Erik reste enfermé dans sa chambre pendant un long moment. Il regarde le bazar mis dans sa chambre et le range rapidement avec ses pouvoirs. Il sort, partant à la recherche de Charles. Il le trouve, discutant avec Raven dans sa chambre. Cette dernière en le voyant pousse un cri. Charles la prend doucement dans ses bras, regardant à peine Erik.
L'allemand peut sentir la méfiance et la peur chez Charles. Il doit se rattraper … Au plus vite …
« Charles, je … »
« Ne gaspille pas ta salive. Je t'interdis d'approcher Raven, espèce de monstre ! » hurle Charles.
La rage se voit dans le regard bleu du brun. Erik sent son cœur se décomposer.
« Je suis désolé … » dit-il à mi-voix.
« Désolé ? Tu es désolé ? Ne te fous pas de moi ! Tu aurais pu la tuer ! Tu t'en rends compte ? »
Oui, il s'en rend compte … Il regarde Charles, ses yeux se remplissant de larmes.
« Les larmes ne fonctionneront pas cette fois. Tu as manqué de tuer ma sœur ! Ma sœur ! »
« Je suis désolé, Charles … Vraiment … »
Charles regarde Erik, sans la moindre émotion. Ce dernier tremble comme une feuille, les larmes aux yeux.
« Va-t'en ! Hors de ma vue ! » hurle Charles.
« Charles … » dit Raven.
« Tais-toi. Il a failli te tuer ! »
Erik fond en larmes, la tête baissée.
« Je … Je vais aller voir un psy … Je suis incontrôlable … Et ça … Je pensais que tu l'avais compris ! » hurle Erik.
Erik s'en va d'un pas ferme, essuyant ses larmes. Charles le regarde partir, sans rien ajouter de plus. Il connait l'allemand : il reviendra.
Erik s'éloigne du manoir, les mains dans les poches. Il ne sait pas trop où aller. Il opte finalement pour l'auberge de jeunesse. L'homme l'accueille toujours à grands ouverts. Erik rejoint sa chambre et s'enferme dedans. Il se laisse tomber contre le mur, assis les genoux repliés contre lui la tête posée dessus. IL fond en larmes, le corps secoué par les sanglots.
Oui, il pensait avoir enfin retrouvé une part de joie … Cependant, cela s'est terminé comme toujours … Rejet, méfiance, peur …
L'allemand n'avait jamais demandé de réagir comme il l'a fait … Il est impardonnable et Charles lui a très bien fait comprendre …
Tu aurais pu le tuer …
Ces mots résonnent dans son esprit et dans tout son être. Peut-être qu'au final, il est destiné à tuer … Après tout … Cela a commencé à Varsovie … Avec tous ces soldats …
Erik se laisse envahir par la douleur et le chagrin. Personne ne viendra le réconforter cette fois. Il doit se reprendre tout seul … Comme à chaque fois … Ces quelques années de répit lui semblent appartenir à une autre vie … Tout comme Charles …
Charles … Avec ses yeux si bleus et son air si innocent … Oui, il a été violé comme lui …. Mais il n'a pas vécu tout l'enfer des camps …
C'est peut-être mieux ainsi … Je ne risquerais pas de le blesser …
Ne pas blesser Charles … Charles est trop important … Il veut le préserver de tout ce côté obscur de son esprit … L'éloigner de sa rage démesurée qui a failli coûter la vie à Raven …
Toc toc !
Erik ne répond pas … Pourquoi faire ? Plutôt crever que d'ouvrir cette porte. De l'autre côté du seuil, la voix de Charles retentit ainsi que celle du gérant de l'auberge. L'allemand ne réagit, restant impassible et regardant d'un air vide le mur blanc lui faisant face. Charles insiste, le suppliant de lui ouvrir. Alors, le gérant décide d'ouvrir la porte de lui-même, ayant la clé. Erik reste contre le mur, les genoux repliés contre lui. Charles s'avance vers lui, les yeux rougis. Pourquoi a-t-il pleuré ? Regrette-t-il ses paroles ?
Charles lui parle mais Erik fait la sourde oreille. Il ne veut pas revenir avec lui. Il préfère vivre en solitaire.
« Erik ? Je te parle … » dit Charles en baissant la tête, déprimé.
« … Va-t'en, Charles. Sors de ma vie. » dit Erik, froidement.
Charles lui assure que cela ne risque pas alors il se penche vers lui. Erik relève la tête et il le voit. Le brun est là, devant lui, accroupi. Il lui essuie doucement les larmes, perlant sur ses joues. Comme un instinct, Erik se blottit contre lui. Charles le serre doucement dans ses bras, partageant avec l'allemand toute sa douleur.
« Tu n'as pas à tout encaisser tout seul, Erik. Plus maintenant … Excuse-moi, pour toute à l'heure … »
Erik ne dit rien, en larmes. Charles le console, en lui murmurant des paroles réconfortantes. Alors, l'allemand passe ses mains dans le dos du brun. Il sent des marques qui n'étaient pas là auparavant.
« Qui t'a fait ça, Charles ? » demande Erik.
Charles lui dit que ce n'est rien. Erik insiste puis le brun enlève sa chemise pour lui montrer. L'allemand caresse du bout des doigts les blessures dans le dos de Charles.
« Mon beau-père … » murmure-t-il.
Erik grogne alors Charles sourit. L'allemand le prend dans ses bras, protecteur.
« Je pars à Oxford demain … » chuchote Charles.
« Je t'accompagne … »
Charles garde son sourire puis Erik l'embrasse passionnément, le bloquant contre le mur couleur neige. Le brun gémit, caressant la nuque de l'allemand. Ils finissent allongé l'un sur l'autre, Erik sur Charles.
« Erik … »
« Tu vas rire … J'ai trouvé comment faire … »
Charles se mord la lèvre. Il voit l'allemand ouvrir le tiroir de sa commode et en sortir un pot de vaseline. Il le regarde, se demandant de quoi il s'agit.
« Fais-moi confiance … » murmure Erik.
« … D'accord … »
Erik ouvre le pot et enduit ses doigts de vaseline avant de préparer doucement Charles. Ce dernier gémit, mordant sa lèvre.
« E-Erik … »
« Détends-toi … » susurre Erik.
« … Hum … Oui … »
Erik continue sa lente préparation, découvrant qu'il est possible d'aimer sans faire souffrir l'autre. Il observe les moindres réactions du brun qui bascule sa tête en arrière, la respiration saccadée.
« Charles ? »
« Continue … » gémit ce dernier.
L'allemand sourit de satisfaction. Une fois Charles prêt, il le regarde.
« Erik … »
« Tu es prêt ? » lui demande-t-il en caressant sa joue dans une geste tendre.
« … Je ne sais pas trop … Je … »
« Je ne veux pas te faire mal … »
« Vas-y … »
Erik se met en position, relevant les jambes de Charles. Ce dernier met son bras devant ses yeux, son cœur battant comme un diable contre sa poitrine. L'allemand le pénètre doucement et il pousse un petit cri de surprise.
« E-Erik … ! » gémit-il.
« Chut …. »
Il vient l'embrasser pour couvrir ses cris et continue à s'enfoncer en Charles. Ce dernier gémit, la respiration saccadée. Les deux garçons gardent le contact visuel, transpirants. Erik colle son front contre celui de Charles, amplifiant ses mouvements, appuyé sur ses avant-bras. Le brun gémit, se sentant transporté ailleurs. Après plusieurs minutes, Erik se déverse en Charles, grognant de satisfaction.
« Bordel Erik … » murmure Charles.
Charles attire Erik à lui, l'embrassant fougueusement, dévorant sa bouche. Erik gémit sous la puissance du baiser. Ils se séparent, à bout de souffle. Erik roule sur le côté, les mains devant les yeux.
« J'ai adoré … » avoue Charles.
Erik se tourne et le regarde. Il l'invite à venir dans ses bras. Charles s'y blottit.
« C'est à ton tour je crois … » murmure Erik.
Il prend doucement le sexe de Charles dans sa main et commence à le masturber lentement.
« E-Erik … ! »
« Oui, mon ange ? »
Charles ne dit plus rien et finit par se déverser dans la main de l'allemand.
« Tu es si beau, Charly … » murmure Erik en le regardant.
Charles sourit faiblement puis s'endort dans les bras de Erik, se sentant en sécurité. Ce dernier le serre doucement contre lui, comme s'il était une chose précieuse.
Oui, Charles est précieux … Il a bien failli le perdre …
Plus jamais …
Erik regarde son compagnon dormir avant de tomber dans les bras de Morphée.
