Bonjour à tous !
Vous pensiez peut-être que l'histoire était en pause, mais ce n'est pas le cas. Certes, je n'ai aucune réserve, mais je travaille toujours dessus. ça pend juste du temps.
Donc, chapitre du jour avec de la musique ! Pour la fin de celui-ci, nous avons Nightmare de Set It Off. Elle m'a littéralement inspiré la chose. Et avec le personnage torturé qu'est Ace dans cette histoire, ça colle très bien. J'espère que l'histoire sera à votre goût. A bientôt j'espère.
FireBird539 : Nop. Fic au ralentit, nuance.
Rose-Eliade : Pour sûre que je vais continuer comme ça.
Maenas : Ooooh, tu veux vraiment pas savoir, c'est pourtant intéressant~ / On aime Thatch et son bad timing légendaire.
Black-Clixia : si je te dis "flippette" je me fais taper ? XD Merci en tout cas pour le compliment, Missty et moi sommes très fières de ce travail (et de la frousse qu'on a foutu à tout le monde)./ Instinct animal, que veux-tu. Et comme il a cherché à se rapprocher de ce qui pourrait être la source, normal qu'il ait pas aimé la rencontre. Peur Atavique toussa toussa. Pas con le Phénix. Missty contente du résultat/ Pour une fois que je prends mon temps avec ces deux-là. Et oui, on aime le beau-parleur, ça lui va tellemeeeeeent bien. / Kali peut paraître très calme, mais faut pas la chercher. Donc, oui, tu peux avaler de travers./ Pour le dévouement, elle a ce qu'elle considère une dette de vie envers Ace, et le personnage que j'ai en tête accorde beaucoup d'importance aux faveurs et dettes (raison pour laquelle elle demande quasiement jamais rien aux autres pour ne pas être redevable après coup). C'est d'ailleurs parce qu'elle se considérait comme redevable à son premier sauveur qu'elle s'est retrouvée embarquée dans la drogue et la prostitution. Ace l'a sauvé de cette dette, d'où l'attachement. / Au plaisir très chère.
Misstykata : On l'aime pour ça ce bon vieux Thath.
Sur ce, Bonne lecture!
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- Aha !
Marco s'arrêta sur le seuil de la cuisine et fit face avec la cuillère de Thatch. D'un geste sec de la main, il l'écarta de son visage pour s'avancer vers la table de coin. Il y posa son sac, message clair pour dire qu'il avait une mission en solo et qu'il avait donc besoin de provision.
- Hey ! Stop ! T'échappe pas comme ça ! rouspéta le cuistot. T'as quelque chose à dire à ton frère !
Le cuisinier passa un bras autour du cou de son frère aîné avec un grand sourire. Vu la façon dont il agita ses sourcils, le blond savait exactement quel serait le sujet.
- Alors, ça y est ! Elle t'est tombée dans les bras ! La nuit a été bonne ?!
- Tu sais pourquoi Stavinsky a été envoyé à l'infirmerie le mois dernier, yoi ? demanda calmement Marco.
- Je te parle d'Ace et tu me parles du second de Haruta ?
- Il y a un rapport. Stavinsky m'a demandé si, maintenant que j'avais eu l'occasion de profiter de mon droit de cuissage, Ace était en libre-service.
Thatch se détacha de son frère en prenant une expression sérieuse, le regardant dans les yeux.
- Il a pas fait ça ?
- Ooooh siii. Et au mauvais moment, puisqu'Ace était dans la pièce d'à côté et l'a entendu, yoi. D'où pourquoi il est resté un moment à l'infirmerie, et pourquoi j'ai refusé de le soigner. Donc, avant de faire le moindre sous-entendu sur notre relation, tourne sept fois ta langue dans ta bouche et réfléchis au pourquoi on crie pas sur tous les toits qu'on est ensemble. Et pourquoi je te rappelle une énième fois qu'on frappe à une porte de cabine avant d'entrer.
- Quel bandes d'idiots. Donc, mission solo. Longue ?
- Modérée. Deux semaines.
Le roux alla récupérer dans la réserve des provisions ne risquant en rien de périmer du jour au lendemain pour le blond qui se servit un café en attendant.
- Donc, t'as réussi comment à la faire tomber pour toi ? demanda Thatch en revenant avec des provisions. Cela date ?
- Six mois. Et je l'ai pas fait tomber, elle m'a donné sa condition, et je l'ai acceptée.
- Quelle condition ?
- Courber l'échine. Comme dit Vista, c'est elle qui porte le pantalon, yoi.
Un reniflement hilare échappa au cuisinier mais son frère l'ignora. Marco assumait sans honte et sans regret de laisser Ace prendre le dessus. Elle le valait bien. Les deux hommes tournèrent la tête vers la porte de la cuisine quand la poignée bougea. Curieux, Thatch regarda l'heure.
- Il est tôt pour que Milo soit venu me donner de l'aide.
La porte s'ouvrit seule sur… une forme en bois mouvante.
Les deux commandants soupirèrent avant d'échanger un rire.
- Iro, ton camouflage a besoin de travail, commenta Marco en s'accroupissant au niveau de la panthère.
Démasqué, le félin reprit sa couleur neutre et vint se frotter aux jambes de Thatch en miaulant.
- Ah, j'vous jure, soupira le cuisinier. Attends un peu, gourmande, je vais te donner de quoi manger. Sinon, Oyaji est au courant pour vous deux ?
- Bien entendu. Tu crois que je vais entretenir une relation de potentielle longue durée avec un de nos nakamas dans son dos. Surtout que…
Thatch cessa de ranger des provisions dans le sac de son frère pour le regarder.
- Surtout que… ?
Marco se contenta de fixer le mur de l'autre côté des comptoirs de cuisines, sans le voir et sans répondre.
- Tu crois qu'elle pourrait être… devina le roux.
Le zoan hocha la tête.
- Vous en avez parlé ? Je veux dire, Frey disait que ce genre de chose pouvait se vérifier.
Silence.
- Tu lui as rien dit, n'est-ce pas ?
- Trop tôt.
- Trop tôt, mais tu le soupçonnes, donc, tu fais que repousser l'inévitable.
Avec agacement, Marco se repoussa de la table à laquelle il s'était appuyé. Iro s'assit sur son train arrière et le regarda faire les cent pas avec perplexité.
- J'aborde le sujet comment, hein ? Et surtout, imagine qu'elle refuse l'idée ! Bordel, on a vingt-deux ans d'écart ! Cela la condamnerait à passer sa vie avec une épave !
- Une épave ? T'es dur avec toi.
Marco offrit un regard noir à son frère et montra le sac du menton.
- Je dois partir en mission, je te rappelle.
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Ace fronça les sourcils en entrant dans le réfectoire et parcourut la salle du regard à la recherche d'une coupe improbable blonde bien familière.
Pas de signe de Marco.
Toujours perplexe devant l'absence de son partenaire, il alla s'asseoir à sa place à côté de Thatch qui discutait auparavant avec Vista. Voyant le roux ouvrir la bouche, Hiken prit les devants et brandit une cuillère à café.
- Savais-tu qu'à l'époque où Alabasta momifiait encore ses morts, on retirait le cerveau avec un très fin crochet qu'on passait par le nez ? Si tu ne veux pas que je t'en fasse la démonstration, surveille ta langue, cuistot du dimanche. Parce que j'ai peut-être pas le crochet, mais avec une cuillère, ça devrait marcher tout aussi bien.
- Tu as tes règles ou tu t'es levé du mauvais côté du lit, frangin ? demanda Vista avec amusement devant le teint pâle de l'autre commandant.
- Ni l'un ni l'autre. Marco est par là ? Je l'ai pas vu depuis que je me suis levée.
- Tu te fais du souci ? C'est trognon~ ! sourit affectueusement Thatch.
Il ravala sa langue quand Ace rapprocha de son nez sa petite cuillère.
- Qu'est-ce qu'il se passe encore ? Tu embêtes ta sœur de bon matin, Thatch ? demanda Shirohige en arrivant.
- Je suis un homme, aujourd'hui, navré de décevoir, informa Ace en reposant son couvert.
- Je me répète donc, pourquoi cherches-tu ton jeune frère de bon matin, Thatch, rectifia le Yonkou sans être plus déphasé que ça.
- Parce qu'il se fait du souci pour l'ananas et que je trouve ça adorable.
- Tu sais que je prépare une thèse pour un doctorat en archéologie, Thatch ? demanda plaisamment Ace.
- Première nouvelle ! Tu fais ça par correspondance ? s'enquit le paternel avec intérêt.
- Yup. Et sous un alias. Mais là n'est pas le point.
Avec un sourire froid, Ace se tourna vers son voisin de table.
- Et tu veux que je te dise le sujet ? L'évolution des méthodes de tortures au travers le temps et les océans. Tu veux m'aider pour mon papier ?
- Message reçu, je me la boucle, comprit Thatch.
- Il serait temps, lui dit Vista avec amusement.
- Et il serait aussi temps de me dire où s'est fourré le premier commandant, non ?
- Il est parti en mission, ça fait deux semaines que c'est prévu, tu as oublié ? demanda Shirohige.
Le brun fronça les sourcils, apprenant clairement la chose.
- Il te l'a pas dit ? s'étonna Vista.
- Pas à ma connaissance. Donc, il est parti en mission ce matin. D'accord. Et il rentre quand ?
- Dans deux semaines. Je lui toucherai deux mots à son retour, c'est pas correct qu'il te laisse dans le noir comme ça, pointa Edward en fronçant les sourcils.
- Il est grand. Je suis pas sa mère, il fait ce qu'il veut, commenta le D. en haussant des épaules dans une apparente indifférence.
Il se servit un café et se leva de table.
- Hep ! Tu dois manger ! rappela à l'ordre Thatch.
- J'ai pas faim et comme je l'ai dit, j'ai un doctorat à préparer. Si tu veux le bosser à ma place, vas-y, je t'en prie.
Et il quitta le réfectoire.
- Je connais un phénix qui est dans la merde, commenta Vista en prenant des toasts.
- J'en connais surtout un qui préfère la fuite au dialogue, précisa Thatch.
- Je toucherai deux mots à votre frère à son retour, annonça leur père avec un ton de finalité.
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Pendant l'absence de Marco, Ace resta l'image même de l'indifférence. Il força peut-être un peu trop la chose, devenant très sociale brusquement et même joyeux. Edward le prit en tête à tête pour lui dire qu'il ne trompait personne avec son comportement et qu'il comprenait qu'il se sente blessé par la cachoterie de son amant, mais le brun se contenta de rire en disant que tout allait bien, et ce, avec un grand sourire.
Pourtant, si on passait le voir le soir, on pouvait le trouver allongé sur le sol de sa cabine, un coussin dans les bras, fixant tristement devant lui en ignorant sa lecture ou son travail du moment.
Peu importe les raisons de son silence, même avec les meilleures intentions du monde, Marco avait clairement blessé son amant.
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Tami avait été traitée presque en princesse, plus qu'en invité. Après, venant de Thatch, ce n'était pas étonnant de le voir venir avec le petit déj au lit, avec ses infâmes cookies. Pas de quoi surprendre pour ceux qui connaissaient le commandant. Ce fut donc avec un certain soulagement qu'ils finirent par toucher terre. On libéra le Keeper et Ace se proposa pour aider l'informatrice à porter ses courses. Tout plutôt que de continuer à rester à bord avec les commandants et la flotte de Marco qui le regardaient d'un air navré. Ils venaient de sortir d'une nouvelle boutique, des sacs pleins les bras, quand presque innocemment, l'informatrice l'invita à la suivre jusqu'à la bibliothèque.
- C'est gentil, mais je me suis proposé pour vous aider avec vos courses, pas pour faire du tourisme, lui pointa Ace.
Et comme par magie, les différents sacs disparurent dans la sacoche de l'informatrice, sans la moindre difficulté, ne laissant pas la moindre trace de leur existence.
Pratique.
- Je peux apprendre ce tour ? s'enquit le D.
- C'est impossible, vous avez déjà le feu, lui répondit Tamashii. Nous y allons ?
Ace roula des yeux, mais suivit la jeune femme dans les rayonnages, cherchant un livre qui puisse l'intéresser, soit pour son papier, soit en lecture plaisir. Peut-être trouverait-il une nouvelle rare de Lovecraft qu'il n'avait encore jamais trouvée ? Il jeta un œil à l'informatrice et remarqua son intérêt pour des livres de mystères et d'aventures. La jeune femme recula un instant et se hissa sur la pointe des pieds, se tordant à moitié le cou pour voir les titres sur les hautes étagères. Etant plus grande qu'elle, Ace s'avança en levant le bras pour poser une main sur les livres qui pouvaient intéresser.
- Besoin d'aide ?
- Je vous retourne la question, lui dit la femme en le fixant du regard.
Sans comprendre, Ace laissa retomber son bras. Pourquoi aurait-il besoin d'aide ? L'informatrice lui posa une main sur l'épaule en souriant.
- Vous pouvez tout me dire, vous savez. Si vous avez besoin d'aide, je suis là.
Le D. cligna des yeux une fois, deux fois, puis réfléchit. Cette femme l'avait déjà bien aidé, il pouvait peut-être lui demander de l'aide pour localiser les Ponéglyphes. Il lui faisait confiance, étrangement. C'était une demande et un secret dangereux, mais jusqu'à présent, cette femme n'avait rien fait pour la trahir.
Pouvait-il vraiment lui demander ça ?
Il joua nerveusement de la langue avec ses incisives dans un geste pensif avant de se lancer. C'était quitte ou double, encore une fois. Espérons que cette fois encore, ce soit un pari gagnant.
- Ok j'ai un contrat dangereux pour toi, se lança la D en baissant la voix et en jetant un regard autour pour être certain que personne ne les entendrait.
- J'écoute, assura l'informatrice.
- J'ai besoin d'info sur les Ponéglyphes. Pas de copies, les localisations des monolithes en eux-mêmes.
Il savait que si elle devait poursuivre les copies, comme personne ne pouvait savoir ce qu'il y avait dedans, forcément, il se ruinerait en courant à droite et à gauche en cherchant à obtenir un document qui avait une chance extrêmement fine d'être authentique.
- Hmhm… et si on revenait au sujet ? acquiesça sagement l'autre femme.
La D. cligna des yeux encore une fois. Revenir au sujet ? Elle lui avait demandé s'il avait besoin d'aide, eh bien, la réponse était là, non ?
- Quel sujet ? s'enquit le Commandant.
Tami posa son doigt pile entre les deux sourcils du brun, sur l'infâme Ride du Lion qu'il avait développé très tôt à force d'avoir toujours les sourcils froncés quand il était gosse.
- Vous foutez pas d'moi, j'le vois bien que vous allez pas bien, insista la femme.
- Je vais très bien, et ça, c'est parce que je suis le bâtard de Roger et que j'ai le malheur d'avoir celui de Dragon pour petit-frère.
D'un geste de la main, il chassa la main de son front et croisa les bras. Il attendait toujours de savoir si oui ou non, cette informatrice acceptait sa demande.
- Donc, vous prenez le contrat ?
- A la condition que vous vidiez votre sac, insista la femme.
Elle regarda Ace de la tête aux pieds avant de lui dire d'un air entendu :
- C'est parce qu'il est parti, c'est ça ?
Touché.
- Je ne vois pas du tout de quoi tu parles, Informatrice, réfuta le Shirohige en se tournant de nouveau vers les rayonnages. Je vais très bien !
Il maudit sa voix qui avait pris une octave de plus sous l'émotion et la frustration.
Stupide Marco, pourquoi il lui faisait ça ?
Tamashii se rapprocha, plisse des yeux en le regardant en face, très proche, bien trop proche de lui à son goût, son visage disant clairement qu'elle ne croyait pas un mot de ce qu'elle entendait. Devant cette subite invasion de son espace vital, Ace recula de deux pas. La femme n'avança peut-être pas, mais resta penchée dans sa direction, les yeux encore plus plissés. Résolument, Ace se tourna vers les étagères et ferma les yeux pour reprendre ses esprits. Il pouvait tenir.
- Portgas-san… vous pouvez tout me dire, qu'est-ce qui ne va pas ? insista la jeune femme.
Le barrage céda.
- Pourquoi ça n'irait pas ? Mon mec part en mission et je suis pas au courant ! Je me contente de l'apprendre le jour-même quand je réalise qu'il a tout bonnement disparu sans explication ! ragea le jeune Commandant à la limite des sanglots.
L'informatrice se rapprocha et lui tapota gentiment l'épaule pour lui offrir son soutien.
- C'est prévu depuis longtemps, et je l'apprends le jour-même ! Pourquoi est-ce qu'il ne m'a pas averti !
Il coinça ses bras sous ses aisselles en essayant de reprendre son calme, sachant parfaitement de part un petit thermomètre accroché un peu plus haut sur les rangés d'étagère, que son logia était sur le point de s'échapper.
Le liquide montait à un rythme constant sous ses yeux larmoyants. Et derrière, l'informatrice se contenta d'un « Ah ouais, quand même ».
Mais plus rien ne pouvait arrêter le débordement, et rapidement, toutes les interrogations, les reproches, les peurs, tout ce qui traversait l'esprit d'Ace se retrouva à franchir la barrière de ses lèvres. La femme l'entraîna dehors et les embarqua dans un lieu plus isolé pour laisser le pirate continuer sa tirade sanglotante et colérique.
- …Tout le monde le savait et moi, j'étais dans le noir ! Ce con se barre et je suis la dernière personne au courant ! Et pourquoi ? Parce qu'on pensait qu'il me l'avait dit à moi aussi ! Il se sert de moi ou quoi ce salaud ? Je représente rien pour lui ? Tout ce qu'il me dit, ce sont que des paroles en l'air, c'est ça ?!...
Il continua un moment, revenant encore et toujours au pourquoi. Pourquoi ce geste ? Pourquoi ne lui avoir rien dit ? Pourquoi ?
Profitant d'une interruption dans le flot de rage verbal, Tamashii proposa une explication :
- D'après moi, s'il ne vous a rien dit, c'est parce que la mission vous concerne de près ou de loin. Je doute qu'il veuille vous quitter, les quelques fois que je l'ai vu en votre compagnie, je peux vous assurer qu'il avait l'air clairement attaché à vous. Je pense que pour une raison ou une autre, certainement pour vous protéger, il voulait vous garder dans le noir.
- Mais me protéger de quoi ?! Bordel, je suis un pirate ! Je suis censé être un Commandant de Yonkou ! Pas une demoiselle en détresse ! Je peux me battre ! Me défendre !
- Je ne dis pas le contraire, mais c'est la seule explication que j'ai, tenta d'apaiser l'informatrice.
- Et soyons réaliste ! Il va être absent encore un moment ce con ! Je suis ni stupide, ni naïf, ni aveugle, je l'aurais vite vu qu'il n'était plus là !
Et histoire d'essayer d'extérioriser tout ce qui le rongeait, il alla shooter dans une poubelle à proximité, faisant jaillir un chat qui miaula de peur et de colère, avant de se percher plus haut pour cracher vers le D, le dos arqué et le poil hérissé.
- Portgas-san, appela Tamashii.
Ace se retourna vers la jeune femme.
- Du moment que vous ne brûlez pas la porte du Keeper, elle sera toujours ouverte pour vous.
- Merci.
Ace inspira profondément, et préféra changer de sujet histoire de se calmer.
- Donc, ton prix pour mon contrat, c'est quoi ?
- Si je peux savoir ce qu'il se passe avec les Ponéglyphes et rester en vie, ça me va.
Elle se paierait avec les informations, donc ?
- Je ne divulguerais rien sur les Armes Antiques.
- Je veux l'Histoire, pas les armes.
L'étudiant en archéologie fronça les sourcils. Cette femme ne lui avait pas demandé ce que lui il comptait faire des informations.
- Pas curieuse à savoir ce que je vais en faire ?
- Je réfléchis, j'ai un cerveau, je peux me douter de vos motivations. Je commence à vous connaître, se contenta de sourire mystérieusement Tamashii.
…
And it was at this moment, Ace knew he fucked up.
Cette femme avait deviné qu'il avait un moyen de traduire les ponéglyphes. Il en mettrait sa main à couper.
- T'es flippante.
- Merci ! rit doucement la femme.
Le commandant soupira.
- Puisque les courses sont finies, on peut passer au Keeper, j'ai deux trois mots de codes à te donner, histoire de faciliter les communications si je dois t'écrire ou t'appeler.
- Oui, bien entendu.
Et le duo prit donc la route vers la petite embarcation de l'informatrice.
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La nuit était si calme, presque trop calme.
Pas la moindre lune ou la plus petite étoile pour percer le rideau d'encre du ciel. Une brume avait envahi les rues de l'île et se répandait lentement sur les navires amarrés au port.
Ace se réveilla, fixant le plafond de la cabine sans le voir. Il jeta un œil sur le côté mur du lit, mais cette nuit encore, la place qu'occupait son amant était vide. Le jeune homme porta ses mains à son visage, masquant ses yeux sous ses paumes, refusant de pleurer. Il renifla et laissa retomber ses mains, son début de larmes évaporés sans trace.
Il jeta un regard sur sa cabine, grognant en voyant les livres et ses notes qu'il avait laissé éparpillés sur le sol. Si Robin voyait ça, elle lui tordrait le cou pour être aussi peu soigneux avec ses recherches pour sa thèse.
Mais Ace n'avait juste aucune motivation en ce moment.
Il se roula en boule sur son côté, fixant Iro qui dormait sur la couche d'en face, espérant que le sommeil revienne l'emporter en fermant les yeux…
…Pour les rouvrir en sursautant ce qui lui semblait être juste en suivant.
They're coming creeping from the corner
Le cœur battant, assis droit dans le lit, il essaya de retrouver son calme, de comprendre ce qui venait de lui arriver, avant de remarquer que la place de Marco n'était plus vide. Il se tourna vers son amant allongé sur les couvertures, immobile.
Il était rentré.
Un sourire tremblant apparut sur le visage du D. qui leva lentement une main pour réveiller le blond.
Avant même de le toucher, son sourire se figea.
Marco était bien trop immobile.
Une tâche humide et sombre commençait à se former sur le lit.
Non…
Pas ça…
Le D. se dépêcha de retourner son amant sur le dos pour voir qu'il avait tout le torse d'ouvert jusqu'à la gorge, laissant tous les organes se déverser sur le matelas et les draps.
Non…
.
.
Ace se réveilla en hurlant, ruisselant de sueur froide.
Haletant, il se recroquevilla sur lui-même pour retrouver son calme.
Un cauchemar, un stupide cauchemar, rien de plus.
- Ace ?
Le D. sursauta si fort qu'il en tomba du lit, s'emmêlant dans les couvertures au passage. Difficilement, il s'en sortit pour voir Marco se rapprochant du bord de la couche pour le voir.
- M-M-M-Marco ? balbutia le D. surpris.
- Tu partages ton lit avec un autre homme que moi, yoi ? s'enquit le blond avec un vague amusement.
- Oh ta gueule stupide piaf ! T'as pas l'droit de sortir ce genre de connerie quand tu pars sans me le dire ou me donner d'explications.
Ace se prit la tête dans une main pour rejeter ses cheveux en arrière.
Ce n'était qu'un stupide cauchemar, tout allait bien, Marco était là, bien vivant, de retour à la maison. C'était l'essentiel. Il profiterait du réconfort de sa présence cette nuit, puis, il l'aborderait demain matin pour des explications.
Le Phénix jeta ses jambes hors du lit, restant assis au bord et offrit une main à son amant pour l'aider à se relever. Ace s'en saisit et le plus vieux le tira sur ses pieds. Et plus encore puisqu'il l'attira droit dans ses bras.
Une douleur vive et froide lui perça les entrailles.
Les yeux d'Ace s'arrondirent et il baissa les yeux vers son abdomen pour voir un poignard enfoncé dans son estomac jusqu'à la garde.
Poignard tenu par Marco qui lui souriait tout en appuyant sur l'arme.
Non…
Pourquoi ?
- Marco ? Pour-pour-quoi ?
Le jeune D. voulu se dégager de la prise de son amant et de son Haki (unique explication pour qu'il soit en train de saigner), mais impossible de bouger.
- Shhhh… souffla le blond avec son ton toujours très calme et serein qui lui était coutumier. Dors.
Un hoquet sanglant remonta dans la gorge du jeune adulte quand le blond retira la lame. Cette fois, le coup venait vers sa gorge.
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- NOOOOOON !
Ace cligna des yeux.
Encore une fois, il était assis dans son lit.
Il toucha sa gorge et son estomac, mais pas de sang, pas de blessure.
Il regarda à côté de lui dans la couche, mais elle était vide.
Un son, quelque part entre le sanglot et le soulagement, sortit de sa gorge alors qu'il se serrait dans ses bras pour ne pas trembler.
C'était fini, n'est-ce pas ?
And all I know is that I don't feel safe
Il avait besoin de de prendre l'air.
Il rejeta draps et couvertures, laissant ses pieds nus entrer en contact avec le plancher en bois d'Adam du navire. Il se leva, attrapa une veste au passage et quitta sa cabine.
Quelque chose effleura son épaule dans son chemin dans le couloir sombre.
I feel the tapping on my shoulder
Sur les nefs, il se retourna d'un bond, ses mains s'enflammant par réflexe.
I turn around in an alarming state
Vide.
Il n'y avait que lui dans ce couloir.
Il avait vraiment besoin de souffler, il devenait fou, il en était certain, l'angoisse lui faisait perdre la tête.
But am I losing my mind ?
I really think so.
Il reprit sa route vers l'échelle.
Le navire était si calme, ce n'était pas rassurant pour un sou.
Il attrapa le premier échelon et commença son ascension vers l'étage au-dessus.
Là encore, personne en vue et la porte menant au pont était fermée. Le réfectoire, l'infirmerie, l'armurerie de proximité et la salle des commandants, des pièces toujours ouvertes, étaient plongées dans l'obscurité la plus totale que ses flammes avaient du mal à percer.
Not a creature in sight
Une odeur ferreuse lui agressait les narines plus il se rapprochait de la porte.
But what you don't konw...
Plus il se rapprochait de la porte, plus l'adrénaline accélérait son cœur et ses poumons.
My breathing gets faster
And so does my heartbeat.
Qu'est-ce qu'il craignait ? Il ne faisait que sortir sur le pont prendre l'air, pas de quoi avoir la frousse.
I wish this was over
Il ouvrit enfin la porte et fit deux pas sur le pont avant de s'immobiliser quand il marcha dans quelque chose d'humide et chaud. Il baissa la tête pour voir quelque chose ruisselant sur les planches, tout autour de lui, comme si on avait renversé en divers endroit des baquets entiers d'encre. Il releva la tête et retint un hurlement d'horreur.
I wish that this was a dream but…
Devant lui, Roger lui faisait face, couvert de sang de la tête aux pieds, tranquillement assis sur une pile de corps qu'il avait entassés au centre du pont.
La totalité de l'équipage.
En le voyant, il se mit à rire à gorge déployée.
- Tu ne peux pas fuir, tu es à moi, tu es mienne, Gol D. Anabela ! riait le défunt Roi des Pirates.
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Ace se réveilla en sursaut et se précipita vers le hublot de sa cabine, grimpant sur le bureau de Marco placé juste dessous. Il l'ouvrit et vomit toutes ses tripes dans les eaux en dessous. A genoux devant la fenêtre, tremblant et sanglotant, il vidait son estomac sous la peur, le stress, l'horreur et le dégoût.
I created a monster, a hell within my head.
Haletant, essuyant vaguement la bile de sa bouche, il s'assit sur le rebord du hublot, les pieds au-dessus de l'océan, avant de se projeter vers le quai à quelques distances de là.
Nowhere to go, I'm out on my own
Il devait partir, s'éloigner, courir, fuir.
N'importe quoi, pourvu qu'il ne fasse pas un nouveau cauchemar.
Oh I'm so scared
C'est ce qu'il fit.
Il courut dans les rues, fuyant la bête qui était pourtant dans son crâne.
I created a monster, a hell within my head.
Nowhere to go, I'm out on my own
My mind impaired
To wake from my nightmare
Malgré les gravillons qui lui rentraient dans les pieds, il continua de courir à en perdre le souffle, unique présence vivante dans les rues brumeuses de la cité portuaire.
Il s'arrêta sur ce qui devait être le centre-ville et regarda autour de lui.
Wait, something doesn't feel right
Il ne le sentait vraiment pas cet endroit. Et pourquoi diable il n'y avait personne ?
No, something seems wrong
Est-ce que c'était toujours un cauchemar ?
And I've been feeling this way, for far too long
Il devait se calmer, trouver un moyen de sortir du cauchemar, trouver un visage familier et rassurant pour en finir avec cette horreur. Il y a tellement longtemps qu'il n'avait pas vécu ce genre de chose.
As my vision gets blurred, my skin's getting colder
Appearing young, while I'm growing older
Il reprit sa course, plus vite cette fois, luttant contre les larmes qui envahissaient ses yeux. Il était un D., il était un homme, et un homme, ça ne pleure pas, Garp le lui avait toujours dit et lui-même l'avait dit à Luffy. Un léger courant d'air entra en contact avec la sueur froide qui crépitait sur sa peau, le faisant frissonner, mais il ne s'arrêta pas.
I collapse to the floor and scream
« Can anybody save me from myself ? »
Ace trébucha sur quelqu'un qu'il n'avait pas remarqué, les renversant tous les deux sur le sol. Comme l'animal effrayé qu'il était, il se releva immédiatement et décampa. Il ne voulait pas que son esprit torturé lui montre une autre horreur. Il voulait la sortie de ce cauchemar.
Il pila en réalisant qu'il avait traversé la totalité de l'île pour arriver jusqu'aux falaises escarpées qui lui offraient une vue vertigineuse, plongeante et létale sur les eaux du Shin Sekai.
Walking to the ledge, I find myself looking down.
Il chutait, il tombait, d'un instant à l'autre, il percuterait les rochers bien trop humides pour qu'il puisse se sauver avec son logia.
Frozen still with fear, now I'm pluging to the ground
Il allait mourir.
If only I knew how to fly, then I could convince myself
This isn't my time to die
Il ne pouvait que regarder la mort venir vers lui.
C'était trop tard, son poids ne faisait qu'accélérer sa chute qui durait déjà une éternité
Instead I'm rocketing faster and faster
I dive fall to the floor
Sauf qu'au lieu de l'impact, il réalisa qu'il était de nouveau au sommet, fixant les rochers mortels sous ses pieds qui n'attendaient que son corps pour compléter le tableau.
And when my body crashes to the pavement,
I'm right back where I was before
Il entendit des bruits de pas dans son dos.
I created a monster, a hell within my head.
Nowhere to go, I'm out on my own
Oh I'm so scared
Il se retourna mais un de ses pieds dérapa, le faisant basculer de nouveau dans le vide.
My mind impaired to wake me from my nightmare
C'était la fin, il le sentait.
Awake me from my nightmare
Il pouvait enfin quitter cette effroyable nuit.
Awake me from my nightmare
Un sourire serin et soulagé apparut sur son visage alors qu'il chutait vers la mort.
Awake me from my nightmare !
Impact.
