Une fois revenu au manoir, Charles va s'enfermer dans son bureau, demandant à tout le monde de le laisser tranquille.
Erik est encore parti. Il l'a de nouveau abandonné.
C'est fini. Réveille-toi. Erik te l'a dit … C'est fini entre vous …
Charles émet un petit gémissement de tristesse, la tête baissée entre ses mains.
Comment as-tu pu penser une seule seconde que tu finirais avec Erik pour le reste de tes jours ?
Le télépathe n'arrive plus. Il ne parvient plus à endiguer toute la souffrance qu'il ressent. Comment a-t-il pu croire qu'un jour il verrait leurs deux noms accolés sur un bout de papier ?
Tu es un peu trop rêveur … L'amour sincère ne compte pas aux yeux de l'allemand …
« Pourquoi Erik ? » s'écrie Charles dans un élan de désespoir.
Pourquoi ne m'a-t-il pas achevé pour de bon ?
Hank arrive précipitamment dans le bureau.
« Je ne veux voir personne ! » hurle Charles en voyant le scientifique.
« Nous t'avons entendu à l'autre bout du manoir ! Les élèves se demandent ce qu'il se passe. »
« … Fichez-moi la paix, bordel de merde ! »
Laissez-moi me détruire à petit feu en paix !
Hank sent un léger pincement au cœur en voyant les larmes couler sur les joues du professeur.
« Charles … »
« Dégage ! Dehors ! »
Hank n'insiste pas et sort du bureau refermant la porte derrière lui. Charles envoie valser les dossiers, bien disposés sur le bureau, au sol.
Allez, Erik. Reviens encore au manoir et achève-moi pour de bon. C'est ce que tu fais depuis la seconde même que tu es venu dans mon monde …
Charles pleure en silence, seul témoin de sa souffrance intérieure. Il prend, finalement, la décision d'aller dans sa chambre. IL y va puis se dirige vers la salle de bain attenante. Sur son chemin, il ne prête pas attention aux regards des élèves inquiets. Il se regarde dans le miroir.
J'ai vraiment un air pitoyable … Erik a été efficace pour m'enfoncer plus bas que terre …
La culture populaire dit que les histoires d'amour peuvent bien finir, mais, cependant, certaines peuvent finir très mal. Le télépathe pensait pouvoir vivre une belle histoire d'amour avec Erik. Mais leur divergences de point de vue a provoqué l'effet inverse.
Pourquoi suis-je tombé amoureux de cet homme ?
Charles se regarde de nouveau dans le miroir : handicapé, chauve et seul en amour … C'est bien loin de l'image que voulait se donner le télépathe.
Erik m'a brisé … En mille morceaux. Moi qui pensais qu'il tenait réellement à moi …
Le professeur s'observe encore longuement son propre reflet dans le miroir. Puis, il s'approche du plan de travail, fouillant les divers tiroirs à la recherche d'une lame tranchante.
En réalité, je n'ai jamais compté pour lui … Il avait besoin de moi pour ses pouvoirs mais maintenant … Il sait les maîtriser …
Des fines larmes dévalent les joues du professeur. Il finit par trouver une lame de rasoir et la prend dans sa main. Il la contemple à lumière du jour passant à travers la fenêtre de la salle de bain.
Quelques entailles et ce sera bon …
Des larmes gouttent au sol. Charles entend quelqu'un arriver dans sa chambre.
« Charles ? C'est moi, Jean. Hank m'a dit que tu n'allais pas bien. Je sais que tu ne veux voir personne mais s'il te plaît. Dis-moi ce qui se passe … »
Je perds pied … Raven morte … Hank sur mon dos … Erik parti encore … Je craque …
Jean frissonne en entendant cela.
« Mais tu m'as encore moi. Ainsi que tous les autres X-Men. Et les élèves ? Tu y as pensé ? »
Un monde sans Raven peut-être … Sans Hank, pourquoi pas … Mais sans Erik ? Impossible …
« Tu es plus fort que ça, Charles. Ne te laisse pas faire ! »
Je coule …
Jean localise l'esprit de son mentor dans la salle de bain. Elle y entre et reste stupéfaite en voyant le professeur avec une lame dans sa main.
« Charles … » dit-elle, choquée.
Charles ne dit rien, restant face au miroir. Jean s'approche de lui.
« Pose ce couteau … » demande-t-elle gentiment.
Le télépathe a les yeux fermés et ne repose pas le couteau.
« Charles, pose ce couteau. » dit-elle d'un ton plus ferme.
Je veux en finir. Laissez-moi mourir en paix.
Jean plaque une main sur sa bouche.
« Charles … »
Hank la rejoint et reste immobile à côté d'elle.
« Il … Hank … »
« Trouve Erik. » ordonne Hank.
Je vais lui régler son compte à cet allemand de merde !
Je t'entends Hank.
« Je sais. Mais, tu as vu dans quel état tu es encore à cause de lui ? »
« Je ne veux pas voir sa sale tronche. Pas pour qu'il me brise encore plus. » réplique Charles froidement.
« M'en fout. Il va ramener son cul ici. Jean. »
« Oui. Je l'ai trouvé. Il arrive. » répond-elle.
Erik arrive quelques minutes plus tard. Hank le frappe violemment au visage.
« Maintenant, tu te mets à genoux et tu t'excuses auprès de Charles. Après, tu dégages d'ici. » lui dit Hank, sèchement.
« M'excuser ? Mais, pour quoi ? »
« Regarde son état déplorable ! »
Erik regarde Charles, avec sa lame dans la main. Hank et Jean s'en vont.
« Charles … ? »
« … Dégage, connard. »
« Je n'ai pas ma place ici. Désolé si je ne reste pas. »
« DÉGAGE ! » hurle Charles.
Erik sursaute sous la violence du ton employé par Charles.
« Charles … Laisse-moi m'ex … »
« LA FERME ! DÉGAGE DE CHEZ MOI ! »
Hank arrive en courant.
« Charles ! On t'entend à l'autre bout de l'école ! »
Erik sent une larme couler le long de sa joue et son cœur se briser.
« Je … Je … »
« VA-T'EN ! JE NE VEUX PLUS JAMAIS TE REVOIR ! SORS DE MA VIE POUR DE BON ! »
Hank regarde les deux hommes comme s'il assistait à un match de tennis.
« Mais, Charles, je … »
« DÉGAGE ! »
L'allemand reste immobile, regardant le télépathe.
« Charles … S'il te plaît … Ecoute-moi … »
« NON ! JE NE T'ÉCOUTE PLUS ! »
Erik finit par craquer et fondre en larmes à genoux devant Charles.
« Je n'arrive pas à te rendre heureux ... » murmure-t-il.
« NE PERDS PAS TON TEMPS ! »
L'allemand ravale ses sanglots et prend son courage à deux mains.
« Mais pourtant … Je t'aime tellement … »