Bonjour à tous !
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Bonne lecture,
Perhentian
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Chapitre 44 – Septembre – Octobre 1997
– Pourrais-tu éviter de t'étaler sur mon bureau ? demanda Voldemort d'un ton acide.
Hermione l'ignora, préférant relire ses notes. Ce n'était pas comme si c'était vraiment son bureau de toute façon. Voldemort n'utilisait jamais le manoir Riddle en temps normal, et ce n'était même pas la première fois que Hermione s'asseyait sur son bureau, que ce soit ici ou au château Serpentard. Il avait probablement juste envie de partager sa mauvaise humeur…
– Penses-tu qu'il faille remonter jusqu'à la loi d'équilibre magique de Ptolémée dans nos explications ? demanda-t-elle.
– Hermione, si les personnes que tu as choisies ne connaissent pas la loi d'équilibre magique de Ptolémée, je ne vois même pas pourquoi tu as suggéré leur nom !
Quelques coups sur la porte dispensèrent Hermione de répondre. D'un geste, Voldemort ouvrit les portes et Barty Croupton Jr. et Augustus Rookwood entrèrent.
– Ils sont déjà sous serment ? demanda Hermione alors qu'ils s'agenouillaient.
– Oui, répondit Voldemort. Barty, Augustus, relevez-vous.
Les deux mangemorts se relevèrent, et Barty salua Hermione – qui était sous la forme de Hélène – d'un signe de tête.
– Barty, Augustus, vous avez été choisis pour travailler sur un projet absolument crucial, qui concerne non seulement notre cause, mais au-delà de cela toute la population sorcière.
– Un peu mélodramatique non ? fit Hermione à mi-voix.
Voldemort l'ignora.
– Dans ce cadre vous devez savoir que ce projet est une collaboration avec le camp adverse, et que aucune attaque envers les personnes du camp adverse ne sera tolérée.
Cela sembla rendre Barty très curieux, alors que Rookwood restait de marbre. Hermione eut un sourire avant d'annuler ses glamours et sa potion de vieillissement, et descendit du bureau pour se poster juste à côté de Voldemort. Les baguettes des deux mangemorts furent immédiatement dans leur main, mais Voldemort les arrêta d'un geste.
– Afin d'être sûre de dissiper les doutes, moi c'est Hermione Granger, Sang-de-Bourbe et meilleure amie de Harry Potter, ou comme dit plus tôt, la représentante du camp adverse.
– Maître ? demanda Barty d'un ton incertain.
– Vous n'avez pas besoin d'en savoir plus, coupa Voldemort. Hermione vous expliquera ce qu'il faut lorsque les autres arriveront, ce qui ne devrait plus tarder.
Et effectivement, l'instant d'après le bruit caractéristique d'une arrivée de portoloin retentit et cinq personnes supplémentaires apparurent dans le bureau de Voldemort au manoir Riddle. Barty et Rookwood se déplacèrent immédiatement pour se positionner de part et d'autre de Voldemort, en position de combat. Ni Voldemort, ni Hermione ne bougèrent.
En face d'eux Albus Dumbledore paraissait parfaitement calme et détendu, mais Hermione put voir ses yeux analyser la pièce où ils se trouvaient. Derrière lui, Remus Lupin et Neville Londubat avaient sorti leur baguette, sans toutefois la pointer sur qui que ce soit. Severus Rogue semblait ne pas savoir s'il devait rester auprès de Dumbledore, ou rejoindre Voldemort, et son malaise était aisément perceptible. Luna, elle, resta fidèle à elle-même.
– Salut Hermione, fit-elle. Et je vous remercie pour le traité d'Empédocle Lord Voldemort, c'était effectivement très instructif.
Hermione lui rendit son salut, mais Voldemort l'ignora, son regard fixé dans celui de Dumbledore.
– Maintenant que tu as rempli ton rôle de pigeon voyageur tu peux partir Albus, fit-il avec condescendance.
– Je souhaiterais m'assurer de la sécurité des personnes qui sont avec moi Tom, répondit Albus Dumbledore.
Voldemort sembla hésiter un instant à laisser libre cours à sa haine envers Dumbledore, avant de lui faire signe de procéder d'un geste méprisant. Dumbledore fit apparaitre sa baguette et lança quelques sortilèges qui semblèrent lui apporter satisfaction.
– Avez-vous besoin d'aide pour expliquer ? demanda Dumbledore en se tournant vers Hermione.
– Non, pas besoin merci, répondit Hermione.
Voldemort n'eut pas sa patience et activa d'un mouvement de baguette plusieurs protections qui tentèrent d'expulser Dumbledore.
– Pas la peine de te comporter ainsi Tom, je m'en vais, souffla Dumbledore.
L'instant d'après il avait effectivement disparu, et la tension sembla redescendre du côté des mangemorts.
– Tout le monde est là, splendide, commenta Voldemort d'un ton plat. Barty, Rookwood, vous connaissez déjà Severus, et vous allez maintenant avoir le plaisir douteux de rencontrer Remus Lupin, Neville Londubat, et Luna Lovegood.
–Londub… commença Barty avec jubilation.
– Endoloris, lança immédiatement Voldemort.
Barty s'effondra au sol en hurlant de douleur pendant quelques secondes, avant que Voldemort ne lève finalement son sortilège.
– La moindre remarque qui n'a rien à voir avec la raison pour laquelle nous sommes ici sera accueillie de la même manière, fit Voldemort d'une voix froide.
– Excusez-moi maître, s'empressa de dire Barty.
Voldemort l'ignora.
– Si vous êtes tous les six ici, c'est que le vieux fou, Potter et sa clique ou moi-même avons demandé votre présence. L'objectif est de travailler sur la finalisation d'un rituel dont Hermione et moi avons déjà déterminé les bases, mais dont nous n'avons plus le temps de nous occuper maintenant pour des raisons qui ne vous concernent pas. Je doute que vous ailliez déjà travaillé sur quoi que ce soit d'aussi complexe, et cela vous demandera surement un investissement important. Vous pouvez vous réunir ici quand vous le souhaitez. Les seuls personnes pouvant venir ici sont dans cette pièce, à l'exception du vieux fou, et des amis roux de Potter.
– Ils ont des noms tu sais, fit Hermione tout en notant qu'il n'avait pas mentionné Harry lui-même.
Barty et Rookwood émirent un son étranglé et la regardèrent comme si elle était folle. Remus Lupin fit un pas protecteur vers elle, avant de jeter un coup d'œil vers Neville et Luna et de finalement sagement décider de rester plutôt proche des deux adolescents qui n'étaient pas vraiment à l'aise.
– Je sais Hermione, je n'en ai juste rien à faire, répliqua Voldemort en levant les yeux au ciel.
Puis son attention se reporta sur le groupe devant lui.
– J'ose espérer que vous arriverez à travailler sans conflit, vous n'aimerez pas les conséquences dans le cas contraire. Lupin sera en charge de la coordination, et ce n'est pas discutable. Hermione vous expliquera le reste et sera en charge de vous guider, moi j'ai mieux à faire.
Et sur ces mots Voldemort lança un dernier regard dédaigneux à l'assemblée, avant de transplaner.
– Charmant, commenta Harry en sortant de dessous sa cape d'invisibilité.
Cela fit sursauter l'intégralité de l'assemblée à l'exception de Hermione – qui se doutait qu'il était là depuis que Voldemort n'avait pas mentionné son nom dans la liste des personnes ayant accès –, et de Severus Rogue qui n'était plus à cela près.
– Il était de plutôt bonne humeur comparé à hier soir, commenta Hermione. J'ai mis deux heures à le convaincre qu'inclure le professeur Rogue était une bonne idée.
– Hermione, Harry, est-ce que vous pourriez nous indiquer ce que Vous-Savez-Qui et vous attendez de nous ? demanda Remus légèrement tendue.
Hermione détailla du regard les occupants de la pièce. Barty qui semblait intrigué. Rookwood qui était sur ses gardes. Rogue qui ne laissait rien transparaitre. Remus qui était visiblement crispé. Neville qui semblait ne pas se remettre d'avoir été face à Voldemort. Et Luna qui lançait des regards noirs à Barty, surement à cause de la remarque qu'il avait failli faire sur Neville.
– Tu devrais y aller Harry, fit Hermione. Ron et Ginny doivent t'attendre pour préparer cet après-midi.
– Hum, répondit Harry. Mais c'est vraiment parce que Ron et Ginny m'attendent. J'aimerais bien savoir comment il a fait l'autre pour savoir que j'étais là alors que j'utilisais la cape…
Hermione haussa les épaules. Voldemort pouvait tout aussi bien avoir deviné que le complexe du héros de Harry le pousserait à s'assurer que la rencontre initiale se passerait bien, tout simplement.
– Remus, Luna, Neville, salua Harry.
Puis il disparut à son tour.
– Bon, reprit Hermione. C'est simple. Je vais vous fournir les notes que Voldemort et moi avons préparées sur le rituel. Vous devriez rapidement vous rendre compte que le rituel actuel n'est pas stable. Vous avez été conjointement choisis pour vos compétences dans vos domaines de prédilection respectifs. Barty, les runes. Rookwood, les équations d'arithmancie. Neville et Luna, l'inclusion du Ronflak est actuellement fonctionnelle, mais dès que Barty ou Rookwood vont modifier quoi que ce soit, il vous faudra ajuster cette partie-là. Professeur Rogue, il faudrait regarder la possibilité d'utiliser des potions pour augmenter la puissance de ceux qui vont réaliser le rituel. Remus, vous êtes en charge de faire en sorte que tout le monde travaille dans le bon sens. Je suis joignable sans souci par un Patronus si vous avez des questions sur les notes.
– Je ne vois pas comment une sang-de-bourbe pourrait répondre à nos questions, fit Rookwood. Attends, tu es sortie de Poudlard au moins gamine ?
– Si cela ne vous plait pas, vous pouvez toujours déranger Voldemort, répondit Hermione. Il sera ravi j'en suis sure.
Cela sembla calmer le mangemort.
– Quel est le but de ces recherches mademoiselle Granger ? À quoi jouez-vous ? demanda alors Severus Rogue d'un ton méprisant.
Hermione se tourna lentement vers lui, jusqu'à fixer son regard dans le sien.
– Le but du rituel est de stabiliser une source de magie qui présente des signes d'instabilité, répondit-elle. Si cette instabilité n'est pas corrigée, cette source entrainera un véritable cataclysme et la mort de la majorité de la population dans une cinquantaine d'années.
Elle ne laissa à personne le temps de commenter, sortant de son sac de multiples parchemins qu'elle étala sur le bureau.
– Nos notes, fit-elle succinctement. Elles sont numérotées et elles référencent leurs sources. Les livres cités sont dans la bibliothèque, là. Des questions d'ordre général ? Vous devriez trouver le reste dans les notes.
– Dans combien de temps ces recherches doivent-elles être finalisées ? demanda Remus.
– Nous visons l'été prochain.
Severus rogue eut une expression de dédain, amenant un sourire moqueur sur le visage de Hermione. Lorsqu'ils allaient commencer à lire les notes, ils allaient vite se rendre compte que l'objectif était plus qu'optimiste.
– Est-ce que le rituel doit être prêt à être exécuté à ce moment-là ? demanda Neville d'un ton incertain.
Barty lui jeta un regard moqueur qui fit légèrement rougir Neville.
– Précise ta question Neville, demanda Hermione en lui faisant un sourire.
Elle trouvait incroyable que Neville et Luna soient venus, sachant très bien où ils seraient, et avec qui ils travailleraient.
– De ce dont nous avons déjà parlé, il me semble que vous souhaitez utiliser les propriétés d'exhausteur de magie de certaines plantes. Or certaines d'entre elles sont très rares, et demandent des mois pour parvenir à maturité.
– Nous nous occuperons de cela après avoir finalisé le rituel, répondit Hermione, ou du moins lorsque celui-ci sera suffisamment avancé pour que nous soyons certains de ce dont nous avons besoin. Je doute que Voldemort apprécie que nous transformions les jardins de ce manoir en serres sans raison.
Cela fit tressaillir légèrement Neville et Hermione lui fit un geste de la main rassurant.
– D'autres questions ? demanda Hermione.
– Oui, pourquoi est-ce que c'est toi qui donne des ordres ici gamine ? demanda Rookwood.
Hermione lui lança un regard atterré. Pourquoi est-ce que les gens ne voyaient généralement pas plus loin que le bout de leur nez ?
– N'as-tu pas entendu le maître Rookwood ? intervint Barty.
– Laisse Barty, fit Hermione d'une voix froide.
Voldemort l'avait prévenue que Rookwood allait contester son autorité, refusant de faire le lien entre Hélène et elle, refusant de reconnaitre que Hermione Granger était l'une des personnes les plus dangereuses sur cette planète. Et elle savait exactement ce qu'il fallait qu'elle fasse pour que cela ne se reproduise pas.
L'instant d'après elle transplanait, se retrouvant juste devant Rookwood et pointant sa baguette en bois de vigne dans son cou. Rookwood ne perdit pas son air supérieur pour autant.
– Tu penses que tu es si intelligent Augustus, fit Hermione avec une lenteur délibérée. Tu penses que tu sais tout mieux que tout le monde, que ton talent en arithmancie fait de toi quelqu'un d'indispensable, n'est-ce pas ? Que tu es meilleur que les autres, meilleur que moi ?
– Evidement, répondit Rookwood.
Du coin de l'œil, Hermione vit Remus, Neville et Luna sortir leur baguette, Rogue afficher un rictus dédaigneux dont elle ne savait pas vraiment s'il était destiné à elle ou à Rookwood, et Barty regarder ce qui se passait avec grand intérêt.
– Dans ce cas dis-moi Augustus, comment as-tu pu ne pas remarquer que depuis le début cette pièce fait partie d'une équation de Firgis ?
Hermione vit passer un flash d'inquiétude dans les yeux de son vis-à-vis, et un sourire carnassier apparut sur son visage. Hermione s'approcha encore plus de lui, jusqu'à pouvoir parler dans son oreille.
– J'éviterais de me contrarier à ta place Augustus. Je n'ai pas pour habitude de torturer les gens comme le fait ce cher Voldemort, mais je suis capable de ruiner des vies sans cela. Et tu n'aimerais pas que je révèle à Voldemort ton petit secret n'est-ce pas ? Tu n'aimerais pas qu'il sache que tu fantasme sur sa nouvelle apparence…
– Co… Comment ? Balbutia Rookwood.
Hermione lui fit un sourire énigmatique avant de se reculer. En réalité, Voldemort était parfaitement au courant des fantasmes de Rookwood, puisque c'était lui qui les avait révélés à Hermione. Mais Rookwood était persuadé que ses barrières d'occlumencie étaient à toute épreuve, et que Voldemort ne savait rien de cela.
– Il parait que tu es effectivement l'un des meilleurs en arithmancie Augustus, mais si tu n'es pas capable de travailler avec les autres, soit assuré que Lord Voldemort te montrera à quel point tu es loin d'être aussi indispensable que tu le crois, ajouta Hermione à voix haute. Est-ce que cela réponds à ta question Augustus ?
Le mangemort se contenta de lui lancer un regard noir. Hermione ne poussa pas plus, sachant très bien que Voldemort se chargerait surement de punir le mangemort pour son écart de conduite. Si le mage noir avait pris la peine d'activer son côté de l'équation de Firgis pour suivre ce qui se passait bien sûr.
– Bien, fit Hermione. Reste-t-il encore des questions ?
Elle parcourut du regard les personnes face à elle. Remus, Neville et Luna d'un côté. Rogue à l'écart de tous, surement en train d'essayer d'analyser tout ce qui se passait. Puis Rookwood qui eut l'intelligence de rester silencieux, et enfin Barty.
– Alors comme ça Hélène c'est toi ? demanda-t-il. Depuis le début ?
– Effectivement, répondit Hermione. Cela pose problème ?
Son ton s'était fait froid à la fin, et Barty leva les bras en signe de dénégation.
– Non, pas du tout. Pas du tout.
Et en disant cela, il s'inclina légèrement devant elle en signe de respect, ce qui fit froncer les sourcils de Hermione. Mais elle ne répondit rien, préférant encore cela à une quelconque hostilité.
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– Voldemort n'est pas encore là ? demanda Harry dès qu'il arriva avec Ginny et Ron.
Hermione releva les yeux du livre qu'elle lisait tranquillement dans le bureau de Voldemort au château de Serpentard.
– Il arrive d'ici dix minutes, répondit-elle. Soi-disant il avait besoin de discuter avec Lucius avant que nous commencions.
– Il va surement s'assurer de pouvoir négocier avec nous aussi longtemps qu'il le souhaite sans être dérangé par ses affaires courantes, fit Ron. Et j'imagine que cela doit lui faire plaisir de nous faire poiroter…
– L'enfoiré, grommela Ginny.
Hermione savait que son amie rousse maudissait régulièrement Merlin et tous les dieux sorciers pour avoir fait en sorte qu'ils aient besoin de Voldemort encore et toujours.
– Comment ça s'est passé ce matin ? demanda Harry.
– Relativement bien, répondit Hermione. Ils ne devraient pas s'entre-tuer. Reste à savoir s'ils vont être capables de travailler ensemble. Je n'ai pas trop de doutes sur la bonne volonté de Remus, Neville, Luna et Barty. Rogue et Rookwood posent question.
– Rogue n'est pas stupide, fit Harry. Il va rapidement comprendre que ce projet est peut-être sa seule chance de sortir vivant du conflit entre Dumbledore et Voldemort. Pour Rookwood, je ne sais pas par contre, mais il n'a pas intérêt à toucher à un seul cheveu de Luna ou Neville.
– Il n'osera pas, répondit Hermione avec un sourire satisfait.
La peur dans ses yeux lorsqu'elle s'était adressée à lui après leur échange en était une preuve suffisante. Ainsi que ses vaines tentatives de tenter de briser l'équation de Firgis. Peut-être qu'à l'avenir cela lui apprendrait à moins être un abruti imbu de lui-même.
– Il n'y a pas eu de tension entre Barty et Neville ? demanda Ginny d'un ton soucieux.
– Voldemort a annulé toute velléité de la part de Barty de faire une quelconque remarque sur le sujet, répondit Hermione. Et vous, la matinée s'est bien passée ?
– Autant que possible, répondit Ron.
– Et Sirius, tu as des nouvelles Harry ? demanda Hermione.
Harry haussa les épaules avec fatalisme et Hermione soupira. Si ni Remus Lupin, ni Sirius Black n'avaient apprécié les révélations que le quatuor et Dumbledore leur avait faites la semaine dernière, Remus Lupin avait au moins tenté de rester calme. Sirius lui, s'était mis au bout d'un moment à hurler sur le fait que c'était un outrage de s'allier avec Voldemort d'une quelconque façon que ce soit, et de rappeler que Voldemort était le meurtrier des parents de Harry, et de bien d'autres personnes.
Remus avait fini par le calmer, par le forcer à voir au-delà de sa colère, de son ressentiment. Et Sirius avait alors fini par tout simplement se renfermer sur lui-même.
– Tu devrais passer le voir, tenter de parler avec lui, fit Ginny.
– Je ferai cela notre prochaine soirée de libre, répondit Harry. Je ne sais pas s'il sera enclin à me pardonner les décisions que j'ai prises dans cette vie par contre…
Hermione eut un sourire triste. Harry était le centre de la vie de Sirius, mais elle ne savait pas si celui-ci pourrait passer outre la mort de Lily et James.
Puis l'air autour d'eux sembla devenir électrique, et Voldemort transplana sans un bruit dans son bureau, une expression renfrognée sur le visage.
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– Non, c'est hors de question que les mangemorts restent en liberté ! s'exclama Harry.
Voldemort se contenta de lever un sourcil devant son éclat. C'était le milieu du mois d'octobre, et le cinquième week-end que le quatuor passait au château de Salazar Serpentard. Et pour le moment leurs discussions n'avaient été qu'un concentré de mauvaise volonté. Des deux côtés.
Ils ne parvenaient même pas à se mettre d'accord sur les choses les plus basiques, leurs échanges dégénérant trop rapidement vers des débats autour de détails plus ou moins significatifs. Il fallait dire que Voldemort prenait un malin plaisir à faire sortir de ses gonds Harry.
– Non, non, non, reprit Harry. Je veux bien accepter qu'il prenne le pouvoir, mais rien ne me fera accepter que Bellatrix Lestrange et Peter Pettigrow restent en liberté !
– Si ce n'est que Bellatrix et Queudver… fit Voldemort avec indifférence.
Et pour la première fois de sa vie Hermione éprouva une sorte de pitié pour Bellatrix Lestrange. La sorcière avait donné tout ce qu'elle avait pour Lord Voldemort, sacrifié sa liberté pour lui, et Voldemort était prêt à la sacrifier elle sans le moindre remord. Quant à Pettigrow, c'était plutôt l'inverse : Hermione ne savait pas s'il y avait un seul jour ou l'homme ne lui avait pas fait pitié.
– Il n'y a pas que Bellatrix et Croûtard, fit Ginny. Tous vos mangemorts ont commis des crimes, ils n'étaient pas simplement en prison pour opposition politique !
– Parce que les membres de l'Ordre du Phénix n'ont jamais tué personne peut-être ? répondit Voldemort avec condescendance. Ah… Mais bien sûr… C'est votre côté, et dans ce cas il y a toujours une bonne excuse pour justifier leurs actions. Alors que mes mangemorts sont toujours coupables…
– Ce n'est pas pareil ! s'écria Harry. Tes mangemorts…
– Sont tous des criminels assoiffés de sang ? le coupa Voldemort d'un ton hautain. Comme c'est facile de croire cela… Mais puisque nous ne sommes pas et ne serons pas d'accord sur ce point, pourquoi ne pas régler cela à l'ancienne ? Chacun de mes mangemorts affronte l'un des membres du stupide Ordre de Dumbledore et le gagnant a le droit de rester libre. S'il est encore vivant.
Hermione empêcha Harry de répliquer, ne voulant pas que la discussion dégénère encore plus.
– À supposer que vos mangemorts restent en liberté, comment voulez-vous justifier que le ministère arrête de les pourchasser ? demanda Ron. Cela rendra la population furieuse !
Il était plus ou moins acquis que Lord Voldemort, le mage noir ayant terrorisé la population sorcière, devrait d'une façon ou d'une autre disparaitre, et que Voldemort règnerait de près ou de loin sous un autre nom. Marvolo Serpentard, ou n'importe quel autre persona, surement en lien avec David Morrello puisque Voldemort s'affairait à de plus en plus faire briller celui-ci. David Morrello avait notamment gagné les championnats internationaux de duels récemment, comme Hermione l'avait prédit durant le printemps.
Ceux qui savaient un minimum de choses sur Voldemort feraient bien sûr le lien à cause de son apparence, mais ceux-ci seraient de toute façon soit du côté de Voldemort, soit du côté du quatuor et de Dumbledore.
Hermione et Harry avaient tenté de pousser Voldemort à ce que Dumbledore participe à toutes les négociations, mais Voldemort avait refusé tout net. Du coup le quatuor était en charge de parvenir à un premier accord avec Voldemort, que le quatuor partagerait ensuite avec Dumbledore.
– Il suffira de dire qu'ils ont été contrôlés par un charme de compulsion mis en place par Lord Voldemort qui les empêchait de réfléchir par eux-mêmes, fit Voldemort d'un ton suave. Quelque chose de bien plus sournois que l'Imperium. Après tout, tout le monde n'a-t-il pas le droit à une deuxième chance ?
– Et leurs victimes, elles ont eu le droit à une deuxième chance peut-être ? répondit Hermione avec acidité.
Voldemort fit un geste de la main signifiant clairement que les victimes passées n'avaient guère d'importance, et Hermione eut soudainement envie d'envoyer au diable les sources de magie et de se débarrasser de Voldemort. De préférence définitivement.
– Non, intervint Harry. C'est non. Ce serait bien trop facile pour eux. Mais peut-être que s'ils acceptaient de consacrer leur vie à faire des recherches contre les dégâts de leurs sortilèges…
– Tu veux que Bellatrix Lestrange fasse des recherches sur les parents de Neville ? s'étrangla Ron. Ce sera encore pire pour lui !
Harry fit une grimace.
– Oubliez ce que je viens de dire… grommela Harry.
– Peut-être que vous pourriez revenir lorsque vous aurez enfin pris une décision entre vous, non ? Au lieu de me faire perdre mon temps ? intervint Voldemort.
– Ce n'est pas comme si vous aviez quoi que ce soit de plus important à faire, répondit Ginny. Votre survie dépend de cet accord.
Hermione poussa un profond soupir lorsque Voldemort envoya un maléfice de lacération à Ginny, que celle-ci évita de justesse avant de lancer un chauve-furie en retour.
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– Sirius, fit Harry d'une voix lasse.
Sirius Black ne releva même pas la tête du verre de whisky Pur-Feu qu'il était en train de contempler dans la cuisine du square Grimmaurd.
– Sirius, répéta Harry d'une voix plus forte.
– Cela fait 16 ans aujourd'hui, répondit Sirius d'une voix brisée.
– Je sais, répondit Harry avec une pointe d'amertume.
Ce vendredi 31 octobre cela faisait seize ans jour pour jour que ses parents étaient morts, et qu'il avait eu une deuxième fois le malheur d'assister à leur mort. Sans ne pouvoir rien faire. Et Harry s'était dit après que ses cours du vendredi soient terminés que ce serait une bonne idée de vérifier que Sirius allait bien. Remus l'avait accueilli lorsqu'il était arrivé au Square, et avait désigné d'un geste la cuisine, les laissant ensuite seuls tous les deux.
– Pourquoi ? demanda Sirius d'un ton plaintif. Pourquoi Harry ?
C'était la première fois que Sirius ne se contentait pas simplement de lui lancer un regard blessé avant de le fuir.
– Parce que je n'ai pas le choix Sirius, répondit Harry. Parce qu'il n'y a pas d'autre choix.
– Mais c'est Voldemort Harry ! Le monstre qui a tué tes parents, et qui a voulu te tuer toi ! Le monstre qui a causé la mort d'une bonne partie de ma famille, l'originelle et celle d'adoption. Comment peux-tu lui pardonner cela ?
– Je ne lui pardonne rien Sirius. Mais je préfère m'allier avec Voldemort pour sauver la population sorcière plutôt que de laisser tout le monde mourir dans une quarantaine d'années pour satisfaire mon envie de vengeance.
Sirius Black envoya valser son verre de whisky Pur Feu sur l'un des murs, avant de produire un son qui ressemblait étrangement au gémissement d'un chien blessé.
– J'étais prêt à mourir pour toi Harry, reprit Sirius. Mourir pour te protéger de lui…
– Je suis bien placé pour le savoir, fit Harry.
– … Mais je ne sais pas si je suis prêt à suivre Voldemort pour toi. Attends… quoi ?
Il semblait avoir finalement entendu la réponse de Harry.
– Je sais que tu aurais donné ta vie pour moi Sirius, parce que tu l'as déjà fait.
– Dans cette première vie dont vous avez parlé c'est cela ? Je suis… je suis mort pour toi ?
– Pour me protéger, moi et mes amis. Pour empêcher Voldemort de récupérer la prophétie me concernant. Tu es mort lorsque j'avais quinze ans.
Sirius se figea complétement sous le choc, se rendant surement compte qu'il aurait déjà dû être mort. D'un mouvement de baguette, Harry fit apparaitre un nouveau verre de whisky Pur Feu devant son parrain, et s'en servit aussi un au passage.
– Qui m'a tué ? demanda finalement Sirius. Voldemort ?
– Bellatrix, répondit Harry.
– Non, sérieusement ? C'est cette garce de Bella qui m'a eu ?
Il semblait outragé.
– Cela a dû lui faire bien plus plaisir qu'elle ne le méritait, grommela Sirius. Je suis sûr que c'est aussi elle qui a dû tuer Reggie, toujours à vouloir prouver qu'elle était la meilleure…
– Ce sont des inferi qui ont tué Regulus, fit Harry.
– Quoi ?
Le regard de Sirius s'était fixé sur lui, et Harry put lire dans ses yeux un véritable maelstrom d'émotions.
– Regulus est mort parce qu'il a trahit Voldemort, sans même que celui-ci ne le sache.
Et Harry raconta ce qu'il savait de la vie et de la mort de Regulus. Et ensuite les Horcruxes, et tout ce que lui, Hermione et Ron avaient vécu. Et leur vie ensuite. Son mariage avec Ginny. James Sirius, Albus Severus et Lily Luna. Les belles années, celles avant que la menace de la source ne se précise. Et puis Remus et Tonks aussi, quoique leur vie ensemble ait été brève, et Teddy Lupin.
– Et dans cette vie, vous avez détruit tous les Horcruxes ? demanda Sirius.
Harry aurait largement préféré qu'il pose une autre question. Une moins dangereuse.
– Pas tous non, répondit Harry. Nous avons récolté et détruit le journal, la bague, le médaillon, la coupe et le diadème. Tous les Horcruxes qui existaient en 1994 lorsque Voldemort est revenu, sauf moi.
– Tu es encore son Horcruxe ? s'exclama Sirius. Mais pourquoi ?
– Parce qu'il est impossible de l'enlever sans me tuer, et que Ginny, Ron et Hermione m'ont toujours empêché de faire cela, répondit Harry.
– Et ils ont bien raison ! fit Sirius avec véhémence.
C'était presque comique venant de la part de quelqu'un qui venait d'affirmer qu'il était prêt à mourir pour les autres, mais cela fit vraiment chaud au cœur de Harry.
– Mais pourquoi ne pas utiliser la méthode de la dernière fois ? demanda Sirius. Laisser Voldemort te tuer une fois ?
– C'était impossible à partir du moment où Voldemort a appris que j'étais son Horcruxe.
– Il sait ?
– Il sait. Et il a découvert il y a quelques années que nous avions détruit les autres aussi. Hermione pense qu'il a trois Horcruxes aujourd'hui. Moi, Nagini, et un troisième que nous ne connaissons pas. Dumbledore cherche probablement ce troisième Horcruxe, mais sans succès pour le moment, et Hermione et Ginny essayent toujours de trouver un moyen d'enlever mon Horcruxe sans me tuer, mais j'ai peu d'espoir.
Sirius sembla se replonger quelques instants dans la contemplation de son verre de whisky Pur Feu.
– Molly et Arthur sont au courant pour vous ? demanda-t-il. Ou au moins pour Ginny et Ron ?
– Non, répondit Harry. En plus de Remus et toi seuls Voldemort, Dumbledore, Neville et Luna savent. Et nous ne comptons pas vraiment le dire à plus de monde. Pas si ce n'est pas absolument nécessaire.
– Je ne sais pas quoi penser Harry, fit Sirius après quelques instants de silence. Je sais que tu es quelqu'un de bien, quelqu'un d'exceptionnel même, et je sais que vous avez vos raisons. Mais Voldemort… c'est tout ce à quoi je m'opposais dans ma jeunesse.
– Tu as le droit de ne pas nous soutenir Sirius.
Sirius releva vivement la tête.
– Ne dit pas n'importe quoi Harry ! Je te soutiendrai quoi que tu fasses, toujours ! s'exclama-t-il avec force. Tu es tout ce qui me reste avec Lunard, et Lunard est déjà en train de travailler pour vous de toute façon… mais je ne sais juste pas si je serai capable de ne pas tenter de le tuer si jamais je venais à le croiser.
– Attends au moins que nous ayons réglé notre problème avec la source.
Sirius lui fit un sourire qui se voulait espiègle, mais qui était en réalité plutôt triste.
– Je peux peut-être faire un effort si tu promets de nommer une fois de plus l'un de tes enfants après moi.
– Pourquoi pas, répondit Harry. Il y a un certain charme à avoir un Sirius Severus Potter cette fois-ci.
Sirius se décomposa alors que Harry éclatait de rire, avant de rassurer son parrain. Aucune chance qu'il renomme l'un de ses enfants Severus, il ne fallait pas pousser non plus.
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AN : À la semaine prochaine.
