Bonjour à tous !

Merci pour vos reviews pour le dernier chapitre.

Bonne lecture,

Perhentian

oOoOoOo

Chapitre 40 – Décembre 1996

Le silence se fit pesant alors que le quatuor se tournait vers Dumbledore. Hermione échangea un regard avec Ron, puis avec Harry, et enfin Ginny, et tous semblaient aussi fatigués de la situation qu'elle.

– Une réconciliation sera encore plus difficile si nous parlons, murmura-t-elle.

– Nous ne pouvons pas ne pas parler, répondit Ron à voix haute. C'est une chance inespérée que nous avons là. Et la réconciliation sera de toute façon difficile Hermione, Harry vient d'avouer que nous avons un moyen de le tuer.

Hermione grimaça alors que Ron se mettait en marche, rejoignant finalement Dumbledore. Les autres le suivirent.

– Nous allons tenter de vous expliquer la situation Professeur, reprit ensuite Ron. Mais vous n'allez sûrement pas aimer ce que nous allons vous apprendre.

– Pourquoi n'enlèveriez-vous pas vos glamours d'abord? demanda Dumbledore.

Il était sur ses gardes face à eux, et Hermione ne pouvait guère le lui reprocher. Il avait vu, au moins en partie, de quoi ils étaient capables. Et c'était toujours Harry qui avait la Baguette de Sureau.

– Très bien, accepta Harry pour eux quatre.

Leurs glamours tombèrent l'instant d'après, même si aucun des quatre ne but l'antidote à la portion de vieillissement, ne voulant pas que Dumbledore ne les prenne pas au sérieux.

– Qui êtes-vous ? demanda ensuite Dumbledore.

De nouveau les quatre amis échangèrent un regard, avant que Ron ne finisse par se résigner.

– Nous ne vous apporterons des réponses que si vous acceptez un serment inviolable vous empêchant de divulguer ce qui s'est passé ici, fit-il.

Et comme ils étaient certains de n'avoir jamais fait de serment inviolable avec Dumbledore, ils savaient que celui-ci ne pourrait facilement s'en défaire.

– Et si je refuse ? demanda Dumbledore d'un ton prudent.

– Dans ce cas, nous devrons malheureusement vous effacer la mémoire, répondit Ron. Nous ne pouvons laisser ce genre de connaissances se balader librement dans la nature.

Le pétillement des yeux de Dumbledore sembla complétement disparaitre devant le sérieux de la réponse.

– Je ne pense pas qu'un serment soit nécessaire, fit lentement Dumbledore. Je suis en mesure de prendre soin de ce que vous me direz.

– Mais bien sûr… commenta sarcastiquement Ginny.

Dumbledore l'observa d'un regard perçant, mais Ginny ne se laissa pas intimider, et releva même son menton avec un air de défi.

– Professeur Dumbledore, reprit Ron. Vous êtes un grand sorcier, votre mouvement de l'Ordre du Phénix est admirable, et nous ne vous voulons aucun mal. Mais nous ne pouvons vous faire confiance avec ce que vous avez appris là, notamment tout ce qui concerne Harry. Après tout, vous vous êtes intéressé de près aux reliques de la Mort lorsque vous étiez jeune.

Plusieurs émotions contradictoires semblèrent s'inscrire sur le visage de Dumbledore, et Hermione sentit le directeur de Poudlard tester les barrières qu'ils avaient mises en place autour du lieu pour l'empêcher de partir après le départ de Voldemort. Mais sans baguette, Dumbledore ne pouvait pas faire grand-chose contre eux, et il sembla finalement se résigner.

– Est-ce vraiment le chemin que tu souhaites prendre Harry ? tenta Dumbledore. T'opposer à moi ?

– Est-ce vraiment le chemin que vous souhaitez prendre Albus Dumbledore ? répondit venimeusement Ginny. Tenter de faire culpabiliser Harry ?

Dumbledore eut la décence de ne pas tenter de se justifier.

– Très bien, j'accepte de prêter serment, fit-il finalement. J'imagine que vous allez proposer vos propres termes ?

– Oui, répondit Ron. Effectivement.

Il prit un instant pour réfléchir, se concertant avec Harry, avant de coucher les termes sur un parchemin et de tendre celui-ci à Dumbledore. Le directeur de Poudlard les parcourut du regard, et la rigidité de sa posture fut une preuve suffisante de la solidité du serment proposé par Ron.

– Vous me laissez la possibilité de parler aux membres de l'Ordre ? demanda Dumbledore avec une pointe d'étonnement.

– À des membres choisis, et uniquement sous serment, rappela Ron. Nous n'avons rien contre l'Ordre Professeur.

Dumbledore resta silencieux un moment, relisant les termes.

– Il me faut ma baguette pour prêter serment, fit-il.

Le quatuor hocha la tête.

– Harry ? demanda Ron après qu'il ne se soit rien passé pendant quelques secondes.

– J'essaye ! répondit Harry. Elle ne veut pas me quitter !

Et Hermione remarqua effectivement que la Baguette de Sureau semblait coller à la main de Harry, alors même que celui-ci ne la tenait plus. Finalement, Harry parvint elle ne sut comment à faire se décoller la baguette, puis il l'envoya en direction de Dumbledore qui la rattrapa au vol.

Le directeur de Poudlard sembla hésiter un moment à tenter de s'en aller, mais les vibrations de la baguette dans ses mains semblèrent le convaincre que la Baguette de Sureau ne lui obéirait guère.

– Le serment sera-t-il vraiment solide s'il est prêté avec cette baguette ? demanda Ginny.

– Il le sera, répondit Hermione. La baguette sert Harry, et ce serment bénéficie à Harry.

Dumbledore était surement parvenu à la même conclusion, puisqu'il finit par prêter serment, à la grande surprise de Hermione. Elle aurait cru qu'il ne saurait mettre de côté son ego, qu'il leur faudrait lui effacer la mémoire. Peut-être qu'à force de ne garder en tête que les souvenirs forcement déformés qu'elle avait de l'homme dans sa première vie elle le voyait sous un jour plus sombre qu'il n'était vraiment.

L'instant d'après, la Baguette de Sureau quitta la main du directeur pour de nouveau sauter dans celles de Harry, qui la regarda avec un brin d'exaspération alors qu'elle émettait quelques étincelles, comme si maintenant qu'elle avait été dans les mains de Harry elle ne voulait plus en partir.

– Pouvez-vous me dire qui vous êtes maintenant ? demanda Dumbledore.

– Pourquoi ne pas aller dans un endroit plus confortable ? proposa Harry. La discussion risque d'être longue, et nous serons surement mieux installés dans ma chambre au Square Grimmaurd.

– Je ne vous ouvrirai pas l'accès au Square Grimmaurd avant d'avoir des réponses, statua fermement Dumbledore.

Ce n'était pas vraiment étonnant.

– Nous avons déjà accès au Square Grimmaurd, professeur, répondit Harry. J'y habite après tout.

– Rien ne me prouve que vous soyez effectivement ces personnes que vous prétendez être, tout ceci pourrait très bien être une mise en scène de Voldemort.

Le manque de confiance de Dumbledore était assez flagrant, même si l'idée que Voldemort ait mis en place un tel plan soit assez ridicule.

– Faisons un serment alors, soupira Harry. Un serment vous assurant de la validité de notre identité.

Mais une fois de plus Dumbledore secoua la tête.

– Vous avez dit plus tôt que vous aviez un serment avec Voldemort, et je doute qu'il soit du genre à libérer qui que ce soit volontairement d'un serment. Ce qui veut dire que vous êtes en mesure de potentiellement briser un serment.

– Professeur, intervint Hermione, vous savez très bien que chaque serment est spécifique aux parties impliquées, ce qui veut dire que même si nous sommes en mesure de nous défaire d'un serment avec Voldemort, ce ne sera pas le cas pour un serment avec vous.

– Je ne peux en être certain Mademoiselle Granger, répondit Dumbledore. Je ne peux guère savoir ce que la possession des reliques de la Mort vous apporte comme avantage.

– Oh, par Merlin ! s'écria Ginny. Vous êtes encore plus paranoïaque que Voldemort professeur, et c'est loin d'être sain. Même lui n'avait pas douté de la solidité temporaire d'un serment inviolable !

Hermione jeta un regard à Ginny, qui semblait être arrivée au bout de sa patience.

– Mais n'en aurait-il pas douté s'il avait su que vous possédiez les reliques ? fit Dumbledore.

– Non, répondit Hermione avec une pointe d'amusement. Parce qu'il n'aurait pas su à l'époque à quoi cela correspondait.

Voldemort avait plutôt focalisé son intérêt sur les fondateurs, contrairement à Dumbledore.

– Eh, mais c'est vrai ça ! sembla réaliser Harry. Mais alors comment il a su cette fois-ci ? Hermione ?

Tous les regards se tournèrent vers elle, et Hermione se mordit anxieusement les lèvres.

– Je plaide coupable, soupira-t-elle. Il m'a demandé comment nous avions fait le lien entre la source et les reliques, et je lui ai montré le livre de Poufsouffle, vous savez, celui rempli de charabia prétendument divinatoire. Je me suis souvenue après coup qu'il parlait aussi des reliques… Je ne pensais pas que cela lui permettrait de deviner que tu es toi le maître des reliques Harry.

– Tu aurais au moins pu nous en parler Hermione ! reprocha Ron. Tu en as donné d'autres des informations de ce genre à ton cher Voldemort ?

Hermione dut se faire violence pour ne pas planter sa baguette juste sous le menton de son ami.

– Bien sûr que non Ron, répondit-elle d'une voix sèche.

Elle soutint son regard sans ciller.

– Dans ce cas, intervint Harry, quelle méthode proposez-vous pour prouver notre identité professeur Dumbledore ? demanda-t-il.

C'était exactement ce que Dumbledore attendait, si le pétillement de retour dans ses yeux était la moindre indication.

– Un test d'héritage, annonça-t-il.

Cela eut le mérite d'interrompre le duel de regards noirs entre Ron et Hermione, qui se tournèrent tous les deux vers Harry. Celui-ci haussa simplement les épaules.

– Pourquoi ne pas simplement lui effacer la mémoire ? grommela Ginny.

La voir d'aussi mauvaise humeur était étonnant, mais Hermione supposait que c'était parce que Voldemort et Dumbledore semblaient s'être passé le mot pour rendre ces vacances de noël exécrables, empêchant Ginny de profiter de sa famille comme elle le voulait.

– Parce que cette occasion nous donne l'opportunité d'enfin mettre Dumbledore dans le secret, ou au moins une partie du secret, répondit Ron. Avec un peu de chance cela évitera à l'Ordre de perdre trop de temps à faire des choses complétement inutiles.

– Très bien Professeur, fit Harry. Mais notre sang restera dans nos mains tout le long de la procédure.

Ils n'allaient surement pas donner à Dumbledore l'opportunité de pouvoir refaire le test d'héritage sur leur sang en la présence d'autres personnes, comme ce qu'il avait fait avec celui de Voldemort. Dumbledore acquiesça, et de quelques mouvements de baguette Hermione fit apparaitre plusieurs fauteuils entourant une table basse, et jeta de multiples charmes de confidentialité autour de l'endroit.

– Impressionnant Mademoiselle Granger, fit Dumbledore alors qu'il s'asseyait.

– Merci Professeur, répondit Hermione d'un ton neutre.

Puis elle fit un signe à ses amis indiquant qu'ils pouvaient procéder.

– Qui commence ? demanda Ginny.

– Moi, fit Ron.

Il conjura une petite fiole, fit couler quelques gouttes de son sang dedans, et la tint ensuite en évidence, invitant Dumbledore à procéder. Quelques secondes après un parchemin apparut au milieu de la table.

Ronald Bilius Weasley

Père : Athur Septimus Weasley

Mère : Molly Cassandra Weasley (précédemment Molly Cassandra Prewett)

Héritages :

Weasley (septième sur l'ordre de succession)

Prewett (septième sur l'ordre de succession)

– Cela vous satisfait-il professeur ? demanda Ron en détruisant son sang.

– Cela amène plus de questions que de réponses monsieur Weasley, répondit Dumbledore, mais je ne peux nier de la véracité des informations vous concernant. Mademoiselle Granger si vous voulez bien ?

Hermione conjura trois gouttes de son sang dans une autre fiole. Dumbledore exécuta les mouvements du sortilège et un parchemin apparut un instant plus tard.

Hermione Jean Granger

Précédemment Hermione Jean Granger-Weasley

Précédemment Hermione Jean Granger

Père : Richard Edouard Granger

Mère : Catherine Elisabeth Granger (précédemment Catherine Elisabeth Jones)

Héritages : Aucun.

– Granger-Weasley ? releva le professeur Dumbledore. Qu'est-ce que cela signifie ?

– Ron et moi avons été mariés, répondit succinctement Hermione.

– Alors lorsque Tom as dit revenir, il parlait bien de revenir dans le temps ? demanda Dumbledore.

– Finissons les tests avant de parler de cela, intervint Ron. Sinon nous allons en avoir pour des heures.

Dumbledore acquiesça, et Ginny fut la suivante.

Ginevra Molly Weasley

Précédemment Ginevra Molly Potter

Précédemment Ginevra Molly Weasley

Père : Athur Septimus Weasley

Mère : Molly Cassandra Weasley (précédemment Molly Cassandra Prewett)

Héritages :

Weasley (huitième sur l'ordre de succession)

Prewett (huitième sur l'ordre de succession)

– Ah, un moment je me suis demandé si je n'allais pas apparaitre comme Ginny Potter, musa Ginny.

– Cela m'aurait au moins épargné la tâche de te redemander en mariage, fit Harry.

– Si tu as pensé ne serait-ce un instant que tu t'en sortirais aussi facilement, tu es bien naïf, répondit Ginny.

– On peut toujours rêver, soupira Harry.

– Il ne reste plus que toi pour le test Harry, intervint Dumbledore.

Harry sembla hésiter un instant, avant de vraisemblablement décider que avoir Dumbledore de leur côté valait le coup, et de se soumettre lui aussi à l'exercice.

Harry James Potter

Père : James Fleamont Potter

Mère : Lily Juliet Potter (précédemment Lily Juliet Evans)

Héritages :

Potter (tête de la famille)

Black (premier sur l'ordre de succession)

Gaunt (premier sur l'ordre de succession)

Serpentard (premier sur l'ordre de succession)

Peverell (premier sur l'ordre de succession)

La liste interminable d'héritages arracha un petit ricanement moqueur à Hermione, alors que Harry semblait déprimé.

– Gaunt ? Serpentard ? Alors tu es vraiment son Horcruxe Harry ? demanda Dumbledore d'une voix triste.

– Mais non, il a simplement épousé Voldemort, répondit Ginny avec exaspération. Pour quelle autre raison Voldemort aurait-il demandé à ses mangemorts de ne surtout pas attaquer Harry ?

– Il a ordonné à ses mangemorts de ne pas attaquer Harry ? s'étonna Dumbledore.

Le quatuor échangea un regard. Ainsi Rogue ne disait vraiment pas grand-chose à Dumbledore. Avait-il décidé de vraiment soutenir Voldemort ? Ou tentait-il simplement de sauver sa peau ?

– Peut-être pourrions-nous finalement finir cette discussion dans un endroit plus confortable ? fit Ron en brulant les quatre parchemins d'héritage d'un coup de baguette. Pas que je critique tes talents de métamorphose Hermione, je n'oserais pas, mais le lieu n'est pas forcément le meilleur.

oOoOoOo

Le reste de la discussion avait été plus facile, une fois que Dumbledore avait fini par accepter qu'ils étaient effectivement Harry Potter, Hermione Granger et Ron et Ginny Weasley. Elle avait tout de même duré des heures. Ils avaient expliqué la source, leur retour dans le temps – Dumbledore avait voulu rentrer dans le détail de la théorie mais Ron avait réussi à recentrer rapidement la discussion –, et pourquoi ils travaillaient avec Voldemort, sans ne partager en détail aucun des secrets de Voldemort, pour ne pas se mettre celui-ci définitivement à dos. Ni les Horcruxes dont Voldemort n'avait pas révélé l'existence, ni le fait que le mage noir avait la Pierre Philosophale, ni comment accéder au château de Serpentard, ni même la véritable identité de David Morrello.

– Je m'excuse de ne pas vous avoir inspiré suffisamment confiance pour que vous veniez me voir avec ces problèmes dès le début, avait dit Dumbledore.

Ginny n'avait pu s'empêcher de de nouveau lui faire une remarque cinglante et il avait fallu lui expliquer qu'il avait envoyé Harry à sa mort la dernière fois. Pour tuer l'Horcruxe qui était en lui. Dumbledore avait alors pour la énième fois en quelques jours semblé vieux, véritablement vieux, et Hermione avait presque eu pitié de lui.

Dumbledore avait aussi demandé ce qu'ils comptaient faire de la prophétie, et Harry avait répondu d'un air buté qu'ils comptaient purement et simplement l'ignorer.

– Certaines prophéties ne peuvent être ignorées, avait fait Dumbledore. Elles se réalisent quoi qu'il se passe.

– Peut-être, avait répondu Ron. Mais de notre point de vue, cette prophétie a déjà été réalisée. Ce n'est pas impossible que ce soit suffisant pour contenter le destin.

Dumbledore avait essayé de leur proposer son aide pour leurs recherches sur la source, mais ils avaient décliné. Hermione savait qu'il serait impossible d'avoir Voldemort et Dumbledore travaillant ensemble sur un même sujet, même avec elle au milieu. Alors il avait été convenu que Dumbledore de son côté continuerait à s'intéresser à comment Voldemort avait protégé son immortalité, parce qu'il y avait toujours un risque pour que au final, ils doivent le tuer, et que sacrifier Harry n'était guère une solution satisfaisante.

En échange de cette discussion ils avaient eu la promesse de Dumbledore qu'il retirerait sa candidature pour le poste de Ministre de la Magie, parce que le quatuor aurait potentiellement besoin de nouveau de l'aide de Voldemort, et qu'avoir Dumbledore à la tête du Ministère de la Magie était la meilleure façon de le braquer encore plus contre eux. Mais ayant l'ascendant sur le mage noir et sachant qu'il ne pourrait faire tuer Scrimgeour, le quatuor et Dumbledore avaient décidé de ne pas non plus soutenir la candidature de Lucius Malefoy, sachant que cela déboucherait surement sur la victoire de Scrimgeour.

oOoOoOo

Voldemort feuilleta furieusement le livre devant lui, avant de le reposer d'un bruit sec sur son bureau, faisant glisser de quelques centimètres l'exemplaire de la Gazette du Sorcier datant de la veille et titrant « Albus Dumbledore retire sa candidature en tant que Ministre de la Magie et ne se prononce en la faveur d'aucun des candidats restants ».

Il n'avait jamais eu autant envie de mettre le monde sorcier à feu et à sang que ces deux derniers jours, depuis sa confrontation avec Potter – et les autres –. Il ne s'était jamais senti aussi vulnérable depuis des dizaines d'années, depuis l'orphelinat même peut-être. Et il ne pouvait même pas vérifier si la menace de Potter était réelle ou pas, parce qu'il n'y avait guère de littérature sur les maîtres de la Mort. Mais il ne pouvait prendre le risque de considérer cela comme du bluff, pas lorsque sa propre vie était en jeu… Pas lorsque diverses sources sembler corroborer l'existence d'une entité telle que la Mort.

Pour la énième fois en quelques jours, Voldemort manqua de se faire submerger par la fureur à cette pensée, et il se força à se calmer. Ce n'était absolument pas le moment de laisser libre court à ses pulsions meurtrières. Il ne pouvait se permettre de faire réagir le quatuor. Et s'il avait torturé longuement les mangemorts qui avaient osés le déranger ces derniers jours, il serait totalement stupide de tuer ses serviteurs. Même des serviteurs aussi inutiles que Peter Pettigrow.

Sa patience avait déjà été mise à rude épreuve lorsqu'il s'était rendu la veille sur le Chemin de Traverse pour récupérer tous les livres qu'il pourrait trouver sur la Mort, évidement dissimulé sous un glamour. Il était passé devant la boutique des jumeaux Weasley, et il avait manqué de perdre le contrôle sur sa magie lorsqu'il avait vu l'affiche violette et jaune clamant « Vous avez peur de Vous-Savez-Qui ? Craignez plutôt POUSSE-RIKIKI le conspirateur magique qui vous prend aux tripes ! ». S'il n'y avait pas eu la menace du quatuor… Il y avait vraiment des gens qui avaient plus de chance qu'ils n'en méritaient.

Et en plus, le quatuor était maintenant en contact avec Dumbledore. Parce qu'il n'avait aucun doute qu'ils avaient profité de l'occasion pour mettre le vieux fou dans la confidence, et il ne pouvait savoir jusqu'où ils avaient été. Peut-être même avaient-ils parlé de ses Horcruxes, de la Pierre Philosophale, de David Morrello, et de tout ce qu'ils savaient sur lui… Même s'ils lui avaient en quelque sorte envoyé un drapeau blanc avec le retrait de la candidature de Dumbledore, cela ne changeait rien au fait que la situation actuelle était catastrophique.

Il devait se débarrasser de cette menace qui planait au-dessus de lui, et il ne voyait qu'un seul moyen réaliste de faire cela. Se rendre suffisamment indispensable au quatuor pour négocier avec Potter la non application de sa menace.

oOoOoOo

Lorsque Hermione transplana dans le hall du château de Serpentard, six baguettes se pointèrent immédiatement vers elle. Lucius Malefoy, Bellatrix Lestrange, Barty Croupton Jr, Nott, Yaxley et Avery. Les baguettes se baissèrent légèrement lorsque les mangemorts de Voldemort reconnurent Hélène.

– Qu'est-ce que tu fais ici toi ? attaqua Bellatrix. Seul le premier cercle est convié aux réunions de gouvernance du seigneur des ténèbres.

Hermione lui lança un regard dubitatif.

– Et ces réunions se passent dans le hall d'entrée maintenant ? demanda-t-elle.

– Le seigneur des ténèbres ne reçoit personne en ce moment, lui répondit Nott. Nous sommes venus pour cette réunion hebdomadaire par précaution, mais il n'a pas encore eu du temps à nous consacrer.

– Ah, fit Hermione. J'en déduis qu'il boude encore… forcement.

Lucius Malefoy sembla sur le point de faire une crise cardiaque, alors que Bellatrix réagit en bondissant vers elle et en brandissant sa baguette.

– Comment oses-tu manquer de respect au seigneur des ténèbres ! hurla-t-elle.

– Baisse ta baguette, ordonna sèchement Hermione.

Ses dernières journées avaient été trop épuisantes. Entre les discussions avec Dumbledore, l'élection de Scrimgeour, et son incapacité à contacter Voldemort elle n'avait vraiment pas envie qu'un obstacle supplémentaire se dresse sur son chemin.

Si elle était ici aujourd'hui, c'était parce qu'elle voulait tenter de discuter avec Voldemort. Parce que celui-ci ignorait ses appels comme ses messages écrits, et qu'il n'avait même pas daigné venir au bal du ministère la veille, le 30 décembre au soir, pour consolider ses manœuvres politiques en tant que David Morrello. Elle avait demandé à Harry – qui y été allé en tant que Alistair Jones – de tenter de lui parler, mais celui-ci lui avait affirmé que si Lucius Malefoy, Nott, Yaxley et Avery avait été présents, cela n'avait pas été le cas de leur maître.

– Pourquoi, tu as peur de m'affronter en duel ? la nargua Bellatrix.

– Bella… tenta de la calmer Lucius Malefoy.

– Ne te mets pas sur mon chemin Lucy ! répondit Bellatrix. Endoloris !

Hermione pinça les lèvres, et sa baguette se retrouva immédiatement dans sa main. Elle évita le sortilège d'une pirouette, et répliqua en envoyant un Diffindo informulé à Bellatrix. Celle-ci érigea un bouclier juste à temps alors que Lucius Malefoy, Barty, Nott, Avery et Yaxley reculaient prudemment. Cela soulagea Hermione. Elle n'était pas certaine de pouvoir vaincre les six d'un coup – après tout ils n'étaient pas l'élite de Voldemort pour rien –. Mais Bellatrix seule, elle en faisait son affaire.

Un sourire vindicatif étira les lèvres de Hermione, et elle rentra vraiment dans le combat, enchainant sortilège obscur sur sortilège obscur, forçant Bellatrix à reculer petit à petit, sans lui laisser aucun répit, sans lui laisser ne serait-ce que le temps de contre-attaquer convenablement. Elle mit en pratique tous les duels amicaux qu'elle avait échangés avec Harry, Ron et Ginny ces dernières années, tous les sortilèges qu'elle avait appris, toute la maitrise qu'elle avait de la magie pour complètement plier Bellatrix.

Et en moins de trois minutes, la mangemorte se retrouva sur le sol, sa baguette projetée à l'autre bout du hall d'entrée, à la merci de Hermione. Cela faisait longtemps que celle-ci n'avait pas ressenti un tel sentiment de satisfaction. Oh, elle savait qu'elle ne pourrait rien faire à Bellatrix, pas maintenant, mais cela ne l'empêchait pas d'apprécier la défaite de la personne qui, dans une autre vie, lui avait gravé Sang-de-Bourbe dans la peau.

– J'espère qu'il y a une très, très bonne raison pour laquelle tu es ici, fit soudain une voix glaciale.

L'attention de toutes les personnes présentes se tourna vers Voldemort. Visiblement mécontent était un euphémisme pour décrire son état. Hermione avait presque l'impression de pouvoir sentir la magie du mage noir s'agiter alors que l'air devenait chargé autour d'eux. Son visage était fermé, et il avait sa baguette blanche dans la main.

Les six mangemorts présents s'agenouillèrent devant lui, alors que Hermione rangeait sa baguette, et se rapprochait calmement, bien qu'elle puisse presque sentir son cœur battre fébrilement à cause de la tension.

– Je souhaitais simplement discuter, répondit-elle. En privé.

Le regard que Voldemort lui lança contenait tellement de haine qu'elle faillit s'arrêter net, mais elle continua à se rapprocher de lui, surveillant du coin de l'œil la baguette du mage noir. Malgré la menace de Harry, il y avait toujours un risque pour que Voldemort, poussé dans ses retranchements comme il l'était là, décide d'agir tout de même.

– J'ai besoin d'aide, fit-elle finalement lorsqu'elle ne fut plus qu'à un mètre de lui. Nous avons déjà perdu suffisamment de temps depuis l'annonce de ton retour.

Elle avait pris la précaution de placer un charme de discrétion autour d'eux avant de parler, pour que aucun des mangemorts ne puissent entendre ce qu'ils allaient se dire.

– Je ne vois aucune raison de t'aider, répondit Voldemort d'un ton sec. Tu n'es pas la bienvenue ici.

Hermione soutint son regard.

– Je ne viens pas pour parler de la politique, même si nous ne ferons rien contre toi tant que cela reste dans le domaine du légal, et Dumbledore non plus, fit-elle. Mais j'ai besoin d'aide pour la source. Je vais en avoir pour des années sinon.

– Quel dommage, répondit Voldemort avec une ironie glaçante.

Hermione se retint de lever les yeux au ciel.

– Vraiment ? fit-elle. Il me semble pourtant que c'est ta meilleure chance d'avoir quelque chose contre nous. Parce que nous savons tous les deux qu'il y a de fortes chances pour que la stabilisation de la source, et plus précisément la redirection des flux affectant Poudlard, demande la présence d'un héritier.

Le regard carmin de Voldemort sembla transpercer son âme, et ils restèrent de longues secondes immobiles, leurs regards rivés l'un dans l'autre, et la tension faisant crépiter leur magie. Tout ce que Hermione pouvait lire dans le regard de Voldemort c'était sa haine, et sa fureur, et l'envie qu'il avait de tout détruire autour de lui. Mais elle savait ce qu'il y avait derrière la façade. Le génie absolu de cet homme, la maitrise incommensurable qu'il exerçait sur la magie en général, et la volonté de parvenir à ses fins. À n'importe quel prix.

– Aucune mention de Potter, ni de quelconques discussions politiques, fit finalement Voldemort.

Puis il tourna brusquement les talons, se dirigeant vers son bureau d'une démarche toujours quelque peu furieuse. Hermione laissa échapper un léger soupir de soulagement, avant de le suivre, laissant les mangemorts totalement dans le flou par rapport à ce qui avait bien pu se passer.

oOoOoOo

AN : À la semaine prochaine.