Hello… Alors, voilà la suite…
La encore ce ne sera pas joyeux… Et nous nous approchons de la fin…
Encore quelques chapitres à tenir.
Guest : Et bien non, je ne me suis pas arrêtée là XD
Ca me touche que tu ai pleuré pour ce pauvre Varian… J'avais vraiment peur de ce chapitre, car il n'était jamais vraiment assez bien pour moi. Mais dés que je mettais des trucs plus violent j'étais « Pense à la suite… Tu ne peux pas faire ça… » Bref… Heureuse que ça t'ai plus !
Là dessus, bonne lecture !
Chapitre 19 : Retour à Corona
Quand Raiponce rouvrit les yeux, elle était a l'extérieur du château, entouré d'Eugène et Cassandra, l'air mortifiée au visage.
Se relevant comme elle pouvait, la princesse regarda autour d'elle.
Adira se faisait soigner par Lance, le visage grave. Hoock et Shorty rangeaient les affaires, prêt au départ.
Et Rudiger n'était plus là…
-Où est Varian ?
La question de Raiponce fit détourner quelques regards, alors que d'autres ignorèrent simplement ce nom. Au bout de quelques secondes, ce fut la brune qui lui répondit, la voix quelque peu cassée après les hurlements qu'elle avait poussée pour qu'on lui rende sa meilleure amie.
-Il est parti avec un Golem.
Cassandra baissa les yeux, les souvenirs de ce qui s'était passé en tête.
Quand le Golem était sorti du château, Varian perché sur son épaule, Cassandra et le reste du groupe s'étaient précipités pour s'engouffrer dans l'ouverture que le golem avait fait.
Une grosse partie du château était tombée en miette suite à une poussée de pics noires qui avaient après disparus.
Cassandra s'était retournée pour regarder Varian. Pour lui exprimer sa haine à son encontre.
Mais face au regard vide et au manque de sang sur lui, Cassandra avait comprit.
Varian n'avait pas tué Raiponce.
Il n'avait pas eut sa vengeance, et partait loin, les laissant rentrer chez eux.
C'était ici que leurs routes se séparaient…
Les autres étaient partis loin dans les ombres des corridors, et Cassandra ne pouvait détacher ses prunelles de la silhouette brisée devant elle. L'alchimiste s'était juste tourné vers Rudiger.
Si celui-ci avait été méfiant au début, il avait approché un peu son maître pour finalement lui sauter dans les bras.
Varian l'avait prit contre lui mais il n'y avait eut ni rire, ni joie…
Juste une sorte de soulagement d'un chagrin immense, agrippant Rudiger avec le désespoir d'un mourant.
Varian était entouré d'une solitude palpable, où seul Rudiger était capable d'être à ses cotés.
Cassandra avait beau être prêt de l'alchimiste, il y avait comme un mur entre eux.
Entre l'alchimiste et le monde, le rendant inconnue et inapprochable.
Et dans cette bulle indestructible, ils croisèrent enfin leur iris.
Ca avait été comme un coup de poing dans le ventre de la guerrière, son être lui hurlant de partir loin de cette « chose », de cette malédiction ambulante qui n'apportait de destruction.
L'alchimiste sembla comprendre le malaise de la guerrière et décida de mettre fin à cet interlude.
Posant la main sur l'épaule de son golem, ce dernier partit de suite, sautant au dessus des murailles du châteaux pour continuer leurs routes.
Ils furent en quelques secondes une ombre lointaine dans un nuage de poussières grises, et disparurent.
...
Raiponce regarda Cassandra, paniquée.
-Faut le retrouver !
Raiponce tenta de se lever, mais retomba à genoux, exténuée de tout ce qui s'était passé, des mèches brunes et blondes tombant devant ses yeux.
Cassandra se leva, piquée au vif, les yeux humides.
-Raiponce… La victoire est amère, mais elle est notre. Regarde !
Pointant les terres dévastées du Nord, Cassandra continua de parler, malgré sa gorge qui se serrait.
-Les rochers noirs disparaissent les un après les autres. La malédiction s'est arrêtée, au prix de la perte définitive de Varian.
Malgré toute leurs mésententes, Cassandra avait vraiment espéré que l'alchimiste s'en sorte, qu'il regagne sa liberté et sa vie.
Qu'il vive heureux…
Mais à présent, l'alchimiste errait dans la nature, avec comme seule compagnies des robots froids et muets.
Elle pensait bien que Varian n'allait pas attaquer qui que ce soit, elle l'avait découvert une seconde fois, et elle était sûre qu'il ne ferais pas de mal a qui que ce soit gratuitement…
Mais elle n'était pas rassurée de le voir s'exiler loin des hommes et du monde.
-Si seulement… Si seulement je l'avais protégé.
Elle avait échouée à le protéger d'Adira, de sa colère, et de sa solitude…
S'il ne s'était pas sentit abandonné, il serait resté avec eux, et ils auraient put le soutenir.
Mais dans l'optique de garder Raiponce en vie, ils l'avaient poussé vers la fin, sans envisager une troisième option.
-Cassandra, ne cesse pas d'être un iceberg pour Varian. Il a essayé de tuer Raiponce ! Râla Eugène, toujours secoué de ce qui s'était passé.
-Mais il ne l'a pas fait, surligna Raiponce.
-Et c'est uniquement grâce à Adira qu'il ne nous a pas dépecé vivant, alors ta compassion, tu l'as garde pour quelqu'un d'autre.
-Varian a vaincu l'opale pour nous ! Il s'est maudit pour un monde ou il n'a plus personne...
Le destin tragique du Moondrop prenait tout son sens, mais l'accepter était encore difficile.
Adira resta en retrait, Lance la couvrant d'excuses et de mots doux qui ne l'atteignait pas.
Elle avait fait son devoir, mais elle aussi était amère. Ça aurait put bien mieux se passé.
Raiponce se releva soudainement, un air déterminé au visage malgré sa fatigue.
-Il faut que l'on retourne à Corona tout de suite !
-Oui, on va rentrer mais d'abord…Proposa Eugéne.
-Nous n'avons pas le temps de nous reposer ! Corona est en danger !
-Quoi mais…
Raiponce sorti du cercle fait par ses amis pour fixer le Sud.
-Si Varian est parti, c'est surement pour sauver son père, au vieux Corona.
-Oui… Avec son pouvoir, il peut libérer son père de l'ambre.
-Sauf que je pense que Varian a laisser un souvenir impérissable à mon père, et à tout Corona. Dés qu'ils vont le voir arriver… Ils vont l'attaquer.
Eugéne se releva soudainement.
-Et alors ? Tu crois vraiment qu'il pourrait être blessé, avec le pouvoir qu'il a ?!
Raiponce resta un moment silencieuse pour se tourner vers son amour, un air réellement inquiet au visage.
Pour Varian, et pour les autres.
-Je n'ai pas peur qu'il soit blessé. J'ai peur qu'il se défende.
Finalement ils avaient trouvé un moyen de stopper la catastrophe qu'ils pouvaient prédirent aux porte de Corona.
Traversant le château, Raiponce, aidée de Cassandra, avait expliquée la situation.
-Varian a un Golem pour se déplacer. Ce qu'il veut dire qu'il fera en quelques semaines ce qu'on a traversé en plusieurs mois. Il faut que l'on trouve un moyen de transport qui nous feras aller plus vite encore.
-Et tu crois trouver cela ici ?
-Hécate était douée pour ce qui est d'inventer des machines. Et si les golems ne nous obéissent pas, peut être une autre de ses créations le fera.
Adira jura qu'elle n'avait rien vu de pareille dans le châteaux, mais elle n'en connaissait même pas la moitié, tant d'endroits étant devenu interdit et secret…
Et après des jours de recherches où la panique montait de plus en plus dans leurs veines, étant donné que c'était une course contre la montre, ce fut Hook qui héla les autres.
Ils étaient tombés sur l'atelier du château, des golems à moitié construit trônant à chaque coins libres de l'atelier.
-C'est un peu flippant, tout ces automates… Murmura Lance.
-Faut dire que quand elle partait en guerre, Hécate ne faisait pas la moitié des choses, murmura Cassandra, plantée devant une carte qui faisait tout un mur de l'atelier.
Des croix et des flèches montrèrent les étapes de son règne et des terres devenues siennes, pour que les dernières se tournent vers Corona, écrasant Saporia en chemin.
Dire qu'à cette époque, Saporia et Corona était alliées.
Au sol, il y avait une toile peinte, à moitié en lambeau et brulée où Raiponce reconnu le visage doux et sévère d'Hécate, un homme semblant être à ses cotés. Surement Orion.
Continuant leurs recherches, ils arrivèrent enfin à ce qui pouvait sauver Corona de la colère de Varian.
Au départ, ils n'avaient pas comprit ce que c'était, mais Adira les éclaira sur la fonction de l'appareil. Comme les lanternes que l'on élevait dans le ciel pour Raiponce, cette machine s'envolait avec des gens à son bord.
Ils appelaient cela un dirigeable, apparemment.
Une autre idée d'Hécate… Faire voler ses troupes pour les faire entrer dans les terres ennemis.
Raiponce eut un frisson d'effrois.
Malgré tout son savoir, il semblait que l'ancienne reine ne l'avait exploité que pour la guerre.
Tout royaume est construit sur le cadavre des ennemis…
C'est que lui avait un jour dit Varian, sa vision terrible du monde prenant de plus en plus forme dans ce château qui semblait tout droit sorti d'un cauchemar.
Etait ce vrai ? Varian aurait il pu être heureux si il n'avait pas été corrompu par l'opale ?
Aurait il eut des amis ? Aurait-il été normal ?
Dans le dirigeable qui prenait doucement le chemin de Corona, après des heures à emplir la cage de tissu d'air chaud, Raiponce amena ses genoux contre sa poitrine, son visage fermé.
Quelque chose la faisait douter.
Pourtant Varian l'avait hurlé, malgré toute sa haine, il ne pouvait lui faire du mal sans condamner le monde…
Mais il y avait autre chose…
Peut être était-ce la peur dans ses yeux quand il l'avait regardé. Un regard qu'elle lui avait porté pendant des mois…
La peur de l'autre, le sachant bien plus dangereux qu'il n'y paraît.
C'était la première fois que l'alchimiste la regardait ainsi…
L'opale était déterminée à en finir avec elle.
Orion était vu comme un être pouvant lui faire du mal. Son bourreau.
Pourtant, ce n'était pas ce qui était écrit dans l'histoire, Hécate étant la plus puissante des deux, une guerrière assoiffée de sang.
Mais encore la voix froide de l'alchimiste lui vint aux oreilles.
L'histoire est écrite par les vainqueurs.
Ses deux mains se plaquant contre ses tempes, raiponce gémit pitoyablement alors qu'elle ne savait plus comment agir.
Une partie d'elle restait assurée que Varian était dangereux, encore plus avec ses pouvoirs.
Mais d'une autre…
Une autre Raiponce se souvenait de son visage résigné alors que l'alchimiste comprenait que la malédiction était de devoir vivre et de laisser en paix son ennemie.
Recourbée dans le montant d'une des fenêtres de sa cabine, elle regarda en bas, les rochers noirs ayant disparus des montagnes.
Tout était si flou, moins tranché, moins net…
En allant à Corona, elle ne savait pas si elle devra sauver son peuple, ou Varian.
Maintenant qu'il se pensait sans avenir, assuré que son père le détesterait et amputé de sa vengeance, se défendrait il ?
Ou se laisserait-il détruire par un peuple en haineux et apeuré, comme dernier pied de nez à l'opale.
Un sanglot remonta dans sa poitrine alors qu'encore une fois, la voix de Varian lui rappelait ce qui s'était passé.
Je vous ai attendu.
Sa voix avait été si douloureuse, si brisée que d'un coup elle s'était mis a se détester.
Son « désolé » était indécent, et même horrible…
Quoi ? J'ai dit désolé pour mes crimes…
Adira avait elle dit la vérité ? L'opale est condamnée à la solitude, et le soleil sera toujours aveugle au mal qu'il fera aux autres ?
Etait ce son destin ?
Des souvenirs se plantant en coup de couteau dans son dos.
Quand elle avait participé au concours où était inscrite Cassandra dans l'espoir d'impressionner son père… Elle avait éclipsé sa meilleure amie, et l'avait blessé…
Quand elle était partie du principe que les idées de Cassandra étaient moins bonnes que les siennes parce qu'elles étaient différentes.
Tout les premiers pas qu'avaient fait Eugène vers elle, pour la rassurer, pour l'aider alors qu'elle ne l'avait jamais vraiment rendu la pareille pour qu'il se sente à sa place dans le palais.
Quand elle avait cru son père car il était plus facile de fermer les yeux que de se battre…
Echappant un autre sanglot, Raiponce se sentait perdue.
Avait fait elle tout mal ? Qui avait elle encore fait souffrir, qu'est ce qu'elle avait loupé ?
Essuyant ses joues, elle sortit de sa place réduite et se mit debout.
Elle avait fait des erreurs, comme tout le monde. Comme Varian.
Mais elle allait changer, devenir meilleure.
Et surtout, elle allait demander pardon pour ce qu'elle avait fait.
Le vent fouettait son visage, son corps douloureusement crispé.
Les yeux irrités par le vent, il s'était accroché de toutes ses forces aux épaules de son Golem quand ce dernier s'était stoppé.
Relevant la tête, il vit au loin la silhouette de Corona, son mur réparé malgré les rochers noirs présent dans les fondations même de la terre.
Se mettant debout, il toisa cette terre maudite.
Ca ne durera pas longtemps, mais il devait prendre le risque.
Il ne laissera pas son père dans ce cercueil glacé un jour de plus.
En quelques heures, Varian arriva au cœur de la ville, voyant de ses yeux que son village était toujours en morceau, les rochers noirs implantés dans les masures qui n'avaient pas survécus au second hiver qu'elles avaient subies.
Aux milieux de ses ruines, il n'y avait personne.
Ni villageois, ni maçons qui vivaient dans les environs.
Touchant le sol, Varian vit que ce n'était que de la poussière, qui avait déjà fait mourir nombres d'arbres au alentour.
Sa colère s'était déjà diffusée à cette endroit précis, son souvenir douloureux donnant la force aux rochers d'empoissonner l'endroit de sa chute.
Se relevant, il continua sa traversée quand il tomba sur ce qui avait été son foyer.
Il n'en restait rien.
A part deux trois murs, tout le reste détruit par des pics qui continué de pousser, la mettant en morceau.
Son atelier n'était plus, son enfance et les autres souvenirs dispersés aux quatre vents.
Les dernières traces physiques de l'existence de Varian étaient tombées en cendre…
Et au milieux de ces ruines trônait l'ambre, son père coincé dedans comme un insecte dans de la sève.
Varian resta un moment devant ce triste spectacle dont il était l'investigateur.
Dire que tout cela aurait put être évité.
Si seulement son père n'avait pas eut peur pour lui, si seulement lui même n'avait pas agit ainsi…
Mais ce qui était fait ne pouvait être effacer.
Et il était sur le point de corriger une de ses plus grandes erreurs.
S'approchant de l'ambre, l'alchimiste frissonna, remontant difficilement le col de sa cape en lambeau, Rudiger en boule dans son sac.
Varian lui gratta gentiment l'oreille pour le réveiller en douceur avant de poser le sac au sol.
Jamais il ne pourra remercier Rudiger pour le soutien qu'il lui avait prodigué durant toute cette aventure.
Quand il était revenu vers le groupe après avoir épargné Raiponce, Rudiger l'avait regardé avec inquiétude et méfiance.
Il savait que son garçon pouvait faire des choses inconsidérées sous l'emprise de la colère.
Mais sur son maitre, il n'y avait pas d'odeur de sang, et dans son regard, si on y voyait la rage, il y avait aussi une sorte de résignation. Non, il ne l'avait pas fait.
Rudiger avait donc couru vers Varian pour sauter dans ses bras.
Son maitre était redevenu lui même et avait décidé de partir. Il irait avec lui.
Et Varian lui en sera toujours reconnaissant.
La boule de poils lui avait apportée un soutien que nul autre avait réussi a lui donner.
Le groupe l'avait fait quelque fois, chacun à sa manière.
Cassandra l'avait parfois relevé, Lance l'avait fait rire et Eugène l'avait engueulé comme un grand frère.
Mais derrière il y avait toujours de la crainte.
Varian n'allait pas s'en plaindre mais c'était parfois blessant.
Rudiger ne l'avait craint que quand il se mettait dans ses colères froides, où il perdait tout contrôle et pouvait partir dans les pires excès. Bref, les moments où il devenait réellement dangereux.
Le reste du temps, Rudiger était avec lui comme il était avec les autres.
Juste présent parce qu'il était son ami.
Rudiger sorti du sac en bondissant, heureux de retrouver l'endroit où ils avaient vécu tout les deux avant tout cette histoire.
Son maitre avait un peu changé.
Ses cheveux devenus blancs et bleue, des cicatrices s'étaient ajoutées aux des plus anciennes, mais au fond il était le même…
Ou même mieux.
Son maitre avait évolué, apprit et accepté sa nouvelle vie et sa nouvelle condition.
C'était un gros travail, mais la encore, l'alchimiste y allait doucement mais surement.
Et Rudiger en était fier.
Varian regarda un peu son compagnon tourné autour de ce qui avait été leur atelier, puis reposa son regard sur l'objet qui l'avait fait tenir jusqu'ici.
Posant ses mains dégantées sur l'ambre indestructible et inspira.
Il sentait la pierre vibrée sous ses doigts, une onde se propageant dans sa chaire et qu'il comprenait.
Se concentrant, il projeta son « pouvoir » dans l'ambre, la faisant peu à peu changer de couleur alors que son chant devenait de plus en plus audible. Perdant cette couleur dorée qu'il avait en horreur, elle devient pâle et de plus en plus opaque.
Continuant son sort, il entendit soudainement des bruits de chevaux et de métaux.
Des soldats.
Se retournant, il vit sans surprise le capitaine de la garde, le roi et moult soldats à leurs suites.
Varian resta de marbre, c'était logique qu'ils viennent pour lui, pour le repousser au cas où sa présence signifie un danger imminent.
Le roi s'avança vers lui, ayant troqué sa cape et ses habits royaux pour une armure.
-Varian ! Comment oses tu revenir ici ?! Cria le roi avec autorité.
-Comment avez vous su que j'étais revenu ?
Le roi grinça des dents devant le ton plat du jeune homme.
Il avait demandé cela sans détour, pas même surprit de leurs arrivés. Peut être avait il placé des pièges pour se protéger d'eux…
Ordonnant ses soldats de garder leurs distances, il regarda de pieds en cap leur ennemi.
Blessé, Varian semblait recouvert de cicatrices, ses cheveux devenues d'une blancheur sale, la poussières et la terre recouvrant sa peau. L'adolescent était dans un sale état.
Et pourtant, il emmenait de lui un aura de puissance tranquille…
-J'ai posté des gardes autour du vieux Corona. Dés qu'ils ont vu ton Golem approché, ils sont venus m'avertir.
-Je vois. Vous saviez que je n'allais pas l'abandonner. Et je constate aussi que vos recherches pour le libérer n'ont pas beaucoup avancées.
Le roi Frédéric fronça des sourcils, énervé par le ton sarcastique du jeune homme.
Puis haussant la voix, le roi fit son devoir.
-Varian ! Tu es en état d'arrestation ! Tu étais condamné à 5 ans de prison. Mais la sentence s'est alourdit avec ton évasion et la mise en danger préméditée de Corona.
L'alchimiste retint de sourire avec mélancolie. C'est vrai qu'il avait fait ça.
Soufflant doucement, il se concentra de nouveau sur l'ambre qui avait reprit sa couleur dorée.
Respirant doucement, il ferma les yeux et réinjecta ses pouvoirs dans la prison de son père.
Le roi Fredéric grogna sous le manque de respect du jeune malfaiteur et réitéra sa sentence.
-Varian ! Ne m'oblige pas à utiliser la force !
L'alchimiste allait exploser de rire mais se retint. Il devait le faire pour son père.
Alors il répondit simplement au roi Frédéric pour mettre à plat ses cartes.
-Je libère mon père, et après j'irais moi même dans les geôles de votre château.
Le roi resta un moment muet, surpris de cette annonce puis se reprit.
Ce n'était pas la première fois que le jeune homme trompait son monde.
-Et pourquoi te croirais-je ?
-Car je tiens toujours mes promesses. Ce que je vous demande en échanges, c'est de ne pas punir mon père pour mes fautes et de ne pas me blesser.
Le roi resta silencieux, ses yeux restant sur l'enveloppe du jeune homme. Il était dans un état pitoyable, et il n'avait surement aucune force pour se battre. Il avait bien un Golem avec lui, mais un seul de ces guerriers de métal n'était rien face à une armée.
Varian ne pourrait pas se défendre, ne semblait même pas avoir la volonté de le faire, alors le roi acquiesça.
-Bien Varian, je promets de faire de mal ni à toi, ni à ton père.
-Vos hommes sont compris dans l'affaire.
-Je me porte garant pour eux.
Varian hocha la tête et recommença à travailler l'ambre.
Elle était une version mutante des pics noirs, alors ce qu'il comptait faire était simple.
Rapprocher l'ambre de la composition des pics noirs pour enfin la détruire doucement.
Il ne voulait pas que son père soit blessé dans l'opération.
Son chant s'éleva calmement, l'incantation enflant dans sa poitrine, se répercutant sur la prison de son père.
Peu à peu la roche devenait de plus en plus froide, de plus en plus opaque, cachant presque la forme de Quirin.
Quelques secondes de plus, et l'ambre se fendilla doucement.
Puis, comme du verre, elle éclata en plein de petit cristaux, laissant le corps de son père lui tombé dessus.
Rattrapant son paternel au dernier moment, Varian tomba à genoux sous le poids, s'écorchant les genoux au passage.
Puis doucement, il reprit son équilibre et l'allongea doucement au sol, prenant soin que sa tête ne cogne pas le sol.
Restant a genoux prés de lui, il l'observa quelques instants, sa terreur revenant secouer ses entrailles.
Tous ses membres étaient gelés, sa respiration sifflante…
Varian était frigorifiée dans sa peur de découvrir que Lady Caine ait raison.
Que son père soit décédé.
Regardant le visage de son père, Varian inspira doucement et colla son oreille à son buste.
Le roi Fréderic était resté coi à la destruction de l'ambre.
Puis quand le corps de son ami était sortit de la pierre, il avait voulu accourir à son chevet, voir si il allait bien.
Mais il se retint.
C'était un moment que Varian devait passé seul.
Seul avec son seul parent restant.
Le roi regarda donc le jeune alchimiste observer son père, comme s'il le voyait pour la première fois. De dos, il ne pouvait voir le visage du jeune Varian, mais il imaginait bien le tourbillon de sentiments qui devait tournoyer en lui.
Puis il vit Varian plaquer son oreille sur la poitrine de Quirin. Et comme les autres soldats, il attendit le verdict.
Varian replaça plusieurs fois son oreille, se relevant pour regarder le visage son père.
Puis Varian cessa de chercher.
Ses doigts agrippèrent la chemise de son père, et le roi entendit des sanglots, le corps du jeune Varian secoué de spasmes.
Il n'y avait plus aucun espoir à avoir.
Varian pensait s'être préparé, avoir versé toute ses larmes, mais il en avait encore malgré tout…
Face aux silences, face à la mort.
Si ses lèvres furent mordues furieusement par pure fierté, il ne put empêcher longtemps le fléau du chagrin lui enlever le reste de sa dignité.
Le premier gémissement fut une déchirure pour tout le monde, même pour les soldats.
Malgré tout ce qu'il avait fait, voir l'enfant pleurer sur le corps de son père était douloureux.
Son dos tremblait sous son chagrin grandissant alors que sa voix embuée tentait de retenir ses sanglots, ses doigts agrippant ce qui lui restait, comme si sa poigne pouvait garder son père prés de lui.
Les larmes étouffées devinrent vite les sanglots de désespoir.
Varian voulait hurler qu'il était désolé, qu'il avait été trop lent, trop faible… Mais sa gorge refusait tout mots.
Pas de discours pour son père, pas de serments courageux ou de silence honorable, seulement les pleurs audibles d'un fils assassin.
Varian enfonçant son front dans le buste de son père, se maudissant encore en encore jusqu'à ce que mort s'en suive…Puis, soudainement, Varian se releva et commença a appuyer sur la poitrine du défunt, tentant un massage cardiaque.
Peut être que son cœur venait de s'arrêter, surement le choc entre son emprise de la pierre et sa libération brusque.
Comptant le nombre de poussées, Varian se mit à répéter que ça ne pouvait finir ainsi, qu'il y avait surement une solution.
Un miracle peut être.
Même le roi trouvait cela trop pathétique pour laisser le jeune homme dans son déni.
S'avançant vers lui, il tenta de le raisonner.
La mort de Quirin était tout aussi douloureuse pour le roi, mais il fallait se rendre à l'évidence.
-Varian. Quirin est mort.
-Non ! Il n'en a pas le droit, pas après tout ce que j'ai fait !
Il ne pouvait pas mourir à cause de Varian, pas à cause de cette expérience malheureuse !
Son père devait se réveiller, même si c'était pour le rejeter, pour le haïr, il devait se réveiller !
Appuyant encore et encore, Varian n'entendit pas le souffle d'un dirigeable arriver prêt d'eux.
Raiponce atterrissant entre la troupe de soldat et le jeune alchimiste grâce à ses cheveux.
Se tournant vers son père, elle était prête à le supplier de ne pas faire de mal à Varian quand elle se figea, voyant que les soldats n'étaient pas en position de combat, mais surtout en voyant le regard désolé de son père.
-Papa ? Qu'est ce qui se passe ?
-C'est Quirin…
Se tournant vers l'alchimiste, elle vit l'ambre en morceau, le corps de Quirin allongé au sol et Varian tentant de le faire revenir à la vie.
Varian lui tournait le dos, mais elle imaginait sans mal la terreur et le chagrin dans les yeux de Varian face à ce qu'il se passait.
Et cette fois, elle ne comptait pas regarder sans agir.
Raiponce respira profondément et s'avança vers l'alchimiste d'un pas determiné.
-Varian…
Celui ci se stoppa, puis se retourna vers la voix du sundrop. Raiponce resta statique face au regard perdu de ce qui avait été autre fois un ami, pour devenir son pire ennemi.
Le visage défait, les yeux gonflés de larmes, Varian ressemblait à un enfant perdu, orphelin…
À ce qu'il était en fait. Mais ça, ils l'avaient oubliés trop longtemps.
- Princesse… Il respire plus… Pitié, sauvez-le !
Raiponce aurait pus se remémorer tout ce qui c'était passé, la méchanceté de Varian, son acidité envers elle, mais elle n'avait pas été très généreuse avec lui.
N'ayant jamais le bénéfice du doute, son comportement lui semblait bien puéril.
Varian et elle s'étaient blessés et sauvés mutuellement, comme deux frère et sœur. Même si la colère de Varian était bien plus assassine, il s'était toujours arrêté avant que ça devienne irréparable, jusqu'a oublier celle-ci dans les moments trop grave.
D'un coup, tout ses mots durs et ses regards noirs étaient bien futile à coté de toute les fois où il les avait aidés ou sauvés, malgré la crainte qu'ils le blessent en retour.
L'alchimiste avait sauvé le monde en acceptant le fardeau de ce pouvoir, de ce destin…
Varian avait fait un pas vers elle en repoussant son envie de l'occire, dictée par l'opale.
A elle de faire un pas vers lui en tentant de lui rendre son père.
Avançant vers lui, la princesse sentit son père lui agripper le bras, inquiet.
Vu ce que Varian avait essayé de lui faire au vieux Corona, le roi ne voulait pas qu'elle s'approche de l'alchimiste.
Raiponce repoussa doucement son bras, un fin sourire sur le visage.
Elle comprenait cette inquiétude mais savait qu'elle était désormais inutile…
-Varian nous a accompagné durant toute notre quête. S'il me voulait réellement du mal, je ne serais plus là depuis longtemps.
Marchant vers Varian et Quirin, elle s'assit en face de l'alchimiste qui tenta de repousser ses larmes, qui continuèrent malgré tout à couler en grosses perles salées sur son visage.
Posant sa main sur celle de l'ex-brun, Raiponce lui fit un petit sourire.
-Tout va bien se passer…
Varian aboya une sorte de rire, ses émotions hors de contrôle.
La dernière fois qu'elle avait dit ça, ça avait été une catastrophe…
Prenant ses cheveux devenus bicolore, elle les posa en paquet à l'endroit du cœur de Quirin, et posa sa main sur le front de l'homme.
Inspirant, elle pria pour que ça fonctionne.
Varian ne pouvait pas être guérit, mais ce devait être le cas de son père.
Entonnant sa mélodie, la douce lumière dorée coula dans les mèches encore blonde de la princesse, pour imprégner le gisant. De longues secondes bercées par la voix de Raiponce passèrent avant que la lumière s'éteigne et que Varian regarde son père avec espoir.
Ses mains dégantés sur le corps de son père, Varian ne vit même pas ses larmes cobalt tomber en tâches sombres sur la peau de ce dernier…
Le temps s'étira, rendant chaque instant aussi long qu'une année, et dans cette attente insupportable, il eut enfin la délivrance.
Quirin inspira durement de l'air, les yeux révulsés pour retomber directement dans les abysses du sommeil.
Mais il respirait ! Il était en vie.
Raiponce soupira de soulagement quand soudainement, Varian l'enlaça, sanglotant de bonheur cette fois.
-Tu l'as sauvé ! Merci Raiponce ! Merci infiniment…
Raiponce, au départ crispée par ce contact inattendu, se mit à sourire et pleurer également.
Serrant elle aussi Varian contre elle, elle lui répondit, sa voix elle aussi, déformée par des larmes de joie.
-De rien Varian…
Restant quelques secondes l'un contre l'autre, le rire de Varian s'éteignit.
Puis, d'une toute petite voix, Varian s'excusa.
-Je suis vraiment désolé Raiponce… Je n'aurais jamais dû essayer de détruire Corona, de te détruire toi… Je n'aurais jamais dû m'abandonner à la colère, jamais. Je te demande pardon…
Raiponce posa sa main dans les cheveux blancs de Varian, le souffle coupé par la sincérité brute qu'elle percevait dans les paroles de l'alchimiste.
-Et je suis désolée de t'avoir laissé seul alors que tu avais besoin de moi. Pardonne moi d'avoir été une amie pitoyable.
Ils n'eurent même pas à le dire qu'ils le savaient tout les deux.
Leurs haines et leurs craintes avaient disparus.
Le reste du groupe qui avait atterris en catastrophe, arrivèrent enfin prés du roi Frédéric, rassuré de voir que personne n'avait été blessé et que Raiponce et Varian avaient enfin fait la paix.
Tout finira bien, finalement.
Raiponce et Varian se sépara enfin, Varian écrasant ses dernières larmes d'un geste pudique, il fit un petit sourire à Raiponce, le même qu'il avait avant tout ces événements. Optimiste et timide.
Oui tout ira bien.
Enfin, c'était ce qu'ils pensaient avant que Varian pousse un cri de douleur et ne bascule en avant, les yeux révulsés.
Raiponce l'attrapa par les épaules, l'inquiétude rongeant soudainement ses veines.
-Varian ! Varian, qu'est ce qui se passe !
L'alchimiste tombant dans ses bras, Raiponce vit une flèche plantée dans le dos de l'alchimiste.
Regardant avec panique les soldats de son père, elle vit celui qui avait blessé l'adolescent.
Se levant, elle se dirigea vers le coupable, furieuse de voir cet instant détruit par une flèche maladroite.
-Pourquoi avoir fait ça ! Hurla Raiponce, agrippant le col de l'homme.
Celui ci planta ses iris dans celle de la princesse, répondant avec rage à la question stupide.
-Princesse, cet être est un monstre ! Il nous l'a maintes fois prouvé mais maintenant, il peut contrôler les pics noirs n'est ce pas ?
Raiponce lâcha l'homme comme brulée par ses paroles. Comment pouvait il le savoir ?
Ce ne pouvait pas être Varian, jamais il ne donnerait ce genre d'information.
Le soldat répondit à son interrogation muette.
-Seul une personne ayant un pouvoir égal aux vôtres pourrait détruire cet ambre, tout comme ces rochers malfaisants ! Alors s'il la fait, il peut tout aussi détruire Corona et tous nous tuer si l'envie lui prend ! Il faut le tuer avant !
Comme électrisé par la terreur et la possibilité de voir leurs familles périr, la plupart des gardes sortirent leurs armes et leurs arbalètes pour occire le monstre.
-Je vous avais interdit de le blesser, Soldats ! Reprit le roi, excédé par ce comportement.
Mais la dispute fut secondaire quand Varian se releva, son dos arrondis dans la douleur.
Lentement sa main fit le tour de son buste pour casser la flèche, jetant avec indifférence l'autre morceau au sol.
Raiponce fut terrifiée à la lueur bleue qui transperça sa chemise alors que ses cheveux s'illuminaient d'une lueur nacrée.
-Varian.
Varian se tourna vers eux, les yeux brillant d'une lueur dangereuse, tout comme les cicatrices qui parsemaient son corps, plus encore celle qu'il gardait de sa chute du gouffre.
-Vous m'avez fait mal…
Ce fut comme un signal.
Tout les soldats se mirent en joug, les arbalètes prêtent a tirer leurs carreaux. Raiponce leur hurla de s'arrêter, mais c'était sans compter la peur qu'ils ressentaient face à l'être qui leur faisait face. Puis Raiponce se tourna vers Varian, le suppliant du regard de ne pas faire cette erreur.
-Je t'en supplie, Varian ! Ne fais pas ça !
Varian tentait de reprendre son calme, mais la douleur qui irradiait de son dos, sa fatigue extrême ne l'aidaient pas.
Et cette vision périphérique qui lui montrait le nombre de soldat face à lui, les arbalètes et les armes sorties…
Il tenta de reprendre sa respiration, de faire baisser la rage qui lui agrippait les entrailles.
Prenant une longue inspiration, il fit baisser la tension.
Quand une autre flèche alla vers lui, un pic poussa pour le protéger.
C'est normal, ils ont peur…
D'autres flèches volèrent vers lui, et des rocs se mirent entre lui et les soldats.
Ils auront toujours peur…
Un carreau lui frôla la tempe. Cette fois, il en était sur, les soldats voulaient le tuer.
Malgré le cri de ses amis, le soutien de Raiponce, sa colère prit totalement le contrôle, quand une flèche lui poignarda l'épaule.
Hurlant sa colère et sa déception, Varian appela à lui les rochers noirs pour attaquer.
Qu'importe qu'il se rende, qu'il se défende juste, il sera toujours un monstre à leurs yeux.
Alors valait mieux les blesser et s'enfuir que mourir abattu comme un animal…
Si seulement il avait prit en compte le courage de Raiponce.
Des pics serpentèrent jusqu'aux soldats, et quand elles sortirent de terre, elles furent confrontées à Raiponce qui se jeta devant elles.
Varian arrêta de suite ses rochers, mais hélas… Pas assez rapidement.
Il avait déjà vu dans le nuage de poussière, Raiponce être touchée par une de attaques.
Ses yeux redevinrent humains alors que, choqué par ce qu'il venait de faire, Varian n'arriva même pas a dire le nom de sa victime. Ce n'était pas elle qu'il visait…
Il voulait juste blesser les soldats…
Il ne voulait pas…
Prit de panique, il courut vers l'endroit où était Raiponce, se fichant bien des soldats qui étaient prêt à tirer de nouveau sur lui.
Forçant ses jambes qui voulaient lâcher, sous la terreur d'avoir blessé son amie, il arriva enfin à l'endroit où Raiponce avait été quelques temps avant l'incident.
Toussant à cause de la fumée, il appela Raiponce.
Il fut suivit d'Eugène, Cassandra et le roi, qui avaient prit un temps infini à comprendre ce qu'il se passait.
Poussant les gravas qui devait entraver la princesse, Varian vit du coin de l'œil que les soldats allaient bientôt se relever pour l'attaquer. Mais se défendre ne faisait que des dégâts supplémentaires.
Que devait il faire ?
Il savait parfaitement que la case prison n'était plus une option, à moins qu'il veuille absolument se faire assassiner dans une cellule.
Fuir ?
Et vivre toujours avec un regard en arrière, dans la peur d'être poursuivis ?
Qu'un ennemi arrive a chaque coin de rue ? Non, ce n'était pas une option viable non plus.
Il avait besoin de temps, pour réfléchir, pour savoir ce qu'il allait faire…
Mais il n'avait pas de temps devant lui.
Il se concentra alors sur la seule chose qui comptait dans les prochaines secondes.
Sortir Raiponce de là.
Poussant un autre morceaux de roche noir sur le coté, il se sentit complétement perdu. Quand enfin, il aperçut une main, il attrapa avec force pour tenter de la sortie du reste des gravats.
Brusquement le monde devint blanc.
Varian sentit ses pieds décoller du sol, son corps s'arrondir sous le coup qui lui était porté. Et si les premières secondes semblaient être au ralenti, le choc qui lui arriva dans le dos fut tout autre.
Ses omoplates se fracassèrent contre le mur qui avait maintenu son foyer, puis sa tête cogna elle aussi la pierre avant que sa carcasse ne glisse vers le bas, tombant comme une poupée de chiffon sur le sol, l'embout de la flèche plus profonde encore.
Lentement, il repoussa le sol de ses bras, geignant alors que tout son corps appelait à l'aide, qu'il fallait rester au sol… Mais il n'eut pas le temps.
Levant les yeux, il vit la princesse, sa chevelure redevenu totalement dorée, tout comme sa peau, devenue imperméable à toutes attaques.
Si le fait qu'elle n'était pas blessée avait soulagé l'alchimiste, son regard le glaça.
De la haine transpirait de ses iris, son visage furieux irradiant d'une colère et d'une violence sans borne. Pour surligner son impression, la princesse lança une mèche qui entoura le bras de Varian et commença à bruler sa peau.
Hurlant sa douleur, Varian roula sur le coté, et appuya son pied sur la chevelure, tira pour qu'elle se dégage de son membre blessé.
Raiponce irradia plus de lumière encore et une voix d'outre tombe sortit de sa gorge.
-Hécate. Je ne te laisserais pas détruire tout ce que j'ai construit. Je t'empêcherais de faire du mal, même si je dois te tuer.
Varian hurla sous la douleur qui doubla d'intensité, son esprits se floutant face à la souffrance qui irradiait de sa peau, une autre mèche ayant entouré son autre bras, et un autre autour de sa gorge.
À terre, Varian se débattait pour se délier de cette entrave brulante, alors qu'Eugène courrait vers son aimée.
-Blondie, qu'est ce que tu fais ?!
-Humain, ne reste pas là, ou je ne pourrais pas te protéger d'elle.
Pointant du doigt Varian qui gémissait au sol tout en essayant de retirer les cheveux autour de sa gorge, « Raiponce » repoussa de coté Eugène et s'avança vers l'alchimiste.
Cassandra arriva devant le Sundrop, l'épée tirée et les yeux humides.
-Raiponce ! Ne fait pas ça. Je sais qu'il t'a blessé, qu'il a voué une haine sans borne en ta personne mais tu vaux mieux que ça !
« Raiponce » fronça des sourcils, embêté qu'une autre personne se mette sur sa route.
Mais c'était normal. Hécate avait revêtue une apparence d'enfant, il était logique que les humains veuillent la protéger.
Lui même se sentait bizarre dans cet hôte, mais il pensait bien sur à la libérer dés qu'il aura fait son devoir.
-Je dois vous protéger de cet être, même si cela me conduit aux pires atrocités. Je te demande de te pousser.
-Non. Je ne te laisserais pas t'en prendre à lui.
Un autre hurlement de douleur se fit entendre du coté de Varian, les cheveux de Raiponce le brûlant.
Quittant des yeux « Raiponce » quelques secondes, Cassandra ne vit pas la mèches s'enrouler autour d'elle, la ligotant pour la mettre à terre, la choc avec la terre ferme l'assommant quelque peu.
Immobilisée, Cassandra ne put que se tortiller en voyant Raiponce toujours avancer vers Varian qui avait réussi à se remettre en position assise, le dos contre le dernier mur de sa maison, l'omoplate suintant de sang alors que la pointe de flèche s'enfonçait de plus en plus dans sa chaire.
Il leva à peine les yeux vers Raiponce qui se stoppa devant lui, les poings devenus blancs tellement elle les serrait.
-Tu comptes me tuer une seconde fois ?
-Pour sauver le monde, oui.
Varian eut un petit ricanement qui ressemblait à un sanglot.
-Pour sauver le monde… Et le condamner une seconde fois.
« Raiponce » s'arrêta, alors que Varian émit un petit rire, tentant de se poser plus confortablement contre le mur, laissant un gémissement de douleur passer ses lèvres sèches.
-C'est à nous de décider si nous devons reproduire le cycle. S'entretuer l'un l'autre et revenir encore et encore… Comme le jour succède à la nuit.
Varian émit un autre ricanement alors qu'un regard désillusionné se posa sur Orion.
-Qu'est ce que tu croyais ? Que je l'avais laissé en vie parce que on me l'a demandé ? Que ton destin était de sauver le monde ? Ce n'est rien de tout ça.
Posant l'arrière de son crâne contre la pierre froide de ce mur, « Varian » se perdit dans la contemplation de la nuit, les yeux fixant la voie lactée. Ses cernes étaient de plus en plus mauves, sa peau palissant à vue d'œil alors que sa chemise était couvertes de sang.
Mais c'était dans le dos, qui s'en souciait.
-Alors quel est mon destin, Hécate ? Celui de te regarder tout détruire…
Cette fois, Varian ne resta pas silencieux et eut un mouvement brusque, attrapant la mèche de cheveux qui l'étranglait pour faire approcher son frère.
-Bon sang Orion, il est l'heure de te réveiller ! Arrête de croire qu'il y a des méchants et des justes dans ce monde que tu es apte à juger ! Ouvre un peu les yeux et regarde ce que l'on a fait !
Se relevant difficilement en s'appuyant contre le mur, Varian montra l'horizon alors que Raiponce avait un mouvement de recul.
-Un monde dévasté et miséreux ! Voilà ce que l'on a fait !
-Je n'ai pas…
-Tu as participer a tout ça. Il est peut être plus facile de vivre en fermant les yeux, mais je ne compte pas te laisser vivre en aveugle plus longtemps.
-Je n'ai rien fait !
Varian se posa de nouveau contre le mur, ricanant un peu plus.
-Précisément, Orion. Tu n'as rien fait.
Descendant ses pupilles sur lui, « Varian » resta un moment silencieux avant de retirer les cheveux de sa gorge et fixa ces cheveux blonds.
Raiponce se reprit et fit crépiter son pouvoir comme avertissement.
-Tu m'en veux pour ne pas t'avoir arrêter alors que tu décimais des innocents.
-Non. Je te hais pour ne pas m'avoir arrêté plus tôt… Pour ne pas m'avoir sauvée.
Orion se stoppa soudainement, mais se reprit pour utiliser son pouvoir sur Varian, ses mèches toujours attachées aux poignets d'Hécate qui hurla sous la brulure qui lui infligea.
-C'est toi qui m'oblige a faire ça Hécate ! Hurla son frère.
Sous la souffrance, Hécate fit pousser des rochers tentant de repousser Orion mais ne fit que de se briser sur sa peau indestructible. Voyant que ça ne faisait rien, Hécate se mit soudainement à réellement paniquer.
Elle et Varian.
Ils allaient mourir.
Tué par Raiponce et Orion.
Raiponce qui venait de le sauver. Orion qui était son grand frère. Ils allaient être exécutés.
Ils le savaient.
Ils ne voulaient pas mourir.
Pas maintenant. Hécate voulait donner sa chance à Varian. Il avait tellement de chose à vivre, à expérimenter.
Ils sentirent la vie partir de ce corps, Varian perdant peu a peu la vue alors qu'Hécate sentait perdre pied, aspirée vers l'univers une seconde fois.
Sans qu'il ne le veuille, Varian pleura.
Sur leurs destins tragiques, sur le cycle, sur cette destruction perpétuelle qu'ils avaient créer.
Ses larmes cobalt glissant sur ses joues pour s'éclatés sur le sol. Peut être était-ce trop dur pour Raiponce qui se débattait avec Orion pour reprendre le contrôle de son corps, peut être que ce dernier n'en pouvait plus de devoir éloigner sans cesse la princesse pour avoir les mains libres.
Mais ces dernières arrivèrent sur la gorge de l'opale, pour aider la mort à faire son office.
Les pouces comprimant la trachée, Orion se mit aussi à pleurer.
Si seulement sa sœur pouvait redevenir la femme qu'elle avait été… Mais sa folie n'avait plus aucune limite, pas même sa colère.
Il était obligé de mettre fin a ses jours, encore et encore.
Hécate commençait vraiment à quitter ce corps quand elle posa sa main sur la joue de son homologue. Orion avait été dans ses deux vies quelqu'un d'important.
Quelqu'un qui lui avait fait du mal, quelqu'un qui avait voulu bien faire.
Et elle avait eut le rôle du croquemitaine, de l'ennemie.
L'histoire est écrit par les vainqueurs après tout.
Dans un geste de désespoir, plusieurs rochers se fondirent en un pour transpercer Raiponce, malgré les scrupule de leurs coup allait partir.
Lui serait bruler vivant, et Raiponce tuée par les rochers.
Oui, ils allaient mourir. Comme la dernière fois.
-Je suis désolé.
Quitte à mourir, il voulait lui faire revenir les raisons de leurs haines.
Peut être dans l'espoir qu'ils cessent leurs combats dans une autre vie.
Ou que la malediction dépérissent a leurs disparitions, qui sait.
Tout comme le pouvoir du Sundrop était devenu complet, celui de la lune évolua pour gagner le pan qu'il avait perdu. Rouvrant les yeux, les yeux de Varian s'illuminèrent deux fois plus, alors que leurs cris résonnèrent dans la plaine de poussière.
Ce fut la dernière phrase que prononça Varian avant qu'une lueur ne les englobe, jusqu'à effacer le monde autour d'eux.
La dernière avant que les rochers ne déchirent les intestins de la princesse de Corona.
La dernière avant que le dernier souffle ne quitte le corps de Varian qui tomba au sol, inerte.
La dernière entre Orion et Hécate sur cette terre.
…
Heuuu.. Tadam ? Orion arrive et les rages s'accroissent pour plus de chaos…
Je ne sais pas si ça vous a plus, mais la suite ne tardera pas…
A plus !
