Bonsoir mes belles fleurs ! J'espère que vous allez bien, que vous profitez de l'été, que vous faites toujours attention à votre santé et à celle des autres. Avant-avant-dernier chapitre ici... il est tout doux, tout tranquille, parce que ça ne fait pas de mal !


Situation : à la suite immédiate du chapitre précédent

PS : la barre transversale marque l'ellipse temporelle de la nuit. Pardon pour les fautes, enjoy ! :)


Toni étouffa un bâillement dans son poing. Malgré toute la volonté qu'elle avait et l'envie de rester éveillée avec Cheryl, elle sentait son corps endolori et encore alcoolisé lui envoyer des signes d'épuisement. Et, apparemment, la rousse avait elle aussi remarqué.

-On devrait se recoucher, TT. Proposa-t-elle alors.

Toni hocha la tête et ses paupières papillonnèrent, alourdies. Elle joua un moment avec la main de sa colocataire qui était toujours posée sur un de ses genoux.

-Je veux bien un câlin avant, s'il te plaît. Murmura Toni, sur le ton de la confidence.

Un sourire amusé prit naissance sur les lèvres de Cheryl lorsqu'elle s'approcha de la jeune fille aux cheveux roses pour la prendre dans ses bras. Toni n'avait pas souvent l'air embarrassée ou gênée de lui demander quelque chose, ce qui réchauffa l'âme de Cheryl et fit gonfler son cœur. Elle ne cessait de s'émerveiller lorsqu'elle découvrait de nouvelles facettes de la personnalité de Toni, ou lorsque sa candeur rougissante était si tendrement exposée devant ses yeux curieux.

La rousse sentit le corps de Toni se détendre face à l'étreinte et elle se laissa enrober par la chaleur humaine de sa colocataire. Elles se câlinaient souvent, pour se rassurer, se soutenir, se prouver qu'elles pouvaient compter l'une sur l'autre. Mais, cette fois, il y avait quelque chose de différent dans la façon dont elles s'enlaçaient. Elles se serraient un peu plus fort, inspiraient un peu plus profondément dans le cou de l'autre, laissaient aller avec moins de pudeur leurs mains baladeuses dans leur dos.

Cheryl déposa un baiser léger et furtif à la naissance de la mandibule de Toni puis s'écarta d'elle alors que sa colocataire frissonnait encore face au contact de ses lèvres sur sa peau.

-Tu dors avec moi ? Lui demanda-t-elle et Cheryl hocha la tête, le visage empourpré.

Un sourire doux apparut sur la bouche de Toni et elle avança à quatre pattes sur son lit jusqu'à son oreiller. Elle souleva la couette et s'installa à sa place alors que la rousse la contemplait toujours, le regard rieur et amoureux.

-Quoi ? La questionna Toni quand elle surprit ses prunelles posées sur elle.

Cheryl haussa les épaules, les yeux levés vers le plafond, un sourire enfantin en travers de la bouche. Elle se mordilla la lèvre inférieure parce qu'elle sentait le rose lui monter aux joues.

-Rien … tu es une jeune femme étonnante, Antoinette Topaz. Avoua-t-elle.

Toni secoua la tête et étouffa un petit rire.

-Je vais bien le prendre … mais sache que tu es tout aussi surprenante, Cheryl Marjorie Blossom. La taquina-t-elle, son regard fiévreux enflammant l'âme de la rousse d'une façon nouvelle qui fit monter une bouffée de chaleur jusqu'à son visage déjà rougissant.

Cheryl replaça une mèche de cheveux derrière son oreille et se leva du lit pour venir s'allonger à côté de Toni. Si elle avait le cœur qui battait la chamade à chaque fois que la jeune fille aux cheveux roses lui faisait un compliment, elle sentait qu'elle n'allait pas se lasser d'elle de sitôt.


Toni se réveilla avec un affreux mal de crâne et l'impression d'être passée sous un bus. Mais malgré son corps endolori, elle ne s'était pas sentie aussi apaisée et reposée depuis longtemps. Elle avait si bien dormi avec Cheryl à ses côtés qu'elle savait – elle osa se l'avouer et le penser – qu'elle ne dirait pas non si on lui proposait de se réveiller tous les matins auprès de la rousse.

Toni se retourna dans le lit et fronça les sourcils quand elle se rendit compte que la place de Cheryl était vide. Était-elle retournée dans sa chambre pendant la nuit ? Ou s'était-elle simplement levée avant la jeune fille aux cheveux roses ?

-Oh, tu es réveillée. Annonça la voix délicate de la rousse depuis l'encadrement de la porte.

Toni reporta immédiatement son attention sur elle et un sourire solaire apparut sur ses lèvres. Cheryl, encore en pyjama, les cheveux en bataille et un plateau dans les mains, la contemplait timidement en s'avançant à petits pas prudents dans la pièce. Sa simple vue fit disparaître toutes les interrogations de l'esprit de Toni et elle n'avait plus dans la tête que la beauté candide de Cheryl.

-Je voulais t'apporter le nécessaire pour ton réveil parce que je me suis doutée que tu ne serais pas au meilleur de ta forme. Avoua-t-elle, une expression joueuse dansant dans ses yeux.

Elle posa le plateau sur la table de chevet et Toni y aperçut alors une bouteille d'eau, des boîtes de médicaments, un verre de jus d'orange et une assiette pleine de pancakes. Elle sentit ses joues s'empourprer, touchée par les douces attentions de Cheryl.

-Tu as cuisiné pour moi ? Demanda-t-elle, la gorge serrée.

Elle plongea son regard dans celui, bienveillant, de Cheryl qui hocha la tête pour répondre à sa question. Toni ne savait même plus quand était la dernière fois que quelqu'un avait ainsi pris soin d'elle un lendemain de soirée difficile. Cela fit grandir en elle un sentiment précieux sur lequel elle ne put mettre de mot mais qui rendit Cheryl encore plus admirable à ses yeux.

-Je n'arrivais plus à dormir alors je me suis dit que je pouvais utiliser mon temps intelligemment. Répondit-elle en haussant les épaules.

Ses jolis traits étaient détendus et un air calme émanait de son être rayonnant.

-Comment tu te sens ? Demanda-t-elle, sa préoccupation transpirant dans sa voix.

Elle se posa sur le bord du matelas et tendit la main vers la joue de Toni, qui s'était redressée et appuyée contre la tête de lit. Elle replaça une mèche de cheveux derrière son oreille puis caressa légèrement la peau du visage de Toni avant de laisser ses doigts retomber sur les draps.

-Un peu barbouillée, mais sinon ça va. Très bien, même. Avoua-t-elle, un sourire rêveur sur sa bouche fine.

Elle reporta son attention sur le plateau et sentit tout un tas d'émotions pétiller au creux de son ventre.

-Merci pour tout ça, Cher. Vraiment. Chuchota-t-elle doucement, émue comme elle l'était rarement.

La rousse contempla Toni et vit à quel point elle laissait ses sentiments transparaitre. Une vulnérabilité nouvelle se dégageait de son être et remplaçait habilement cette grande confiance en elle et cette belle insouciance qui, habituellement, rayonnaient constamment d'elle. Elle apparaissait aux yeux de Cheryl presque comme une personne différente. C'était toujours sa Toni, bien sûr, celle qu'elle commençait à connaître sur le bout des doigts et celle dont elle était tombée sous le charme, mais il y avait aussi toutes ces petites choses qu'elle n'avait jamais remarquées – peut-être parce qu'elles n'avaient jamais été là – et qui firent battre le cœur de la rousse un peu plus vite.

Toni plongea son regard dans celui de Cheryl et celle-ci sentit son souffle se bloquer dans sa gorge. Il y avait une tendresse infinie et une gratitude immense dans les prunelles de Toni qui lui firent monter le rose aux joues.

-Ça me fait plaisir de prendre soin de toi. Je tiens à toi alors je fais attention à ce que tu ailles bien. Annonça-t-elle, timidement, un petit sourire en coin ornant sa bouche délicate.

Toni leva les yeux au ciel et geignit alors qu'elle tendait la main pour se saisir de la bouteille d'eau.

-Arf, Cher tu es beaucoup trop attentionnée, je ne sais honnêtement pas ce que j'ai fait pour mériter une personne aussi altruiste et bienveillante dans ma vie. Tu es une perle. Lui confia-t-elle, le regard fuyant car elle ne se sentait pas de lui dire ce qu'elle avait sur le cœur les yeux dans les yeux encore une fois en si peu de temps.

La rousse eut l'impression que son visage s'embrasait face au compliment inattendu de Toni. Elle parlait toujours avec une telle sincérité que Cheryl ne se sentait jamais de remettre ses paroles en question et, pour être tout à fait franche, elle n'en avait pas la moindre envie. Elle voulait profiter de l'ardeur qui consumait son âme à chaque fois que Toni la louait avec tant de bonté.

Le silence reprit place entre elles mais il n'avait pas la lourdeur et l'intensité des jours passés. Il emplissait l'espace et portait la délicatesse de leurs déclarations et de toute l'affection qu'elles s'étaient enfin confessée la veille au soir et qui planait encore au-dessus de leur tête.

Toni but une gorgée d'eau et attrapa un médicament qu'elle avala rapidement. Elle reposa la bouteille et se saisit du verre de jus d'orange qu'elle dégusta, avant de récupérer l'assiette de pancakes et de la poser sur son giron. Cheryl avait versé du sirop d'érable – celui que commercialisait son père et dont la rousse gardait toujours une bouteille au frais – sur les pancakes et Toni dut faire très attention de ne pas en mettre sur ses draps lorsqu'elle porta la bouchée à ses lèvres.

Elle ferma les yeux et étouffa un gémissement en hochant la tête. Le sirop coulait dans sa gorge et laissait un goût délicieusement suave sur le bout de sa langue, accompagné des pancakes tout aussi savoureux.

-Cher, je ne te dirai jamais assez à quel point tu es une divine cuisinière. S'amusa Toni lorsqu'elle rouvrit les yeux et fixa sa colocataire.

La rousse se mordillait la lèvre inférieure et Toni ne sut dire si c'était à cause du compliment ou de la façon dont elle dégustait les pancakes qu'elle avait préparés. Quoi qu'il en soit, la vue de Cheryl déclencha quelque chose en elle et elle eut envie de mordiller, à son tour, cette lèvre inférieure qui semblait crier son nom. Elle se retint malgré tout, non par manque de désir mais parce que ce n'était pas vraiment le moment.

-Je-j'aurais aimé t'amener quelque part cet après-midi, si tu es d'accord. Je ne veux pas te dire où, c'est une surprise, mais … ça me toucherait que tu acceptes. Déclara Cheryl en jouant avec ses doigts.

Toni haussa un sourcil, intriguée. La rousse n'avait pas l'habitude de lui préparer des surprises, alors la curiosité pointa le bout de son nez dans l'esprit de la jeune fille aux cheveux roses.

-Avec plaisir, on va où tu veux ! Annonça-t-elle gaiement, une excitation juvénile dans la voix qui amusa Cheryl.

La rousse avait des palpitations à l'idée de ce qu'elle avait prévu pour leur journée, mais c'était une bonne chose et elle était heureuse que Toni ait accepté.

-Finis ton petit-déjeuner, je vais me préparer. Lui intima-t-elle en se levant du lit.

Un petit sourire amusé prit naissance sur les lèvres de Toni. Cheryl ne lui donnait pas souvent des ordres, mais elle devait bien avouer qu'elle ne détestaitpas cela. Peut-être parce qu'elle gardait ce ton chaleureux et affectueux qu'elle arborait toujours, tout en faisant passer clairement son message.

-Oui, Madame. Répondit-elle, un éclat rieur dans la voix.

Cheryl tourna la tête vers elle alors qu'elle marchait en direction de la porte et lui offrit un sourire taquin, une pointe d'espièglerie dans ses yeux foncés.