L'or cascadait du ciel. Une nuée de feuilles jaunes vif virvoltait dans les airs. Le sol en était recouvert. Un beau tapis d'or qui sentait bon l'humus. Une pluie légère chantait sa mélodie sur le sol, chant que ne perturbait que les pas d'une troupe. Soudain une flèche atterrit juste devant lui… et Luc se réveilla en sursaut.
Il avait rêvé, vite il réveilla Erwin et Michel pour leur raconter. Les deux se demandèrent ce que cela voulait dire. Est ce qu'il fallait qu'ils attendent l'automne ? Ils n'avaient pas le temps. Non ils iraient à Sylvestre et ils chercheraient des indices
Ils attendirent que les filles soient levées pour les mettre au courant et Louane rit.
Mais si ! C'est limpide, la sphère se trouve dans la partie du biome qui est en automne.
Pardon, murmura Erwin
Oui ! Ici c'est l'été mais à 20km c'est le printemps ou l'automne… comme ça on profite de toutes les saisons
Donc ma vision n'est pas dans 4 mois mais dans x kilomètres, c'est bien ça ? Dit Luc.
Oui c'est exactement ça, du Louane en lui souriant.
Erwin exultait, la partie s'annonçait plus facile que prévue. Luc aussi souriait, mais surtout à Louane.
Il faisait bon et frais sous les arbres, mais il faisait déjà chaud quand ils se mirent en route. Bizarrement ils cheminaient classés par âge et c'est le vieux Michel qui menait la marche. Malgré son age, il était alerte. Choupette trottait devant lui et tuait tous les monstres, mais il était dur de donner un age à l'araignée.
Ils étaient entourés de gros sequoia grands comme des montagnes. Puis à mesure qu'ils avançaient ils virent des chênes et des hêtres, puis ils débouchèrent peu après midi dans une clairière de cerisiers en fleurs. Il décidèrent d'y faire leur pause casse croute, tant l'endroit était calme.
Pour le repas Erwin avait envoûté la clairière et les pétales délicats comme des flocons de neige recouvraient le sol mousseux. Tout semblait en paix et nos amis restèrent un petit moment à se reposer près d'un joli ruisseau qui s'écoulait de vasque en vasque. Luc se baigna les pieds se qui fit rire les filles, puis il éclaboussa Choupette qui était loin d'être ravie. Michel faisait un somme et Erwin cherchait sur le plan où ils étaient.
Voilà ! Nous sommes à deux kilomètres de Printania, dit'il. Là-bas nous demanderons où se trouve la zone de l'automne.
Il regarda sa troupe éparpillées sous les arbres en fleurs qui le regardait presque en le suppliant.
Bon, d'accord encore une demi heure…
Les autres Lui sourrirent et retournèrent à leurs occupations. Ils profitaient de l'atmosphère de serenité qui se dégageait de l'endroit.
Puis ils se remirent en route sous la pluie de pétales. Arrivés à la ville, ils n'en crurent pas leurs yeux. Printania était une ville suspendue. Au dessus d'eux des passerelles peintes en blanc, enlaçaient les grands arbres. Chaque morceau de bois était sculpté ou torsadé, le rendu était sublime. Ils demandèrent la direction de l'automne au marchant chez qui ils se réapprovisionnèrent (avec des fausses émeraudes).
C'est cette route qui part vers le nord, répondit le commerçant, en marchant vite vous y serez avant la nuit.
Merci, dirent ils, honteux d'avoir trompé ce brave homme.
Sur la route Luc fit part de son opinion :
On ne devrait pas payé avec des fausses émeraudes…
Ne t'inquiètes pas, je melange les fausses à de vraies émeraudes. Comme ça le larcin se voit moins.
C'est ingénieux reconnut Louane.
Ils pressèrent le pas en direction de Castegna. Le temps était toujours printanier et la troupe en était ragaillardie.
Soudain ils furent de nouveau en été mais il faisait lourd et le ciel était noir. Ils n'eurent pas le temps de se mettre à l'abri qu'un gros orage éclata. Ils furent trempés en cinq minutes. Puis brusquement ce fut l'automne et l'air frais du soir les fit frissonner.
Tout était comme dans le rêve de Luc, le jaune d'or était omniprésent. Les feuilles tombaient des arbres en un doux bruissement, comme un murmure. Le bruit de feuilles sèches sous leurs pieds couvrait tous les autres bruits. Il pleuvait légèrement ce qui faisait scintiller l'or des feuilles. Ils cheminaient dans un bosquet de bouleau quand ils débouchèrent sur Castegna. Mais personne ne les attendaient avec des flèches. La bourgade était aussi charmante que Printania. Mais ici l'esthétisme était plus sobre et les boiseries concervaient leur couleur originelle. Des ponts couverts courraient d'arbre en arbre, de maison en maison. Un grand escalier s'enroulait autour du tronc d'un énorme châtaignier sous lequels on pouvaient voir des tonnes de châtaignes alléchantes. Ici aussi on éprouvait une certaine sérénité.
Ils choisirent de se construire une cabane un peu avant la ville. Ils s'eloignèrent un peu de la ville et de la route et établirent leur bivouac sur une petite butte.
Louane et Erwin montèrent la cabane, Michèle et Adèle faisaient cuir du porc pour le dîner, avec quelques châtaignes qu'ils avaient ramassé un peu plus tôt, et Luc partit chercher de l'eau au ruisseau.
Luc pensait à Louane tout en marchant sans hâte, il se demandait s'ils ne mettraient pas la mission en péril si ils sortaient ensemble. Mais elle aussi avait l'air amoureuse, alors…
Il en était là de ces réflexions quand une flèche le frolla. Il stoppa net :
Qui va là dit il en sortant son épée de diamants.
Il pensait à son rêve mais ce n'était qu'un squelette qui sortit du sous bois. Prestement Luc le tua et recupera son arc.
Plus soucieux, il puisa de l'eau puis rentra à la cabane, se mettre au chaud et au sec.
Quand il raconta son histoire les autres se mirent à se moquer gentiment :
Tu as une meilleure maîtrise de toi-même Luc, avant tu n'en aurais pas dormi de la nuit ! Rit Michel
Et tu ne te serais pas battu, renchérit Erwin
Tu aurais du prendre choupette, dit Adèle
Ils serait préférable maintanant de se déplacer par groupe dit Louane, c'est trop dangereux d'etre seul.
Luc ronchonna quelque chose et se mit à table. La maison était toute petite mais bien agencée. Elle avait peu d'ouverture pour se défendre contre les monstres en cas de besoin. Néanmoins la pièce était bien éclairée par une dizaine de bougies et le ragoût de porc au châtaignes était délicieux.
Après le repas ils restèrent un peu à discuter pour mieux se connaître. Il s se sentaient vraiment liés par cette bataille sur le bateau, cependant ils évitaient d'en aborder le sujet. Ils se complaisaient dans la douceur de cette journée.
Luc s'endormit près du feu et ronflait légèrement.
Son père se levait à l'aide d'une canne et pouvait marcher, il sortait d'une sorte de hutte et se retrouvait face à une forêt enneigée.
Luc ouvrit les yeux et sourit
Mon père est guéri ! Il est dans une forêt et il a une béquille.
C'est une très bonne nouvelle ! Jubilla Michel.
Oui, sur cette bonne nouvelle allons nous coucher, ajouta Erwin.
Bonne nuit, murmura Louane.
Bonne nuit les amis, rit Adèle.
