Bonjour à tous !
J'espère que vous allez bien.
Et comme toujours, merci pour vos reviews :)
Il reste normalement trois chapitres et un épilogue en plus du chapitre ci-dessous.
Bonne lecture,
Perhentian
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Chapitre 46 – Mai – Juillet 1998
Hermione jeta un regard désabusé au bout de parchemin sur le bureau de Voldemort. Tout ça pour ça. Des mois et des mois de discussions pleines de mauvaise foi, de duels évités de justesse, de négociations houleuses, pour aboutir à ces deux petites phrases.
– C'est presque ridicule, soupira-t-elle.
– Tu peux enlever le presque, répondit Ginny avec humeur.
Ils étaient tous les cinq – Voldemort et le quatuor – dans le bureau de Voldemort ce samedi soir du mois de mai Harry affalé dans un fauteuil avec Ginny juste à côté de lui, Ron regardant distraitement tantôt le verre de whisky Pur Feu qu'il avait à la main, tantôt le feu ronflant dans la cheminée malgré les températures estivales, Voldemort qui réussissait à paraitre comme toujours royal depuis son fauteuil, et Hermione qui se trouvait dans une position à l'équilibre douteux, ne voulant pas se lever du canapé dans lequel elle était assise tout en se penchant vers la table basse entre eux cinq pour relire le parchemin.
Lord Voldemort s'engage à assister Harry James Potter à stabiliser le flux magique de la source de magie du pays de Galles, à hauteur de ce qu'il estime être nécessaire pour éviter que cette magie devienne irréversiblement instable.
Harry James Potter s'engage à ne pas utiliser ses capacités de Maître de la Mort pour attenter à la vie de Lord Voldemort.
Ils avaient fini par enlever tout le reste. Tous les autres points, qu'ils soient cruciaux comme ce qu'il allait advenir des mangemorts, ou de simples détails, comme le fait que Ron réclamait le retour de sa carte de Chocogrenouille. Parce que le rituel de fraternité était trop contraignant pour essayer d'y faire rentrer des clauses trop complexes, et que ni Harry, ni Voldemort ne voulaient d'un rituel plus astreignant que nécessaire.
Ils avaient discuté tous les autres points ceci-dit, et ils avaient un accord. Cependant la mise en place de cet accord ne serait pas soumise au rituel, mais à leur bonne volonté d'un côté comme de l'autre, une simple entente tacite comme cela avait été le cas ces dernières années. Accepter cela avait été compliqué, parce que si personne ne voulait d'un rituel contraignant pour soi-même, chacun voulait un rituel contraignant pour l'autre. Mais ils avaient fini par convenir que c'était la seule solution viable.
– Quand informons-nous Dumbledore ? demanda Ron.
– Jamais ? proposa Voldemort d'un ton désintéressé.
Tout le monde l'ignora.
– Après les ASPICs, proposa Harry. Je n'ai pas envie de rentrer dans des débats avec Dumbledore alors que nous allons être coincés la moitié de notre temps dans des examens.
– Il n'y aura pas de débats, fit Ginny. Si Dumbledore n'est pas content avec ce que nous proposons, tant pis pour lui !
Voldemort se pencha légèrement vers Hermione.
– Sa haine pour Dumbledore me rendrait presque la Weaslette sympathique, fit-il.
– Je vous hais aussi, ne vous faites pas d'illusions, réagit immédiatement Ginny.
– La question n'est pas Dumbledore lui-même, intervint Ron avec serieux, mais plutôt quand et comment il compte l'annoncer à l'Ordre, et même sujet pour vous avec vos mangemorts.
Hermione grimaça. L'Ordre n'allait pas être heureux. Les mangemorts non plus.
– Laissons passer les ASPICs, approuva Hermione. Nous aurons plus de temps ensuite pour gérer les imprévus.
Cela sembla convenir aux autres aussi, puisque personne ne commenta. L'heure suivante passa calmement, parsemée de quelques conversations éparses sur des sujets variés, mais globalement silencieuse. Puis Harry, Ron et Ginny décidèrent de rentrer à Poudlard, laissant Hermione seule avec Voldemort.
Celle-ci relut pour la énième fois le parchemin contenant les conditions du rituel de fraternité, et poussa un soupir.
– Tu n'es pas d'accord avec la solution, fit Voldemort.
Hermione tourna son regard vers lui. Il avait l'air parfaitement à l'aise, parfaitement satisfait et sûr de lui, mais Hermione pouvait voir qu'il était fatigué aux légers plis autour de ses yeux. Et elle savait qu'il avait aussi peu envie de s'engager dans ce rituel de fraternité que Harry, qu'il aurait préféré mille fois pouvoir prendre le pouvoir sans contrepartie, et qu'il ne considérait pas cet accord comme une victoire, loin de là, alors que pour le quatuor sa prise de pouvoir sonnait définitivement comme une défaite.
– Si, répondit finalement Hermione. Ne serait-ce que parce que nous n'avons pas trouvé mieux. Mais nous savons tous que tu vas tenter de nous doubler d'une façon ou d'une autre, et que nous allons tenter de te doubler d'une façon ou d'une autre. Sommes-nous donc vraiment incapables de parvenir à un véritable accord entre nous ?
– Evidement que nous sommes incapable de parvenir à un véritable accord Hermione, nous voulons tous le pouvoir.
Hermione fronça les sourcils.
– Nous ne voulons pas le pouvoir, répondit-elle.
Voldemort lui jeta un regard qui aurait presque pu passer pour méprisant si elle ne le connaissait pas suffisamment pour savoir qu'il était simplement moqueur.
– Ah, tant d'aveuglement… fit Voldemort avec une pointe de suffisance. Bien sûr que vous voulez le pouvoir Hermione.
Hermione s'apprêta à protester mais Voldemort la coupa d'un geste.
– Pas de la même façon que moi, je te l'accorde, fit-il. Mais vous voulez avoir votre mot à dire, vous voulez pouvoir influencer le destin du Royaume-Uni sorcier, voire du monde entier, vous voulez faire passer vos lois, faire entendre votre voix. Vous voulez que Potter règne avec moi. Vous voulez le pouvoir Hermione, et le fait que ce soit pour ce que vous croyiez être une bonne cause ne change rien à ce fait.
Hermione grimaça légèrement, ne trouvant rien à répondre à cela. Elle aurait pu souligner le fait que Voldemort n'avait aucune morale, et que s'ils n'avaient pas été là, il n'aurait pas hésité à régner par la terreur, mais elle savait ce qu'il aurait répondu. Que l'histoire était écrite par les vainqueurs, et que c'était la seule chose qui comptait vraiment.
– Ce n'est pas un mal de vouloir le pouvoir Hermione, continua Voldemort. Le problème, c'est que les personnes qui veulent le pouvoir sont souvent celles qui le méritent le moins.
– Comme toi, ne put s'empêcher de faire remarquer Hermione.
Le regard que Voldemort lui lança était clairement dubitatif.
– Penses-tu vraiment cela Hermione ? demanda-t-il. Penses-tu vraiment que je sois pire qu'un Fudge, qu'une Ombrage ou qu'un duc d'Almeria ?
– C'est dur d'être pire qu'eux en même temps, fit Hermione sans vraiment répondre à la question de Voldemort.
– Même avant mon retour, vous aviez tous les quatre conclu qu'il valait mieux que je revienne, quitte à ce que je prenne le pouvoir, plutôt que de voir le futur se reproduire, et c'était quand vous pensiez avoir affaire à une version de moi psychologiquement instable à cause des Horcruxes, pointa Voldemort.
– Ce qui ne signifie pas que tu mérites la place qui va te revenir.
Cette fois-ci Voldemort éclata de rire, le genre de rire qu'il avait lorsqu'il pensait détenir une vérité que les autres étaient trop stupides pour comprendre, et Hermione se renfrogna légèrement.
– Tu es persuadée qu'il y a de l'espoir pour le sorcier moyen Hermione, fit Voldemort d'un ton amusé. Que si tout le monde avait son mot à dire l'avenir s'en trouverait changé pour le mieux. Et ce serait peut-être vrai si tout le monde était comme Potter et toi. Mais la vérité c'est qu'il y a des Fudge, des Ombrage et des Almeria dans ce monde, et que laisser ce genre de personne gouverner est une catastrophe. Et tu le sais Hermione, parce que c'est ce qui s'est passé dans votre première vie. Vous avez fait de votre mieux pour mettre en place un monde juste, tout cela pour que la plupart de vos gouvernements ne vous fasse pas confiance lors de la crise avec la source, et que vous finissiez de facto par prendre plus ou moins le contrôle de la situation de force.
– Ce n'est pas parce que nous avons échoué la dernière fois qu'il faut abandonner, répondit Hermione. Et tu sais très bien que nous ne serons jamais d'accord là-dessus. Je reste persuadée que chaque sorcier et chaque Moldu a sa place dans notre monde, et qu'il est de notre devoir d'améliorer les conditions de vie de tout le monde.
– Et je reste persuadé que le sorcier moyen est un idiot incompétent, et qu'il vivrait d'ailleurs bien plus heureux en sachant exactement ce qui est attendu de lui, plutôt que s'il devait réfléchir. L'Homme est fondamentalement égoïste Hermione, et c'est une grossière erreur d'ignorer ce fait.
Hermione leva les yeux au ciel avec fatalisme, alors que Voldemort lui resservait un verre.
– Tant de cynisme, commenta Hermione.
– Réalisme plutôt ma chère, répondit Voldemort.
– C'est du réalisme uniquement dans ta vision étriquée du monde, fit Hermione.
– Ah, mais n'est-ce pas plutôt du cynisme uniquement dans ta vision étriquée du monde ? répondit Voldemort avec un sourire moqueur.
Hermione ne put s'empêchera de lui sourire en retour.
– Parfois je regrette vraiment d'avoir accepté le plan de Harry de te faire revenir.
– Cela veut dire que parfois tu ne regrettes pas ? remarqua Voldemort. Je me serais attendu à plus de mauvaise foi de ta part.
– C'est vraiment toi qui parles de mauvaise foi ? On aura tout vu, répondit Hermione.
Voldemort se contenta d'un sourire supérieur alors que Hermione s'affalait un peu plus dans le canapé. Voldemort avait tort sur beaucoup de sujets, mais au fond d'elle-même Hermione ne pouvait qu'admettre qu'il avait raison sur sa mauvaise foi concernant son retour. Parce que malgré tout ce que Voldemort représentait, elle ne pouvait regretter les moments qu'ils passaient ensemble.
Si sa relation avec Ron avait été marquée par la confortable familiarité qu'il y avait entre eux, celle avec Voldemort était marquée par la fascination et le danger, et, peut-être parce que Hermione avait finalement trop fréquenté cet inconscient qu'était Harry, elle devait avouer qu'elle ne voulait pas que cela s'arrête. Quant à Voldemort, elle vivait déjà presque la moitié du temps au château de Serpentard et il ne l'en avait toujours pas chassée, et c'était une preuve de son intérêt pour elle déjà bien suffisante venant de Lord Voldemort.
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– Tu me dois la moitié de ta fortune Bella, fit Barty.
Ils étaient en train d'attendre le début d'une réunion du premier cercle et le seigneur des ténèbres était visiblement en retard. Pas que qui que ce soit n'ose s'en plaindre bien sûr.
– Et pourquoi donc mon petit Barty ? répondit Bella avec hauteur.
Barty jubilait. Il aimait avoir le dessus sur Bella, savoir des choses qu'elle ne savait pas, parce que Bella avait toujours été son modèle chez les mangemorts. Il avait attaqué les Londubat pour elle, il avait été à Azkaban pour elle. Pas qu'il s'intéresse à elle romantiquement, non, mais il avait toujours été fasciné par la certitude qui émanait d'elle. Cette assurance qu'elle avait d'avoir fait le bon choix en suivant le seigneur des ténèbres.
– Hélène et le seigneur des ténèbres couchent ensemble, fit Barty.
– Pardon ? s'exclama Bellatrix en se redressant vivement.
Du coin de l'œil Barty vit Lucius hausser un sourcil, signe d'une surprise évidente, et il eut la suspicion que Lucius savait qui était Hélène.
– C'est impossible, fit Lucius.
Mais il ne savait peut-être pas qu'elle avait en réalité bien plus que dix-huit ans.
– Elle a confirmé, fit Barty. Elle me l'a dit elle-même qu'elle couchait avec lui.
– Et qu'est-ce qui te dit qu'elle ne mentait pas ? répondit Bella. Elle surement fait ça juste pour se rendre intéressante, pour attirer l'attention du maître sur elle.
Barty eut un petit rire. Il avait vu comment Hermione Granger et le seigneur des ténèbres interagissaient, et il doutait qu'il soit possible de plus avoir l'attention du maître que ce dont Hermione Granger bénéficiait actuellement.
– Je doute qu'elle ait besoin de cela, fit d'ailleurs Lucius d'un ton trainant. Si je ne pense pas qu'il y ait quoi que ce soit de… charnel entre eux, il n'en reste pas moins que le seigneur des ténèbres travaille tares régulièrement avec elle.
– Mais n'est-elle pas en contact aussi avec Potter et sa clique ? demanda Yaxley. Elle est partie avec lui au bal du ministère il y a quelques mois, et ils avaient l'air de bien se connaitre.
Barty darda son regard vers Yaxley. Il ne savait pas que Hélène avait fait une apparition au bal du ministère, son statut de mangemort déclaré ne lui laissant pas la possibilité d'assister à de tels évènements.
– C'est vrai, confirma Nott. Est-ce qu'elle les espionne pour nous ?
– Ou peut-être qu'elle nous espionne pour eux, fit venimeusement Bella.
– Ne sois pas jalouse Bella, répondit Barty d'un ton faussement sympathique. Tu sais bien que le maître se lasse vite de ses amantes.
– Hélène ne peut pas être l'amante du maître Barty, intervint Lucius Malefoy. C'est juste une gamine.
Barty grimaça. Quel dommage que le serment protégeant l'équipe de recherche l'empêchait d'en révéler plus.
– Vous ne me croyez pas ? Tant pis pour vous, fit-il. Moi, je maintiens mon pari, et Bella me devra la moitié de sa fortune lorsque j'aurai la preuve que j'ai raison.
– J'ai parié 10 gallions avec toi Barty, c'est peut-être la moitié de ta fortune, mais c'est loin d'être ne serait-ce que le millième de la mienne.
– Quelle fortune ? Tu ne peux même pas accéder à tes coffres ! répliqua Barty.
Bellatrix sortit sa baguette, et Barty fit de même, un sourire sur les lèvres. Cela faisait trop longtemps qu'il n'avait pas fait un peu d'exercice.
– Le maître devrait vraiment leur trouver quelque chose à faire, entendit-il Avery dire. Ils vont finir par s'entretuer.
– Tu as un problème Avery ? Tu veux te joindre peut-être ? demanda Bella d'une voix féroce.
Avery choisit sagement de se taire alors que Lucius leur lançait un regard exaspéré. Barty n'y fit pas attention. S'il ne pouvait même plus attaquer ni des sorciers, ni des Moldus, il fallait bien qu'il s'occupe d'une autre façon.
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– Les ASPICs n'ont même pas encore commencés et j'ai déjà envie qu'ils soient finis, grommela Ron au petit-déjeuner. La partie pratique, passe encore, mais la théorie est tellement barbante…
– Tu ne peux pas dire ça Ron, répondit Hermione. La théorie est ce qui permet de rendre la pratique intéressante !
– Il y a des fois je me demande vraiment comment vous avez pu croire ne serait-ce qu'un instant que vous mettre en couple soit une bonne idée, intervint Ginny.
Hermione et Ron lui lancèrent tous les deux un regard noir.
– Arrêtez de vous plaindre, fit Neville qui était juste à côté d'eux, le fait que vous passiez des ASPICS, c'est déjà plus que de la triche. Surtout Ginny qui n'a même pas fait sa septième année.
– Ce n'est pas comme si tu pouvais te plaindre non plus Nev, répondit Ginny. Nous savons tous que la section botanique de Saint-Mangouste a déjà accepté ton dossier pour l'année prochaine. Et je ne vois pas comment tu pourrais louper tes ASPICs avec le superbe programme de révision que Hermione t'a personnellement préparé depuis le début de l'année.
– Et puis si tu ne passes pas une matière fait nous signe, fit Ron. Il parait qu'on va renverser le ministère bientôt, on pourra toujours te donner de meilleures notes.
Hermione lui lança un regard noir alors que Harry se levait brusquement de table.
– Je vous rejoins plus tard, fit-il.
Il s'éloigna à pas vifs et Hermione secoua la tête.
– Bravo Ron, fit-elle.
– Hey ! Ce n'est pas de ma faute si son complexe du héros le travaille et qu'il se demande s'il n'aurait pas pu faire mieux que de, une fois de plus, sauver le monde entier en se sacrifiant ! répliqua Ron.
– Il est parti où ? demanda Neville.
– Aux cuisines probablement, répondit Ginny. Il aime bien parler à Dobby lorsqu'il n'est pas très sûr de lui.
Ron leva les yeux au ciel.
– J'espère que Dobby va lui donner un coup de poêle sur la tête pour lui remettre les idées en place, fit-il.
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Dumbledore examina avec une grande concentration les parchemins que Harry venait de lui tendre.
– C'est… sommaire, fit-il. Pas que je ne comprenne pas la logique derrière la simplification maximale du rituel de fraternité, mais pensez-vous vraiment qu'il soit possible de lui faire confiance pour le reste ? De lui laisser autant de marge de manœuvre ?
– Cela nous laisse aussi de la marge de manœuvre, répondit Ron.
Dumbledore parcourut de nouveau les parchemins.
– Les mangemorts… fit Dumbledore. C'est une grosse entorse à la justice ce que vous proposez là…
– C'est vrai, répondit Harry avec un soupir. Mais croyez-vous réellement que nous aurions pu obtenir mieux ?
Le directeur échangea un long regard avec lui avant de secouer tristement la tête.
– Non, je doute que qui que ce soit ait pu obtenir mieux en vérité, répondit Dumbledore. Mais si je vous fais parfaitement confiance pour respecter votre partie de l'accord, même s'il est tacite, qui dit que Voldemort ne va pas à un moment rompre celui-ci ?
– Il va le rompre, répondit Hermione, ou au moins trouver des moyens de le contourner. Mais tout est une question d'équilibre. Il est peut-être immortel, mais c'est aussi le cas de Harry. Ce sera notre rôle de l'arrêter dès qu'il fera le moindre pas dans la mauvaise direction.
Dumbledore se plongea une fois de plus dans les parchemins listant les deux petites clauses du rituel de fraternité, et toutes les clauses de leur accord tacite avec Voldemort.
– Très bien, fit-il finalement après quelques minutes. Quand souhaitez-vous réaliser le rituel de fraternité ?
– Le premier jour des vacances scolaires, répondit Harry. Maintenant que les ASPICs sont passés, nous souhaitons mettre à profit nos derniers jours ici pour profiter de la présence de tous nos amis.
– Une sage décision, approuva Dumbledore.
Après un rapide salut, le quatuor sortit du bureau de Dumbledore.
– Je n'aurais pas pensé qu'il accepterait si facilement, avoua Ginny.
– Il n'est pas idiot, répondit Harry. Il sait que nous n'avons guère le choix, et il a eu l'occasion d'échanger lui-même avec Voldemort quelques fois. Il s'est bien rendu compte qu'il n'est pas aussi déséquilibré que ce qu'il était lors de la première guerre. Peut-être a-t-il décidé de lui accorder le bénéfice du doute… Ce serait bien son genre.
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– Ah ! s'exclama Hermione. J'ai trouvé, j'ai trouvé ! Oh Merlin merci j'ai trouvé !
Elle se leva et alla embrasser Harry, puis Ginny, puis Ron, puis les trois en même temps.
– C'est formidable, juste ce qui nous fallait, continua-t-elle.
– Hermione, fit Ron d'un ton blasé, pourquoi est-ce que tu es encore plongée dans un livre alors que les ASPICs sont passés, que le temps est magnifique au bord du lac, et que ce sont les derniers jours que nous passons à Poudlard ?
– Laisse la parler Ron, intervint Ginny.
Hermione lui lança un regard reconnaissant.
– J'ai trouvé comment adapter le rituel de Njörd à Harry, fit-elle.
Elle avait toujours continué à chercher des choses sur le sujet, en marge de tout ce qu'ils avaient fait cette année, et enfin, enfin, elle avait quelque chose.
– Quel rapport entre le rituel de Njörd et moi ? demanda Harry.
– Parce que le rituel de Njörd permet de protéger un contenant ! répondit Hermione. Vous vous souvenez le rituel de résurrection ? Il avait détruit tous les contenants d'Horcruxes, sauf ceux protégés par le rituel de Njörd, et la pierre de résurrection bien sûr. Et avec mon adaptation, je suis maintenant en mesure d'appliquer le rituel à Harry, et ensuite nous pourrons extraire son Horcruxe sans le tuer.
– Hermione, tu es géniale ! fit Ron.
– Attends Hermione, intervint Ginny, le rituel de Njörd n'exige-t-il pas un transfert de magie entre deux… objets ?
Il y en avait au moins une qui suivait.
– Si, répondit Hermione. Et c'est d'ailleurs un point très problématique du rituel, parce qu'il ne faut pas quelque chose qui contraigne la magie de Harry. Mais si nous utilisons la baguette de sureau, cela résout le problème, puisque les reliques obéiront à Harry jusqu'à la fin.
– Je dois avouer que je n'y croyais plus, fit Harry. Et c'est merveilleux de savoir cela.
– Nous ne pourrons le faire que lorsque nous aurons toutes les cartes en main pour tuer Voldemort cependant, tempera Ron. Car il va forcément s'en rendre compte s'il n'est plus relié à toi via l'Horcruxe Harry.
– Bien sûr, accepta Harry.
Mais il avait tout de même un sourire resplendissant. Et pas sans raison. À condition de trouver le dernier Horcruxe inconnu de Voldemort, ils seraient en mesure de pouvoir tuer celui-ci sans passer par la Mort. Pas que ce soit prévu à court terme, mais il ne fallait jamais être trop prudent avec Voldemort.
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– Bonsoir Tom.
Voldemort envoya immédiatement un Doloris, qui s'écrasa sur la statue de pierre que le directeur de Poudlard venait de conjurer devant lui.
– Était-il vraiment indispensable qu'il vienne ? demanda Voldemort avec mauvaise humeur.
– Non, répondit Harry, mais cela ne change rien qu'il soit là.
Voldemort n'était visiblement pas de cet avis.
– Il y a vraiment des Avada qui se perdent, soupira-t-il.
Et Hermione remarqua qu'effectivement il semblait serrer convulsivement sa baguette. Il n'avait pas envie de faire ce rituel, cela se voyait. Mais sa vie comptait plus que tout pour lui. Plus que la nuisance d'avoir Harry sur son dos pour le restant de ses jours.
– Ce n'est pas comme si tu étais le plus à plaindre dans cet arrangement, grommela Harry.
Ginny et Hermione leur jetèrent toutes les deux un regard atterré.
– Allez, faites-le ce rituel qu'on en finisse, fit Ron.
Si les regards avaient pu tuer, Ron serait tombé raide mort.
– Est-ce que tu as fait le rituel que je t'ai envoyé pour renforcer ton Occlumencie Potter ? demanda Voldemort. Je n'ai vraiment aucune envie d'entendre tes pensées dans ma tête après le rituel de fraternité.
– Mieux vaut les miennes que les tiennes, répondit Harry. Mais oui, j'ai fait mes devoirs Voldie.
Les deux se regardèrent en chiens de faïence, avant de finalement se résigner et de se placer au centre du bureau de Voldemort.
– Moi, Harry James Potter, m'engage à ne pas utiliser mes capacités de Maître de la Mort pour attenter à la vie de Lord Voldemort.
– Moi, Lord Voldemort, m'engage à assister Harry James Potter à stabiliser le flux magique de la source de magie du pays de Galles, à hauteur de ce j'estime être nécessaire pour éviter que cette magie devienne irréversiblement instable.
Puis les deux entaillèrent leur main droite d'un mouvement de baguette, et après une seconde d'hésitation, ils se serrèrent la main avec une agressivité palpable. Une brume rouge les enveloppa, se mettant à tournoyer autour d'eux, avant de disparaitre soudainement. Harry et Voldemort retirèrent immédiatement leurs mains.
Puis, au même instant, Harry sursauta, Voldemort fronça les sourcils, et Dumbledore sortit sa baguette alors que son regard se perdait au loin.
– Que se passe-t-il ? demanda immédiatement Ginny.
Harry, Voldemort et Dumbledore échangèrent un regard plus ou moins teinté de haine et de résignation selon la personne.
– Il s'est passé quelque chose avec la prophétie, répondit finalement Harry. Quelque chose de pas normal puisque Dumbledore, Voldemort et moi avons visiblement tous les trois ressenti une sorte de signal désagréable venant des tréfonds du ministère, et que je ne vois pas ce que cela pourrait être d'autre.
– Laissez-moi le temps de faire une petite vérification, fit Dumbledore.
Et il disparut dans la cheminée.
– Comme si on avait besoin de sa vérification, commenta Voldemort.
– Ce n'est pas comme si tu étais certain que cela venait bien de la prophétie non plus, rétorqua Harry.
– Parce que je suis capable d'imaginer plus de possibilités Potter, contrairement à ton petit cerveau qui te pousse à te jeter sur la première hypothèse sans même analyser plus loin les probabilités.
Hermione fronça les sourcils, trouvant leur conversation un peu trop spécifique, mais c'est moment que choisi Dumbledore pour réapparaitre dans le bureau de Voldemort, une expression songeuse sur le visage.
– Sybille aussi a senti quelque chose, dit-il. Je n'ai cependant jamais entendu parler d'un phénomène de ce genre.
– Il va falloir que nous aillions sur place pour savoir ce qui se passe, fit Harry.
Il y eut un instant de silence. Hermione échangea un regard avec Harry, qui semblait déterminé à aller voir sur place ce qui se passait. Puis avec Voldemort qui haussa simplement un sourcil, et enfin avec Dumbledore qui très clairement ne comptait pas être en reste.
– Ce ne sera pas facile, fit Ron. S'infiltrer au Département des Mystères ce n'est pas s'infiltrer au ministère, et Scrimgeour en a drastiquement renforcé la sécurité depuis qu'il est ministre.
– Ne nous insulte pas Weasley, fit Voldemort d'un ton glacial.
– Loin de moi cette intention, répondit Ron avec une pointe d'ironie. Bon, j'imagine que David Morrello, Alistair Jones et Albus Dumbledore peuvent sans souci se rendre à l'étage du Magenmagot, et Ginny, Hermione, et moi pourrons vous suivre sous la cape. À partir de là-bas, nous aviserons.
– Il y a un dispositif détectant les capes d'invisibilité derrières les portiques d'identification, pointa Dumbledore.
– La cape de la Mort est indétectable, répondit Harry avec un haussement d'épaule.
Il sortit la cape d'une de ses poches, et la tendit à Ron.
– Un peu de facilité de mouvement serait la bienvenue les filles, fit Ron.
Hermione et Ginny échangèrent un regard, avant de se transformer en leur forme animagus, un chat et un faucon. L'instant d'après chacune était perchée sur une épaule de Ron, qui se recouvrit de la cape.
– Vous êtes des animagus ? demanda Dumbledore. Il ne me semble pas que vous soyez enregistrés.
– Allons-y, fit Harry sans répondre.
Harry et Voldemort appliquèrent leurs glamours pour se transformer en Alistair Jones et David Morrello, et quelques secondes après ils avaient transplané tous les six dans l'atrium du ministère. Celui-ci était assez vide – c'était le début du mois du juillet – mais il y avait tout de même des dizaines de sorciers le parcourant dans un sens ou dans l'autre.
Le passage des portiques ne posa aucun souci, et comme prévu la cape d'invisibilité ne fut pas détectée. Harry et Dumbledore s'arrangèrent pour assurer un espace à Ron, Ginny et Hermione dans l'ascenseur, et ils furent très rapidement dans le bureau de David Morrello au Magenmagot.
– Et maintenant, comment allons-nous plus bas ? demanda Harry. Les ascenseurs ? … Hé ! Ce n'est pas idiot comme proposition, et c'est toujours mieux que de mettre sous Imperium toutes les personnes que l'on croise !
Il s'était tourné vers Voldemort, ses yeux lançant des éclairs.
– Si, c'est idiot, Potter, et ce n'est pas parce que vous avez déjà réussi une fois à faire cela que c'est une façon efficace de procéder, répondit Voldemort.
– Oh par Merlin, le rituel d'Occlumencie n'a pas marché ! comprit Ginny. Vous êtes dans la tête l'un de l'autre ? C'est une catastrophe !
Harry lui jeta un regard contrit.
– Je t'avais bien dit Potter qu'il valait mieux ne pas attirer l'attention là-dessus, mais non, tu as autant de maitrise de toi qu'un Niffleur devant une montagne d'or, fit Voldemort d'un ton sec.
– Vous entendez les pensées l'un de l'autre depuis la fin du rituel ? demanda Hermione avec inquiétude.
Elle réfléchissait à toute allure sur comment empêcher cela.
– Oui, répondit Voldemort, mais ce ne sera que passager. Garder le lien clôt semble demander une certaine habitude qui nous fait pour le moment défaut. Surtout à Potter.
Harry lui lança un regard noir.
– Nous pourrions emprunter les escaliers qui sont juste derrière le bureau de Tiberius Ogden, intervint Dumbledore. Ils arrivent dans les couloirs de service du Département des Mystères au 9ème sous-sol.
– Ne sont-ils pas condamnés depuis des années ? demanda Ron.
– Si, répondit Voldemort. Mais ils ont probablement été condamnés par un quelconque crétin du ministère sachant à peine se servir de sa baguette.
Sur ces paroles, il se jeta un sortilège de désillusion particulièrement puissant, que les autres imitèrent. Puis Voldemort effectua un rapide mouvement de baguette, avant de traverser tout bonnement la porte de son bureau.
– C'est possible de faire ça ? s'étonna Ginny à mi-voix.
– Il a dû manipuler les protections du ministère pour remplacer temporairement la porte par une illusion, répondit Hermione en levant les yeux au ciel. J'aimerais dire que c'est facile et qu'il a fait cela juste pour frimer mais c'est loin d'être évident.
Elle traversa elle aussi la porte, et les autres la suivirent. Ils rattrapèrent rapidement Voldemort, et quelques couloirs plus loin ils étaient devant un mur tout ce qu'il y avait de plus banal.
– Barriere d'Érèbe, charme de détection de Kashgar, et une flopée d'illusion, fit Ginny. Facile.
– Je prends les illusions, fit Ron.
Avec une coordination impressionnante le frère et la sœur réduisirent à néant les sortilèges, et un passage s'ouvrit devant eux.
– Il n'y a personne dans le passage, quel que soit le niveau, indiqua Voldemort.
Ils s'y engouffrèrent alors tous les six, et Hermione resta un instant en arrière pour remettre en place les sortilèges que ses amis avaient démantelés, avant de rattraper le reste du groupe sept étages plus bas. La sortie de l'escalier au niveau du Département des Mystères était elle aussi condamnée.
– Ce côté-ci est plus complexe, il a visiblement été renforcé par les Langues-de-plomb, indiqua Ginny.
– Oh par Salazar, soupira Voldemort.
D'un vif mouvement de baguette il fit exploser le passage en utilisant la force brute de sa magie, les amenant dans la salle des cerveaux, dans laquelle se trouvait une dizaine de Langues-de-plomb.
– Je déteste cette salle, grommela Ron.
Les Langues-de-plomb se tournèrent immédiatement vers eux et sortirent leur baguette mais c'était peine perdue. Harry était déjà juste à côté d'eux et en avait stupéfixié plusieurs. Voldemort et Dumbledore complétèrent de quelques sortilèges, et la salle redevint silencieuse.
– Avons-nous déclenché des alarmes ? demanda Ron.
– Non, répondit Hermione. J'ai enrayé leur processus.
– Il va falloir modifier les souvenirs des Langues-de-plomb, fit Ron.
– C'est déjà fait, répondit Voldemort.
Il n'avait même pas bougé sa baguette et Ron lui jeta un regard dubitatif.
– Il l'a effectivement fait Ron, confirma Harry. Passons à la suite. Comment trouvons-nous le bon chemin pour arriver dans la salle des prophéties ?
– Enervatum, Imperio, lança Voldemort.
L'un des Langues-de-plomb se releva, le regard vide.
– Je ne suis pas certain que… commença Dumbledore.
– Celui-ci a un accès à la salle des prophéties, le coupa Voldemort. Si nous ne l'utilisons pas lui, nous allons soit devoir forcer l'entrée avec un rituel de Quetz, soit y passer des heures.
Cela eut le mérite de faire taire Dumbledore, le rituel de Quetz demandant de saigner à vif un sorcier pour puiser dans sa puissance. Ils suivirent alors le Langue-de-plomb, Voldemort le dirigeant d'une main de maître.
– Ils n'ont aucune protection contre l'Imperium ? demanda Harry d'un ton surpris.
– Si, répondit Ginny. Je soupçonne que le professeur Dumbledore et Hermione sont en train de les empêcher de se déclencher.
– C'est Mademoiselle Granger qui est en charge de cela en l'occurrence, fit Dumbledore. Moi je m'assure que les autres Langues-de-plomb n'aient aucune envie de venir ici.
Enfin, ils arrivèrent dans la salle du temps, dernière salle avant la salle des prophéties, et stoppèrent juste avant la porte y menant.
– Il y a du monde derrière, fit Dumbledore. Plusieurs dizaines de personnes, il doit y avoir une investigation.
– Il va nous falloir une diversion, fit Ron.
– Ça, ça va être pour nous non Ron ? répondit Harry avec un sourire.
– Sans aucun doute.
Ils annulèrent leur charme de désillusion et se transformèrent, Harry en lion et Ron en ours.
– Un lion non mais franchement… commenta Voldemort en poussant le Langue-de-plomb à ouvrir la porte.
Immédiatement après Harry et Ron se jetèrent dans la salle, galopant à toute allure, et entrainant un bon nombre de personnes sur leur chemin.
– Il y a des aurors, commenta Ginny. C'est étrange.
– Effectivement, il a dû vraiment se passer quelque chose d'inhabituel, répondit Hermione.
Dumbledore et Voldemort s'étaient déjà mis en route, et Ginny et Hermione leur emboitèrent le pas alors que des cris se faisaient entendre plus loin. Hermione eut un sourire en coin. Aucune chance que Harry ou Ron se fassent attraper, ils avaient bien trop de sortilèges protecteurs autour d'eux, et ils devaient présentement faire tourner en bourrique les aurors sur place.
Dumbledore et Voldemort tournèrent de concert dans la rangée quatre-vingt-dix-sept, et ne s'arrêtèrent que lorsqu'ils parvinrent à quelques pas de deux Langues-de-plomb s'affairant autour de plusieurs étagères brulées.
– Stupides aurors, grommelait l'un d'entre eux. Comme s'ils pouvaient comprendre quoi que ce soit aux prophéties…
– Ils se croient supérieurs simplement parce qu'ils pensent savoir se servir de leur baguette, sans ne rien comprendre à la subtilité de la magie…
Dumbledore les assomma d'un geste nonchalant de la main.
– À toi l'honneur Tom, fit-il.
Voldemort lui lança un regard noir, avant de faire léviter l'un des Langues-de-plomb jusqu'à lui, de faire s'ouvrir ses paupières et de plonger dans ses pensées. Il en ressortit une fraction de seconde plus tard, avant d'extraire un filament argenté de la tête de l'homme. Puis il laissa celui-ci s'effondrer au sol sans aucune douceur.
C'est le moment que choisirent Harry et Ron pour réapparaitre auprès d'eux, émergeant d'une allée perpendiculaire.
– Vous avez trouvé ? demanda Harry en se retransformant.
– Les aurors risquent de débarquer ici dans l'instant ? demanda Ginny.
– Peu de chances, fit Ron. Nous avons détruit une partie des étagères de l'autre côté de la salle, et ils sont tous persuadés de nous avoir vu disparaitre dessous.
– Nous allons avoir besoin d'une pensine pour visionner le souvenir, fit Dumbledore.
– Pas besoin, fit Hermione avec un sourire.
D'un mouvement de baguette, elle lança un complexe sortilège de projection sur le souvenir, et celui-ci commença à se jouer devant eux.
– Impressionnant, commenta Dumbledore.
– Le sortilège sera inventé dans les années vingt, fit Hermione. Deux mille vingt. C'est moins interactif, mais assez pratique.
Puis elle se concentra sur le souvenir. Il suivait le Langue-de-plomb après qu'une alarme se soit déclenchée dans la salle des prophéties. Celui-ci sembla se lever avec résignation de son bureau, rejoignant un autre collègue, et ils cheminèrent parmi les rangées jusqu'à parvenir à l'endroit où aurait dû se trouver la prophétie de Harry et Voldemort, et où ne se trouvaient que des restes fumants sur plusieurs mètres de chaque côté.
– Regarde tout ce qui est détruit, cela va faire beaucoup trop de paperasse, geignit l'un des Langues-de-plomb.
L'autre acquiesça, et ils commencèrent à sonder les dégâts lorsqu'un troisième Langue-de-plomb arriva.
– Alors, que s'est-il passé ici ? demanda-t-il.
– Une prophétie a explosé chef.
– Explosé ? Une prophétie n'explose pas ! pointa le troisième Langue-de-plomb. Soit elle est accomplie et elle devient plus sombre, soit elle n'est pas encore accomplie et elle reste telle quelle.
Les deux autres langue-de-plomb échangèrent un regard incertain.
– Celle-ci a explosé pourtant, fit l'un d'eux. Regardez les traces tout autour.
Celui qui était visiblement le chef fit quelques mouvements de baguette, et son visage blanchit visiblement.
– Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda l'un des autres Langues-de-plomb.
– Je ne vois qu'une seule explication, même si le cas ne s'était pas produit depuis des centaines d'années… Il semblerait que la Prophétie soit devenue caduque. Je vais devoir prévenir le Ministre.
Le souvenir s'arrêta là et les six intrus échangèrent un regard.
– Je ne savais même pas que c'était possible, fit Ron.
– Cela veut-il dire que ni Harry, ni Voldemort, ne doivent maintenant mourir de la main de l'autre ? demanda Hermione.
– Cela veut dire qu'entre l'Horcruxe et le rituel de fraternité nos vies sont devenues tellement liées que la prophétie ne faisait plus aucun sens, répondit Voldemort.
Voldemort et Harry échangèrent un regard – voire quelques pensées –.
– Bon débarras, commenta finalement Harry.
oOoOoOo
AN : À la semaine prochaine.
