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Bonne lecture,
Perhentian
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Chapitre 43 – Septembre 1997
– Cela me fait vraiment bizarre de prendre le Poudlard Express pour notre septième année, fit Harry alors qu'il s'asseyait sur la banquette.
– Parce que c'est notre dernière année ? demanda Neville.
Il était encore en train d'essayer désespérément de faire rentrer sa malle dans les portes bagages et Hermione finit par craquer et lancer un sortilège d'allègement dessus.
– Oh, merci Hermione, fit Neville avec un soulagement évident.
– Non, non, répondit Harry. Parce que c'est la première fois que Hermione, Ron et moi faisons notre septième année. Nous n'avions pas pu la faire la dernière fois parce que Voldemort était au pouvoir.
– Ah oui, c'est vrai, se rappela Neville.
Neville savait maintenant presque tout de leur ancienne vie. Même après leur avoir proposé son aide, il avait mis du temps à digérer l'idée qu'ils soient des voyageurs temporels, à moins que ce ne soit leur alliance avec Voldemort. Mais ensuite il était revenu vers eux avec des questions, puis d'autres questions, puis tout simplement une réelle curiosité envers ce qu'ils avaient vécu. Il avait fini au fur et à mesure par leur faire complétement confiance, acceptant même le fait que leur alliance avec Voldemort était surement la meilleure chose à faire.
Luna, elle, n'avait pas vraiment voulu savoir les détails. Elle soutenait que parler d'un futur révolu n'amenait pas grand-chose, et qu'elle préférait vivre au jour le jour les bons moments plutôt que de passer sa vie à potentiellement les attendre pour ne jamais les voir se réaliser.
– Vous me prêterez vos cours hein ? fit Ginny en regardant Harry, Ron et Hermione.
– Bien sûr, confirma Hermione.
Ils avaient convenu pendant l'été que même si Ginny suivrait les cours de sixième année, ils l'aideraient à se préparer à passer ses ASPICs à la fin de l'année avec eux, Ginny ne voulant en aucun cas rester la seule du quatuor à Poudlard l'année d'après.
– Est-ce que tu pourras remercier ton petit ami Hermione ? fit Luna. Il m'a prêté le deuxième traité d'Empédocle tu sais, et c'est vraiment intéressant.
– Il y a un deuxième traité ? s'étonna Hermione.
Elle n'avait jamais entendu parler de cela. Puis elle plissa les yeux suspicieusement.
– Comment est-ce que Voldemort a su pour ton talent d'ailleurs ? demanda-t-elle. Je suis certaine de ne jamais lui en avoir parlé.
– Désolée, c'est moi, fit Luna avec une légère grimace. Il s'est rendu compte que je l'avais reconnu lorsqu'il est arrivé dans le jardin du Square Grimmaurd, et en quelques questions il a vite compris… Tu voudras lire ce deuxième traité ?
– Avec plaisir, accepta Hermione. Je lui rendrai ensuite.
Hermione était toujours plus ou moins furieuse contre Voldemort. L'annonce de celui-ci comme quoi il était son petit ami à l'anniversaire de Harry avait provoqué un raz-de-marée de questions à propos de Tom Evans dans les jours qui avaient suivi dont Hermione se serait bien passée. En plus du fait que Voldemort avait continué à être d'une insupportable bonne humeur durant tout le mois d'août. Mais cela ne l'avait pas empêchée de le revoir régulièrement.
– Attendez, attendez, intervint Neville. Le petit ami d'Hermione ? Tom Evans ? Tom Evans c'est Voldemort ? Et Voldemort est le petit ami de Hermione ?
– Ce n'est pas mon petit ami, grommela Hermione.
– J'admets que considérer Voldemort comme son petit ami est une notion ridicule, intervint Ginny, mais tu ne peux pas nier que vous êtes plus ou moins ensemble.
Hermione lui jeta un regard noir.
–Je t'avais pourtant prévenu Neville que Tom Evans était infesté d'Oniroles, fit Luna.
– Et j'étais censé comprendre que Tom Evans était Voldemort ? Parce qu'il était infesté d'Oniroles ? s'écria Neville d'un ton outré.
Luna haussa simplement les épaules et continua à lire la dernière édition du chicaneur, alors que Neville semblait fulminer sur place.
– Il s'est passé quelque chose avec Tom Evans, Neville ? demanda Ron.
Cela sembla rendre Neville encore plus furieux, avant qu'il ne lève les bras au ciel dans un geste de reddition.
– Il ne m'a rien fait, ne vous inquiétez pas, fit Neville. C'est juste que je n'en reviens pas de ne pas avoir pensé un seul instant que cela puisse être lui. Nous avons discuté ensemble quelques minutes et je l'ai trouvé tout ce qu'il y a de plus sympathique…
Il semblait légèrement sous le choc et Ginny lui tapota gentiment l'épaule.
– Ne t'en fais pas Neville, fit-elle. Il est absolument impossible de ne pas trouver Voldemort charmant s'il a décidé de l'être. Il faut juste se rappeler que ce n'est qu'une façade et qu'il est en réalité très loin d'être charmant. Sauf peut-être avec Hermione ?
– La moitié de nos discussions se finissent par un échange de sortilèges tellement il est horripilant, statua Hermione. Les négociations que nous allons devoir mener avec lui vont être épuisantes…
Neville sembla se rappeler alors que Hermione avait à moitié avoué qu'elle était avec Voldemort et blanchit visiblement.
– Ne t'en fait pas Neville, intervint Luna. Leurs signatures magiques s'accordent très bien l'une à l'autre, et ce genre de choses ne trompent pas.
Son commentaire lui valut cinq regards dubitatifs, avant que Ron n'éclate de rire.
– Non, non non, fit-il entre deux éclats de rire. Je refuse de croire cela.
– J'aurais essayé, commenta Luna avec un léger sourire. Pauvre Neville, il va devoir se faire à l'idée sans même avoir d'excuse plausible à laquelle se rattacher…
– Plausible, répéta Hermione pince-sans-rire.
– Neville, si l'idée de Hermione et Voldemort ensemble te donne envie de vomir, essaye au moins de sortir du compartiment avant, commenta Ginny.
Neville leva les yeux au ciel, et décida d'ignorer complétement le sujet en se plongeant dans un livre de botanique.
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– Nous allons avoir besoin de créer une équipe de recherche.
Hermione releva la tête et posa un regard interrogateur sur Voldemort. C'était le soir du premier lundi de l'année scolaire, et Hermione était déjà de retour chez Voldemort. Mais c'était essentiellement parce qu'elle savait que à partir du week-end prochain ils allaient commencer les négociations, et qu'elle aurait beaucoup moins de temps seule à seule avec Voldemort. Et si il y avait quelques années de cela cette pensée l'aurait effrayée, cela faisait longtemps qu'elle avait accepté que sa relation avec Voldemort durerait le temps qu'elle durerait, et qu'elle en profiterait autant qu'elle le pourrait en attendant.
– Une équipe de recherche ? demanda-t-elle.
– Nous allons commencer les négociations le week-end prochain, et tu peux être certaine que nous allons en avoir pour de longs moments avant de trouver un accord convenable. Ce sera tout autant de temps passé à ne pas s'occuper du problème de la source. Ni de ton côté, ni de mon côté. À moins que vous arrêtiez complètement ces stupides cours de défense et que tu utilises ce temps là pour continuer les recherches.
Hermione poussa un soupir avant de poser sa plume sur la table devant elle, se tournant finalement complètement vers Voldemort, essayant de sonder son expression. Ses yeux rouges étaient sérieux et Hermione se sentit soudainement très lasse. Il allait leur falloir des mois pour avoir un accord tenant la route. Parce que Voldemort ne leur ferait pas la moindre concession.
– Je n'abandonnerai pas les cours de défense, affirma Hermione.
– Alors il nous faut une équipe de recherche.
– Mais qui ? demanda-t-elle. J'aurais bien proposé Ginny, mais elle sera tout aussi prise par les négociations que nous.
– Barty, fit Voldemort.
Il avait déjà réfléchi au sujet, c'était évident. Barty serait parfait pour la partie runique de ce qu'elle savait du mangemort.
– Je n'aurais pas cru que tu accepterais de partager ce travail avec qui que ce soit, répondit Hermione.
– Ce n'est pas comme si qui que ce soit serait en mesure d'exécuter ce rituel sans notre aide, fit Voldemort.
Hermione lui lança un regard dubitatif.
– Et puis Barty sera sous serment de ne rien révéler évidement, ajouta Voldemort.
– Evidement, répéta Hermione. Ce sera donc le premier de tes mangemorts à en savoir un peu plus sur ce qui se passe…
– Pas vraiment. Les Malefoy sont déjà au courant.
– Pardon ? s'étonna Hermione.
Elle n'imaginait pas du tout Voldemort révéler quoi que ce soit à ses mangemorts, préférant les garder dans l'ombre comme Dumbledore le faisait avec son Ordre. Elle le lui avait d'ailleurs fait remarquer plusieurs fois le parallèle, qui avait tendance à le mettre de bien mauvaise humeur.
– Pas des sources. De la partie politique. Et du fait que nous allons tenter de trouver un accord. Lucius devait être mis au courant à un moment, et j'ai fini par suivre ton conseil de ne plus considérer mini-Lucius comme un bon à rien. Tu te doutes bien qu'ils sont aussi sous serment.
Cela fit froncer les sourcils de Hermione. Elle n'imaginait pas Voldemort mettre en place un serment avec des conséquences béguines pour les Malefoy s'ils tentaient de le contourner. Hors un tel type de serment aurait dû déclencher les protections sur la chevalière de Drago pour l'en soustraire.
– Intéressant sortilège d'ailleurs, fit Voldemort. Bien dissimulé. Mais pas très complexe à enlever une fois que le jeune Malefoy a attiré mon attention dessus.
– Drago ? Il n'était pas au courant pourtant.
– Bien sûr que non. Il n'a juste pas pu s'empêcher de glapir de douleur lorsque ton sortilège a tenté de bloquer mon serment.
Hermione eut une légère grimace. Ce sortilège n'avait donc servi absolument à rien. Mais cela expliquait au moins pourquoi Drago Malefoy les avait royalement ignorés tous les quatre en ce début d'année alors qu'il avait passé toute sa sixième année à essayer désespérément de les approcher.
– Mais Barty ne sera pas suffisant, loin de là, reprit Voldemort. Nous avons beau avoir tracé les grandes lignes du rituel, il n'en reste pas moins des centaines d'heures de travail pour tout finaliser. Je peux trouver quelqu'un pour l'arithmancie, mais il faut aussi quelqu'un qui puisse coordonner tout le monde, ainsi qu'une certaine expertise en plantes et en créatures magique puisque cette solution absurde avec le Ronflak Cornu semble fonctionner. Et un maître des potions ne serait pas de trop.
– Je ne sais vraiment pas qui…
Voldemort lui jeta un regard exaspéré.
– Trouve, répondit-il. Sinon nous allons perdre beaucoup trop de temps.
– Je vais y réfléchir, fit Hermione à contrecœur.
– Il faut que ce soit réglé d'ici la fin de la semaine, fit Voldemort. Je veux les noms vendredi, pour que nous puissions lancer tout cela le samedi matin, avant le début des négociations.
Hermione acquiesça, sans pour autant n'avoir aucune idée satisfaisante de qui proposer. Elle nota cependant que Voldemort lui faisait visiblement suffisamment confiance pour trouver plus de la moitié de l'équipe de recherche.
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– Albus, est-ce que vous auriez un moment ? demanda Sirius d'une voix ferme.
– Ce n'est peut-être pas nécessaire… fit Remus à mi-voix.
Mais son ami – son meilleur ami – ne l'écouta pas, et se dirigea résolument vers Dumbledore alors que celui-ci s'apprêtait à partir après une réunion de l'Ordre du Phénix au cours de laquelle, comme d'habitude, pas grand-chose ne s'était passé. Depuis quelques mois Albus Dumbledore ne leur donnait même plus vraiment de tâches à réaliser…
– Je devrais pouvoir trouver quelques minutes Sirius, répondit Albus Dumbledore. C'est à quel sujet ?
Sirius l'entraina dans l'un des salons du Square Grimmaurd pour éviter les potentielles oreilles indiscrètes des membres de l'Ordre qui mettaient du temps à partir.
– Remus m'a dit que le petit ami d'Hermione était un mangemort, attaqua Sirius.
– Ce n'est pas exactement ce que j'ai dit, rappela Remus d'un ton accusateur.
Il ne savait pas vraiment s'il regrettait d'avoir parlé de ses soupçons à Sirius. Sa conversation avec la jeune amie de Harry l'avait travaillé tout l'été, et il avait fini par confier ses interrogations à Sirius. Qui avait décidé de confronter Dumbledore aussi rapidement que possible.
– Tu as dit qu'elle ne t'avait pas répondu lorsque tu lui avais demandé s'il était un mangemort, répondit Sirius avant de se tourner vers Albus, et qu'elle a dit que vous saviez parfaitement qui était son petit ami.
– Ah, fit simplement Albus avec un semblant de grimace.
Sa réponse sembla déstabiliser Sirius, alors qu'une expression d'exaspération passa sur le visage du directeur de Poudlard.
– Nous devons faire quelque chose ! se reprit finalement Sirius. Nous ne pouvons accepter que les amis de mon filleul soient en danger ! Savez-vous vraiment ce qui se passe ? Avez-vous fait des recherches sur ce jeune homme Albus ? Evans, c'était le nom de famille de Lily, je m'en souviens très bien.
– J'ai fait des recherches, intervint calmement Remus.
Le regard de Sirius se reporta vivement sur lui. En même temps, s'il l'avait écouté lorsqu'il lui avait parlé du sujet au lieu de se jeter immédiatement sur Dumbledore il le saurait déjà… Tellement typique de Sirius.
– Il n'y a pas de Tom Evans dans les registres du ministère, fit Remus.
– Comment tu sais cela toi ? demanda Sirius.
– J'ai demandé un peu d'aide à Tonks. Je ne voulais pas te parler avant d'avoir au moins confirmé qu'il y avait quelque chose d'étrange avec ce jeune homme. Et Tonks, contrairement à toi, n'est pas suffisamment fouinarde pour ne pas m'aider sans avoir toute l'histoire.
L'expression du visage de Sirius se fit encore plus déterminée et il se tourna de nouveau vers Dumbledore.
– Albus ? Qu'est-ce que vous savez ? demanda-t-il.
– Je ne crois pas vraiment qu'il soit judicieux pour moi de vous partager cela, répondit Albus d'un ton paternaliste.
Remus eut presque envie de fermer les yeux. Ce n'était pas une bonne idée de répondre cela à un Sirius énervé. Vraiment pas une bonne idée.
– Pardon Albus ? s'écria évidement Sirius. Pas judicieux ? Et pourquoi donc ? Ne faisons-nous pas partie de votre précieux Ordre du Phénix ? Cela ne concerne-t-il pas la sureté de nos enfants ? À moins que vous ne nous fassiez pas confiance ? Mais dans ce cas, il sert à quoi votre Ordre du Phénix ? Ce n'est rien de plus qu'une occasion de boire du thé en ce moment, alors que Voldemort est toujours en liberté ! Si vous ne faites pas quelque chose Albus, je vais m'en charger moi-même d'aller débusquer ce mangemort. Et je suis sûr que Remus sera ravi de m'aider !
– Effectivement, confirma Remus.
Il n'avait pas la verve de Sirius, mais il s'était promis après avoir appris la libération de Sirius, et après que celui-ci l'ait accueilli à bras ouverts au Square Grimmaurd, qu'il ne le laisserait plus jamais se jeter tout seul la tête la première dans les ennuis.
– Vous devriez nous dire ce que vous savez Albus, ajouta Remus. Parce que nous ne plaisantons pas. Si vous ne dites rien, nous nous débrouillerons par nous-même pour protéger les enfants.
Après tout ils n'avaient pas été des maraudeurs pour rien. Ils devraient être en mesure de débusquer un quelconque mangemort.
– Je vous en prie, Sirius, Remus, ne vous mettez pas à la poursuite de Tom Evans, ce serait bien trop dangereux pour vous, répondit Dumbledore.
Maintenant, même Remus était énervé.
– Là vous êtes insultant Albus, fit Remus d'un ton froid. Je me serais attendu à un peu plus de confiance de votre part, si ce n'est en moi, du moins en Sirius.
– Ce n'est pas en vous que je n'ai pas confiance, répondit Albus. Mais…
– Alors mettez-nous dans la confidence ! exigea Sirius.
– Vous mettre dans la confidence vous mettra en danger, affirma Albus.
– Ne sommes-nous pas déjà en danger ? pointa Sirius.
Albus Dumbledore sembla sur le point de répliquer quelque chose, avant de pousser un soupir.
– Laissez-nous vous aider Albus, fit Remus d'un ton à peine plus doux. Nous ne demandons que cela. Vous semblez porter le monde sur vos épaules depuis quelques mois, sans pour autant pouvoir vous appuyez sur qui que ce soit.
– Vous ne pourrez malheureusement pas m'aider Remus… non, non, laissez-moi continuer, fit Dumbledore en voyant Sirius s'apprêter à de nouveau lâcher une quelconque tirade. Je vais vous parler. Mais il va me falloir un serment de votre part de ne pas divulguer ce que nous allons discuter.
– Quel type de serment ? demanda immédiatement Sirius.
– Un serment inviolable.
Cela figea Sirius et Remus. Que Dumbledore exige cela d'eux était une vexation supplémentaire. Remus était prêt à ravaler sa fierté, mais ce n'était bien sûr pas le cas de Sirius.
– Vous n'êtes pas sérieux ! s'exclama Sirius. Vous…
Dumbledore l'interrompit d'un geste.
– C'est la seule solution pour moi, fit Dumbledore. Je suis moi-même sous serment de ne pas vous révéler quoi que ce soit sans que vous ne prêtiez à votre tour un serment inviolable.
– Sous serment ? releva Remus d'un ton surpris. Mais de qui ?
Dumbledore tourna son regard perçant vers lui.
– Vous vous doutez bien que je ne peux révéler qui m'a mis sous serment, fit-il. Accepterez-vous de prêter serment mes amis ? Je vous assure de vous dire ensuite tout ce que je peux.
Sirius échangea un regard avec Remus, avant de hocher brusquement la tête. Puis ils prirent quelques minutes pour prêter serment, le regard visiblement mécontent de Sirius ne quittant pas Dumbledore.
– Très bien Albus, maintenant donnez-nous une seule bonne raison de ne pas nous lancer immédiatement sur la piste de Tom Evans, fit Remus.
– Parce que Tom Evans est Lord Voldemort, répondit Albus Dumbledore.
L'esprit de Remus refusa un instant de comprendre. D'assembler les mots de façon à ce qu'ils fassent sens. Parce que cela ne faisait pas de sens. Pas de sens du tout. Tom Evans ne pouvait pas être Voldemort. Tom Evans ne pouvait pas…
– Quoi !? rugit Sirius. Et qu'est ce qui a bien pu vous passez par la tête pour ne pas nous dire cela ? Je l'ai enregistré dans les barrières autour du Square Grimmaurd moi ! Il aurait pu revenir à n'importe quel moment ! À un moment où Harry et ses amis étaient seuls ici ! Et qu'est-ce qu'il a fait à Hermione ? Pourquoi n'êtes-vous pas intervenu ?
– Sirius, du calme, fit Remus. Et Albus, avec tout le respect que je vous porte, ce n'est pas possible. Tom Evans ne peut pas être Voldemort. Il n'aurait pas laissé passer une occasion comme l'anniversaire de Harry pour essayer de tuer celui-ci.
Et Hermione Granger avait parlé de Tom Evans avec un détachement qu'elle n'aurait surement pas eu si elle parlait de Voldemort. Mais il ne pouvait exclure la possibilité qu'elle ait été ensorcelée si ce que disait Albus était vrai…
– Remus a raison, fit Sirius en changeant complétement d'angle d'attaque. Ne vous moquez pas de nous Albus. J'ai discuté quelques minutes avec ce jeune homme et il m'a paru tout ce qu'il y avait de plus charmant. Un apprenti mangemort, pourquoi pas, mais Voldemort, surement pas. De plus, le manoir Black ne laisse pas passer les glamours.
– Il n'a pas utilisé de glamours Sirius, même si je n'aurais pas mis cela au-dessus de lui d'en utiliser certains que même le manoir Black ne puisse contrer, répondit Albus. Le jeune Tom Marvolo Riddle ressemblait exactement à cela lorsqu'il venait de sortir de Poudlard. Regardez.
D'un geste Dumbledore fit apparaitre une vielle photo de classe de Poudlard. Année scolaire 1944-1945 pouvait être lu sous la photo, et immédiatement après Remus identifia sur la photo Tom Evans, dans un uniforme de Poudlard impeccable, un insigne de Préfet en Chef sur le torse, et un air charmant sur le visage. Au-dessus de sa tête un petit insigne Tom Marvolo Riddle s'afficha lorsque Albus tapota sa baguette sur le jeune homme.
– Mais… comment est-ce possible ? demanda Sirius. Comment Voldemort a-t-il pu venir ici sans déclencher les protections autour du Square ? Et comment… non, non. Pas de temps pour les questions. Que faut-il faire pour protéger Hermione et Harry de lui Albus ?
Remus lui ne parvenait toujours pas à assimiler le fait que Tom Evans, le prétendu petit ami de Hermione, était Voldemort.
– Je ne sais pas vraiment si c'est à moi de vous dire cela… commença Dumbledore. Remus, mademoiselle Granger a-t-elle vraiment renvoyé la balle vers moi ?
– Elle a dit, je cite, « Le Professeur Dumbledore sait parfaitement qui est Tom, et ce qu'il faisait à l'anniversaire de Harry. Il refuse simplement d'en parler à l'Ordre. »
Il avait suffisamment repassé ces phrases en boucles dans sa tête pour les connaitre par cœur. Cela sembla faire réfléchir Albus, et Remus sentit Sirius perdre patience à côté de lui.
– Albus, vous nous avez déjà fait prêter serment par Merlin ! fit Sirius. Qu'est-ce qui vous retient maintenant ?
– Je ne sais pas jusqu'où je peux aller sans vous mettre en danger vis-à-vis de Voldemort, répondit calmement Albus.
– Pour la énième fois Albus, nous sommes déjà en danger vis-à-vis de Voldemort !
– Non Sirius, vous n'êtes pas en danger vis-à-vis de Voldemort, répondit Dumbledore plus fermement. L'Ordre n'est actuellement pas en danger vis-à-vis de Voldemort.
– Mais les attaques… commença Sirius.
Mais Remus l'interrompit d'un geste, ayant soudain une suspicion que quelque chose n'allait pas.
– Ce n'est ni la chance, ni un quelconque talent qui nous a assuré de ne perdre personne face aux mangemorts en deux ans, n'est-ce pas Albus ? demanda-t-il. Il y a une véritable explication au fait qu'il n'y a jamais eu plus que des blessés légers lors des attaques depuis des mois. Une explication que vous connaissez Albus, et que vous n'avez pas jugé bon de partager avec l'Ordre depuis tout ce temps.
Malgré son désir de rester posé son ton s'était fait légèrement accusateur à la fin. Il pouvait comprendre que Dumbledore garde des secrets. Il pouvait même comprendre que lui-même, le loup-garou sans trop d'intérêt, ne soit guère au centre des discussions les plus importantes, mais pourquoi cacher le fait qu'ils étaient pour une raison incompréhensible en sécurité ? Pourquoi ne pas apaiser les craintes des uns et des autres si c'était effectivement le cas ?
– Je ne suis véritablement au courant de ce qui se trame que depuis cet hiver, répondit Albus. Et je suis sous un serment m'empêchant d'en parler librement à l'exception de quelques personnes choisies dont vous faites partie.
– Mais vous ne nous en avez pas parlé ! répliqua immédiatement Sirius. Et vous n'avez pas protégé Hermione ! Ni Harry !
Dumbledore lança un regard perçant à Sirius, avant d'ouvrir la bouche, puis de la refermer. Remus pouvait décemment affirmer qu'il n'avait jamais vu le directeur de Poudlard être aussi incertain. Puis il vit Dumbledore regarder l'heure tardive, avant de lever le bras. L'instant d'après Fumseck se matérialisait dans la pièce avec quelques notes joyeuses.
– Fumseck, mon ami, pourrais-tu aller chercher Harry et ses amis ? Ils devraient être dabs le château ce soir.
– Voyons Albus, vous n'y pensez pas ! fit Sirius alors que Fumseck disparaissait. Ils ont cours demain et doivent être en train de dormir. Et de plus, cela ne les mettra-t-il pas eux en danger d'être dans cette conversation ? Dire que vous m'avez fait la morale lorsque j'ai parlé à Harry du retour de Voldemort il y a trois années de cela ! Et puis…
Sa tirade fut interrompue par le retour de Fumseck, accompagné de Harry – qui s'écrasa par terre en manquant totalement d'élégance – Ginny, Hermione et Ron.
– Par Merlin, pourquoi faut-il que je rate même les atterrissages les plus faciles ! râla Harry toujours sur le sol.
Ses amis ignorèrent Harry, leur regard se posant sur Dumbledore, Sirius et lui. Harry se releva d'un bon et se tourna vers le directeur.
– Que se passe-t-il professeur Dumbledore ? demanda-t-il.
– Ils veulent savoir, répondit Dumbledore. Et malgré vos manigances mademoiselle Granger, je ne vois pas pourquoi ce serait à moi de leur dire.
Remus vit Hermione Granger lever distinctement les yeux au ciel dans un manque de respect qu'il n'avait jamais vu la jeune fille afficher.
– C'est votre Ordre, répondit Ron Weasley, et nous avons été clairs, Voldemort est responsable de ses mangemorts, vous êtes responsable de votre Ordre et nous n'intervenons qu'en cas de souci.
– Je n'ai pas fait appel simplement pour que vous fassiez l'explication à ma place Monsieur Weasley, fit Dumbledore.
Ginny Weasley croisa les bras et eut un reniflement méprisant encore plus étrange que le comportement précédant de Hermione Granger.
– Mais plutôt parce que je voulais m'assurer de ne pas révéler quelque chose qui puisse pousser Voldemort à attaquer Sirius et Remus, continua Dumbledore.
– Il n'attaquera pas, répondit Hermione Granger avec un regard calculateur qui mit Remus mal à l'aise. Il a lui-même commencé à parler de ce qui se passait à quelques personnes. Il est temps qu'au moins un partie de l'Ordre sache, au cas où, et je viens de me dire que Remus serait parfait pour coordonner l'équipe de recherche.
– Est-ce qu'on pourrait enfin savoir de quoi vous parlez ? intervint Sirius.
– Serment ? demanda Harry en se tournant vers Ron.
– Serment, confirma Ron.
– Nous sommes déjà sous serment ! s'indigna Sirius. Il vient de nous en faire faire un !
Il pointait un doigt accusateur vers Dumbledore, qui confirma d'un geste de tête.
– Il couvre aussi ce que vous leurs direz sur le sujet, ajouta Dumbledore.
Cela ne pouvait signifier qu'une chose, comprit Remus. Que les adolescents en face de lui étaient ceux qui avaient soumis Albus Dumbledore à un serment inviolable à l'origine.
– Très bien, fit alors Harry. De quoi les avez-vous mis au courant Professeur ?
– De l'identité de Tom Evans. Et du fait que je ne suis guère l'orchestrateur de ce qui se passe actuellement. Enfin, du peu qu'il se passe actuellement.
– Ah, fit Harry avec un semblant de grimace. Vous n'êtes vraiment pas allé loin.
Puis il se gratta distraitement la tête, alors que Sirius était sur le point d'exploser.
– Nous sommes des voyageurs temporels, intervint Ron Weasley. Nous sommes des sorciers adultes dans des corps d'adolescents, cherchant à arrêter par tous les moyens à notre disposition une catastrophe à venir dont vous n'avez même pas connaissance. Nous avons toujours évité de dévoiler notre passé volontairement, et c'est pour cela que nous avons laissé tout le monde dans l'ombre.
– Mais… fit Sirius.
– Nous travaillons à la fois avec Dumbledore et avec Voldemort, le coupa Ron Weasley, et c'est pour cela qu'il y a actuellement une trêve. C'est dans ce cadre que Voldemort était à l'anniversaire de Harry, pour pouvoir discuter avec nous.
Il y eut un long silence.
– Dites-moi que c'est une blague, fit finalement Sirius. Dites-moi que c'est une blague, une vengeance pour toutes les fois où je m'en suis pris à Servilus, un retour de Karma quelconque.
Mais il sembla remarquer les visages sérieux de Dumbledore, d'Harry, et de ses amis, et l'instant d'après ils eurent tous la surprise de voir Sirius Black tomber dans les pommes.
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– Non, fit Voldemort. Aucune chance.
Hermione se retint de lui lancer un sortilège déplaisant à la figure.
– C'est la meilleure équipe que nous pouvons composer, répondit-elle, et tu le sais très bien.
Barty pour les runes, mais cela avait été clair dès le début. Et Augustus Rookwood que Voldemort avait rajouté pour l'arithmancie n'était pas vraiment une surprise non plus pour Hermine, le mangemort avait été un ancien Langue-de-plomb après tout. Mais Voldemort contestait la partie de l'équipe qu'elle proposait elle.
– C'est la pire équipe de bras-cassés qui n'ait jamais existé, fit Voldemort. Il n'y en a qu'un parmi eux qui a fait de la recherche, et c'est le seul dans lequel aucun de nous deux n'avons confiance.
– Ils ont toutes les compétences nécessaires pour faire avancer le sujet, répliqua Hermione.
– Ils seront incapables de travailler ensemble.
– Je me porte garante des noms que j'ai donnés. Mais si tu as mieux, vas-y, proposes.
Voldemort resta silencieux.
– C'est bien ce que je me disais, fit Hermione.
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AN : À la semaine prochaine.
