La Magie du Temps
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Chapitre dix-sept
Septembre 1971
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Jeudi 2 Septembre 1971
Ce maudit sceau lui brûlait la peau.
C'est la phrase qui résonnait à ses oreilles depuis vingt minutes.
Envie. Elle avait envie de tuer des animaux, de voir le sang couler. Elle en voulait à ses sœurs. Elle leur en voulait d'être heureuse. Comment pouvaient-elles ? Abandonnée. Ses parents devaient trouver un moyen de s'échapper. Tom viendrait la sauver, à coups sûrs. Il leur avait promis sécurité, et pouvoir.
Le Pouvoir.
Ce maudit sceau lui brûlait la peau. Un vieux sortilège ou rituel avait défait les liens qui l'unissaient physiquement à son Maître.
Tom.
Lord Voldemort.
Elle en devenait folle de rage. Arcturus Black lui avait expliqué que cet homme l'avait marquée comme une esclave. Comme du bétail.
« Une vulgaire esclave » lui avait-il craché à la figure.
« Tu n'es pas digne d'être une Black. Tu as souillé notre sang en te liant à un tel homme. »
Ironie ? Ses parents lui avaient pourtant expliqué que cet homme leur rendrait leur puissance. Que leur sang était précieux, et qu'il fallait décimer tous les moldus.
Consanguinité. Le vieillard n'avait que ça à la bouche. Consanguinité. Elle ne connaissait pas ce mot. Son grand-oncle, Arcturus, lui avait donc donné un dictionnaire et une encyclopédie. Ainsi qu'un livre traitant ce sujet.
Ce maudit sceau lui brûlait la peau.
D'un cri rageur, elle lança le livre qu'elle lisait contre le mur blanc.
Arcturus la faisait sortir tous les weekends, prenant soin de rester loin de Londres. Elle devait avouer que sortir lui faisait du bien. Elle avait une chambre, là-bas. Une chambre qu'elle ne devait pas partager. Ni avec Andro, ni avec Cissa. Mais la semaine… la semaine, elle revenait à l'hôpital.
Hôpital moldu, qui plus est. Sa magie était bridée. Elle devait tout faire par elle-même.
Ça l'occupait, au moins.
Ce maudit sceau lui brûlait la peau.
Bellatrix soupira, puis regarda par la fenêtre. Les oiseaux chantonnaient calmement sur les branches d'un arbre. Elle se laissa penser qu'ils étaient beaux.
« Les moldus sont des animaux. Des monstres. Ils doivent tous mourir. Les animaux nous font honte. »
Et les oiseaux ?
Les oiseaux chantaient et lui rappelaient la douce voix de Narcissa. Narcissa qui chantait merveilleusement bien…
Non. Les oiseaux n'étaient pas des monstres. Les animaux n'étaient pas des monstres. Sauf, peut-être, les loups-garous.
Elle se balança sur la chaise, attendant impatiemment le repas de midi. Son infirmière attitrée n'était pas un monstre non plus, d'ailleurs. Attentionnée, elle lui apportait de quoi manger et des produits d'hygiène de meilleure qualité que ceux fournis par l'hôpital. Elle savait qu'Arcturus donnait de l'argent à cette femme, ou du moins, elle s'en doutait, pour qu'elle prenne tant soin d'elle, la petite brune folle.
Étrangement, elle se sentait reconnaissante envers le vieillard. Elle ne voulut même pas chasser cette pensée. Ses pensées la fatiguaient.
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Les rideaux avaient été tirés et Sirius tentait, en vain, de réveiller Harry alors que Severus le menaçait d'un aguamenti.
Harry grogna pour la forme en se frottant les yeux puis se prépara pour la journée. Les deux autres garçons profitèrent de son absence afin de mettre le dortoir à leur goût et aménager leurs bureaux. Ils y disposèrent leurs stylos – cadeaux de Lilia et Elias – règles et parchemins divers avant de soupirer de plaisir. L'aspect triste du dortoir avait à peu près disparu au profit d'une décoration un peu plus agréable. Quelques photos et posters, un miroir déposé près de la fenêtre pour discuter avec Lilia si nécessaire. Le second était dans le sous-sol du Manoir Prince, accessible seulement par Lilia, Lena et Elias.
Quelques minutes plus tard, les trois garçons quittèrent le domaine des Serpents afin de rejoindre le deuxième étage.
- Ah ! Vous voilà ! les héla un tableau.
Sursautant, Harry grogna encore une fois sous les moqueries de Severus et le trio se posta devant le tableau qui devait représenter le Baron d'Estysle.
Ledit tableau pivota sur le professeur Prince.
- Entrez, fit-il sévèrement.
Les garçons secouèrent la tête et entrèrent un à un. Elias observa Harry d'un œil critique.
- Mal dormi ?
L'adolescent haussa les épaules.
- Lilia veut vous parler, tous les trois.
Ils se tournèrent en même temps vers la cheminée où la tête de Lilia dépassait les petites flammes dorées.
- Bonjour les enfants !
Alors que Sirius et Sev' rejoignirent la cheminée et saluèrent la jeune femme, Elias retint son fils par l'épaule.
- Tout va bien ?
- Oui… Les cachots sont glacials le matin, fit-il en frissonnant. Merci de nous avoir entraînés pour les sortilèges.
- Je parlerai à Slughorn, je présume que la Salle Commune est dans un sale état.
- Je ne sais pas trop. Les murs ont l'air bien humide et je crois que la cheminée ne suffit pas pour réchauffer la pièce mais nous n'avons pas vraiment profité de la Salle Commune hier soir.
- Slughorn n'a jamais véritablement fait attention à ce genre de choses. J'en parlerai en Salle des Professeurs. Si je ne le fais pas, ta mère arrivera en trombe à Poudlard et je ne pense pas que ce soit une bonne idée.
Harry esquissa un léger sourire et Elias le poussa vers le groupe qui s'était formé autour de la cheminée. Ils allaient devoir rejoindre la Grande Salle dans peu de temps et Lilia les assommait déjà de questions.
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Phineas Black se baladait librement dans les couloirs du Ministère. Agé d'environ 34 ans, sa « nouvelle vie » lui laissait, par moment, un goût amer.
Ni de James, ni de Remus pour le soutenir ou pour rire à ses frasques. Le Destin lui avait « offert » une femme attendrissante qui avait un humour qu'il appréciait, mais rien ne valait la relation qu'il avait eue avec les autres Maraudeurs.
Quoiqu'il espérât vivement ne pas avoir de Peter sur son chemin… Il avait été réparti à Gryffondor, d'après Harry, mais n'avait pas encore été intégré à la bande que formaient déjà James et Remus.
Qui le « remplacerait » ? Est-ce qu'ils allaient faire de la vie de Severus, Harry et Sirius un enfer sur terre ? Y-avait-il déjà eu une altercation, depuis la rentrée ?
Il avait hâte de pouvoir parler avec Lily, du moins Lilia. Elle saurait le rassurer… il l'espéra vivement.
Il secoua la tête en sortant de l'ascenseur horrible. Il n'était pas allé au Ministère pour se perdre dans des souvenirs qui, ici, n'avaient aucun sens.
- Phineas ! fit une voix au détour d'un couloir.
Les cheveux gris coupés court, l'apparence soignée, un long pantalon bleu foncé ainsi qu'une cape noire ouverte sur une chemise blanche avec quelques fleurs dorées.
Arcturus Black dans toute sa splendeur.
- Grand-père, fit le jeune homme, surpris.
- Pas vraiment, répliqua le vieil homme, avec un rictus amusé. Mais je suis très honoré que tu me considères toujours ainsi. Que fais-tu ici ?
- J'ai un rendez-vous au département de la justice pour la tutelle de Narcissa. Lord Malefoy a tenté de faire valoir son droit de tutelle avec le contrat de fiançailles.
- Ah, très bien, très bien, Abraxas ne perd pas de temps malgré ses déboires. Allons-y, je t'accompagne, fit le vieil homme avec un grand sourire.
Les deux Lords Black se dirigèrent donc vers le bureau de Mr. Jones qui avait envoyé un hibou la veille à Phineas. Le couloir était plus calme que les autres et l'homme les accueillit dès qu'ils se présentèrent à la secrétaire du département. Jovial, l'employé du Ministère leur proposa un café.
L'entretien ne fut guère long, Phineas n'eut qu'à poser un refus par écrit, avec le rappel de l'annulation de tous les contrats liant les familles Malefoy aux Black.
Les deux hommes s'aventurèrent ensuite jusqu'au département des Aurors, car Arcturus souhaitait rendre visite à une vieille connaissance. Un homme bourru leur tournait le dos, ordonnant à ses hommes d'aller chercher de bonnes viennoiseries afin de nourrir les troupes pour l'anniversaire d'un certain Michael Beasly. Euphemia Potter les aperçut en premier et vint à leur rencontre.
- Bonjour Lord Black, fit-elle en souriant. Quel plaisir de vous voir ! Je suis passée récupérer quelques documents pour aider à la paperasse. Comment allez-vous ?
- Tout va très bien, répondit Phineas en souriant à son tour.
- Arcturus ! Bonjour ! s'exclama Linus Maugrey.
- Bonjour, j'ai ici quelques documents pour toi. Lord Malefoy a d'ailleurs encore tenté de récupérer la tutelle de Narcissa.
- Je vais finir par le museler, ce vieillard, répliqua Maugrey. J'ai bien quelques dossiers contre lui, je vais mettre Prewett et Londubat sur là-dessus. Merci bien.
- Je t'en prie, nous vous laissons travailler, fit alors Black senior, entrainant Phineas vers les ascenseurs.
- Malefoy, grogna Phineas alors qu'ils sortaient du Ministère.
- Oh, il n'y a pas que lui qui va te causer des soucis, mon petit, répliqua l'ainé en riant. A côté des Lestrange et de Cygnus, Abraxas est un ange tombé du ciel.
Phineas, choqué, s'arrêta brutalement de marcher ce qui déclencha le doux rire d'Arcturus. Des sorciers se retournèrent sur leur passage, surpris d'entendre le Lord rire ainsi.
- Allons boire un café chez Abelforth !
Et sans prévenir, Arcturus pris le bras de son ancien petit-fils et ils transplanèrent.
Pré-au-Lard était assez calme, détonnant brutalement avec les rues de Londres. Ils marchèrent rapidement vers La Tête de Sanglier.
Abelforth fut étonné de les voir de si bon matin mais les accueillit avec joie. L'auberge était encore vide et Althéa prépara les cafés en un temps record puis leur proposa quelques tartes et gâteaux. Ils discutèrent un long moment avant de se séparer, Phineas devant rejoindre Lilia et Lena à Dalmary afin de surveiller quelques potions.
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Mercredi 2 Septembre 1971
Les cours de la matinée s'étaient relativement bien passés pour les élèves de première année. Le double cours de potions avait rassemblé les serpentards et les serdaigles et Hermione s'était installée aux côtés d'Elia Prince, qui ne lui avait pas adressé un seul mot durant tout le cours.
- Shacklebolt vient d'une grande famille de sang-pur, chuchota Nott à Severus et Harry. Mais il n'est pas attiré par le groupe de Parkinson et Rowle.
- Il semble apprécier l'aide farfelue de Luna en tous cas, fit Harry en observant les deux adolescents.
Luna s'était placée à la même table que Kingsley et si Harry avait eu du mal à se souvenir de l'homme, Luna et Hermione l'avaient immédiatement reconnu.
- Rowle n'a pas l'air content de cette intrusion, remarqua Severus.
- Je proposerai à Kinglsey de manger avec nous ce midi, fit Nott en haussant les épaules.
La première heure de cours ne fut que de la théorie barbante et ennuyeuse. Leur professeur leur demanda ensuite de recopier la recette du remède contre les furoncles, l'une des plus simples qu'ils devraient confectionner durant le prochain cours. Les élèves prirent alors leurs plumes et s'exécutèrent en discutant joyeusement. Harry remarqua avec une légère inquiétude le comportement de Slughorn qui ne rappelait pas les élèves à l'ordre. Il ne vérifiait pas ce qu'écrivait les élèves et ne faisait absolument pas attention à ce qui se tramait devant lui. Hermione fut brièvement heureuse qu'ils n'aient pas cours avec les Gryffondor sans quoi ces heures auraient pu tourner au drame d'après les dires de Phineas et leur père. Slughorn les laissaient discuter joyeusement, restant à son bureau et sirotant ce qui devait être un jus de citrouille. Severus et Harry échangèrent un regard blasé, pensant à la sévérité du père de Harry lorsqu'il préparait des mixtures devant eux.
- Je suis sûr qu'il ne remarquerait même pas une explosion si on faisait une potion, fit amèrement Severus.
- N'exagère pas, râla Hermione en passant derrière lui.
Harry leva les yeux au ciel et ils furent soulagés lorsque la sonnerie mit fin au brouhaha qui s'était installé. Ils se dirigèrent rapidement vers la Grande Salle et Harry jura lorsqu'il remarqua l'absence d'Elia à leur table, à qui il souhaitait poser quelques questions.
Narcissa prit place près d'eux, les prévenant de l'arrivée des préfets, mécontents de leur obstination à se placer tous à la table des Serpentard. Cela ne freina cependant pas les jeunes qui entourèrent Narcissa en lui posant plusieurs questions sur ses cours, attirant par là même la curiosité des camarades de classe de la jeune Black.
Ils mangèrent plutôt rapidement et Harry entendit distinctement Lucius marmonner contre Narcissa. Harry se rapprocha discrètement de sa sœur, et lui murmura quelque chose à l'oreille. Severus le frappa à l'épaule et l'ancien survivant observa Lucius s'approcher d'eux.
Toutes les discussions s'arrêtèrent sur son passage et Lucius se posta derrière Narcissa qui pâlit. Il plaça ses mains sur les épaules de son ancienne fiancée qui ne réussit pas à se dégager.
- Tu vas me suivre gentiment, petite peste, murmura Lucius à son oreille.
- Elle n'ira nulle part, réagit vivement Sirius. Laisse ma cousine tranquille.
- Qui es-tu, pour décider ainsi ? Tu n'es même pas majeur, contrairement à moi, se moqua Lucius. Et je suis l'héritier des Malfoy, d'Abraxas Malfoy.
- Et en quoi cela doit-il nous intéresser ? demanda Harry en se levant de table.
Il senti Hermione se tendre et attraper sa main, mais il se dégagea de la prise. Il n'était peut-être plus un gryffondor, mais ce garçon l'énervait encore plus que Drago. Lucius n'arrêtait pas de leur lancer des regards dédaigneux, comme s'ils n'étaient que de vulgaires insectes gênants.
- En quoi cela doit-il t'intéresser ? répéta Lucius d'une voix glaciale et esquissant un sourire mauvais. Nous sommes de véritables sang-purs. Nous ne trahirons jamais nos traditions.
- Sang-pur, pur-sang, se moqua Nicholas Nott. Comme les chevaux ?
- Comment oses-tu me comparer à un animal ! S'écria Lucius. Vous n'êtes que de minables rejetons. Des traitres à leur sang. Les élèves n'appartenant pas à Serpentard doivent être exterminés.
- Qui es-tu pour dire une chose pareille, espèce de cheval à tête de hareng ? fit une voix que personne ne connaissait. Crois-tu vraiment que tes histoires de sang et d'héritage intéressent des gamins de onze ans ? Nous sommes dans une école, ma parole !
- Elia Prince, grinça Lucius.
- Crétin, retourne à ta place avec les dégénérés de ton âge.
- Comment oses-tu me parler ainsi ?
- Quoi ? Tu es un dieu peut-être ? En tous cas, tu n'en as pas le corps, se moqua la jeune fille en observant le plus âgé de haut en bas.
- Je suis préfet !
- Balivernes, ricana la jeune fille de première année. Slughorn t'a repris ton insigne l'an passé et tu n'as même pas réussi à être assez digne pour obtenir celle de préfet-en-chef cette année.
Lucius lui lança un regard noir et se tourna totalement vers elle, lâchant ainsi les épaules de Narcissa au grand soulagement de la sixième année. Les yeux bleus clairs d'Elia fixèrent brièvement ceux de Narcissa.
- Sale petite… commença Lucius, mais le reste de la phrase fut inaudible grâce à quelques bulles de savon.
Le visage colérique, le septième année attrapa le poignet de la plus jeune et sursauta lorsqu'il fut interrompu par une voix grave.
- Que se passe-t-il voyons ? demanda le directeur de Serpentard d'un air ennuyé.
- Cette jeune fille m'a manqué de respect, professeur, fit calmement Lucius malgré les bulles de savon qui sortaient, maintenant fermement le poignet d'Elia.
Le sortilège n'avait malheureusement pas été lancé à la perfection, mais Elia, malgré sa position de faiblesse, souriait tout de même.
- Malfoy a menacé Narcissa, rajouta une élève de sixième année.
- Mais voyons mon petit, Lucius ne ferait jamais une chose pareille, fit l'homme avec un grand sourire. Arrêtez-donc de vous disputer pour des sottises. Miss Prince, veuillez annuler le sortilège.
- Navrée, je ne connais pas le contre-sort, Professeur, fit la jeune fille avec un faux sourire.
Slughorn soupira et annula le sort qui avait atteint Lucius, s'excusant au passage de ne pas être arrivé plus tôt. Malfoy en profita alors pour se plaindre, prétextant que la jeune Prince le harcelait depuis la veille.
- Foutaises, fit la jeune fille avant de partir en haussant les épaules.
Un tableau, situé derrière leur table, ricana en observant la jeune fille quitter la Grande Salle. L'homme peint fixa ensuite Hermione.
- Il ne faut pas chatouiller un dragon qui dort, murmura la peinture.
- Je convoquerai Miss Prince, Monsieur Malfoy, ne vous inquiétez donc pas de ces choses ! fit joyeusement le directeur. Sur-ce, mangez donc ! Les cours ne vont plus tarder à reprendre !
Harry aperçut le sourire victorieux de Malfoy et eut envie de vomir.
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Elias avait pu rentrer durant le weekend à Gartmore, mais les adolescents avaient préféré rester au château afin de ne pas attirer les curieux. Il n'était pas courant de voir les élèves quitter le château le weekend et ils voulaient profiter de ces instants de calmes. Et bien qu'Elias aurait préféré les avoir à l'œil, Lilia avait réussi à le motiver : il devait rentrer, ne serait-ce que pour voir Abelforth, Arcturus, Perceval et Phineas. Il fut cependant plus que surpris de voir Molly Weasley attablée avec Lilia autour d'un thé à dix heures du matin.
- Albus Dumbledore a dit nous avoir acheté un terrain à Loutry Ste Chaspoule, l'informa la jeune mère, le regard perdu. La maison est bien moins grande que notre Manoir… Arthur ne veut pas déménager.
- Albus semble leur rendre visite à l'improviste, continua Lilia.
Elias soupira et pris une tasse de café avant de prendre place près de son épouse.
- Vous avez déjà parlé à Perceval ? demanda-t-il alors.
- Non, répondit Molly. Je ne sais plus quoi faire.
La jeune mère semblait épuisée et Elias fronça les sourcils. Molly avait toujours eu une joie de vivre inimaginable et un véritable caractère de lionne. Que s'était-il réellement passé ?
- Je l'ai vue en ville ce matin, je lui ai proposée de venir ici pour boire le thé, j'avais quelques pelotes de laine à lui donner. Bill dort dans le salon, l'informa Lilia.
- Je pensais qu'il voulait nous aider, fit Molly en fixant brièvement Elias, mais je me rends compte qu'il prend de plus en plus les reines de notre vie. Arthur travaille beaucoup et je n'ose pas refuser ses visites.
- Nous allons trouver une solution, s'engagea Elias sous le regard à la fois surpris et tendre de Lilia. La maison est assez grande pour que vous veniez dormir quelques nuits ici avec Arthur et votre fils. Lil', je dois aller voir Phineas, je reviens dans une petite heure, d'accord ?
- Très bien, répondit son épouse. Nous allons donc tricoter un peu !
Molly retrouva le sourire et termina sa tasse. Lilia fit apparaître plusieurs modèles et Elias les laissa à leur conversation, traversant le couloir liant les deux manoirs en soupirant.
Il retrouva Phineas affalé dans le canapé de son petit salon, un vieux grimoire sur ses genoux. Il se racla la gorge et son ancien ennemi sursauta avec peu de grâce, déclenchant le ricanement d'Elias.
- Tout va bien ?
- Oui, répondit distraitement Elias en prenant place dans le canapé. Lilia t'a certainement parlé de la jeune Elia…
- Oui, j'avais totalement oublié ou occulté son existence. Tu ne la connais vraiment pas ?
- Non, pas le moins du monde. Elle est particulièrement discrète sauf lorsque Malfoy est dans les parages. Elle semble avoir sauvé la mise à Narcissa deux fois déjà, depuis la rentrée, s'attirant ainsi les foudres de Lucius.
- Oh…
- Elle joue à un jeu dangereux, la petite, intervint Lena en arrivant. Salut, Elias. Ne faudrait-il pas essayer de rencontrer ses parents ?
- Personne n'arrive à lire les noms de ses parents sur l'arbre généalogique, contra Elias.
- Pas même toi ? demanda Phineas, surpris. J'aurais pensé…
- Non, son ascendance est protégée par un puissant sortilège et je crains qu'il ne faille découvrir leur identité d'une autre manière.
- Tu as déjà réussi à lui parler ? demanda Lena.
- Non, elle part la première des cours, elle n'est jamais dans la salle commune et n'étant pas responsable de Maison je ne peux rien faire tant qu'elle ne causera pas de problème durant mon cours. Je ne veux pas attirer l'attention plus que nécessaire.
- D'après la lettre de Narcissa, Slughorn te laisse gérer certaines choses au sein de la Maison.
- Il est vrai que j'ai déjà dû intervenir deux ou trois fois, rien qu'en une semaine, répondit Elias, pensif.
- Peut-être aurais-tu une chance de devenir responsable des Serpentard plus rapidement que prévu ?
- Ca m'étonnerait et ce n'est pas mon but.
- Il est proche de la retraite, peut-être y-a-t-il une chance, fit Lena. Ca te permettrait de contrer les actions des élèves les plus proche de Malfoy.
- Aucune idée, marmonna Elias.
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