Bonjour bonjour !
Après vous avoir laissé sur un cliffhanger violent, nous voici sur la suite. Alors, quelle solution pour cette rencontre avec la falaise ?
Merci encore à tous et à toutes pour vos fav/follow et vos reviews. C'est super cool d'avoir des retours, ça aide vachement à rester positif en cette période de confinement.
Noirecorbeau : ces rêves emboîtés ont une conséquence, je fais rien au hasard, ma chère !
Neko chan 124 : La suite, la suite... mais est-ce que la suite sera la réalité ou une simple continuation de ces cauchemars ?
Cyrielle13 : la réponse est-elle là, ou est-ce encore un fragment d'imagination ? / Plus flippant ? Vraiment ? Coooool !/ Qui a dit qu'Ace a sauté. On sait juste qu'il chute. / C'est pour mieux savourer ce chapitre cette attente, mon enfant (insérer rire machiavélique)/ Pour Marco, ce n'est pas un oubli, tu auras les explications. / Oui, chez moi, Frey est le zoan aigle-harpie, différent de celui de Harry Newgate./ Shirohige a vu tellement de truc, c'est pas ça qui va le déphasé. Et puis, il a combien de trav et trans dans l'équipage ? Vu la taille de l'équipage, il y a une forte probabilité qu'il y en ait quelques uns.
Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture et à bientôt !
Ah et, surtout, restez chez vous, ne donnez pas plus de travail aux hôpitaux à bout de nerf.
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La douleur fut le premier indice. Puis le confort.
Et enfin la lumière.
Vint ensuite le son. Une respiration. Calme, maitrisée.
Ace ouvrit doucement ses paupières en essayant de ne pas bouger pour ne pas se trahir, afin de savoir où il était. Parce que ses derniers souvenirs… étaient confus.
Surtout quand il avait l'impression d'avoir fait une chute mortelle dans le tout dernier.
Il était dans une chambre d'hôtel
Avait-il trouvé enfin la sortie de ses cauchemars ?
A la lisière de son champ de vision, à gauche, il voyait une femme. Elle était mince, étrangement immobile, fixant droit devant elle avec son œil gauche de couleur bleu pendant que l'autre était masqué par une longue mèche de cheveux roses ondulés. Au-dessus de son œil, son sourcil formé une vrille. Sa tenue, très rose, était une robe courte très décolletée et un étrange foulard/ écharpe formant des ailes de papillons. Mais surtout, elle avait une posture de combattante.
Qui était-elle ?
- Tu te réveilles enfin ?
Bon, eh bien, il était temps de cesser de faire l'inconscient et de se réveiller. Ace ouvrit les yeux totalement et se redressa, réprimant une grimace de douleur quand il réalisa que son bras gauche ne voulait pas supporter son poids même pour un geste pareil. Hiken resta immobile, le temps de réaliser pleinement l'étendue de ses blessures. Pieds bandés ; une côte cassée et une autre fêlée ; bras gauche bandé jusqu'à l'épaule et un gros bandage autour du sommet du crâne. Si cette femme était celle qui l'avait soigné, elle avait dû voir qu'il n'était pas l'homme qu'il prétendait être.
Eh bien… crotte.
- Comment te sens-tu ? demanda la rose en se levant de sa chaise pour s'asseoir au bord du lit.
Le D. se contenta de hausser les épaules. Ne pas montrer de signe de faiblesse devant un inconnu, même si c'était sa sauveuse. On n'était jamais trop certain.
- Où suis-je ?
- Toujours sur l'île où votre équipage a jeté l'ancre, Portgas-san. Je vous ai repéché quand vous avez décidé que vous jetez de la falaise était une bonne idée.
- Ah ? Donc, c'était pas un stupide rêve, j'ai bien chuté ? s'étonna le D. avec aigreur.
- Vous devriez consulter pour vos troubles mentaux si vous en êtes à croire que se jeter dans la vraie vie d'une falaise n'est qu'un rêve.
Ses crises dépressives ne regardaient personne d'autre qu'elle, merci bien.
- De quoi vous vous occupez ?
- De rien du tout, lui dit-elle avec une sorte d'amusement las. Je voulais juste m'assurer que contrairement à mes frères, j'avais encore un semblant de cœur. Si je vous ai secouru, Portgas-san, c'est parce que quand vous m'avez bousculé, dans la nuit d'hier, vous aviez l'air d'avoir besoin d'aide. Et j'ai eu envie de vous aider.
- Vous êtes qui au juste ?
- Reiju Vinsmoke, alias Pink Poison de la Germa66. Maintenant que vous êtes consciente, je peux vous laisser seule retourner à votre navire.
- Je…
- Bonne journée.
Et sans qu'elle ne laisse le temps d'en placer une à Ace, Reiju se leva et s'en alla, claquant la porte derrière elle. Le D. cligna des yeux.
- Je suis censé dire merci à une porte, donc ?
En soufflant, il souleva la couette et se leva en retenant une grimace. Ouais. Son logia lui avait dit merde. Pas nouveau, il lui faisait ça quand il était dans une mauvaise passe. Suffisait de voir la couette qui commencer à se consumer.
Il se détourna de son lit pour regarder au dehors. Le Moby Dick était tellement énorme qu'il se voyait facilement depuis la fenêtre.
Il soupira.
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On ne s'attendait vraiment pas à revoir Marco aussi vite alors que sa mission aurait dû durer plus longtemps. Après, quand l'oiseau reprit sa forme humaine sur le pont, même Shirohige se retint de lui passer un savon pour son comportement de goujat. Ça n'allait pas, ça se voyait. Le Commandant tremblait littéralement. Il était planté comme un piquet, là, sur le pont, les poings enflammés avec parfois des perles de sang tombant sur le bois. Ses paupières étaient crispées.
- Je m'en charge, retourner à vos affaires, demanda le capitaine en poussant son fils aîné de la main vers l'intérieur du navire.
- Kairoseki, souffla le blond entre ses mâchoires serrées.
Le simple fait de marcher semblait être une épreuve pour le pauvre homme au vu de la démarche robotique.
- Je vais chercher ça ! cria quelqu'un en se précipitant dans le couloir avant les deux chefs de l'équipage.
Bien heureusement que Shirohige était plus grand que tous ses fils et que le couloir, pour le coup, était vide, parce qu'une fois devant sa cabine, Marco se ramassa royalement par terre, sans la moindre élégance. Un peu comme si d'un côté, il avait voulu continuer sa route dans le couloir, et de l'autre, voulu entrer dans la cabine du paternel. La colère, la frustration et la peur luttaient sur les traits habituellement si impassibles du Premier Commandant.
- Ca va aller, fils, je vais t'aider.
Calmement, Edward s'agenouilla et ramassa son fils avec délicatesse par le dos de sa chemise, avant de se relever, gardant le zoan entre deux doigts pour aller le poser devant un siège. Marco rampa pour se hisser dans le siège avant de se recroqueviller en tremblant sur lui-même. On toqua à la porte et le capitaine rouvrit celle-ci pour recevoir un de ses fils qui venait lui apporter des fers de kairoseki pour aider son aîné en difficulté. Ce fut par un réflexe fulgurant qu'Edward intercepta la flèche de feu turquoise qui tentait de sortir de la cabine. Dans sa main, le Phénix le griffait et se débattait pour fuir.
Le Yonkou commençait à comprendre l'affaire et il resserra sa prise sur son fils. S'il ne voulait pas qu'Ace se fasse agresser (parce que vu leur comportement à tous les deux en temps normal, il était clair que le Second Commandant serait la première victime), il avait tout intérêt à mettre le zoan sous clef.
- Laisse ça et ferme la porte, dit le capitaine à son autre fils.
Le pirate laissa tomber dans la cabine la chaine et referma la porte. Sans la moindre tendresse Edward plaqua son fils aîné au sol, droit sur le kairoseki, faisant reprendre forme humaine au zoan pour le coup.
Zoan qui cessa de se débattre et resta immobile.
- Tout va bien ? demanda le capitaine.
- Outre ma fierté, mon orgueil et bien d'autres choses non essentielles… plus ou moins, yoi, marmonna la voix à moitié étouffée du commandant.
- Je peux te laisser te relever sans que tu ne fasses de conneries ?
- Ouais…
Avec précaution, Edward souleva sa main pour voir son fils se mettre lentement en tailleur et nouer vigoureusement la chaîne autour de son torse, bien en contact avec sa peau, avant de fermer sa chemise pour la masquer. Il resta assis en tailleur, l'air profondément misérable, fixant le sol sans le voir. Vu la direction, ce devait être certainement le Haki qui s'accrochait désespérément à Ace. Voyant son aîné sous contrôle, le Yonkou s'assit à son tour par terre, laissant son fils reprendre ses esprits.
- J'ai fait une connerie ? demanda le blond.
La crainte était tout juste perceptible dans la voix de l'homme si flegme habituellement.
- En arrivant ? Non, tu n'en as pas eu le temps. En partant ? Oui, et une très grosse. Izou à l'intention de t'empailler pour celle-ci. Ne pas dire à Ace que tu allais t'absenter lui a fichu un sacré coup au moral. Tu vas avoir beaucoup de travail pour réparer tout ça. Pourquoi tu ne lui as pas expliqué la raison de ton absence ? Ou même averti pour ton absence ?
- Si je lui disais que je partais en mission, il se serait attendu à un debriefing à mon retour. Réunion qui n'aurait pas eu lieu puisque tous les commandants et une bonne partie de l'équipage savent ce que cache mon excuse de mission, yoi. Mais… à côté… je crois que j'avais peur qu'il me demande de rester. De devoir lui expliquer dans les détails les risques… et lui faire peur.
Et le perde, mais Marco n'eut pas besoin de le rajouter pour que son père le comprenne.
- C'est lui, n'est-ce pas ? Thatch m'a rapporté votre conversation.
Pour toute réponse, le médecin ramena ses jambes contre lui et y enfouit son visage.
- Ecoute-moi, fils. Tu as été patient, tu t'es plié en quatre pour lui. Tu as tout donné. Je pense qu'il est largement temps que tu récupères la monnaie de ta pièce. Discutez de tout ça, tous les deux. S'il n'est pas capable d'accepter la recherche éternelle de partenaire de ton côté animal, alors, c'est que votre couple n'est pas fait pour durer. Ça ne servira donc à rien que tu te tortures éternellement. Et même si Ace est encore jeune, je sais qu'il a assez de maturité en lui pour qu'à défaut que vous continuez d'être amants, vous puissiez être des amis.
- Tu es bien trop optimiste pour moi, Oyaji, yoi.
- Je le suis pour deux, c'est normal. Tu vas lui parler ?
Pendant un long moment, Marco n'eut aucune réaction. Pour une toute autre personne, Shirohige se serait fait du souci devant un tel silence. Mais son aîné n'était pas une personne classique. Même s'il y avait le kairoseki, le Phénix était toujours là, dans l'ombre de la conscience, juste assez affaibli pour ne plus pouvoir prendre le dessus sur le pirate.
Ce devait être d'ailleurs le Phénix qui avait décidé tout seul de revenir à bord, parce que vu la réaction de Marco, il ne l'aurait pas fait de sa propre volonté.
Alors, ils restèrent ensemble un long instant, assis par terre, en silence.
- Où est ton oxygène, Oyaji ? demanda le médecin finalement.
Son ton avait repris son flegme habituel.
- Je vais le remettre si tu vas parler à Ace, lui dit le père avec un sourire de coin.
- A mon retour, tu as tout intérêt à être branché ou tu passeras un sale quart d'heure.
- Si tu remontes en vie, plutôt. Parce que, faut dire, mais personne ne s'approche de la cabine depuis ce matin.
La remarque ne fut pas le moins du monde expliquée.
Aussi, les deux hommes finirent par se lever et sortir dans le couloir. Shirohige regarda son fils carrer les épaules, comme s'il armait son courage, puis partir rejoindre son compagnon dans la cabine au-dessous. Satisfait, le Yonkou hocha la tête pour lui-même et sortit sur le pont. Obéissant à l'ordre silencieux qui lui dicta Cassandra en pointant le fauteuil du doigt, Edward alla se rasseoir et laissa les étudiantes lui remettre son appareillage.
- Le stupide piaf a oublié son sac, pointa Thatch en brandissant à bout de bras le sac à dos que leur frère prenait pour les missions en solitaire. Et j'ai jeté un œil dedans, il a presque rien mangé.
- Eh bien, il donnera l'exemple à Ace pour l'inciter à recommencer s'alimenter. La discussion est close, je ne veux pas entendre le moindre commentaire ou remarque, surtout désobligeante.
- Donc, je peux pas lui faire la morale ? demanda Izou.
- Non plus.
- Rabat-joie.
- Toujours, parce que je suis votre père ! Gurararararara !
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En arrivant à mi-chemin du couloir, il comprit rapidement pourquoi personne ne s'approchait.
Il faisait chaud. Très ! Très ! Très chaud !
Et plus il se rapprochait de la cabine du fond qui était la sienne, plus il sentait la chaleur cherchant à s'infiltrer en lui. Le dévorer. La sueur commençait déjà à rouler sur sa nuque et si le voyage n'avait pas nécessité un changement rapide de vêtement et un douche, à cause du sel et de tout ça, la transpiration qu'il commençait à sécréter en était déjà une bonne raison.
Il toqua à la porte, mais n'obtint aucune réponse.
Pourtant, il sentait Ace conscient de l'autre côté de la porte. Il entendait le son de frottement de tissu contre le bois du sol. S'il avait eu une crise, il n'aurait pas bougé.
- Ace ? C'est moi, je peux entrer ? demanda Marco avec une certaine inquiétude.
Aucune réponse.
Cependant, Iro devait être dedans vu qu'elle réagit. Il entendit le son de ses pattes sur le bois et enfin, la clenche s'ouvrit sur la pauvre panthère qui crevait littéralement de chaud.
- Va voir Thatch, il te donnera de l'eau et il fait largement plus frais sur le pont, yoi.
Le félin hésita. Sa fourrure représentant clairement son inquiétude, Iro regarda dans la direction d'Ace, tout juste visible de derrière une armoire qui séparait les deux bureaux. Puis, l'animal regarda le zoan, lui montrant les dents, avant de partir. Le message était clair, s'il ne voulait pas finir à la casserole, il avait tout intérêt à réparer la situation.
Marco referma la porte derrière lui et brava la chaleur pour rejoindre le D. caché dans son coin.
Il s'immobilisa en voyant les bandages. Ace était assis contre le mur, les genoux et la tête dans les bras, en pyjama et avec de sérieuse blessures si on prenait en compte les bandages qu'il portait et qui miraculeusement n'avaient que roussi, à l'instar du vieux tee-shirt et du short qu'il portait.
- Ace ?
Bon sang, qu'on ne lui dise pas qu'il était la cause de ses blessures ou il ne se le pardonnerait pas.
Le D. leva seulement les yeux de l'abris de ses bras quand le blond s'accroupit devant lui, terriblement inquiet. Il leva une main tremblante, hésitante et brûlante comme l'enfer vers son amant qui la lui prit. Marco l'embrassa, ignorant la douleur que ses nerfs lui transmettaient sous la cuisson intense de sa chair.
- Es-tu réel ? demanda le brun d'une voix presque méconnaissable.
Tellement habitué à l'entendre forcer le timbre pour le faire paraître masculin, c'était toujours surprenant de l'entendre s'exprimer d'un ton si clair, presque cristallin. Et dans le cas présent, ça rendait Marco misérable, parce qu'il avait l'impression d'avoir fait du mal à un enfant.
Il porta une main au visage de son compagnon et lui dégagea ses cheveux du visage pour mieux voir les prunelles d'argents effrayés qui lui perçaient le crâne.
- Je suis vraiment, vraiment, vraiment désolé Ace. Terriblement désolé, yoi. Pardonne-moi, chaton.
Le D. éclata dans un sanglot de soulagement, comme si ces simples gestes et ces simples mots avaient réussi à libérer un poids de son âme. La chaleur reflua, retombant à une température supportable. Profitant du fait qu'il n'était plus sous la menace de finir en rôti, il se rapprocha d'Ace pour s'asseoir juste à côté de lui, dans l'espace réduit entre les meubles. Il l'attira dans ses bras, le serrant délicatement contre lui. En faisant glisser délicatement sa main pour lui caresser le dos, il sentit les bandages autour des côtes.
- Qu'est-ce qu'il t'ait arrivé ?
- Mauvaise chute.
Et lui, il était un poisson.
- Si t'es parti à cause moi, pourquoi t'es là ? murmura le jeune adulte qui ne s'était toujours pas laissé aller dans l'étreinte.
- J'ai merdé, mais ce n'était certainement pas contre toi, yoi. J'ai juste eu un coup de flippe, te concernant. Et te faire du mal était…
Marco s'interrompit quand son partenaire se leva d'un bond et s'éloigna de lui, reculant jusqu'à l'autre bout de la pièce en se serrant dans ses propres bras, tremblant des pieds à la tête.
- Ace ?
Un sanglot lui répondit.
Avec un claquement de langue, Marco se leva et alla prendre le D. dans ses bras. Il l'entendit murmurer quelque chose au sujet d'un cauchemar, mais ses sens étaient diminués avec le kairoseki. Pendant un instant, Ace se débattit, sans pour autant que ses flammes se manifestent, avant qu'il ne s'effondre contre la poitrine de Marco en pleurant.
- Je suis la femme la plus pathétique du monde… hoqueta-t-elle en se cachant dans la chemise de son amant.
- Du tout, bébé. Tu n'es pas pathétique. Tu ne vas pas bien, c'est tout, yoi. On va s'asseoir, et tu m'expliqueras ce qu'il t'arrive, d'accord ?
- POURQUOI TU T'ES BARRE SANS ME LE DIRE SALE CON !
Clac !
Marco entendit au moins trois vertèbres protester sous la claque qu'Ace venait de lui infliger. D'accord, elle n'allait vraiment pas bien pour passer ainsi des larmes à la colère.
- Si je t'explique, tu me diras comment tu t'es fait mal, yoi ? demanda Marco en essayant de rester calme.
- Ca marche pas comme ça !
- Calme-toi.
- Je suis parfaitement calme !
- Ace…
- Y'a pas d'Ace qui tienne ! Tu te barres la queue entre les jambes et tu es-…
La tirade fut coupée par un baiser. Un simple baiser. Juste pour la calmer. Chaste dans l'intention. La D. changea la donne en lui attrapant la tête à deux mains pour approfondir l'échange. La tentation était là, si forte, si palpable… Quand elle sauta littéralement pour s'accrocher à son cou, se tenant à lui avec ses jambes, il la repoussa immédiatement, coupant net le baiser.
Le souffle court, la tête basse, il la conserva à bout de bras.
Non, il ne pouvait pas faire cette erreur.
Quand il releva les yeux, c'était pour voir l'expression perdue et blessée de son amante qui ne comprenait pas sa réaction. Marco déglutit. Le Phénix n'était peut-être plus aussi puissant, mais le désir était toujours là. Il voulait la faire sienne. Maintenant et pour toujours. C'était elle et personne d'autre, il en avait la certitude et l'oiseau en avait assez d'attendre.
Lentement, il alla s'asseoir à reculons sur leur couche.
- A quoi tu joues ? Tu vises quoi à la fin ? Si tu veux jouer avec moi, dis-le immédiatement et on en fini immédiatement, siffla Ace avec une voix légèrement tremblante.
- Du tout. Je… je suis pas dans mon état normal, et je veux pas faire de conneries avec toi, yoi. C'est pour ça que je suis parti.
- Conneries ? Quel genre de conneries ? Excuse-moi de la vulgarité mais on baise déjà ensemble, qu'est-ce que tu peux faire de pire comme connerie ? On fait presque concurrence à un couple de lapins ! Si j'étais pas si chiante sur les positions, on aurait déjà fait une bonne dizaine de fois le Kâmasûtra !
- C'est pas là où je veux en venir, Ace.
- Alors sois plus clair !
- Assis-toi, s'il te plaît. Et même si j'ai l'air de tourner autour du pot, laisse-moi parler, yoi.
- Est-ce que ça explique pourquoi tu te balades avec du kairoseki ?
Marco lui jeta un regard, lui demandant silencieusement comment elle savait pour ça. Pour toute réponse, elle lui prit une de ses mains et la retourna, dévoilant la peau rougie par la chaleur et la trace des ongles dans la paume.
- Tu devrais ne pas avoir ces traces, donc, ton zoan est sous clef. Conclusion, le truc bizarre que j'ai senti autour de ta taille est du kairoseki. Je prépare un diplôme en archéologie, Marco. J'ose espérer ne pas être stupide.
- Tu n'es pas stupide. Loin de là. Assis-toi, yoi.
Ace claqua la langue et s'assit à côté de son compagnon, attendant une explication. Le blond lui tendit une main, comme une demande silencieuse. Avec hésitation, elle finit par déposer la sienne dedans. Il la serra entre ses doigts, comme si c'était le plus précieux des joyaux.
- Tu te souviens de ma remarque quand tu m'as jugé entreprenant, l'autre fois, yoi ?
- Tu m'as parlé de la saison nuptiale. Mais je vois pas le problème, t'es juste plus facilement excitable, non ?
Marco secoua la tête.
- Je perds littéralement le contrôle. Je dois me faire violence pour rester maître. Avant, je m'enfermais dans ma cabine, mais… il y a quelques années, il y a eu un accident avec une infirmière qui a profité de la situation pour sauter dans mon pantalon alors que je n'étais pas du tout intéressé, yoi. Depuis, je prends l'habitude de m'isoler à cette période de l'année sur une île déserte.
- Tu crois vraiment que je vais profiter de toi parce que t'as ton zoan qui te fait penser avec ton sexe ? Si c'est ça le problème, tu aurais pu me le dire, ça aurait évité tout ce bordel.
- Je te fais confiance sur ce sujet, yoi. Mais c'est pas pour ça que je t'ai rien dit. C'est pour te protéger de moi.
Ace retira brutalement sa main de celle de Marco et se leva, se reprenant dans ses bras.
- Désolée, s'excusa la jeune femme. On en parlera après.
Elle eut un geste de la main pour dire de poursuivre.
- Je suis sous kairoseki, du moment qu'on reste raisonnable, il n'y aura pas d'accident, assura Marco. Tu n'as aucune raison d'avoir peur.
- Je sais… on en parlera plus tard.
En soupirant, il joignit les mains entre ses genoux, renonçant à l'idée qu'Ace se rassoit.
- Tu sais quoi du mode reproducteur des oiseaux ?
- Rien. Outre la danse nuptiale, vu que tu as jamais eu l'idée de nous faire nous envoyer en l'air avec ta forme animale…
- Tu sauras donc que les oiseaux sont majoritairement monogames. Et les espèces avec une longue espérance de vie, eux, ont tendance à trouver un partenaire, et le garder à vie, yoi.
- Marco, me fais pas croire que c'est ça le problème. Tu es littéralement mon professeur d'éducation sexuel ! Je suis pas ton premier partenaire.
- Il n'y a qu'une période de l'année où je peux le savoir qui est la bonne personne, et pour la première fois, au lieu de vouloir sauter sur tout ce qui bouge possédant un orifice apte à l'acte sexuel, je suis focalisé sur une personne, yoi. Toi.
Le sourcil dubitatif de la D. voulait tout dire.
- Clairement, j'étais prêt à passer deux semaines en isolement. Seulement, avant même que je le réalise, il y a trois jours, j'étais déjà dans le ciel pour revenir ici et j'ai failli plonger huit fois dans l'océan en voulant faire demi-tour, yoi. J'ai dépassé plusieurs îles peuplées, quelques navires, mais le Phénix voulait absolument que je revienne ici. Tout à l'heure, Oyaji a vu que j'avais des difficultés et on est allé dans sa cabine. Je me suis mangé le sol pour m'empêcher de descendre et Oyaji a dû m'intercepter à ma seconde tentative.
Il baissa la tête, presque honteux de son manque de contrôle et de la situation.
- C'est stupide. Je fais un focus et je sais que si on fait pas attention, la situation peut déraper et je veux pas ça. Pas pour toi, yoi.
Un lourd silence s'abattit sur la cabine, puis, Ace se mit en mouvement pour s'accroupir devant son amant, se maintenant en équilibre en s'appuyant sur les genoux du Phénix, lui permettant d'avoir une vue directe sur son visage malgré le fait qu'il garde la tête basse.
- Qu'est-ce que ça change ?
- Comment ça ? demanda le blond sans comprendre.
- En partant du principe que ton focus assez flatteur sur ma petite personne soit parce que je suis la bonne, la seule et l'unique. Qu'est-ce que ça changera si on passe le pas ?
- Partenaire à vie, Ace. C'est dans le nom. On a plus de vingt ans d'écart. T'es jeune, tu es magnifique, tu veux vraiment finir ta vie avec une épave comme moi, yoi ?
- Epave ? Bordel de merde ! Marco ! T'es un génie ! Un médecin merveilleux et un, si ce n'est le meilleur navigateur au monde ! Certainement pas une épave ! J'en ai rien à foutre de la différence d'âge. Si ça avait été un souci, on aurait pas cette conversation parce qu'on serait pas ensemble de base.
Elle posa son menton sur l'un des genoux de l'homme avec un sourire.
- Et dis-moi, où est-ce que je pourrais trouver un homme aussi patient, tendre et prévenant que toi ? Un gars qui accepte que je sois tout bonnement incapable de choisir encore être une femme ou un homme, et qui change sa façon de s'adresser à moi suivant mon orientation du moment. C'est peut-être égoïste, surtout quand on sait que je suis irrationnelle, sanguine, tête brûlée, impatiente et immature. Je suis clairement pas un cadeau.
- Ace…
- Ouiii ?
- Si tu n'étais pas visiblement en mauvais état, je peux t'assurer que tu serais déjà sur ton dos les jambes écartées, yoi.
- Je vais bien, je suis prête à mettre au défi l'instinct de ton zoan.
Elle retint une grimace quand son amant lui prit son bras gauche bandé.
- Blessure sérieuse pour que ton logia mette autant de temps, yoi. Je me suis expliqué, à ton tour.
Il lui prit sa main droite et la tira vers lui, ramenant son amante à côté de lui sur le lit.
- Mais c'est rien !
- Ace, j'ai été honnête, alors, si tu veux vraiment qu'on vérifie ce bordel, tu dois l'être à ton tour. C'est de ma faute ? Si c'est le cas, dis-le, et je prendrais mes responsabilités, tu peux en être certaine.
La D. soupira et se laissa tomber allongée sur le lit, les genoux toujours au dehors. Marco arrangea sa position pour mieux la voir, sauf que la brune croisa les bras sur son visage, masquant ses yeux.
- Je suis malade. De quoi, j'en sais rien, mais ça va pas dans mon crâne. Quand j'étais gosse, je sais que Rayleigh et Robin ont eu un gros débat pour savoir si oui ou non, ce que j'avais devait être considéré comme une dépression chronique ou pas.
- Tu as un autre épisode, comme l'incident du bar ?
- Oui et non. J'ai… j'ai essayé de faire front. Volontairement ou non, aussi ridicule que ça puisse paraître, le fait que tu partes comme un voleur, sans explication, a déclenché une crise. Mais, je voulais pas qu'on se fasse du souci pour moi, ou qu'on remette en question ma validité en tant que commandante, membre de cet équipage ou même pirate… j'ai tout intériorisé. C'est ressorti dans mon sommeil, hier soir.
Doucement, Marco s'allongea à côté d'elle, s'arrangeant pour être à la même hauteur que la brune.
- Tu as déjà vécu ces moments étranges où tu fais un rêve, dans lequel tu rêves que tu rêves…
Elle eut un vague geste de sa main droite pour dire etc.
- Je n'ai pas de souvenir de mes rêves, donc, je ne peux pas le confirmer. C'est ce que tu as vécu, yoi ?
- Version cauchemar.
- Je comprends mieux maintenant pourquoi tu m'as demandé si j'étais réel en rentrant. J'étais dedans et je t'ai fait du mal ?
- Dans le second. Dans le premier, je me suis réveillé pour te voir dans la couche, avec moi. J'étais contente jusqu'à ce que je réalise que tu avais été éventré et que tu étais froid depuis un moment. Dans le second… tu… tu m'as littéralement poignardée. C'était horrible. D'un côté, tu étais toujours le même, avec les mêmes mimiques, et les mêmes gestes que tu as à mon égard, quand on est que nous deux… et de l'autre, tu continuais d'enfoncer cette lame dans mon ventre avec autant de Haki que possible ! Et quand tu la retires, c'est pour m'égorger !
Marco attrapa la main de la D. avant qu'elle ne commence à s'arracher les cheveux.
- Ace, regarde-moi.
- Si tu veux te foutre de moi…
- Ace. Regarde-moi.
En soupirant, la D. décala son bras gauche pour libérer son œil droit qu'elle tourna vers son amant qui lui embrassa les doigts dans un geste tendre.
- Si un jour, je devais me retrouver dans une situation qui demande ta mort, je ne te la donnerai que pour une seule et unique raison. Pour t'épargner une mort dans la honte et la douleur, parce que je saurais qu'il n'y aura plus rien à faire pour te sauver, yoi. C'est la seule fois où je pourrais le faire, et encore, je doute d'avoir le cran pour ça.
Doucement, il caressa sa joue tachetée qui commençait à s'humidifier sous les larmes.
- Si en dehors de ces circonstances, je me retrouve dans une situation où ta mort semble nécessaire, mon seul acte sera de répandre mes entrailles sur le sol. Tu m'es précieuse, Ace. J'ai besoin de toi dans ma vie. Pas moyen que je te fasse sciemment du mal, yoi. Nous sommes d'accord ?
En reniflant, la jeune femme marmonna un oui à moitié étranglé et vint se réfugier en pleurant dans les bras de son homme.
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Marco leva les yeux vers la porte de sa cabine quand elle s'entrouvrit sur la bouille mi-curieuse, mi inquiète de Thatch. Il lui envoya un regard noir alors qu'il sentait Ace s'essuyer les yeux sur son épaule.
- Si tu tiens à tes cheveux, barre-toi, grogna-t-elle sans se retourner.
- Je vous descend de quoi manger…
- Laisse-ça dans le couloir, et casse-toi, lui ordonna Marco avec un geste sec du pouce pour désigner le couloir.
- Oui chef.
Thatch referma la porte, déposa quelque chose derrière la porte et s'en alla.
Ace se redressa et termina d'essuyer ses yeux avec un morceau de son tee-shirt, permettant au plus vieux d'aller chercher le plateau repas qu'avait apporté leur frère, avant de refermer la porte derrière lui.
- Je sais pourquoi je te fais peur, mais ça n'explique pas les blessure, yoi, pointa le blond en déposant le plateau sur le lit entre lui et son amante.
Ace lui adressa un regard implorant mais il était intransigeant.
- Tu as commencé, autant finir.
Elle poussa un soupir défaitiste et prit l'un des bols de soupe sur le plateau. Comment Thatch arrivait à descendre avec ça, sans en renverser une goutte, restait un mystère.
- Je pense qu'au bout du troisième cauchemar, en tout cas, de ce que je me souviens, j'ai fini par péter un plomb. J'ai cherché à fuir. J'avais juste la trouille. J'ai traversé l'île en pleine nuit en courant et je suis tombée par accident des falaises.
Marco allait porter son propre bol à ses lèvres quand il entendit l'aveux de sa compagne. Lentement, il baissa sa soupe, les sourcils froncés.
- Il s'avère que dans mon délire, j'ai bousculé quelqu'un qui m'a sauvé la vie. Je me suis réveillée à l'hôtel, avec ces bandages et à mon chevet Pink Poison en personne qui avait décidé de venir à mon secours pour se prouver qu'elle avait encore un semblant d'humanité en elle.
- Tu as vu un médecin entre-temps ?
La brune secoua la tête mais grimaça bien vite.
- Non.
- Tu finis de manger et tu montes voir Chris.
- Pourquoi lui ?
- Tu as des côtes cassées. Dans mon état actuel, je peux t'assurer que je serais incapable de les soigner et Cassandra aura ma tête si on s'envoie en l'air dans la baie médicale.
Même s'il avait plus d'une fois fantasmer de la possibilité de « jouer au docteur » avec elle sans le lui avouer, le blond avait assez d'instinct de survie pour savoir que s'il se faisait chopper dans ce genre de situation par leur sœur aînée, dans l'infirmerie, l'équipage aurait besoin rapidement de deux nouveaux commandants.
- Dommage, c'est pourtant une idée assez… amusante. Moi, étalée en travers du bureau, et toi…
- Ace, je m'accroche vaillamment au peu de self control qu'il me reste, ne bousille pas mes efforts, yoi.
- On s'était pas déjà mis d'accord plus ou moins implicitement qu'on allait passer le pas ?
- Je suis médecin, mon devoir est de sauver des vies, donc, tu dois voir un médecin. Si Chris dit pas d'activité physique contraignante, on attendra que ton logia fasse son boulot avant ça. Et s'il faut, j'irai dormir dans le dortoir ou une des cabines des invités en attendant, yoi.
- Je devrais dire que tu me fais chier et que tu sais pas ce que tu veux…
- Mais ?
- Mais rien. T'es juste casse-burne.
- Joker, je suis ton supérieur, c'est mon devoir de te faire chier, yoi.
Ace le regarda en levant un sourcil, comme pour lui demander s'il était sérieux, avant de reposer sa part et de se pencher vers son voisin d'en face, un doigt accroché dans le col de son vieux tee-shirt pour laisser une vue plongeante sur sa poitrine, pour se faire repousser par le blond qui avait détourné la tête.
- Qu'est-ce que j'ai fait pour te dépraver autant, soupira le blond avec lassitude. Tu as compris au moins ce que je t'ai dit ?
- Cinq sur cinq, mon Commandant, ronronna malicieusement la D. Et j'agis logiquement. J'ai trouvé le meilleur mec disponible sur le marché, je vais m'assurer de le garder juste pour moi aussi longtemps que possible.
Marco adressa un regard noir à sa compagne qui se leva en riant. Elle tira la langue à son mec et s'en alla, laissant le zoan déprimé seul dans la cabine.
- Cette fille aura ma mort.
Il se laissa tomber en arrière, se retrouvant en travers du lit, la tête et les jambes dehors, les mains reposant sur sa ceinture, lui permettant de réaliser que la D. avait bien réussi son coup.
Yup.
Il était totalement dans la merde.
