Le lendemain, Charles va dans son bureau. Il est surpris de ne pas y trouver l'allemand. Il se rend donc dans sa chambre. Il est surpris par l'image qui s'offre à ses yeux : Erik qui dort avec un élève endormi. Il sourit et referme la porte sans faire de bruit.
Erik a un avantage : il est père, comparé à lui. Cet instinct si particulier Charles ne l'aura jamais.
« Charles ? » demande Hank.
« Mm ? »
« Tu ne travailles pas aujourd'hui ? »
« Je venais juste voir Erik. Mais, il dort encore. »
« Et moi, je cherchais Théo mais il est introuvable. »
« Tu as essayé dans sa chambre ? »
« Il n'y est pas. »
Charles sonde les esprits et trouve le dénommé Théo.
« Je sais où il est. Rassure-toi, il est entre de bonnes mains. » dit Charles avec un sourire.
« Où ça ? »
« Endormi dans les bras de Erik. Il a sûrement dû faire un cauchemar et Erik l'a trouvé se baladant dans le couloir. »
« Erik ? Dormir avec un élève ? Charles, tu as mis quoi dans ton thé ce matin ? »
« Va voir par toi-même. » répond-il.
Hank entre dans la chambre de l'allemand et reste subjugué par le tableau. Erik se réveille, en bâillant et s'étirant.
« Erik, tu vas bien ? » s'écrie Hank.
« Oui mais, chut. Il dort encore. » répond-il en montrant Théo.
Théo marmonne et Erik le regarde, attentif. Il finit par se réveiller aussi en s'étirant et frottant ses yeux.
« Bien dormi, bonhomme ? » demande Erik, avec un sourire.
Hank reste bouche bée. Théo sourit et répond par l'affirmative avant de descendre du lit. Erik fait de même et s'étire de nouveau.
« J'ai bien dormi, Hank, cette nuit ! » dit-il avec un grand sourire.
« Euh, eh bien, tant mieux, écoute ! »
Théo s'en va tout sourire. Erik garde un léger sourire avant de regarder Hank.
« C'est quoi cet air ahuri, Hank ? »
« Depuis quand tu prends soin des élèves toi ? »
« Il se promenait tout seul ! Il avait un cauchemar, je l'ai alors réconforté. Puis, après, il est revenu me voir. Je l'ai donc pris avec moi et voilà. »
« Mais … Cela ne te ressemble pas ! »
« Je suis père, je te rappelle. J'ai déjà quasiment élevé un enfant. »
Hank se plaque une main sur le front, ayant oublié ce léger détail. Puis il retourne à son labo. Charles regarde Erik avec un léger sourire, une lueur d'admiration dans le regard.
« Pourquoi tu me regardes comme ça ? Je n'ai rien fait d'exceptionnel ... »
« Non, je sais. Mais, je suis admiratif, simplement. »
Erik hausse les épaules.
« Nina a eu la chance de t'avoir comme père ... » commente Charles.
Erik soupire tristement, le souvenir de sa fille décédée étant assez douloureux.
« Elle ne voulait pas que les policiers m'emmènent. Parce que je lui ai dit que, moi, mes parents m'avaient été enlevés. C'est sûr que je ne voulais pas qu'elle vive la même chose mais me livrer était la meilleure solution afin qu'elle reste en sûreté. »
« Tu étais prêt à te laisser faire enfermer pour elle ? »
« Oui, Charles. Si cela lui permettait de rester en vie, saine et sauve, j'étais prêt à sacrifier ma liberté. Je n'ai pas caché à Magda ma véritable identité. Je ne voulais pas vivre dans le mensonge avec elle. Elle était donc prête à l'éventualité que je me fasse arrêter. Mais pas Nina … Elle était beaucoup trop jeune. Voir son père se faire attraper par les policiers, c'était juste une chose impossible pour elle. J'ai tenté avant qu'elle maîtrise ses pouvoirs mais je n'y suis pas parvenu. Elle a attaqué, sans le vouloir, les policiers et l'un d'entre eux a décoché une flèche ... »
Erik serre les dents pour retenir ses larmes, revoyant les deux corps inanimés dans ses bras.
« Erik ... » dit Charles d'une voix douce.
« Je te l'ai dit. Les humains me prennent toujours tout. Ma mère, ma femme et ma fille. C'est qui la prochaine personne ? Toi ? Raven ? »
« Personne. Je te le promets. »
Des fines larmes coulent. Raven arrive, discutant avec Tornade. En voyant les deux hommes, elle hausse les sourcils en se rendant compte que l'allemand a les larmes aux yeux.
« Erik ? » demande-t-elle, étonnée.
« … Quoi ? »
« Pourquoi tu pleures ? »
« Raven, cela ne te regarde pas. » répond Charles, sèchement.
Raven reste sous le choc du ton violent de son frère. Hank arrive, l'air perturbé.
« Euh, Erik, il y a ça qui est arrivé pour toi. »
Erik prend l'enveloppe que Hank lui donne et l'ouvre. Il écarquille les yeux, surpris.
« Erik ? » demande Charles et Raven en cœur.
« … Impossible … Je l'ai vue morte dans mes bras ... »
Charles fronce les sourcils.
« Qui donc ? » demande Raven.
Erik relit plusieurs fois la lettre, perturbé.
« … Impossible ... » répète-t-il.
« Qu'est-ce qui est impossible Erik ? » demande Raven, inquiète.
Erik ne répond pas et sort du manoir. Charles le suit.
« Erik, attends. TU es sûr que ce n'est pas un piège ? »
« Non. Je ne pense pas que ... »
Erik se coupe, net en arrivant dans le hall. Charles arrive derrière lui.
« C'est ... » commence Charles.
« Impossible ... » répète une nouvelle fois l'allemand.
Dans l'entrée, se tient une petite fille, l'air apeurée tremblante. Charles sonde son esprit et regarde Erik surpris.
« Je … Je croyais qu'elle était morte ! »
« Moi aussi ... » murmure Erik.
La petite fille regarde le sol, intimidée et perdue. L'allemand hésite à s'approcher d'elle, ayant du mal à assimiler. Charles le force un peu. Alors, il avance vers l'enfant, tremblant.
« Nina ? » demande-t-il.
La petite fille relève la tête et sourit faiblement.
« Papa ... »
Erik la prend alors doucement dans ses bras et la serre tendrement contre lui. Charles les regarde, heureux.
Dans les jours suivants, Nina est inscrite à l'école et Erik a précisé à Charles qu'il ne veut pas que tout le monde sache qu'elle est sa fille.
« Je suis tellement heureux pour toi, Erik. » dit Charles.
« Et qui sait, peut-être un jour, tu pourras aussi la considérer comme ta fille. » rajoute Erik avec un léger sourire.
Charles rougit légèrement en gardant son sourire. Nina s'intègre vite à l'école pour le plus grand bonheur de son père.
