19h13
Emma referma le dossier qu'elle avait sous les yeux depuis près de trois heures. Quand elle fut rentrée au poste, elle avait demandé à Belle d'essayer de contacter les compagnies de téléphone du pays. Les meurtres ne remontaient qu'à quelques années et les opérateurs conservaient évidemment les archives des réseaux. Aussi, après avoir détecté un troisième numéro de téléphone dans le Stanley Park, le soir de la disparition de Stephanie Doiron, la profiler avait pris le parti de se renseigner sur les autres assassinats. Elle avait donc du se confronter à une vingtaine de rapports des différentes tours de télécommunications. Chacun faisait état des numéros de téléphone détectés dans une zone précise, à un moment spécifique, entre plusieurs tours distinctes. Néanmoins, Vancouver était une métropole et comptait des milliers d'habitants. Ainsi, les rapports faisaient état de près d'une centaine d'appareils détectés aux heures et lieux des différents enlèvements.
Malgré cela, la blonde avait réussi à parcourir près de la moitié des dossiers. À chaque fois, le même téléphone était présent au moment du crime. D'après les résultats de Belle, le numéro appartenait à un mobile à carte, particulièrement intraçable. Mais Emma était persuadée qu'en isolant cet appareil sur tous les rapports, elle serait en mesure d'obtenir un mandat pour retracer l'endroit où le téléphone avait été acheté. Connaissant le professionnalisme du Lightning Killer, les chances étaient minces pour qu'il ait acheté son mobile par carte bancaire. Néanmoins, le magasin où il se l'était procuré était peut-être doté de registres, voire de caméras de surveillance. Pour l'heure, toutes les pistes étaient bonnes pour trouver le tueur en série et éviter qu'il ne sévisse encore. C'est la raison pour laquelle la criminologue préférait n'effacer aucune hypothèse. La seule dont elle était certaine, c'est que le meurtrier agissait seul, avec une minutie presque chirurgicale.
De leur côté, Regina et Kelly avait quitté le poste de police pour aller chercher des repas pour emporter. Les deux femmes savaient qu'elles avaient encore beaucoup de travail et passeraient sûrement la soirée au poste. Elles avaient donc laissé Emma et Mary-Margaret travailler, le temps d'aller acheter de quoi se sustenter. L'agent-enquêtrice se chargeait alors de faire des recherches sur les autres élèves identifiés de l'école de Stephanie Doiron. Le groupe Facebook que Belle avait trouvé ne comptait qu'une vingtaine de membres, mais il se pouvait que le tueur se cache parmi ceux-ci. Malheureusement, établir le profil d'un tel nombre de personnes et leur possible lien avec des meurtres était un travail colossal. C'est pourquoi Mary-Margaret serait sûrement aidée par Kelly et Regina au cours de la soirée. Pour l'heure, elle laissa échapper un bâillement discret, sous le regard amusé de la criminologue.
« Je ne sais pas si Regina t'en a parlé, » lança justement la blonde. « Mais nous sommes ravies de ton professionnalisme et de ton efficacité.
-Euh non… » bredouilla la jeune femme. « Mais merci…
-C'est simplement sincère, » admit la profiler. « Je pense que t'as encore des beaux jours devant toi au sein de la police.
-J'aimerais bien être dans un poste comme celui-ci, » répondit l'agent-enquêtrice. « J'aime beaucoup l'atmosphère.
-Tu pourrais toujours demander un transfert quand t'auras passé ton examen de sergent, » affirma Emma en haussant les épaules. Mais avant qu'elle ne poursuive, le téléphone du bureau de Regina se mit à sonner. Sans hésiter, elle répondit, ne se doutant pas que leur soirée s'annonçait peu reposante…
19h20
Regina ralentit pour s'arrêter à un feu rouge, soupirant devant l'atmosphère morose de la ville. Vancouver était encore en proie à une pluie battante, semblable aux derniers jours. De son côté, la portoricaine détestait ce temps particulièrement déprimant, comme en écho à son moral. Si elle essayait de rester impassible, elle était toujours troublée par les enquêtes qu'elle menait. Pour le moment, le Lightning Killer n'avait heureusement pas réussi à ébranler sa façade. Comme d'habitude, elle préférait se concentrer sur le tueur plutôt que le destin funeste des victimes. Néanmoins, l'enlèvement des deux garçons l'avait véritablement affectée. Imaginer qu'un seul homme puisse détruire la pérennité d'une famille l'angoissait d'autant plus qu'elle était sur le point d'en fonder une. Elle savait que ce type d'enlèvement n'était pas une affaire courante, mais il ne s'agissait toutefois pas d'une éventualité rare. Malheureusement, les agresseurs sexuels étaient bien plus nombreux qu'on pouvait le penser. Surtout ceux qui s'en prenaient aux enfants…
« Tu sais que je vais devoir parler à Ingrid, » déclara justement Kelly, comme en réponse à ses pensées. « Robin s'inquiète aussi, Regina.
-J'aimerais que tu me laisses au moins boucler cette affaire, » admit la brunette.
« On n'a genre… aucune idée d'à quel point ce gars est dangereux, » lâcha son amie, sarcastique. « Il tue peut-être des personnes qui ont un intérêt pour lui mais si tu le confrontes, tu sais très bien que tu serais en grand danger.
-Tout comme je l'étais il y a deux mois, trois mois, un an, » s'agaça la détective. « Ma situation ne change absolument rien, K. C'est juste…
-C'est juste bien plus dangereux parce que ça n'implique pas que toi, mais aussi un être qui n'a rien demandé à personne. S'il arrive quelque chose, tu t'en voudras d'ailleurs toute ta vie…
-J'ai décidé d'avoir un enfant, K, mais ça ne sera jamais au prix de ma carrière, » répliqua la portoricaine, irritée par les arguments de son amie. « Ça ne me rend pas plus vulnérable, tant que j'ai un gilet pare-balle. Et tu sais très bien que je redouble toujours de prudence.
-Ouais, c'est aussi ce que m'a dit ton ex cet après-midi, » ironisa la rouquine. Évidemment, Regina lui adressa un regard interrogateur avant de bifurquer dans une avenue de la métropole. « Come on, tu sais très bien qu'Emma Swan est la pire dans le genre « faire attention ». Cette conne s'est juste postée devant la maison d'un gars armé, sans aucune défense, pour le convaincre de relâcher un môme qui l'aurait directement conduit en prison. »
La brunette essaya évidemment de réprimer ses émotions, tandis qu'elle se persuadait qu'il n'était, au moins, rien arrivé de dramatique. Mais elle savait évidemment que la profiler n'hésitait jamais à braver le danger. Selon elle, il valait d'ailleurs mieux se présenter devant un criminel sans constituer de menace si on voulait arriver à ses fins. Enfin, cela restait toutefois de la théorie plus que de la pratique. Justement, son téléphone sonna et le nom de la profiler s'afficha sur son tableau de bord. Par réflexe, la portoricaine répondit, peu soucieuse que leur conversation puisse être entendue par sa meilleure amie.
« Regina, on part avec Mary-Margaret pour la maison de Stevenson, » expliqua la blonde d'une voix légèrement inquiète. « Des patrouilleurs nous ont appelées. L'équipe en charge de surveiller la maison n'a pas donné de nouvelles depuis une heure. Ils ont déclaré qu'ils allaient entrer dans la maison parce qu'ils avaient des suspicions. Depuis, aucune autre équipe n'a entendu parler d'eux. Les patrouilleurs qui ont appelé à ton bureau sont en route mais ils doivent d'abord ramener un suspect au poste. On est déjà en chemin pour Burnaby, je te donne des nouvelles quand on aura dégagé le périmètre.
-Emma, ne rentre pas dans la maison tant que les patrouilleurs ne sont pas arrivés ! » éructa alors la détective, sans vraiment réfléchir. Toutefois, l'idée qu'elle puisse confronter le tueur en série la terrifiait véritablement. Alors qu'elle allait s'engager dans le drive-in d'un restaurant, elle s'était arrêtée instantanément. Derrière sa berline, un autre véhicule avait interrompu sa course, avec un chauffeur particulièrement agacé.
« Écoute, il y a peut-être une chance qu'on sauve Stevenson ou les patrouilleurs, » répliqua la profiler, sûre d'elle. « Si t'es au centre-ville, vous ne serez pas là avant une bonne demi-heure. Hors de question qu'on les condamne ainsi.
-Emma, je t'interdis de rentrer dans cette maison, » pesta alors la portoricaine, essayant de ne pas céder à son angoisse. « Si tu fais ça je…
-On se retrouve là-bas, » la coupa la criminologue avant de raccrocher. Furieuse, Regina abattit son poing sur le volant de sa voiture. Elle expira alors longuement, comme pour tenter de garder son calme. À sa droite, Kelly préféra rester silencieuse pour ne pas envenimer encore plus la situation. Néanmoins, elles étaient dorénavant coincées dans l'allée d'un drive-in. La portoricaine alluma alors ses gyrophares afin d'alerter les autres conducteurs. Quelques secondes plus tard, la voiture derrière elle recula afin de la laisser passer. Au moins, Regina pourrait rouler à vive allure, sans réellement se soucier des excès de vitesse qu'elle ferait...
19h26
Lorsque Mary-Margaret éteignit le moteur de sa petite voiture, elle prit une grande inspiration. À sa droite, Emma lui adressa un regard qu'elle voulut rassurant.
« Il va falloir qu'on se serre les coudes, ok ? » dit-elle, comme pour se convaincre elle-même. Évidemment, la brunette acquiesça sans grande conviction. Elles sortirent du véhicule, qui était stationné juste derrière la voiture de patrouille. Les agents qui étaient censés surveiller Stevenson n'étaient effectivement pas là. La profiler remarqua d'ailleurs qu'ils avaient laissé leur écran allumé, comme s'ils comptaient retourner rapidement dans leur auto. Malheureusement, le destin n'avait apparemment pas joué en leur faveur. La criminologue se dépêcha alors de rejoindre le trottoir opposé, menant à la maison du suspect. Elle gravit les marches de pierre qui menaient au perron, l'agent-enquêtrice sur ses talons. Dans son poing droit, la blonde tenait l'arme qu'elle n'utilisait jamais. Le CSIS l'obligeait à porter un revolver, mais elle n'en faisait que rarement usage. De manière générale, elle préférait essayer de régler les affaires autrement. Toutefois, la jeune femme avait également mis des gants en plastique, consciente qu'elle assisterait sûrement à une scène de crime plus qu'à une véritable confrontation. Tandis qu'elle allait tourner la poignée de la porte pour entrer, elle jeta un dernier regard à l'apprentie de Regina.
« J'espère que t'as l'estomac bien accroché parce que ça risque d'être assez particulier.
-Je… On va dire que j'ai signé pour ça, » la rassura Mary-Margaret, pourtant peu convaincue.
Les deux femmes entrèrent alors dans la maison de Stevenson à pas feutrés. Elles échangèrent un regard entendu, tandis qu'elles se séparèrent pour s'assurer qu'il n'y avait personne. Dès les premiers pas, Emma sentit pourtant une vive odeur désobligeante. Elle n'en fit pas cas, alors qu'elle bifurquait dans une petite pièce sur sa gauche. Il s'agissait d'un bureau, faisant également office de dressing. Elle informa évidemment sa collègue d'un « Clear », avant de continuer son chemin. De son côté, la brunette continuait en direction du salon. Quand elle arriva dans la plus grande pièce de la maison, elle dut toutefois retenir un haut le coeur. Songeant qu'elle s'attarderait sur la situation plus tard, elle répéta évidemment le message que la profiler venait de lui dire. Heureusement, la demeure de l'Homme n'était pas particulièrement grande. Elles purent ainsi vérifier les différentes pièces en quelques minutes. Néanmoins, la blonde poussa un long soupir quand elle arriva à l'étage. Elle invita la jeune femme à la rejoindre, tandis qu'elle rangeait son arme dans son colt. Elle savait pertinemment que le tueur n'était pas resté sur place. Mais elle n'aurait certainement pas songé à un tel spectacle.
Le corps Stevenson était désormais accroché sur l'un des murs de ce qui semblait être sa chambre à coucher. Ses mains avaient été clouées au mur, comme pour le crucifier. Mais son corps pendait dans le vide, ses pieds reposant sur des draps ensanglantés. Sans grande surprise, son corps avait été violemment mutilé. Le meurtrier avait d'ailleurs soigneusement ouvert son abdomen et retiré quelques organes pour les disposer sur la literie. Son visage, livide, était désormais dénué de toute expression. Au-dessus du lit, l'inscription LITE KEHLR avait été reproduite avec du sang. Suivant le protocole, Emma s'approcha du cadavre pour tâter son pouls. Tandis que Mary-Margaret réprimait un haut le coeur, la profiler se surprit à sentir une peau particulièrement flexible sous son épiderme. Si elle n'avait pas eu ses gants, elle aurait même pu sentir une légère chaleur dans le corps de l'Homme. Il avait donc été tué dans la dernière demi-heure, voire quelques minutes avant leur arrivée. Réalisant ce que cela signifiait, la criminologue reprit le chemin inverse vers le salon du suspect. Elle ordonna également à l'agent-enquêtrice d'appeler les patrouilleurs pour leur dire de fouiller le périmètre. Le Lightning Killer était peut-être doué, mais certainement pas surhumain. S'il venait de tuer Stevenson et les policiers, cela signifiait qu'il était encore dans le quartier.
De ce fait, Emma se précipita également dans le salon du suspect. Au milieu de la pièce, les corps des deux patrouilleurs étaient simplement disposés sur le sol. La profiler put déterminer qu'ils avaient chacun reçu au moins huit coups de couteaux dans la nuque. La position des cadavres laissait d'ailleurs deviner qu'ils avaient été attaqués par derrière. En entrant dans la demeure, le meurtrier les avait certainement pris par surprise. La violence de ses coups les avaient alors empêché de réagir ou de pouvoir se défendre. Une fois la carotide sectionnée, l'être humain n'était effectivement qu'à quelques minutes de son dernier souffle. Néanmoins, ce n'est pas l'assassinat des agents qui bouleversa la jeune femme. Elle se précipita vers la cuisine, dont une porte donnait sur l'extérieur. Au-dessus, trônait un petit boitier électronique d'une marque populaire. La profiler devina d'ailleurs qu'il s'agissait d'un système de maison entièrement connecté, dont les différents mécanismes devaient être contrôlés par le smartphone de Stevenson. Pourtant, aucune trace d'effraction n'était visible sur la porte extérieure. Cela signifiait que le tueur avait réussi à désactiver ce processus depuis l'extérieur. Il avait ainsi pu entrer dans la maison sans que sa victime ne s'en aperçoive. Il l'avait certainement blessée, attachée à son mur et mutilée. Lorsque les policiers étaient rentrés, moins d'une demi-heure plus tard, le Lightning Killer avait assassiné les deux agents avant de retourner achever l'homme.
Enfin, un dernier détail attira l'attention de la criminologue. Stevenson possédait effectivement un bloc de couteaux de cuisine, dont l'un d'entre eux avait été retiré puis déposé dans l'évier. D'après les légères tâches sur son manche, Emma comprit qu'il s'agissait de l'arme du crime. Mais le tueur était loin d'être un opportuniste. De plus, il était particulièrement méthodique et organisé. Il n'y avait donc aucune chance pour qu'il ait commis de tels crimes sans savoir, d'avance, comment il allait procéder. Encore une fois, cela rajoutait une interrogation sur son profil. Soit le meurtrier avait déjà été chez Stevenson, soit il l'avait observé depuis la veille. Si la seconde option était véridique, cela signifiait qu'il avait certainement été aperçu par les policiers. Aussi, il devait être suffisamment banal pour ne pas éveiller de suspicions de leur part. La thèse d'un postier ou d'un vendeur de porte à porte restait fiable, bien que les agents auraient sûrement vérifié son identité. Une fois de plus, il semblait que le Lightning Killer avait trois coups d'avance sur la profiler. Quelque peu assommée par ces nouvelles, Emma se dirigea justement vers la sortie de la maison. Toujours au téléphone avec les patrouilleurs, Mary-Margaret leur donnait les informations que la criminologue lui avait indiquée. Néanmoins, elle la suivit jusqu'à l'extérieur, peu encline à rester dans un environnement si lugubre.
Lorsque la profiler passa la porte de la maison de Stevenson, elle ne fut pas surprise de croiser la route de deux patrouilleurs, venus les rejoindre. Elle leur adressa un regard désolé en leur conseillant de ne pas entrer s'ils avaient l'estomac fragile. Pourtant, la jeune femme brune pénétra dans la demeure, son coéquipier sur les talons. Quelques secondes plus tard, Emma vit la berline de Regina se stationner juste devant la maison. La portoricaine sortit évidemment de son véhicule en toute hâte, apparemment folle de rage. Elle rejoint la criminologue en quelques pas, son regard la fusillant. De son côté, Kelly referma la porte de la voiture derrière elle d'un air nonchalant.
« Bon sang, c'est quoi que tu ne comprends pas quand je te parle ?! » éructa Regina d'une voix sifflante.
Face à elle, Emma était également furieuse. Elle savait qu'un funeste destin attendait Stevenson depuis qu'elles l'avaient relâché. Elle avait aussi conscience que son meurtre ouvrait de nombreuses pistes sur le tueur. Mais pour rien au monde elle ne souhaitait qu'une personne, aussi peu fréquentable soit-elle, finisse ainsi.
« T'as eu ce que tu voulais au moins ?! » répondit-elle, sarcastique. « Stevenson est mort. Le meurtrier l'a littéralement crucifié sur son mur.
-Tu sais très bien que je ne souhaite pas ce genre de choses, Emma, » répliqua la brunette, essayant de contenir sa colère. « Mais il était condamné dès l'instant où on l'a arrêté.
-J'espère que c'est le genre de choses qui t'aident à mieux dormir le soir, quand un innocent se fait dépecer par une personne carrément dérangée. »
Sans grande surprise, le regard de la détective changea. Auparavant sombre, il prit une teinte bien plus mélancolique. Le terme qu'avait employé la profiler laissait effectivement deviner qu'elle était troublée par ce qu'elle venait de voir.
« Et c'est quoi ton problème au fait ?! » contra Regina. « Je t'ai dit de ne pas entrer dans cette maison, putain. T'aurais fait quoi si le tueur avait été encore présent ?!
-Il n'aurait certainement pas pris ce genre de risques.
-Ah oui ? » lâcha la brunette, ironique. « Parce que tu préfères jouer ainsi ta vie sur une simple statistique ?!
-S'il y avait une chance pour que je sauve Stevenson, je préférais la saisir, » corrigea la criminologue. Derrière elle, Mary-Margaret tentait de se faire le plus discrète possible. Elle choisit justement de s'éloigner un peu de leur conversation pour contacter Ingrid afin de la prévenir.
« Tu sais que ça ne marchera pas de cette manière, » admit enfin Regina, le coeur lourd. « Tu sais très bien que c'est à cause de ça…
-Et tu sais aussi que tu ne me feras pas changer d'avis avec des arguments à la con, » protesta la blonde. « Peu importe ce que tu dis, je ferais toujours ce que je peux pour éviter que des innocents se fasse tuer. Quitte à prendre des risques que tu juges inutiles. D'ailleurs, regardons qui parle un peu.
-Ça n'a rien à voir, Emma, » siffla la détective, après un léger mouvement de recul. « Ça n'a absolument rien à voir. »
Haussant les épaules, la profiler la dépassa, comme pour rejoindre la voiture de Mary-Margaret. Évidemment, la portoricaine fit volte face pour la suivre, toujours folle de rage.
« C'est ça ta défense ?! » poursuivit-elle. « Me dire que tu es comme ça et que tu ne changeras pas ?! C'est ça ta seule défense quand je te dis que ça ne pourra pas fonctionner si tu continues à…
-Je croyais qu'on devait arrêter d'aborder ce sujet en pleine enquête, » la coupa la blonde, sarcastique. « Maintenant si tu veux continuer à argumenter, tu peux le faire toute seule. Je vais me rendre chez Harry Benfield pour avoir plus d'informations sur leur putain de groupe Facebook.
-L'Emma que je connais ne se défilerait pas devant une telle discussion, » lança Regina, souhaitant régler une fois pour toute leur querelle.
« L'Emma que tu connais a un meurtrier à arrêter, » rétorqua la criminologue. « J'en ai marre qu'il continue à se foutre de nous sans vergogne. »
Comme de fait, elle rejoint Mary-Margaret pour lui expliquer qu'elles devaient se rendre chez Harry Benfield. L'agent-enquêtrice lança évidemment un regard interrogateur à sa supérieure avant de la suivre. Résignée, la portoricaine acquiesça, convaincue que la profiler insisterait quoi qu'elle fasse. Lorsque la petite voiture de la brunette quitta la rue, Regina soupira d'un air agacé. Il était clair qu'elles avaient une enquête à mener, mais elle désirait plus que tout régler les différends qu'elle avait avec la blonde...
