Raven soupire.
« Ne pense pas ça. Sois positif. Je pensais que tu étais un éternel optimiste ! »
Charles fond en larmes prenant sa tête entre ses mains.
« Charles … »
Hank soigne les blessures de Erik et contrôle son pouls régulièrement.
« C'est faible … » murmure-t-il.
« Non, Erik ne va pas nous lâcher comme ça ! » s'exclame Raven.
« Erik ? Tu m'entends ? » demande Hank.
« J'ai déjà essayé, Hank … »
« Erik, si tu m'entends, fais un signe. »
Raven regarde l'allemand attentivement et son cœur fait un bond lorsqu'Erik bouge faiblement sa main.
« D'accord. Tu m'entends de loin ou de près ? »
« De loin … » dit Erik, la voix faible.
« Ok. Ecoute, je vais devoir te garder à l'infirmerie mais promis je ne te ferais aucune perfusion. D'accord ? »
« Oui … »
« Tu devrais te rétablir assez vite. J'ai soigné toutes tes blessures. »
Erik hoche faiblement la tête puis ouvre faiblement les yeux. Hank lui pose encore quelques questions pour mesurer son état.
« Je vois double … » dit l'allemand.
« Ce n'est pas grave. Cela va passer. Il faut juste que tu te reposes. »
« Nauséeux … Pas très bien … »
Charles laisse des larmes couler le long de ses joues. Intérieurement, il maudit les policiers qui ont tiré sur Erik. Hank demande à Raven et Charles de quitter l'infirmerie afin que l'allemand puisse se reposer. Charles sort et va dans son bureau. Raven le suit.
« Charles ? Il est encore en vie ! »
« Laisse-moi. » dit sèchement Charles.
« Mais, je … »
« J'ai besoin d'être seul, tu peux comprendre ça ? »
Raven tremble légèrement, des fines larmes coulant le long de ses joues.
« Oui, bien sûr … Je te laisse … » dit-elle finalement avant de quitter le bureau.
Charles regarde dehors. Les élèves discutent entre eux au lieu de jouer. Le crash de Erik n'est pas passé inaperçu.
Erik soupire, fixant le plafond.
« Tu as besoin de quelque chose ? » demande Hank.
« … Non … Juste du calme … »
« D'accord. Je suis juste à côté si tu as besoin. »
Erik acquiesce.
« Et Hank … »
Hank le regarde.
« Merci de prendre soin de moi … »
« Pas de soucis. Tu aurais dû voir l'air de Raven lorsqu'elle t'a ramené ici avec Jean. »
« … Inquiète ? »
« En grande partie oui. »
Erik soupire.
« Et … Charles … ? »
« … Repose-toi. » répond simplement Hank.
« Hank … Est-ce qu'il va bien ? »
« … Non. Il déprime un peu en te voyant dans cet état. »
Erik ferme les yeux, pris d'un violent mal de tête.
« Erik ? » s'inquiète Hank.
« Je … Mal à la tête … »
« C'est sûrement l'après-coup suite à ta chute. » répond Hank.
L'allemand gémit de douleur en guise de réplique.
« J'aimerais bien te donner des anti-douleurs mais c'est par perfusion. Je n'ai pas de cachets à proprement dit. »
« … Mal … Horriblement … »
Hank soupire et va préparer une perfusion. Il ne sait pas encore il va la mettre à l'allemand mais pour réduire sa douleur c'est le seul moyen.
« Erik, je suis désolé mais, je vais devoir te faire une perfusion. »
« Pas d'aiguille … »
« C'est pour ton bien, Erik. Je te le promets. Tu iras mieux après. »
« … Non … »
« Erik, nous sommes amis, n'est-ce pas ? Fais-moi confiance. »
Erik rouvre les yeux et regarde le scientifique avec sa seringue. Il tremble légèrement.
« Jamais je ne te donnerais n'importe quoi, Erik. Je ne suis pas comme ceux qui t'ont torturé. Loin de là. »
Erik acquiesce faiblement puis referme les yeux.
« Je peux du coup ? »
« … Oui … »
« Tu as une préférence ? Droite ou gauche ? »
« … Droite … »
Hank relève la manche droite de l'allemand, cherche une veine et applique la perfusion dans son bras. Erik serre les dents pensant à quelque chose de positif.
« Et voilà. Ta douleur devrait s'atténuer. »
Hank règle le dosage d'anti-douleur puis retourne à son poste de travail. Erik regarde d'un air apeuré l'aiguille plantée dans son bras. Les objets métalliques tremblent légèrement.
« Erik, détends-toi, s'il te plaît … » demande Hank.
Charles revient et toise Hank du regard en voyant la perfusion de Erik.
« Pas d'aiguille ! Qu'est-ce que ne comprends pas ? » s'énerve-t-il.
« Calme-toi ! Sinon, il a un mal de crâne impossible ! »
Charles s'approche de Erik.
« Erik, tout va bien ? »
« Oui … Je prends sur moi … »
Charles regarde toujours Hank avec un mauvais air. Ce dernier soupire se concentrant sur son travail.
« Je suis content que tu sois parvenu jusqu'ici. »
Erik esquisse un sourire.
« Je crois que j'ai sûrement effrayé quelques élèves … »
« Non bien au contraire. Ils ne le sont plus parce qu'ils ont vu que comme eux tu peux avoir des moments de faiblesse. Tu fais moins peur comme ça. »
Erik sourit faiblement.
« Tu le verras lorsque tu pourras sortir et aller dans le parc. »
« D'accord. » dit Erik.
Peter arrive en courant.
« Pa … Oups ! Désolé, professeur. Je passerais plus tard ! »
« Peter, reste, j'allais retourner à mon bureau de toute façon. » dit Charles avec un sourire.
Charles embrasse Erik sur le front.
« Remets-toi vite. » lui dit-il avant de partir.
Peter s'approche, un peu timide.
« Jean m'a dit que tu t'étais écrasé dans le parc. » dit-il.
« Il paraît, oui … »
« Tu vas bien ? » demande-t-il.
En quelques secondes, il se retrouve à côté de l'allemand.
« Cela peut aller … »
« Quand je t'ai vu partir, j'ai cru que je ne pourrais plus jamais te parler ! »
Erik sourit faiblement. Aucun doute : cet air il le connaît. Il ne peut pas rejeter Peter.
« Comment tu as su que j'étais ton père, dis-moi ? »
« Bah, en fait, lorsque on te voyait à la télé, j'observais les réactions de ma mère et elle me disait constamment que tu étais le pire homme au monde. Et un jour, je lui ai demandé qui était mon père et elle n'a pas voulu me répondre ! Alors, j'ai fouiné un peu dans ses affaires et j'ai trouvé ! »
« … Perspicace dis donc … »
« Ouais ! Du coup, j'peux savoir pourquoi t'a lâché ma mère comme ça ? »
« … Je ne savais pas qu'elle attendait un enfant … »
« Deux. J'ai une sœur jumelle ! »
« Deux soit … Je l'ignorais. Elle me l'a bien caché … Je l'ai quitté parce que j'étais sur une mission importante pour moi et comme tu le vois, j'aime déjà quelqu'un d'autre … »
« Hum, je vois. Moi, perso, je ne t'en veux pas ! Mais j'espère vraiment qu'on pourra rattraper le temps perdu ! »
« Aucun soucis. » répond l'allemand.
Peter affiche un air ravi avant de quitter l'infirmerie rapidement.
« Il est fatiguant … » commente Hank.
« C'est un rapide, n'est-ce pas ? »
« Oui. C'est sa mutation. Il va vite. »
Erik acquiesce par un bref signe de tête avant de piquer un somme. Hank le surveille tout en bossant sur ses travaux.
