Attention: One piece ne m'appartient pas, seuls Makka et Miru sont à moi.
Temps présent :
Makka avait écouté son père sans jamais l'interrompre. Elle était fascinée. C'était une partie de la vie de sa mère dont elle n'avait jamais entendu parler, une partie de sa vie qu'elle n'aurait jamais imaginé. A la fin de son histoire, elle baissa les yeux sur ses mains jointes, posées près de Miru, dormant contre elle, elle ne savait plus quoi penser. Tout ce sur quoi elle avait basé son jugement, ses sentiments, sa vie, était incomplet. Ce qu'elle croyait savoir de sa mère, ce qu'elle pensait de son père, tout était incomplet, et cette partie manquante changeait beaucoup de choses pour elle.
Elle aurait put complètement rejeter l'histoire de son père, ne pas en croire le moindre mot, penser qu'il essayait de se défendre, se dédouaner, mais elle savait que ce n'était pas le cas. Après plusieurs mois passés à ses côtés, elle avait apprit à le connaitre, à l'apprécier, à…l'aimer. Son père n'était pas une mauvaise personne, au contraire, et il ne lui avait jamais mentit, il avait même supporté, sans broncher, le ressentiment qu'elle éprouvait pour lui. Il n'avait pas cherché à l'obliger à écouter sa version de l'histoire, il avait été patient et avait attendu qu'elle soit prête à l'entendre... il avait tout fait pour qu'elle se sente en confiance et en sécurité.
Makka se mordit doucement la lèvre, elle se sentait coupable de son comportement avec son père, un comportement injuste pour lui, et au fond, elle s'était fait du mal toute seule.
Shanks la regarda patiemment, attendant une quelconque réaction. En la voyant se mordre la lèvre, il eut un doux sourire.
- Voilà Makka, tu sais tout. Est-ce que tu as des questions ?
La jeune fille hésita mais secoua doucement la tête, ne sachant quoi dire. Ou plutôt, elle ne savait pas par quoi commencer. Si elle avait des questions ? Elle en avait des tonnes en réalité, mais ce qu'elle venait d'apprendre bouleversait tout ce en quoi elle avait fermement cru durant presque toute sa vie. En outre, même si son comportement envers son père avait changé ces derniers temps, elle se sentait mal de le questionner après la façon dont elle avait agit avec lui…
Shanks regarda sa fille hésiter un instant avant de reprendre gentiment.
- Prend ton temps Makka, mais sache que je répondrai à la moindre de tes questions, quelle qu'elles soient. Assura-t-il. En revanche, moi j'ai une question pour toi.
Makka leva un regard curieux et intrigué vers lui, une question ? Shanks sourit et reprit.
- Même si je pense savoir pourquoi ta mère ne m'a jamais parlé de toi, je me demandais...
La rouge affaissa les épaules, sachant immédiatement où allait mener cette question.
- Elle ne voulait pas que tu mettes ton rêve de côté. Coupa-t-elle. Tout est dans sa lettre, celle qu'elle a laissé pour moi. Avoua-t-elle, tête basse.
Elle déglutit, les mains durement jointes sur ses cuisses. L'empereur hésita à intervenir mais décida de la laisser prendre son temps pour répondre. Finalement, Makka ferma les yeux et continua.
- Dans sa lettre maman a… elle m'a expliqué pourquoi elle ne t'a jamais rien dit. Elle… expliquait qu'au début elle ne voulait pas être un poids pour toi, elle était de plus en plus souvent malade et elle ne voulait pas que tu mettes ton rêve en suspend, elle ne voulait pas te priver de ta liberté.
La jeune fille serra les lèvres mais poursuivit.
- Elle disait qu'en partant elle s'assurait que tu sois toujours libre, que tu continues à vivre ta vie en mer comme tu le souhaitais. Et c'est pour cette même raison qu'elle ne t'a jamais dit pour moi… parce que si elle l'avait fait, tu te serais obligé à revenir régulièrement, pour elle, pour moi, pour nous. Et ce en sachant que sa santé et la dangerosité de la vie en mer ne nous permettait pas de repartir avec toi. Et au final, en plus de te priver de la vie que tu aimais, on aurait tous fini par être en danger…
Shanks ouvrit la bouche pour parler, dire quoi que ce soit, mais les mots restèrent coincés dans sa gorge. Il aurait voulu pouvoir choisir, mais Honoka le connaissait mieux que personne, et tout ce qu'elle avait écrit était vrai. Même si revenir les voir ne l'aurait jamais rendu malheureux, loin de là, elles auraient effectivement été en danger, et sans doute que de convaincre Honoka de revenir avec Makka, en sachant qu'elle aurait systématiquement refusé, aurait fini par les miner tous les deux. Il aurait surement été près à abandonner la piraterie pour elles, mais rester loin de la mer l'aurait rendu malheureux malgré lui, et Honoka le savait parfaitement. Elle avait préféré prendre les décisions difficiles seule, assumer seule les conséquences de celles-ci, elle avait voulu l'épargner, même si ça signifiait lui cacher l'existence de leur fille.
Il ferma brièvement les yeux, le visage d'Honoka dansant sous ses paupières. Elle lui manquait terriblement, et savoir tout ça était sûrement aussi dur à entendre que l'histoire qu'il avait racontée à Makka.
Celle-ci, devant le silence de son père, et la peine manifeste sur son visage malgré ce qu'il voulait bien laisser paraitre face à elle, décida de terminer.
- Tu sais, elle a voulu t'en parler, de sa grossesse, de moi, à de multiples reprises. Mais elle n'osait pas, et plus le temps passait, moins elle y arrivait, d'autant que ta réputation s'étendait de jour en jour. Elle pensait que tu pourrais lui en vouloir, la détester peut être, de t'avoir caché ça, de t'avoir privé de connaitre ta fille, de me connaitre…
Elle ne put empêcher ses épaules de trembler alors qu'elle regardait ses mains, la gorge nouée par l'émotion et les yeux humides. Rien que penser à ce que sa mère avait put ressentir toutes ses années, avec elle comme rappel constant de son père, l'accablait terriblement. Malgré tout, elle continua sur sa lancée sous le regard inquiet de son père.
- Et pourtant… et pourtant elle a terminé sa lettre en disant… en disant qu'elle t'aimait toujours, qu'elle n'avait jamais cessé de t'aimer, même si elle t'avait fait tant de mal ! Même si elle ne l'a jamais dit, je sais qu'elle attendait ton retour, que tu briserais ta promesse pour venir la voir, mais elle savait… elle savait que tu tiens toujours parole !
Elle essuya les larmes qui lui avaient échappées avec ses manches.
- Makka… Fit doucement Shanks, peiné, mais elle reprit.
- Même si j'ai du mal à réaliser tout ce que tu viens de me dire… et que je sais que c'est la vérité… je… je…
Shanks se leva doucement pour contourner son bureau et vint poser sa main sur la tête de sa fille dans un geste rassurant. Celle-ci leva des yeux pleins de larmes vers lui.
- Makka, prend ton temps d'accord ?
La jeune fille le regarda un instant avant de faiblement hocher la tête, incapable de parler pour le moment, la gorge nouée. Shanks voulu reculer, pour lui laisser un peu d'espace, mais il ne put faire un pas qu'une main vint agripper un pant de sa chemise. L'empereur, malgré sa surprise, eut un bref sourire. Doucement, il posa une main derrière la tête de sa fille et resta sans bouger, lui laissant le temps qu'il faut. Cependant, il ne pouvait s'empêcher d'être heureux. Malgré la situation, et ce qu'ils avaient appris tous les deux, il sentait qu'un énorme poids avait quitté leurs épaules, à tous les deux. Bien sur, il restait de nombreuses choses dont ils devaient encore parler, mais le plus dur semblait avoir été fait.
Après plusieurs minutes, Makka fini par s'écarter un peu, essuyant le reste de ses larmes avec ses manches. Shanks sourit un peu et sorti un tissus de sa poche pour le tendre à sa fille. Celle-ci cligna des yeux mais le remercia d'un signe de tête avant de se moucher.
Après un instant de silence, Shanks s'accroupi près de Makka et lui offrit un sourire rassurant.
- Ça va mieux ?
- Oui… merci…
Shanks hocha la tête, satisfait, mais alors qu'il allait se relever pour rejoindre son bureau, Makka reprit.
- Tu sais, au fond, j'ai rapidement compris que ce que j'avais toujours cru était faux... Après ces mois passés ici, j'ai put voir par moi-même que tu étais loin de l'image que je m'étais faite de toi, une image uniquement née de mon ressentiment… Mais je… je ne voulais pas voir la vérité en face…
Elle soupira faiblement
- Toutes ses années, j'ai cru qu'un jour tu apparaitrais à l'horizon et que toi, maman et moi formerions une famille. J'ai passé tellement d'années à espérer… Mais ce n'était pas le plus dur en réalité, le plus dur était de voir maman souffrir en silence. Elle ne s'est jamais plainte, jamais, mais quand elle croyait que je ne la voyais pas, son masque se brisait et, bien souvent, quelques larmes lui échappaient. Combien de fois je l'ai vue pleurer depuis la fenêtre de la maison alors qu'elle étendait le linge en regardant l'horizon ? Ou en l'observant derrière une porte alors qu'elle pensait que je dormais… trop pour faire le compte… C'est à cause de ça que je me suis faite de fausses idées toutes ses années, que j'ai crue que tu l'avais abandonnée…
Elle regarda son père.
- Mais j'avais tord, et ça je l'ai su dès que j'ai lu sa lettre… Mais je ne voulais pas le croire, toutes ses années à te juger responsable de notre malheur… alors que tu n'avais rien fait de mal ? Je ne pouvais pas le croire… Je me persuadais qu'elle avait écrit ça pour t'innocenter, pour prendre ta défense, encore, mais non…
- J'aurai pu la retenir, j'aurai dû le faire. Intervint doucement Shanks, le cœur serré.
Makka secoua la tête avec un sourire triste.
- Tu sais bien que non… je suis persuadée que tu l'as fait, je l'ai sentit dans ton histoire. Mais, apparemment, c'était une période difficile, et tu ne pouvais pas savoir pour moi. Tu as fait ce que tu as cru être le meilleur pour elle, je ne peux pas te le reprocher. Et puis, tu sais que quand elle avait une idée, rien ne pouvait la faire changer d'avis.
Il dû admettre qu'elle avait raison, même si c'était difficile.
- C'est vrai… c'était la femme la plus têtue que je n'avais jamais rencontré… Avoua-t-il avec un léger sourire dans la voix.
Il y eut un court silence nostalgique avant que Shanks ne reprenne.
- Makka, ça n'a pas dû être facile pour toi, je suis…
- Ne t'excuse pas…s'il te plait. Coupa-t-elle doucement. Tu n'as rien à te faire pardonner, c'est plutôt moi qui…
Ce fut au tour de son père de la couper avec un sourire rassurant.
- Si je ne dois pas m'excuser, ne le fait pas non plus, Makka. Toute cette histoire est compliquée, et personne n'est responsable de rien, pas même ta mère, quoi qu'elle ait put en dire dans sa lettre, d'accord ?
Makka le regarda un moment avec incertitude avant de baisser les yeux. Le méritait-elle seulement ? Elle avait été loin d'être agréable, et n'avait eu de cesse de le rejeter. D'accord, ça avait quelques peu changé ces derniers temps, sûrement grâce à sa rencontre avec Marco, qui l'avait beaucoup fait réfléchir, mais tout de même…
Cependant, elle avait bien observé son père, et elle savait quel genre de personne il était. Dire ça lui ressemblait bien en fin de compte. Il était une personne d'une grande bonté et il était sincère, aussi bien dans ses paroles que dans ses actions. Et pourtant, aussi jovial puisse-t-il être, il se montrait parfois d'un étonnant sérieux. Il était bien plus complexe qu'il ne le montrait au premier abord. Et ça elle l'avait appris en l'observant un peu tous les jours, parfois malgré elle. Peut-être, un jour, connaitrait-elle toutes les facettes de sa personnalité ? Qui sait ? D'un autre côté, peut-être valait-il mieux laisser planer une part de mystère également…
Qui plus est, elle fini par hocher doucement la tête. De toute façon, il n'abandonnerai pas ce point, pas vrai ?
- D'accord… Fit-elle avec un léger sourire. Merci…
Après un nouveau silence, Makka releva les yeux vers son père.
- J'ai… j'ai toujours la lettre de maman… est-ce que… tu voudrais la lire ? Demanda-t-elle finalement.
Shanks écarquilla les yeux à la nouvelle.
- Quoi ? Tu l'as toujours ? Je pensais que la marine te l'avait prise, comme preuve. Fit-il avec étonnement.
- Hé bien non… ils ont sûrement trouvé amusant de me laisser la lettre qui m'avait condamnée. Admit-elle.
L'empereur secoua la tête, ces marines, franchement… Mais bon, que ce soit pour le meilleur ou pour le pire, Makka avait au moins put conserver un précieux souvenir de sa mère, les derniers mots, les dernières pensées, qu'elle lui avait adressés.
- Je vois… tu es sure de vouloir me laisser la lire ? Elle t'est adressée Makka, ta mère l'a écrite pour toi.
- Je sais, mais… je pense que tu devrais la lire aussi. Maman n'aurait pas été contre, j'en suis sure. Peut-être même qu'elle espérait que tu puisses le faire ? ça aurait signifié qu'on était enfin réunis, pas vrai ? Mais si tu ne le veux pas je comprendrai. Assura-t-elle rapidement, ne voulant forcer son père.
Shanks sourit doucement, Makka avait peut être raison, peut-être qu'Honoka l'aurait voulu, allez savoir.
- Très bien, c'est d'accord, je vais la lire. Sourit-il.
Makka acquiesça en se levant.
- Je vais la chercher !
Elle partit rapidement, non sans déranger Miru, qui partit finir sa sieste sur le petit canapé présent dans la pièce, apparemment sa maitresse n'avait plus autant besoin de sa présence, laissant Shanks avec un fin sourire. Resté seul, il tourna les yeux vers le hublot de son bureau, le regard fixé sur le ciel bleu. Cette discussion ne s'était pas si mal déroulée, finalement. Elle avait été difficile, sans aucun doute, mais grandement bénéfique, il le ressentait déjà. Ben avait raison, repousser ça n'aurait fait que prolonger le mal aise qui persistait entre lui et Makka. En définitive, lever le voile sur tout ça était un mal pour un bien, un grand bien même.
Makka revint quelques courtes minutes plus tard, coupant les pensées de son père, et lui donna l'enveloppe contenant la lettre. Shanks eut un doux sourire en reconnaissant l'écriture d'Honoka avant de sourire à sa…leur fille.
- Merci Makka.
- De rien… prend ton temps, je sais qu'elle n'est pas perdue. Assura-t-elle.
Le roux hocha la tête avec un sourire.
- Entendu.
Il hésita un instant avant de reprendre.
- Est-ce qu'il y a autre chose dont tu voudrais qu'on parle ? Demanda-t-il.
Il voulait profiter de ce moment de confessions pour éclaircir le plus de points possibles, même si ça restait toujours possible après bien sur, mais le moment s'y prêtait actuellement, autant en profiter. Makka secoua doucement la tête.
- Non, enfin… rien ne me vient à l'esprit pour l'instant. Avoua-t-elle.
- Je comprends, mais si tu as la moindre question, ma porte est toujours ouverte, d'accord ?
Elle en avait beaucoup entendu aujourd'hui, il comprenait parfaitement qu'elle ait besoin de temps pour tout remettre en ordre et réfléchir à ce qui avait été dit, les questions viendraient après.
- D'accord. Merci, pour tout ça, pour aujourd'hui…
- Je t'en prie, merci à toi également.
Là-dessus, elle s'apprêta à partir pour laisser son père lire la lettre en privé. Cependant, avant de quitter la pièce, alors qu'elle avait la main sur la poignée de la porte, elle hésita un instant, faisant lever un sourcil à son père. Puis, elle se tourna un peu vers lui.
- En fait j'ai… une question… Hésita-t-elle.
- Oui ? Invita gentiment Shanks.
- Je me demandais… est-ce que tu penses souvent à maman ?
Shanks baissa les yeux sur le papier dans ses mains et esquissa un doux sourire avant de regarder sa fille à nouveau.
- Oui, parfois. Mais… beaucoup plus depuis que tu es ici, tu lui ressembles tellement… Avoua-t-il.
Makka hocha la tête avec un sourire semblable à celui de son père.
- Je vois…
- Mais tu sais, quand je te regarde, Makka, je n'y vois pas que ta mère. Bien sur tu lui ressemble, tu as ses traits, ses yeux, il arrive que tu parles ou agisse comme elle, mais ce que je vois aussi, c'est une jeune fille courageuse, talentueuse et qui, même si elle ne le voit pas, va de l'avant malgré les épreuves. Dit-il avec une pointe de fierté dans la voix. Tu es aussi têtue comme une mule, curieuse et un vrai rat de bibliothèque ! Rit-il.
- Hé ! Protesta faussement Makka, faisant la moue malgré un léger sourire au coin des lèvres.
- Et je sais que tu deviendras un médecin exemplaire, tu en as l'acabit. Tu es obstinée et passionnée, je sais que tu y arriveras, tu en prends déjà le chemin. Sourit-il.
Makka ne put s'empêcher de sentir son cœur se gonfler de joie. Même si il ne l'avait pas dit, elle comprenait que son père était fier d'elle et ça la remplissait de bonheur, plus qu'elle ne l'aurait jamais cru.
- Oui, j'y arriverai, tu verras, papa ! Déclara-t-elle avec un large sourire avant de filer.
Une fois hors du bureau, la porte fermée derrière elle, la rousse ne put éviter une légère rougeur de s'étendre sur ses pommettes, elle était bien trop heureuse pour ça. Bien sur, elle allait longtemps se repasser tout ce qui avait été dit, mais elle sentait que ça irai, elle avait confiance. Maintenant que tout avait été dit, elle se sentait bien plus légère, et ça faisait beaucoup de bien.
Shanks, lui, cligna des yeux à l'appellation avant de sourire largement. Non seulement sa fille venait de l'appeler ''papa'' mais, pour la première fois, elle lui avait aussi adressé le sourire le plus sincère qu'il n'avait jamais reçu d'elle.
