Disclaimer : les personnages de cette histoire sont TOUS à JK Rowling.
Couple : HP/DM léger
Résumé : Voldemort vient de tomber, la guerre est finie et un nouveau monde doit se construire. Mais Draco Malfoy cache quelque chose. Le trio doré doit garder ses sens en alerte et la paix ne semble pas encore garantie.
Petit post it : "Et ça continue encore et encore... C'est que le début d'accord d'accord !" ^^ Mince, mes références musicales datent un peu... Allez, bonne lecture !
CHAPITRE 16 : Occlumancie.
Granger et Weasley discutaient à voix basses, en pyjamas sur leur grand lit ridicule et leur jetaient régulièrement des coups d'œil curieux. Coquecigrue, pour une fois, dormait déjà perché sur leur baldaquin. Potter et lui s'étaient installés de l'autre côté du dortoir, vers le lit de Finnigan. Draco avait commencé par lui expliquer les principes de base de l'Occlumancie, même si le Gryffondor avait marmonné qu'il les connaissait. À présent, il lui présentait la méthode pour apprendre à maîtriser cette science, à savoir la Légilimancie.
- Mais comme ma tante ne m'a appris que l'Occlumancie, conclut-il, je ne peux pas faire comme ça.
- Tant mieux, ça n'avait pas marché avec Snape, lâcha Potter d'une voix morne.
- À la place on va se servir de ton empathie.
- Comment ça ?
- Je vais essayer de t'envoyer des sentiments, et toi tu vas les bloquer. C'est le but de toute façon, non ?, lâcha Draco d'une voix lassée.
Le brun se contenta de hocher la tête. Draco lui détailla les techniques que lui-même utilisait : faire le vide dans son esprit, se concentrer sur sa respiration.
- C'est comme la méditation en fait, expliqua-t-il. Tu observes ce qui se passe dans ta tête, dans tes pensées, et tu passes à autre chose. Petit à petit, ton esprit va se calmer.
- Tu… tu pratiques la méditation ?, s'étonna Potter.
- Non, je te dis juste que c'est pareil, s'agaça Draco.
- Parce que c'est un truc moldu ça, tu le sais ?
- Potter, tu veux apprendre ou pas ?
Le Survivant lui fit un large rictus moqueur et le laissa poursuivre.
- On commence, et c'est à toi de me dire quand tu veux arrêter parce que contrairement d'avec la Légilimancie, je ne saurais pas où tu en seras.
Potter hocha la tête et se concentra. Il s'était assis en tailleur, sur le lit, face à Draco qui était resté debout. Doucement, le blond laissa tomber ses barrières d'occlumens. Mais très vite, Harry rouvrit les yeux qu'il avait fermés.
- T'as commencé là ?, demanda-t-il. Parce que je ne ressens rien.
- Tu crois que c'est facile aussi ?, s'agaça Draco.
- Ah ! Ça y est, ricana Potter. Allez, reste encore un peu énervé que je puisse m'entraîner.
Sa remarque fonctionna : Draco eut envie de lui mettre son poing dans la figure. Mais à la place il observa le visage de son improbable élève. Celui-ci grimaçait légèrement. La colère ne devait pas être une émotion facile à ressentir pour lui. La grimace se changea en moue dubitative.
- Tu es curieux de quoi exactement ?, demanda Potter.
- De si tu vas vraiment essayer de te concentrer, imbécile, répondit Draco que les digressions du brun agaçait de nouveau.
- C'est vraiment étonnant, lança de nouveau Potter en rouvrant les yeux pour le regarder.
- Quoi ?
- En me concentrant comme tu m'as expliqué, j'arrive encore plus à savoir quels sentiments la personne à côté de moi, en l'occurrence toi, ressent.
- Le but, c'est que tu ne les ressentes plus, pas que tu les comprennes mieux, lui fit remarquer sèchement Draco.
Le Gryffondor referma les yeux et se concentra de nouveau. Mais très vite, faisant soupirer le blond, il reprit la parole.
- Si tu es fatigué, on peut arrêter.
- Bordel Potter, on vient juste de commencer !
- Oui mais je ressens ta fatigue, expliqua Potter.
- Et bien parfait, concentre-toi là-dessus, qu'on en finisse !
- Très bien, murmura le brun qui sembla vouloir enfin jouer le jeu. Donc là j'ai ta fatigue qui m'épuise un peu aussi, ta colère qui me fait mal dans la poitrine, et l'amour de Ron et Hermione qui me donne envie de rire tellement je suis heureux pour eux.
Il rouvrit les yeux et les planta dans les prunelles grises de Draco.
- Franchement, je ne sais pas quoi faire de tout ça.
- T'es nul Potter, lâcha sombrement Draco.
Le blond se frotta l'arrête du nez un instant et reprit :
- Comment tu peux être aussi nul pour calmer tes pensées alors que tu arrives à calmer les miennes en quelques secondes ?
Potter sembla sérieusement réfléchir à la question avant de répondre.
- Parce que l'empathie est tournée vers les autres, pas vers soi-même.
- Et bien tu devrais essayer de temps en temps.
- D'être aussi égoïste que toi tu veux dire ?
Les deux jeunes sorciers s'observèrent. Tout en ayant jamais été aussi proches depuis le début de leur houleuse relation, ils se découvraient véritablement deux caractères opposés.
- Ça te ferait pas de mal, finit par répondre Draco en croisant les bras.
- Ça va dans les deux sens Malfoy, enchaîna Potter. Un peu d'empathie ne te tuerait pas.
- Ça reste à voir, grommela le blond. Bon, tu m'as gavé, je vais me coucher.
Il tourna les talons et se dirigea vers son lit. Il prit son bas de pyjama sous son oreiller ainsi que la cape d'invisibilité et se rendit à la salle d'eau. Si Potter ne voulait pas faire d'efforts, c'était tant pis pour lui. Il se prépara machinalement, prenant le temps d'observer son corps. En quelques jours d'enfermement dans la tour Gryffondor, et malgré les mauvaises nouvelles et nuits qui s'étaient enchaînées, il avait l'impression d'avoir repris un peu de poids. Grâce aux plateaux assez chargés de Kreattur, sans doute. Son regard se posa sur la Marque. Elle le picotait légèrement et la sensation, comparée aux affres douloureuses des autres fois, était presque agréable.
Il enfila son pantalon et retourna dans la chambre, sans s'inquiéter des trois Gryffondors qui discutaient depuis leur lit respectif. Il se glissa dans ses draps et prit son livre de métamorphoses. Il ne savait pas encore si ce serait possible, mais il espérait demander à McGonagall de quand même passer ses ASPIC à la fin de l'année. Il n'avait pas manqué beaucoup de cours et apprenait très bien tout seul. Il pensait pouvoir en obtenir au moins sept.
- Tu n'as pas froid Malfoy ?, lui lança soudain la voix de Weasley.
- Non, et si tu as peur que ta petite amie me regarde plus que toi, tu peux toujours fermer tes rideaux, répliqua Draco sans même lever la tête.
Au léger couinement qu'émit le rouquin, Draco comprit que Granger avait dû le réprimander.
- Avant que tu ne reviennes, lança soudain Potter, on se disait que ton idée de calmer l'Horcruxe était sans doute la meilleure.
- Évidemment, répondit le blond en se redressant pour le regarder en face. Il n'y a que ça à faire de toute façon.
- Et tu y arrives ?, se renseigna Granger.
Il haussa les épaules sans répondre. Le silence s'éternisa jusqu'à ce que Weasley demande si les lumières pouvaient être coupées.
- Sans vouloir faire mon rabat joie, lança-t-il la tête déjà dans son oreiller, j'ai une longue journée de révisions qui m'attend demain.
- Tu as de la chance, maugréa Hermione en se couchant à son tour et en tirant les rideaux de leur lit. Moi je me coltine la famille d'Harry, poursuivit sa voix derrière les tentures.
Draco haussa un sourcil et se tourna vers Potter qui rigolait.
- Ta famille ?, demanda-t-il. Quelle famille ?
- Chut on dort !, lança la voix forte de Ron.
- C'est ça oui, répliqua aussitôt Draco.
- Mettez un silencio !, ajouta Potter.
Les rideaux du double lit brillèrent un court instant, preuve que le sort venait d'être lancé. Draco reposa son regard sur Potter qui commençait à fermer les yeux.
- Alors, quelle famille ?
Le brun soupira et se redressa légèrement pour le regarder.
- Mon oncle et ma tante moldus.
- Ah, répondit Draco avec une moue dégoûtée.
- Ma tante est la sœur de ma mère, poursuivait Potter.
- Ça va, ça va, pas besoin de plus de détails, l'arrêta Draco d'un ton maussade.
Il ferma son livre et éteignit à son tour sa lumière.
- Je suppose que tu sauras te débrouiller tout seul cette nuit ?, lâcha la voix courroucée de Potter dans la chambre plongée dans le noir.
- Ça dépend de ce que tu proposes Petit Pote Potter, s'amusa Draco en croisant ses mains sur son ventre.
- Je confirme, grogna le brun qu'il entendit se retourner, tu te démerdes.
Malfoy eut envie de ricaner. C'était tellement facile de l'énerver ! Cependant, dans le calme nouveau du dortoir, il se demanda si c'était une bonne idée de se mettre à dos son calmant le plus efficace. Il laissa ses pensées vagabonder : sa mère, la mort de son père, les ASPIC, l'avenir. Il songea que son plan de mariage semblait passablement mis à mal. L'idée de base n'était pas mauvaise, mais ce n'était plus du tout sa priorité. Surtout, il voyait dans sa fréquentation forcée du trio doré une autre possibilité de regagner sa place dans le monde sorcier. Possibilité plus intéressante qu'un mariage puisqu'elle le laissait parfaitement libre.
Il comprit aussi que c'était cette fréquentation qui seule pouvait l'aider à endormir l'Horcruxe. S'il était resté entouré de personnes qui partageaient les idéaux de Voldemort, le morceau d'âme de ce dernier n'aurait eu aucun mal à se nourrir régulièrement, chaque jour, des conversations et des humeurs autour de lui. Grâce au trio, petit à petit, Draco voyait les choses sous un autre angle et cela bloquait l'Horcruxe.
Il leva un bras pour se masser l'épaule tout en tendant l'oreille. Il tourna légèrement la tête vers le lit de Potter et constata que celui-ci ne dormait pas. Il était assis dans son lit et contemplait un morceau de miroir cassé.
- Potter, l'appela Draco en murmurant.
Le Gryffondor tourna la tête vers lui.
- Quoi ?
Draco se retrouva un instant désarçonné. Il avait eu envie d'attirer l'attention du brun, mais il n'avait en réalité rien à lui dire.
- Qu'est-ce que tu fais ?, finit-il par demander.
- Rien.
Il vit Potter poser le miroir sur sa table de nuit et s'allonger en lui tournant le dos. S'il y avait une chose que Draco n'aimait pas, c'était être ignoré.
- Potter, j'ai une idée pour l'Occlumancie.
Mais sa remarque n'attira aucun changement dans l'attitude du brun qui ne bougea pas. Persuadé qu'il l'écoutait quand même, il poursuivit.
- En ta présence, j'essaierai de moins la pratiquer moi-même pour que tu puisses t'entraîner.
Cette fois, Potter bougea et lui fit face, depuis son lit
- Si je comprends bien, murmura-t-il dans l'ombre, tu me proposes de me laisser un accès libre à tes émotions ?
- T'enflammes pas le balafré, ça sera quand je veux et où je veux.
- Peu importe, grommela le brun en reprenant un ton blasé. J'ai passé une journée bizarre, j'aimerais dormir.
- Moi aussi, rétorqua Draco. Mais je n'y arrive pas.
- Tu as mal ?, demanda Potter.
Pour seule réponse, Draco laissa s'échapper le fort sentiment de solitude qu'il ressentait. Il pensa à tous ses étés, seul au Manoir. À ses amis Serpentards qui n'en étaient pas vraiment. À l'amitié qui reliait le trio et qui l'isolait. Cela sembla fonctionner puisqu'il entendit un gémissement provenant du lit de Potter.
- Arrête…, grinça celui-ci. Qu'est-ce que tu veux ?
- Que tu t'entraînes, répondit Draco d'une voix sourde.
Un silence lui répondit, puis, les draps de Potter bougèrent. Il entendit des pas s'approcher et son matelas s'affaissa. Il n'eut pas besoin de tourner la tête pour savoir que le Survivant le regardait, assit à côté de lui.
- C'était quoi ça ?, lui demanda-t-il visiblement impatient.
- Je voulais juste te donner une première occasion de t'entraîner, mentit Draco. Et tu as échoué.
- Ça m'a fait mal oui, confirma Potter, mais je ne crois pas que tu aies fait ça pour moi. Tu l'as fait pour toi.
- Qu'est-ce que ça pouvait m'apporter ?, demanda Draco en se tournant enfin vers lui.
- Que je vienne t'aider sans que tu me le demandes vraiment.
Le blond ouvrit la bouche pour riposter mais la referma aussitôt. Il fronça les sourcils. Ce crétin était agaçant avec sa clairvoyance empathique. Il ne trouva rien à redire non plus quand Potter souleva son drap pour se glisser en dessous, ne se gênant pas pour lui envoyer un pied dans le tibia au passage.
- J'adore ta douceur au lit Potter, siffla aussitôt Draco en se décalant légèrement.
- Tais-toi et range tes émotions, répliqua le brun en lui tournant le dos.
- Pourquoi ? Je sais que ça te fait mal, ce serait dommage de m'en priver, non ?
Mais il ne recommença pas. Il était agacé de se rendre compte qu'il avait vraiment voulu que Potter vienne plus près.
- J'estime que savoir cacher mes sentiments est ma plus grande force, murmura-t-il d'un ton ferme.
Le brun se retourna aussitôt entre les draps pour lui faire face. Ses yeux verts sans lunettes brillaient d'une lueur de colère et de compassion tout à la fois.
- Et moi je crois au contraire que c'est ta plus grande faiblesse. C'est ce qui fait que tu t'aies souvent laisser guider par la peur Malfoy.
Ils se défiaient du regard. Cette conversation chuchotée au beau milieu de la nuit n'arrangeait en rien leur fatigue accumulée.
- Je n'ai pas peur, siffla Draco.
Finalement, le blond regrettait son petit jeu. Il aurait dû s'en douter depuis le début : jouer avec ses propres sentiments n'était pas une bonne idée.
- Si, affirma Potter. Là tout de suite, tu as peur que je retourne dans mon lit parce que tu as peur de faire un nouveau cauchemar. Et en même temps, tu as peur que ce soit moi qui parvienne à t'aider, parce que je suis déjà passé par là.
Draco ne répondit rien. Il n'avait jamais vu les yeux de Potter d'aussi près, aussi brillants.
- C'est une faiblesse de ne pas savoir demander de l'aide, de ne pas savoir dire quand ça ne va pas.
- Tu veux pourtant apprendre à contrôler tout ça, comme moi, l'attaqua Draco.
- Parce qu'on me force à le faire, répliqua Harry en baissant encore un peu la voix. Et parce qu'il y a sans doute un juste milieu entre trop de sensibilité et un cœur de pierre.
Ils étaient allongés face à face, légèrement redressés sur un coude. Les mots du brun faisaient échos à ceux que Pansy lui avait dit, une fois, alors qu'ils essayaient d'être un couple. On l'avait façonné comme ça, avec ce cœur de pierre.
- Je ne sais pas être autrement, souffla-t-il.
Il regretta aussitôt ses paroles qu'il aurait voulu garder à l'état de pensées. Mais était-ce dû à cette empathie exacerbée ? Il avait l'impression que si quelqu'un pouvait le comprendre, même un peu, ce ne pouvait être que Potter. Il abandonna la vision du regard émeraude et se rallongea sur le dos, les mains sur son torse nu.
- Tu ne serais pas toi, je t'aurais pris dans mes bras, murmura la voix du sorcier à ses côtés.
- J'en ai de la chance, marmonna Draco.
Un bras passa pourtant au-dessus de lui pour se poser en travers de sa poitrine. C'était simple, mais ça l'apaisa aussitôt. Il ferma les yeux et décida qu'il avait bien trop parlé pour la journée.
à suivre...
Ce que j'ai aimé faire dans ce chapitre et dans pas mal de scènes où Harry et Draco sont ensemble, c'est glisser des phrases innocentes aux yeux d'un lecteur lambda, mais qui prennent un sens beaucoup plus "lemonisées" pour les lecteurs de M qui ont l'habitude de me lire. hihihi
Bref, j'espère que ces petits rapprochements entre nos deux sorciers vous plaisent, sans vous frustrer ! ^^ Merci pour votre lecture ! Bises !
Lusaka.
