sur son bureau qui ne devait de toute évidence jamais servir, les équipements de Quidditch posés près de son armoire…mais ce qui attira l'attention de la sorcière fut les différentes photos qui s'animaient ci-et-là sur un mur de la pièce. Une en particulier attira toute son attention, elle représentait les maraudeurs au grand complet en 4ème ou 5ème année, ils paraissaient tous bien plus jeunes que maintenant. Leurs sourires étaient resplendissants et innocents, leurs traits étaient détendus et leurs yeux étaient rieurs et malicieux. Sirius faisait un clin d'oeil à l'appareil tout en chamaillant Peter tandis que James ébouriffait les cheveux de Remus. Une photo des maraudeurs dans toute leur splendeur. Le regard vert de la gryffondor glissa alors sur une photo d'un petit garçon emmitouflé dans le jardin enneigé du Manoir accompagnée d'une petite fille qui riait aux éclats devant un bonhomme de neige qui s'animait. Elle aurait voulu s'en approcher davantage afin de mieux voir mais elle ne fit rien, de peur de paraitre indiscrète.
-On avait tout au plus 3 ou 4 ans…
Lily se tourna vers James, le sorcier se tenait sur les coudes et regardait la photo avec nostalgie.
-La petite fille qui rit sans retenue, c'est Cara, précisa t-il en peinant à cacher sa tristesse.
« Oh... » fut la seule réponse que la préfète en chef réussit à formuler. Ses yeux noisettes s'étaient de nouveau assombris trahissant l'ampleur de son inquiétude.
-Je ne sais pas comment, mais elle avait réussi à animer le bonhomme de neige et ce dernier ne cessait de me faire manger la neige…
La sorcière ne savait pas quoi lui dire pour le rassurer, pour avoir les bons mots dans ce moment. Elle prit alors place sur le lit à ses côtés et croisa son regard. Elle préférait voir le James Potter insouciant avec le regard plein de malice, celui qui passait son temps en retenu au château mais qui avait constamment le sourire plutôt que celui là.
Le capitaine de l'équipe de gryffondor s'allongea sur le dos en poussant un long soupir et se couvrit les yeux de son bras.
-Elle est un membre de la famille à mes yeux, reprit-il d'une voix à peine audible. Elle est mon amie de toujours, ma complice et ma confidente…elle est là sœur que je n'ai jamais eu…On a toujours été que nous deux jusqu'à Poudlard…
Ces derniers mots titillèrent la jalousie mal placée de la sorcière. Elle remercia Merlin que le concerné ne puisse rien voir car elle était certaine que son visage avait été traversée par une mimique d'agacement.
-Tu me reproches de ne pas prendre les devants mais j'ignore…j'ignore ce que tu penses, ce qui te traverse l'esprit, si je fais les choses correctement ou pas. Je suis un peu perdu, avoua James hésitant. Je ne sais plus quoi faire pour te convaincre qu'il n'y a aucun pari, aucun jeu puérile, et que je t'apprécie réellement…
Lily ouvrit la bouche et la ferma à plusieurs reprises, elle voulait lui répondre spontanément mais elle ne trouva pas le courage de le faire. Et lorsqu'elle se sentit enfin prête à lui dire le fond de ses pensées, elle entendit les respirations lentes et profondes de son ami. Il venait de s'endormir.
La rouquine s'allongea alors à ses côtés en se remémorant ses mots, ils avaient quelque chose de rassurant et de désespéré mais elle n'arrivait pas à lâcher prise. Elle avait peur, peur de lui donner une chance, peur de s'attacher davantage à lui et de se faire briser le coeur. Elle avait vu une si longue liste de sorcières se faire briser le coeur par le maraudeur, qu'il était donc difficile de croire qu'elle pouvait être une exception. Pourtant, elle voulait bien y croire.
Et alors qu'elle pensait que James dormait profondément, le gryffondor l'attira contre lui et la sorcière prit naturellement place sur son torse, se faisant bercer par sa respiration.
XOXOXOXOXOXOX
Le soleil filtrait doucement dans le jardin d'hiver de la demeure des Welth et le maître des lieux était incapable de détourner les yeux de sa fille. Il avait encore du mal à réaliser. Elle se trouvait là, face à lui, saine et sauve. Il ignorait encore comment elle s'en était sortie mais elle était bel et bien là et compte tenu des événements, cela relevait du miracle.
Néanmoins, la présence de Cara faisait peser sur lui une culpabilité sans pareil. Alors qu'il pensait que tout allait reprendre son cours normal, sa fille prenait soin de ne jamais partager un repas avec eux, ses questions restaient sans réponse et ses tentatives pour l'aborder échouaient toutes lamentablement. Elle lui avait à peine accorder un regard depuis son retour de l'hôpital. Il voulait lui dire à quel point il était désolé, à quel point il s'en voulait de la tournure que leur dernière conversation avait prise mais surtout il voulait s'excuser de ne pas avoir pu la protéger; mais à chaque fois qu'il essayait de le lui dire, Cara semblait deviner le cours de ses pensées et se dérobait, le laissant seul avec sa culpabilité.
Il ouvrit à plusieurs reprises la bouche pour entamer une discussion avec elle mais il était incapable de prononcer le moindre mot alors il se contenta de l'observer.
Hormis les égratignures sur son visage et la contusion sur sa tempe, elle était intacte. Avait-elle retrouvé sa magie ? Avait-elle eu de l'aide ? Où était Waltz ? Il avait tellement de questions et aucune réponse.
Il poussa un soupir résigné. Elle écrivait depuis son arrivée dans le jardin d'hiver sur un parchemin, ce qui lui arrachait quelques mimiques et sourires de temps en temps. Ce n'était très certainement pas des devoirs qu'elle remplissait. Il imagina sans problème que le destinataire de ces échanges était nul autre que l'ainé de la famille Black. Même s'il n'appréciait guère qu'elle le fréquente, il n'avait rien de particulier à reprocher à ce jeune homme. Il était et resterait un Black, avec le bon et le mauvais qui allaient avec.
-Tu peux dire à Sirius qu'il n'est pas nécessaire qu'il attende le milieu de la nuit pour te rendre visite, commença Thomas d'une voix douce.
Cara s'arrêta immédiatement d'écrire et leva, enfin, les yeux vers lui. Elle arqua les sourcils étonnée. Sa fille jouait parfaitement la comédie. Il s'attendit à une réponse acerbe de sa part, une réaction quelconque de sa part mais la jeune sorcière se contenta de ramasser ses affaires afin de se dérober, une nouvelle fois.
-Où est Waltz ? Lui demanda t-il alors.
La gryffondor leva enfin les yeux sur lui et prononça un seul et unique mot : « Mort ». Thomas se pinça les lèvres, il s'en était douté mais il n'aurait jamais cru qu'elle lui apprendrait la nouvelle aussi sèchement.
-On te trouvera un autre elfe…
-Je me fous d'avoir un autre elfe ! Siffla la jeune fille.
Le sorcier se mordit l'intérieur de la joue. Elle était à vif. Cependant, il en avait assez d'attendre qu'elle soit disposée à parler. Ils devaient parler, c'était impératif.
-Cara, il faut qu'on parle...
-Je n'ai rien à dire, lui répondit-elle simplement.
Un poids s'évapora de ses épaules malgré son refus. C'était les premiers mots courtois qu'il entendait de sa bouche depuis leur dispute.
-Au contraire, je pense que tu as énormément de choses à dire, ma chérie, lui répondit doucement Thomas. Tu as vécu des événements marquants…
Cara s'arrêta de s'agiter et planta durement son regard dans le sien. Quelque chose avait changé. Il n'arrivait pas à déterminer quoi pour le moment mais quelque chose avait changé depuis cette nuit.
-Je n'ai rien à te dire, rectifia sèchement la brunette.
Le sorcier ferma un instant les yeux en entendant son ton. Cela était particulièrement douloureux. Il avait l'impression que chaque tentative, chaque mot qu'il pouvait avoir à son égard se retournait contre lui.
A peine eut-il le temps de rouvrir les yeux que sa fille s'était déjà levée, prête à quitter la pièce.
-Tu ne peux pas m'en vouloir d'avoir tenté de te protéger ! Tenta t-il désespérément.
La gryffondor s'immobilisa en entendant sa voix résonner dans le jardin d'hiver. Elle se tourna lentement vers lui, étonnée, avant de lui répondre :
-Pardon ? D'avoir tenté de me protéger ?
Thomas prit une profonde inspiration. C'était un début de conversation. Certes très glissant mais c'était mieux que son silence. Il s'apprêta à lui répondre mais Cara fut plus rapide que lui.
-Sirius t'avait informé pour la projection et tu n'as rien fait ! Tu lui as dis que les choses devaient se réaliser comme elles étaient prévues ! Explosa la brunette.
Il se crispa de manière imperceptible. Sa réaction avait été prévisible mais cela le blessait. Evidemment, Sirius lui avait tout raconté de leur conversation et elle pensait qu'il n'avait rien fait pour la protéger.
-Je ne voulais pas que tu te retrouves dehors. J'ai envoyé Waltz pour te ramener à la maison car je connaissais le risque que tu courrais dehors et que…
-J'étais sans magie et tu pensais que la seule chose à faire était de laisser les choses se réaliser ! Le coupa la jeune femme en colère.
Le sorcier retint son souffle. Une déferlante allait de nouveau s'abattre sur lui.
-J'ai fait tout ce que j'ai pu pour que tu retrouves ta magie, se défendit-il posément. Mais mes connaissances en magie ont leur limite, Cara.
Il vit un combat s'animait dans les yeux bleus de sa fille et un silence les engloba de manière assourdissante.
-Tu n'as absolument rien fait…finit par dire Cara d'une voix à peine audible.
Il n'osa pas lui répondre de peur qu'elle lui échappe encore alors qu'il voyait une possibilité s'ouvrir à lui. L'instant de colère venait de basculer en quelque chose d'autre, en quelque chose de plus doux.
Elle était un bouillon d'émotions depuis son retour. Il avait tellement peur de déclencher une nouvelle dispute en posant ses questions qu'il n'en posa aucune. Il préféra alors l'informer simplement.
-Les aurors voudront t'interroger. J'ai fait en sorte qu'on te laisse tranquille mais ils ne patienteront pas longtemps...ils ont beaucoup de questions…Prépare tes réponses avec précaution…
Il vit la panique la traverser pendant un bref instant, ce qui ne fit qu'amplifier son questionnement personnel. Il était quasiment certain qu'elle avait retrouvé sa magie, il avait vu des signes qui ne trompaient pas ces dernières heures. Mais à cet instant, il se devait d'être rassurant, même si leur relation n'était pas au beau fixe, elle restait sa seule et unique fille.
-Je ferai tout ce que je peux pour t'épargner ça...
Sa déclaration déclencha un haussement de sourcil sarcastique chez la brunette. Elle avait tellement d'amertume à son égard qu'il ignorait si cela provenait de son incapacité de lui venir en aide ou si tout cela, toute cette rancoeur et colère, était simplement dû à leur discussion sur Sirius.
Il ne put alors s'empêcher de lui demander, il préférait crever l'abcès plutôt que de voir la situation empirer.
-Je peux savoir pourquoi tu m'en veux ? Demanda t-il prudemment.
Cara parut d'abord surprise de sa demande puis éclata d'un rire froid.
-Est-ce que tu te moques de moi ? Répliqua la gryffondor avec cynisme. Je viens de te l'expliquer !
Il devait impérativement rester impassible face à elle. Il n'eut pas besoin de répondre qu'elle reprenait déjà :
-Hormis le fait que tu étais parfaitement au courant pour la projection et que tu n'aies rien fait, que tu étais prêt à mentir pour nuire à Sirius ! Énuméra t-elle en colère. Ou alors le fait que tu aies osé me faire du chantage !
-Je ne t'ai jamais fait de chantage, la corrigea Thomas.
Cara roula des yeux, exaspérée par sa réponse.
-C'était Anna et je m'y suis fermement opposé.
-Ne joue pas sur les mots ! Toi ou maman c'est pareil !
Thomas se leva et fit quelques pas avant de lui faire face. Il pouvait parfaitement lui mentir ou alors jouer carte sur table.
-Et les mensonges sur Sirius ? Lui demanda la brunette en croisant ses bras sur sa poitrine avec détermination.
-Je n'ai pas menti. J'ai dis ce que je pensais de lui.
-Tout ça parce qu'il porte le nom des Black ?
-Non qu'il soit un Black ou pas, Sirius est un jeune homme volage, il te brisera le cœur.
-Tu ne le connais pas, lui répondit sèchement Cara.
-Je connais ce genre de personne...
-Tu ignores tout de lui et de ce qu'il a fait pour moi.
Thomas fronça subtilement les sourcils. Ce qu'il avait fait pour elle ? Le doute s'amplifia en lui.
-Il t'a permis de récupérer ta magie, n'est-ce pas ? L'interrogea le sorcier à voix basse en s'approchant un peu plus.
Il n'arrivait pas à cacher l'admiration dans le ton de sa voix. Il s'abstînt tout de même de parler de magie noire car s'il était bien sûr d'une chose c'était que si elle avait retrouvé sa magie cela avait été uniquement grâce à la magie noire ; Walburga avait été plus que claire sur ce sujet.
-Tu fais une obsession sur Sirius ! S'emporta violemment la sorcière. Vous faites une obsession sur lui parce qu'il n'est pas comme vous !
-En effet, il n'est pas comme nous. Tu n'as aucune idée de quoi les Black sont capables ! S'impatienta-t-il Tu ne sais pas ce que ça peut engendrer de les fréquenter !
-Mais toi oui, trancha sèchement Cara.
Le cœur de Thomas manqua un battement tandis qu'elle le jugeait ouvertement, sans aucune retenue. Elle savait quoi dire pour être blessante et elle n'avait eu aucun scrupule le faire. Le sorcier mit alors son égo de côté, une nouvelle fois, pour arrondir les angles avec sa fille.
-Écoute Cara, je fais ça pour ton bien. Soupira Thomas à bout. Sirius te fera du mal...et je ne parle pas que de lui, Regulus également...
Un silence accueillit sa remarque alors il reprit :
-Crois moi, Sirius va te briser le coeur ,ma chérie, et je me fous qu'il soit un Black ! S'il avait été un Potter ou un Howell, je t'aurais tenu le même discours !
-Tu ne sais rien... souffla la sorcière du bout des lèvres.
-Il est brillant, beau, et un brin trop arrogant, il a une multitude de qualité, je n'en doute pas ! Mais il te fera souffrir…certainement pas sciemment mais il le fera…
Pendant quelques secondes il crut que ses paroles furent accueillies et entendues, elle le scrutait avec une telle intensité.
-Non. Tu ne sais rien.
Thomas se mordit la lèvre inférieure. Elle était têtue et bornée, comme lui des années auparavant. Mais s'il était certain de quelque chose c'était que fréquenter les Black n'apportait rien de bénéfique, bien au contraire.
-Écoute moi, Cara. Je parle en connaissance de cause, les héritiers Black ne t'apporteront que des ennuis...cela va au delà de tout ce que tu peux imaginer, et ça même s'ils te portent tous les deux dans leur cœur...
S'il avait bien remarqué une chose c'était que sa fille avait gagné le coeur des fils de Walburga. Les deux héritiers étaient diamétralement opposés, et s'il n'avait aucun doute sur sa relation avec Sirius, celle qu'elle entretenait avec son jeune frère semblait bien plus ambiguë. Regulus avait parfaitement tenu ses distances lors du gala mais certains regards l'avaient trahi.
-Tu dois tenir tes distances avec eux…
- Parce que ce sont des Black et que je suis une Welth ? Et que nos deux familles ne se fréquentent pas ?!
-Non, tu dois tenir tes distances avec eux car ils ne t'apporteront rien de bon ! Ils devront choisir leur camp Cara et tu risques d'en payer les pots cassés !
-Arrête ! Explosa furieusement Cara. Sirius ne me fera jamais de mal, tu entends ? Ils ne me feront jamais de mal ! Ça t'emmerde que je les fréquente ! Ça t'emmerde parce que toi t'as pas eu le courage d'assumer !
Une des vitres du salon d'hiver vola en éclat derrière eux. Thomas retint son souffle à la fois inquiet et soulagé par cette magie qui se déchaînait. Ce n'était pas sa magie qui venait de s'emballer mais bel et bien celle de sa fille. Les deux Welth se firent face en silence. Quoiqu'il puisse dire ou faire, elle lui en voulait et il était complètement désemparé.
-Tu le sais qu'ils ne me feront rien mais tu refuses de l'admettre. Finalement, tu n'es qu'un hypocrite...souffla sa fille du bout des lèvres.
Le sorcier se retint de faire toute remarque. Bien sûr qu'il savait qu'ils ne lui feraient intentionnellement mais graviter autour des Black était la pire chose qui pouvait lui arriver. Elle ignorait à quel point cela pouvait lui créer des problèmes. Mais le père se retint de lui faire part de tout cela. Elle défendait Sirius en vers et contre tous, c'était une bataille perdu d'avance.
-Est-ce que t'auras au moins le courage de me dire ce que vous détenez ?
Le sorcier fronça les sourcils face à sa demande et ferma aussitôt son esprit par précaution.
-Ce que nous détenons ? Répéta t-il faussement incrédule.
Cara se pinça les lèvres, voyant clair dans son manège.
-Je pense que j'ai le droit de savoir ce qui a été à l'origine des doloris que j'ai subi ! Claqua t-elle fermement.
La langue de Thomas se lia automatiquement mais il resta impassible. Les secondes parurent des minutes et des minutes des heures devant son regard accusateur. Elle lui laissait l'opportunité de lui expliquer mais il ne pouvait pas. Cela dépassait sa propre volonté.
-Bon. Je vois...On n'a plus rien se dire dorénavant. Conclut froidement sa fille avant de tourner les talons.
Il l'entendit ses pas déferler vers sa chambre à l'étage puis une porte claqua violemment. Il poussa un soupir qu'il ignorait retenir depuis tout ce temps. C'était pire qu'un échec. Il avait l'impression que chaque mot qu'il pouvait prononcer l'enliser un peu plus. Il se retourna et vit l'étendu des dégâts. Ce n'était pas seulement une vitre qui avait volé en éclat mais tout un pan qui avait été pulvérisé. Ce chaos avait au moins le privilège d'être rassurant concernant la magie de sa fille.
-Je peux savoir ce qui s'est passé ici ? Demanda Anna dans son dos.
-Rien de bien interessant, je discutais avec Cara...du moins, j'essayais...lui répondit-il d'un ton las en sortant sa baguette et en réparant d'un mouvement de poignet les vitres brisées.
Son épouse lui lança un regard suspect mais ne posa guère plus de questions. Elle le regarda attentivement réparer les dégâts, prit place sur l'une des banquettes et insonorisa la pièce aussitôt.
-Est ce qu'il est toujours en sécurité, Thomas ?
Il acquiesça d'un signe de tête.
-Il faudra seulement être plus vigilant. Elle sait que l'on détient quelque chose.
Anna hocha la tête d'un air entendu. Il ramassa un morceau de verre brisé et en chercha son origine. Les fenêtres étaient comme neuves alors son regard balaya les vases, les verres... jusqu'à tomber sur des débris. Évidemment, elle ne lui avait pas épargné ça. Le cadre de leur photo de famille avait été réduit en miette. Il s'en approcha, observa cette photo d'un temps qui lui semblait révolu, regroupa les morceaux du cadre, le répara et le reposa à sa place avant de l'observer longuement.
-Je suis ravie de voir que Cara soit revenue à la raison, fit son épouse d'un ton léger.
Thomas haussa les sourcils, visiblement elle n'avait pas entendu la colère de sa fille. Il se tourna vers elle, s'accouda à l'ancienne cheminée en marbre et fixa son épouse. Visiblement, elle ignorait tout de ce qui venait de se déroulait quelques minutes plus tôt ici même.
-Elle n'a jamais perdu la raison, la défendit-il.
-Oh que si ! Elle n'avait que Sirius Black en tête ! Au moins cette accident lui a permis de remettre les choses en perspective !
-Cet accident ? C'était une attaque, Anna. La corrigea sèchement le sorcier.
-Qu'importe ! Fit son épouse dans un mouvement de main désinvolte. Au moins, je ne l'entends plus parler de Sirius Black. Notre famille ne sera pas sali par son nom et sa famille !
Thomas resta un instant interdit.
-Est-ce que tu t'entends parler ? S'interloqua t-il.
-Je ne dis que la vérité, notre famille a une réputation à tenir !
-Je me fous de la réputation de notre famille, Anna ! S'emporta soudainement le sorcier en tapant du point sur le marbre de la cheminée. Notre fille est en train de nous filer entre les doigts et la seule chose qui te préoccupe est la réputation de notre famille ?!
Anna resta figée par cette explosion soudaine de colère.
-Est-ce que tu as seulement essayé d'avoir une conversation avec elle depuis qu'elle est revenue de l'hôpital ?
-Je n'en ai pas eu l'occasion, répondit sa femme à contre coeur.
-Evidemment, fit Thomas agacé en détournant le regard.
-Elle a choisi, reprit son épouse en se raclant la gorge en faisant allusion au chantage.
-Je peux t'assurer que sa présence ici ne relève absolument pas de son choix...oh non ! Si tu avais pu discuter un tant soit peu avec elle tu te serais rendue compte à quel point elle ne veut pas être ici ! Notre fille nous fuit comme la peste !
-Ne m'accuse pas, Thomas. J'ai fait ce qui était nécessaire pour faire cesser cette mascarade. Elle a choisi l'héritage à lui, il n'y a plus de discussion.
Thomas lança un regard las à son épouse. Elle était loin de s'imaginer la réalité. Cara n'avait absolument pas tiré un trait sur Sirius Black, bien au contraire, le chantage l'avait conforté dans ses choix. Le sorcier préféra garder sous silence son échange houleux avec leur fille.
XOXOXOXOXO
James descendait les escaliers du manoir en compagnie de Sirius. Ce dernier était inhabituellement silencieux à ses côtés. Cela faisait déjà trois jours que Cara était sortie de l'hôpital et que le maraudeur décrochait à peine quelques mots. Il disparaissait sans dire un mot et le sorcier avait remarqué que sa fatigue s'était faite de plus en plus intense, il semblait se vider de son énergie à vue d'oeil.
Mais alors que les deux gryffondors furent sur le point d'entrer dans le salon afin de rejoindre Lily et ses parents, Cornedrue stoppa net son ami dans son élan avec son bras et le coinça dans un coin loin des regards. Patmol lui lança d'abord un regard étonné puis un sourire en coin se dessina sur son visage fatigué.
-Si j'avais su que tu voulais me bloquer dans un coin, je me serais fait beau ! Lança son meilleur ami d'un ton désinvolte et moqueur.
Cornedrue ignora sa remarque et le plaqua fermement contre le mur. Rapidement le sourire de Sirius disparut en voyant qu'il n'avait absolument aucune envie de rire.
-Je peux savoir ce qui t'arrive ?
-Je te retourne la question, siffla James.
L'ainé des frères Black fronça les sourcils.
-Lâche moi, Cornedrue.
-Je veux des réponses honnêtes, j'en ai assez de ton jeu et de tes secrets, maintenant tu vas me dire ce qui se passe.
Les deux adolescents se défièrent du regard. James maintenait toujours fermement Sirius qui ne prenait même pas la peine de se dégager.
-Lâche moi, répéta ce dernier en posant ses mains sur les siennes pour l'inciter à lâcher prise.
-J'en ai assez que tu te refermes sur toi même ! Fit le préfet en chef en resserrant sa prise. Alors soit tu me dis ce qui te mine autant le moral soit je n'hésite pas à t'envoyer mon poing dans la figure !
Patmol écarquilla les yeux. James détestait le menacer de violence physique mais il savait que cela avait au moins l'avantage de réveiller son meilleur ami.
-Alors ? Insista le capitaine des gryffondors.
Sirius planta son regard gris dans le sien, il scruta ses yeux avec colère puis après un silence infini, il finit par se décider :
-Je t'en prie, envoie moi ton poing dans la figure. Lâcha t-il amèrement en lui tendant la joue sans le quitter des yeux.
Il n'en fallut pas plus à James pour faire le rapprochement.
-Cara. Fit soudain le préfet en lâchant son meilleur ami. Il n'y a qu'elle qui te fait agir de manière aussi débile !
Son ami lui lança un regard en biais avant de remettre ses affaires en ordre.
-Arrête de croire que je te cache des choses, lui répondit-il enfin. Je suis seulement inquiet.
-Elle est sortie de l'hôpital, les médicomages ont dit qu'elle n'avait que des blessures superficielles et que…
-Je sais ce qu'ont dit les médicomages ! Le coupa impatiemment l'ainé de la famille Black. Ça ne m'empêche pas d'être inquiet pour elle !
James fronça les sourcils d'incompréhension. Il avait eu des lettres de Cara, hormis le fait qu'elle s'ennuyait, la sorcière semblait aller de mieux en mieux. Cependant, cela ne semblait pas convenir à son meilleur ami.
-C'est elle que tu vas voir tous les soirs ?
Sirius leva les yeux vers lui.
-Qui d'autre veux-tu que j'aille voir ? Je te rappelle que ses parents ne peuvent pas me voir en peinture ! Je suis obligé de me faufiler comme un voleur en pleine nuit !
-Avec la cape d'invisibilité ?
Il acquiesça d'un signe de tête. James se sentit ridicule d'avoir cru qu'il lui cachait quelque chose. La seule et unique préoccupation de son meilleur ami depuis le début avait été Cara.
Les mots de Lily lui revinrent soudainement en tête.
-Est-ce que tu lui as dis ?
Sa question lui valut un regard incrédule de la part de son meilleur ami. Il le regardait comme s'il sortait de l'aile psychiatrie de Saint Mangouste mais il devait savoir.
-De quoi tu parles ? S'impatienta l'ainé de la famille Black visiblement fatigué par cet échange sans queue ni tête.
-Est-ce que tu lu as dis à quel point elle comptait pour toi ?
Cette fois-ci, Sirius ne prit même pas la peine de dissimuler son étonnement et incrédulité. Mais tout s'emboitait parfaitement, Lily avait été plus perspicace que lui sur ce point. Si Patmol était ainsi c'était uniquement à cause de Cara, il ne s'était jamais autant inquiété pour ses amis. C'était la première fois qu'il le voyait ainsi, malade de ne pas la voir, malade de ne pas être à ses côtés. Et le préfet en chef s'identifiait parfaitement dans cette situation, il avait été malade de ne pas avoir de nouvelles de Lily et il n'osa même pas imaginé l'état dans lequel il se serait trouvé si elle avait été à la place de Cara alors que leur relation était purement amicale. Il ne s'était pas imaginé une seule seconde que Patmol puisse se trouver dans ce même état, lui qui prenait toujours tout à la légère, qui se souciait d'abord de lui et ensuite des autres, il était littéralement malade d'être éloigné d'elle. Il avait compris que leur relation en dent de scie avait repris mais il ne s'était pas douté qu'il puisse avoir des sentiments aussi profond pour elle.
-Tu devrais lui dire, reprit James face à son silence. Si on doit retenir une leçon de cette attaque, c'est que tout peut basculer en un claquement de doigt…elle aurait pu mourir ce soir là…
Ces derniers mots percutèrent de plein fouet son meilleur ami qui se redressa aussitôt mais toujours aussi silencieux.
-Je vais demander à mes parents qu'ils écrivent à ses parents pour qu'elle nous rejoigne ! Alors détends-toi, elle sera là dans quelques jours !
Un discret et à peine audible « merci » s'échappa des lèvres de son meilleur ami qui maintenant trouvait un intérêt particulier au tableau qui se trouvait dans son dos.
-Mais dis lui, Pat' ! Elle doit savoir.
XOXOXOXOXOX
Regulus fixait nerveusement le bout de parchemin, ne sachant pas par où commencer ni quoi écrire. Cela faisait déjà deux jours qu'il était incapable d'apposer des mots sur ce fichu bout de parchemin pour écrire à Cara. Devait-il mentionner l'attaque ? Devait-il faire comme s'il ignorait qu'elle en avait été une victime ? Faire comme s'il ignorait que Bellatrix l'avait torturé ? Il ne savait pas.
Il était perdu quant à sa position sur cet événement. Il avait su pour l'attaque, il avait su qu'elle en serait la cible et il n'avait rien dit. Il n'avait pas pu le lui dire.
Le cadet de la famille se leva brusquement, agacé par ses propres pensées. Il devait les maîtriser pour réussir, pour redorer la famille et son blason. Dans un excès de colère, il envoya valser ses plumes et parchemins d'un geste brutale de la main avant de s'allonger sur son lit et de fixer le plafond. Son entrée dans leur rang était imminente, le sorcier serait marqué avant la fin des vacances, chacun de ses gestes et de ses pas étaient sous surveillance et cette idée de lettre était parfaitement idiote. Elle risquait de lui coûter bien plus que sa place.
Il ne pouvait rire lui dire. Il ne pouvait faire que semblant d'ignorer qu'elle s'était trouvée au cœur de cette attaque. La gazette du sorcier n'avait mentionné que des moldus et aucun autre journal n'avait fait allusion à sa présence. S'il prenait de ses nouvelles suite à cela elle risquait de faire le lien.
Le serpentard se frotta les tempes, fatigué par le cours de ses pensées. Les choses étaient simples : il allait rejoindre le rang des mangemorts et rendre fière ses parents. Il n'y avait rien d'autre à penser à l'heure actuelle.
-Est-ce que le maître souhaiterait une potion pour calmer ses maux de tête ? Le surprit Kreattur.
Regulus lança un regard en biais à l'elfe de maison qui s'activait déjà à ranger le bazar qu'il venait de mettre. Il ne l'avait pas entendu entrer dans la chambre, sa discrétion était sans pareil.
-Ramène moi une potion pour me détendre plutôt, lui répondit-il simplement.
Kreattur acquiesça d'un signe de tête tout en continuant son rangement, laissant le jeune sorcier avec ses pensées.
Pour la première fois, il se sentait confus et perdu. Il savait pourtant ce qu'il voulait, ce qu'il voulait être et ses convictions épousaient parfaitement ce chemin déjà tout tracé mais il ne pouvait s'empêcher de revenir sur cette attaque et sur son comportement. Il ne lui avait rien dit et ça ne cessait de le travailler. Ça le rongeait de l'intérieur. Le jeune sorcier se tourna dans son lit, faisant dos à son elfe qui s'activait. Il devait trouver un moyen de se débarrasser de cette culpabilité. Elle s'en était sortie et c'était l'essentiel. Il devait se limiter à ça et non à ce sentiment abjecte de trahison.
-Est-ce que le Maître se rend malade à cause des événements récents ? L'interrogea doucement kreattur.
-Non, je suis simplement fatigué, Kreattur, fit Regulus sans prêter davantage attention à l'elfe.
Un silence accueillit sa réponse. Un ange passa avant que la créature se mette à se racler la gorge.
-Est-ce que c'est l'état de Miss Welth qui vous inquiète autant ?
Regulus se figea tandis que son sang ne fit qu'un tour. Il se retourna brusquement vers son elfe de maison et le fusilla du regard :
-Ne t'avise plus jamais d'émettre ce genre d'hypothèse ! Le corrigea violemment le serpentard.
Kreattur eut un mouvement de recul tout en s'affaissant sur lui même.
-Kreattur est seulement inquiet de l'état de santé du jeune maître...souffla l'elfe du bout des lèvres.
-Je t'interdis de parler de Cara Welth, ne mentionne jamais son nom devant les autres membres de la famille Black ! Ne la mentionne jamais sauf si c'est pour annoncer sa présence ! Lui interdit Regulus avec dureté.
L'elfe enfonça sa tête entre ses épaules.
-Bien maître...Kreattur ne mentionnera plus la Miss...
Regulus poussa un long soupir exaspéré et congédia son elfe. C'était la première fois qu'il s'emportait ainsi à son égard mais il était impératif que Kreattur reste discret concernant son amitié avec Cara. Il n'osait pas imaginé les conséquences si ses parents apprenaient ou pire si Bellatrix l'apprenait.
Sans tarder, le sorcier mit le feu au parchemin et à l'enveloppe qui portait seulement le nom de la gryffondor. Il resterait silencieux, la décision s'imposait maintenant plus que jamais. Il mettait tout de côté, son amitié, ses sentiments pour la préserver. Cela compenserait son inaction face à l'attaque, il la préservait en restant dans l'ombre et en l'ignorant. C'était la meilleure solution. C'était la seule solution. Il ne prendrait aucun risque.
XOXOXOXOXO
La porte de la chambre s'ouvrit doucement, sans un bruit, puis une main invisible la referma discrètement. Cara, qui était assise à même le sol avec un livre sur les genoux, leva distraitement les yeux vers l'entrée de la pièce. Ses yeux ne voyaient rien ni personne, mais il était bel et bien là. Comme tous les soirs depuis sa sortie de l'hôpital.
-Bonsoir Sirius, lâcha la brunette en cherchant un mouvement imperceptible trahissant le maraudeur.
Elle le chercha vers son bureau, où il avait pris l'habitude de poser la cape d'invisibilité mais rien ne bougea à cet endroit. Son regard dévia vers tous les endroits où le maraudeur avait pour habitude de poser ses affaires. Rien.
Cara fronça les sourcils et saisit spontanément sa baguette. La sorcière sursauta lorsqu'elle sentit des lèvres se poser sur les siennes et qu'un sourire coquin apparut sur les lèvres de leur propriétaire. Dans un mouvement rapide, elle se retrouva sous la cape d'invisibilité, nez à nez avec Sirius, tout sourire, accroupi face à elle. Il posa une main sur la sienne qui tenait fermement sa baguette.
-Ce n'est que moi, sourit le maraudeur.
-J'ai eu peur, avoua la gryffondor du bout des lèvres en baissant les yeux.
-Je sais, excuse moi…je voulais simplement te faire une surprise. Fit Sirius avec sa nonchalance légendaire.
Cara releva aussitôt son regard sur lui. Son sourire en coin, ses yeux gris, sa décontraction…il donnait l'impression que l'attaque n'avait jamais eu lieu. Que tout ça n'avait été qu'un cauchemar et rien de plus. Il détendait l'atmosphère par sa simple présence. Tous les muscles de la sorcière se détendirent, ignorant qu'elle avait été aussi tendu toute la journée.
Il avait cet effet là sur elle, sa présence la rassurait. Cependant, elle reconnaissait ce regard. Sirius ne la lâchait pas une seconde du regard, chacune de ses respirations, chacun de ses mouvements faisaient l'objet d'un regard observateur de sa part. Il l'observait comme s'il s'attendait à la voir exploser à un moment ou un autre. Elle détestait être le centre d'attention pour ça.
-Comment vas-tu ? Lui demanda t-il soudain inquiet.
-Bien, fit simplement Cara en trouvant un intérêt particulier au livre sur ses genoux.
Sa réponse ne convint pas au maraudeur qui supprima tout l'espace entre eux et prit son visage entre ses mains afin de la forcer à le regarder. Son regard coquin s'était transformé, ses yeux gris se posèrent d'abord sur l'ecchymose de sa tempe, puis sur les quelques égratignures qu'elle avait gardé ci-et-là sur le visage pour enfin se poser sur ses bras nus encore couverts d'hématomes. Ses mains quittèrent son visage pour se poser doucement sur ses jambes croisées, il enleva le livre de ses genoux et ses doigts parcoururent ses blessures comme s'il essayait de les soigner par un simple contact. Un silence assourdissant les avala. L'air se fit de plus en plus lourd sous la cape d'invisibilité. Le regard de Sirius ne quitta pas ses blessures, sa légèreté s'était envolée en l'espace de quelques secondes.
-Je suis désolé…souffla l'ainé de la famille Black d'une voix rauque. Je n'ai rien pu faire pour t'épargner ça…
-Tu ne pouvais rien n'y faire, Sirius. Ce n'est pas ta faute.
-C'est à cause de moi si tu as subi tout ça, reprit-il. C'est ma cousine qui t'a infligé ça et je n'étais pas là pour t'aider…pour te protéger d'elle…
La sorcière prit une profonde inspiration en regardant le maraudeur.
-Tu as fait ce que tu as pu, lui rappela t-elle en touchant le collier autour de son cou qu'elle ne quittait plus. Tu m'as protégé comme t'as pu.
Sirius scruta ses yeux avec attention. Elle détestait le voir culpabiliser ainsi. Il prenait un point d'honneur à être présent à ses côtés tous les soirs, il n'avait pas bougé de sa chambre de Saint Mangouste même quand ses parents lui avaient sommé de partir. Il leur avait tenu tête sans ciller et il bravait encore un interdit en se tenant là ce soir.
L'entrevu qu'il avait eu avec ses parents ce jour là dans la chambre de Saint Mangouste n'avait pas été de tout repos. Loin de là même. Les parents de la jeune fille avaient été particulièrement hostile à sa présence et sa mère lui avait ouvertement interdit de venir à leur domicile mais, comme à son habitude, Sirius avait jeté ces interdictions par dessus la Tamise.
-Tu sais que si mes parents apprennent que tu es là, tous les soirs, la conversation risque d'être un peu moins courtoise que la dernière fois…Mon père se doute déjà de ta présence…
Sa déclaration déclencha un sourire mutin sur le visage du maraudeur. Il s'en fichait comme de la naissance de Merlin.
-Je me fous de ce qu'ils peuvent dire ou faire, déclara t-il avec aplomb sans cacher son sourire. J'assume et j'assumerai !
Cara ne put se retenir davantage. Elle se rapprocha doucement de lui puis l'embrassa. Elle avait l'impression que ça faisait une éternité qu'elle n'avait ressenti cette chaleur l'envahir. Sirius lui fit une place entre ses jambes puis ses lèvres dévièrent sur chaque parcelle de son visage avec une délicatesse infinie. Chaque cellule de son corps s'enflammèrent à son contact. Elle sentit le rouge lui montait aux joues lorsque les lèvres du maraudeur embrassèrent de manière volatile son cou.
-Tout pour toi, murmura Sirius entre deux baisers.
La gryffondor se figea aussitôt, se recula légèrement et croisa le regard brulant du maraudeur. Sirius sondait sa réaction avec une attention particulière. Elle avait du mal entendre.
-Tout pour toi, répéta t-il dans un murmure. Absolument tout…
Ses yeux gris s'étaient éclaircis et lui laissaient entrevoir le fond de son âme sans pareil. Le maraudeur avait perdu son sourire mutin et sa main s'était perdue dans ses cheveux noirs. Il avait l'air complètement désemparé.
-Je ne ferai aucune concession pour toi, chuchota t-il alors qu'il n'y avait qu'eux dans la pièce. J'ai cru mourir en te voyant recouverte de sang…Alors je ne céderai pas devant la menace de tes parents. Je préfère subir leur courroux et leur sortilège plutôt que de te laisser une nouvelle fois. Je ne referai pas la même erreur deux fois.
Cara se mordit la lèvre inférieure surprise par sa déclaration. Elle fit de son mieux pour ignorer ce pincement au coeur que ses mots avaient déclenché en elle mais plus elle essayait de l'ignorer plus le pincement s'intensifiait et lui retournait l'estomac. Elle était traversée par tellement d'émotions, tellement de contradictions qu'elle ne savait plus.
Rien n'était acquis entre eux. Il lui faisait tout ressentir à la fois, le froid, le chaud, le haut et le bas en si peu de temps qu'elle en perdait toute notion. Il y avait à peine quelques jours, il avait refusé de lui parler à cause de sa légilimencie. Quelques semaines plus tôt, ils n'étaient rien de plus que des ex liés par un ami commun. Quelques mois plus tôt, ils s'ignoraient cordialement. Presque un an en arrière, ils avaient eu des moments qu'eux seuls partageaient, loin des regards, leur complicité avait été sans pareil puis il avait fallu qu'il franchisse la ligne, il avait fallu qu'il s'affiche avec Marlène.
Cependant, cette déclaration ne lui ressemblait absolument pas et cela donna à ses mots une valeur inestimable mais elle avait peur de le croire.
-Je ne joue plus, Cara. Rajouta Sirius avec sérieux. Je ne referai pas les mêmes erreurs, je te le promets…Je te protègerai coûte que coûte, qu'importe le prix ! Tu comptes bien plus qu'une amie. Tu es bien plus que ça et tu le sais…
La jeune femme n'en croyait pas ses oreilles. Elle se demanda si elle avait bien Sirius Black en face, sérieux et soucieux.
-Tout, insista t-il en plantant son regard dans le sien. Aucune concession. Aucune limite.
Ses mots la touchaient en plein coeur. Elle connaissait la valeur et la portée de ces derniers. Il voulait qu'elle sache. Il pensait chaque mot, chaque syllabe, chaque lettre de ce qu'il venait de prononcer.
Le temps s'était cristallisé autour d'eux. Elle ignorait depuis combien de temps elle fixait le maraudeur, muette. Elle était tiraillée, il y avait tellement entre eux, tellement de trahison, de secrets, de malentendus, mais également, tellement de complicité, de rires, de sourires, de joies et de passions. Encore maintenant, son corps était irrémédiablement attiré par le sien, comme deux aimants. Son coeur balançait encore, trop meurtri de leurs agissements respectifs. Elle devait décider de quel côté basculé.
Elle était consciente que le silence qu'elle imposait à Sirius à cet instant était pire que tout alors la sorcière se décida. Elle n'écouta ni sa conscience ni son cerveau mais fit confiance à son instinct et à l'homme qui se trouvait en face d'elle dans l'attente d'une réponse, d'un mot de sa part.
-Aucune limite, répéta la jeune sorcière avec précaution comme si elle avait peur que ces mots aient été inventés.
Ces deux mots dessinèrent un sourire angélique sur le visage du maraudeur. Comment avait-elle pu croire une seule seconde qu'elle pouvait lui résister ? Toutes ses appréhensions s'envolèrent lorsqu'il l'attira vers lui sans la quitter du regard.
-Aucune concession, scella Sirius en posant ses lèvres sur les siennes avec passion.
Son coeur s'emballa comme jamais. Elle sentit ses mains chaudes se posaient délicatement sur son corps, lui provocant des frissons irrépressibles. Tout son corps, toutes ses cellules, chaque parcelle de sa peau réagissait en présence du maraudeur. Il était parfaitement inutile de résister.
Elle passa un bras autour de son cou comme si elle avait peur de le perdre. Les mains de Sirius glissèrent sous son caraco et tout son corps s'enflamma. Pourtant, l'ainé de la famille Black semblait retenir tous ses gestes. Il ne lui fallut qu'un simple échange de regard pour comprendre.
Les mains chaudes et avides du jeune sorcier se transformèrent en un redoutable objet de chatouille, faisant basculer en arrière les deux adolescents dans un éclat de rire qui se répercuta dans toute la chambre comme un éclair en pleine nuit. La cape d'invisibilité glissa de leurs épaules mais les deux gryffondors restèrent allongés à même le sol, à découvert, échangeant chacune de leur pensée sans tabou et sans limite. Cara lui avoua alors que l'attaque avait eu un but précis et que Bellatrix était à la recherche d'un objet que ses parents possédaient.
-C'est un livre, déclara d'une voix blanche la sorcière.
Sirius tourna la tête vers elle, étonné.
-Un livre ?
-Oui, si mes parents ont prit toute leur précaution pour fermer leur esprit de ma légilimencie, Bellatrix n'en a rien fait, elle ignore que j'ai cette capacité. Ce livre se trouvait au département des mystères et apparemment mes parents l'auraient ramené ici…
Le maraudeur se redressa de tout son corps, se passa une main dans ses cheveux et tira à la racine nerveusement.
-Est-ce que tu sais ce que ce livre contient ? Lui demanda t-il doucement.
Patmol attendit ce qui sembla une éternité la réponse tandis que Cara fixait le plafond perdu dans le cours de ses pensées.
-C'est un livre de magie ancienne…Je n'en sais pas plus…
Le gryffondor hocha la tête, réfléchissant à toute vitesse. En quoi un livre de magie ancienne pouvait intéresser Voldemort ? Et tandis que son esprit réfléchissait à l'utilité d'un tel livre, ses yeux gris s'attardèrent longuement sur Cara, sur son corps allongé, sur son short et ses jambes nues, sur son caraco, sur sa poitrine qui s'élevait et s'abaissait de manière régulière sans aucune difficulté. Tout cela semblait trop beau. Il se languissait de son corps, de ses caresses, de ses rires, d'elle tout simplement. Mais ce n'était pas le bon moment. En tout cas, pas ici.
Il se pencha sur elle et l'embrassa. Il avait l'impression qu'il ne se lasserait jamais de cette sensation, de cette envie irrépressible. C'était une torture cuisante qu'il vivait. Le maraudeur dut se faire violence pour se relever.
-Tes parents ne devraient pas tarder à recevoir une lettre des Potter, l'informa Patmol en lui offrant sa main pour l'aider à se relever.
-Oh et en quel honneur ?
-Aucune idée, mais le seul but est que tu nous rejoignes au manoir. Je n'ai aucune idée de ce que Cornedrue a pu raconter à ses parents pour les convaincre mais je serai ravi qu'ils y arrivent !
Cara sourit doucement et le couva des yeux. C'était surement la première fois qu'elle le regardait ainsi. Il l'embrassa doucement sur la joue et s'évapora aussi vite qu'un clignement des yeux.
XOXOXOXOXO
Cela faisait déjà quelques jours que Cara se trouvait au Manoir. James ignorait quels avaient été les arguments de ses parents mais une visite chez les Welth avait suffit à convaincre les parents de son amie. Cara était revenue avec eux comme si rien ne s'était passé. Et depuis son retour, le préfet en chef ne pouvait que constater que Sirius était au petit soin pour elle, il faisait absolument tout pour lui redonner le sourire et lui faire oublier ce qu'elle avait vécu, et il devait avouer qu'il y arrivait haut la main.
La rouquine leva les yeux sur eux. Il était difficile d'ignorer les paroles de Lily à leur égard lorsqu'il les voyait ainsi. Patmol cajolait la brunette avec une tendresse infinie qu'il ne lui connaissait pas. Il n'aurait jamais imaginé voir son meilleur ami ainsi, il n'avait d'yeux que pour elle, plus complice et intime que jamais. Le gloussement de Lily assise en face de lui l'extirpa de son observation. Cependant, la préfète en chef garda les yeux rivés sur son livre mais son sourire en coin parlait pour elle. Elle avait tout vu.
-Si tu pouvais voir ta tête, se moqua la rouquine en cachant son sourire derrière la main. On dirait un première année qui découvre le château…
-Il me brise le coeur, se plaignit le sorcier. D'habitude c'est moi qui ai toute son attention !
Lily leva les yeux vers lui en se retenant de rire.
-Serais-tu jaloux ? Lui demanda la sorcière avec une étincelle malicieuse dans les yeux.
-Moi ? Jaloux de Cara ? Jamais ! S'offusqua faussement James. Il me regarde avec autant d'intérêt qu'elle !
Elle sourit de plus bel et le maraudeur ne put s'empêcher de lui offrir un clin d'oeil complice. Certes, Sirius accaparait toute l'attention de Cara et l'éclipsait mais cela lui permettait de passer beaucoup plus de temps avec Lily. Si Patmol et Cara étaient inséparables, Lily et lui étaient devenus plus complices qu'il n'aurait pu l'imaginer. La gryffondor cherchait spontanément sa compagnie, ils avaient passé des soirées entières à discuter et à rire ensemble jusqu'à tomber de sommeil dans la chambre.
-Attend que Marly revienne dans l'équation...fit Remus d'un ton las.
Tous les regards se braquèrent sur le lycanthrope.
-Pourquoi tu dis ça ? L'interrogea Lily surprise par son intervention.
-Parce que Pat' est incapable de lui résister ! Rit Peter sur le ton de l'évidence.
La jeune femme jeta un coup d'œil au concerné. Il était difficile de s'imaginer que la présence de Marlène changerait quoique ce soit à ce qu'elle voyait. Il rayonnait. Son sourire, ses yeux, ses traits, tout chez lui s'illuminait aux côtés de Cara. Elle avait du mal à le reconnaître. Il n'était pas sur ses gardes et la convalescence de leur amie rythmait ses journées.
-Je pense que vous vous trompez ! Le défendit alors la sorcière en les regardant successivement.
Elle posa son regard sur James afin qu'il la soutienne mais le sorcier se contenta de se passer une main dans les cheveux en évitant de croiser son regard.
-Je suis prêt à parier 50 mornilles que tout ça prendra fin quelques jours après la rentrée !
-Lunard...le réprimanda le préfet en chef.
-60 mornilles que ça va se gâter dès qu'il croisera Marlène ! Surenchérit Quedever.
Lily n'en croyait pas ses oreilles. Au lieu d'être soutenu par ses amis, Sirius se faisait enfoncer par ces derniers.
-Vous y allez un peu fort les mecs, les réprimanda Cornedrue peu convaincant.
-Ne nous dis pas que cette possibilité ne t'a pas effleuré l'esprit ? S'étonna Remus en s'enfonçant dans sa chaise.
Le capitaine de leur maison leva les mains d'un geste désespéré.
-Certes mais...
-Voila ! On sait tous comment est Pat' ! Ce n'est qu'une question de temps pour que tout se gâte ! C'est plus fort que lui !
James se pinça les lèvres sous le regard appuyant de Lily. Ses amis n'avaient pas torts. Sirius avait toujours été ainsi. Néanmoins, il avait observé un changement chez son meilleur ami ces derniers temps. Tout d'abord, le transfert de la brunette à saint mangouste l'avait touché de plein fouet, il avait été comme éteint en son absence. Puis, dès leur retour à Londres, la culpabilité et l'angoisse de la revoir l'avaient rongé. Ils avaient disparu pendant un court lames de temps avant que l'attaque ne se produise. Et il l'avouait difficilement mais c'était la première fois qu'il voyait Sirius ainsi à vrai dire. Son centre de gravité portait un nouveau nom.
-Les gens changent, finit par déclarer le maraudeur. Pourquoi pas lui ?
Sa déclaration imposa un silence autour de la table. Peter lançait des regards à Remus qui fixait sa plume avec intensité. Son regard se posa sur Lily qui arborait un sourire satisfait discret. Cette dernière se remit à griffonner sur son parchemin comme si elle n'avait jamais été interrompue.
Contrairement à ce que ses parents pensaient, ils ne travaillaient pas sur leurs devoirs mais ils planifiaient absolument toute la soirée du réveillon, tenues, menus, boissons, feux d'artifices…et Lily ne manquait pas d'imagination et de ressources. Si ses parents avaient cru que la sorcière serait la voix de la raison, ils s'étaient trompés sur toute la ligne. Elle était un condensé de maraudeur.
-Je crois que mes parents partent en Roumanie, fit James afin de faire la conversation.
-Tu ne sais pas si tes parents seront là ? Le taquina la rouquine.
Le jeune homme secoua la tête. Ils lui avaient vaguement parlé d'un voyage lorsqu'ils étaient revenus de Poudlard mais avec les récents évènements il ne savait plus si cela était toujours d'actualité.
-C'était prévu avant…avant l'attaque, chuchota le sorcier en jetant un rapide coup d'oeil à Cara afin de s'assurer qu'elle ne l'ait pas entendu.
Ses amis se raidirent mais approuvèrent d'un signe de tête. Un silence gênant s'installa entre eux et il regretta aussitôt d'avoir fait allusion à l'attaque de Londres lorsque Lily se plongea de nouveau dans ses notes. James se mit alors à l'observer pendant de longues secondes et soudain son esprit se mit à imaginer le pire. Et si ça n'avait été pas Cara qu'ils avaient retrouvé mais Lily, quelle aurait été sa réaction ?
Cette simple idée retourna l'estomac et le maraudeur dut détourner le regard d'elle, préférant regarder le jardin enneigé afin de se chasser cette idée de la tête.
Tout allait trop vite, trop loin. Il avait l'impression que tout lui échappait, que tout ne tenait qu'à un fil. James repensa à son meilleur ami. Son pire cauchemar s'était réalisé sans qu'il ne puisse rien n'y faire. C'était peut être ce qui avait fait changer Sirius, il préférait peut être vivre intensément plutôt que de regretter de ne rien avoir fait.
Le préfet en chef fut sorti de ses pensées par Ponti qui apparut à leurs côtés.
L'elfe de maison leur servit plusieurs gâteaux, qui attirèrent irrémédiablement l'attention de Lily, ainsi que plusieurs boissons.
Sa mère adorait recevoir ses amis au manoir. Et tandis que ses amis se servaient, Fleamont attira James un peu à l'écart. Ils s'installèrent dans la cuisine et son père leur servit du jus de citrouille en s'installant face à lui.
-Je voulais te parler loin des oreilles de tes amis, commença maladroitement le sorcier.
-Qu'est ce qui se passe ? S'inquiéta le gryffondor.
-Rien, rien. Le rassura aussitôt Fleamont. Je voulais juste t'informer que ta mère et moi avons décidé de repousser le voyage en Roumanie.
James fronça les sourcils contrarié. Ce voyage leur tenait tellement à coeur.
-On a estimé que…hésita-t-il. Qu'il était préférable que nous soyons présents jusqu'à votre retour à Poudlard. Ta mère n'est pas rassurée depuis l'attaque. Nous avons renforcé les sortilèges d'accès et de sécurité mais l'idée de vous laisser seuls ne nous rassure pas...
-Vous n'avez pas besoin d'annuler vos vacances pour nous, le coupa James. Ça fait des mois que vous parlez de ce voyage et vous annulez tout à cause d'une attaque ?!
-On ne fait que retarder la date de départ, le corrigea calmement Fleamont. Et puis même si vous êtes majeurs vous restez encore des enfants, James...rajouta son père soucieux.
-On peut se débrouiller seul, on ne compte pas sortir du manoir sauf pour prendre le train jusqu'à Poudlard. Ça serait leur donner raison que de changer nos rythmes de vies pour eux ! S'indigna le préfet en chef.
Fleamont poussa un long soupir et se frotta le front. Son regard se perdit sur les différents bocaux remplis de biscuits secs.
-Il est hors de question que nous prenions ce genre de risque, James. Nous avons d'ores et déjà pris notre décision.
Le maraudeur voulut lui répondre mais finalement se contenta d'acquiescer silencieusement. Il était furieux que ses parents reportent leurs vacances à cause de l'attaque. Leur vie commençait à basculer à cause de ce mouvement, il le sentait, il le voyait. Les changements se faisaient subtilement mais sûrement. L'attaque à Londres, les pressions exercées sur les sorciers, absolument tout était sur le point de changer.
Il comprenait le choix de ses parents, c'était la décision la plus rationnelle et la plus censée mais cela le rendait complètement dingue. Le préfet en chef refusait de faire des compromis, en tout cas, pas pour Voldemort et ses mangemorts. Ce serait leur donner une première victoire que d'avoir peur, de changer leurs habitudes et leurs vies.
-Il va falloir faire des choix, reprit son père d'un air sérieux en le fixant. Il est...il est de plus en plus fort. De nombreux sorciers et sorcières se joignent à lui. Beaucoup de sangs purs notamment...Il se murmure que le ministre de la magie fait partie de ses rangs.
-Il n'y a pas de choix à faire, lui répondit James avec aplomb. Tous les sorciers ont les mêmes droits ! Notre sang n'est pas supérieur parce qu'il est pur !
Un rapide sourire fier traversa le visage de son père.
-Ne t'inquiètes pas, il n'y aura pas de guerre. Notre communauté a traversé ses pires moments avec Grindelwald, ça ne se répétera pas.
Le ton de Fleamont se voulait rassurant mais le maraudeur sentait qu'il doutait de ses propres propos. Il cherchait simplement à ne pas l'inquiéter.
-Anne et Thomas se font beaucoup de soucis pour Cara, reprit Fleamont d'un ton faussement léger. Son retour chez elle a été…comment dire ? Compliqué.
Le gryffondor arqua un sourcil. Il ne comprenait pas pourquoi son père dirigeait la conversation sur ce sujet.
-Elle est la bienvenue évidemment au manoir ! Se rattrapa aussitôt Fleamont en voyant son air incrédule. Est-ce qu'elle t'a parlé de l'attaque ?
James secoua la tête en esquissant une moue. Cara n'avait pas prononcé un seul mot sur l'attaque.
-Elle ne m'en a pas parlé, avoua t-il en se passant nerveusement une main dans les cheveux. Je n'ai pas osé entamé le sujet avec elle depuis sa sortie de l'hôpital.
Son père hocha la tête en comprenant sa position. Le maraudeur n'avait eu aucune envie de faire revivre ça à son amie. Les images d'elle baignant dans du sang étaient encore parfaitement ancrées dans son esprit et ses pleurs résonnaient encore dans ses oreilles. Il n'avait pas voulu lui faire revivre cette horreur, peut-être que Sirius avait réussi à lui extirper quelques informations, il en était même convaincu mais il ne voulait pas la questionner à ce sujet. Elle parlera quand elle sera prête.
-Est-ce que tu savais que son elfe de maison était mort durant l'attaque ?
James fixa son père interdit, son cerveau refusa d'admettre cette information. Mais ceci expliquait cela. Il comprenait mieux ses mots maintenant « je ne l'ai pas écouté » elle parlait de son elfe. Ce dernier avait été présent à ses côtés mais le maraudeur n'avait insisté davantage lorsqu'ils l'avaient retrouvé chez Sirius. Elle avait été dans un tel état de choc et de panique qu'il s'était seulement soucié de son état.
Le gryffondor secoua la tête en détournant le regard, honteux de n'avoir pensé qu'à son amie et non aux autres victimes depuis tout ce temps.
-Sirius devait être au courant, lâcha finalement l'adolescent en levant doucement les yeux vers son père qui hocha simplement la tête.
Ce dernier semblait chercher ses mots, James avait du mal à saisir son comportement. Généralement son père ne tournait pas autour du pot aussi longtemps mais là, il eut l'impression que cela dura une éternité.
-Sais-tu comment elle a retrouvé sa magie ?
Cornedrue se redressa inconsciemment. Son père soulevait une question qui lui trottait en tête depuis de nombreux jours. L'adolescent avait une petite idée en tête mais elle était impossible. Elle signifierait une chose et il s'y refusait. Il déglutit et répondit :
-Elle prenait des potions de Saint Mangouste.
Son père se pinça les lèvres et un pli barra son front. Il fit tourner le jus de citrouille dans son verre visiblement hésitant à lui confier quelque chose. Le doute s'immisça de plus en plus en lui. James refusait cette possibilité. Cela ne pouvait être que la résultante d'un hasard. D'un pur et simple hasard.
-Nous serons chez les Humpher ce soir, essayez de ne pas mettre le feu au Manoir ! fit soudain son père d'un ton amusé, passant du coq à l'âne en l'espace de quelques secondes.
-Il n'y aura que nous, le rassura t-il. On ne fera rien d'extravagant !
Fleamont hocha la tête d'un air entendu, un sourire complice sur le visage, il n'y croyait pas un seul mot.
-Lily saura vous faire entendre raison ! Rit ce dernier.
James éclata franchement de rire. De toute évidence, ils s'arrêtaient tous à l'image bien lisse de Lily. Ils ignoraient qu'il avait dû refuser certaines de ses idées car elle était sans limite. Elle aurait pu être aisément un cinquième maraudeur, une fois qu'on savait comment faire tomber les murs qu'elle avait bâti. Et c'était la première fois qui la voyait aussi enjouée et... épanouie. La malice lui sciait parfaitement.
-Elle avait l'air passionnée par les livres de potion de la bibliothèque, reprit son père curieux.
-Je pense pouvoir dire sans me tromper que c'est une de ses matières préférées !
Fleamont hocha la tête d'un air entendu. Ils avaient parlé pendant des heures de l'art de la potion et même si James n'avait aucun attrait pour cette matière en particulier, voir son amie parlait avec autant de passion avait eu quelque chose de fascinant. Ses yeux verts avaient brillé d'une étincelle qu'il ne lui avait jamais vu.
-Elle semble brillante…
-Elle l'est ! Sourit James en se levant de sa chaise, pressé de la rejoindre. C'est une sorcière remarquable !
XOXOXOXOXO
La soirée avait tout pour être parfaite. Lily avait orchestré ça d'une main de maître, elle devait le reconnaitre. Euphemia n'aurait pas fait mieux. Chaque détail avait été minutieusement étudié et respecté. Elle était éblouie par tant de splendeur, tout était une réussite, tout le monde s'amusait, dansait, riait, tout le monde sauf elle. Cara avait feint une bonne partie de la soirée, ses amis étaient tellement joyeux et enthousiastes pour cette soirée qu'elle n'avait pas voulu leur gâcher avec son humeur morose.
La sorcière porta machinalement la flûte de champagne à ses lèvres et jeta un bref regard à ses amis. Elle avait l'impression d'être une étrangère parmi eux. Ils étaient tous si insouciants et libres de toute horreur. Ils étaient, à cet instant, si différent d'elle. Elle ne tenait plus, elle n'y arrivait plus. Cara posa sa flûte sur un plateau qui se présenta à elle et quitta discrètement le grand salon. Elle en avait assez. Elle se dirigea rapidement vers sa chambre et prit soin de fermer la porte derrière elle. Elle resta adossée à la porte pendant un instant, appréciant le silence régnant et le vide. Elle respirait enfin. Elle n'avait aucune envie de s'amuser et encore moins gâcher leur soirée. Elle était bien mieux là.
Elle appréhendait les feux d'artifices que les maraudeurs avaient prévus. Sa peur était irrationnelle, elle avait toujours apprécié leur feux d'artifices mais le seul fait d'imaginer le bruit que cela allait engendrer lui serra les entrailles.
La gryffondor prit plusieurs inspirations profondes. Elle devait se calmer. Elle devait se maitriser et maitriser ses angoisses.
Une fois qu'elle eut réussi à se calmer, elle se dirigea vers la commode et se débarrassa des accessoires qui accompagnaient sa tenue. Elle observa son reflet dans le miroir , d'apparence rien n'avait changé. Elle était toujours la parfaite héritière des Welth, ses cheveux bruns étaient parfaitement coiffés, son maquillage était sophistiquée et sa tenue était une continuité de tout cela. Elle n'avait plus aucune égratignure sur le visage. Toutes les traces de l'attaque avaient disparu, comme si cela n'avait jamais eu lieu mais cela avait laissé une trace invisible et indélébile.
La jeune femme secoua la tête et poussa un long soupir qu'elle ignorait retenir depuis tout ce temps. Tout le monde faisait tellement d'effort pour qu'elle se sente bien, pour faire comme si tout ça n'avait pas boulversé leur vie qu'elle se sentait minable d'être aussi peu réceptive. James évitait soigneusement le sujet même si elle entendait ses questions fusaient dans son esprit dès qu'elle croisait son regard, Remus cachait difficilement sa peine et ses craintes tandis que Peter prenait soin de ne jamais rester seul avec elle. Puis il y avait Lily qui n'avait rien changé à son comportement avec elle, et cela faisait un bien fou d'être traitée normalement.
La porte de sa chambre grinça et quelques pas se firent entendre, éloignant avec eux ses idées noires.
-Hey, fit Sirius en se plantant à ses côté. Tout va bien ?
Cara le regarda par le reflet dans le miroir. Elle ne l'avait ni entendu ni vu entrer.
-Oui, mentit la jeune femme en lui offrant un sourire.
Le maraudeur se tourna complètement vers elle et planta son regard dans le sien avec intensité en replaçant délicatement une de ses mèches de cheveux.
-J'avais juste besoin d'espace...
-Deux mensonges en l'espace de si peu de temps...fit remarquer Patmol. Je pensais qu'on avait dépassé ce stade où tu me mentais.
Cara déglutit, soudain mal à l'aise. Le ton de Sirius ne contenait pas une once de rancoeur, aucune animosité, c'était une simple constatation. Elle se mit alors à fixer le parquet avec intérêt.
-Je ne suis pas vraiment d'humeur festive…finit-elle par avouer avec honte. J'avais besoin d'air...
-Le grand salon n'était pas assez grand ? La taquina le maraudeur.
Son entrain n'avait aucune limite mais ce soir elle n'y arrivait pas. Elle se doutait bien que Sirius était au courant pour les cauchemars. Ses nuits étaient particulièrement agitées et, si elle rejoignait la chambre du maraudeur en pleine nuit pour ne pas dormir seul, l'aîné de la famille Black n'hésitait pas à la rejoindre pour lui changer les idées jusqu'à qu'elle s'en dorme. Cara ouvrit la bouche pour s'expliquer mais elle en était incapable. Aucun son ne voulait sortir.
Ses pensées se troublèrent et se yeux se voilèrent lorsqu'elle repensa à l'attaque. Et avant qu'elle n'ait eu le temps de s'en rendre compte, elle se retrouva dans les bras de Sirius et pleura à chaudes larmes sur son épaule.
-Ça ira...lui promit doucement Patmol. Ça prendra le temps qu'il faut mais ça ira…
La sorcière secoua la tête en tentant de se calmer mais c'était de pire en pire. Elle lui gâchait la soirée. Il pourrait être en bas avec les autres à profiter, à s'amuser avec eux et au lieu de ça, il perdait son temps avec elle.
-Tu devrais les rejoindre, renifla la jeune femme en levant doucement les yeux vers lui. Ils vont remarquer ton absence et...
-Ils sont bien trop occupés, lui confia le sorcier en essuyant ses larmes du bout des doigts. Et je ne bougerai pas de là…
Elle se contenta simplement d'hocher la tête. Elle savait qu'il n'irait nul part sans elle. Il était parfaitement inutile d'insister.
-Bon, laisse moi me débarrasser de tout ça ! Fit le maraudeur en désignant ses habits d'un signe de la main.
Cara se recula et regarda Sirius se débarrasser de sa cravate avec joie et la jeter négligemment sur son bureau. Il enleva ses chaussures et enleva sa veste qui rejoignirent la cravate. Il lui lança un sourire en coin en sentant son regard sur lui. Il était incorrigible, il aimait être le centre de l'attention en toute circonstance.
-Est-ce qu'un peu d'astronomie te tenterait ? Lui proposa t-il soudainement en ouvrant les premiers boutons de sa chemise d'un blanc immaculé.
La jeune femme arqua un sourcil, déstabilisée par sa proposition.
-Que dirais-tu d'observer les étoiles ? Continua Patmol.
-Hum…nous avons déjà des cours d'astronomie à Poudlard…
-Certes ! Mais d'une part, je les trouve d'un ennui sans pareil et d'autre part, le professeur n'est pas très attirant, si je peux me permettre cette remarque !
Cette dernière eut au moins le privilège d'arracher un sourire à la gryffondor, ce que le sorcier ne manqua pas de remarquer.
-Donc, je te propose un petit cours en tête à tête avec le tuteur le plus sexy et le plus brillant de Poudlard ! Histoire de rattraper le retard ! Rajouta-t-il d'un air coquin.
-Je n'ai aucun retard en astronomie ! Déclara la jeune femme amusée.
-Oh mais si ! Tu ne connais pas les histoires qui se cachent derrière les astres !
La gryffondor pencha la tête sur le côté, il ne manquait pas d'imagination, elle devait lui reconnaitre cette qualité.
-Et toi oui je suppose ?
-Evidemment ! Je porte le nom d'une étoile ! S'exclama Sirius sur le ton de l'évidence.
Cette fois-ci, elle ne put réprimer le rire franc qui sorti de sa gorge. Cependant, un détail venait noircir cette proposition. L'étude des astres impliquait forcément d'observer le ciel et donc d'être dehors avec le risque imminent d'entendre à tout instant les feux d'artifices.
-Je n'ai pas vraiment envie de sortir, avoua-t-elle à mi-mot.
Le maraudeur sortit sa baguette sans dire un mot, comme s'il ne l'avait pas entendu, et amassa tous les oreillers, plaids, coussins, et matières confortables au sol, de manière à créer un endroit douillet.
-Les feux d'artifices risquent de…
Cara n'eut pas le temps de finir sa phrase que Patmol insonoriser déjà la pièce. Il tira les rideaux et prit place sur le coin douillet qu'il venait de créer.
-Qui a dit qu'il était nécessaire de sortir pour observer les étoiles et écouter leurs histoires ? S'enquit le sorcier en tapotant la place à ses côtés.
La brunette resta figée pendant un bref instant puis prit place à ses côtés. Elle n'avait même pas eu besoin de lui expliquer les raisons de ses appréhensions. Il les avait comprises par lui-même. Elle imita Sirius lorsque ce dernier s'allongea complètement sur le dos et prit place au creux de son épaule. Son angoisse s'envola dès qu'il passa un bras autour d'elle et qu'il l'attira un peu plus contre lui. D'un geste de baguette, le maraudeur recréa le ciel et ses divers astres et se mit à lui conter les différentes mythologies, lui faisant totalement oublier ses pensées. Son attention se concentra uniquement sur lui, sur la voix, sur ses paroles et, paisiblement, ses yeux se fermèrent.
XOXOXOXOXO
Tout était en place. Les décorations, le buffet, les boissons, les lumières... le salon des Potter avait été transformé en parfait repère de la prohibition. La préfète en chef pouvait être fière d'elle. Tout semblait parfait.
La gryffondor prit place sur le canapé poussé dans l'un des coins du salon et prit une coupe de champagne qu'elle porta à ses lèvres pendant qu'elle observa ses amis. Les bulles de champagne commençaient à l'enivrer, la faisant sentir légère comme une plume. Son regard balaya la pièce et croisa les yeux noisettes de James. Elle se demanda comment elle avait fait pour résister pendant tout ce temps. Il était tout simplement irrésistible dans son costume et chapeau d'époque. Elle ne put s'empêcher de le déshabiller du regard. C'était inutile de résister. Il la salua en ôtant son chapeau et la jeune femme dut se ressaisir lorsqu'elle le vit arriver vers elle. Elle devait garder les idées claires.
-Tu devrais peut-être ralentir, lui conseilla le maraudeur.
-Je vais très bien, Potter ! Je ne fais que m'amuser !
Le sorcier se mordit la lèvre inférieur, attirant le regard vert de la jeune femme sur cette dernière. Elle se faisait bataille pour contrôler ses gestes envers lui. Elle déglutit difficilement lorsqu'un sourire en coin se dessina sur son visage. De toute évidence, il était parfaitement conscient de l'effet qu'il lui faisait et la bataille intérieur que menait la rouquine l'amusait. Il lui prit le verre des mains et le posa sur le guéridon non loin d'eux.
-Je crois que ça ira pour ce soir, rit Cornedrue en lui replaçant la plume dans ses cheveux. Ils vont finir par croire que je te dévergonde !
-Rhoo tu es tellement coincé ! Le taquina la préfète en chef en levant les yeux au ciel.
Sa remarque fit rire de bon cœur son ami.
-Qu'avez-vous fait à la major de promo, préfète en chef et ennemie jurée des fauteurs de trouble ?
Lily haussa les épaules, feignant ignorer la réponse. Il était certain qu'elle n'était plus la même jeune femme qu'il y a quelques mois. Elle était plus joyeuse et plus épanouie maintenant.
-Tu préférais avant ?
-Non non non ! Répondit aussitôt James qui l'attira vers lui, l'obligeant à se lever. La harpie qui me hurlait constamment dessus ne me manque pas plus que ça !
Lily arqua un sourcil et fit la moue, faussement vexée. Un ligne vertical s'installa alors entre les sourcils du maraudeur. Son petit jeu était puérile mais c'était le seul moyen qu'elle avait trouvé pour avoir toute son attention et pour se retrouver dans ses bras. Elle adorait se jouer de ses inquiétudes. Dès qu'il craignait de la vexer, il redoublait d'attention à son égard et elle devait avouer qu'elle adorait ça. C'était loin d'être déplaisant d'avoir toute l'attention et l'affection de James Potter, bien au contraire.
Le regard noisette du sorcier fut attiré par quelque chose derrière son dos et, soudain, elle perdit toute son attention. Elle posa alors ses deux mains sur son torse musclé et immédiatement son regard fut arraché de leurs amis pour venir se poser sur elle. Ce simple geste le troubla et la sorcière se délecta de sa réaction. Ses joues prirent une couleur rose des plus adorables et Lily ne put s'empêcher de lui sourire face à sa réaction. Ses yeux verts dérivèrent vers ses lèvres et une nouvelle fois elle eut envie de l'embrasser. Elle aurait pu mettre ça sur le dos des différents verres qu'elle avait bu depuis le début de la soirée mais cette envie la tenait depuis plusieurs jours maintenant.
-Je…J'ai envie de…Bégaya soudainement la gryffondor.
James la regarda avec attention, attendant qu'elle réussisse à formuler sa phrase correctement mais elle en était incapable.
-J'ai envie de…
Elle n'arrivait pas. Elle ne pouvait pas le formuler à voix haute, elle avait peur de se couvrir de honte et le regard de son ami sur elle n'arrangeait rien à tout cela. Il devait très certainement croire que l'alcool avait eu raison d'elle. Elle détourna alors le regard mal à l'aise.
-Qu'est-ce qui se passe ? S'inquiéta son ami en cherchant son regard.
-Rien ! Se rattrapa la jeune femme en souriant. J'ai envie de…J'avais envie de…
-Quedever ! Cornedrue ! Hurla Remus enthousiaste en cherchant leur ami. Il est temps de mettre un peu d'étincelles à cette soirée !
-Allez-y sans moi, les mecs ! Répondit James sans même daigner leur accorder un regard.
Du coin de l'oeil, elle vit Remus et Peter échangeaient quelques mots. De toute évidence, quand James donnait un ordre tout le monde s'y pliait.
-De quoi avais-tu envie, Lily ? Lui demanda posément Cornedrue.
La gryffondor haussa les épaules et laissa ses mains retomber par dépit. Cependant, le maraudeur les rattrapa et les garda contre lui.
-Dis-le, murmura t-il plein d'espoir.
Lily se mordit la lèvre inférieure. Son coeur tapait comme un dingue contre sa cage thoracique. Elle prit une profonde inspiration sans le quitter des yeux.
-J'avais très envie d'avoir ton chapeau ! Mentit la sorcière.
Le gryffondor la regarda d'abord avec incompréhension puis finit par sourire avant de lui poser le chapeau sur la tête.
-Maintenant, que dirais tu de danser ? Lui proposa-t-il.
Lily jeta un regard affolé autour d'eux.
-Il n'y a plus personne et il me semble que t'aimes danser…
La jeune femme ouvrit la bouche pour refuser mais James fut plus rapide.
-Je crois que tu peux bien faire ce petit effort après le vilain subterfuge que tu viens de me raconter !
Lily resta muette mais ne rechigna pas lorsque le maraudeur lui prit la main et la fit danser. Leur rythme était beaucoup plus lent que la musique, ils étaient même carrément hors rythme mais cela n'avait aucune importance. Elle avait de nouveau toute son attention. Ils dansèrent ainsi quelques minutes, parfaitement isolés du monde et de leurs amis.
-J'espère qu'ils ne vont pas mettre le feu à la forêt, fit James amusé.
La préfète en chef pencha légèrement la tête sur le côté et planta son regard dans le sien.
-Ne sois pas médisant !
Le gryffondor laissa échappa un petit rire.
-Tu n'as aucune idée du nombre de fois où l'on a failli mettre le feu au château ! S'exclama t-il.
-Je crois que c'est mieux que je ne le sache pas !
Les deux adolescents échangèrent un regard complice. Elle imaginait aisément la scène et cela lui arracha un rire discret.
-L'idée qu'on ait failli mettre le feu au château te fait rire ? S'étonna James.
Lily se pinça les lèvres pour ne pas rire davantage mais approuva d'un signe de tête tandis que le maraudeur l'attira doucement contre lui tout en continuant de la faire danser.
Il semblait que personne ne les avait remarqué et cela leur convenait ainsi. Ils n'avaient pas les regards sur eux et Lily pouvait librement se lover dans les bras du jeune homme.
Ce n'est qu'au bout de quelques seconde, qu'un immense décompte explosa dans le ciel. Toutes les lumières du salon s'éteignirent et les plongèrent dans le noir tandis que tous le domaine aux alentours s'éclairait. Le décompte lumineux éclairait le manoir d'une lumière colorée et puissante. Toute la comté devait le voir. La discrétion n'était pas de mise de toute évidence.
Soudain le décompte s'arrêta, les plongeant de nouveau dans le noir, puis un gigantesque zéro apparu dans le ciel avant d'éclater en mille et un artifice de couleurs.
-Bonne année, Lily ! Lui chuchota le sorcier à l'oreille en esquissant un sourire.
La concernée ne put que lui rendre son sourire. Il était si craquant. Elle en avait terriblement envie. Il était temps de céder. Sans hésiter une seconde de plus, elle se mit sur la pointe des pieds et sans y réfléchir à deux fois, l'embrassa. Cela ne dura qu'un court laps de temps. Mais cela lui suffit pour se rendre compte de son geste, extrêmement gênée.
-Bonne année, lui répondit-elle en levant lentement les yeux vers lui.
James était bouché-bée. Elle se demanda alors si elle ne s'était pas trompée sur toute la ligne. Elle avait peut-être mal interprété, peut-être que Sirius lui avait menti, peut-être qu'elle avait mal interprété tous ses gestes et attentions. Cornedrue court-circuita ses pensées lorsqu'il se pencha et l'amena un peu plus vers lui.
-Je crois que je n'ai pas très bien compris... la taquina t-il en se penchant vers elle.
La sorcière jeta un bref coup d'œil paniqué autour d'eux mais ils étaient parfaitement seuls.
-Après la bonne année, vient les vœux Lily... lui annonça le gryffondor avant de l'embrasser sans retenue.
Lily se laissa aller dans ses bras, aucune retenue, aucune peur. Elle se surprit elle-même lorsqu'elle passa ses mains dans les cheveux en bataille du maraudeur, approfondissant leur baiser. Elle n'avait jamais ressenti autant de satisfaction à céder à une aussi douce tentation. Cependant, elle s'attendait à tout moment à être surprise par leurs amis.
-On s'éclipse ? Lui proposa t-elle entre deux baisers.
James ne prit même pas la peine de répondre et en un battement de paupières, il les fit transplanter dans sa chambre à l'abri des regards. Cette fois-ci, la sorcière se sentit plus libre. Elle le poussa sur le rebord du lit sur lequel il s'assit et prit place à califourchon sur ses genoux. Le maraudeur passa ses bras autour de sa taille avec tendresse tandis qu'il la dévorait du regard. Elle se pencha de nouveau vers lui pour l'embrasser mais le sorcier se recula légèrement.
-Quoi ?
-Est-ce que c'est à cause de l'alcool ? Lui demanda t-il avec sérieux et d'une voix rauque.
La gryffondor le regarda étonné mais il était plus sérieux que jamais. Elle passa alors ses bras autour de sa nuque et planta son regard émeraude dans le sien. Elle lui caressa délicatement la nuque et vit son regard dur vacillait progressivement en quelque chose de plus doux.
-Si tu veux tout savoir, se lança t-elle. J'en avais vraiment envie depuis plusieurs jours…
Sa déclaration ne sembla pas suffire. James semblait plus perdu que jamais.
-J'ai envie de…
Et voilà, elle butait de nouveau sur les mots mais elle devait enlever les doutes et les craintes qui pesaient sur elle. Elle s'humidifia les lèvres et rassembla tout son courage pour s'expliquer.
-J'ai envie d'être autre chose qu'une simple amie pour toi, finit-elle par dire d'une voix chevrotante. J'aime passer du temps avec toi, quand tu es à mes côtés et que tu prends soin de moi, j'aime ces gestes tendres que tu as avec moi sans même t'en rendre compte…Je mourrais d'envie que tu m'embrasses après Somerset House mais tu ne l'as pas fait. Et je déteste, mais alors du plus profond de moi, quand c'est une autre fille qui a ton attention, et encore plus quand tu es plus attentionné envers elle qu'avec moi…
La sorcière marqua une pause avant de reprendre :
-J'ai envie d'essayer et puis, comme tu me l'as si bien dis, mieux vaut avoir des remords que des regrets, non ?
Le silence accueillit ses mots et le doute s'immisça lentement en elle.
-Sauf bien sûr, si tu ne veux plus…finit-elle par dire.
James pencha la tête sur le côté et continua de l'observer pendant, ce qui lui sembla être, une éternité.
-Dis quelque chose, je me sens ridicule là…Supplia la préfète en chef en retirant ses bras autour de son cou.
-J'ai peur d'être en plein rêve, avoua le sorcier avec un sourire en coin. Sirius a du mettre quelque chose dans ma boisson, j'en suis certain !
Lily lui tapa dans l'épaule, à la fois amusée et rassurée. Cornedrue lui saisit les mains, les embrassa avant de les replacer derrière sa nuque en la regardant avec tant de délicatesse qu'elle se surprit à rougir. Ses yeux noisettes se posaient sur chaque parcelle de son visage, il la dévorait littéralement de yeux. Il l'attira contre lui sans la quitter des yeux. Elle brulait littéralement sous son regard noisette. Son sourire en coin avait totalement disparu. Devait-elle de nouveau faire le premier pas ? Et alors même qu'elle se posa la question, James mit fin à son questionnement en l'embrassant avec fougue et embrasa tout son corps. Rien ne semblait plus évident que cet instant.
