Nda
Merci encore pour vos reviews. Vous le savez, cela me motive énormément pour rédiger rapidement de nouveaux chapitres et cela me donne également des idées pour la suite. D'ailleurs, si vous pensez qu'on ne voit pas assez certains personnages, n'hésitez pas à me l'indiquer, car en ayant beaucoup, j'ai parfois du mal à les traiter tous autant qu'ils le mériteraient…
Dans ce chapitre, un personnage va être harcelé (encore !). Je m'excuse par avance si la vulgarité des termes employés heurtent certains d'entre vous. C'est ainsi que j'imagine (peut-être à tort ?) les discriminations de nos jours envers des personnes déjà peu appréciées de base.
J'espère que vous aimerez ce chapitre où il se passe pas mal de choses, et qui me tient beaucoup à coeur, même s'il n'est pas très joyeux.
- Je t'aime Milo, répéta Angelo. Tu... Tu ne dis rien…
- Je … je suis sur le cul, voilà. Et Helena, c'est pas elle que tu aimes ?
- Tu sais, Helena… Je vais… je vais pas pouvoir rester avec elle. Ce sera dur, ce sera atroce, mais je peux pas rester avec elle. Ce n'est pas qu'à cause de toi. Elle n'a jamais aucun désir, aucun. Pour elle, coucher c'est une corvée.
- Oh ! Je me doutais que c'était pas top. Mais pas à ce point !
- Elle est asexuelle en fait. Elle pourrait très bien se passer de sexualité, voilà. Pas moi.
Il y eut un silence. Milo alluma une cigarette, l'air pensif.
- Ecoute, même si tu n'es pas là pour moi je suis décidé à lui parler. Même si tu n'as pas de sentiments pour moi je…
- Je ne dis pas ça. Mais mets-toi à ma place. Pour moi c'était clair, tu avais ta vie avec Helena, et il n'a jamais été question d'un truc sérieux ente nous. Donc je me suis blindé par rapport à toi…
Il expira longuement une bouffée de nicotine.
- Et en même temps… en même temps tu m'as manqué atrocement et au final je n'avais qu'une envie, c'était de te retrouver. Quand est-ce que tu t'es dit que tu m'aimais ?
- Je ne sais pas, ça s'est fait progressivement. Je crois que le jour où tu as pleuré sous la douche, c'est là que j'ai craqué mais je ne l'ai compris qu'après. Je voulais pas ça pourtant. Vraiment pas.
- Mmm… je suppose que j'y verrais plus clair quand tu auras clarifié ta situation.
- Je lui parlerai ce week-end, assura Angelo, avant d'enfouir sa tête au creux de l'épaule de Milo.
Au même moment, deux hommes étaient aussi en pleine discussion. Gabriel était venu passer la soirée chez Kanon.
Kanon expliqua qu'il se sentait dérouté. Il était impossible de savoir ce qu'éprouvait le journaliste, et cela le mettait assez mal à l'aise. Gabriel était-il vraiment heureux de le voir ? Ou cherchait-il juste à oublier Milo ? Le manque de communication pouvait laisser tout imaginer.
- Kanon, je ferais un effort, je ne veux pas te perdre, assura Gabriel. Et je te jure que ne me sers pas de toi pour oublier Milo, je suis vraiment heureux quand je suis avec toi.
Le journaliste promit également de s'imposer davantage au travail, et ne plus accepter systématiquement de partir très tard. Concrètement, il était prêt à prendre des pauses-déjeuner beaucoup plus courtes, quitte à manger au bureau devant son ordi, même s'il avait toujours préféré une bonne coupure en milieu de journée.
Ce que Gabriel n'osait pas dire, c'est qu'il avait éprouvé une sensation de jalousie quand Kanon avait passé la soirée de la veille avec l'équipe de Mike Garuda. Il n'avait pas du tout envie que ça se reproduise, il ne voulait pas le perdre, et pour ça, il était prêt à faire des efforts en tentant de gérer son temps au mieux.
Une fois cela dit, c'était comme si l'atmosphère s'était soudainement allégée. Avec douceur, les lèvres de Gabriel caressèrent celles du directeur de stratégie. Sa bouche devint de plus en plus avide, et ses mains parcourent son corps avant de commencer à le déshabiller. Il le poussa sur le canapé, avant de s'agenouiller devant lui et d'arracher son boxer. Gabriel caressa doucement la peau de l'intérieur des cuisses avant de la parcourir de baisers.
Ce n'était que le prélude d'une courte nuit.
Le lendemain matin, c'est sans aucun enthousiasme que deux autres amants prirent le métro pour aller travailler. Angelo et Milo n'avaient pas eu une nuit très reposante, faisant l'amour à de nombreuses reprises, avec passion ou avec douceur, mais sans jamais se rassasier l'un de l'autre.
Toujours sur son petit nuage, Angelo fit son entrée au cabinet d'architectes dans un état second, ne remarquant rien autour de lui. Il fut brutalement rappelé à la réalité. Sur son bureau, quelqu'un avait dessiné au feutre une caricature de lui se faisant sodomiser. A côté, une autre caricature, où il était représenté en train de faire une fellation à un personnage ressemblant vaguement au grand patron de l'entreprise. Sous ce dessin était écrit « Granchio suceur de bites ».
Angelo n'était pas du genre à se soucier de ce que les autres pouvaient penser de lui. Mais là il fut submergé par le dégout, et par une sensation de honte. Il avait l'impression qu'un goût de métal envahissait sa bouche.
- Quelqu'un a quelque chose à me dire ? Ou vous préférez vous planquer comme des rats ? explosa Angelo.
Seul le silence lui répondit. Puis, on entendit quelques ricanements. Quelqu'un prononça le prénom d'Helena.
Au dégoût s'ajouta la peur. Et si un de ces cloportes parvenait à contacter Helena ? Ce n'était pas si difficile. Les secrétaires, les RH, de nombreuses personnes du cabinet avaient son adresse. Lui qui voulait choisir le moins mauvais moment pour parler, il n'aurait pas le choix. ll lui faudrait tout dire dès ce soir avant que quelqu'un d'autre ne le devance.
- Que se passe-t-il ici ?
Alberich Megrez, le responsable du cabinet, s'approcha d'Angelo, l'air soupçonneux. Il vit tout de suite les dessins infamants sur le bureau.
- Ca alors... T'es pédé, Angelo ? Pardon, je veux dire, t'es gay ?
- C'est pas la question ! Tu trouves ça normal, ce genre d'inscriptions ?
A titre personnel, Alberich Megrez se contrefichait de ce pouvaient subir les minorités, qui avaient tendance à le gonfler avec leurs revendications. Mais il était bien trop intelligent pour le montrer. En tant que responsable de cette agence, il devait éviter le moindre scandale, sinon le grand patron ne serait pas content. Il en allait de l'image de marque de l'entreprise !
- On ne va pas laisser passer ça bien sûr. Je vais tout de suite organiser une enquête interne pour trouver le ou les responsables et ils auront de très gros problèmes, gronda-t-il.
Entre deux piqûres, Milo put enfin prendre sa pause. Il en profita pour appeler le cabinet de sa psy afin d'avancer la date de son prochain rendez-vous. Ceci réglé, il appela Axel. Ce dernier était dans la rue, il venait de finir l'interview d'une jeune actrice en pleine ascension. Milo lui raconta tout ce qui s'était passé avec Angelo. Axel n'en revenait pas.
- C'est dingue, oui, complètement dingue. Maintenant j'espère qu'il est sincère et qu'il va vraiment mettre les choses au clair dans sa vie. Tu sais, il y a plein de femmes à qui leurs amants font croire qu'ils vont tout dire à leur régulière. Certains vont tout dire depuis vingt ans, alors attention !
- Oh je sais bien, mais je pense que sa nana a réellement des problèmes sexuels et dans des cas comme ça, je ne vois pas un couple tenir. Surtout s'il n'y a pas d'enfants, pas de lien particulier, genre une maison, une entreprise commune.
- Pas faux, d'ailleurs des ruptures pour changement d'orientation sexuelle, ça arrive. J'ai déjà rencontré des mecs mariés et avec des gosses qui plaquaient tout à la trentaine pour changer de vie. C'est rare, mais ça arrive. En tout cas, tu as raison de garder la tête froide sentimentalement tant que ce n'est pas réglé. Mais vraiment, j'aurais jamais cru qu'il dirait ça... Je sais pas ce que tu lui as fait, mais il est vraiment accro !
Milo eut un petit rire et demanda à Axel ce que lui avait à raconter. Aphro ne s'était pas ennuyé non plus. Son date avec Mime le bassiste avait été des plus réussis, et la soirée s'était terminée dans le coquet appartement du journaliste people. Les deux hommes devaient se revoir ce soir. Milo se réjouit pour son ami, en lui conseillant toutefois de rester prudent lui aussi, les musiciens n'étant pas des modèles de stabilité.
Au même moment, Angelo fixait l'écran de son ordinateur sans le voir. Il tentait d'imaginer ce qu'il allait dire à Helena ce soir. D'ailleurs ce soir ou un autre, il n'y aurait jamais de bon moment pour rompre. Alors autant se jeter à l'eau tout de suite plutôt que de continuer à cogiter.
Il avait comme une boule dans la gorge, et ressentait un malaise énorme. Dans son dos, il avait l'impression que mille paires d'yeux l'observaient, attendant de le voir se décomposer.
Après avoir passé un temps fou à gérer l'agenda du groupe et à résoudre différents problèmes, Brad décida de se rendre à l'hôtel Pacifique sud pour déguster un whisky bien mérité.
Le manager misait énormément sur le futur album, qui allait permettre au groupe de s'orienter vers un style un peu différent. Après le pop rock de leurs débuts, ils allaient explorer des sons plus electro, plus ambient. La voix de Mike Garuda correspondait parfaitement à cette nouvelle approche, bien tendance, et Brad comptait toucher un public élargi.
Ces derniers jours, le groupe avait composé de nouvelles chansons, ils avaient tous hâte d'entrer en studio. Seul petit bémol, Mike jouait plus que jamais les drama queen. D'abord, les nouvelles paroles pour leur composition phare ne lui plaisaient toujours pas. Et en apprenant que Mime allait retrouver son crush ce soir, le volcanique chanteur se mit à se plaindre que tout le monde s'en foutait de lui, qu'il était seul comme un chien, et pourquoi ne pouvait-il rencontrer personne de fiable ? Il ne voulait pas d'un fan de base, il avait déjà donné et ne voulait plus en entendre parler. Non, ce qu'il voulait c'était rencontrer un mec normal. Etait-ce trop demander ? Face à ces jérémiades, Brad n'osait pas dire qu'il avait opté pour un hôtel de la chaîne Seven seas (alors qu'il aurait pu choisir n'importe quel autre) et qu'il avait formulé une demande des plus farfelues dans le seul but d'être mis en contact avec Kanon, ce qui avait d'ailleurs été le cas.
Kanon… Il allait le recontacter, mais quand ? Pas trop tôt quand même… Brad décida d'attendre le lendemain.
- Hey Shushu, viens faire une pause café avec moi, j'ai plein de trucs à te raconter !
- Ok, je te suis Aphro.
Les deux amis se dirigèrent sans tarder vers le "coin repos" où trônaient deux énormes distributeurs de boisson.
- Devine quoi, Milo a revu Angelo, et il lui a dit qu'il était amoureux de lui et qu'il allait rompre avec sa nana !
De surprise, Shura fit tomber son gobelet.
- Sans déconner ! Ca alors ! Pauvre Helena quand même, c'est violent pour elle... Remarque, ça ne m'étonne pas plus que ça. Je trouvais Angelo anormalement jaloux concernant Milo, ça semblait aller au delà d'une simple histoire de cul. Et Milo justement, il en pense quoi ?
- Alors je crois qu'il est très content, mais il attend de voir comment ça va évoluer. Surtout, silence ! Je compte sur toi pour rester discret.
- Bien sûr, tu me connais, je suis une tombe. D'ailleurs, moi aussi j'ai du nouveau !
Shura raconta avec joie à son ami que les choses s'étaient enfin concrétisées avec Alicia. Ils s'étaient revus à plusieurs reprises, et ils avaient passé leur première nuit ensemble. Axel bouda un peu, Shura aurait quand même pu lui dire plus tôt ! Et d'ailleurs comment s'était déroulée cette première nuit avec la petite blonde ?
D'un air faussement modeste, Shura laissa entendre qu'il avait impressionné la jeune fille avec ses atouts. Elle était un peu réservée, un peu timide, mais cela ne déplaisait pas à l' Espagnol.
Axel raconta également sa soirée très réussie avec son bassiste favori. Pas de doute, les deux amis nageaient dans le bonheur, oubliant les soucis qu'ils pouvaient rencontrer par ailleurs.
Réfugié dans sa voiture, Angelo ne pouvait plus retenir ses larmes, même s'il tentait de les réfréner.
Ce n'était pourtant pas son genre de se laisser aller à pleurer, mais la mise au point avec Helena avait été atroce. Il avait dit qu'il ne pouvait plus supporter leur absence de vie sexuelle et qu'il était attiré par les hommes. Il aurait voulu ne pas évoquer Milo, mais il avait trop peur qu'elle apprenne son existence par un de ses collègues. Il finit donc par dire qu'il avait rencontré un homme qui lui plaisait beaucoup, sans donner de détails.
Helena, si douce d'habitude, avait totalement pété les plombs. Elle lui avait donné une paire de claques, le traitant de tous les noms, cassant des objets comme une furie, et finalement le jetant dehors à coups de pieds avant de lui claquer la porte au nez.
Toujours sous le choc, cela faisait plus d'une heure qu'il était calfeutré dans sa Lamborghini.
Son téléphone sonna, il ne le regarda même pas. Mais la sonnerie se refit entendre à deux reprises. Avec un soupir, Angelo s'empara de son portable. Peut-etre était-ce Helena ? Non, c'était Milo. Celui-ci comprit tout de suite qu'Angelo était au trente-sixième dessous. Il demanda au Sicilien de lui indiquer où il était garé exactement et de ne surtout pas bouger, il arrivait.
En attendant Milo, Angelo revoyait en boucle les moments heureux avec Helena. Elle lui avait tellement apporté. Lui qui sentait une haine inextinguible le dévorer au plus profond de lui depuis la mort de ses parents en Sicile, il avait été apaisé par la jeune femme. Elle l'avait métamorphosé pour en faire un être très imparfait, bourré de défauts, mais tellement loin du quasi-psychopathe insensible qu'il était plus jeune.
Milo tapa à la fenêtre. A peine eut-il ouvert la portière qu'il fut frappé de voir à quel point Angelo semblait affecté.
- Change de place, dit-il doucement. Je nous conduis chez moi.
Pendant le trajet, Angelo garda d'abord le silence. Puis il finit par raconter en peu de mots ce qui s'était passé. Jeté hors de son propre appartement, il n'avait rien pu emporter, pas même un vêtement, pas même une brosse à dents.
- Bon, tu vas dormir chez moi et je te prêterai des affaires. Demain je te conseille de te foutre en arrêt-maladie pour déprime, et de retourner chez toi dans la journée. Helena n'aura certainement pas changé les serrures. Donc tu vas chez toi en son absence, tu récupéres tes affaires et tu reviens chez moi.
- Je ne veux pas t'envahir, prononça Angelo d'un ton lamentable.
- Sois pas ridicule. Tu vas pas aller à l'hôtel quand même ! Alors tu viens chez moi, on avisera pour la suite.
Une fois arrivés chez Milo, Angelo fonctionnait toujours au ralenti. Milo s'occupa seul de la préparations du repas. N'étant pas très doué, il décida de simplement faire cuire un plat surgelé au four pendant qu'Angelo racontait d'une voix atone ses mésaventures au cabinet, qui l'avaient poussé à parler à Helena tout de suite.
- Quels connards, mais quels cornards les gens de ton boulot ! C'est pas possible des trucs pareils en 2020 ! Visiblement, les choses n'ont pas tellement évolué depuis que j'étais au lycée.
- Ca m'a fait bizarre, j'ai ressenti une honte terrible.
- Tu sais, au fond ca n'a rien de honteux quand on y pense. C'est juste une question de représentation sociale. Moi aussi j'ai été insulté, surtout quand j'étais au lycée. Combien de fois on m'a traité de tapette, pédale, enculé ? Au début ça fait très mal bien sûr, mais j'ai fini par relativiser. Et si on me dit que je suis un suceur de bites, so what ?
Angelo était toujours aussi accablé. Il ne pouvait rien manger mais il accepta de boire un verre d'ouzo. Milo le serra dans ses bras et susurra : « Trésor, tu as eu une journée vraiment dure, mais je suis là pour toi ». L'Italien le pressa faiblement contre lui, mais ne put réussir à extérioriser sa douleur.
Se tournant et se retournant dans le lit, Angelo avait l'impression que sa vie s'écroulait. Malgré le médicament que Milo lui avait donné, le Sicilien n'arrivait pas à trouver le sommeil.
Il contempla le corps sculptural endormi à ses côtés. Milo… Il l'avait dans la peau, il était fou de lui, il lui était reconnaissant de prendre soin de lui mais il s'interrogerait quand même… Les choses n'auraient-elles pas été plus simples s'il n'y avait jamais rien eu entre eux ? Devenir objet de la haine d'Helena, du mépris de ses collègues… C'était vraiment dur. Et arriverait-il à trouver la force d'assumer un changement d'identité ?
Et ses parents ? Ils étaient morts il y a déjà longtemps maintenant, assassinés par la mafia, car son père, un restaurateur grande gueule, avait voulu s'élever contre le racket de Cosa nostra. Après ce double meurtre, une de ses tantes, installée en banlieue parisienne, avait fait venir chez elle le jeune garçon traumatisé, qui ne parlait pas un mot de français et n'avait jamais quitté son île.
Mais même si ses parents n'étaient plus là, il savait bien qu'ils n'auraient pas du tout apprécié de voir que leur fils était devenu homosexuel. Sa mère aurait été si triste !
Il ne parlait jamais de ses parents. A peine avait-il dit à quelques personnes, dont Shura et Milo, qu'ils étaient morts, mais sans préciser de quoi. Helena était la seule à connaître l'atroce réalité.
Ne voulant plus affronter ces terribles pensées, Angelo reprit un des comprimés de Milo, espérant qu'il sombrerait enfin dans les brumes de l'inconscience.
Le lendemain matin, Angelo suivit les conseils de Milo et alla chez son généraliste. Celui-ci ne fit aucune difficulté, en voyant sa tête, pour lui prescrire un arrêt de travail. Il lui conseilla également de prendre des antidépresseurs et des somnifères.
C'est le coeur lourd qu'il se rendit ensuite dans l'appartement occupé depuis des mois avec Helena. A 10h du matin, en toute logique, elle ne serait pas là. Il se glissa avec hésitation dans leur logement. Comme il l'avait prévu, elle était absente. Mais l'horrible dispute de la veille semblait transpirer de partout. Helena avait déchiré les photos d'eux qui ornaient les murs. Elle avait déchiré ses vêtements, vidé le contenu de ses parfums dans la salle de bain, détruit un nombre incroyable d'objets lui appartenant.
Totalement accablé, il lui fallut moins d'une heure pour sauver quelques affaires et prendre des documents indispensables. Dans un état second, il claqua la porte pour la dernière fois.
Une page de sa vie se tournait, ou plutôt se déchirait. Comment allait-il écrire la suite ?
Il passa dans une pharmacie avant de rentrer chez Milo. L'appartement petit, mais bien agencé, lui semblait si froid en l'absence de son locataire, qui ne devait pas revenir avant un bon moment. Il fallait qu'Angelo dorme un peu, pour ne plus penser. Mais il n'y arriverait pas sans aide. Il prit un somnifère, mais un seul ce ne serait pas suffisant, il l'avait bien vu cette nuit. Il en prit donc un deuxième, puis un troisième. Devait-il en prendre un autre encore pour être sûr de perdre conscience ?
A suivre...
Note : Suzuka, j'ai tenu compte d'une tes anciennes remarques. Si Angelo sait parfaitement cuisiner les pâtes (et toutes les spécialités italiennes ) c'est parce qu'il a été à bonne école avec des parents restaurateurs.
