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De l'autre côté de la porte

19 Juin,

Teddy,

Demain après-midi à six heures, je te prendrai comme époux et toi (homme courageux) me prendra pour épouse.

Autrefois, la femme avait l'habitude d'offrir un cadeau à son futur mari avant leur mariage. Ma mère a donné une cravate à Charlie, qu'il portait avec son beau costume pour leur mariage et des années plus tard, avec ce même beau costume il est allé à son enterrement.

Je ne t'ai pas acheté de cravate Teddy. Je t'ai fait une statue de profil mais je t'ai déjà donné ça pour ton anniversaire. J'ai donc décidé que la seule chose que je pouvais te donner et qui selon moi pouvait valoir quelque chose c'était mon cœur.

Et mes mots.

Je te donne les deux dans cette lettre.

Je me souviens de la nuit où je t'ai parlé de mon accident, c'était la première fois que je faisais plus que grogner ou étouffer quelques mots en plus de six mois. Ma voix était rouillée et rauque de ne plus servir et je ne pensais pas que j'allais pouvoir te dire beaucoup de choses.

Mais ensuite tes doigts ont effleuré les miens et un sentiment de calme avec la forte odeur du chenal a rempli mes sens et m'a aidé à me remettre.

Tu as toujours pu faire ça pour moi Teddy. Me soutenir quand j'étais à mon plus faible…

Tu es mon ancre.

(Ne roulez pas des yeux, Monsieur ! Je sais que tu ressens la même chose !)

Quoiqu'il en soit, ce soir-là quand je t'ai raconté que j'étais allongée dans la forêt entourée des chaussures de mes meilleurs amis et de la musique de Nat King Cole provenant étrangement du haut-parleur de la voiture… ça a été difficile pour moi. Pas à cause du souvenir en lui-même, même si dieu sait que c'était douloureux de m'en souvenir, mais parce qu'il était difficile pour moi de me souvenir de ces détails.

Je sais que je suis restée allongée là-bas pendant longtemps à regarder les étoiles, incertaine de ce que j'allais devenir. Tous mes amis étaient morts. Je l'ai réalisé dès que j'ai vu les restes de ma Suburban coincés entre les arbres et le verre ensanglanté. Mon téléphone était dans la voiture et je ne savais pas si j'avais même la force de voir si je pouvais le localiser, pas que je voulais essayer de ramper sur le corps de mes meilleurs amis pour vérifier de toute façon.

Je t'ai dit que je ne me suis jamais évanouie, pas une seule fois, pas même lorsque mon corps s'est précipité dans le ravin et dans les bois après avoir été éjecté de la voiture.

Ce que je sais c'est que le téléphone dans le sac à main de Leah a commencé à sonner et que son sac pendait à une branche à quelques mètres de l'endroit où je me trouvais.

C'était sa mère, Sue.

Je me souviens avoir tenu le téléphone dans mes mains et tremblé. Je ne savais pas si je pouvais me résoudre à lui dire ce qu'il s'était passé. J'ai laissé l'appel aller sur sa messagerie vocale.

Quelques minutes plus tard il s'est mis à sonner de nouveau. Cette fois c'était Charlie.

Je lui ai ce qu'il s'était passé et je pense que je suis juste devenue folle. Je ne pouvais pas arrêter de crier. J'ai crié tout le temps jusqu'à ce que les secours arrivent. Charlie n'a jamais raccroché, il est resté en ligne tout le temps, juste à me parler doucement, essayant à sa manière Charlie de me calmer.

Il devait mourir à l'intérieur. Je pouvais entendre Sue crier et pleurer, elle savait que quelque chose n'allait pas mais il n'a jamais cessé de me parler. J'ai commencé à m'endormir à un moment donné et il m'a crié de rester éveillée.

Mais je me suis endormie Teddy.

Je me suis endormie longtemps.

Et pendant que je dormais, je rêvais d'un homme.

Un bel homme solitaire qui tendait sa main et me faisait signe d'aller vers lui. Je me souviens qu'il y avait un pont, de l'eau, du sable et l'odeur de ce que je sais maintenant être l'odeur unique de Cape Cod.

Quand je me suis réveillée, une chanson jouait à la radio. L'infirmière de garde devait aimer les vieux succès parce que c'était une vieille chanson que ma mère écoutait sur sa chaîne stéréo.

S'il te plaît viens à Boston.

Et avec l'aide de Tyler, jusqu'à toi.

Après que je sois rentrée à la maison ma vie est devenue un cauchemar de rendez-vous médicaux et de rééducation. Personne ne pouvait expliquer pourquoi j'avais perdu ma voix et toute l'équipe médicale qui s'occupait de moi était d'avis qu'il s'agissait d'un syndrome post-traumatique. Ils espéraient qu'avec le temps, je pourrais guérir. Je me souviens de notre docteur de famille dire à Charlie qu'un changement de décor et de lieu pourrait être ce dont j'avais besoin et j'ai entendu mon père implorer Sue de le laisser nous emmener tous en vacances. Bien sûr, Sue a refusé d'aller ailleurs que dans la réserve ou les lieux de sépulture.

Et bien sûr, j'ai compris.

Sue et moi étions très proches. Elle était devenue une deuxième mère pour moi. Je me souviens à peine d'un moment où elle n'avait pas fait partie de ma vie. Bien que je comprenne sa colère envers moi - puisque moi aussi je me blâmais - son réconfort et son amour me manquaient. J'avais besoin d'elle mais elle ne pouvait pas être là pour moi. Je savais pourquoi mais cela ne changeait pas mon ressenti. J'avais besoin du contact d'une mère.

J'avais besoin de ton contact même si à l'époque je ne le savais pas.

C'est ton contact qui m'a guéri Teddy.

La nuit où je les ai entendus Charlie et elle se disputer à propos de tout, c'était la nuit où j'ai perdu la tête. Je prenais tellement de médicaments à ce moment-là que je sais à peine comment j'ai réussi à rassembler mes affaires, sans parler de trouver mon chemin vers une gare routière.

Tout ce que je savais c'est que mon pauvre père méritait une vie meilleure que celle qu'il avait été forcé de vivre à cause de moi. Je savais que si je partais ce serait horrible pour lui mais je savais au fond de moi que Sue et lui pourraient enfin avancer si je n'étais plus dans leur vie.

Dingue je sais.

Ce n'était pas comme si Charlie serait capable de continuer sans moi. Nous étions tout l'un et l'autre pendant de nombreuses années. Je n'avais pas toute ma tête Teddy. Je n'ai même pas laissé un mot à mon père. Je suis parti sans laisser aucune trace - comme si je n'avais pas existé. Je n'arrive toujours pas à croire que j'ai fait ça. Si je vis jusqu'à cent ans je ne me pardonnerai jamais d'avoir fait traverser tout ça à Charlie.

A ce jour, je ne sais pas comment je suis arrivée à l'aéroport.

Je ne m'en souviens pas du tout.

Charlie a dit que j'avais le permis de conduire de Leah et que j'ai payé en espèces. Je sais que j'avais économisé de l'argent pendant des années et que j'y ai en quelque sorte accédé pour payer mes billets, mes chambres d'hôtel et plus tard l'appartement. Je ne sais pas non plus comment j'ai fait ça.

Et étrangement Charlie non plus. Et c'est un flic Teddy, un bon.

Ce que je sais c'est qu'une fois arrivée à Boston j'ai pu trouver une chambre. J'avais suivi un cours de langue des signes à l'université et c'était quelque chose dans lequel j'excellais donc j'ai pu communiquer facilement. Boston est assez avancé lorsqu'il s'agit de former ses professionnels à cette forme de communication. J'ai également écrit à la main autant de choses que possible lorsque le moment est venu de réserver une chambre et de faire d'autres choses.

Je suis restée à Boston pendant une semaine à essayer de savoir quoi faire. Je n'ai aucun souvenir de dormir ou de manger, bien que je sois sûre d'avoir dû faire les deux.

Le huitième jour de mon séjour à Boston la climatisation dans la chambre est tombé en panne.

Il faisait chaud et je cherchais désespérément de l'air et j'ai pu ouvrir une fenêtre. Mais la fenêtre ne voulait pas rester ouverte et j'ai cherché quelque chose pour la coincer. J'ai fouillé dans un tiroir et j'ai trouvé deux choses : une copie de la Bible de Saint James et un Yankee magazine. J'ai utilisé la Bible pour coincer la fenêtre et j'ai prié que le seigneur ne soit pas top en colère contre moi. Puis je me suis laissé tomber sur le lit et ai ouvert le magazine. Il y avait une énorme section consacrée à Cape Cod qui a attiré mon attention. J'avais toujours voulu y aller.

Mes doigts continuaient à chercher pour finalement trouver une annonce pour un appartement. C'était un appartement entièrement meublé dans le quartier historique de Seaconch, donnant sur le chenal.

Il disait de s'adresser au Swan Dive.

Dès que j'a vu le nom je savais que c'était là qu'il fallait que j'aille.

Je suis descendue à la réception et j'ai essayé de parler à l'homme à l'accueil pour voir s'il pouvait m'aider à passer un appel. Mais rien ne voulait sortir. Il a demandé à une dame, Marie, de m'aider. J'ai écrit ce que je voulais qu'elle dise. Elle a passé l'appel et j'ai pu réserver la chambre en acceptant d'envoyer à Mme C. le premier mois et le dépôt de garantie. Au début elle ne voulait pas, elle a demandé à me parler. Dès que j'ai entendu sa voix j'ai commencé à me calmer. Je pense que d'une manière ou d'une autre elle savait que cela devait arriver pour que nous soyons… Eh bien… Nous

Comme tu le sais maintenant mon deuxième prénom est Marie. Cependant je ne t'ai jamais dit pourquoi Mme C pensait que c'était mon nom. Ce n'est qu'un de ces petits fait intéressants que j'espère nous ne nous lasserons jamais de découvrir sur nous.

L'après-midi de mon arrivée au Swan Dive a été l'un des moments les plus effrayants et les plus troublants de ma vie. Je ne savais toujours pas ce que je faisais au Cap. Je savais seulement qu'il y avait une force vive et un besoin impérieux d'être dans ce lieu particulier dont je ne savais rien. Eh bien, sauf un peu de souvenirs sur les Pèlerins en cours d'histoire ou les histoires de Charlie, qui avait exploré des zones proches lorsqu'il était dans la Navy.

Je suis arrivé à Buzzard's Bay aux petites heures du matin. Je voulais prendre le ferry mais il n'y avait pas de service capable de m'amener au tout début du Cap, seulement à Provincetown, dont je savais que c'était trop loin de Seaconch. Louer une voiture n'était pas une option pour moi, je ne voulais pas montrer ma carte d'identité et je savais que j'étais incapable de conduire, de toute façon.

J'ai donc pris le train, le Cape Cod Flyer, pour Buzzard's Bay.

C'était incroyable.

Dès que j'ai vu le chenal et la structure métallique du pont Bourne se profiler à l'horizon, j'ai su que j'avais pris la bonne décision.

Tout semblait nouveau et excitant mais familier et juste.

Je n'ai ressenti la solitude et le chagrin qu'au crépuscule.

Je t'ai entendu plus tôt dans l'après-midi. Tu venais dans la cuisine chercher quelque chose... peut-être, du lait de coco ? Tu marmonnais sous la ventilation.

Je me souviens que mes tétons se sont durcis au son de ta voix.

Tu as une voix si profonde et unique. C'est une de ces petites choses que j'aime chez toi, la richesse et le timbre de ta voix.

Bien que ton accent me fasse toujours rire, Chowda Head*.

Mais cette nuit-là, après que tu aies nettoyé le bar et que tu sois parti chercher ces "fichues cerises", je me suis sentie si seule. Je me souviens d'être allée sur le balcon pour regarder la lune se lever au-dessus du chenal. La corne de brume d'un ferry qui passait a retenti et je me suis retrouvée à céder à la tristesse qui était devenue ma compagne permanente.

Je me suis mise à pleurer... Une larme pour chaque ami et chaque possibilité volée.

J'ai pleuré pour tous.

Jake,

Sam,

Emily,

Bri,

Riley,

Leah.

J'ai pleuré pour ma mère.

J'ai pleuré pour Charlie.

Et puis tu as appelé, me demandant si j'allais bien.

Mon cœur s'est arrêté.

J'ai couru à l'intérieur de l'appartement si vite. Mais quand je suis arrivée à la porte, j'ai fait une pause, juste une seconde.

Et c'est là que je t'ai vu pour la première fois.

Tu étais dans la rue, la main sur les yeux, à t'efforcer de voir qui j'étais.

Je n'ai pas pu distinguer tes traits mais j'ai pu voir que tu étais grand et élancé.

J'ai imaginé que tu étais beau.

Il s'est avéré que j'avais raison.

Tu portais le T-shirt d'Aerosmith, celui qui appartenait à ton père. Je ne le savais pas à l'époque mais je l'ai reconnu quand tu l'as porté plus tard cet été-là.

Je suis toujours désolée de t'avoir déchiré ce t-shirt... c'était un classique.

Mais c'était encore le cas, après-midi-là dans ton placard.

Je pense que tu as quand même aimé que j'utilise mes dents pour l'arracher de ton corps. Peut-être qu'un jour j'en l'utiliserai les morceaux restants pour faire une couverture en patchwork dans laquelle on se blottira quand on sera épuisé. Tu peux m'aider à le faire. Je sais que tu as toujours la culotte en coton violette que je portais la première nuit où nous avons fait l'amour... je l'ai repéré quand je range tes sous-vêtements dans la commode.

Mais cette nuit-là, la première fois que je t'ai vu... ? Je me souviens avoir pensé que c'était un de ces trucs bizarres, des moments fortuits dans le temps qui seraient gravés dans ma mémoire.

Pour toujours.

Plus tard, après que tu sois monté dans ton appartement, je pouvais t'entendre.

Tu étais en train de tâtonner dans la cuisine. Tu t'arrêtais sans cesse à ma porte. Je pouvais te sentir debout.

J'étais là, moi aussi, de l'autre côté. Je pouvais t'entendre respirer... faire courir tes doigts indécis sur la porte.

Je pouvais te sentir.

Tu sentais l'air de la nuit et l'après-rasage.

Je sais maintenant que c'était le polo de Ralph Lauren.

Ce n'était pas ton eau de Cologne préférée mais Alice te l'avait offerte pour ton anniversaire. Elle avait dit que la bouteille correspond à tes "yeux verts de lune."

J'aime que tu la portes encore parce qu'elle l'a choisi pour toi toute seule et aussi parce que tu sais combien je l'aime. Pour moi, ce sera toujours le parfum de cet été particulier, tout moussu et vert et douloureusement familier.

Le lendemain matin, je t'entendais poser des questions à Mme Cope à mon sujet. Je l'ai entendue t'appeler "Teddy".

Mon Teddy.

Seulement, je ne le savais pas à l'époque.

Et quelques soirs plus tard, quand ton petit doigt a touché le mien en caressant Jenks dans l'entrebâillement de porte j'ai su que j'étais enfin arrivée chez moi.

Une fois tu m'as demandé quand j'avais su que j'étais tombée amoureuse de toi.

C'était à ce moment-là.

Ce moment.

A la seconde où tes doigts ont trouvé les miens.

Tu as parlé à maintes reprises de l'étincelle d'énergie qui coule entre nous. Je la sens aussi.

Je l'ai sentie cette nuit-là et toutes les nuits depuis. Pour moi, l'étincelle commence dans mes doigts et se propage à travers mon être tout entier. Même mes orteils se recourbent d'un simple geste de ta main contre ma joue.

Mais la nuit où tu m'as fait l'amour pour la première fois... eh bien, cette nuit-là, l'étincelle a commencé quelque part dans mon centre, sous mon cœur mais au-dessus de mes genoux et a mis le feu à ma peau.

La sensation de tes mains sur mon corps m'a rendu dingue cette nuit-là.

Elles le fait encore.

Et cette langue ... La sensation qu'elle m'a donnée en m'explorant si intimement.

C'est drôle, les petites choses dont je me souviens de cette nuit-là.

Je sais que tu étais très soucieux d'être gentil avec moi. Je me souviens que tu as murmuré " Doucement, doucement."

Au début, j'ai cru que tu me parlais mais quand j'ai regardé ton visage, j'ai réalisé que tu te parlais à toi-même pour te rappeler de faire attention et cela m'a fait t'aimer d'autant plus.

Je me souviens de la façon dont tu m'as laissé te toucher et de l'aspect de ta peau au clair de lune, pâle et tendue, et forte.

Je me souviens de ton rire quand je t'ai touché là pour la première fois. J'ai défait la fermeture éclair de ton jean et il a sorti sa tête de ton caleçon comme s'il me disait bonjour. Et quand je t'ai dit ça, tu as eu ce genre de fou rire féminin qui me fait rire.

J'étais si nerveuse.

Et tu étais nerveux aussi, ce qui m'a surpris, jusqu'à ce que tu me rappelles que ça faisait des années que tu n'étais pas allé avec une femme et combien tu voulais que ce soit parfait.

Et tu l'as fait.

Je me souviens combien j'ai été choquée quand j'ai réalisé que j'allais jouir. Je ne pensais pas que cela pouvait arriver à une femme la première fois mais c'était le cas.

Mais aussi bon que cela ait été, et crois-moi, c'était si bon et c'était encore meilleur quand j'ai vu le regard que tu avais quand tu as réalisé ce qu'il se passait.

Je me souviens de la façon dont tes cheveux flamboyaient comme une feuille d'érable et comment ta bouche s'entrouvrait pour les sons que tu as fait quand tu t'es enfin permis de te laisser aller.

Je me souviens qu'après coup, tu as frissonné dans mes bras pendant des minutes et le sentiment que cela m'a donné ... Protégée et choyée tout à la fois.

Je rougis maintenant juste pour que tu saches. Et c'est en partie dû au fait que j'écris sur tout ça et cela me rend un peu timide. Mais c'est surtout parce que je me souviens de ton visage quand tu as rejeté ta tête et joui… et l'air salé, l'odeur du chenal, le boum des feux d'artifice dans la nuit.

Le ciel... Eh bien, ça m'a fait chaud partout.

Si ce n'était pas considéré comme de la malchance de voir la mariée avant la cérémonie, je serais en train de faire irruption dans ta chambre en ce moment même pour que ma conduite perverse corresponde à ta bouche perverse.

Je brûle à nouveau pour toi, Teddy.

Partout.

Mais puisque je passe la soirée avec Angela à Marsh House et que tu restes avec Charlie et Loraine… Alors… ouais. Mais je te jure que ça me tue et Angela n'aurait aucun scrupule à me conduire au bar.

OOO

D'accord.

Je suis de retour maintenant.

Comme tu le sais, Angela n'a aucun scrupule. Je n'arrive pas à croire qu'elle ait retrouvé le révérend Ben et l'ai fait prier pour moi pendant que je rampais jusqu'au balcon de ton ancienne chambre. Dieu merci, Charlie dort comme une bûche et au moins Loraine a été assez intelligente pour faire semblant de dormir. Je sais qu'elle a dû m'entendre quand je suis tombée dans tes bras parce que tu as soufflé très fort et que tu as ri comme une fichue hyène.

Mais moi aussi.

Tu m'as dit que tu ne pouvais pas me faire l'amour, que ça porterait malheur.

Mais cette satanée bouche ne voulait juste pas écouter.

Le coup chaud et glissant de ta langue alors qu'elle m'explorait quelques heures avant de devenir ta femme sera un souvenir que je garderai quand je serai vieille et seule avec mes souvenirs.

J'y pense maintenant, imaginant que tu es ici dans notre lit.

Je suis de nouveau en feu.

J'ai tellement besoin de toi.

Mais je sais que tu as besoin de dormir et moi aussi alors je me contente d'être allongée ici, dans notre lit avec Jenks et Myrtle, dos à dos et chat à chat. Je sens la montée et la descente de leurs poitrines pendant leur sommeil et bien que le son me réconforte, ce n'est pas la même chose que d'écouter ta respiration régulière et tes doux ronflements.

D'accord je suis poétique, tu ronfles comme un putain train de marchandises. Mais ça va. Je suis restée immobile pendant tant de mois après l'accident que tes ronflements ne me dérangent pas.

(Bien qu'un de ces jours nous devions faire examiner tes sinus. Peut-être que ton oncle Carlisle peut te recommander un bon ORL à Boston.)

Mes pensées continuent à errer tandis que j'attends les heures où notre vie ensemble pourra officiellement commencer. Je n'arrive pas à me calmer alors je viens de me lever et de faire un peu de poterie. Rien de spécial, juste un grand vase lisse. Mais je pense que les tournesols que tu as plantés dans le petit jardin à l'arrière du bar seront si jolis à l'intérieur.

Te souviens-tu de cette fois où tu t'es endormi tôt. J'étais allée faire de la poterie parce que je me sentais agitée aussi.

J'étais là assise devant le tour, jouant distraitement avec de l'argile quand tu es arrivé tout câlin et légèrement perturbé parce que je n'étais plus dans tes bras.

C'est la nuit où nous avons décidé de reconstituer cette scène du film Ghost.

Lol

Ça a commencé si sexy…

Tu m'as même convaincu de tout enlever sauf mon débardeur. Mon cul était gelé sur cette chaise en métal mais tu as continué à me frotter les cuisses et les fesses jusqu'à ce que je sois chaude et en sueur.

Nous n'avions pas de musique alors tu as commencé à chanter Unchained Melody à mon oreil…

Mal.

De ma vie je n'ai jamais rencontré quelqu'un qui puisse bousiller les paroles des chansons comme tu peux le faire, c'est sûr.

Je me souviens juste à quel point tout cela était idiot, doux et romantique…

Toi, moi, l'argile…

Ta mauvaise imitation de the Righteous Brothers.

Nous nous moquions de la façon dont l'argile continuait à tomber, exactement comme dans le film. Tu as dit : 'Oh mon dieu… nous sommes comme Patrick Swayze et Julia Roberts. Regarde nous !" Je me souviens de t'avoir regardé comme si tu avais deux têtes… Je veux dire… comment diable quelqu'un ne sait-il pas que c'est Demi Moore qui jouait dans Ghost ?

Et quand je te l'ai dit, tu as répondu. "La seule femme vedette que je connaisse est celle qui est assise entre mes jambes en ce moment."

Pffff.

Tu étais tellement excité mais tu m'as vraiment fait rire !

Et nous avons tous les deux gloussé comme deux chouettes…

Taquiner, jouer et toucher…

Seigneur…

Mais alors tu as mis cette merde dans mes cheveux.

Tu te souviens ?

Seigneur quel bordel !

Tu as continué à rire de moi en frottant et frottant encore et encore. Je rigolais aussi… Jusqu'au moment où elle arrivée dans mes yeux.

Je suis tellement en colère contre toi !

Je pense que c'était notre première prise de bec.

Je me souviens de t'avoir tapé sur le côté de la tête avec un morceau d'argile alors que je passais devant toi avec des bouts d'argile qui tombaient de moi comme de la merde de cheval.

Tu étais assis là, la bouche grande ouverte comme si ton cerveau n'arrivait pas à suivre le fait que je ne riais plus mais que je pleurais. Cette merde pique tellement les yeux.

Je me suis précipitée à l'étage et suis entrée dans la salle de bain afin de pouvoir me laver les yeux et les cheveux.

Je ne t'ai même pas entendu entrer.

Mais je t'ai senti…

Senti tes bras qui s'enroulaient par derrière et caressaient mes seins si doucement. Je me souviens d'avoir souri en cachette aimant la façon dont tu venais te faire pardonner...

Dans la douche.

Vraiment un gars.

Mais quand je me suis tournée et vu l'expression inquiète sur ton visage, inquiète et vulnérable, j'ai su que je t'avais fait peur.

Tu as pensé que je partais loin de toi.

Cette expression que tu avais sur le visage… ça m'a fait pleurer. Je n'ai jamais voulu que tu penses que je te laisserais un jour, Edward. Tu es tout pour moi.

Je me souviens comment tu as enfoui ton visage dans mon cou et m'a dit que tu étais désolé. J'ai caressé ta tête et j'ai murmuré la même chose. Et puis tu as lavé toute l'argile sur moi en embrassant chaque partie que tu as nettoyée.

Tu étais si gentil.

Je pense que je suis tombée un peu plus amoureuse de toi ce soir-là.

Ta douceur et ta vulnérabilité m'ont fait craquer. Je ne me suis jamais sentie aussi aimée qu'en ce moment et je te l'ai fait savoir dès que tu as arrêté l'eau.

A plusieurs reprises.

C'est la nuit où j'ai su que je t'aimerais pour toujours.

J'ai alors su que je voulais t'épouser. Et, quelques semaines plus tard, c'est exactement ce que tu m'as demandé de faire.

Certaines femmes s'attendent à un cadre romantique sous une nuit étoilée lorsqu'un homme les demande en mariage. Ces femmes désirent ardemment l'intimité du ciel nocturne pour servir de toile de fond dramatique à ce qui sera les plus grands moments de leur vie.

Tu m'as donné ça, Teddy.

Bien sûr, à la manière typique d'Edward, cela comprenait un rot extrêmement long et bruyant, du genre qui rappelle que tu as mangé des hot-dogs pour le dîner jeudi soir dernier.

Mais alors que tu étais embarrassé et extrêmement déçu que ta demande ait été ruinée par la réaction naturelle de ton corps à la bière que tu venais de boire, j'étais ravie.

J'aime que notre relation soit saupoudrée d'humour, de légèreté et de rire. C'est un tel contraste avec les événements qui nous ont menés l'un à l'autre.

Je dois essayer de dormir maintenant car il est bien plus tard que minuit. Je ne veux pas avoir des poches sous les yeux sur nos photos de mariage.

Mais avant cela, je veux te dire ce que j'aime chez toi.

J'aime que tu aimes mon père. A part toi, Charlie est la personne la plus importante dans ma vie. Et je voulais qu'il t'aime ...

Mais je ne m'attendais pas à ce qu'il tombe amoureux de toi et à ce que tu sois amoureux de lui.

Je sais que Charlie te considère comme son fils et non comme son gendre ou le type dont sa fille est tombée amoureuse et ... qu'il doit tolérer à Noël. C'est l'une des meilleures choses que nous ayons, avoir un père que nous aimons tous les deux.

J'adore le fait que tu sois enfin parvenu à accepter Loraine. Je sais que ça n'a pas été facile pour toi. J'aime la façon dont tu es si à l'aise avec elle et JT et que lorsque nous sommes ensemble, nous sommes vraiment une famille.

J'aime que ta tante et ton oncle t'aiment et t'admirent et que tu ressentes la même chose pour eux.

J'aime la façon dont tu adores Alice. Je n'ai jamais vu personne traiter un enfant ayant des besoins spéciaux avec autant d'amour honnête et sincère qui n'a rien à voir avec leur handicap et qui surtout pour eux en tant que personne. Te regarder avec elle me donne envie d'avoir des bébés avec toi... je sais que tu seras un père merveilleux un jour.

(Mais pas maintenant) ...

Pas de soucis...

Je peux attendre encore quelques années.

Peut-être.

Tu vas avoir trente ans demain, donc ton horloge fait tic-tac, juste pour dire...

J'aime la facilité que tu as avec Emmett et sa famille. La façon dont Jasper te fait rire et le regard de gratitude que Rose te lance chaque fois que tu le fais rire. L'expression que tu avais quand tu as tenu leur bébé pour la première fois... comment tu l'as serré contre ta poitrine et caressé ses cheveux doux.

J'aime le badinage que tu as avec Angie et la façon dont tu la fais rire d'elle-même et de tous ses petits drames.

J'aime la façon dont tu regardes Jessica et Mike et la façon dont tu souris quand elle fait une remarque vaine et surtout, la façon dont tes yeux s'adoucissent lorsqu'elle chatouille son fils.

J'aime que tu aies accepté Tripp dans ta vie. Je sais qu'il ne pourra jamais remplacer Tyler, et selon toi, à part ses yeux et son rire, il ne lui ressemble pas du tout mais tu l'aimes quand même. Tu n'avais pas à le laisser entrer mais tu l'as fait et ça l'a rendu si heureux.

J'aime la façon dont tu chasses et t'ébats sur la plage avec Hienzie sur tes talons et la façon dont il te regarde avec adoration quand tu mets la main dans ta poche et que tu sors un morceau de bacon que tu caché juste pour lui.

J'aime que même si tu n'es pas un amoureux des chats, tu en as deux maintenant. Et quand j'ai suggéré que peut-être ton nez bouché était dû à ton allergie, tu as juste haussé les épaules et tu m'as dit que c'est à ça que servaient Benedryl et les piqûres.

J'aime la façon dont tu poursuis Mme Cope dans la cuisine avec un de ses gros tabliers et la façon dont tu la fais rire comme une écolière quand tu la prends dans tes bras comme un enfant.

J'aime la façon dont tu prends Harold par le bras et le conduis prudemment derrière le bar pour qu'il puisse faire son propre High Ball comme il l'aime.

J'adore ton look dans ce costume bleu quand tu marchais à côté de moi au mariage de ton pote Pete.

Et le regard que tu m'as jeté quand il a pris la main de Charlotte et lui a mis la bague au doigt. J'ai aimé la façon dont tu m'as murmuré "Nous sommes les prochains" à l'oreille.

J'aime que tu aies présenté l'oncle Paul à Ashby, que tu as rencontrée au bar l'été dernier quand elle a commandé un Alligator Piss. J'adore le fait que tu sois le seul à les avoir soutenus au début, en raison de leur différence d'âge de seize ans. J'aime que tu n'aies pas dit "je te l'avais dit" quand ils y sont finalement arrivés, comme tu savais qu'ils le feraient.

J'aime que tu sois allé avec Charlie et moi pour vendre la maison et récupérer toutes nos affaires. J'aime que tu m'aies dit que tu t'en fichais si je ne disais pas un seul mot pendant tout le temps que nous étions à Forks. Parce que tu savais que ma voix t'attendrait quand nous serions de retour à Cape Cod.

Et j'aime la façon dont tu n'en as pas fait tout un plat quand nous avons croisé Sue au Safe Way et c'était très bizarre.

J'aime que tu ais dit à Seth qu'il pouvait nous rendre visite à Cape Cod quand il le souhaitait.

J'aime la façon dont tu m'as tenu la main lorsque nous nous sommes rendus sur le lieu de l'accident. Et la façon dont tu m'as pris dans tes bras après que j'ai laissé une petite sculpture de mes amis à l'endroit même où je les ai tous perdus.

J'aime que tu m'aies fait l'amour dans mon petit lit dans la maison de mon enfance et la façon dont tes pieds se sont emmêlés avec les miens sous les draps à fleurs bleues que Renée m'avait achetés quand j'avais sept ans.

J'aime la façon dont tu as grimpé à l'arbre devant ma fenêtre après que Charlie ait fait la remarque qu'il était éternellement reconnaissant de n'avoir jamais eu de garçon qui se soit faufilé par là... à sa connaissance. Il a avoué que cet arbre avait été une préoccupation constante pour lui pendant toute mon adolescence.

Et j'adore la façon dont Charlie a arraché les brindilles de tes cheveux à la table du petit déjeuner le lendemain matin et l'histoire que tu as racontée pour te couvrir et la façon dont sa moustache s'est tordue d'incrédulité.

J'aime que tu veuilles une grande famille comme moi... non pas à cause de toutes les personnes que nous avons connues et perdues mais parce que nous voulons remplir notre maison de rires et de joie.

Teddy, un jour je pourrais devenir quelqu'un qui ne fait que te rappeler les choses que je n'aime pas sur toi. Comme la façon dont tu laisses tes chaussettes en vrac au pied du lit ou la façon dont tu n'enlèves jamais ton caleçon de ton jean lorsque tu le jettes pour le laver.

Alors si jamais je deviens cette fille... Alors garde cette lettre et relis-moi toutes ces choses que j'aime à propos de toi, d'accord ?

Parce que je ne veux pas que tu oublies la façon dont je suis tombée amoureuse de toi il y a si longtemps cet été-là.

Au-dessus d'un chat du bar.

Une boîte de Ring Dings.

Un sac de prunes.

Et une porte entrebâillée.

Pour toujours,

Bella

FIN

*Chowda Head argot bostonien pour idiot


Un grand merci à jane-with-a-y pour nous avoir donné la permission de traduire cette super histoire.

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