Bonjour à tous !

Je m'excuse pour le retard, je suis un peu sous l'eau en ce moment. Et d'ailleurs je vais devoir repasser à une publication une fois toutes les deux semaines pour les derniers chapitres…

Bonne lecture,

Perhentian

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Chapitre 47 – Juillet 1998

– Merci à tous de vous être réunis aujourd'hui, fit Dumbledore aux membres de l'Ordre assemblés devant lui.

Il y avait la totalité de l'Ordre du Phénix, en plus de Harry, Ron, Hermione et Ginny, et aussi Neville et Luna qui étaient là à la requête du quatuor. Il y avait même Severus Rogue, à la grande surprise de Harry. Ceci dit, il fallait bien que quelqu'un le prévienne pour l'affrontement à venir, et Voldemort avait refusé tout net de s'en charger.

– Je voulais tout d'abord vous remercier pour tout le temps et toute l'énergie que vous avez consacrée à lutter contre Voldemort.

Il y eut un rire moqueur dans l'un des coins de la tête de Harry.

Tout le temps et toute l'énergie ? Ils ont juste passé 4 années à tourner en rond…

Harry dut se retenir de lever les yeux au ciel.

J'ai accepté de te laisser voir la scène Voldemort, pas de devoir supporter tes commentaires, pensa Harry.

Évidemment, Voldemort ne prit pas la peine de répondre et Harry dut une nouvelle fois se retenir de lever les yeux au ciel. Les premières heures après le rituel de fraternité, ni Harry ni Voldemort n'avaient eu un quelconque contrôle sur le lien, rendant la situation encore pire que lorsque Voldemort avait découvert le lien avec l'Horcruxe et lui avait envoyé des visions. Parce que cette fois-ci non seulement ils ne contrôlaient pas les pensées qu'ils partageaient, mais en plus refermer le lien n'avait rien d'évident. Et savoir que Voldemort avait des rêves érotiques impliquant Hermione avait de quoi traumatiser Harry pour le restant de ses jours…

Ils avaient fini par trouver comment contrôler le lien. Enfin, si Harry devait être totalement honnête, Voldemort avait fini par trouver. Et Harry savait maintenant comment n'ouvrir qu'une infime partie de ses pensées à Voldemort, et uniquement s'il le souhaitait. La faveur de pouvoir assister à l'annonce de Dumbledore par ce moyen s'était échangée contre la faveur que Harry puisse assister – physiquement – à l'annonce de Voldemort.

Si on lui avait dit il y avait une dizaine d'années de cela qu'il échangerait des faveurs avec Voldemort Harry aurait surement promptement vomi de dégout.

– Par respect pour vous et pour tous les efforts que vous avez fait, continuait Dumbledore, je voulais vous dire la vérité sur les évènements qui vont se dérouler sous peu.

La plupart des visages affichèrent l'incompréhension, alors que celui de Remus reflétait sa résignation, et que Sirius laissait tomber sa tête dans ses mains. Severus Rogue, lui, resta de marbre.

– Le jour des 18 ans de Harry, se déroulera une grande bataille contre Voldemort et ses mangemorts, annonça Dumbledore.

Il y eut une cacophonie de cris et d'exclamations.

J'espère que tu seras prêt Potter, j'attends un combat à la hauteur de mes compétences, commenta Voldemort dans la tête de Harry.

À la hauteur de ton ego plutôt oui, répondit Harry. Mais ne t'en fais pas, je t'ai déjà battu une fois après tout, et tu ne peux pas vraiment en dire autant…

Tu avais triché Potter, tout le monde sais cela. C'est par pur coup de chance que tu étais le maître de la Baguette de Sureau.

Mais j'ai quand même gagné.

Harry ne prit même pas la peine de cacher son sourire satisfait cette fois-ci, comme tout le monde semblait toujours parler en même temps. Seule Hermione lui jeta un coup d'œil interrogateur et Harry articula silencieusement « Voldie », amenant sur le visage de Hermione une grimace qui signifiait clairement Harry-Potter-tu-es-un-idiot-et-je-ne-sais-vraiment-pas-pourquoi-je-tolère-encore-tes-idées-stupides. Harry lui fit un grand sourire qui accentua la grimace de Hermione.

– Un peu de silence s'il vous plait, finit par demander Dumbledore.

Le brouhaha se calma peu à peu alors que tous les regards se tournaient de nouveau vers Dumbledore.

– Cette bataille verra la mort de Voldemort, annonça Dumbledore.

– Quoi ?

– Pardon ?

Et de nouveaux il y eut une cacophonie de cris et d'exclamations.

Peut-être que le vieux fou va faire une crise cardiaque avec toute cette agitation ? fit Voldemort avec une pointe d'espoir.

Ça doit vraiment être fatiguant de détester autant quelqu'un, répondit Harry d'un ton plat.

Dumbledore fit un geste apaisant qui fit taire les membres de l'Ordre, mais il était évident que ceux-ci étaient toujours agités.

– Dumbledore, qu'est-ce que cela signifie ? demanda Minerva McGonagall d'une voix stricte.

– Cette bataille est une mise en scène, répondit Dumbledore, et servira à clore la guerre.

Cette fois-ci c'est un silence incrédule qui accueillit la réponse de Dumbledore. Qui dura quelques secondes à peine avant d'exploser en débat houleux.

On dirait une meute de chiens enragés…

Est-ce que tu pourrais rendre ton ton un peu plus méprisant s'il te plait ? répondit Harry avec ironie. J'ai toujours un petit doute sur ce que tu penses de l'Ordre du Phénix.

Silence Potter, regarde, ta sang-de-bourbe vient de craquer.

Et effectivement Hermione venait de se lever brusquement de sa chaise et de se lancer un Sonorus.

Ne l'appelle pas comme cela ! fit Harry à Voldemort.

Je l'appelle sang-de-bourbe si je le désire, répondit Voldemort.

Et tu en ressens le besoin pour quoi ? demanda Harry avec acidité. Parce que tu tiens trop à elle à ton propre gout ?

– Silence ! fit Hermione.

Tout le monde se tut immédiatement – y compris Voldemort –, tournant un regard surpris vers elle.

– Laissez le parler par Merlin, il va en avoir pour toute la nuit si vous l'interrompez à chaque phrase, fit Hermione peut-être un peu trop sèchement.

– Ou peut-être qu'il vaudrait mieux ne pas le laisser parler et continuer à vivre dans l'ignorance, grommela Sirius à mi-voix, sa tête toujours entre ses mains.

– Ce n'est pas le moment Sirius, le fustigea Remus.

Puis Dumbledore reprit la parole.

– Un accord a été trouvé avec Voldemort pour éviter que le Royaume-Uni ne rentre en guerre, et s'il signifie des concessions de notre côté, j'ai moi-même décidé de le valider, sachant que c'était le seul moyen de sauver des centaines de vies, y compris les vôtres.

– Nous ne pouvons pactiser avec l'ennemi ! rugit Maugrey.

– Nous devons nous battre jusqu'au bout ! le soutint Emmeline Vance.

– C'est de la folie de lui faire confiance, fit Fleur Delacour. Il ne respectera jamais l'accord !

Dumbledore dut avoir recourt à un sortilège pour ramener le silence.

– Ce dont je vais vous parler ensuite nécessite un serment inviolable de votre part, fit Dumbledore. Si vous ne vous ne vous en sentez pas capable, je vais vous demander de quitter cette pièce.

Il y eut des cris d'outrage, des tentatives de négociations, et des plaidoiries, – et de nombreuses remarques sarcastiques de Voldemort –. Mais Dumbledore resta ferme. Seules quelques personnes que Harry connaissait peu sortirent finalement, ainsi que Mondingus Fletcher qui devait trouver le terrain trop glissant pour lui. Restèrent Sirius, Remus et Rogue, tous les Weasley, y compris Fleur bien sûr, Minerva McGonagall, Hagrid qui tentait sans beaucoup de succès de ne pas prendre trop de place dans un coin, Dedalus Diggle, Elphias Doge, Emmeline Vance, Hestia Jones, Sturgis Podmore, Tonks, Maugrey, et Kingsley Shacklebolt. Et puis Neville et Luna.

– Le charme de mémoire a-t-il fonctionné correctement ? demanda Harry à Hermione en chuchotant.

– Parfaitement, répondit Hermione avec une pointe de tristesse. Les personnes qui viennent de sortir ne se souviendront pas de cette réunion. Ni des plus importants secrets de l'Ordre.

Comme si l'Ordre avait des secrets qui valaient la peine, fit Voldemort.

Cette fois-ci ce fut Harry qui ne prit pas la peine de lui répondre.

– Je vais vous demander de prêter serment maintenant, fit Dumbledore, ramenant l'attention sur lui. Sauf Severus, Sirius et Remus qui ont déjà prêté serment plus tôt.

Ce fut l'affaire de quelques minutes, et comme convenu Sirius et Remus s'arrangèrent pour distraire suffisamment les membres de l'Ordre lorsque ce fut le tour de Harry, Ron, Hermione et Ginny pour que personne ne se rende compte que le serment qu'ils prêtèrent n'était qu'une illusion.

– Puisque vous avez accepté de me faire confiance, je vais être direct, reprit ensuite Dumbledore. Voldemort avait la possibilité de ravager le pays, et nous n'aurions surement rien pu faire contre lui. Il aurait gagné, ou même s'il n'aurait pas gagné, beaucoup trop de personnes seraient mortes.

J'aurais gagné, commenta Voldemort.

Dans tes rêves, répondit Harry.

– Des adultes, mais aussi des enfants, continuait Dumbledore. Des sorciers comme des moldus, et peut-être même que cette guerre se serait étendue à l'Europe toute entière.

Il avait été décidé de ne pas parler de la source, ni du retour dans le temps du quatuor, les deux informations étant jugées trop sensibles pour être révélées à tant de monde. Les seuls à savoir toute la vérité restant le quatuor bien sûr, et Dumbledore, Sirius, Remus, Luna et Neville en grande partie. Le premier parce que quatuor y avait été plus ou moins forcé par les circonstances, et Sirius, Remus, Neville et Luna parce que le quatuor leur faisait confiance. Et il y avait Rogue aussi bien sûr. Mais celui-ci était soumis à tellement de serments de tous les côtés qu'il ne pouvait rien révéler à personne.

– Nous avons pu le tenir en respect jusque-là, fit Kingsley. Nous aurions pu le tenir en respect plus longtemps, avec tout le respect que je vous dois Albus.

– Non mon ami, nous n'aurions pas pu, répondit Dumbledore. Parce que Voldemort n'a jamais tenté d'attaquer pour le moment, toutes ses attaques étaient de simples leurres. L'unique action qu'il voulait véritablement réussir était la libération de ses mangemorts d'Azkaban, ce qu'il a réussi à faire deux fois de suite sans aucun souci.

– Voldemort n'a jamais tenté d'attaquer ? Pourquoi ? s'étonna Sturgis Podmore.

– Que voulez-vous dire Albus ? demanda Minerva.

– Qu'il y a toujours eu une trêve avec Voldemort, intervint Sirius d'une voix rageuse. Que depuis le début il y a eu un pseudo accord pour éviter les morts. Que tout ce qui se passe, les attaques et tout cela, n'est qu'une illusion.

Harry poussa un soupir alors que Remus levait les yeux au ciel. Il s'apprêtait à intervenir, mais Luna lui coupa l'herbe sous le pied.

– Mais n'est-ce pas mieux ainsi ? fit-elle d'une voix chantante. N'est-ce pas mieux que de mourir de la main de votre cousine monsieur Black ? Que de savoir que le Professeur Maugrey aurait été assassiné dans une course poursuite en balai ? Que le Professeur Lupin et Tonks auraient été tués pendant la bataille finale, tout comme l'aurait été Fred et des dizaines d'élèves de Poudlard ? Que Dumbledore serait mort d'une malédiction ? Que madame Vance aurait été assassinée en tentant de protéger le premier ministre Moldu ? Que le Professeur Rogue aurait été tué par le serpent du seigneur des ténèbres ? Que Harry aurait donné sa vie pour tenter de sauver tous les autres ?

– Qu'est-ce que c'est que ces sottises ? s'insurgea Maugrey. Cela ne sert à rien d'imaginer des choses jeune fille !

– Je n'imagine pas des choses Professeur Maugrey, répondit Luna. Vous avez connu ma mère Pandora non ? Vous savez qu'elle était une voyante…

Cela sembla figer Maugrey.

Plus le temps passe, plus je trouve qu'elle a de la ressource votre amie à moitié folle, fit Voldemort.

Garde tes salles pattes loin de Luna, répondit Harry d'un ton sec.

C'est vous qui avez mis Luna dans mes… salles pattes… Potter. Et ce serait vraiment malpoli de ma part de ne pas répondre à ses lettres n'est-ce pas ?

Harry grimaça légèrement. Pourquoi diable fallait-il que Luna trouve un intérêt quelconque à écrire à Voldemort ? Harry savait que cela n'était que quelques lettres, – qui avaient commencé quand Voldemort avait prêté un livre sur la sensibilité magique à Luna –, et ils avaient tous demandé à Luna de faire attention, mais évidemment c'était Luna, et elle n'en faisait parfois qu'à sa tête. Et ni Harry, ni Hermione n'aimaient l'intérêt que Voldemort lui portait, même si le mage noir se contentait pour l'instant de prétendument aider la jeune fille.

– Emmeline va mourir ? réagit finalement Hestia Jones.

– Et Fred aussi ? demanda Molly Weasley d'une voix tremblante.

– Impossible, faux frère ! s'écria George. Forge, tu as osé m'abandonner pour affronter seul le monde et maman !

– N'importe quoi Gred, j'ai surement dû me sacrifier héroïquement pour sauver ta peau ! Oh non, je sais, Percy a dû faire une blague et cela a dû tellement me surprendre que j'ai baissé ma garde !

– Très très drôle… répondit Percy d'une voix trainante.

Cela fit éclater de rire Fred et George sous le regard désapprobateur de leur mère.

Des talents de divination chez les Weasley ? C'est intéressant à savoir, fit Voldemort.

Ne peux-tu donc pas t'empêcher de te demander à chaque fois comment tu pourrais au mieux utiliser les gens ? répondit Harry. Et si tu veux tout savoir c'est plutôt Ron qui a quelques prédictions réalisées à son actif, à son plus grand embarras.

– Le futur décrit par mademoiselle Lovegood est un futur qui n'a plus lieu d'être mes amis, et heureusement, reprit Dumbledore. Et je sais que cette décision peut vous sembler mauvaise, que certains d'entre vous aurez préféré se battre et...

– Je refuse de voir mes enfants mourir ! le coupa Molly.

Dumbledore lui fit un sourire rassurant.

– Ce ne sera pas le cas Molly, fit-il. L'accord que j'ai avec Voldemort empêche cela.

Cela ne rassura qu'à moitié Molly, qui se rapprocha de Fred comme si elle s'attendait à ce qu'il se fasse attaquer en plein milieu du Square Grimmaurd.

L'accord qu'il a avec moi, releva Voldemort. Comme si le vieux fou avait encore la moindre importance dans ce qui se tramait…

Dumbledore n'est pas si mal, répondit Harry.

N'essaye même pas Potter. Il n'y a qu'une chose que j'attends de Dumbledore, c'est qu'il disparaisse.

C'est vraiment la dernière fois que j'accepte de te prêter mes yeux, répondit Harry. Quelle que soit la contrepartie.

Comme si j'avais que cela à faire de toute façon.

Harry décida d'arrêter de répondre à ses remarques, et de se concentrer un peu plus sur ce qui se passait au niveau de l'Ordre.

– Et quel est cet accord Albus ? demanda Kingsley. Parce que s'il me semble bon d'éviter les morts, je refuse de voir les né-moldus réduits en esclavage, ou de donner les pleins pouvoirs à Vous-Savez-Qui.

– L'accord est le suivant. Lord Voldemort va mourir officiellement et la guerre va se terminer. Il n'y aura pas de discrimination envers les né-moldus, et la mise en place d'un programme spécialement pour eux pour leur apprendre les coutumes sorcières. Poudlard restera indépendant du Ministère, et sera à ma retraire repris par Minerva. Aucun membre de l'Ordre du Phénix ne sera inquiété pour ses actions pendant la guerre. Voldemort n'aura pas les pleins pouvoirs : si la figure dirigeante officielle du pays sera Lucius Malefoy, les véritables décisions ne pourront être prises que si Voldemort et Harry les approuvent tous les deux. Harry aura bien sur tout mon soutien.

– Harry ? Pourquoi Harry ? demanda Emmeline Vance.

– N'est-ce pas risqué pour Harry ? s'étonna Arthur Weasley au même moment.

Cela fit incroyablement chaud au cœur de Harry de savoir que Arthur s'inquiétait plus de sa santé que de ses capacités de dirigeant.

– Voldemort ne peut me tuer sans mourir aussi, répondit-il à son future beau-père.

Ce n'était pas tout à fait vrai, mais cela sembla rassurer Arthur.

– Et la contrepartie ? demanda Tonks. Parce qu'à part la position de Lucius Malefoy, vous n'avez cité là que des clauses allant dans notre sens.

– Que dans notre sens ? grommela Maugrey. Voldemort ne va faire qu'une bouchée de Potter, si ce n'est physiquement, du moins politiquement.

– Harry est l'un des meilleurs sorciers de son âge ! le défendit Hagrid.

Ron se pencha vers Harry avec un sourire sur le visage.

– Cela me fait toujours rire lorsque les gens sous-estiment ta capacité de nuisance, lui glissa Ron à voix basse. Outch ! Ginny !

– Concentrez-vous tous les deux ! fit Ginny avec reproche.

Harry reporta son regard sur Dumbledore.

– Harry ne sera pas seul Emmeline, Alastor, assurait Dumbledore. Il était le seul à pouvoir prendre cette position de par l'intérêt que Voldemort lui accorde, et comme il l'a déjà prouvé le seul à pouvoir le contrer.

Si l'Ordre croit cela sur parole, ils sont encore plus stupides que ce que je pensais, commenta Voldemort.

Comme décidé plus tôt, Harry ne lui répondit pas.

– Et les contreparties pour Voldemort Albus ? rappela Minerva McGonagall. Vous n'avez pas répondu à la question de mademoiselle Tonks.

– J'y arrive Minerva, j'y arrive. En contrepartie, Voldemort restera bien sûr vivant, même s'il prendra le nom de Marvolo Serpentard, et nous ne pourrons nous en prendre à lui. Ses mangemorts qui seront prêt à accepter l'accord auront l'amnistie – officiellement il sera trouvé qu'ils auront été ensorcelés contre leur gré –.

– Mais c'est insensé ! fit Fleur.

– C'est un scandale ! s'insurgea Maugrey.

– Albus vous ne pouvez accepter cela ! s'exclama Minerva. Vous ne pouvez accepter que des personnes comme les Lestrange, ou le jeune Croupton, ou Pettigrow se retrouvent en liberté ! Après tout le mal qu'ils ont fait…

Les regards se tournèrent vers Neville et Harry, qui haussèrent tous les deux les épaules avec indifférence. Ils avaient tous les deux déjà eu le temps de s'y faire.

– Ceux qui sont déjà à Azkaban y resteront. Et pour les autres, s'ils commettent de nouveau des crimes, ils seront jugés et emprisonnés, intervint Harry. Et je préfère vous savoir tous vivants plutôt que de satisfaire un désir personnel de vengeance. C'était la seule solution acceptable.

Il y eut une discussion houleuse après cela, mais même si certain étaient mécontents, l'aura de vieux sage de Dumbledore fit son effet et petit à petit les membres de l'Ordre acceptèrent l'idée de l'accord. Ni Dumbledore, ni aucun des membres du quatuor ne signalèrent que cet accord était simplement oral.

– Puis-je vous posez une question Professeur Dumbledore ? demanda ensuite Percy.

– Mais bien sûr Monsieur Weasley, allez-y, répondit Dumbledore.

– Toute cette opération va être inconnue du grand public, et pourtant Harry et Vous-Savez-Qui vont être les conseillers du ministre. J'imagine que introduire Harry ne va pas être complexe avec toutes ces histoires d'élu et ses résultats académiques, mais Vous-Savez-Qui lui va avoir besoin de paraître légitime, et je ne vois qu'un seul moyen pour cela. Il est déjà au ministère n'est-ce pas ?

– Effectivement, fit Dumbledore.

– Qui est-ce ? demanda Arthur Weasley. Est-ce que certains d'entre nous le connaissent ?

– Oh, vous le connaissez tous, répondit Sirius. C'est cet enfoiré de Morrello !

– Sirius ! fit Remus avec reproche.

Les diverses personnes travaillant au ministère semblèrent choquées, puis dégoutées d'apprendre cela, toutes ayant déjà dû avoir affaire à lui sans se douter le moins du monde qu'il était Voldemort.

– Cela fait sens en même temps, songea Percy à voix haute. Ces dernières années David Morrello s'est construit un réseau effrayant, et beaucoup de personnes dans les couloirs du ministère en parlent. Je n'aurais pas cru cependant que Vous-Savez-Qui puisse s'être infiltré aussi adroitement dans tous les rouages du ministère…

– Fudge et Scrimgeour sont des idiots Perce, pointa Ginny.

– Ginny, voyons ! intervint Molly.

– Ça a surement été un jeu d'enfant pour lui de s'introduire au ministère, continua Ginny sans prêter attention à sa mère. Déjà l'année dernière Malefoy a failli se faire élire…

Il y eut un frisson dans l'assemblée, alors que Harry eut la distincte impression que Voldemort se remémorait avec dépit leurs confrontations houleuses d'il y avait une année et demi de cela.

– Pourquoi n'avons-nous rien su plus tôt ? demanda Minerva. Nous aurions peut-être pu faire quelque chose contre lui. Ne savais tu pas Severus ?

– Le seigneur des ténèbres ne m'a pas fait confiance une seule seconde depuis son retour Minerva, répondit Rogue avec une acidité qui cachait surement de l'amertume. Et Albus pas vraiment plus. La moindre chose que j'ai pu apprendre à toujours été contrainte par des serments, et l'est d'ailleurs toujours.

Il lança au passage un regard noir à Harry, que celui-ci soutint. Rogue avait beau se plaindre, il n'en restait pas moins que sa position était plus enviable qu'elle n'avait été la dernière fois – même s'il ne le saurait sans doute jamais et continuerait à détester tout le monde –.

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L'annonce de Voldemort fut bien plus directe que celle de Dumbledore. Il avait réuni tous ses mangemorts dans la grande salle du château de Salazar, et avait annoncé de but en blanc qu'il allait prendre le pouvoir, via Lucius Malefoy, que son gouvernement comprendrait des personnes insolites dont Harry Potter, et que toute discrimination de sang-de-bourbes ou de quelque sorcier que ce soit serait punie par la loi.

Les mangemorts suffisamment stupides pour protester furent immédiatement immobilisés par le premier cercle de Voldemort : Lucius Malefoy, Bellatrix Lestrange, Barty Croupton, Nott, Yaxley et Avery, qui, s'ils n'avaient pas eu plus d'information que cela avant le meeting à l'exception de Lucius, avaient déjà depuis plusieurs mois senti que quelque chose de ce genre allait arriver.

Parmi les réfractaires connus se trouvaient Alecto et Amycus Carrow, Rowle et Macnair, ce qui n'étonna pas Hermione qui assistait à la scène sous la forme d'Hélène, en compagnie de Harry qui lui masquait simplement son visage sous une capuche enchantée. Rookwood avait malheureusement eu l'intelligence de ne pas contredire Voldemort, ce qui chagrina Hermione, même si elle devait avouer qu'il leur était utile pour les recherches du rituel pour stabiliser la source.

Voldemort effaça la mémoire des mangemorts réfractaires avec expertise, avant d'annoncer aux autres que ceux qui suivraient ses règles seraient bien sûr blanchis de tous leurs crimes. Cela eut le mérite de calmer ceux dont la désapprobation était moins visible. Il dit ensuite quelques mots sur une bataille à venir dont il les informerait des détails plus tard, et ce fut tout.

Ensuite, Voldemort congédia ses mangemorts, et fit signe à son premier cercle de le suivre jusqu'à son bureau, en compagnie de Hélène et Harry. Ce dernier se laissa nonchalamment tomber dans l'un des fauteuils, avant d'enlever sa capuche et révéler son visage.

– Potter ! s'écria Bellatrix en pointant immédiatement sa baguette sur lui.

– Tu ne veux pas te battre contre moi Bellatrix, je te l'assure, répondit Harry avec un sourire que même Hermione trouva effrayant.

– Comment oses-tu gamin ! s'insurgea Bellatrix. Maître, est-ce que je peux ?

Lucius et Barty se mirent immédiatement en retrait, alors que Nott, Yaxley et Avery semblaient plutôt soutenir l'envie de Bellatrix d'en découdre avec Harry, bien que Voldemort ait affirmé même pas trente minutes plus tôt que Harry ferait partie de son gouvernement.

– Oh, laisse-moi les affronter Voldemort, intervint Harry en se relevant. Qu'on mette les choses au clair dès maintenant.

– Très bien Potter, accepta Voldemort. Mais pas de dommages irréversibles. Et vous faites cela dans la salle de duel, je refuse que vous touchiez à mon bureau.

L'instant d'après ils étaient tous dans la salle de duel, courtoisie de Voldemort, et Hermione fit un clin d'œil à Harry qui était dans sa posture la plus faussement nonchalante face à Bellatrix, Nott, Yaxley et Avery. Puis Harry fit un signe moqueur encourageant les mangemorts à l'attaquer.

Bellatrix réagit immédiatement en envoyant un Doloris suivit d'un sortilège de découpe. Harry les évita d'un bon tout ce qu'il y avait de plus frimeur et renvoya un sortilège de chatouillis qui traversa la pièce tellement rapidement qui Bellatrix se le prit de plein fouet, tombant soudainement au sol sous l'effet.

Hermione soupira devant les simagrées de son ami, et comme s'il l'avait sentie via un sixième sens, Harry se tourna à ce moment-là vers elle pour lui tirer la langue. Mais Nott, Yaxley et Avery avaient enfin décidé de rentrer dans la danse, et Bellatrix avait neutralisé le sortilège de Harry et s'était relevée particulièrement furieuse, et le véritable combat commença.

Cela faisait longtemps que Hermione n'avait pas eu l'occasion d'admirer Harry dans un combat, ne serait-ce que parce que tous les derniers combats où Harry s'était battu elle s'était alors battue avec lui. Et voir Harry se battre était toujours un évènement, un peu comme lorsqu'il évoluait sur un balai. C'était un mélange entre du talent brut et l'inconscience la plus complète. Et un peu trop de fréquentation des Weasley surement.

Et effectivement il n'y avait que Harry pour avoir des stratégies de combat aussi absurdes que de parvenir à envoyer des Expulso non pas sur ses ennemis, mais directement sur leurs sortilèges, faisant exploser ceux-ci en plein air. Ou bien d'utiliser un Wingardium Leviosa pour faire léviter Nott sur le passage du sortilège que Bellatrix lui envoyait, au lieu de simplement bloquer celui-ci. Ou encore d'utiliser Accio sur un mur pour se propulser lui-même de l'autre côté de la pièce dans le but de prendre ses adversaires à revers, sans n'être bien sur touché par aucun sortilège.

Les mangemorts semblèrent croire au début que Harry avait simplement une chance incroyable, mais lorsque Yaxley se retrouva attribué de sabots à la place des pieds, que les cheveux de Nott devinrent une imitation assez réaliste de la dernière coiffure rose vif de Tonks, que Avery ne put plus émettre aucun son à l'exception de croissements, et que Bellatrix se retrouva affublée de la robe de la Belle dans la Belle et la Bête, sans que aucun d'entre eux ne puisse ni se défaire de ces sortilèges, ni toucher Harry, ils durent se rendre à l'évidence que le niveau de Harry était en fait bien au-dessus du leur.

– Il est effrayant, commenta Barty avec une pointe d'admiration.

– Et encore il n'est pas à fond, répondit Hermione. Je dois avouer que je crains un peu le duel entre Voldemort et lui le 31 juillet…

– Le duel ? demanda Barty.

– Vraiment Hermione ? Et pourquoi donc ? intervint Voldemort.

– Vous allez ravager tout ce qui se trouve autour de vous, pointa Hermione. Je sais que Harry est déjà en train de réfléchir aux sortilèges les plus spectaculaires qu'il va pouvoir lancer, et Ron et Ginny ont accepté de l'assister à mon plus grand désespoir. Les journaux et le ministère vont en avoir plein la vue.

Voldemort laissa échapper un léger rire qui crispa Barty et Lucius – qui avaient pourtant déjà vu Hermione et Voldemort interagir plusieurs fois –. C'est le moment que choisit Harry pour leur envoyer dessus le corps stupéfixié de Bellatrix, que Voldemort arrêta d'un geste nonchalant. En quelques pas Harry fut auprès d'eux, Avery, Nott et Yaxley ayant judicieusement choisi d'abandonner.

Voldemort regarda avec ennui les quatre mangemorts qui venaient de se battre et d'un unique mouvement de baguette annula les sortilèges de Harry, y compris le Stupefix de Bellatrix, qui se releva promptement.

– Si tu veux une revanche c'est quand tu veux, gamine, fit Harry. J'ai grand plaisir à te faire mordre la poussière, et suffisamment de raisons personnelles pour souhaiter qu'il t'arrive un petit accident.

Bellatrix choisit sagement de ne rien répondre, se réfugiant auprès de Lucius qui semblait regarder Harry d'un nouvel œil. Comme s'il n'avait pas complètement cru auparavant ce que Voldemort lui avait dit sur le niveau en duel du Survivant.

– Comme vous pouvez le voir Potter n'est pas quelqu'un que je vous conseille de sous-estimer, bien que cela me coute réellement de le dire…, fit Voldemort à ses mangemorts. Ce n'est pas pour rien que le futur gouvernement est une alliance entre Potter et moi, et je compte sur vous pour maintenir l'ordre parmi les mangemorts.

– Bien sûr maître, fut la réponse unanime du premier cercle.

D'un geste ils furent de nouveau tous dans le bureau de Voldemort, et celui-ci leur fit signe de s'assoir, ce que les mangemorts firent avec une prudence évidente, alors que Harry se laisser de nouveau tomber dans un fauteuil, et que Hermione s'asseyait sur le bureau de Voldemort en faisant comme si elle ne voyait pas le regard noir de celui-ci.

– Pour faciliter la transition au pouvoir une bataille entre moi-même et Potter sera mise en scène le 31 juillet, avec la participation bien sûr des mangemorts et de l'Ordre du vieux fou. Cette bataille verra la disparition de ma persona de Lord Voldemort, et permettra la prise de pouvoir de Lucius en tant que Ministre de la Magie dans la foulée. David Morrello reprendra le nom de Marvolo Serpentard et mon apparence.

Ou comment avoir Voldemort au pouvoir sans que qui que ce soit ne s'en rende compte ni ne proteste.

– Alistair Jones va disparaitre du gouvernement, continua Voldemort, puisque c'est en fait Potter et qu'il n'aura plus de raison d'utiliser sa persona. Potter trouvera une excuse quelconque pour justifier cela.

Yaxley, Nott et Avery en firent presque une syncope.

– Et vous allez aussi probablement souvent croiser Hermione Granger, vous lui témoignerez le même respect qu'à Hélène, puisqu'il s'agit de la même personne.

– Pardon ? s'exclama Yaxley.

Hermione annula ses glamours et la potion de vieillissement qu'elle avait prise, reprenant son habituelle apparence aux cheveux broussailleux.

– Hello, fit-elle avec une certaine réserve, attendant l'inévitable explosion.

Et cela ne loupa pas.

– Quoi ? Qu'est-ce que la sang-de-bourbe de Potter fait là ? s'insurgea Bellatrix, sa baguette de nouveau en main.

– Ne te rends pas ridicule une deuxième fois Bellatrix, intervint Lucius. Tes derniers duels avec Hélène n'étaient guère en ta faveur.

C'est avec une pointe de déception que Hermione vit Bellatrix ranger à contrecœur sa baguette. Quoique, elle préférait encore savoir que Lucius au moins avait un minimum de contrôle sur elle, après tout il était prévue que Bellatrix Lestrange soit elle aussi graciée et relâchée dans la nature…

– Bella, fit Voldemort, j'ose espérer que tu ne me donneras aucune raison à l'avenir de penser que tu ne puisses pas être apte à respecter la paix que je vais instaurer.

Bellatrix se tourna vivement vers lui et s'inclina profondément.

– Mon plus profond souhait est de respecter votre volonté, maître, affirma Bellatrix.

– Merveilleux, commenta Voldemort avec une pointe d'ironie. Lucius, un instant je te prie.

Voldemort et Lucius s'éloignèrent légèrement, discutant surement des détails de l'organisation de la bataille à venir, alors que Bellatrix se tournait vers Barty.

– Tu as perdu ton pari Barty ! fit Bellatrix à mi-voix avec une joie évidente.

– Non, répondit Barty avec une joie encore plus évidente. Non, pas du tout.

Le regard de Bellatrix vint se poser sur Hermione qui se contenta d'un petit sourire satisfait, puis de nouveau sur Barty.

– Non, impossible, fit Bellatrix.

– Est-ce vraiment le moment de parler de cela ? intervint Avery en lançant un regard apeuré vers Voldemort.

Cela sembla efficacement calmer Bellatrix et Barty.

– Ce nouveau futur va être complétement dérangé, marmonna Harry à l'oreille de Hermione.

– Vous ne pouvez vous en prendre qu'à vous-même Potter, fit Voldemort alors qu'il était à plusieurs mètres d'eux.

Prouvant sois qu'il avait une ouïe sur développée, soit que Harry et lui partageaient toujours quelques pensées. Harry sembla se retenir de lui faire un doigt d'honneur et Hermione poussa un soupir. Elle sentait qu'elle allait passer les années à venir à faire en sorte qu'ils ne s'entretuent pas trop vite.

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AN : À dans deux semaines.