Chapitre 16 : Râ, le dragon des dieux:
« Yûki ? Tu es déjà rentrée ? Demande ma mère alors qu'elle est au téléphone. Tout s'est bien passé avec la sœur de ton ami ?
- Oui.
- Peut-être as-tu faim ?
- Non.
- Ou soif ?
- Non plus.
- Quelque-chose ne va pas ?
- Non, tout va très bien ! » Dis-je, en claquant violement la porte de ma chambre.
Il est hors de question que je raconte tout à ma mère, elle ne me croirait pas. Je lui ai bien raconté pour Anzu, mais je ne vais pas lui dire que le cadeau que mon père m'a ramené d'Egypte il y a longtemps a des pouvoirs magiques. Je serais vite prise pour une folle.
J'ai toujours cette impression d'avoir été trahie. Je me suis méfiée de Marik dés le début, mais je ne m'attendais pas à une chose pareille. Je lui ai accordé une part de ma confiance, mais il l'a brisée en manquant tuer ma meilleure amie.
Il le regrettera, je jure de lui faire payer son acte.
Surtout avec ceci. Je sors de ma poche la carte que j'ai volé.
« Le Dragon Ailé de Râ » c'est bien de cette carte dont il parlait. Elle semble avoir de l'importance à ses yeux et l'a qualifié de « Dieu Egyptien ». Il ne sait pas que c'est moi qui lui aie volé… Haha ! Je vais m'en servir contre lui, et je vais bien rire !
Je range précieusement la carte dans mon carnet où j'écris mes rêves sur l'Egypte Antique.
Ma mère toque à ma porte et entre dans ma chambre.
« Yûki, devine quoi ! Le nom de famille de Bakura c'est bien Ryô, non ? Demande-t-elle, en parlant vite.
- Heu, oui pourquoi ?
- Sais-tu que son père est archéologue ?
- Ca oui ! Répondis-je, me rappelant du moulin à parole.
- Ton père l'a rencontré il y a quelques semaines ! Ils ont travaillé sur le même projet au musée, de plus, son père en est le propriétaire. Enfin bref, aujourd'hui ils en ont profité pour faire un peu plus connaissance, et ils ont eu la surprise d'apprendre que vous vous connaissez déjà !
- Vraiment !? Répondis-je, m'efforçant d'être enthousiaste.
- Oui ! Il paraît que c'est un homme très gentil et cultivé. J'ai été peinée d'apprendre la disparition de son épouse et de sa fille… Ils sont toujours seuls pour les fêtes de fin d'année, alors ton père les a invités. Monsieur Ryô a d'abord refusé, mais ton père a tellement insisté… Et puis il aurait pu m'en parler, j'aurais bien aimé donner mon avis ! Enfin… Tu as intérêt à ranger ta chambre, je crois que ton père a eu la bêtise d'inviter Bakura à dormir…
- Non ! C'est vrai ?
- Oui… Ah, le téléphone sonne… » Dit-elle en se précipitant dans la salle à manger.
Woaw… Je n'aurais jamais imaginé une chose pareille ! Bakura va dormir chez moi ! C'est assez gênant, mais, j'ai hâte de voir sa tête lorsqu'il l'apprendra.
Le lendemain, j'ai la surprise de voir qu'Anzu est déjà de retour au lycée. Elle est arrivée en début d'après-midi. La plupart des élèves, même ceux qui ne la connaissent pas, se sont jetés sur elle pour savoir ce qui lui est arrivé. Elle essaie de paraître polie, mais je me doute que cela l'agace. Anzu me regarde dés que possible et m'adresse une grimace.
Enfin seule, elle vient me rejoindre sur un banc de la cour.
« Ca me fait plaisir de te revoir en forme, Anzu.
- Et moi donc !
- Comment se fait-il que tu sois déjà sortie ?
- J'en avais assez des infirmières. Et puis, je me sentais mieux alors j'ai un peu joué la comédie. » Fit-elle avec un clin d'œil, ce qui me fait sourire.
Elle sort deux journaux de son sac à dos et me dis :
« Bakura m'a donné ceci et m'a tout raconté… J'ignorais que vous aviez pris autant de risques pour moi, je suis très émue, et cela me touche beaucoup. Merci du fond du cœur ! Je suis déçue par le comportement d'Alicia, mais que peut-on y faire ? C'est une peste et elle le restera.
- Malheureusement oui. »
Elle sourit et me passe le deuxième journal, beaucoup plus petit cette-fois.
« Lis. »
« Je m'excuse pour l'article que j'ai publié sur Yûki Sakura et Bakura Ryô. Je reconnais mes tords et insiste sur le fait que cette photo est un montage que j'ai moi-même crée. Je vous demande alors de ne pas croire ces ragots, et je vous demande également de ne plus m'ennuyer avec ça ! »
Nous rions aux éclats après avoir lu ensemble cet article.
« Déjà on ne dit pas « je m'excuse ». Dis-je. On ne s'excuse pas soi-même ! Et ça se dit en littéraire, ahlàlà.
- Oh tu sais, je fais souvent cette erreur. Mais dis-moi, quel type de torture avez-vous utilisé avec Bakura pour que la « Princesse Alicia » daigne écrire un article d'excuses ?
- Et bien… Nous avons insisté… » Dis-je simplement pour ne pas dire toute la vérité.
Nous restons silencieuses un instant, puis la jeune fille demande :
« Mais au fait ! Marik est retourné en Egypte ? Je ne l'ai pas vu.
- Ah ? Peut-être est-il malade… »
Je ne lui dirai pas que c'est à cause de lui qu'elle s'est retrouvée à l'hôpital. Seul Yami-Bakura et moi connaissons la vérité, et c'est peut-être bien mieux ainsi.
Nous retournons alors en cours. Pendant le cours d'Anglais, tout est permis, alors j'en profite pour écrire un petit mot à Bakura : « Tu sais que pour le Nouvel An tu viens chez moi ? » Il fait un petit sourire et répond. « Je l'ai su dés que je suis rentré. Mais arrête, on va se faire disputer… »
Je lui tire la langue après sa réponse. Il allait répliquer, mais quelqu'un l'en empêche.
« Monsieur Jôno-Uchi ! » Hurle le professeur à pleins poumons avant d'avoir une crise de toux.
«Ouais ? Répond l'intéressé.
- Puis-je savoir ce que vous faîtes ? Demande le professeur en reposant ses lunettes sur son nez.
- Bah je révise le contrôle de sport m'sieur.
- Vous vous moquez de moi ?!
- Mais c'est important le sport ! »
Le professeur nous tourne le dos. Il perd patience, il va exploser, je le sens.
« Je ne suis pas professeur de sport, mais j'ai le moyen de vous forcer à faire des pompes là, maintenant, tout de suite ! » Hurle le pauvre homme en se retournant sur nous.
« Monsieur, puis-je me poser sur son dos ? Demande Kaiba.
- Avec plaisir, nous ne l'entendrons plus ! »
Le brun se lève et se dirige vers la table de son souffre-douleur favori.
« Heu, c'est pas sérieux là ? Demande le blond, perturbé.
- Pff, tu n'avais qu'à bien te comporter. Comme le gentil toutou que tu es. » Lui répond sournoisement Kaiba. Le blond est obligé d'obéir, à contrecœur. Beaucoup d'élèves se dévisagent, ne comprenant pas pourquoi le professeur a accepté la proposition de Kaiba. Enfin, Jôno-Uchi l'a poussé à bout…
Le blond est contraint de faire l'exercice une vingtaine de minutes. Certains rient, mais notre groupe, pas du tout. Bakura soupire d'indignation, mais qu'y pouvons-nous ?
« 47, 48, 49…
- Mais compte dans ta tête, Jôno-Uchi ! » Fait remarquer une élève.
Après les cours, je me décide à acheter un cadeau pour Bakura que je lui offrirai le soir du Nouvel An. Je me promène dans la ville jusqu'à ce que je trouve un magasin qui ne vend que des produits Européens. Je pense que ça vaut le coup. J'entre dans le magasin et regarde les différentes étagères. Je tombe par hasard sur une collection de bateaux décoratifs. J'ai tout de suite le coup de foudre pour un bateau sinistre aux voiles noires et déchirées. Juste à côté, il y a un beau voilier rouge et marron. Celui-ci plaira à Bakura, alors que le premier est plutôt destiné à Yami-Bakura, lequel prendre… ? Je me décide alors de prendre le rouge pour Bakura, je trouverai bien autre chose pour son double, même si je ne vois pas pourquoi je devrais lui offrir quelque-chose.
En sortant du magasin, j'aperçois Marik. Il discute avec un homme assez grand qui a la peau aussi mâte que lui. Ses yeux sont verts et il porte les mêmes traces noires que Marik sous les yeux. Il a le crâne rasé, hormis une longue queue de cheval noire qui tombe dans son dos. Il me rappel des dessins que j'ai vu des anciens prêtres égyptiens le même style de coiffure. Je m'approche discrètement et constate avec surprise que la partie gauche de son visage est entièrement tatouée de hiéroglyphes. Je me demande à quoi ils se réfèrent.
« Marik ? Les interrompis-je. Tu n'es pas venu en cours aujourd'hui. Tout va bien ?
- Ne fais pas l'innocente ! Se fâche-t-il. Maintenant que tu connais mes plans contre le Pharaon, pourquoi devrais-je te faire confiance ?
- Calme-toi, je ne lu ai rien dit. Tu sembles tourmenté…
- Mais tu le fais exprès ?! Tu sais qu'hier quelqu'un a eu le culot de me dérober une carte rare. Curieusement, les Ghouls m'ont dit avoir vu une fille te ressemblant et portant les mêmes vêtements que toi. » M'accuse t-il.
Je rêve, ils ont eu le temps de me détailler ces gorilles ?!
« J'étais avec Honda et Otogi, je peux te montrer mes billets de train si cela te rassure. » Dis-je, en les sortants d'une poche de mon sac. « Je ne pouvais pas être à votre cachette, je ne sais même pas où elle se trouve.
- Je vois… Dit-il, douteux.
- Maître Marik, voulez-vous que je m'occupe d'elle ? Demande l'autre homme avec une voix enrouée.
- Non Rishido, ça ira. Dit Marik, sûr de lui.
- Comment est ta carte ? Si je vois quelqu'un avec…
- Et pourquoi m'aiderais-tu ? Me coupe t-il.
- Et bien parce que… Je suis contre le vol ! »
Dit la fille qui a volé la carte… ! J'espère qu'il ne voit pas à quel point je rougis de honte. Je suis devenue voleuse et menteuse… Je ne remercie pas Yami-Bakura…
Marik explose de rire :
« Tu vis encore dans le pays des Bisounours toi ! Enfin, pourquoi pas… Ma carte se nomme « Dragon Ailé du Dieu Soleil Râ ». Il s'agit d'un majestueux dragon doré à la puissance infinie. J'espère que la personne qui me l'a volé n'aura pas l'idiotie de s'en servir… Enfin, si tu sais quelque-chose tu as plutôt intérêt à me le dire. Je pourrais devenir extrêmement ignoble.
- Oui, j'avais compris. »
Je prends finalement congé de lui.
J'ai le sentiment d'avoir coincé le serpent qu'il est. Je vais l'éloigner le plus possible de la véritable personne qui a volé sa carte moi-même. Et pourquoi ne pas lui faire croire que je suis son alliée ? Cela risque de ne pas tenir la route, mais au moins, je saurais ce qu'il manigance. Le problème reste Yami-Bakura qui n'y croira pas une seule seconde… Quant à Yami, je ne lui en parlerai pas tout de suite. J'apprécie quand même Marik, je suis sûre qu'il n'est pas le démon qu'il prétend, contrairement à Yami-Bakura.
Une fois chez moi, je me couche rapidement et finis par trouver le sommeil, à force de m'imaginer différents scénarios. Je me trouve projetée dans l'Egypte Antique. Cela faisait un moment que je n'en avais pas rêvé. Je me retrouve devant un grand temple doré. Devant moi, la jeune fille dont je rêve à chaque fois est à genoux devant le temple. Elle joint ses mains vers le ciel, en guise de prière. Elle brise le silence d'une voix grave :
« Divine créature céleste, écoute mon appel funeste. Laisse briller ta beauté de tout son éclat et aide moi à vaincre dans ce combat. Eblouis les déserts de ta lumière astrale et porte à mon ennemi le coup fatal. Brise ta sphère et déclenche ton immense pouvoir. Sur la Terre raisonnera notre cri de victoire. Gagner le Jeu des Ombres est ta mission, c'est pourquoi j'invoque ton glorieux nom : Le Dragon Ailé du Dieu Soleil Râ ! »
Au fur et à mesure de l'incantation, une puissante lumière jaillit hors du temple, jusqu'à ce qu'elle le détruise pour faire apparaître une magnifique créature. Un dragon doré. La jeune fille portait une robe de lin blanc, jusqu'aux pieds. Elle avait un collier d'améthystes à six rangées et une longue cape violette. A l'aide de ses pieds nus, elle monte sur le dos de la bête mythique jusqu'à ce que ses vêtements deviennent couleur or. En f ait, on dirait qu'elle fusionne avec la créature.
Le Dragon se retourne sur moi. J'ignorais qu'il pouvait me voir, et encore moins me parler !
« Je suis l'une des trois plus puissantes créatures du Jeu des Ombres. Le Dragon Ailé du Dieu Soleil Râ. Les Pharaons nous appellent « Dieux Egyptiens ». Lorsque tu me joueras, un texte va apparaître sur ta carte. Un texte que seuls les élus peuvent lire. Ce texte en hiéroglyphes est celui que tu viens d'entendre, alors note le précieusement. A cause de ma puissance, une fois invoqué je suis contraint d'apparaître sous la forme d'une sphère lumineuse dont l'attaque et la défense atteignent zéro, par sécurité. Tu devras lire l'incantation en ancien égyptien pour me réveiller et me contrôler. Aucune carte piège ou de magie ne peut m'atteindre. Je suis invincible, je suis… Un Dieu ! »
Le Dieu crache une énorme boule de lumière qui me brûle aussitôt tout le corps. Je me réveille en sursaut. Tant que je me souviens de la prière, je m'empresse d'aller la noter. Je commence à comprendre qu'il ne faut pas que cette carte tombe entre de mauvaises mains.
Ca alors ! Après avoir côtoyé Anubis, je me retrouve en possession d'un Dieu appartenant à Râ qui est lui-même un Dieu ! Si ça continue, je vais devenir amie avec Isis et Osiris… Pourquoi pas Seth aussi. Me dis-je, en plaisantant.
Je pars pour le lycée quelques heures après, accompagnée de Bakura. Je meurs d'envie de lui parler de mon cadeau pour les fêtes, mais cela serait idiot. Je préfère garder la surprise jusqu'au bout.
Lorsque nous nous installons en classe pour le cours d'histoire, la directrice, toujours vêtue de son hideux tailleur rose, vient nous faire son discours. Elle nous rappel d'abord les consignes pour la journée des portes ouvertes, et en profite pour disputer la moitié des élèves à propos des taux de retards et d'absentéismes qui deviennent effrayants. C'est à ce moment là que nous entendons toquer à la porte.
« Heu…Ahem… Salut. » Toussote Jôno-Uchi en entrant dans la salle. Il est suivi par Honda qui tente de se cacher derrière son dos.
L'arrivée des deux retardataires au meilleur moment provoque une crise de fou-rire générale.
« Je rêve… Marmonne Anzu.
- J'ai mal au ventre ! M'écriais-je, à force de rire.
- Silence ! Hurle la directrice. Quant je parle de ponctualité, évidemment ne prenez pas ces deux pitres pour exemple ! Bonne journée ! » Conclut-elle, claquant la porte derrière elle.
Sa dernière réplique a jeté un froid !
Pendant le cours, le professeur nous parle d'agriculture.
« Qui peut me rappeler d'où viennent les pommes de terre ? Demande t-il.
- Bah, de la terre. Intervient Jôno-Uchi, sûr de lui.
- C'est toi la patate ! » S'esclaffa une élève au fond de la classe.
Cela provoque une nouvelle crise de fou-rire, si bien que le professeur met sa tête entre ses mains, se demandant pourquoi il enseigne dans une classe d'attardés.
« Jô', le prof' voulait savoir de quel pays elles venaient… Fit remarquer Honda.
- Ha, bah fallait préciser aussi ! Se défend-il.
- Cela nous semblait logique… » Marmonne Anzu.
Le reste de la matinée se passa calmement, jusqu'à l'heure du déjeuner.
« Je hais les haricots-vert… Me plaignis-je, en repoussant mon assiette.
- Tu as tord, c'est très bon pour la santé. M'assura Bakura.
- Oui, non mais pas ceux de la cantine !
- Yûki a raison. Dit Otogi qui s'est incrusté au milieu du repas. Ils ont le goût de mon jardin.
- Parce que tu l'a déjà goûté ton jardin ?! » Manquais-je m'étouffer.
Les joues du garçon aux cheveux noirs commencent à virer au rouge.
« Rah, on va me prendre pour Jôno-Uchi maintenant !
- Hé ! Protesta l'intéressé. Tiens d'ailleurs Yûki, j'ai un service à te demander.
- Non, je ne ferais pas ton devoir d'Anglais à ta place.
- Pour une fois qu'il ne s'agit pas de cela ! En fait… J'aimerais qu'après les cours tu passes l'après-midi avec ma sœur si cela ne te dérange pas. Je crois qu'elle t'apprécie. En plus, elle a toujours peur de retirer son bandeau. Je ne sais plus quoi faire…
- Pourquoi ne veut-elle pas le retirer ? Demande Anzu.
- Je ne sais pas… Je crois qu'elle a peur que son opération soit un échec.
- D'accord, je passerai l'après-midi avec elle. » Dis-je. Cela ne me dérange pas.
L'après-midi passa rapidement puisque nous avons que très peu de cours. Lorsque je sors de l'établissement, la petite sœur de Jôno-Uchi vient d'être déposée par son père. Je la salue et lui propose de faire un tour en ville.
Je lui raconte les dernières pitreries de son frère, tout en la guidant pour marcher. La jeune fille explose de rire.
« Mon frère a toujours été comme ça. Petit, il était ingérable !
- Tu m'étonnes ! Oh…attends ! » Dis-je, me précipitant devant un magasin de cartes de Duel.
En vitrine, une carte a attiré mon attention. Elle se nomme « Diabound » et possède six étoiles. C'est un Monstre de type Ténèbres avec une attaque à 2000 points et une défense à 1500. Sa forme est très spéciale. Une créature hybride dont le haut du corps fait penser à celui d'un homme, et dont les jambes sont une queue de serpent se terminant par la tête, gueule ouverte, de l'animal. Il possède également de grandes ailes dans le dos et de plus petites sur les hanches. Le corps de la créature est gris.
« Que se passe t-il… ? Demande Shizuka qui ne peut voir ce que j'admire.
- Oh, je viens juste de repérer une carte de Duel.
- Alors toi aussi tu joues ?
- Oui, mais je compte offrir celle-ci à quelqu'un. Elle n'est pas donnée, mais elle vaut le coup. »
J'entre dans le magasin pour l'acheter. Heureusement que je ne dépense jamais mon argent, sinon, je serais ruinée. Je sais à qui l'offrir à Yami-Bakura. Je ne devrais peut-être pas, mais je sens que cette carte lui est destinée. Et puis, c'est le type de carte qui ira parfaitement avec son jeu occulte.
Je ressors du magasin, le sourire aux lèvres, suivie de Shizuka.
Sans faire attention, je percute quelqu'un.
« Excusez-moi… Bakura ?! Fis-je.
- Oh, Yûki ! Rougis le garçon qui est tombé au sol.
- Désolée ! Dis-je, en le relevant.
-Non, non, ça va. Tiens, cela faisait longtemps, Shizuka ! »
La jeune fille salue l'albinos et propose qu'il vienne avec nous. Nous nous installons sur un banc dans un parc, pour dévorer des crêpes.
« Au fait, tu ne sais pas ce que Jôno-Uchi a répondu au professeur de philosophie lorsqu'il lui a parlé de son retard du matin ? Dit Bakura. Il lui a textuellement dit : « Au fond, c'est quoi le retard ? »»
Il nous a fallut quelques secondes à Shizuka et à moi avant d'éclater de rire.
« Je reconnais bien mon frère ! » Dit la jeune fille. « Au fait, Yûki, Bakura et toi sortez ensemble ?
- Q-Quoi ?! Fis-je, aussitôt.
- Je ne sais pas… J'ai cette impression. »
Je dévisage Bakura qui regarde ses chaussures, trop gêné pour dire quoi que se soit.
« Disons que… C'est ce que mon frère m'a dit…
- Ton frère dit n'importe quoi.
- Mais il est très honnête ! »
Je ne réponds rien. La jeune fille tourne son visage de l'autre côté. C'est vrai qu'elle n'a que quatorze ans, mais quand même, il exagère.
Après quelques heures passées avec Shizuka, nous rentrons tous chez nous.
Sur le chemin, je discute avec Bakura sur la soirée du Nouvel An.
« J'espère que tu as un matelas chez toi. Dit-il.
- Oui, je n'allais pas te faire dormir au sol.
- Ou dans ton lit. Fit-il, sur un ton plus sombre.
- Je n'ai même pas besoin de te regarder pour savoir que c'est toi, Yami-Bakura. »
Le garçon se met à rire. Je m'arrête et le fusille du regard.
« Tente quoi que ce soit et je te jette par la fenêtre. C'est dans mon jardin que tu passeras ta nuit.
- Oh, j'ai peur ! Fit-il, ironique. Comparons nos forces et je pense que c'est plutôt toi qui passeras par la fenêtre.
- Tu es fatiguant.
- La ferme. »
Si je n'ai même pas le droit de me défendre un peu…
« Bon. Fis-je, une fois devant chez moi. Je te laisses-là.
- Déjà ? Nous nous amusions si bien pourtant.
- Arrêtes avec ton ironie. Moi au moins, je vais encore rêver du Roi des Voleurs, qui a beaucoup plus de classe que toi ! Ajoutais-je, en rentrant chez moi.
- Quoi ?! Eh, attends… ! »
Trop tard, j'ai refermé la porte derrière moi. Je ne compte pas lui décrire les rêves que je fais avec son… Homologue égyptien. Avant, je pensais que c'était à cause de lui que je faisais ces rêves, mais il semble tout aussi surpris que moi.
Le lendemain Anzu est assise sur un banc de la cour et feuillette un magasine de danse au soleil. Je décide de me poser à côté d'elle, et de lui parler :
« En fait, lorsque je suis revenue en train avec Shizuka, j'ai repéré ceux qui t'on agressé.
- Les Ghouls ? Demande-t-elle.
- Oui. Je les aie suivi jusqu'à leur repère au port. Je suis rentrée dans un immense bateau sans me faire prendre et j'ai volé une carte très intéressante.
- Je croyais que tu étais contre le vol ? » Demande-t-elle, en me faisant un clin d'œil.
Je sors la carte du Dragon de Râ et lui montre.
« Je n'ai malheureusement pas pu retrouver la tienne, mais celle-ci semble très rare, la veux-tu ?
- Non merci ! Fit-elle aussitôt. Je n'ai pas très envie d'avoir d'autres problèmes… Et puis, tu es plus une Duelliste que moi.
- Merci. Ah, aussi ! Je sais qui est à la tête de ces imbéciles.
- Vraiment ?! S'étonne-t-elle.
- Oui, et… Je ne peux pas te dire qui c'est.
- Pourquoi ?
- Parce que… Lorsque je l'ai démasqué, je lui ai promis de ne rien dire, car c'est… Un ami.
- C'est Yami-Bakura. N'est-ce pas ? Demande-t-elle, faisant une mine boudeuse.
- Pas… Pas du tout ! C'est quelqu'un d'autre. Quelqu'un que j'aimerais ramener dans le droit chemin. Il… Il déteste le Pharaon.
- Comment ?! Mais…
- Je ne peux vraiment pas te dire qui c'est.
- Si c'est un ami… Fit-elle, l'air songeuse.
- C'est pourquoi… J'aimerais faire semblant de vous trahir et d'être de son côté. Ainsi, je pourrais savoir pourquoi il hait autant Yami. Je suis sûre qu'il se trompe. J'aimerai… Je veux juste aider mon ami.
- Je vois. Dit-elle, toujours songeuse
- N'y voyez pas une trahison, au contraire, c'est pour le tromper lui que je fais cela. Pourras-tu en parler aux autres ?
- Je comprends que tu veuilles aider cet ami. Oui, je t'aiderai. N'hésite pas si tu as besoin de quoi que se soit. » Sourit-elle.
Je la remercie et nous nous dirigeons vers la salle de classe.
En fin d'après-midi, je me promène dans la ville, espérant trouver Marik. Je l'ai cherché pendant presque trois heures, mais rien. Alors que je m'apprêtais à rentrer chez moi, je le reconnais au loin, de dos. Son style vestimentaire, sa peau mâte et sa chevelure sont parfaitement reconnaissables.
« Hé ! Il faut venir en cours ! Le disputais-je en lui frappant doucement l'épaule.
- Toi… Fit-il, comme s'il allait me tuer.
- Les professeurs s'inquiètent.
- Et alors ? Je me fiche bien d'eux.
- Ecoute… J'ai longtemps réfléchi, et j'aimerais être ton alliée. »
Le garçon me dévisage un moment, interdit. Puis, il explose de rire.
« C'est une blague ? Quels sont donc tes motifs ?
- Tu semble en savoir bien plus sur moi que moi-même, et je veux savoir. Je veux connaître ce lien que j'ai avec cette fille, le Dieu Anubis et l'Egypte Pharaonique !
- Haha. Oui, en effet, j'ai toutes les réponses. Penses-tu vraiment que faire semblant de t'allier à moi fera que je te les livrerais sur un plateau d'argent ?
- J'en ai assez d'être tourmentée avec cela.
- Tu aimes trop ces imbéciles pour les trahir.
- Je suis prête à tout ! » Lui assurais-je.
L'égyptien regarde le sol, hésitant.
« Si je t'ordonne de poignarder l'un de tes amis, le feras-tu ?
- Non. Car je pense qu'il n'existe pas meilleure torture que de faire lentement souffrir sa victime. Jusqu'à ce qu'elle s'achève elle-même. » Dis-je, sur un ton anormalement sombre, suivi d'un petit rire.
Me voilà à parler comme Yami-Bakura ! En plus, s'il me voit avec Marik, il sera jaloux. Et maintenant, je pense comme lui !
Alors que je me bats avec moi-même sur ma ressemblance avec ce Démon, Marik répond :
« Tu n'es pas aussi manipulatrice que moi, mais tu semble bien plus sadique. Amusant. Et bien… Je veux que tu me dises dés demain les cartes que Yami a dans son jeu.
- C'est tout ? Demandais-je, surprise.
- Oui. Et si tu fais sagement ton devoir, je te présenterai à quelqu'un qui t'apprendra à déchiffrer les hiéroglyphes. »
Je souris à cette idée. Marik doit se dire que c'est simple de me manipuler. Sauf que cette fois-ci, c'est tout l'inverse. En fait, nous allons nous manipuler mutuellement.
Le lendemain, je vais voir Yûgi et lui demande si je peux m'entretenir quelques instants avec son double.
« Oui ? Demande Yami.
- En fait… Euh… Anzu t'as parlé pour les Ghouls ?
- Oui. Soupire t-il. Et bien, si c'est un ami précieux, je ne peux rien dire. Mais sois prudente.
- Merci. Je l'ai justement vu hier, et… Je lui ai annoncé ma coopération. Il a du mal à me croire, mais il me demande… Pardon Yami, mais il aimerait connaître l'intégralité de ton jeu.
- Pardon ? Demande t-il, surprit.
- Oui… Je pense que… Il souhaite peut-être t'affronter en Duel et avoir un terrain d'avance sur toi.
- Pourquoi cet homme voudrait-il m'affronter ?
- Car tu es le Maître du jeu. »
Je ne lui dirai pas que Marik veut sa mort. Yami reste silencieux un instant.
« C'est d'accord. De toute façon, ce pauvre type ne sait rien de ma stratégie de jeu. Est-ce vraiment ton ami ? Doute t-il.
- Nous partageons de nombreux points communs et il veut m'aider pour quelque-chose de très important. Je suis sûre qu'il n'est pas méchant.
- Je comprends. Mais n'hésite pas à me prévenir s'il devient dangereux. »
Le garçon me passe ses quarante cartes dont je recopie les titres pendant la pause. Il y a du boulot !
Lorsqu'il vient récupérer son jeu, je dessine son Magicien des Ténèbres.
« Classe ! » S'exclame t-il, en reprenant son jeu.
Je le remercie et ne peux m'empêcher de ressentir de la fierté. Un compliment venant du Pharaon !
C'est donc l'après-midi que je retrouve l'égyptien.
« Qu'a-t-il dit ?
- J'ai fouillé dans son sac lorsqu'il prenait sa douche après le sport.
- Ingénieux. Fit-il, avec un sourire narquois. Tout y est. Haha ! »
Marik se retourne vers le garçon qui l'accompagne. Celui-ci semble avoir vingt-cinq ans et porte des vêtements sombres. Je le reconnais, je l'ai déjà vu. L'homme au tatouage étrange. Des hiéroglyphes sont imprimés sur la partie gauche de son visage. On dirait une prière.
« Je te présente Rishido. Ma mère l'a recueilli, enfant. Rishido, parle-lui de l'Egypte. Moi, je pars affronter le Pharaon en manipulant l'un de mes Ghouls. Il ne saura jamais qui l'affronte.
- Bien, Maître. » Dit Rishido.
Marik chevauche sa moto et s'en va, lançant un rire satanique.
« Suis-moi. » Dit Rishido.
L'égyptien m'emmène dans une bibliothèque. Nous nous installons à une table et le garçon sort une feuille. Avant toute chose, il me demande :
« Pourquoi l'Egypte ?
- Je suis passionnée par ce pays depuis mon enfance. Ma mère est égyptienne, et je fréquente tout de même un ancien Pharaon !
- Que veux-tu savoir ?
- Hmm… Bonne question… J'aimerais surtout connaître… Mon lien avec ce pays. Je fais très souvent des rêves sur l'époque Pharaonique. Soit je suis la vie d'une jeune fille passionnée par le Dieu Anubis et qui aime le Roi des Voleurs. Soit j'incarne cette jeune fille.
- Vraiment ? »
Il ne semble pas vraiment surpris. En tout cas, il paraît très gentil.
« C'est pour savoir cela que tu trahis tes amis ? Se méfie-t-il.
- Pas que. Rishido, parlez-moi de Marik.
- Tu ne sais donc rien de nous. Soupire t-il.
- En effet… Marik n'est pas si méchant qu'il ne veut le montrer, n'est-ce pas ?
- Non, en effet, mon maître a eu une enfance très spéciale. Ceci reste entre-nous. La famille Ishtar, depuis l'Egypte Antique, se doit de conserver la mémoire perdue du Pharaon qui a sauvé l'Humanité. Depuis des millénaires, ils vivent sous terre, sans avoir le droit de connaître le monde extérieur. Pour son dixième anniversaire, Marik fut initié au rituel des Gardiens du Tombeau. Son père lui a tatoué, au couteau, un texte antique dans le dos. Texte qui doit être montré au Pharaon, mais Marik ne le fera pas. Un jour, avec sa sœur, Isis, il a désobéi et est allé à la surface. Nous fûmes punis. Je fus torturé, moi, le domestique. Et Marik… A tué son père.
- Hein ?! M'exclamais-je.
- Je ne peux pas tout te révéler. Mais un homme, celui qui détient la Clé Millénaire, lui a dit que tout ceci était la volonté du Pharaon.
- Je comprends mieux… C'est affreux. Cet homme… Je suis sûre de l'avoir déjà vu…
- Tout ceci reste entre-nous.
- Vous avez ma parole. »
Rishido me dit aussi que le fait d'avoir vécu sous terre fut un traumatisme pour Marik. A tel point qu'il a peur de s'endormir. Tout s'explique. Je veux l'aider.
Pendant plusieurs heures, Rishido me fait tout un cours d'histoire sur l'Egypte et m'initie aux textes antiques.
« Connais-tu ce hiéroglyphe ? Demande t-il, désignant une sauterelle.
- Oui, elle représente l'âme du Pharaon bondissant vers le ciel. Abolissant la distance entre la Terre et le Paradis.
- Exact. Dit-il avec surprise. Et celui-ci ?
- Ce scarabée représente la métamorphose. Et là, le phénix signifie la renaissance et l'hirondelle la résurrection. Belle trinité. Constatais-je.
- Oui. » S'étonne t-il encore.
A force, je me rends compte à quel point j'en sais plus que ce que je croyais. J'arrive presque à lire un texte, ce qui surprend Rishido.
« Ce qui m'étonne. Dit-il. C'est que tu semble beaucoup savoir sur ce qui concerne la royauté, mais aussi sur ce qui était accessible que par les prêtres.
- J'aimerais comprendre mon lien avec le Dieu Anubis.
- Tu sais, durant l'Antiquité, certains Dieux étaient les protecteurs des hommes. La Déesse Isis était celle de Cléopâtre, disait-on. Alors, peut-être Anubis est-il ton Dieu protecteur.
- Mais pourquoi lui ?
- Parce qu'il t'a choisie. »
Cette réponse m'éclaire, l'espace de quelques secondes. Comme-si tout cela était évident.
Les jours passèrent vite jusqu'à Noël. Marik me demandait de plus-en-plus de renseignements sur la stratégie de jeu de Yami. A croire qu'il cherche vraiment à l'affronter. Yami y répond, mais je le sens gêné. En revanche, il est heureux d'en apprendre plus sur les intentions de Marik. Il reste à savoir pourquoi cette haine envers le Pharaon.
Enfin, je me prépare pour le soir de Noël. Bakura et son père ne vont pas tarder. Je décide de mettre ma robe noire en dentelle, que Bakura adore. Lorsqu'ils sonnent, je descends les escaliers avec mes cadeaux pour les poser sous le sapin. Sapin avec des décorations égyptiennes et japonaises.
« Bonsoir ! » Firent-ils en entrant.
Je me précipite dans l'entrée. Ce chic ! Le père de Bakura est en costume, et lui, porte un pantalon et un veston noir, ainsi qu'une chemise blanche. Nous nous saluons et laissons nos parents discuter, jusqu'à ce que…
« Wouaf !
- Bakura ? Ton ventre fait de drôles de bruits.
- Ah, heu, oui… » Fit-il, gêné.
Je me retourne discrètement en me demandant ce qu'il peut bien se trouver dans la grosse boîte de monsieur Ryô.
« Donc, toi, tu dors là. Lui dis-je en désignant le lit sur le sol. Si tu tente quoi que ce soit, c'est dans le jardin que tu passes ta nuit.
- J'ai peur de ne pas avoir bien reçu le message. Dit-il, d'une voix plus sinistre.
- Oh, Yami-Bakura, tu tombes bien, pour une fois. »
Je sors une enveloppe et la lui donne.
« Joyeux Noël !
- C'est bête, je n'ai pas de cadeaux pour toi. Dit-il, ironique.
- Je ne vais pas en mourir. »
L'Esprit Maléfique déplie l'enveloppe, pour y trouver la carte du Monstre « Diabound ». Je m'attendais à le voir sourire de mépris, mais non. Son visage exprime une grande surprise.
« Que… Comment… ?
- Tu as intérêt à être content, elle n'était pas gratuite ! »
Il me regarde, stupéfait.
« Que se passe t-il ?
- Comment as-tu su… ?
- Bon, vous comptez hiberner où ça se passe comment ?! » Se fâche mon père.
Nous descendons les escaliers pour nous mettre à table. Je suis placée à côté de Bakura et tant mieux ! C'est gonflant d'entendre pour la énième fois les récits archéologiques de nos deux pères.
« Ton père, c'est vraiment la gazette du coin. Dis-je doucement à Bakura.
- La quoi ?
- La concierge ! Répétais-je plus fort, choquant nos parents.
- Désolé ! » S'exclame Bakura.
Lui aussi commence à sérieusement s'ennuyer.
« Ah, au fait, monsieur Ryô. Demandais-je. Est-ce vrai que durant l'Egypte Antique, les Dieux pouvaient choisir un humain à…Protéger ?
- Hmm… Oui, c'est apparemment arrivé.
- Que cela signifie t-il ?
- L'humain en question pouvait avoir des caractéristiques rappelant celle d'un Dieu, alors il y était associé. Les rois et reines étaient associés au couple Divin Isis et Osiris. Les prêtres aussi… Mais quelqu'un ayant par exemple, un fort caractère, pourrait être associé à Sekhmet.
- Est-ce possible de ressentir la présence du Dieu ?
- Dans ce cas, les Dieux existent-ils ? »
Son père m'a cloué le bec. C'est vrai, nous ne sommes plus à l'époque antique. Alors pourquoi ressentir cela ? Pourquoi est-ce que je le sens vraiment ?
- Pourquoi ? Demande t-il.
- Oh, pour rien. »
C'est alors que mes parents se sont absentés pour apporter les plats, que je ne peux plus me retenir.
« Je me sens liée à Anubis. Je fais des rêves où le Dieu-chacal s'y trouve. Comme-si… Comme-si je l'avais servi.
Les trais de Bakura s'assombrissent.
« Je vois. Fit son père. Es-tu sûre de ce que tu dis ? Cela peut-être grave, enfin je veux dire… Nous parlons d'une religion polythéiste.
- Je suis sûre, oui.
- Ah ! Soupire t-il. Je ne peux t'aider.
- On dirait qu'il me poursuit.
- J'espère que tu ne t'es pas attirée ses foudres dans… Une autre vie.
- Pff, ses foudres… Et bien sûr, ce n'est pas elle qui en a payé le prix.
- Bakura ? » S'inquiète son père.
C'est bien la première fois, que l'Esprit Maléfique apparaît devant le père de mon ami.
« Tu dis être liée à Anubis. Poursuit-il. Dans ce cas, pourquoi ne pas l'avoir supplié d'éviter son crime ?
- Pardon ? Faisons le père de Bakura et moi, en chœur.
- Entre le Dieu et l'Humain, tu aurais dû choisir plus tôt, Yûki.
- Bakura… ? » Recommence son père.
Alors qu'il nous inquiétait, l'Esprit rusé continue sur un ton plus doux :
« Mais oui ! Franchement, ce scénario de théâtre, c'était n'importe quoi.
- …Quoi ?
-Papa, continue-t-il. Nous avons dû créer notre propre scénario en cours de Japonais. Yûki a inventé une histoire incroyable où l'héroïne a préféré vénérer un Dieu plutôt que porter secours à son époux. C'est pour ensuite l'interpréter que Yûki te demandait pour Anubis. C'est pour mieux ressentir les émotions du personnage lorsque le Dieu-chacal la persécute. »
Il y eût un blanc.
« Hahahaha ! Ria nerveusement son père. Vous pouvez vous venter de m'avoir fait peur. Entre l'une qui se croit liée à un Dieu et l'autre qui parle comme s'il venait des temps les plus reculés… ! Ah ! Quelle débordante imagination. »
Le sale menteur ! Au moins, je ne passe pas pour une folle, mais quand même.
« C'est quoi ce truc ? » Fit l'Esprit en ouvrant un sachet à côté de lui.
Des confettis lui explosent à la figure, ce qui me fait rire jusqu'aux larmes.
Je le force à aller dans la salle-de-bain pour les lui retirer et m'expliquer avec lui.
« Alors ?
- Alors quoi ?!
- C'était quoi ce…Discours ?
- E toi ? Nous ne sommes plus à l'époque des Pharaons. Le père de Bakura a un esprit trop faible pour comprendre.
- Et donc, c'est quoi cette histoire que tu as inventé ?
- Hmpf, tu devrais me remercier de t'avoir donné une pièce du puzzle.
- Comme cela m'aide... !
- Où as-tu trouvé la carte que tu m'a offerte ?
- Dans un magasin, comme tout le monde…
- Hmm… Disons que moi, je suis lié à cette carte, vois-tu.
- Non ?! Tu veux dire que toi aussi tu as un serpent à la place du…
- Non mais t'es malade !?
- J'espère car sinon, jamais je voudrai avoir des enfants avec toi !
- Tu vis dans tes rêves, ma pauvre !
- Bon, vous construisez une cabane là-haut ?!
- On arrive papa. » Dis-je.
Nous nous réinstallons à table, et je constate que Bakura est redevenu normal. Le dîner n'en finissait pas pour mes parents, alors, nous nous sommes mis devant la télévision pour regarder des films.
« Woaf ! »
« Ton ventre fait de drôles de bruits, Bakura.
- Ce sont les rennes du Père Noël qui arrivent.
- Très drôle ! »
Enfin, le moment d'ouvrir les cadeaux arriva. J'évite de montrer mon impatience à Bakura, espérant qu'il apprécie le fait d'ouvrir les cadeaux devant les autres. Il est fou de joie en déballant le navire de collection et le remet délicatement dans sa boîte. Nos parents s'offrent à leur tour parfums, cravates et j'en passe.
Bakura s'absente et revient avec une boîte.
« Joyeux Noël ma… Puce. »
C'est à peine si je fais attention à ses joues rougies et à son surnom, tellement je suis perturbée par ce qu'il peut bien y avoir dans la boîte.
En l'ouvrant, un petit chiot âgé de quelques mois en sort pour me faire la fête. Le chien akita bringé que nous avons vu.
« Je… Oh, c'est trop ! »
Je suis profondément émue. Mes parents savaient et le père de Bakura est fier de lui.
« Comment vas-tu l'appeler ? Me demande mon ami.
- Gin ! »
Nous nous amusons avec le chiot pendant que nos parents rangent et préparent le canapé-lit pour monsieur Ryô.
Je remonte dans ma chambre avec le chiot dans les bras, enfin au calme.
« Merci infiniment !
- Je suis heureux que cela te plaise. »
Nous nous changeons de notre côté pour aller dormir. Le chiot sursaute lorsque j'envoie un oreiller à la figure de Bakura.
« C'était mon cadeau de bonne nuit ! »
Après quelques instants de silence, Bakura se lève et se penche au-dessus de mon lit.
« J'ai quelque-chose à te dire.
- Oui ?
- En fait… Je crois que je…t'aime, Yûki.»
La peau extrêmement blanche de l'albinos est encore plus rouge qu'une tomate. Je rougis à mon tour.
« Je l'avais compris, je crois. »
Nous nous regardons timidement sans rien dire.
- Mais… Commençais-je. Tu as toi-même dit que Yami-Bakura te le ferais payer. Alors fait attention.
- Je sais aussi qu'il éprouve les mêmes sentiments que moi pour toi.
- La blague. »
L'albinos m'embrasse délicatement sur les lèvres avant d'aller dormir. S'il savait que l'Esprit Maléfique l'a fait bien avant lui. Le baiser de Bakura est doux et tendre, contrairement à ceux de Yami-Bakura qui sont aussi glaciales que sont cœur. Si le pauvre Bakura savait lequel des deux je préfère. Moi qui l'aimai dés le début, j'éprouve des remords. Bakura s'est manifesté trop tard.
Alors que j'allais m'endormir, il me semble entendre du bruit dehors. Je regarde discrètement et alors qu'il neige, il me semble voir quelqu'un monter sur le toit.
« Ce n'est quand même pas le Père Noël ?…»
Instinctivement, j'attrape mon jeu de cartes avec mon disque de Duel, et me couvre avec une veste.
« Où vas-tu ? Se fâche froidement Yami-Bakura en m'agrippant le bras droit.
- J'ai entendu du bruit, je vais voir.
- Avec ton jeu… ?
- Oui, bah on ne sait jamais !
- N'y va pas. Ordonne t-il, fermement.
- Tu rêves si tu crois que je vais obéir…
- N'y va p… Eh ! » S'exclama t-il alors que je lui claque la porte au nez.
Je me dépêche de sortir et monte sur une échelle gelée qui mène au toit
Quelle surprise lorsque j'y suis, d'apercevoir cet homme si familier. Je l'ai déjà vu plusieurs fois… Celui qui porte une longue robe beige avec un capuchon blanc sur la tête, fermé par une plume.
« Que faîtes-vous… ? » Demandais-je à l'égyptien.
Il ne répond pas. Il sort un paquet de carte et, à l'aide de sa croix Ankh en or, il invoque un Monstre à tête de lion.
« A qui ais-je l'honneur ? Demandais-je, en souriant comme-si je revoyais un vieil ami, mais que j'avais juste besoin de me souvenir de son nom.
- Mon nom est Shadi. Fit-il, d'une voix douce et ferme.
- Que voulez-vous ? Dis-je, toujours en souriant.
- Je veux que tu m'affrontes avec ta carte Divine.
- Bah voyons.
- Montre-moi, comment tu utilises le dragon des Dieux !
- Râ… » Murmurais-je, avant de piocher une carte.
