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Perhentian
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Chapitre 41 – Janvier 1997 – Juillet 1997
Après les désastreuses vacances de Noël, la situation se calma légèrement le reste de l'année. Scrimgeour était élu, ce qui ne satisfaisait ni Voldemort, ni Dumbledore, ni le quatuor, mais ils devaient tous faire avec.
Hermione savait que Voldemort passait une bonne partie de son temps à manigancer la chute de Scrimgeour au ministère sans le tuer. David Morrello devenait visiblement de plus en plus une personne respectée en politique, et un partisan affiché de Lucius Malefoy. Et il n'y avait pas qu'en politique que David Morrello faisait parler de lui. Il publiait des sortilèges révolutionnaires, filait des coups de main au Département des Mystères, et il avait même gagné le championnat européen de duel en mars. Et Hermione n'avait pas de doute qu'il tenterait aussi de gagner le titre mondial cet automne. En bref, Voldemort mettait tout en œuvre pour gagner, même si c'était en passant par la voix officielle.
Voldemort rencontrait de temps en temps Harry au ministère, ou du moins Alistair Jones, et Hermione savait qu'ils s'opposaient autant qu'il était possible de le faire dans la sphère publique. Harry lui avait raconté avoir vécu un moment presque surréel lorsque après une discussion particulièrement violente entre Alistair Jones et David Morrello, Lucius Malefoy avait essayé de prendre Alistair Jones à part pour tenter de lui dire de ne pas s'opposer autant à Voldemort s'il savait ce qui était bon pour lui. Harry lui avait ri au nez juste au moment où Voldemort les rejoignait, avant de s'éclipser en lançant un charme faisant friser les longs cheveux de Malefoy.
Cependant, au-delà de leur opposition affichée, Harry soutenait les motions de Voldemort qu'il jugeait pertinentes, et il y en avait quelques-unes. Il luttait par contre férocement contre tout ce qui ressemblait de près ou de loin à de la discrimination. Hermione lui faisait largement confiance pour savoir ce qui était juste et ce qui ne l'était pas, personne n'ayant un compas moral aussi intrinsèquement bon que Harry.
L'état de fatigue de Harry préoccupait d'ailleurs de plus en plus Hermione. La partie politique lui prenait du temps, et il devait aussi jongler avec les cours, le Quidditch, et l'AD. Ron, Ginny et Hermione l'aidaient autant que possible avec l'AD, et Hermione avait même, en vain, essayé de le convaincre d'abandonner le Quidditch. Mais heureusement la fin de l'année approchait, et Harry pourrait de nouveau respirer.
Les occupations de Hermione, elles, tournaient plutôt autour de la recherche. Elle avait enfin commencé à publier certains des sortilèges qu'elle avait inventés, d'une part parce que la plupart étaient d'utiles inventions, et d'autre part pour s'assurer un revenu régulier au cas où grâce aux brevets. McGonagall et Flitwick, qui suivaient les publications spécialisées sur le sujet, l'avaient regardée d'un drôle d'œil, particulièrement étonnés par le niveau des sortilèges en question. Mais vu l'état du ministère, et Voldemort et Dumbledore étant au courant de leur histoire, ils n'avaient plus vraiment peur de montrer de temps en temps leur véritable puissance.
Mais le plus gros chantier de Hermione restait bien sûr la création avec Voldemort du rituel permettant à la fois de préserver Poudlard, et de refermer la brèche qui existait actuellement dans la source. Les contours de ce qu'il fallait faire commençaient à être plus clairs, mais il restait encore énormément de choses à définir, et Hermione passait une partie de ses soirées, et une partie de ses week-ends, au château de Serpentard.
Comme établi juste avant le passage de la nouvelle année, ils parlaient uniquement de la source ou d'autres recherches académiques, et lorsqu'ils étaient ensembles, c'était comme si le monde autour n'existait plus. Voldemort s'arrangeait pour que ses mangemorts ne les dérangent pas, et Hermione prenait soin de ne jamais mentionner Harry de près ou de loin. Et ils travaillaient ensemble, recherchant des solutions, testant des théories, débattant des possibilités, jusqu'à ce que Hermione reparte, ou jusqu'à ce que leurs discussions académiques se transforment en des échanges d'une autre nature.
Du côté de Poudlard, avoir Dumbledore dans la confidence ne changeait pas grand-chose, à part que maintenant ils partageaient leurs informations entre eux. Dumbledore avec le quatuor, et vice-versa. Et Voldemort et Hermione partageaient aussi des informations, ce qui rendait encore plus ridicules les quelques attaques de mangemorts qui se produisaient de temps en temps.
Il n'y avait pas de morts, et même plus de blessés – Voldemort ne voulant vraiment pas risquer de s'attirer l'ire de Harry –, et n'importe qui aurait dû se rendre compte que la situation était un peu bizarre. Mais non, Scrimgeour donnait de plus en plus de pouvoir aux aurors, rendant le régime de plus en plus autoritaire, et au fur et à mesure de l'hiver et du printemps il fut clair que Scrimgeour, sans le vouloir, préparait parfaitement le terrain pour un potentiel régime autoritaire de Voldemort.
Il y avait aussi eu cette discussion très étrange avec Dumbledore durant le printemps, lorsque celui-ci avait fini par savoir que Hermione passait la majorité de ses week-end au château de Serpentard. Merlin ce que cette conversation avait été inconfortable. Cela partait d'un bon sentiment, Dumbledore voulant simplement la mettre en garde contre Voldemort et ses manipulations, et Hermione avait failli s'en sortir en répondant vaguement avant qu'elle ne glisse par inadvertance qu'elle passait aussi souvent ses nuits au château de Serpentard.
– Vous dormez là-bas ? s'était exclamé Dumbledore. Je sais que vous êtes bien plus âgée que vous ne le paraissez Mademoiselle Granger, et je sais que vous savez ce que vous faites, mais Voldemort peut très bien décider un jour de vous tuer dans votre sommeil.
– Nous avons un serment nous empêchant de nous tuer lorsque nous dormons ensemble, avait répondu Hermione.
Elle avait su qu'elle avait parlé trop vite lorsque le regard de Dumbledore s'était fait plus perçant.
– Ensemble, avait effectivement relevé Dumbledore. Mademoiselle Granger…
– Ma vie privée ne vous concerne pas, l'avait coupé Hermione.
Elle était ensuite sortie de son bureau et depuis elle l'évitait encore plus que Harry tentait d'éviter les tentatives de plus en plus ridicules de Drago Malefoy pour se rapprocher de lui.
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Severus Rogue regarda avec dédain la copie devant lui, et d'un geste furieux lui attribua un Troll. C'était le dernier devoir de potion de l'année des sixièmes années, et Weasley n'avait pas pu faire mieux que d'écrire que ce qui assurait un Polynectar réussi était de ne surtout pas mettre un poil de chat dedans. Point final. Cet idiot de Weasley lui avait rendu un devoir de deux lignes. Alors que même cet imbécile de Potter avait fait l'effort d'écrire une page qui faisait un minimum de sens.
Severus Rogue poussa un long soupir. Il hésitait à demander à Dumbledore de ne plus enseigner à Poudlard l'année prochaine. À moins que ce ne soit au seigneur des ténèbres qu'il faille qu'il demande cela ? Il ne savait même plus… aucun de ses deux maîtres n'avait pris la peine de le contacter ces derniers mois, ce qui ne cessait de le surprendre. Surtout en ce qui concernait le seigneur des ténèbres. Qu'il ne lui fasse plus confiance, certes, mais dans ce cas, pourquoi ne l'avait-il pas tué ?
Il savait que quelque chose d'important lui échappait. Une information qui finirait enfin par expliquer pourquoi il avait vu Potter, Granger et les deux Weasley chez le seigneur des ténèbres il y avait une année et demie de cela. Ou alors pourquoi les raids du seigneur des ténèbres étaient aussi peu meurtriers. Ou même comment cela pouvait être possible que Granger publie des sortilèges bien au-dessus du niveau du commun des mortels sans même parler de celui d'une simple élève de Poudlard.
Il aurait pu se demander ce qu'il avait fait au destin pour mériter cela, mais il ne le savait malheureusement que trop bien. Restait juste à savoir combien de temps il allait encore falloir qu'il supporte cette mascarade avant de pouvoir enfin mourir en paix.
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– Combien de temps restes-tu ? demanda Voldemort.
– Je ne sais pas trop, répondit Hermione.
Elle sortait au passage des dizaines de livres et de parchemins de son sac en bandoulière, les posant sur la table devant elle.
– Je peux partir si te le souhaites, fit-elle. Si tu as des mangemorts à voir, tout ça tout ça… mais sinon je n'ai pas vraiment de contraintes cet été. Il y a le mariage de Bill et Fleur mi-juillet, et il faudrait que je passe de temps en temps chez moi, au Terrier ou au Square Grimmaurd mais à part ça je suis complétement libre de mes mouvements.
– Comme c'est charmant d'en profiter pour venir envahir mon espace, commenta Voldemort.
Hermione lui fit un sourire éclatant. Le fait qu'il n'ait pas protesté lorsqu'elle avait proposé de profiter de l'été pour passer plus de temps au château de Serpentard était de toute façon une preuve suffisante que cela lui convenait.
– Je suis la seule personne avec qui tu peux discuter quasiment librement, alors je considère cela presque comme un acte de charité de venir te libérer de ta solitude, fit-elle.
– Hilarant. Vraiment, répondit Voldemort.
Et il commença de nouveau à s'intéresser aux notes devant lui.
– J'ai une solution pour l'instabilité induite par le maintien des barrières de Poudlard, annonça Hermione.
Immédiatement l'attention de Voldemort fut de nouveau sur elle.
– Vraiment ? demanda-t-il en feignant le désintérêt.
C'était une partie qui leur posait problème depuis deux mois. À chaque fois qu'ils trouvaient un moyen de continuer à alimenter la magie de Poudlard, cela mettait en péril la stabilité de la source, et à chaque fois qu'ils parvenaient de nouveau à assurer théoriquement la stabilité de la source, cela mettait en danger Poudlard. Et ils ne voulaient pas utiliser le rituel de Njörd, parce qu'ils ne voulaient pas que la stabilité de la source dépende de nouveau de simples objets.
– Vraiment, confirma Hermione. C'est Luna qui m'a mis sur la piste.
– Luna ? releva Voldemort d'un ton méprisant. Luna Lovegood ? Votre amie folle qui se balade dans les couloirs de Poudlard la nuit ?
Hermione lui jeta un regard agacé. Voldemort était vraiment idiot de mépriser les gens par principe. Surtout des personnes pleines de talent telles que Luna.
– Exactement, répondit-elle simplement. Elle a trouvé, avec l'aide de Neville, un moyen d'inclure dans l'équation un phénomène qui rendrait cette partie stable.
– Et quel phénomène est-ce donc ?
– Le Ronflak Cornu.
– Pardon ? Penses-tu réellement que ce soit une saine idée de te moquer de moi Hermione ? Surtout en ressortissant la stupide excuse que tu avais utilisée sur les aurors Norvégiens ?
Il me semblait pas très loin de lui lancer un sortilège et Hermione fit un geste apaisant.
– Ce n'est pas juste une stupide excuse, fit-elle. Si le Ronflak Cornu en tant qu'animal n'existe pas, il s'agit cependant d'un phénomène magique véritable, que Luna, pas celle-ci, mais celle que nous avons connu, a découvert. La présente Luna me l'a rappelé dernièrement, parce que contrairement à l'ancienne, elle est parvenue avec Neville à trouver un moyen d'utiliser le phénomène.
– Dis m'en plus, ordonna Voldemort d'un ton sec.
Hermione ne s'en formalisa pas.
– Tu te souviens de notre problème n'est-ce pas ? commença Hermione. Peu importe ce que nous mettons entre le rituel stabilisant la source, et le rituel permettant de continuer à alimenter Poudlard, nous ne parvenons pas à joindre les deux correctement pour en faire un seul rituel fonctionnel.
Voldemort fit un geste impatient signifiant clairement d'arrêter de lui faire perdre son temps avec des rappels inutiles.
– Le Ronflak Cornu…
– Ce phénomène n'a-t-il vraiment pas d'autre nom Hermione ? l'interrompit Voldemort. Ronflak Cornu est d'un ridicule…
– C'est toujours mieux que Voldemort, répondit Hermione. Non mais, Vol de Mort franchement…
– Hermione… fit Voldemort d'une voix menaçante.
Hermione se retint de lui tirer la langue dans une réaction puérile. Ce genre de menace ne lui faisait plus vraiment peur depuis longtemps, ne serait-ce que parce que Voldemort la menaçait au moins quatre fois par conversation.
– C'est un phénomène de fluctuation magique, qui a été remarqué en particulier en Finlande, reprit Hermione. Dans certaines circonstances, la magie fluctue entre plusieurs endroits, donnant presque l'impression d'un animal magique se déplaçant à condition de lancer un sortilège permettant de visualiser la magie. Entre deux points cela donne un flux de magie intermittent. Point A. Point B. Point A. Point B…
– Tu veux alimenter les deux rituels de façon indépendante ? comprit Voldemort.
– Exactement. Cela évite les problèmes de compatibilité.
– Mais comment le phénomène est-il alimenté ? demanda Voldemort. J'imagine que naturellement il y a des facteurs qui permettent l'existence d'un tel phénomène, mais il doit être rarissime s'il n'est pas plus connu que cela.
– La probabilité d'avoir ces facteurs réunis naturellement est quasiment nulle effectivement, répondit Hermione. Mais ce qui pose vraiment problème c'est surtout de maintenir le phénomène suffisamment longtemps pour qu'on puisse finir les rituels. Parce qu'il a tendance à s'épuiser au bout de quelques bons.
– Quelle est la durée d'un bon ?
– Deux à trois seconds en fonction de la taille.
Voldemort sembla réfléchir pendant quelques secondes.
– Cela va nous obliger à faire tout le rituel de façon séquentielle.
– Oui, confirma Hermione.
– Et tu as une idée pour maintenir le phénomène ?
– Ajouter un exhausteur de magie. Neville est en train de valider le meilleur avec Luna.
Voldemort fit une grimace méprisante, avant de sembler se résigner à considérer cette idée qui venait pourtant de personnes qu'il jugeait inintéressantes.
– Laisse-moi une heure, veux-tu ? fit-il. Ensuite, nous pourrons revoir tous les détails et voir si les calculs aboutissent.
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L'anniversaire des 17 ans de Harry Potter était démesuré. Certes le retour de Voldemort était public, et certes il y avait toujours quelques attaques de mangemorts, mais Ron, Hermione et Ginny avaient voulu organiser quelque chose de grandiose pour les 17 ans de leur ami, sachant qu'il n'y avait aucun risque que Voldemort attaque l'anniversaire de Harry.
Résultat, le Square Grimmaurd était pour la soirée ouvert aux personnes extérieures, et il n'avait jamais été aussi bondé. Il y avait toute leur promotion, y compris Drago Malefoy qui une fois de plus ne devait être là que pour le paraître, une bonne partie de ceux qui venaient régulièrement à l'AD, ainsi que la majorité des membres de l'Ordre du Phénix – prétendument pour les protéger –. Au total cela devait faire quasiment une centaine de personnes.
– Qu'est-ce qu'il fait là lui ? fit soudain Ron avec qui Hermione discutait.
Elle suivit son regard et tomba avec stupeur sur Tom Riddle, version d'une vingtaine d'année, en train de discuter comme si de rien n'était avec Luna Lovegood. Elle se dirigea immédiatement vers eux en fronçant les sourcils. Le Square Grimmaurd était peut-être moins exclusif que d'habitude, mais normalement Sirius aurait dû valider toutes les entrées. Enfin, c'était Sirius…
Voldemort la repéra lorsqu'elle ne fut plus qu'à quelques pas et eut le culot de lui faire un sourire charmeur.
– Qu'est-ce que tu fais ici ? demanda immédiatement Hermione.
Voldemort n'avait aucune raison de venir ici, Hermione étant quasiment en permanence au château de Serpentard en ce moment.
– Je viens souhaiter un joyeux anniversaire à Harry Potter voyons Hermione, répondit-il innocemment. Après tout ce que nous avons partagé c'est la moindre des choses.
Il avait l'air beaucoup trop joyeux pour que ce ne soit pas hautement suspicieux. Se détournant de lui Hermione examina d'un coup d'œil Luna. Elle semblait en parfaite santé, et bien trop calme.
– Oh, détends-toi Hermione, fit Voldemort. Je n'ai rien fait à ta chère amie. Tu m'avais caché son incroyable talent de perception magique d'ailleurs…
Cela rendit Hermione encore plus suspicieuse. Le talent de Luna pouvait attirer bien des convoitises, et elle ne doutait pas que Voldemort avait surement déjà des dizaines d'idées sur comment en tirer profit.
– Désolée Luna, fit-elle en saisissant Voldemort par le bras et en l'entrainant un peu plus loin.
– Pas de problème, répondit Luna avec un sourire.
Hermione attendit d'être un minimum éloignée de toute personne pour se tourner de nouveau vers Voldemort.
– À quoi tu joues ? demanda-t-elle.
À sa plus grande stupeur, Voldemort l'attira contre lui et l'embrassa résolument, ses mains s'enroulant autour d'elle. Elle le laissa faire quelques secondes avant de le repousser résolument. Ce n'était absolument pas le moment.
– Bonsoir Tom.
Hermione se retourna vivement, découvrant Dumbledore juste derrière son dos. Elle lança un regard noir à Voldemort qui se contenta de lui faire un sourire narquois. Ainsi il avait juste décidé de venir pourrir la soirée d'anniversaire de Harry. Fantastique.
– Bonjour Albus, répondit Voldemort avec nonchalance. Le temps est splendide n'est-ce pas ?
– Pourquoi es-tu venu Tom ? demanda Dumbledore.
Voldemort se détacha finalement complétement de Hermione et se mit à marcher calmement vers le centre de la foule.
– Je viens parler avec Potter de la séance du Magenmagot de demain, répondit-il. Scrimgeour va tenter de faire passer une loi qui n'arrange personne, et je vais potentiellement avoir besoin de son soutien.
– Si c'est effectivement le cas Harry t'aurait soutenu dans tous les cas, pointa Hermione.
– Sauf s'il est trop stupide pour comprendre vraiment en quoi la loi est embêtante. Et je peux t'assure Hermione que les laquais de Scrimgeour vont présenter sa loi sous le plus beau jour.
Puis Voldemort se tourna de nouveau vers Dumbledore.
– J'éviterai de me suivre si j'étais toi Albus. L'énervement pourrait facilement me faire perdre le contrôle de ma magie, accidentellement bien sûr, et je peux t'affirmer avec certitude que vous n'avez pas envie de faire quoi que ce soit de drastique avec moi.
Cette affirmation alarma encore plus Hermione. Cela faisait des mois que Voldemort n'avait pas eu l'air aussi sûr de lui.
– Tom… commença Dumbledore.
– Laissez Professeur, fit Hermione. Je m'en occupe.
Albus Dumbledore hocha la tête à contrecœur et Hermione rattrapa Voldemort en quelques enjambées. Elle voulait savoir pourquoi Voldemort était aussi content de lui.
– Non mais honnêtement, tu n'avais vraiment rien de mieux à faire que de venir à l'anniversaire de Harry ? demanda Hermione.
– Honnêtement ? Non, répondit Voldemort. La situation politique m'énerve, mes mangemorts m'énervent, et Potter m'énerve. Quel est l'intérêt d'être un mage noir si c'est pour ne rien pouvoir faire… Alors je me suis dit que j'allais venir t'énerver toi. Cela marche visiblement très bien.
Mais il était en réalité bien plus joyeux et satisfait qu'énervé. Il l'entraina vers le buffet installé dans le jardin, regarda les bouteilles de Bièraubeurre avec dédain, avant de simplement faire apparaitre deux verres avec ce qui semblait être un vin blanc dedans. Provenant probablement de sa cave personnelle. Ce qu'il pouvait être méprisant….
Elle saisit cependant le verre qu'il lui tendit, et il alla jusqu'à trinquer avec elle.
– Tu as finis les calculs n'est-ce pas ? demanda finalement Hermione.
Le sourire de Voldemort se fit carnassier et Hermione en eut un frisson dans le dos.
– Est-ce ce que nous avions imaginé ? fit-elle. Que nous ne parviendrons jamais à réunir une puissance magique suffisante pour sauver Poudlard, sauf si nous incorporons dans le rituel le sang de l'un des fondateurs ou d'un héritier ?
– Exactement, confirma Voldemort.
Hermione soupira. Bien sûr qu'elle l'avait senti venir. Cela faisait plusieurs mois que leurs calculs pointaient dans cette direction. Mais c'était tout de même une bien mauvaise nouvelle. Parce qu'elle savait parfaitement que Voldemort allait refuser d'exécuter le rituel. Il allait exiger une contrepartie. Et cette contrepartie serait forcément que Harry renonce à pouvoir demander à la Mort de le tuer.
– Hey Granger, où est-ce que tu as trouvé du vin blanc ? demanda soudain Blaise Zabini.
Il venait de surgir juste à côté d'eux, visiblement à la recherche de quelque chose à boire, trainant avec lui Drago Malefoy. Il s'arrêta cependant lorsqu'il remarqua l'inconnu à côté d'elle, et se tourna vers lui. Drago Malefoy, lui, était devenu aussi pâle qu'un cadavre, le regard fixé sur Voldemort.
– Bonjour, fit Blaise. Je ne pense pas que nous nous soyons déjà rencontrés. Je suis Blaise Zabini. Vous êtes un ami d'Hermione ?
– Son petit ami en fait, répondit Voldemort.
Hermione faillit s'étouffer avec le vin d'indignation.
– C'est total… commença Hermione.
– Ce n'est plus la peine de le cacher Hermione, la coupa Voldemort. Cela fait quasiment un an que tu es majeure aux yeux de la loi sorcière.
Hermione dut résister à l'envie de lui balancer son verre dans la figure. Mais par Merlin, cette monnaie d'échange avec la source le rendait visiblement plus qu'heureux, et excessivement, excessivement, pénible. Et elle était sure et certaine qu'il ne faisait cela que dans le but de l'embêter elle.
– Je suis Tom, Tom Evans, continua Voldemort.
Cette fois-ci Hermione se figea complètement, abasourdie par tant de présomption. Prendre le nom Evans, à l'anniversaire des 17 ans de Harry ? Ils avaient peut-être besoin de lui, mais elle n'aurait pas cru que Voldemort était suffisamment stupide pour tenter d'irriter autant que possible Harry.
Entre temps, Voldemort avait tendu sa main à Blaise, que celui serra sans se douter de quoi que ce soit, avant de se tourner vers Drago Malefoy et de lui tendre aussi sa main, un sourire menaçant sur son visage. Le regard de Drago passa frénétique de sa main, à son visage, à Hermione juste à côté qui tentait de faire comme si tout était parfaitement normal, et Drago finit par tendre sa main avec reluctance.
– Drago Malefoy, fit-il d'une voix blanche.
Blaise lui jeta d'ailleurs un regard étrange.
– Vous vous connaissez ? demanda-t-il.
– Pas du tout, répondit fluidement Voldemort avec un sourire charmant. Mais je connais bien sûr la famille Malefoy de réputation. Je serais même prêt à parier que Lucius Malefoy sera notre prochain Ministre de la Magie. S'il ne fait pas de bêtises bien sûr.
La fin de sa phrase avait été prononcée sur un ton subtilement menaçant et Drago sembla carrément verdir. Hermione savait que Drago Malefoy avait toujours été proprement terrifié par le seigneur des ténèbres – qui ne le serait pas d'ailleurs, à part peut-être Harry –, et elle se décida à intervenir avant qu'il ne tombe dans les pommes, ou pire, ne vomisse sur Voldemort.
– Malefoy, Zabini, vous nous excuserez, mais je voudrais présenter Tom à Harry, fit-elle.
Cela eut malheureusement l'effet inverse de ce qu'elle voulait, puisque le regard de Drago Malefoy devint encore plus apeuré malgré tous les efforts qu'il faisait visiblement pour tenter de rester impassible.
– Vraiment, il est pathétique, entendit-elle Voldemort lâcher à voix basse.
Hermione leva les yeux au ciel avant de se pencher vers Drago Malefoy.
– Ne fais rien de stupide Malefoy, murmura-t-elle pour que Blaise ne l'entende pas.
– Pardon ? S'exclama Drago Malefoy, avant de finalement se rendre compte de son éclat. Ah, excusez-moi… je crois que le soleil ne me fait pas du bien.
Hermione entraina alors résolument Voldemort plus loin, et celui-ci se laissa faire en éclatant d'un rire méprisant que Drago Malefoy ne pouvait pas ne pas avoir entendu.
– Tu veux vraiment causer une catastrophe ? demanda-t-elle avec exaspération.
– Je m'ennuie Hermione, répondit Voldemort. Puisque je ne peux renverser Scrimgeour sans que vous ne me tombiez tous dessus, il faut bien que je me distraie.
Mais oui bien sûr. Vraiment, elle en serait presque rendue à le plaindre…
– Maintenant que tu as ta monnaie d'échange, tu sais très bien que nous sommes prêts à discuter d'un accord au plus tôt, fit-elle. Et puis tu aurais très bien pu m'annoncer cela demain !
– Et me priver du plaisir d'embêter à la fois Dumbledore, vous quatre, et Malefoy junior ? Surement pas.
Hermione soupira.
– Tu le méprises à tort tu sais, fit-elle. Malefoy je veux dire. Il est devenu un très bon politicien lors de notre première vie.
– Son fils s'est marié à la fille que tu as eue avec Weasley non ? demanda Voldemort.
– Cela ne te concerne en rien, mais oui, répondit Hermione.
– Je ne comprends toujours pas pourquoi tu t'es marié à cet idiot de Weasley, commenta Voldemort.
– Il est loin d'être idiot, répondit Hermione. Et cela ne te concerne toujours pas.
Voldemort se contenta de lui lancer un regard dubitatif.
– Hermione ! fit une voix dans la foule.
Hermione se tourna et vit Harry arriver vers eux d'un pas rapide.
– J'ai entendu dire que ton petit ami Tom Evans souhaitait discuter avec moi de la session du Magenmagot de demain, fit-il en envoyant un regard noir à Voldemort.
Visiblement il avait croisé à la fois Dumbledore et Drago ou Blaise. Ou qui que ce soit d'autre. Blaise Zabini ne savait pas tenir sa langue, et elle était certaine que la moitié des personnes présentes savaient maintenant que son soi-disant petit ami était venu à l'anniversaire de Harry. Fantastique.
– Ah, bien le bonjour Harry, fit Voldemort. Albus a dû mal comprendre mon propos, je voulais simplement te souhaiter un joyeux anniversaire, et te remettre ton cadeau en mains propres.
– Il ne fallait vraiment pas Tom, répondit Harry. Et d'ailleurs, je me vois obligé de refuser. Et de te demander de partir.
Harry avait l'air furieux, et Hermione se doutait que c'était à cause du prétendu nom de famille de Voldemort.
– Ah, mais je crois que vous ne voudriez pas que je parte. Vous tenez à la population sorcière après tout, répondit Voldemort avec un sourire satisfait.
Harry lui lança un regard interrogatif, et Hermione lui confirma d'un hochement de tête résigné qu'ils avaient effectivement besoin de lui.
– Hermione, tu es mon amie la plus chère, et la sorcière la plus intelligente que je n'ai jamais connue, mais je dois dire que tu manques terriblement de discernement en termes de relations amoureuses, grommela Harry.
– Dis la personne qui est en couple avec le sosie de sa mère, répliqua nonchalamment Voldemort.
Harry réagit au quart de tour et la seconde d'après la Baguette de Sureau était pointée dans le cou de Voldemort.
– Tu n'as aucun droit de parler de mes parents, fit-il venimeusement. Aucun droit d'utiliser leur nom, et surement aucun droit de critiquer ma mère.
– Excuse-toi ! ordonna Hermione, outrée.
C'était bas, même pour lui. Voldemort ne répondit rien, se contentant de regarder Harry avec désapprobation alors que celui-ci se retenait visiblement de commencer un duel en plein milieu de son anniversaire.
– Excuse-toi ! répéta Hermione. Ce n'est pas parce que nous avons besoin de toi que nous allons tolérer…
Puis Voldemort se mit à siffler quelque chose à Harry en fourchelangue. Harry recula d'un pas, une expression confuse sur le visage, avant de baisser sa baguette. Il répondit ensuite quelque chose, ce qui provoqua encore plus de sifflements de la part de Voldemort. Puis Voldemort fit apparaitre deux baguettes dans la paume de sa main gauche, qu'il fit voleter jusqu'à Harry.
Il s'éloigna ensuite d'eux brusquement, disparaissant dans la foule.
– Qu'est-ce que c'est ? demanda Hermione en se rapprochant de son ami.
Harry mit un moment à lui répondre, les yeux rivés sur les baguettes dans sa main.
– Les baguettes de mes parents, répondit-il. Il a dit qu'il n'en avait que faire…
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– C'est pour cela que tu t'es comporté comme un abruti ? demanda Hermione lorsqu'elle retrouva Voldemort dans la foule une heure plus tard. Parce que tu ne voulais surtout pas donner l'impression que tu pouvais avoir un minimum de décence?
Remus et Tonks, avec qui Voldemort était en train de discuter comme si de rien n'était, se tournèrent vers elle.
– Hello Hermione, fit Tonks. Tu aurais pu nous dire que tu avais un petit ami aussi charmant !
Elle semblait absolument ravie à l'idée et Hermione sut qu'elle n'allait pas pouvoir éviter une discussion avec Tonks sur le sujet. Remus posa une main apaisante sur l'épaule de Tonks, qui se retourna immédiatement pour lui faire un sourire éblouissant.
– Viens Tonks, fit Remus, tu vois bien qu'ils ont envie d'être un peu seuls. Monsieur Evans, c'était un plaisir de vous rencontrer.
– Mais de même, répondit Voldemort avec une politesse soigneusement travaillée.
Hermione vit Tonks se pencher pour murmurer quelque chose à l'oreille de Remus alors qu'ils s'éloignaient, et elle poussa un soupir exaspéré.
– Dumbledore est vraiment trop mystérieux pour son bien, fit Hermione en secouant la tête.
– Incroyable n'est-ce pas ? commenta Voldemort. Aucun membre de l'Ordre du vieux fou présent n'a été capable de me reconnaitre. Aime-t-il donc tellement tout diriger qu'il ne leur a pas dit qui je suis ?
– Je suis quasiment certain qu'ils connaissent le nom Tom Riddle, répondit Hermione. Mais il n'a pas dû considérer important de leur montrer à quoi tu pouvais ressembler jeune… La seule qui pourrait potentiellement te reconnaitre est Minerva, mais elle est en charge de Poudlard ce soir vu que Dumbledore est ici…
Cela fit rire Voldemort, et Hermione eut soudain envie d'aller se coucher. Elle ne pouvait le supporter trop longtemps lorsqu'il était d'aussi bonne humeur.
– Tu n'as pas répondu à ma question, fit-elle.
– Potter et moi allons vivre une éternité ensemble Hermione, répondit Voldemort. Une éternité. Il faut bien qu'il y ait au moins un semblant d'entente entre nous.
Hermione lui lança un regard dubitatif. Elle ne savait pas vraiment si la remise des baguettes de ses parents était une contrepartie suffisante après avoir utilisé le nom de sa mère comme faux nom de famille. Mais ce n'était pas comme si Voldemort était un expert des relations sociales sincères.
– Tu sembles bien sûr de toi, pointa Hermione.
– Tu sais très bien Hermione que je vais exiger qu'il vive éternellement en échange de mon aide pour les sources. Je vais vivre une éternité avec Potter, la personne la plus insupportable que ce monde ait portée, et il a une capacité de nuisance hors du commun.
Hermione eut un sourire amusé.
– Comment comptes-tu entériner cet accord ? demanda-t-elle ensuite. Un serment inviolable n'a plus aucune valeur entre nous.
Cela sembla significativement amoindrir la bonne humeur de Voldemort.
– Je ne vois rien d'autre qu'un rituel de fraternité, répondit-il après quelques secondes de silence.
Harry n'allait décidément pas aimer cela.
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AN : À la semaine prochaine.
