Bonjour à tous !

Désolée pour ce (léger) retard.

J'espère que vous allez tous bien malgré la situation actuelle, et que ce chapitre vous apportera un peu de divertissement.

Bonne lecture,

Perhentian

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Chapitre 45 – Novembre 1997 –Avril 1998

– Très bien, très bien, fit Harry. Le fait que je promette de ne pas rendre les reliques à la Mort pour te tuer est clair. Le fait que tu nous aides à finaliser le rituel et y participe est plutôt clair. Mais notre collaboration politique reste très très floue.

– Collaboration politique, répéta Voldemort pince-sans-rire.

Mais il n'y eut pas de lancement de sorts, ni de remarques désagréables purement gratuites. Après trois mois de débats houleux, il semblerait que Voldemort, tout comme eux, se soit finalement fatigué de fonctionner uniquement par mauvaise foi. Et ils commençaient enfin à tracer les grandes lignes de leur accord.

– Tu vois bien ce que je veux dire, pointa Harry.

– Peut-être, concéda Voldemort. Mais avant d'aller plus loin, il me semble qu'il serait temps que tu me prouves que tu es bien le Maître de la Mort Potter. Je n'ai après tout que votre parole pour le moment…

Hermione releva la tête du compte rendu de l'équipe de recherche qu'elle était en train de lire.

– Tu veux que Harry invoque la Mort ? demanda-t-elle avec étonnement.

– Je refuse de bâtir un accord sur des bases qui je n'ai pas parfaitement vérifiées, répondit Voldemort.

Ainsi il n'était pas parvenu à invoquer la Mort lui-même, ce que Hermione ne doutait pas qu'il avait dû essayer de faire depuis l'hiver dernier.

– Ce qui fait sens, accorda Ron. Harry ?

– Très bien.

Harry traça soigneusement plusieurs cercles de runes sur le sol avec une expertise qui dénotait son expérience, alors que Voldemort regardait avec un intérêt voilé d'une légère inquiétude le processus.

– Tu lui parles toujours régulièrement ? demanda Hermione à Harry.

– Un à deux fois par mois, répondit Ginny à la place de Harry. N'essayez pas de comprendre... Paraît qu'elle peut se montrer sympa quand elle le souhaite…

Harry leva distinctement les yeux au ciel, avant d'annoncer qu'il était prêt.

– C'est si simple que cela ? commenta Voldemort en désignant les cercles de runes.

Hermione retint un reniflement de dédain. Simple. Harry avait peut-être l'habitude de tracer les cercles, mais ceux-ci étaient d'une architecture ésotérique qu'il n'était pas du tout simple ni de comprendre, ni d'utiliser…

– Il faut être en possession des reliques pour que cela marche, précisa Harry.

Qu'il avait bien sur toujours sur lui, toutes soigneusement cachées à l'exception de la baguette de sureau, quoiqu'il utilise celle-ci rarement.

– Evidement, répondit Voldemort avec hauteur. Mais tout de même, cela semble relativement simpliste… à moins que les reliques ne soient soumissent à la loi d'équilibre magique de Ptolémée ?

– C'est bien le cas selon la Mort, confirma Harry. Mais attention, c'est un sujet sensible.

Puis il leva sa baguette et Voldemort recula de plusieurs pas, sa baguette d'if fermement serrée dans sa main. Notant la rigidité du mage noir, Hermione se demanda finalement si elle ne s'était pas trompée dans ses déductions. Si la raison pour laquelle Voldemort leur avait demandé d'invoquer la Mort n'était pas un quelconque échec de son côté, mais plutôt qu'il n'avait jamais pu se résoudre à invoquer la Mort en étant seul face à elle.

Les cercles de runes s'activèrent un à un, et l'atmosphère devint soudainement oppressante. La lumière diminua, et la température se fit presque glaciale, alors qu'un immense squelette, vêtu d'une cape semblable à celle des détraqueurs, et portant une faux qui paraissait particulièrement aiguisée, apparaissait en plein milieu de la pièce.

– Tom Marvolo Riddle, fit-elle d'une voix d'outre-tombe lacée de menaces alors qu'elle se tournait vers le mage noir.

Voldemort ne bougea pas, fixant son regard dans celui de la Mort sans ciller.

– Hello Mort, intervint Harry. Sympa le show. Je te mets 8 sur 10.

– 8 sur 10 ? s'indigna la Mort en se tournant brusquement vers Harry.

– Il manquait un peu de brouillard non ? répondit Harry. Ou des ossements sur le sol…

– Tu as vraiment mauvais gout Potter, répondit la Mort d'un ton blasé.

Et elle se changea ensuite dans la forme qu'elle avait abordée les dernières fois que Hermione l'avait vue, celle d'une jeune femme aux longs cheveux noirs avec des yeux qui glaçaient le sang.

– Bon, tu m'expliques ce que je fais là du coup Potter ? demanda la Mort.

Elle s'affala au passage dans l'un des fauteuils du bureau de Voldemort, sous le regard étonné de celui-ci devant le manque fragrant de décorum.

– Tu veux une tasse de thé ? proposa Harry.

– Pu'er si tu veux bien.

– Mais bien sûr, répondit Harry en la servant d'un mouvement de baguette. Et tu sais très bien pourquoi je t'ai fait venir, pour prouver ton existence à Voldemort.

– Moi qui avais tout de même l'espoir que tu m'aies fait venir pour ma charmante compagnie, fit la Mort d'un ton dramatique.

Hermione nota soudain que le regard de Voldemort se dirigeait un instant en-dehors de son bureau, comme si une de ses alarmes venait de se déclencher.

– Ta charmante compagnie ? s'exclama Harry. Quelle arrogance ! Quoique, si tu ne t'envoyais pas des fleurs toute seule, personne ne t'en enverrait, donc tu as peut-être raison de tenter le coup…

Voldemort leva les yeux au ciel et sembla se retenir de pousser un soupir exaspéré.

– Je commence à comprendre pourquoi Potter s'entends aussi bien avec elle, fit-il à Hermione.

Hermione ne put empêcher un sourire de fleurir sur ses lèvres. Si Voldemort avait cru que la Mort était une entité solennelle, il avait été bien loin de la réalité.

– C'est quoi ça, intervint Ron, vous avez décidé de monter un spectacle comique ou quoi ? Si c'est le cas, sachez que je n'investirai pas.

– Hey ! s'indigna la Mort. Je suis bien aimablement venue faire acte de présence…

– Comme si tu avais eu le choix, la coupa Harry.

– …auprès de ce cher Voldemort, continua la Mort sans faire attention à Harry. Il a eu toutes les preuves qu'il voulait que j'étais bien la Mort et Harry mon maître – jolies runes je dois admettre –, et maintenant on ne me laisse même pas finir mon thé en paix ? Quel manque d'hospitalité.

Harry lui jeta un regard désabusé.

– Tu restes uniquement parce que tu prends plaisir à casser les pieds de tout le monde ici.

– Aussi, avoua la Mort. Mais ne nie pas, je sais que cela te fait plaisir aussi.

Il y eut un signal annonçant la présence d'une personne devant la porte du bureau, et le regard de Voldemort passa de la porte, à eux, à la Mort, avant de revenir se poser sur la porte, et de la faire s'ouvrir d'un geste de la main agacé. De l'autre côté de tenait un Lucius Malefoy légèrement mal à l'aise qui s'avança de quelques pas avant que l'identité des personnes présentes ne s'imprime dans son cerveau et qu'il ne s'arrête net.

– Oh, fit la Mort en se redressant légèrement dans son fauteuil, c'est lui le patriarche actuel de la famille Malefoy ? Intéressant…

Lucius Malefoy se tourna vers la Mort avec un air de froide fureur sur le visage.

– Je vous demande pardon ? fit-il d'un ton trainant.

– Qu'est-ce qu'il y a de si intéressant ? demanda Harry au même moment avec un intérêt certain.

– Oh, rien de vraiment passionnant, répondit la Mort avec un geste dédaigneux. J'aime simplement bien observer les Malefoy, ils meurent toujours de façon relativement distrayante.

– Mais je ne vous permets pas ! s'insurgea Lucius Malefoy.

La Mort éclata de rire, se laissant retomber dans le fauteuil, sa tasse de thé flottant à portée de main.

– Et puis ils sont toujours si orgueilleux, ajouta-t-elle. Tu m'avais parlé de cette histoire de furet Potter, mais je pense qu'il y a plus de ressemblance avec des chihuahuas enragés en réalité…

L'instant d'après Lucius Malefoy avait sa baguette dans sa main, un sortilège sur le bout des lèvres. Mais Voldemort l'arrêta d'un geste sec, le visage pincé dans une expression mécontente.

– Elle fait généralement tout ce qu'elle peut pour faire regretter à tout le monde de l'avoir invoquée, souffla Hermione à Voldemort.

– Une fois de plus, la similitude avec Potter est troublante, répondit Voldemort avec exaspération.

La Mort laissa échapper un petit rire.

– Maître ? demanda prudemment Lucius Malefoy.

– Il me semble t'avoir demandé de ne pas me déranger durant les week-ends Lucius, alors peut-être pourrais-tu m'expliquer qu'est-ce qui a bien pu te pousser à désobéir à des ordres aussi clairs ?

Lucius jeta un regard incertain aux personnes dans la pièce, avant de se décider à parler.

– Scrimgeour veut faire annuler le bal du ministère, annonça Malefoy. Il va l'annoncer ce soir.

– Et pourquoi donc veut-il faire annuler le bal ? demanda Voldemort d'une voix froide.

– Sous prétexte que le risque est trop important avec votre retour, répondit Malefoy. Il n'avait maintenu celui de l'année dernière que parce qu'il était trop tard pour l'annuler.

Si elle avait été seule avec Voldemort, Hermione était sure qu'il aurait levé les yeux au ciel avant de sortir une tirade sur l'imbécilité du Ministère en général et de Scrimgeour en particulier. Il se contenta cependant de ranger d'un mouvement de baguette les parchemins sur son bureau, avant de se tourner vers Harry.

– Faut-il vraiment que je vienne ? soupira Harry.

– Cela dépends, répondit Voldemort, es-tu prêt à accepter que je mette simplement Scrimgeour sous Imperium Potter ?

– Mais ce stupide bal as-t-il seulement un intérêt ? grommela Harry.

– Tu sais parfaitement que quel que soit l'accord, le soutien du reste de l'Europe sera essentiel à l'établissement de mon règne.

– Ton règne, répéta Harry pince-sans-rire.

Voldemort ne releva pas, et le visage de Harry refléta tout le mécontentement qu'il ressentait à l'idée d'aller passer une partie de son samedi après-midi au Ministère de la Magie, ce qui eut au moins le mérité d'arracher un sourire en coin à Voldemort. Un instant après les deux se transformèrent, et Alistair Jones et David Morrello remplacèrent Harry Potter et Voldemort.

– Atrium ? demanda Harry.

– Atrium, confirma Voldemort.

Et les deux disparurent, laissant dans le bureau de Voldemort, Hermione, Ron, Ginny, la Mort et Lucius Malefoy.

– Je n'aime pas le savoir seul avec lui, fit Ginny avec désapprobation. Vous ne pouviez pas régler ce problème tout seul Malefoy ? N'est-ce pas votre rôle de vous occuper de la politique ?

– Tu sais bien que Scrimgeour suspecte Malefoy de toujours être un mangemort Ginny, répondit Ron avant que Lucius Malefoy ne puisse en placer une. Et sur ce point il n'a pas tort. Alors qu'il n'a rien de tangible contre David Morrello et Alistair Jones.

Si aucun des deux n'avait la position officielle que Lucius avait, ils étaient cependant clairement reconnus comme des leaders d'opinion, surement suffisamment pour que Scrimgeour finisse par leur accorder ce qu'ils voulaient de peur de retourner le Ministère contre lui, plus que ce qu'il ne l'était déjà.

– Bon, puisque que cela semble être la fin de ce joyeux petit rassemblement, je vais aller m'occuper autrement, fit la Mort. Dites à Harry qu'il se relâche un peu trop sur l'attention qu'il m'accorde en ce moment, et dites à Voldie que je l'embrasse.

De nouveau Malefoy leva sa baguette vers elle, mais elle disparut dans un nuage de fumée avant qu'il ne puisse faire quoi que ce soit. Presque à contrecœur, Lucius Malefoy se tourna alors vers Hermione, Ron et Ginny.

– Qui était-ce ? demanda-t-il d'une voix légèrement trainante. Je savais pour vous bien sûr, mais le seigneur des ténèbres ne m'avait pas parlé d'autres personnes…

– La Mort, répondit Ginny.

– Ou en tout cas une matérialisation corporelle de la Mort, précisa Hermione.

Ginny lui lança un regard désabusé auquel Hermione répondit par un haussement d'épaule.

– Le seigneur des ténèbres s'est allié avec la Mort ? fit Lucius Malefoy, son ton mêlé de respect.

– La Mort ne s'allie avec personne, répondit Ron. Elle était simplement là pour répondre à quelques questions. Sur ce, Ginny et moi allons retourner à Poudlard, tu viens avec nous Hermione ?

Hermione secoua la tête.

– Je vais récupérer deux trois livres de Voldemort et passer voir l'équipe de recherche, expliqua-t-elle. Ils avancent bien, mais un peu d'aide ne leur fera pas de mal. Vous devriez partir aussi Monsieur Malefoy.

– Et laisser une sang-de-bourbe dans le bureau du seigneur des ténèbres ? s'indigna Lucius Malefoy. Je ne crois pas non.

Hermione ne put s'empêcher d'imaginer un chihuahua à la place de Lucius Malefoy et maudit la Mort dans sa tête.

– La sang-de-bourbe est présentement celle en charge des protections autour du bureau de Voldemort, répondit-elle. Il m'est excessivement facile de vous faire transplaner de force hors de cet endroit Monsieur Malefoy.

– Vous n'oseriez p… commença Malefoy.

Hermione activa une partie des barrières, et Malefoy disparut dans un pop sonore.

– Oups, commenta Hermione d'un ton vindicatif.

Ron et Ginny éclatèrent de rire.

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Voldemort scanna les environs immédiats pour repérer sa prochaine cible. Il avait déjà discuté avec l'ambassadeur de France, ainsi qu'avec l'ambassadrice de la confédération nordique, les deux principales personnes avec qui il voulait parler ce soir. Maintenant que tous ceux qui comptaient vraiment savaient qui il était – même Dumbledore avait finalement été informé de qui exactement était David Morrello –, il n'avait plus vraiment de raison de se cacher derrière Yaxley et Lucius pour la politique. Enfin, plus vraiment de raison de cacher David Morrello derrière Yaxley et Lucius.

Ses yeux tombèrent sur Rufus Scrimgeour, et il s'en approcha d'un pas élégant.

– Monsieur le Ministère, je n'ai guère eu le temps de vous saluer proprement, fit-il poliment.

Il n'avait plus aucun intérêt à caresser Rufus Scrimgeour dans le sens du poil, et cela faisait d'ailleurs depuis sa promotion au poste de Ministre de la Magie que David Morrello avait clairement affiché ses divergences d'opinions avec lui. Mais il se devait de rester tout ce qu'il y avait de plus poli pour parfaire sa propre image.

– David, lui répondit Scrimgeour d'un ton brusque.

Voldemort se retint de lever les yeux au ciel. Pas étonnant que Scrimgeour n'obtienne pas d'aide des pays alentours. Outre le soin que Voldemort avait apporté à faire en sorte que cela n'arrive pas, Rufus Scrimgeour ne savait guère naviguer dans le nid de serpents qu'étaient les hautes sphères de la politique.

– Il y a-t-il eut la moindre alerte de sécurité ? demanda-t-il d'un ton faussement concerné.

Potter et lui avaient vraiment dû s'y mettre à deux pour réussir à convaincre Scrimgeour de ne pas annuler ce bal, et même s'il ne l'admettrait jamais à haute voix, Voldemort devait avouer que Potter avait été assez utile. Même sous la forme d'Alistair Jones il dégageait cette sorte droiture et de passion pour la justice qui donnait envie de lui faire instinctivement confiance, cet absurde côté Gryffondor qui parlait à certaines personnes.

– Pas pour le moment, répondit Rufus Scrimgeour. Mais les aurors restent sur le qui-vive au cas où Voldemort tente quelque chose.

Voldemort mima une légère grimace à l'entente de son propre nom, ce qui était attendu de la majorité des sorciers. Si Potter était à côté, il était sûr qu'il se serait une fois de plus moqué de lui comme il l'avait fait après leur conversation avec Scrimgeour quelques semaines plus tôt, mais Potter était heureusement présentement de l'autre côté du hall – Voldemort avait pris soin de l'éviter autant que possible ce soir, il le voyait déjà suffisamment sans cela –.

– L'extensivité des mesures de sécurité de ce soir est tout à votre honneur, complimenta Voldemort.

– C'est le moins que je puisse faire, répondit Scrimgeour. Ma principale mission est de protéger mes citoyens, et nos visiteurs.

Voldemort acquiesça et s'apprêtait à répondre lorsque son regard se posa sur quelqu'un qui n'avait rien à faire à ce bal. Plus précisément sur Hélène, discutant tranquillement à quelques pas de là avec le consul russe.

– Ah, si vous voulez bien m'excuser Monsieur le Ministre, fit-il, mais je viens d'apercevoir une connaissance que j'aimerais grandement saluer.

– Mais je vous en prie David.

Scrimgeour s'éloigna d'un pas vif alors que Voldemort se rapprochait de Hermione, arrivant rapidement juste à côté d'elle. Elle le repéra du coin de l'œil et clôtura sa conversation avec le consul russe juste à temps pour lui faire face.

– Qu'est-ce que tu fais là ? demanda Voldemort. Tu n'as certainement pas reçu d'invitation.

Potter il pouvait comprendre, il était le prétendu héros du monde sorcier après tout, mais ni Hermione, ni Hélène – qui n'avait même pas vraiment d'identité – n'avaient rien à faire ici.

– Bien sûr que non, répondit Hermione avec un sourire. J'accompagne quelqu'un qui est lui invité. Quoique j'aurais bien sûr pu m'introduire ici sans invitation du tout.

C'était largement dans ses capacités, Voldemort pouvait lui accorder cela.

– Tu accompagnes Potter ? vérifia-t-il.

– Oui et non, répondit Hermione. J'accompagne Alistair Jones.

Immédiatement le regard de Voldemort se porta au-delà de Hermione, cherchant dans la foule Alistair Jones. En voyant Potter il avait cru que Alistair Jones ne serait pas présent, mais c'était visiblement un raccourci un peu rapide.

– Qui est qui ? demanda-t-il.

– Le vrai Harry est sous l'apparence d'Alistair, et Ron joue le rôle de Harry Potter, répondit Hermione. Ginny est là aussi, c'est elle qui accompagne Harry officiellement. Enfin Ron du coup.

Fantastique, il y avait donc l'intégralité du quatuor au bal du ministère cette année. Ceci dit, vu comment les choses étaient en train de tourner, il avait comme l'impression que ce serait le cas lors de toutes les prochaines éditions. Jusqu'à ce qu'il trouve un moyen de se débarrasser d'eux sans déclencher le rituel de fraternité qu'il allait faire avec Potter. Enfin, peut-être qu'il garderait Hermione. Il pourrait lui trouver une utilité.

– Et pourquoi donc êtes-vous venus autant en force ? demanda Voldemort.

– Parce que tu n'es pas venu en force toi peut-être ? répondit Hermione.

Elle désigna d'un mouvement de tête les mangemorts les plus proches d'eux. Lucius. Yaxley. Nott. Un bref instant Voldemort eut l'image de Lucius sortant trempé de l'une des fontaines du manoir Malefoy après que Hermione l'ait expulsé du château de Serpentard, souvenir qu'il avait récupéré par legilimancie sur le conseil de Hermione, et un sourire furtif étira ses lèvres.

– Quasiment la moitié des personnes dans cette salle prêtent allégeance soit à Voldemort, soit à David Morrello, soit à tes mangemorts, continua Hermione.

– Quasiment la moitié des personnes dans cette salle sont prêtes à suivre soit Dumbledore soit Potter soit Alistair Jones, répondit-il.

Il était intéressant de noter que certaines personnes se retrouvaient dans les deux groupes, ce qui aurait pu poser problème, mais qui finalement allait aussi jouer en sa faveur.

– Le ministère ne va rien voir venir lorsque nous agirons, ajouta-t-il. Cela va être ridiculement facile de prendre le pouvoir…

C'était presque anti-climatique de se dire cela. Tant d'années d'efforts, tant de machinations, pour finalement obtenir le pouvoir via un accord avec le quatuor concernant les sources de magie, et renverser le gouvernement avec plus d'aisance qu'un château de cartes.

– Ce sera surement plus facile que de devoir supporter Harry au jour le jour, fit Hermione avec un sourire en coin.

Cela doucha immédiatement l'enthousiasme que Voldemort ressentait vis-à-vis de sa prise de pouvoir. Il avait beau se démener pour avoir les conditions les plus avantageuses de leur contrat, il n'en restait pas moins qu'il n'aurait pas les pleins pouvoirs comme il l'avait toujours voulu. Il aurait Potter sur le dos pour des années et des années, tant qu'il n'arriverait pas à contourner le rituel de fraternité. Et il savait qu'il n'avait que de très faibles chances de trouver un jour comment faire. Ce qui signifiait devoir collaborer avec Potter, pour l'éternité.

– Vois le bon côté des choses, cela aurait pu être pire, fit Hermione. Cela aurait pu être Dumbledore.

– Cela me coute vraiment de le dire, mais je préfère encore Potter, répondit Voldemort.

Hermione éclata de rire.

– Ah, Monsieur Morrello, fit une voix juste à côté d'eux. J'ai enfin l'occasion de vous saluer.

Voldemort se retourna pour saluer d'un faux sourire le duc d'Almeria, dont le père était actuellement le Ministre de la Magie d'Espagne – un poste qui malgré son titre était généralement transmis de père en fils –. Une famille qui soutenait Voldemort, et qui était ainsi vaguement en contact avec David Morrello, sans pour autant savoir qui il était vraiment.

Voldemort avait comme un mauvais pressentiment. Si le duc d'Almeria était ambitieux, il n'avait cependant pas la finisse politique de son père. Mais il ne pouvait guère lui demander d'aller voir ailleurs sans écorner l'image d'homme poli et aimable en toute circonstance de David Morrello. Retenant un soupir, Voldemort s'écarta légèrement de Hermione pour inclure le duc d'Almeria dans leur cercle.

– Monsieur le duc, permettez-moi de vous présenter Hélène, fit-il. Hélène, le duc d'Almeria.

Hermione le salua avec une certaine réticence qui fit soupçonner à Voldemort qu'elle savait que sa famille le soutenait.

– Un plaisir mademoiselle, répondit le duc avec un mépris évident. Peut-être aurons-nous l'occasion de discuter plus tard ?

C'était un congédiement d'une impolitesse évidente et Voldemort soupira discrètement devant tant de maladresse.

– Quelle merveilleuse suggestion, répondit Hermione. D'ici une centaine d'années serait parfait.

Il y avait quelque chose d'autre, comprit Voldemort. Un passif entre Hermione et le duc d'Almeria, probablement lors de sa première vie. Il lui lança un regard interrogateur, et elle articula silencieusement le mot source. Le duc avait donc dû effectivement réussir à succéder à son père à un moment, et surement bloquer les efforts du quatuor d'une façon ou d'une autre en ce qui concernait la source.

– Ah, ma pauvre, avez-vous la moindre idée de qui vous venez d'insulter ? s'insurgea le duc.

Voldemort vit Hermione retenir un sourire suffisant. Évidemment, c'est facile pour elle d'en avoir rien à faire. Hélène n'existait pas après tout.

– Quelle tristesse que le ministère anglais invite des nés-Moldus au bal maintenant, continua le duc. Venez David, éloignons-nous de cela…

Le duc fit un geste pour tenter d'entrainer Voldemort avec lui, que celui-ci évita adroitement. Quitte à avoir Hermione sous la main, il aurait bien voulu connaître les progrès de l'équipe de recherche. Et puis à choisir, il préférait encore se débarrasser du duc d'Almeria que de Hermione.

– Voyons Monsieur… commença-t-il.

– Oh non David, vous n'allez pas me faire croire que vous soutenez… ça ? Les Morrello ne sont pas une grande famille de sang-purs, mais ce n'est pas une raison pour tomber aussi bas !

Voldemort remarqua immédiatement le silence soudain autour d'eux. Lucius et Nott, ses mangemorts les plus proches, semblaient s'être figés, leur regard inquiet oscillant entre Voldemort et le duc. Comme s'ils se demandaient si Voldemort n'allait pas le tuer sans attendre. Il remarqua aussi l'apparition de Alistair Jones – le vrai Potter donc – dans l'entourage immédiat de Hermione, qui fit un sourire presque carnassier au duc.

– Voyons Monsieur le duc, vous savez pourtant très bien avec qui monsieur Morrello est allié, ne vous rendez pas plus ridicule que cela…

Voldemort laissa un léger sourire apparaitre sur son visage, alors que le duc déversait une série de remarques outrées à Hermione. Ce n'était pas comme s'il avait besoin du duc pour quoi que ce soit de toute façon, son père lui mangeait déjà dans la main.

Puis Hermione haussa les épaules, et fit un mouvement pour s'éloigner, décidant visiblement que cette scène avait assez duré. Mais le duc prouva une fois de plus qu'il n'avait aucune finesse.

– Et qu'est-ce qu'une sang-de-bourbe comme toi en sais ?

De nouveau l'atmosphère se figea, encore plus lourdement que la fois précédente. Le duc sembla finalement remarquer les personnes autour d'eux. Yaxley avait rejoint Lucius et Nott, alors que Alistair Jones venait d'être rejoint par Harry Potter, Ginny Weasley et Sirius Black, conduisant à plusieurs échanges de regards haineux, et une certaine dose d'incompréhension pour Nott et Yaxley qui ne savaient pas que Hélène était Hermione Granger, et se demandaient donc ce que Potter et compagnie faisaient là.

– Hélène, cela ne vaut pas le coup… commença Harry Potter – Ron Weasley donc –.

Hermione sembla hésiter un instant, avant de tourner ostensiblement le dos au duc et de disparaitre dans la foule avec les Weasley et Sirius Black, ne laissant que Alistair Jones parmi leur petit cercle.

– Vous devriez rentrer Monsieur le duc, fit Voldemort. Le vin vous est visiblement monté à la tête.

– Je vais vous raccompagner, fit Yaxley en entrainant le duc loin de Voldemort.

Alistair Jones se pencha alors vers lui.

– Il fait partie d'une liste de personnes que nous ne voulons pas voir accéder au pouvoir, lui fit Potter. Ni toi, ni moi, je peux te l'assurer. Le même genre d'incompétence que Ombrage.

– Est-ce une demande pour qu'il finisse de la même façon que Ombrage ? demanda Voldemort avec une indifférence feinte.

– Si quelque chose lui arrive, je ne suis pas au courant, répondit Potter.

Et pour la première fois, ils échangèrent un sourire de connivence, avant que Voldemort ne s'en rendre compte et ne s'éloigne promptement de Potter.

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Neville était plongé dans un grimoire tellement énorme qu'il semblait peser des tonnes lorsque quelqu'un transplana dans le bureau du manoir Riddle. Malgré le fait qu'il y ait eu un léger bruit de transplanage tous les membres de l'équipe de recherche prirent la peine de relever les yeux pour s'assurer qu'il s'agissait bien de Hermione, et non de Voldemort, avant de se détendre.

Pas que celui-ci vienne souvent, non. Depuis sept mois que l'équipe se réunissait tous les week-ends pour travailler ensemble ils n'avaient vu Voldemort que quatre fois, incluant la première, et ce n'était jamais plus de quelques minutes. Mais il était impossible de ne pas être terrorisé par l'homme. Neville ne savait honnêtement pas comment Harry, Hermione, Ginny et Ron pouvaient passer autant de temps en sa présence sans faire une syncope. Et comment Hermione pouvait avoir une relation avec lui.

– Bonjour à tous, fit Hermione.

– Salut Hermione, répondit Neville au milieu des autres réponses.

– Ah, c'est parfait que vous soyez là mademoiselle Granger, fit Rogue de son habituelle voix doucereuse. Nous arrivons au moment où nous allons avoir besoin de déterminer les personnes réalisant le rituel pour commencer à prendre en compte leurs caractéristiques magiques.

Une expression d'étonnement passa sur le visage de Hermione.

– Vous avez avancé très vite depuis la dernière fois, fit-elle.

– Nous ne sommes pas incompétents malgré ce que tu sembles penser, répondit Rookwood.

C'était la personne avec qui Neville avait le plus de mal. Ce qui était étonnant sachant que cette place aurait dû être chèrement disputée de par la présence du professeur Rogue et de Barty Croupton Jr. Mais Rogue n'était finalement pas pire qu'en cours de potion, et Barty était un compagnon de travail surprenamment efficace et agréable, avec en plus une certaine touche d'humour. Rookwood par contre avait beau être d'une compétence indéniable, il n'en était pas pour autant quelqu'un d'agréable. Apres la scène de Hermione il n'avait pas vraiment posé problème, mais il était juste trop sûr de lui et trop arrogant pour Neville.

– L'objectif est toujours d'avoir un premier cercle de trois insufflant la puissance, et un deuxième cercle de cinq pour la partie vraiment technique du rituel ? demanda Hermione.

– Oui, confirma Remus.

– Alors ce sera Dumbledore, Harry et Voldemort pour le cercle de puissance, commença Hermione.

Neville aurait plutôt pensé que Voldemort se retrouverait dans le cercle technique, mais Hermione n'avait peut-être trouvé personne d'autre de suffisamment puissant pour prendre sa place dans le cercle de puissance.

– Et pour le cercle technique ce sera Barty, Rookwood, Ginny, Luna et moi.

Luna était une véritable surprise pour Neville.

– Hermione, je ne sais pas si… commença Luna.

– Il faudra nous entrainer, la coupa gentiment Hermione. Je sais que tu n'es techniquement pas au niveau, sans vouloir te vexer bien sûr, mais nous avons besoin de pouvoir compter sur ta sensibilité magique pour identifier au plus tôt une quelconque déviation non anticipée du rituel.

Cela ne rassura évidemment pas Luna, et Neville se rapprocha d'elle pour poser une main réconfortante sur son épaule.

– Si Hermione pense que tu peux le faire, c'est que tu peux le faire, souffla-t-il à Luna.

Tout comme elle leur avait fait confiance pour rejoindre cette équipe de recherche malgré leur jeune âge.

– Mais c'est une telle responsabilité Neville, répondit Luna à mi-voix.

– Bah, pas vraiment, répliqua Neville. Il nous reste encore des années pour stabiliser la source, et ce sera autant de possibilités de tenter et retenter le rituel jusqu'à ce qu'il marche.

Les autres avaient commencé à demander à Hermione tout ce qu'elle pouvait donner comme détails sur les participants qui n'étaient pas présents.

– Noms complets ? demandait Rookwood.

– Albus Perceval Wulfric Brian Dumbledore, Harry James Potter, Ginevra Molly Weasley, Lord Voldemort et Hermione Jean Granger.

– Lord Voldemort ? intervint Remus. Ne devrions-nous pas plutôt utiliser son vrai nom pour le rituel ?

– C'est son vrai nom, répondit Hermione. Il l'a changé magiquement il y a des dizaines d'années de cela.

– C'est possible ? demanda Neville avec étonnement.

– Surement pas pour vous, Londubat, lui répondit Rogue alors que Hermione levait les yeux au ciel.

– Age ? intervint Rookwood, recentrant la conversation.

Cela fit hésiter Hermione un instant.

– Age magique au moment du rituel n'est-ce pas ? demanda-t-elle.

– Oui, confirma Rookwood.

– Si nous espérons faire le rituel durant Samhain cette année ce sera 117 pour Dumbledore, 71 pour Voldemort, 77 pour Harry, 76 pour Ginny et 78 pour moi.

Rookwood releva la tête de ses notes, une expression incrédule sur le visage.

– Pardon ? fit-il.

– 77 pour Harry, 76 pour Ginny et 78 pour moi, répéta Hermione avec un léger sourire.

Rookwood resta figé.

– Cela explique bien des choses, fit Barty. Et en rend d'autres un peu moins glauques que ce qu'elles paraissaient.

Hermione se tourna vers lui.

– Un peu moins glauques ? De quoi parles-tu Barty ?

– De la rumeur préférée de Bella, répondit Barty avec ironie, celle qui dit que Hélène est l'amante du seigneur des ténèbres. Est-ce vrai du coup ?

– Voyons Barty, commença Rogue d'une voix trainante, cette rumeur est devenue ridicule à partir du moment où Hélène s'est révélée être Hermione Granger…

Mais Barty n'avait pas quitté des yeux Hermione, qui finit par hausser les épaules avec indifférence.

– Qu'est-ce que cela changerait ? répondit-elle. Je ne serais ni la première, ni la dernière à coucher avec lui.

Rogue émit un bruit étrange, comme s'il s'était étranglé avec sa propre salive, et Remus blanchit visiblement – comme s'il n'avait pas cru que Tom Evans puisse vraiment être le petit ami de Hermione – alors que le sourire de Barty s'agrandissait.

– Oh rien, rien du tout, fit Barty. J'étais simplement persuadé d'avoir perdu mon pari avec Bella, mais il semblerait que je vais pouvoir finalement récolter mes gallions, et avoir le plaisir de la voir enrager sur le sujet.

– À croire que gagner de l'argent sur mon dos est la principale occupation de la moitié de la population sorcière, grommela Hermione.

Barty éclata de rire, alors que Neville se demandait brièvement si le monde n'était pas simplement devenu complètement fou.

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AN : À la semaine prochaine.