Bonjour à tous !
J'espère que vous allez bien.
Si je nommais mes chapitres, j'aurais pu appeler celui-ci « L'interlude Malefoy »…
Pour information il reste environ un dizaine de chapitres.
Bonne lecture,
Perhentian
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Chapitre 42 – Juillet – Août 1997
Lorsque Drago Malefoy sortit de la cheminée donnant dans le petit salon du manoir familial il dut prendre sur lui pour ne pas s'effondrer sur le sol de terreur. Il était dans une très mauvaise situation. Merlin mais qu'est-ce qui lui avait pris de réagir de façon aussi peu convenable à l'anniversaire de Potter ? Il allait se faire tuer. Il était certain qu'il allait se faire tuer. Le seigneur des ténèbres allait l'achever dès qu'il aurait une minute.
– Drago ? Tout va bien ?
Drago se tourna brusquement vers sa mère qui était visiblement dans le petit salon, et sa panique augmenta encore plus. Ce n'était pas simplement lui qui allait mourir. C'était tout sa famille qui allait se faire tuer. Sa mère et son père avec lui. Quoique… peut-être y avait-il un espoir que son père s'en sorte. Il était proche du seigneur des ténèbres après tout, et bien placé au ministère…
– Drago Lucius Malefoy !
Le ton autoritaire de son père fit sursauter Drago, et il se rendit alors compte que son père et sa mère l'entouraient maintenant. Ils avaient dû être en train de discuter ensemble dans le petit salon avant qu'il n'arrive, et il ne s'en était même pas rendu compte.
– Que se passe-t-il fils ? demanda Lucius. Il est arrivé quelque chose durant l'anniversaire de… Harry Potter ?
Le nom du prétendu sauveur du monde sorcier était prononcé avec un dédain évident. Mais ce fut l'inquiétude dans les yeux de sa mère qui poussa finalement Drago à répondre.
– Le seigneur des ténèbres était là, fit-il.
Cela ne fit qu'augmenter l'inquiétude de sa mère, et même son père sembla perdre un instant de sa superbe.
– Le seigneur des ténèbres a attaqué la soirée d'anniversaire de Harry Potter ? demanda Lucius.
– Non, répondit Drago d'une voix blanche. Il a… il…
Mais il ne pouvait le dire.
– Drago, nous t'avons tout de même appris à t'exprimer mieux que cela.
– Lucius, laisser lui le temps, intervint sa mère.
– Drago a 17 ans Cissa, répondit son père. Il a l'âge de ne plus avoir besoin que tu le maternes.
C'était dit avec cette touche de tendresse que son père utilisait toujours pour parler à sa mère lorsqu'ils étaient en privé.
– N'est-ce pas Drago ? continua son père.
Et comme toujours Drago se sentit presque submergé par cette envie de rendre son père fier de lui. Et sa mère aussi.
– Il s'est fait passer pour le petit ami de Granger, lâcha-t-il.
– Granger ? releva son père. La sang-de-bourbe de Potter ?
– Et je l'ai reconnu, ce qu'il ne voulait visiblement pas parce qu'il faisait comme s'il ne me connaissait pas, continua Drago dans un flot de paroles qu'il ne parvenait plus à arrêter. Et je crois que j'ai mal réagi père. Je ne parvenais pas à croire qu'il était là, et avec Granger surtout, et ensuite Granger a voulu aller le présenter à Potter et je n'ai pas réussi à faire comme si tout était normal… parce que ce n'était pas normal ! Granger m'a dit de ne rien faire de stupide, comme si elle savait qui il était, ce qui est impossible, et Blaise m'a posé des milliers de questions…
– Tu n'as rien dis au jeune Zabini Drago ? l'interrompit son père.
Maintenant il pouvait même deviner son inquiétude sur son visage à lui, et Drago se sentit comme le pire des fils, celui qui ne faisait qu'échouer ses missions, que décevoir ses parents.
– Non, non, bien sûr que non, répondit Drago. J'ai simplement dis que je ne me sentais pas bien. Je suis parti après qu'il soit parti, je ne voulais pas m'éclipser trop tôt et soulever des questions…
– Es-tu sûr que c'était lui Drago ? demanda sa mère. Peut-être était-ce quelqu'un d'autre.
– C'était lui, répondit Drago. Il semblait être à peine plus âgé que moi mais c'était lui.
Cela fit froncer les sourcils à son père, et Drago ne pouvait que le comprendre, parce que cette situation ne faisait aucun sens. Parce qu'il y avait eu Dumbledore à cette soirée, et que celui-ci savait forcement à quoi le seigneur des ténèbres devait ressembler ! À moins qu'il ne le sache pas ? À moins que personne ne le sache à part les mangemorts ? Mais dans ce cas, comment expliquer l'étrange assurance de Granger ? Et puis soudain il se rappela d'autre chose.
– Et il a embrassé Granger ! s'écria-t-il. Avant de partir il a embrassé Granger !
Son père semblait maintenant de plus en plus sceptique, et Drago nota que sa mère avait discrètement sorti sa baguette, comme si elle pensait qu'il était sous l'effet d'un quelconque sortilège.
– Calme toi mon chéri, fit sa mère. Il doit y avoir une explication, peut-être le seigneur des ténèbres voulait-il tenter de connaitre les secrets de Potter sans attirer l'attention ?
Cela faisait du sens, mais en même temps cela ne concordait pas vraiment. Drago avait eu l'impression que Granger savait vraiment ce qui était en train de se passer. Mais si elle savait vraiment ce qui était en train de se passer, que faisait-elle avec le seigneur des ténèbres en premier lieu ?
– Mais... Mais…
– Toujours aussi éloquent à ce que je vois.
Les trois Malefoy se tournèrent brusquement vers la voix appartenant à la seule personne qui pouvait apparaitre dans leur manoir sans que cela n'alerte immédiatement ses occupants. Et une fois de plus Drago crut qu'il allait s'évanouir. Le seigneur de ténèbres était là, toujours sous l'apparence qu'il avait lorsqu'il avait quitté l'anniversaire de Potter il y avait une demi-heure de cela, ce qui ne le rendait pas moins intimidant.
– Que puis-je pour vous maître ? demanda immédiatement Lucius Malefoy en s'inclinant respectueusement.
Sa mère s'inclina aussi, mais Drago lui se laissa carrément tomber à genoux. Il ne voulait pas mourir. Pas aussi jeune. Pas de façon aussi stupide.
– Pardonnez-moi maître, fit-il.
Le seigneur des ténèbres éclata de rire et cela glaça le sang de Drago. Ce n'était pas normal. Ce qui se passait ce soir n'était absolument pas normal. Il sentit sa mère lui agripper le bras et le faire se reculer, alors que son père se positionnait légèrement devant lui.
– Lâche donc ton fils ma chère Narcissa, fit le seigneur des ténèbres. C'est à lui que je viens parler, entre autres.
– Maître… commença Lucius.
– Respire Lucius, répondit le seigneur des ténèbres. Je ne compte tuer aucun d'entre vous ce soir, c'est une trop belle journée pour cela.
Et Drago se rendit compte avec stupeur que le seigneur des ténèbres semblait être d'une inexplicable bonne humeur. Ce qui faisait encore moins de sens. Pourquoi serait-il content après avoir passé plusieurs heures à prétendre être le petit-ami de Granger ?
– Peut-être pourrions-nous discuter de cela autour d'un verre dans ce cas ? proposa Narcissa d'un ton tout ce qu'il y avait de plus charmant.
– Volontiers, accepta le seigneur des ténèbres.
Il fit un rapide geste de la main et l'instant d'après il avait retrouvé l'apparence que Drago lui avait vu plusieurs fois, celle qui donnait l'impression qu'il avait une trentaine d'années, alors que Drago se doutait qu'il devait surement être plus âgé que cela.
Puis le seigneur des ténèbres s'installa élégamment dans un fauteuil, et ses parents s'installèrent de chaque côté de lui, laissant Drago prendre le dernier fauteuil face à lui.
– Qu'est-ce que ma famille peut faire pour vous, maître ? demanda son père alors que sa mère passait rapidement commande à l'un de leurs elfes.
Le regard rouge du seigneur des ténèbres se porta sur son père et Drago fut infiniment reconnaissant à ce dernier de détourner, ne serait-ce qu'un instant, l'attention de lui.
– Garder pour elle ce que le jeune Drago a vu ce soir, répondit Lord Voldemort.
Et de nouveaux le regard rouge sembla transpercer Drago, alors que celui-ci restait figé dans son fauteuil.
– Quelle garantie souhaitez-vous maître ? demanda Lucius.
– Un serment inviolable bien sûr, répondit le seigneur des ténèbres tout en gardant son attention concentrée sur Drago. Mais tout d'abord j'aimerais savoir deux trois choses. Dis-moi jeune Drago, que penses-tu de Potter, Granger et leurs acolytes roux ?
Drago eut du mal à ne serait-ce que déglutir. Il avait fait ce qu'il pouvait pour être proche du quatuor, et plus particulièrement de Potter cette année. Mais celui-ci ne l'avait jamais vraiment laissé s'approcher, le laissant toujours dans l'ombre.
– Je… Je ne sais pas maître, balbutia-t-il. Ils… ils sont l'image même de Gryffondor et…
Le seigneur des ténèbres l'arrêta d'un geste.
– Ne me fais pas perdre mon temps Drago, fit-il d'une voix lente. Comporte-toi en homme et réponds honnêtement à ma question. Que penses-tu du quatuor ?
Un coup d'œil furtif vers son père lui renvoya son visage tendu et Drago se força à reprendre contrôle de lui-même. Il était un Malefoy par Merlin, et il n'avait déjà que trop déçu ses parents. Drago déglutit une dernière fois, et tenta de faire abstraction du regard rouge qui lui donnait envie de se terrer sous terre toute dignité envolée.
– Ils ont beaucoup d'influence à l'intérieur de Poudlard, fit-il finalement. Je ne sais pas vraiment s'ils ont mis en place leur club d'aide aux devoirs avec des arrières pensées, mais il leur a en tout cas permis de faire en sorte que la grande majorité des élèves éprouvent au moins une vague forme de reconnaissance envers eux, si ce n'est du respect et de l'admiration.
– Est-ce que tu éprouves ? demanda immédiatement le seigneur des ténèbres.
Drago hésita un infime instant, mais le seigneur des ténèbres avait explicitement demandé une réponse honnête.
– Je dois avouer que oui maître. J'ai eu l'occasion de faire quelques duels contre chacun d'entre eux, et je ne pense pas les avoir inquiétés une seule fois, même Ginny Weasley qui a un an de moins. Je sais qu'ils ont des notes excellentes aussi, même s'ils ne donnent jamais l'impression de suivre. Sauf Granger qui ne peut s'empêcher de répondre de temps en temps à certaines questions des professeurs.
– Vraiment ? demanda Voldemort avec une expression amusée plus qu'étrange. Elle prend la peine de répondre aux questions?
Mais par Merlin, pourquoi est-ce que le seigneur des ténèbres s'intéressait autant à Granger ?
– Euh… oui ? répondit Drago. Rarement, mais lorsqu'elle répond, c'est généralement pour citer des théorèmes que personne ne connait, y compris parfois les professeurs. Et cela fait des années que je ne l'ai jamais vu louper un seul sortilège pratique, ni elle, ni les autres. Je pense qu'ils ne sont pas des adversaires aussi faibles que ce que leur âge pourrait laisser paraitre.
Drago remarqua alors que son père avant blanchi, et il se rendit compte qu'il venait de faire l'éloge des ennemis du seigneur des ténèbres.
– Mon fils exagère surement maître, fit d'ailleurs Lucius. Il est encore jeune et ne se rends pas compte de la puissance que peut atteindre un sorcier dans la force de l'âge.
– Je pense au contraire que son estimation est plutôt réaliste Lucius.
Le visage de son père refléta un instant l'étonnement, alors que Drago recommençait à respirer, quoique difficilement.
– Vous ne pensez tout de même pas que ces enfants pourraient poser problème ? demanda prudemment son père.
Le seigneur des ténèbres réfléchit quelques instants avant de répondre à Lucius.
– Ils posent déjà problème Lucius. Depuis longtemps.
Lucius sembla surpris que le seigneur des ténèbres réponde, et son regard devint légèrement incertain. Il ouvrit la bouche pour poser une question, avant de froncer légèrement les sourcils et de se retenir.
– Pose tes questions Lucius, ordonna le seigneur des ténèbres. Vu ce qui se passe actuellement, il est temps que je te mette dans la confidence de deux trois petites choses.
– J'en serai honoré maître, mais est-il indispensable que mon fils et ma femme restent ?
Un sourire que Drago ne put que qualifier de carnassier apparut sur le visage du seigneur des ténèbres.
– Pourquoi ne pas laisser à ton fils l'opportunité de choisir Lucius ? demanda-t-il. Qu'en dis-tu jeune Drago ? As-tu envie de savoir ce qui s'est réellement passé ce soir ? As-tu envie de compter pour quelque chose dans le monde à venir ? Ou souhaites tu plutôt vivre toute ta vie dans l'ombre et l'ignorance ?
Comme si cela lui laissait le choix. Son père s'agita légèrement, mais Drago savait qu'il avait déjà fait tout ce qu'il pouvait pour tenter de le sortir de cette conversation, et il était d'ailleurs étonné que Lord Voldemort ne l'ai pas torturé pour ses interventions. Sa mère elle sembla sur le point d'intervenir, mais un seul regard du seigneur des ténèbres l'arrêta.
Voulait-il savoir ? Oui, mais pas au point de sacrifier sa vie pour cela. Voulait-il rejoindre le seigneur des ténèbres ? Il n'y avait jamais vraiment eu de question sur ce sujet, ne serait-ce que pour sa famille. Et maintenant… s'il répondait non ce serait la disgrâce des Malefoy.
– Mon plus cher désir est d'œuvrer pour vous maître, répondit-il, de la façon qui vous semblera la plus judicieuse.
Le sourire du seigneur des ténèbres se fit moins agressif, et Drago eut l'étrange impression d'avoir réussi un test sans vraiment savoir par quel miracle il avait pu s'en sortir.
– Mon informatrice avait raison semble-t-il, cela devrait être possible de faire quelque chose d'utile de ton fils dans le futur Lucius, commenta le seigneur des ténèbres.
Et étrangement Drago ressentit une intense fierté. La remarque du seigneur des ténèbres n'était pas vraiment positive, mais c'était tout de même une sorte de reconnaissance de sa valeur, plus que ce qu'il n'aurait jamais pensé que cet homme surpuissant lui accorde un jour.
– Ma chère Narcissa, j'imagine que tu préfèreras toi aussi rester puisque ton précieux fils reste ?
– Effectivement maître, répondit sa mère avec grâce.
– Je vais vous faire prêter serment dès maintenant dans ce cas.
Il y eut divers murmures de consentement, et quelques secondes plus tard Drago tenait entre ses mains un parchemin qui détaillait le serment qu'il devait prêter. Un serment avec des conséquences plus que drastiques s'il tentait délibérément de le contourner. Mais aucun des Malefoy ne protesta bien sûr, conscients qu'ils n'avaient pas le choix.
Puis le seigneur des ténèbres leva sa baguette et commença l'incantation du serment inviolable. Immédiatement, Drago Malefoy poussa un cri de surprise, sa chevalière s'étant soudainement mise à chauffer. L'attention du seigneur des ténèbres fut soudainement sur lui.
– Que se passe-t-il ? demanda-t-il sèchement.
– R… rien maître, répondit Drago. C'est… C'est ma chevalière qui a réagi étrangement, je m'excuse pour ma réaction.
– Montre, ordonna le seigneur des ténèbres.
Drago Malefoy tendit avec reluctance sa main droite, certain qu'il venait une fois de plus de s'afficher pour rien. La baguette du seigneur des ténèbres s'agita au-dessus de sa main, et Drago le vit froncer les sourcils un moment, avant de finalement, au plus grand étonnement de tous, lever les yeux au ciel.
– Cela ne se reproduira plus, annonça-t-il.
Puis il reprit le serment, et cette fois-ci il n'y eut pas d'interruption, et la pièce se remplit un instant d'une lumière vive lorsque celui-ci fut scellé.
– Maintenant tes questions Lucius. Tant que je suis d'humeur à y répondre…
– Je ne suis pas sûr de bien comprendre en quoi Potter et sa clique posent problème aujourd'hui maître, fit Lucius. Ils n'ont aucune influence sur la politique, et ils ne sont même pas encore sortis de Poudlard.
– Ah, mais ce n'est pas tout à fait vrai. Potter a de l'influence politique, répondit Lord Voldemort. Sauf qu'il n'utilise pas son vrai nom bien sûr.
– Il utilise un proxy ? demanda Lucius.
– Une façade plutôt, étant donné qu'il agit lui-même. Et il fait partie de ton Magenmagot Lucius.
Drago nota que son père n'avait jamais été aussi troublé.
– Qui est-ce maître ? demanda-t-il. Il y a eu quelques nouveaux ces derniers mois, mais aucun ne correspond.
– Alistair Jones.
Drago ouvrit grand les yeux d'étonnement. Il avait plusieurs fois entendu son père parler de ce sorcier comme étant un pénible opposant politique.
– Pourquoi nous avoir interdit de faire quoi que ce soit de drastique contre lui alors maître ? demanda Lucius. Et pourquoi avoir demandé à tous les mangemorts de ne surtout pas tuer Potter ?
– Parce qu'il n'y a aucune chance qu'ils soient capables de tuer Potter, répondit Voldemort avec une pointe d'irritation.
– Potter ne peut décemment s'opposer à vos meilleurs mangemorts, réagit Lucius.
– Remets-tu en cause mon jugement Lucius ? répondit Lord Voldemort d'une voix soudainement froide.
Son père s'excusa immédiatement, et la bonne humeur du seigneur des ténèbres sembla revenir.
– Potter est surement le deuxième meilleur duelliste du Royaume-Uni, après moi bien sûr, mais avant Dumbledore. Et sa clique comme tu les appelles n'en est pas moins capable de faire mordre la poussière à mes mangemorts. Tu as toi-même vu comment Hermione Granger a dominé Bella au nouvel an dernier.
Il fallut quelques secondes à son père pour réagir.
– Hélène est Hermione Granger ? demanda-t-il. Mais comment…
– Et ce n'est même pas la meilleure du lot, continua Voldemort. Elle connait une quantité incroyable de sortilèges, mais elle n'aime pas se battre en duel, et elle est loin d'avoir l'aisance de Potter.
Drago ne put s'empêcher de froncer les sourcils. Potter et ses amis étaient bons, il l'avait lui-même avoué, mais ils ne pouvaient être si bons que cela… Bellatrix Lestrange était la deuxième personne la plus effrayante au monde, c'était tout simplement impossible d'imaginer Granger la battre en duel…
– Pourquoi est-ce que la sang-de-bourbe de Potter s'est alliée avec vous maître ? demanda Lucius. Cela ne fait aucun sens.
Drago se pencha légèrement vers l'avant, ne voulant perdre aucune miette de la réponse du seigneur des ténèbres. Parce qu'il y avait beaucoup trop de choses qui ne faisaient toujours pas de sens. Parce que s'il n'avait pas halluciné ce qui s'était passé à l'anniversaire de Potter, et si Granger s'était effectivement alliée avec le seigneur des ténèbres, dans ce cas elle savait vraiment qui était Tom Evans. Et si elle avait tenté de contredire les dires du seigneur des ténèbres concernant le fait qu'ils étaient ensembles, cela ne changeait rien au fait qu'ils s'étaient embrassés. Lord Voldemort et Granger.
– Ah… enfin une bonne question, répondit Voldemort. Parce que je suis le seul à pouvoir aider Potter, Granger et leurs amis à résoudre l'un de leurs petits problèmes, qui a plus d'importance pour eux que tout le reste, y compris Dumbledore et la guerre.
Et maintenant Drago avait envie de savoir quel était le problème en question. Mais il n'était pas suffisamment stupide pour poser la question. Il était clair que cette conversation était entre le seigneur des ténèbres et son père, et il en était d'ailleurs très reconnaissant. Ce dernier savait bien mieux que lui quelles questions étaient acceptables.
– Mais dans ce cas maître, pourquoi ne pas tenter de les éliminer ? Même les meilleurs sorciers peuvent tomber dans un piège.
Cette question par exemple, Drago n'aurait pas osé la poser, mais c'était visiblement celle qu'attendait le seigneur des ténèbres.
– Parce ce que je dois avouer à mon plus grand regret, Lucius, qu'ils ont les moyens concrets de réduire à néant notre mouvement. Pas moi bien sûr, mais ils peuvent sans problème mettre le pays à feu et à sang. Ils sont donc intouchables pour le moment.
Sa mère porta sa main devant sa bouche dans un geste d'effroi alors que Drago tentait d'assimiler ce que le seigneur des ténèbres venait de dire. Potter, Granger et les deux Weasley étaient effectivement bien plus que ce qu'ils ne laissaient paraître.
– Qui est au courant de cette situation maître ? demanda alors Lucius.
– Très peu de personnes. Le quatuor bien sûr. Les personnes présentes dans cette pièce. Le vieux fou. Et Severus dans une certaine mesure.
– Severus ? s'étonna son père. Mais…
– Je ne reviens pas sur ce que je t'ai dit il y a un moment Lucius, je ne fais plus confiance à Severus. Mais il s'est trouvé au mauvais endroit au mauvais moment, et il n'y a rien de plus satisfaisant que de savoir qu'il a un jour surpris Potter, Granger et leurs amis dans mon bureau sans qu'il ne sache quoi que ce soit d'autre, ni ne puisse en parler le moins du monde. J'ose espérer que tu t'estimes heureux Lucius des clauses de votre serment inviolable.
Et effectivement son père avait presque l'air soulagé, et Drago se demanda à quel point les clauses contraignant son parrain étaient sévères.
– Je vous en suis très reconnaissant maître. Comment pouvons-nous vous être utiles dans cette situation ? demanda Lucius.
– Dans les mois qui viennent eux et moi allons négocier un accord, qui me permettra de prendre le pouvoir. Mais cet accord comportera des contreparties… probablement leur présence dans le futur gouvernement. Lucius, je veux savoir qui parmi les mangemorts sera prêt à accepter cela, et jeune Drago je veux la même analyse concernant tes camarades de classe. Ceux qui se montreront gênants n'auront guère de place dans ce que je vais mettre en place. Au-delà de cela, comportez-vous comme si vous ne saviez pas.
Drago et son père donnèrent avec empressement leur accord, et le seigneur des ténèbres se leva. Tous se levèrent à sa suite.
– Ne te leurre pas Lucius, fit le seigneur des ténèbres. Tu as vu à quel point Hélène peut être dangereuse. Les quatre sont comme cela. Et si vous n'avez guère besoin d'en savoir plus que cela, ne les sous-estimez pas. Je ne pense pas qu'il soit judicieux de les considérer comme totalement humains.
Il transplana ensuite sur ses paroles énigmatiques, laissant les trois Malefoy échanger un regard incertain. C'est à ce moment que Drago réalisa que sa mission de l'année dernière était une complète farce puisque Potter et le seigneur des ténèbres étaient visiblement en contact depuis bien plus longtemps que cela, et il laissa échapper un grognement fort peu élégant qui lui attira un regard scandalisé de ses deux parents.
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– Un rituel de fraternité ? Il est sérieux ? s'exclama Harry.
C'était le lendemain de l'anniversaire de Harry, le quatuor ayant décidé qu'il était hors de question que le passage de Voldemort à la soirée les empêche de célébrer cela comme il se devait, et ils avaient donc sciemment évité de parler du mage noir jusqu'à la fin de la fête. Et Hermione était restée passer la nuit au Square pour pouvoir en discuter avec ses amis le lendemain.
– Il n'a pas vraiment le choix, fit Ron. Il n'y a rien d'autre qui puisse lui garantir que tu n'utiliseras pas ton influence auprès de la Mort pour le tuer.
– Mais faire un rituel de fraternité ? Avec moi ? fit Harry. C'est vraiment radical. Avec l'Horcruxe qui nous lie déjà, ce sera quasiment impossible de cacher quoi que ce soit à l'autre. Et si jamais nous nous ratons sur une quelconque condition…
– Il n'y aura pas de retour en arrière possible, compléta Ginny. Mais nous sommes quatre, cinq si nous comptons Dumbledore, à pouvoir nous assurer que les conditions nous conviennent. Voldemort lui sera seul… nous avons plus de chances d'avoir l'avantage que lui.
Harry se tourna brusquement vers elle.
– Tu as conscience n'est-ce pas qu'il y a un risque que Voldemort ait un accès direct à mon esprit ? Tout le temps ? Y compris lorsque nous sommes ensembles ? demanda Harry.
Ginny grimaça visiblement.
– Je connais le risque, mais Hermione va nous trouver quelque chose non ? fit Ginny.
– Si ce n'est pas moi, il n'y a pas de doutes en tout cas que Voldemort va tenter de trouver quelque chose. Il a surement encore moins envie que toi Harry que tu sois dans sa tête.
– J'imagine que cela rendra votre vie sexuelle à tous soit inexistante, soit vraiment très étrange, intervint Ron.
Harry, Ginny et Hermione lui lancèrent tous les trois un regard dégouté.
– Sérieusement ? demanda Hermione avec une pointe d'exaspération. C'est tout ce que tu trouves à dire ?
– Estime-toi heureuse, répondit Ron, j'aurais pu rentrer beaucoup plus dans les détails.
– Non merci, répondit Harry. Il m'a suffi d'une fois pour ne pas avoir envie de revoir Voldemort et Hermione coucher ensemble.
– Pardon ? fit Hermione.
Mais très rapidement elle se rappela de la nuit où Harry avait appris qu'elle était avec Voldemort, et au fait qu'il avait dit qu'il l'avait simplement vue dormir avec Voldemort, ce qui était certainement un mensonge puisqu'il ne pouvait voir que par les yeux de Voldemort.
– Je ne veux pas savoir, fit-elle finalement d'un ton définitif.
Mais les regards de Ginny et Ron prouvaient que eux avaient envie de savoir.
– L'important maintenant c'est que nous commencions les négociations, fit Harry en détournant heureusement la conversation. J'imagine que les détails se règleront au fur et à mesure…
– Voldemort a dit pas avant septembre, indiqua Hermione. Soi-disant il a trop de travail en ce moment avec la session d'été du Magenmagot.
– Il n'a pas tort, fit Ron. Et puis c'est plus compliqué pour nous de bouger facilement l'été, étant donné que ni mes parents, ni Sirius et Remus ne savent qui nous sommes vraiment, et qu'ils ont toujours peur que le grand méchant Voldemort nous attaque si on sort dehors.
– Je ne suis pas sûre de vouloir qu'ils sachent ceci-dit, intervint Ginny. Imagine la crise de nerf de maman…
Hermione eut un instant la vision de Molly Weasley leur hurlant dessus et elle en frissonna presque.
– Bon, on va donc considérer que nous nous occuperons du problème Voldemort à la rentrée, fit Harry. Il faudra que je glisse un mot de cela à Dumbledore la prochaine fois que je le croise, mais j'imagine qu'il va de toute façon rapidement venir nous poser des questions sur pourquoi Voldie était à mon anniversaire. La prochaine séance du Magenmagot est dans deux jours, et il n'y a rien de critique à l'agenda, alors je vous propose d'arrêter de nous casser la tête, et d'aller jouer au Quidditch.
– Je suis pour ! fit Ron. Je vais proposer à Sirius, Remus et Tonks ?
Si Tonks ne vivait pas officiellement au Square Grimmaurd, elle y passait cependant une bonne partie de son temps.
– Oui, fit Ginny. Et moi je vais passer un petit coup de cheminée au Terrier. Avec un peu de chance, Bill, Fred et George voudront se joindre.
C'est ainsi que moins d'une heure plus tard, Hermione se retrouva dans le jardin du square Grimmaurd, avachie sur une chaise particulièrement confortable, en train de suivre des yeux le match improvisé qui avait lieu. Au bout d'un certain temps, Remus sembla abandonner la partie et conjura une chaise juste à côté de la sienne.
– Tu ne souhaites pas jouer avec eux Hermione ? demanda-t-il.
– Surement pas, répondit Hermione. Je déteste voler, et Harry et Ginny sont des dangers ambulants. Sans compter Sirius, Fred et George.
Cela fit rire Remus.
– Tonks a trouvé ton ami Tom est très sympathique, fit alors Remus.
Hermione se tourna vers lui avec regard surpris.
– Mais pas vous, releva-t-elle.
Remus eut immédiatement l'air gêné.
– Si, si, tenta-t-il de se rattraper. C'est un jeune homme très poli.
Hermione fit un geste de la main apaisant.
– Vous avez le droit de ne pas le trouver sympathique, il est loin d'être parfait, fit-elle. Mais par contre j'aimerais bien savoir pourquoi.
Elle aimerait surtout bien savoir ce que Voldemort avait bien pu raconter à Remus et Tonks en son absence.
– Je… je ne sais pas vraiment, répondit Remus en ayant l'air encore plus mal à l'aise. C'est stupide, une sorte de mauvais pressentiment, mais c'est surement que c'est simplement bizarre pour un vieil homme comme moi de vous voir grandir.
– Vous êtes encore jeune Remus, répondit Hermione. 37 ans ce n'est pas beaucoup, même pour un loup-garou. Et attendez… vous voulez dire que vous n'aimez pas l'odeur de Tom ?
Remus Lupin sembla très gêné.
– Oui, finit-il par dire. Enfin non, c'est plus complexe que cela. C'est plutôt qu'il y a quelque chose à propos de lui qui semble crier qu'il est dangereux.
Hermione éclata de rire à la plus grande stupéfaction de Remus.
– Il l'est, fit-elle ensuite avec sérieux.
– Pas simplement un peu mystérieux, vraiment dangereux, précisa Remus.
– C'est le cas.
– Est-ce que c'est un mangemort ? demanda immédiatement Remus. Te fait-il du chantage ? Il faut alerter Albus dans ce cas, il devrait pouvoir te protéger.
Hermione lui fit un sourire amusé avant de se dire que Dumbledore était vraiment trop secret vis-à-vis de l'Ordre du Phénix, et qu'elle avait potentiellement ici l'occasion de lui forcer un peu la main.
– Le Professeur Dumbledore sait parfaitement qui est Tom, et ce qu'il faisait à l'anniversaire de Harry, répondit-elle. Il refuse simplement d'en parler à l'Ordre.
Remus sembla contrarié et Hermione se sentit touchée par son inquiétude pour elle.
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AN : À la semaine prochaine.
