Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas.


Un soldat mazoku aux cheveux vert s'avança d'un pas déterminé dans les couloirs du manoir de Gwendal, voilà presque un jour qu'il n'avait pas vu son seigneur. Depuis l'intervention qu'il avait eu avec son collègue à propos du chat. Il arriva devant la porte et frappa deux brefs coups sur la porte en bois qui donnait sur le bureau. Il espérait seulement ne pas tomber sur une scène d'intimité. Son inquiétude était si grande qu'il rentra tout de même, malgré le manque de réponse. Le rouge venant colorer ses joues. Il ouvrit la porte avec lenteur, son cœur battant comme un dingue dans sa poitrine.

« Seigneur Gwendal… Je suis navré de vous déranger… Mais ça fait presque un jour que... »

La porte avait fini par dévoiler son secret. Le seigneur de ses terres était dans une pièce à moitié éclairée par les rayons du soleil des premières heures du jour, il était légèrement penché, concentré à tricoter ce qui semblait être passa première peluche. La pièce était envahie de ces animaux fabriqués des mains du seigneur. Les jambes croisées, le pied surélevé semblait suivre une mélodie qui lui était propre. À ses pieds trônait une pelote de laine bien entamée. Le soldat la trouva un côté mignon, même s'il avait bien du mal à deviner quels animaux étaient déjà présent, il en avait tellement… Il s'avança.

« Pardon Seigneur… Je voulais savoir si vous alliez bien… Je ne voulais pas vous déranger pendant votre activité. »

Gwendal posa un regard sur le soldat qui recula un peu effrayé par son seigneur.

« Ce n'est pas qu'une activité pour passer le temps. Elle m'aide à me concentrer.
- Je ne permettrais pas de juger votre façon de vous concentrer, seigneur…
- Je m'inquiète non seulement pour Conrad, mais aussi pour Yuuri, il a l'âge qu'aurai pu avoir un de mes enfants. Sans parler que j'ai été sûrement trop violent avec votre collègue lors de cette histoire de chat. Désolé.
- Ne vous excusez pas seigneur, vous avez raison pour les animaux, les chats ne sont pas dangereux…
- Vous désirez une de mes créations.
- Je ne suis pas sûr d'en être digne, mon seigneur. Après tout, je vous ai dérangé.
- J'insiste, prenez. »
Gwendal prit une des peluches et la posa avec force dans la main du soldat. Il était bien inutile de refuser un cadeau de son seigneur. Mais où allait-il pouvoir mettre cette chose.
- Merci, seigneur.
- Votre nom, Soldat ?
- Bernold. C'est un cochon noir seigneur ?
- C'est un ours…
- Désolé ! »

Le soldat laissa son seigneur, non sans lui avoir laissé de quoi se restaurer un peu sur le bureau… Il posa ses yeux de couleur bordeaux sur le ciel. Il espérait revoir bientôt ceux qui s'étaient absentés.

Dans une auberge, Wolfram tenait l'affiche qu'avait prise Yozak. L'espion semblait vraiment gêné par ce qui était écrit. L'affiche disait clairement qu'il recrutait des jeunes garçons de préférence beau et manieur d'épée. Il se demandait pourquoi une annonce si précise quand soudain l'évidence lui vint à l'esprit. Il était effrayé par cette perspective.

« Un sacrifice, c'est une annonce pour trouver des volontaires pour mourir… C'est horrible…
- C'est sûrement pour calmer les ardeurs de Morgif, mais elle n'est plus dans le volcan. Donc il fait empêcher ça en vous infiltrant parmi le peuple.
- Je ne suis pas trop habillé ça ?
- Votre look est parfait, votre majesté. Je vous l'assure. Heureusement que votre teinture tient bien. Au moins vous faites un mazoku presque ordinaire.

Il ne savait pas s'il devait être flatté ou vexé. Il lâcha un soupir avant de sortir de la chambre. Il devait sauver ses gens et compter sur Wolfram et Gunter. Il espérait seulement que Morgif ne bougerait pas trop quand il se présenterait. Quand il arriva à l'adresse de l'affiche, il vit un homme d'un certain âge derrière une caisse en bois. Il eut un sourire quand il vit Yuuri. L'adolescent de l'autre monde s'avança en souriant le plus naturellement possible. N'ayant pas l'habitude de porter une épée. Il la serrait avec force dans ses bras bien content que le fourreau de tissus improvisé ne permettait pas à l'épée de couper ses mains. Il vit qu'il était loin d'être le premier jeune homme présent, il y avait trois garçons qui le regardait avec une certaine curiosité. Ses cours avec une épée dataient de son duel avec Wolfram. Conrad était un bon prof, mais il n'avait que les bases du combat en épée. Pouvait-il faire la différence dans un tournoi… Sûrement pas.

« Votre métier avant ?
- Mercenaire…
- Hum, bien. C'est parfait, vous êtes pris. »

Yuuri papillonna des yeux, surpris par les mots de l'homme.

« Par contre, je vous conseille de retirer votre veste. »

Finalement, il avait dû retirer un de ses vêtements. Il était bien content d'avoir une chemise en dessous. Il respira à fond un moment, mais c'était sans compter sur le vieil homme. Il était kidnappé par le recruteur. Apparemment, il était assez beau à ses yeux pour avoir passé le premier test. Même décoloré, il était une personne hors du commun. C'étaient sûrement ses yeux noirs qui faisaient la différence.

« Nos clients seront contents de vous voir. Donnez le meilleur de vous-même, peut-être que vous vous sortirez vivant. »

L'homme lui avait tapoté les genoux avec une affection particulière. Pour sa couverture, il ne reculait pas. Ce qui ne l'empêchait pas d'être incroyablement gêné. Il avait beau avoir accepter d'avoir peut-être un homme dans sa vie, il n'avait aucune envie d'avoir ce genre d'homme dans sa vie. Sa moustache touffue lui faisait ressembler à un morse. Le turban autour de sa tête semblait dissimulé une absence plus que flagrante de cheveux. Il réfléchit quelques instants avant de se dire qu'il aimerait sûrement passer une main dans les cheveux de divers mazokus ou Conrad qu'il trouvait joli. Pour s'écarter poliment, il fit tomber la garde de Morgif sur le bras di vieil homme qui hurla.

« Pardon, j'étais dans mes pensées.
- Ce n'est pas grave.
- Mon épée vous a pas fait mal ?
- Non... »

Quand ils arrivèrent, Yuuri descendit en compagnie du vieil homme. Il vit devant ses yeux un Colisée, comme ceux que faisaient les Romains dans une époque lointaine en Europe sur terre. Sauf que la bâtisse semblait solide, presque neuve. Le recruteur lui tapotait l'épaule avant de le laisser avec une imitation de soldat romain. Un haut gradé d'après son savoir qu'il avait accumulé lors de ses recherches sur l'Europe. Pendant un mois, le maoh s'était renseigné un peu plus sur cette partie du monde. Le shin Makoku semblait être presque calqué sur une Europe fantasmée. Les pouvoirs magiques et les batailles. Une l'attendait sûrement dans cette arène. Il regretta presque que les pokémons n'existent pas. Ce genre de lieu aurait fait un lieu de combat idéal pour ces créaures imaginaires provenant de l'univers vidéo ludique.

Yuuri suivait le soldat qui le fit rentrer dans une salle après avoir marché le long d'un couloir en pierre ressemblant vaguement à des briques.

« Vous attendrez ici. »

Il y avait dans la pièce immense plus d'une vingtaine d'hommes de tous âges. Certains le regardaient d'un air mauvais. Il longea le mur de façon prudente. Il reconnaissait de loin les pirates qui l'avait attaqué sur le bateau. Il ne voulait pas particulièrement leur parler. Il s'installa dans un coin tranquille, profitant du mutisme de Morgif. Comme quoi cette épée pouvait être discrète si elle le voulait. Ou elle trouvait la situation de son propriétaire drôle. Yuuri vit au loin une demoiselle, c'était peut-être un homme transgenre. Malgré l'épée longue qui pendait à sa ceinture. Elle semblait mal au point. Penchée et se tenant grâce au mur le plus proche.

« Mademoiselle ?
- Désolé jeune homme…
- Vous allez bien ?
- J'ai du mal avec les endroits clos… Cela ira mieux après. Je suis un homme, aussi... »

Yuuri rougissait fortement, il faisait de son mieux pour ne mégenrer les gens. Il savait que parfois, c'était bien plus blessant pour la personne de lui parler avec un genre qui lui correspondait pas.

« Pardon, si vous avez besoin d'eau.
- Rien de tout ça, juste d'être en dehors de cette pièce, j'ai l'impression d'étouffer. En plus de ça, on va participer à un massacre organisé. Tout ça pour une tradition… Je ne sais pas si c'est mieux que mal me sentir dans cette pièce trop petite pour les vingt personnes. Ma famille avait besoin de l'argent promis par l'annonce. Je leur ai donné. Que ma mort serve à quelque chose. J'espère que mon neveu sera guéri. Ce garçon ne mérite pas son sort.
- Pourquoi me parler alors ?
- Je crois que la mort qui plane au-dessus de nos têtes délie ma langue. Je sais que mes secrets seront gardés le temps de votre survie et de la mienne. »

Un homme aux cheveux roux s'approcha d'eux, il avait une énorme cicatrice qui barrait son visage. Elle allait d'une joue à l'autre. Il s'installa aux côtés de Maoh.

« Voilà qui est rare, une personne bien dans ce monde de fou. Je m'installe ici, ça semble le meilleur endroit pour parler à quelqu'un qui vous écoute sans vous juger. Cette cérémonie sert d'excuse aux dirigeants de ces terres de se débarrasser de leurs criminels. J'espère que vous vivrez longtemps malgré ce qui nous attend. Vous semblez sympa pour un mazoku. Les gens comme vous sont si rares, c'est peut-être pour ça que vous êtes là. Pour mourir avant de mettre la honte sur le peuple mazoku. Ils sont parfois si fiers...
- Non, ce n'est pas pour ça que je suis là. Je voulais sauver le plus de monde possible…
- Impossible de sortir par les portes, j'ai déjà essayé. Qui plus est, quel que soit votre affinité, elle sera dangereuse avec autant de monde autour de vous. Quelqu'un finira blessé ou pire...
- Tu en sais beaucoup sur les mazokus…
- J'en ai servi pendant des années, se sont eux qui m'ont fait cadeau de ceci. »

Il posa un doigt sur la cicatrice qui barrait son visage. Ce monde était vraiment embourbé dans un cliché d'esclavage. Mais le voir aussi visible en la présence de cet homme roux dont les cheveux lui arrivait au milieu de la nuque. Il lâcha un soupir quand il entendit des portes s'ouvrit. Ce n'était pas la petite porte par laquelle il était rentré, lais deux immense porte faites d'acier qui s'ouvrait sur l'arène. Yuuri se demandait si pour distraire les gens, il aurait droit aux lions. Ou une autre créature du genre. Il ravala sa salive. Il était nerveux. Il vit l'homme transgenre aller dans les couloirs suivis de près par l'homme aux cheveux roux. Il rejoignit le duo.

« J'espère que tu ne seras pas notre meurtrier. Tu as l'air d'être un bon garçon, donc tente de ne pas tuer. Ne deviens pas comme nous... »

Le soldat les laissa passer un à un alors qu'il entra dans l'arène. Un bruit assourdissant se fit entendre. C'était la foule qui hurlait, sifflait et chantait des choses horrible. Il avait l'impression d'être au milieu d'un spectacle et ça ne lui plaisait pas. Ce n'était pas un divertissement correct de voir des gens s'entre-tuer. Même chez lui, il n'aimait pas les œuvres de fiction qui s'inspirait de ce jeu de la mort. Ce monde avait besoin d'être changé. Il le savait. Le maoh ne pouvait pas sauver tous les gens ici. Il repensa à ceux avec qui il avait tissé des liens. Mazokus, semi-mazoku et peu d'humains. Seuls ces deux prisonniers semblaient un peu sympas. Il respira à fond, cette foule, qui s'agitait, n'aurait pas le spectacle qu'elle attendrait. Enfin, il ferait de son mieux pour faire cesser ce massacre programmé pour Morgif. Car l'épée était à luiet qu'aucune vie ne sacrifiée vainement.

« Il y aura deux mazoku dans le combat. J'espère que vous vous amuserez... »

La voix d'un seigneur fit taire la foule. Tous l'écoutaient. Si cette situation n'était pas si horrible, il aurait pu être admiratif du pouvoir qu'avait le seigneur de ces terres. Comme si deux mazokus pouvaient faire la différence. Il y avait dix-neuf humains paré à se battre et abattre lui et son condisciple. Le soldat traîna le corps d'un jeune homme qui semblait plus jeune que Yuuri. Les cheveux roux et des habits de marin. Ce n'était pas le petit Rikku.. Si ? Le garçon était jetté sans ménagement, alors le jeune mousse était un mazoku qui s'ignorait. Il sentait la rage monter en lui. Et il n'était pas le seul à sentir cette force car Morgif gémissait aussi.

« Morgif… »

L'arme se mit à sourire, cette ambiance propice à la mort semblait lui convenir. Elle pulsait, il pouvait le sentir sur sa paume.

« Désolé Morgif, je vais me servir de toi pour me défendre. J'espère que ça t'ira… »

L'arme ricana avant de cesser de trembler. Il espérait que la mort ne viendrait pas à s'accumuler à cause de son arme maudite. Les malédictions démoniaques étaient bien plus dangereuses pour les humains. Il ferait tout pour éviter de blesser ses deux compagnons de cellule. Pour les autres, tout dépendait de leur agressivité...

S'il pouvait défendre Rikku et le remettre sur un bateau au plus vite, tout irait bien. Il respira à fond, la foule se mit à s'agiter, apparemment le seigneur avait donné le signal pour le départ des combats. Plusieurs personnes se mirent à combattre. Sous le bruit assourdissant de la foule, Yuuri savait qu'il pourrait parler à garçon qui rêvait de naviguer sur les mers. Tel un vrai matelot

L'homme transgenre se battait avec force contre un des pirates qui portait le haut d'un uniforme féminin. Le rouquin se battait par contre deux hommes à l'air féroce, sûrement deux criminels. Quant à lui, il se retrouvait face à Rikku.

« On peut s'en sortir si nous nous allions. S'il te plaît
- Désolé, je dois sortir vivant de ce combat, j'ai mon rêve à réaliser… Ma seule liberté en tant qu'esclave mazoku acheté par des familles nobles humaines… »

Le jeune homme se plaça avant de foncer sur Yuuri qui fit de son mieux pour se défendre en parant assez efficacement. Il remercia intérieurement les cours de Conrad et le base-ball qui lui donnait de bons réflexes. Bien que la leçon avait été brève, elle était des plus efficaces. Il croisa le fer quelques fois avec le mousse qui attaquait avec force, le métal se choquant entre eux.

« S'il te plaît arrête.
- Je ne peux pas… Je dois te tuer pour espérer rester vivant après. C'est la condition pour ma liberté… »

Le souverain sera la garde de son épée. Il devait être plus sérieux sinon il allait finir en charpie. Il posa un regard sur Morgif. Son adversaire profita de cet instant pour lui foncer dessus et trancha son torse qui s'en sortit avec une égratignure superficielle. Il manquait clairement d'entraînement. Il allait peut-être mourir. Sans savoir ce qu'il ressentait pour Wolfram et les autres gens de ce monde...