La guerre est là

Harry s'était enfermé dans la chambre qui lui était allouée au manoir Longbottom depuis qu'il était arrivé et ni Luna, ni Hermione et encore moins Neville n'avaient réussi à l'en sortir. Augusta soupira quand elle vit les trois adolescents descendre pour le dîner sans leur ami. Le jeune devait digérer la perte de son parrain mais également l'absence de son garant magique depuis la bataille du ministère, voilà quatre jours. Elle ne pouvait pas lui en vouloir car elle se serait enfermée chez elle des semaines durant après la mort de son fils si elle n'avait pas dû s'occuper de son petit-fils.

-Maîtresse Augusta, pépia un elfe de maison. Un invité vous demande expressément. Il se trouve dans le salon vert.

La matriarche fronça des sourcils et se rendit dans la pièce susnommée. Elle écarquilla des yeux quand elle découvrit l'identité dudit invité, couvert de bandages et visiblement épuisé.

-Loki ?! Mais dans quel état êtes-vous ?!

-Du peu que je ressens, encore mal en point, je suppose, grimaça Loki. Ça fait trois jours que je me soigne.

-Je vais appeler un médicomage, déclara Augusta en sortant sa baguette.

-NON ! refusa Loki. Je veux savoir comment va Harry.

-Loki ! pesta Augusta. Vous êtes blessé de la tête aux pieds !

-Je sais ce que je fais ! insista Loki. Comment va Harry ?

-Mal, soupira Augusta. D'après Neville, il pleure la perte de son parrain et il n'ose pas le dire mais il aurait bien besoin de vous.

-C'est vrai que le moment était très mal choisi mais je n'avais pas le choix, grimaça Loki. Je savais que vous étiez là donc que je pouvais vous le laisser en toute confiance.

-Vous êtes sûr que vous ne voulez pas que j'appelle un médicomage ? insista Augusta

-Au pire, si vous pouvez me fournir des potions de Snape, je ne dirais pas non, capitula Loki.

-Je ne suis pas sûre … rechigna Augusta.

-Oui, il est mangemort, rappela sèchement Loki. Mais en attendant, il en a plus fait pour protéger Harry que tous les autres sorciers qui l'entourent !

Augusta dut s'incliner.

-Je vais le faire venir, décida Augusta.

-Précisez que c'est pour un idiot de Gryffondor, ajouta Loki. Il comprendra.

Cinq minutes plus tard, Severus Snape déboula dans le salon et sans un mot, il examina Loki à grand renfort de sorts sous le regard suspicieux d'Augusta.

-Tu m'avais caché que tu étais médicomage à tes heures perdues, ricana Loki.

-Infirmier et apothicaire, corrigea distraitement Severus. Avec mes activités annexes, tu te doutes qu'il faut que j'aie le maximum de casquettes. Tu es passé sous un bus ou quoi, Potter ?

-Si seulement, soupira Loki. Est-ce que je fais tellement peur à voir ?

-Bois ça, ordonna Severus.

Il fallut au moins cinq fioles avant que le maître de potions soit satisfait.

-Qui que ce soit qui t'ait soigné, il a fait du bon boulot, commenta Severus. Ça aurait été mieux avec des potions de meilleure qualité.

-Je prendrais commande chez toi la prochaine fois, sourit pauvrement Loki. Tu m'excuseras mais je ferai dans les mondanités quand je serais un peu plus reposé. Pour l'instant, tout ce que je veux faire, c'est récupérer mon fils et rentrer chez moi.

-Je comprends, hocha la tête Severus. Je suis moi-même attendu. Il y a malheureusement encore des marmots à l'école. Milady, je trouverai le chemin.

Severus sortit rapidement et Augusta se détendit que quand elle sentit quitter le domaine.

-Je n'aurais jamais cru voir Snape se conduire aussi civilement, commenta Augusta.

-Il faut savoir le prendre, sourit Loki. Bon, je ne vais pas profiter plus longtemps de votre hospitalité.

-Vous êtes le bienvenu, rappela Augusta.

-Je n'en doute pas, assura Loki. Mais j'aimerai qu'Harry soit éloigné de cette folie.

-Je comprends, fit Augusta.

Tous les deux se rendirent dans la salle à manger où les trois adolescents écarquillèrent des yeux en le reconnaissant.

-Vous rentrez, comprit Hermione.

-Je pense qu'Harry a besoin d'être seul pour se reprendre, confirma Loki. Merci d'avoir veillé sur lui, ces derniers jours comme au ministère.

-Il aurait fait la même chose pour nous, déclara Luna.

-Je vais vous mener à sa chambre, proposa Neville.

-Merci, souffla Loki.

Tous les deux cheminèrent dans le manoir.

-Il vous a cru mort, lâcha Neville.

-Je m'en doute, fit Loki. Mais même si j'aurais dû être là, ça lui apprendra une bonne leçon.

Neville s'arrêta, choqué.

-Je vous demande pardon ?! balbutia Neville

-Je sais, c'est cruel à dire, soupira Loki. Mais maintenant qu'il sait ce que ça fait de perdre quelqu'un à qui on tient et qu'il s'est rongé les sangs de ne pas savoir où je me trouvais, il va comprendre qu'il a des personnes qui l'aiment et qu'il est tout autant de sa responsabilité de prendre des précautions que de protéger les autres quand ils ne le peuvent pas. Défendre les plus faibles, oui, mais pas au mépris de sa propre vie. Il y a un juste milieu et Harry ne le connaissait pas.

Neville déglutit. Malgré ces propos très choquants, il y avait réellement une part de vérité. Même si c'était pour protéger son parrain, Harry s'était clairement mis en danger et ses amis avec lui alors qu'il y avait d'autres façons de prévenir la catastrophe, comme par exemple simplement se rendre à Pré-au-Lard et utiliser la cheminée pour se rendre dans Londres pour contacter Sirius par le biais de Gringotts. Non, ça avait été mal géré et les conséquences auraient pu être pires.

-Si tu veux bien, nous en discuterons cet été, fit Loki.

Neville hocha la tête. Décrypter les paroles de Loki n'allait pas être simple mais c'était important et il comptait bien prendre le temps qu'il fallait pour ne pas passer à côté du message qu'il voulait passer. Rapidement, ils arrivèrent devant la chambre d'Harry à laquelle Loki frappa. Personne ne répondit. Par acquis de conscience, Loki essaya d'ouvrir mais c'était verrouillé. Pas gêné pour un sou, le professeur sortit une lame et dégonda tout simplement la porte sous le regard interdit de Neville. Celle-ci tomba dans un bruit sourd, ce qui attira Harry sur le pas.

-Je ne veux pas … commença Harry avant de se figer.

L'instant suivant, Loki avait Harry dans ses bras et il ne put s'empêcher de laisser passer un gémissement de douleur. Aussitôt, le brun se recula.

-Tu es blessé ! comprit Harry

-Tiens, je n'étais pas au courant, railla Loki. Maintenant que c'est le cas, si tu allais rassembler tes affaires ? On rentre à la maison.

Il ne fallut pas plus de cinq minutes pour que le brun soit prêt, pas beaucoup plus pour saluer Augusta, Luna, Hermione et Neville et les deux Potter retournèrent enfin aux Abysses. Harry allait se diriger vers sa chambre mais Loki l'arrêta.

-Hop, hop, hop ! fit Loki. Toi et moi savons parfaitement que tu ne vas pas dormir tout de suite. Autant utiliser ce temps à bon escient.

-Pour faire quoi ? demanda Harry

-Si tu commençais par me raconter pourquoi j'ai dû te rejoindre au ministère de la magie alors que tu es censé être en internat à l'autre bout du pays ? railla Loki en se laissant tomber dans le premier canapé venu

-Je n'ai pas envie d'en parler, se fermer Harry.

-Parce que tu penses que ça n'intéressera personne ? termina Loki, un brin railleur. Désolé de t'apprendre que je ne suis pas le premier abruti venu mais ton garant magique et j'ose espérer, ton père adoptif. Sache également que de la sincérité de ton récit dépendra la gravité de ta punition.

-De toute façon, tu ne vas pas me croire, se buta Harry.

-Et depuis quand je ne te laisse pas le bénéfice du doute ? pointa Loki. Si tu ne me donnes pas ta version des faits, je ne pourrais pas juger si tu es en tort ou pas.

Harry prit une moue songeuse. L'argument ne manquait pas de pertinence.

-Après, si tu ne veux pas me le dire, tu peux parfaitement me le montrer dans une pensine, proposa Loki.

-On en a une ? s'étonna Harry

-Les Potter en ont une qui traîne quelque part, fit distraitement Loki. Alors ?

Harry hésitait encore, c'était évident. Soupirant lourdement, Loki utilisa sa magie pour que le jeune homme se retrouve dans ses bras.

-Ecoute, fit Loki. Je veux savoir ce qui s'est passé parce que je veux savoir si tu as été blessé, que ce soit physiquement ou psychologiquement. Vu le bordel dans lequel je suis tombé, ça ne doit pas être facile de comprendre tout ce qui s'est passé. Et surtout, surtout, je ne veux pas que tu te rendes responsable de la chute de Sirius. Parce que si tu le fais, tu ne le reconnais pas capable de prendre ses propres décisions et pire, qu'il ne soit pas capable de t'aimer assez pour tout faire pour te protéger.

Comprenant qu'il avait besoin de réfléchir à ses paroles, Loki échangea sa tenue du moment pour une autre plus confortable et en fit de même avec Harry. Sina leur apporta sans un bruit un service de thé et raviva le feu dans la cheminée puisque la nuit était déjà tombée et particulièrement fraîche. Ils restèrent blottis l'un contre l'autre un très long moment, savourant une gorgée de thé de temps à autre, jusqu'à ce que le plus jeune prenne doucement la parole. Il raconta la réception de la lettre annonçant le départ de Sirius vers le ministère, l'absence de Loki ainsi que des différents directeurs de maison, l'indisponibilité de Snape. Le périple vers Londres et la réponse de Kreattur concernant la présence de Sirius au QG firent franchement froncer les sourcils de Loki mais il garda le silence, comme au moment où Harry révéla la manière dont ils étaient entrés au ministère pour retrouver Sirius. Et la suite …

Flash-Back

Ron emboîta rapidement le pas à sa sœur et Hermione, Luna, Harry et Neville durent se précipiter à leur suite pour qu'ils ne se blessent pas. Dès qu'ils finirent de passer la première porte, la salle tourna sur elle-même à un tel point que quand elle arrêta, aucun adolescent ne pouvait dire d'où ils venaient.

-On a qu'à les ouvrir une par une, haussa des épaules Ron.

Et avant que l'un d'entre eux ne puisse signifier leur refus, il ouvrit celle devant lui. Si Hermione et Neville n'avaient pas eu le réflexe de le tirer vers eux, il aurait été aspiré sans pouvoir faire quoi que ce soit.

-Pourrais-tu réfléchir trente secondes avant de te jeter dans les ennuis tête la première ? cracha Hermione

La brune allait continuer lorsque Luna posa une main sur son épaule.

-Nous devons sortir d'ici, rappela Luna.

Hermione respira un bon coup avant de se détourner du roux qui n'en menait pas large. Neville prit alors les commandes.

-On va ouvrir les portes, comme Ron l'a proposé, décida Neville. Mais on va prendre quelques précautions.

-Pourquoi ce serait à toi de décider ? s'exclama Ginny. Il y en a d'autres qui sont bien plus capables de donner des ordres que toi !

-Parce que tu as une meilleure idée ? cingla Neville. Vas-y, on t'écoute !

-Je pensais qu'Harry … rougit Ginny.

-Non, je trouve que l'idée de Neville est la meilleure, coupa Harry. Comment tu veux qu'on fasse ?

-On ne reste pas devant quand on l'ouvre et quelqu'un nous tient par la ceinture pour qu'il ne se fasse pas aspirer, réfléchit Neville.

-Il faudrait aussi marquer les portes qu'on aurait déjà ouvertes, ajouta Hermione. Mais pas avec nos baguettes.

Pour toute réponse, Harry sortit le couteau multifonction que lui avait offert Sirius à Noël dernier. Loki, après l'avoir examiné, lui avait toujours dit de le garder sur lui comme cela, il n'aurait pas à sortir tout de suite la lame multifonction que lui-même lui avait offert.

-Bon, eh bien allons-y, fit Luna.

-Je vais ouvrir, proposa Harry. Neville ?

-Je te tiens, accepta Neville.

-On sera prêtes, ajouta Hermione en sortant sa baguette en même temps que Luna.

Ils ouvrirent ainsi trois portes avant qu'Harry ne reconnaisse les lieux.

-J'ai rêvé de cet endroit, souffla Harry.

-Alors on y va, décida Ginny.

Comme la première fois, la rousse s'engouffra sans laisser le temps aux autres de s'y opposer. Et comme la première fois, les autres lui coururent après car malheureusement, elle était très loin d'être discrète.

-HARRY ! TU VIENS ?

-Hurle un peu plus fort, on ne t'a pas entendu en Chine, grommela dans sa barbe Hermione.

Ils réussirent à la rattraper et à la forcer à marcher à leur allure, c'est-à-dire bien plus prudemment. En tête, Neville et Harry longèrent les immenses étagères remplies de sphères en verre et débouchèrent sur une allée un peu plus large. Au milieu de celle-ci, un présentoir avec une sphère dessus. Tandis qu'Harry surveillait les alentours, Neville avisa la petite étiquette.

-Harry … viens vois ça ! appela doucement Neville

Le brun approcha, intrigué.

-Il y a ton nom ! déclara Neville en lui montrant l'étiquette

Tout le monde se rapprocha pour vérifier de leurs yeux.

-Mince, mec ! s'exclama Ron. C'est vrai !

-Personnellement, ce n'est pas ça qui m'inquiète, coupa Hermione. C'est l'autre personne concernée.

Thomas Marvolo Riddle dit Voldemort.

Cela jeta un froid sur la petite troupe.

-Il faut la prendre ! proposa Ron. Comme ça, Vous Savez Qui ne pourra pas l'avoir.

-On reste quand même dans le département des Mystères, rappela sèchement Neville. Le peuple sorcier ne doit même pas connaître un dixième des trésors qu'il renferme, à moins de faire en sorte de le faire savoir à tout le monde.

Harry tressaillit. Ce que venait de dire Neville ressemblait étrangement à ce qui s'était passé avec la pierre philosophale. Le brun avait compris depuis le temps que Rubeus Hagrid était connu pour être l'homme de Dumbledore mais également pour ne pas être capable de garder le moindre secret, s'il devait se fier à la facilité avec laquelle ils avaient obtenu le nom de Nicolas Flamel et la méthode pour passer Touffu. Sans oublier la mise en garde à toute l'école qui indiquait exactement où se trouvait la pierre. La surveillance du département des Mystères par l'Ordre du Phénix ne suivait-elle pas le même but ?

-On doit s'en aller, pressa Harry.

-On prend la boule avec vous, insista Ron.

Le roux tendit le bras mais pour attraper l'artefact, il bouscula le brun qui dût se rattraper sur le socle et la sphère de verre pour ne pas tomber. Curieusement, la boule resta collée à sa main. Harry tenta de la reposer mais c'était peine perdue. Mais quand il la glissa dans sa poche, elle y resta bien sagement.

-Elle voulait venir avec nous, rit fortement Ginny.

-Maintenant, on y va ! persista Harry

-Je ne crois pas, non, intervint une nouvelle voix.

Les six adolescents se retournèrent d'un bloc pour se retrouver face à face avec plusieurs sorciers vêtus de longues robes noires et d'un masque en forme de crane. Un seul n'avait pas dissimulé son visage, et pour cause.

-Voldemort, reconnut Harry.

-Potter, répondit Voldemort. Tu as quelque chose qui m'appartient.

-Ceci ? fit Harry en récupérant la sphère. Il y a mon nom dessus donc elle m'appartient aussi. Et puisque je l'ai eu le premier, j'en fais ce que je veux.

-Donne-moi ça, et je songerai à ne pas te torturer … trop, sourit machiavéliquement Voldemort.

-Viens le chercher, défia Harry en pointant sa baguette vers son adversaire.

Mais avant même que ce dernier ne sorte la sienne, le brun avait lancé un sortilège d'expulsion qui avait fait vaciller les étagères jusqu'à ce qu'elles tombent sur leurs adversaires. Les adolescents n'avaient pas attendu pour filer et quitter la salle. Ils errèrent dans les différentes salles jusqu'à ce qu'ils se retrouvent dans un hémicycle au centre duquel il y avait une arcade de pierre.

-Donne-moi ça, Potter ! rugit Lucius Malfoy

-Pas question ! siffla Harry

Les quelques Mangemorts qui avaient suivi le blond commencèrent à attaquer et en même temps, les membres de l'Ordre du Phénix déboulèrent ce qui eut pour conséquence que la bataille fut générale. Loki arriva pour les protéger mais quand Harry leva la tête après s'être dépêtré du mangemort qui l'attaquait, il ne put que voir Bellatrix Lestrange lancer le sort de mort sur Sirius qui trébuchait en arrière pour basculer dans l'arcade.

Mais il ne ressortait pas de l'autre côté.

-SIRIUS ! NON ! hurla Harry

Le brun sortit du bouclier pour se précipiter vers l'arcade mais quand il comprit que son parrain avait disparu, il se retourna pour noter que Lestrange passait la porte avec son rire si caractéristique.

-Harry !

Mais le brun ne s'arrêta pas. Il s'élança à la poursuite de la fugitive, ses amis sur ses talons. Ils débouchèrent rapidement dans le hall du ministère et quand elle se tourna vers l'adolescent pour le narguer, il n'hésita pas.

-DOLORIS ! rugit Harry

Le sort la toucha mais n'eut que peu d'effet.

-Bébé Potter veut s'essayer aux sorts impardonnables ? railla Bellatrix. Tu sais, pour ça, il faut le vouloir du plus profond de ton cœur. Il faut haïr de toutes ses forces pour y parvenir. Je vais te montrer.

L'instant suivant, Harry tombait à terre, soumis à son tour au doloris. Mais il dura moins longtemps que dans le cimetière car il sentit la magie de Loki à ses côtés.

-Tu as si peu d'honneur que tu t'en prends à des enfants ? gronda Loki. Prends des adversaires plus à même de se défendre correctement !

Avec un cri de rage, Lestrange lança un nouveau doloris mais Loki l'arrêta avec un bête sort de miroir ce qui le renvoya son sort avec tous les désagréments qui allaient avec. Le duel fit rage et chacun défendait sa vie.

-Légilimens !

Harry comprit que quelqu'un tentait d'entrer dans son esprit et il releva immédiatement ses barrières. Elles ployèrent aussitôt mais il tint bon.

-Tue Loki Potter ! ordonna la voix

-Même pas en rêve ! marmonna Harry, résistant à l'imperium

-TUE-LE !

-NON ! hurla Harry

Soudain, une immense douleur déchira sa tête et il retomba à terre, ne voyant plus rien.

-Ne t'en prends pas à moi, je suis ton adversaire ! tonna une voix

Le brun l'entendit de très loin, encore envahi par la douleur. Cela ne l'empêcha pas de se remettre sur ses pieds.

-Dumbledore ! siffla Voldemort. Tu n'es jamais loin de ta marionnette, à ce que je vois !

-Tu n'as rien à faire ici ! gronda Albus

-Si, corrigea Voldemort. J'aurais la prophétie, vieux fou !

-Elle est en sécurité, assura Albus.

-Je n'en serais pas aussi sûr, vieillard, ricana Voldemort.

-Toi non plus, fit Harry, enfin debout.

Il montra sa main ensanglantée avec les morceaux de verre plantés dedans.

-Remercie ta chère Lestrange qui m'a fait briser la prophétie pendant qu'elle me lançait le doloris, railla Harry.

Voldemort hurla de rage avant de siffler un autre doloris mais Loki s'interposa entre le sort et Harry et se le prit de plein fouet.

-Loki Potter … susurra Voldemort. Tu es très intéressant. Peu de mes mangemorts peuvent rester de marbre sous mes sorts.

-Ce n'est pas mon problème s'ils ont signé pour se faire torturer dès que tu es mal luné, ricana Loki. En attendant, je te déconseille fortement de toucher à un seul cheveu d'Harry !

-Vraiment ? railla Voldemort. Je crois surtout …

Mais il fut interrompu par un mouvement de ses troupes et nota enfin la présence des aurors avec à leur tête Amelia Bones.

-Nous nous reverrons, soyez certains ! assura Voldemort

Il se traça alors un chemin dans le sang, croisa la route de la directrice de la justice magique et s'en fut avec le reste de ses mangemorts.

Les aurors et les Langues de Plomb vérifièrent qu'il n'y avait plus de mangemorts avant de faire venir les médicomages pour les morts et les blessés. Loki posa une main rassurante sur l'épaule d'Harry et le traina vers ses amis.

-J'ai besoin que ta grand-mère vienne ici tout de suite, demanda Loki à Neville.

Ce dernier hocha la tête et sortit un petit médaillon qui devait être un système de secours. Cinq minutes plus tard, Augusta Longbottom entrait dans le hall du ministère et ne tarda pas à rejoindre son petit-fils sans même montrer son ébahissement face au carnage.

-J'imagine que j'aurais des explications plus tard, commenta Augusta.

-J'ai besoin que vous restiez avec les enfants, fit Loki. Je ne peux pas rester.

-Mais … protesta Harry.

-Je reviendrai dès que possible, assura Loki. Merci Augusta.

Et il disparut.

Ne pouvant s'occuper des épaules tombantes d'Harry qui trahissait son désarroi, Augusta préféra mener les quatre adolescents vers son bureau au ministère dont elle bénéficiait en tant que membre du Magenmagot. Le brun traîna largement des pieds, ce dont profita quelqu'un. Alors qu'ils allaient tourner dans un nouveau couloir, il l'intercepta.

-Harry, puis-je te parler ?

Harry tourna son regard vers la voix et découvrir Albus Dumbledore devant lui.

-Que voulez-vous ? demanda Harry, grognon

-Nous pourrions discuter dans mon bureau, proposa Albus.

Perdu, Harry accepta et le suivit non loin. Le vieux sorcier lui proposa une tasse de thé que le plus jeune refusa.

-Je sais que la perte d'un être cher est très dure, fit Albus en savourant sa propre tasse. Mais je craignais que ce qui vient de se passer n'arrive. C'est d'ailleurs pour cela que j'ai fait en sorte que tu reçoives des cours d'occlumencie. Mais il semble clair que cela ne t'a guère servi …

Harry serra les dents.

-Peut-être que je n'aurais pas dû me trouver ici, professeur, grinça Harry, mais je croyais que vous feriez en sorte que Sirius ne se mette pas en danger pendant que vous faites tout pour qu'il soit innocenté !

Albus fronça des sourcils.

-C'est peut-être difficile à croire mais c'est assez compliqué … commença Albus.

-Plus compliqué que trois gouttes de véritasérum devant le Magenmagot ? railla Harry. Maintenant, c'est trop tard parce que Sirius est MORT !

La magie d'Harry s'emballa et envoya voltiger de nombreux papiers.

-Harry, mon garçon, calme-toi, fit Albus.

-Pourquoi est-ce qu'il est mort ? pleura Harry. Qu'est-ce qu'il y avait au ministère pour qu'il se retrouve entre les mangemorts et l'Ordre ?!

-Je pense que tu es assez grand pour le savoir, soupira Albus. Il y a une prophétie qui concerne Voldemort mais qui te concerne aussi. C'est ce que tu tenais dans ta main avant que ça ne soit cassé.

-Les sphères sont des prophéties ? s'étonna Harry

-Oui, confirma Albus. Malheureusement, tu as détruit le seul exemplaire connu. Mais il s'avère que j'ai été celui qui l'a entendu et je peux te montrer mon souvenir.

Dix minutes plus tard, Harry sortit de la pensine, passablement furieux.

-S'il ne s'était pas passé les événements d'aujourd'hui, quand est-ce que vous me l'auriez dit ? gronda Harry

-Tu étais tellement jeune ! se justifia Albus. Tu devais profiter de ton enfance !

Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase. La magie d'Harry déborda et saccagea le bureau. Le brun en profita pour s'enfuir et il aurait continué à errer sans but si Neville ne l'avait pas attrapé et l'avait ramené chez lui avec sa grand-mère, Hermione et Luna.

Fin Flash-Back

Loki serra dans ses bras Harry qui laissa couler ses larmes. Il commençait à assimiler que Sirius n'était plus et l'aîné ne pouvait lui être d'aucune aide dans cette prise de conscience. Quand le corps à ses côtés devint lourd, Lorean arriva et prit le jeune homme dans ses bras.

-Je l'emmène dans sa chambre, déclara Lorean.

-Merci, soupira Loki. Pourrais-tu dire à Sina que je ne vais pas tarder à monter et qu'elle pourra poursuivre les soins à ce moment-là ?

-Oui, seigneur Loki, s'inclina Lorean puis en s'acquittant de sa tâche.

Loki eut beaucoup de mal à se lever et encore plus à se rendre dans les cachots. Il se rendit dans l'une des salles cachées et observa distraitement le diadème de Serdaigle et la peluche en forme de chaton, les deux objets puant littéralement la magie nécromancienne, avec leur nouveau colocataire, la bague des Gaunt sertie de la pierre de résurrection.

Plus que deux Horcruxes.