Hank observe la scène, partagé entre mépris et tristesse.
« Erik … » murmure Charles, des larmes coulant sur ses joues, humidifiant ainsi la chemise de l'allemand.
« Charles … » commence Hank.
« Dis aux élèves que je suis occupé et sors en fermant la porte derrière toi. Merci Hank. »
« Mais je … »
« Fais ce que je t'ai dit ! » s'écrie Charles.
Hank sursaute puis quitte le bureau en fermant la porte en sortant.
« Erik … Réveille-toi … »
Charles tient fermement la main de son amant la caressant doucement de temps à autre.
« J'ai besoin de toi. Même si tu effraies les élèves, je veux que tu restes. Je sais très bien que je ne peux pas te changer complètement et ce n'est pas ce que je veux. »
Erik ouvre doucement les yeux et Charles sourit.
« Erik … » murmure-t-il.
« Charles … »
Erik se relève difficilement puis aide Charles à se remettre dans son fauteuil.
« Il est où l'autre enfoiré ? Il ne sait pas que j'ai horreur des aiguilles ? »
« Je l'ai fait partir. Et crois-moi, nous ne sommes pas près de le revoir de sitôt … »
« Tu … »
« Je lui ai fait oublier cet endroit et la raison de sa venue. Embrigader mes élèves ou des membres de l'équipe enseignante dans l'armée, il rêve … »
« Charles … »
« Jamais je ne laisserai un commandant humain emmener qui que ce soit ! »
« Charles! »
Charles sursaute et regarde Erik.
« Quoi? »
« Il n'est pas venu que pour ça … Il ... Il voulait m'emmener moi. »
« Pourquoi plus toi qu'un autre ? »
« Je l'ignore. Mais il en avait les moyens. »
« Comment ça? »
« Impulsion électrique, aiguilles … Tout ce que j'aime en définitive. Mais grâce à toi, il ne viendra plus avant longtemps en effet. »
« Dois-je comprendre par là que ta protection doit être renforcée ? »
« Ma protection ? Mais es-tu bête ? Je n'ai besoin d'aucune protection, Charles. Je sais me défendre. »
« … Je … »
« Attends deux minutes … Tu … Non tu n'as pas osé Charles … »
« J'ai crée avec l'aide de Hank un champ électrique autour du domaine pour que tu ne puisses pas partir. Tel que je te connais, tu saisiras la première chance qui t'ait offerte pour partir … »
Erik serre les poings : il pensait que Charles n'était pas comme ces hommes qui l'enfermaient pour qu'il ne puisse pas se sauver … Mais non … Charles Xavier est comme eux.
« Pourquoi, Charles ? Tu sais très bien que je suis un homme libre ! »
« Je … Je ne veux pas qu'il t'arrive quoique ce soit … Tu as vu ce qui s'est passé avec Stryker ? »
« … Alors pour que je sois en sécurité, tu m'obliges à rester ici ? »
« Non je ne t'oblige en rien, Erik. Je le pourrais grâce à ma télépathie mais je ne le ferais pas car je te respecte … »
« Alors la télépathie non mais le champ électrique oui ? »
« … Tu comptais partir un jour, n'est-ce pas ? »
Erik ne répond pas, soupire et regarde par la fenêtre.
« C'est bien ce que je croyais … Tu veux partir depuis plusieurs jours, je l'ai vu dans ton esprit lorsque tu dors. Oui, parce que figures-toi que si tes nuits de sommeil sont si calmes c'est grâce à moi. Dehors, je ne serais pas là, Erik. Tu seras seul. »
« Le crois-tu vraiment ? Ne sais-tu pas que certains mutants sont prêts à me suivre dehors ? »
Charles regarde Erik qui se tient dos à lui.
« Tu veux tout lâcher c'est ça ? »
« Je n'ai jamais dit cela, Charles. Je dis simplement que je ne serais jamais seul. Quoique tu fasses, je trouverais toujours des mutants ne voulant pas être dans ton équipe. »
« Erik … »
Erik se retourne, l'air sombre.
« Je suis désolé, Charles. Mais Stryker m'a donné le nom de certains mutants traqués, utilisés pour des expériences. Je ne peux pas rester ici sans rien faire. Lutter pour la liberté d'un groupe d'individus bien spécifiques, c'est moi ça. »
« Ne pars pas … Ne me quitte pas … Je t'en supplie … Erik, reste … »
Erik regarde Charles qui a les larmes aux yeux la tête baissée.
« Charles, nous nous sommes rencontrés il y a plusieurs années maintenant. Je n'étais qu'un pauvre petit garçon allemand, victime de la cruauté des Nazis dans les camps. Je te remercie pour toute l'aide que tu m'as apporté. Mais je pense que ton œuvre se termine maintenant, Charles. Je te le demande gentiment, en ami, laisse-moi partir. »
« Erik, où que tu ailles, je te retrouverais et ça, tu le sais. »
« Justement … Laisse-moi voler de mes propres ailes, Charles. Je ne suis plus un enfant. »
« Je ne veux pas te perdre, Erik … »
« Tu ne me perdras jamais. Je te le promets. Ce que je compte faire, je le fais pour nous tous. Pour que le monde soit meilleur et accueille comme il se doit les mutants. »
« Soit … »
Charles appelle Hank par télépathie. Il s'excuse pour toute à l'heure et lui demande de désactiver le champ électrique. Il le fait et laisse les deux hommes dans le bureau discuter.
« Au revoir, Charles. »
« Au revoir … Erik. »
Erik sent de la tristesse dans la voix de Charles.
« Je ne cesserais jamais de penser à toi. Et je t'écrirais comme avant … »
« Tu as plutôt intérêt, idiot. »
Erik pouffe de rire avant de quitter le bureau.
« Bonne chance, professeur. » dit-il.
L'allemand s'en va sous le regard triste et inquiet de Charles. Et s'il se faisait enfermer ? Torturer de nouveau ?
« Charles, du coup, je pense que les élèves se sentiront plus en sécurité. » commente Hank.
« Oui c'est sûr. Il n'y a plus Magneto dans les parages … » réplique Charles.
Le télépathe affiche un air amusé. Hank le regarde surpris.
« Pourquoi cela t'amuse ? »
« Magneto … Ce nom me plaît bien. C'est étrange mais je trouve qu'il colle bien à Erik … »
« Hum … Tu devrais peut-être reprendre sérieusement tes activités de directeur d'école … »
« En effet … »
Hank quitte la pièce, en soupirant. Charles regarde par la fenêtre.
Où que tu sois, Erik, je te trouverais. Et je te fais la promesse de venir t'aider si jamais quelqu'un prend le dessus sur toi. Mais je ne pense pas que cela arrivera de sitôt. Après tout … Tu es bien Magneto, sans doute le mutant le plus dangereux … Mais une chose est sûre … Tu es mon Magneto …
Sur cette pensée, Charles rougit un peu : il ne se savait pas si possessif. Il se remet derrière son bureau consultant les divers dossiers disposés dessus.