Bonjour à tous ! Ce chapitre est un chapitre spécial qui fait également l'objet d'un one shot.
Cette idée de raconter l'histoire d'Emma et de Cédric m'a traversé l'esprit dès le moment où j'ai décidé d'en faire référence au début de l'histoire.
Voici enfin, le chapitre 19 revu et corrigé pour je l'espère votre plus grand plaisir.
Bonne lecture !
Desea Oreiro
Chapitre 19 : Il était une fois...
Il était une fois, une adolescente ordinaire marquée à jamais par le drame de sa courte vie. Orpheline de père, cette Sang-Pur intégra l'école de sorcellerie de Poudlard et fut répartie dans la maison Serdaigle. Longtemps isolée de sa propre volonté, Emma Oreiro s'ouvrit peu à peu à quelques élèves de son année. Ainsi naquit une fragile mais authentique amitié entre Mandy Brocklehurst, Michael Corner, Padma Patil, Terry Boot, Anthony Goldstein et Emma. Toujours dans le contrôle de ses émotions, la jeune fille développait toutefois au fil du temps ses capacités d'interaction avec les membres de son groupe d'amis et plus largement avec l'ensemble des élèves du château. Ce fut lors de sa troisième année que l'amour frappa à sa porte.
Comment réagit un cœur austère et sombre soudainement balayé par ce tourbillon d'émotions frivoles et enflammées ?
*** Il était une fois... ***
« Trop génial ce cours ! »
La matinée touchait à sa fin. A l'image d'une fourmilière, chaque couloir de Poudlard grouillait d'élèves sortant de leurs cours respectifs et se dirigeant vers la Grande Salle afin d'y prendre leur déjeuner.
- J'adore ce prof, ses cours sont vraiment différents de ceux qu'on a pu avoir les deux premières années.
- Je suis d'accord avec toi Padma, l'épouvantard... Extraordinaire ! s'exclama Terry.
- Et toi Emma tu en penses quoi ? demanda curieusement Mandy.
- Il s'agit d'un bon professeur en effet, mais de là à réagir comme des gamins qui n'ont jamais rien vu de mieux...
- Aurora rabat-joie ! s'amusa à taquiner le jeune garçon.
- Veux-tu bien arrêter de m'appeler comme ça Terry Boot ! s'agaça la jeune Serdaigle face à ce surnom qui était né du fait de la difficulté pour ses amis britanniques de correctement prononcer son nom de famille d'origine argentine "Oreiro".
- Emma rabat-joie, ça marche aussi tu sais, renchérit Michael.
Le petit groupe s'installa à la table des Serdaigle au sein de la Grande Salle et prirent leur déjeuner. Quand la fin de ce dernier arriva, Emma décida de s'isoler, agacée des gamineries de ses compagnons. Il lui fallait parfois retrouver cette solitude dont elle avait été privée depuis que Mandy l'avait insérée dans son groupe d'amis. Non pas qu'elle s'en plaignait, mais elle tenait à s'isoler de temps à autre. Ainsi, elle partit en direction de la bibliothèque alors qu'elle avait son après-midi de libre.
Il n'était encore que quatorze heure passées lorsque la jeune fille eut fini son devoir de métamorphose. Elle se décida alors à jeter un coup d'œil au manuel complémentaire de cinquième année sur le sujet qu'elle venait de travailler. Emma eut de la chance car il n'en restait plus qu'un. Sans doute les cinquième année devaient-ils également étudier cette thématique en particulier. Elle revint à sa table et commença à lire le livre qu'elle venait de choisir. Au bout de quelques minutes, elle entendit un raclement de gorge et leva alors la tête.
- Excuse-moi... Serait-ce le manuel complémentaire de métamorphose pour les cinquième année ?
Le garçon qui venait de lui adresser la parole était plutôt grand et arborait un air calme.
- C'est exact.
- Mais tu ne l'es pas, en cinquième année, reprit-il un peu plus accusateur.
- Et alors ? répondit la jeune fille en reprenant sa lecture.
- Il se trouve que j'ai besoin de ce livre. Je suis donc prioritaire étant un cinquième année.
- Je n'en ai que pour une heure. Tu pourras le récupérer après, proposa Emma sans lever la tête.
- Je ne prends pas sur mon temps pour venir à la bibliothèque dans le but d'emprunter le livre dont j'ai besoin et attendre « juste une heure ».
- C'est pour quand ton devoir ? daigna-t-elle enfin lever la tête.
- Là n'est pas la question. J'en ai besoin tout de suite et c'est le dernier qu'il reste, commença à s'agacer le jeune homme.
- Ce qui sous entend que ce n'est pas pressé alors une heure ne te fera pas de mal, répliqua-t-elle avec fermeté.
- Très bien, annonça-t-il simplement alors qu'il s'asseyait bruyamment.
Comprenant qu'il attendrait, la jeune fille continua tranquillement sa lecture en tentant d'oublier sa présence. C'était sans compter sur le jeune homme qui entreprit de se balancer sur sa chaise, produisant ainsi un son régulier qui n'était guère agréable lors d'une session de lecture.
- Je ne crois pas que Mrs Pince serait contente de te voir faire ça, dit Emma calmement sans lever la tête de son livre.
- On s'en fiche, elle ne nous voit pas, répliqua-t-il sur le même ton tout en continuant son action bruyante.
- Et si tu commençais par réfléchir à ton devoir au lieu de te balancer comme ça ! l'invectiva la brune aux yeux verts au bout d'un moment, plus qu'agacée.
- Travailler à l'aveugle ce n'est pas mon truc... C'est plutôt même une perte de temps.
- Je te signale que vous êtes censés l'avoir vu en troisième année ce thème.
- Hum... Voilà qui explique pourquoi tu t'y accroches tant à ce bouquin. Encore une intello qui pense que cela sert à quelque chose de bosser les niveaux supérieurs. Un conseil, concentre-toi sur ton année et donne-moi ce livre... finit-il par dire avec un sourire charmeur.
Sans même répondre la fille lui rendit son sourire avec ironie et continua sa lecture, provoquant alors un énième soupir de la part du jeune homme.
- Bon, cela doit bientôt faire une heure non ? reprit-il après de longues minutes.
- Il n'y a que vingt-cinq minutes qui se sont écoulées.
- J'ai une idée. Et si tu faisais mon devoir vu que tu as l'air tellement passionnée par le sujet.
- C'est une idée intéressante, mais... non. Et de toute façon en trente minutes c'est impossible.
- A deux cerveaux cela réduit le temps par deux. Et puis comme ça tu auras une idée des sujets types pour les BUSE.
- Parce que ça en est un ? sembla tout à coup intéressée la jeune fille.
- En effet, répondit le garçon fier de son effet.
- Eh bien j'abdique... souffla Emma d'un air vaincu.
Sans plus attendre le garçon prit le livre des mains de la jeune fille et commença à le feuilleter en silence. Avant qu'Emma ne puisse ouvrir la bouche, il lui planta le sujet de BUSE sous le nez. Ce fut ainsi que la nouvelle paire entreprit d'étudier ce fameux devoir.
*** Un échange de prénom... ***
« Emma ! »
La jeune fille revenait de son cours de soin aux créatures magiques lorsqu'elle fut soudainement interpellée.
- Oh, salut Cédric !
- Alors ce cours de soin aux créatures magiques ? demanda-t-il en comprenant d'où venait la Serdaigle.
- Cela s'est bien passé, je regrette tout de même qu'il ne puisse plus nous montrer des créatures tel que l'hypogriffe.
- Estime-toi heureuse d'avoir Hagrid, l'ancien prof était vraiment horrible.
- Si tu le dis, sourit la jeune fille avant de remarquer la tenue de Quidditch que portait le jeune homme. Et toi, la séance de Quidditch s'est bien passée ?
- Ne serait-ce pas un moyen d'espionner mon équipe ? plaisanta-t-il en plissant les yeux.
- Qui sait...
- Alors je te répondrais que tout va vraiment très mal, je n'ai jamais vu pire séance de ma vie !
- Eh bien tant mieux pour les Serdaigle, joua-t-elle son jeu avant de laisser échapper un petit rire.
- Oh fait, ça t'intéresserait d'avoir d'autres sujets de BUSE ? Histoire de voir un peu à quoi ça ressemble ?
- Pourquoi pas, c'est toujours utile, remercia Emma.
- Ca marche, si tu veux je te les apporte à la bibliothèque demain ?
- Savoir où je me trouverais demain ne résulterait-il pas de l'espionnage ? demanda la jeune fille en copiant sur l'humour du jeune homme.
- Qui sait...
Sur cette dernière phrase, Cédric Diggory lui offrit un sourire éclatant avant d'accélérer le pas afin de rejoindre le château.
*** Un rendez-vous... ***
« Salut Emma ! »
La jeune fille était assise à l'une des tables de la bibliothèque et comme promis Cédric Diggory vint à sa rencontre afin de lui donner des sujets blancs de BUSE.
- Bonjour.
- Je ne t'ai pas trop faite attendre j'espère.
- J'ai su m'occuper. Quand on vient ici généralement c'est qu'on a des choses à faire, compléta-t-elle avec un soupçon d'humour.
- Tiens, c'est pour toi, lui dit-il en lui tendant un parchemin, son magnifique sourire toujours accroché sur ses lèvres.
- Merci beaucoup.
- Je ne pourrai pas rester avec toi pour t'expliquer un peu tout ça. J'ai un entrainement de Quiddicht dans quelques minutes, avoua-t-il avec embarras.
- Ce n'est rien, je me débrouillerai, le rassura-t-elle.
- Je voulais te demander... commença-t-il avec sérieux.
- Oui ?
- Fin octobre il y a une sortie à Pré-au-lard. Comme tu n'y es encore jamais allée je me suis dis que je pourrais te faire découvrir le village. Si tu en as envie bien sûr ?
- Pourquoi pas, c'est une bonne idée, répondit Emma qui ne s'attendait pas à une telle demande.
- Super ! On aura le temps d'en reparler d'ici là.
- Bien sûr. Bon entrainement à toi ! J'espère que cette fois-ci ça va mieux se passer, plaisanta la jeune fille.
- Oh ça, tu sais... joua-t-il le jeu avec un air fataliste.
Puis le jeune homme s'en alla. Emma se rendit alors compte qu'elle avait un rendez-vous avec l'un des plus beaux et des plus populaires garçons de cinquième année.
*** Des battements de cœur qui s'accélèrent... ***
- Emma ! Tu te rends compte que tu as rendez-vous avec Cédric Diggory !
- Mandy, il va juste me faire visiter Pré-au-lard, ne t'emballe pas comme ça.
- C'est toi qui risque de te faire emballer ! ricana Terry Boot.
- La ferme Terry ! répliqua Emma agacée par le comportement de ses amis.
- Laissez-la tranquille, Emma n'est qu'une troisième année, pourquoi s'intéresserait-il à elle, défendit Padma.
- Serais-tu jalouse, Padma ? taquina Michael provoquant alors le regard noir de l'indienne.
- Une chose est sûre : elle en fait plein des jalouses ! Presque tout Poudlard est au courant, rajouta Mandy.
- Arrêtez de tout extrapoler comme ça. Il se passera ce qu'il se passera c'est tout. Pour le moment je m'apprête juste à vivre une bonne journée avec quelqu'un qui va me faire découvrir Pré-au-lard. Maintenant laissez-moi tranquille.
Sur ce la jeune fille quitta la Salle commune des Serdaigle et se dirigea vers le lieu de rendez-vous, à savoir les sabliers de points des maisons. Emma arriva la première et se contenta d'observer les petites pierres bleues qui pour le moment se trouvaient en tête.
- Alors comme ça on est fière de la victoire passagère de sa maison.
- Qui ne le serait pas ?
- Bien vu. On verra ce qu'il en est au Quidditch !
- Promets-moi quelque chose veux-tu ?
- Quoi donc ? répondit le jeune homme, tout ouïe.
- Interdiction de parler de Quidditch aujourd'hui.
- C'est dur ce que tu me demandes là. Mais je ferai un effort ! On devrait y aller avant qu'il n'y ait trop de monde.
- Tu parles il y a déjà une file de dix mètres de long !
- C'est bien ce que je disais « Avant qu'il n'y ait trop de monde ».
Ce fut ainsi que les deux élèves entreprirent de s'immiscer dans la foule qui devenait de plus en plus dense. En attendant de passer à leur tour, ils parlèrent de tout et de rien, notamment de Pré-au-lard.
*** Un rapprochement... ***
« Fais comme si tu ne les voyais pas. »
Emma et Cédric marchaient tranquillement dans la rue principale du village dont ils avaient déjà fait tous les recoins, en direction des Trois balais. Au loin, les amis de la jeune fille qu'ils venaient tout juste de croiser, ne pouvaient s'empêcher de glousser et de lancer quelques petits commentaires.
- Et pourquoi je ferai ça ? demanda malicieusement le jeune homme qui tentait d'aborder le sujet de leur rendez-vous avec humour.
- Parce qu'ils sont insupportables ! Comme s'il était impossible qu'une fille et un garçon puissent se promener tranquillement en tant que simples amis, s'exclama du tac-au-tac Emma, plus qu'exaspérée.
Réaction qui n'était apparemment pas celle qu'attendait Cédric puisque le visage de celui-ci perdit aussitôt ses couleurs et son sourire.
- Ah... C'est vrai que c'est pourtant simple à comprendre, dit le jeune homme d'une voix grave. Moi aussi j'en ai eu pour mon grade ! se reprit-il d'une voix un peu plus gaie. Ca te dit une Bierreaubeurre ?
- Oui, mais tu m'as dit qu'il y avait toujours trop de monde, non ? Je n'ai pas très envie de me croire dans la Grande Salle et de croiser toujours les mêmes têtes...
- Crois-moi la Grande Salle est bien plus spacieuse que ça ! rit-il. Attends-moi là je reviens, informa-t-il sans que la jeune fille ne puisse ajouter quelque chose avant de partir en direction de la brasserie.
Emma se trouvait à l'angle d'une rue qui menait à la cabane hurlante. Elle devina que Cédric était allé chercher de quoi se désaltérer et qu'ils iraient se poser quelque part dans le village. Elle ne pouvait s'empêcher d'analyser sa sortie ou plutôt ce « rendez-vous ». Comme promis il lui avait fait découvrir tout le village, notamment les lieux fréquentés tels que Honeydukes, Zonko, le bureau de poste et bien sûr les Trois balais ; ainsi que d'autres moins fréquentés tels que Gaichiffon, Scribenpenne et Derviche et Bang. Il lui avait également parlé de ce qui se trouvait au sein des rues adjacentes comme la Cabane hurlante, l'établissement un peu louche de la Tête du Sanglier et celui plutôt romantique de Madame Pieddodu. Les deux adolescents s'étaient comportés de manière totalement amicale, même si la jeune fille n'avait pu s'empêcher de remarquer quelques petites choses. Elle avait en effet perçu la manière dont le jeune homme s'était refroidi lorsqu'elle avait sous entendu qu'ils n'étaient que de « simples amis ». Elle n'eut pas le temps d'y réfléchir plus longtemps puisque Emma se fit soudainement interpellée par la personne qu'elle détestait le plus à Poudlard.
- Alors Oreiro, comme ça on s'est faite laisser tomber par son rencard ! lâcha Cho Chang qui venait de sortir des Trois balais. Je l'ai vu assis à une table, il s'amusait plutôt bien.
- Occupe-toi de tes affaires tu veux, Chang, rétorqua froidement Emma.
- Je penses que tu vises un peu trop haut, Oreiro. Cédric Diggory ! Comme s'il s'abaisserait à une troisième année, continua-t-elle.
- Mais tu espères tout de même qu'il s'abaisse à la quatrième année je suppose... lança sournoisement Emma, ce qui renforça le regard noir que lui lançait déjà l'asiatique.
- Salut Cho !
- Oh, salut Cédric ! Comment vas-tu ? salua la Serdaigle sur un ton totalement différent.
- Plutôt bien ! sourit-il. Tiens, ta Bierreaubeurre, Emma.
- Merci.
- Vous voulez vous joindre à nous ? Des amis ont réservé quelques places dans le bar.
- On va plutôt se poser dans un endroit tranquille. Merci quand même de la proposition, refusa gentiment le jeune homme.
- Tu ne viens pourtant pas de quitter les Trois balais, Chang ? piégea Emma en mettant le doigt sur l'incohérence de son ennemie.
- Euh... si. C'était juste pour prendre l'air ça étouffe là dedans !
- On se reverra une autre fois ! A plus tard Cho ! reprit Cédric.
- Oui, bien sûr. Bonne chance pour ton prochain match ! Cela a du vous prendre au dépourvu de remplacer les Serpentard juste une semaine avant le match !
- Ca tu l'as dit ! En plus contre les Gryffondor ! Mais on y travaille.
- Bon on y va ? demanda Emma d'un air impatient. Le jeune homme salua Cho Chang et tous deux partirent sur le chemin en direction de la cabane hurlante.
- Tu détestes le Quidditch à ce point ! plaisanta Cédric pendant qu'ils s'éloignaient.
- J'aime assez le Quidditch mais je ne vois pas l'intérêt d'en parler pendant des heures. Mais ce que je déteste vraiment c'est Cho Chang. Alors plus je suis loin d'elle, mieux je me porte.
- Ah oui ? Elle est pourtant sympa.
- Elle est surtout très peste. Et son principal défaut c'est de s'intéresser aux choses qui ne la regarde pas, fulmina la brune.
- Je constate que tu la détestes vraiment, rigola Cédric de la réaction de la jeune fille. C'est dommage, vous êtes dans la même maison pourtant !
- Parce que toi tu t'entends avec tous les Pouffsouffle peut-être ?
- Oui plutôt bien.
- Ce n'est pas comparable de toute façon. Toi tu es d'un naturel sociable alors que moi je suis totalement asociale.
- Qu'est-ce que tu veux dire par « d'un naturel sociable » ? questionna-t-il pendant que la jeune fille s'était assise sur le banc qui faisait face à la célèbre cabane.
- Eh bien regarde-toi, tu t'entends avec tout le monde et je suis prête à parier que tu ne détestes personne. Il suffit de voir comment tu as toujours voulu me parler alors que j'ai été vraiment agaçante le jour où l'on s'est rencontrés. Si j'avais été à ta place je me serais emparée du livre et serais partie vite-fait bien fait, tenta d'expliquer Emma.
- Je ne te trouves pas si asociale que ça.
- Et pourtant je le suis... Mandy a pris un an avant de me faire intégrer la bande.
- Pourquoi ?
- Je penses... que je ne vois pas l'intérêt d'avoir des amis si c'est pour les perdre par la suite. Car il y a automatiquement un moment où tout s'arrête.
- Hum... Et je suppose que tu n'appliques pas cette théorie qu'aux « amis », supposa le jeune homme après s'être assis auprès de la brune.
- Il faut croire que je ne l'applique pas vraiment vu que je me sens plutôt bien dans mon groupe « d'ami », évita-t-elle de répondre au sous entendu de la question.
- Je trouve ça dommage de penser de telle choses. Il faut savoir profiter de la vie et de ce qu'elle te donne, même si elle les reprend un jour.
- Il faut croire qu'avoir perdu mon père, l'homme que j'aimais le plus au monde à l'âge de 8 ans m'a forgé cette pensée, avoua Emma fixant le vide.
- Je suis désolé je ne voulais pas te faire rappeler un tel souvenir, s'excusa gêné le jeune homme.
- Ne le sois pas. On dit que ça fait du bien de parler de ce que l'on a au fond de soi, tenta de plaisanter la brune.
- Et je joue le rôle du psy c'est ça ? rigola Cédric.
- C'est toi qui te l'ai approprié tout seul ! tourna Emma la tête vers le jeune homme qui souriait.
La jeune fille ne put s'empêcher de détailler le visage du Pouffsouffle. Ses yeux d'un gris profond l'observait également. Elle le trouva beau comme ça.
- Tu es vraiment très mignonne tu sais, la complimenta-t-il soudain en faisant brusquement rougir la jeune fille qui tourna la tête, gênée d'avoir eu la même pensée que son interlocuteur au même moment. On ne doit pas te le dire souvent vu ton asociabilité, alors j'en profite, la taquina-t-il tout en tentant de justifier ce compliment soudain.
- Qu'en sais-tu ? Ce n'est pas parce que je ne parle pas aux gens qu'on ne me parle pas, retrouva-t-elle la parole.
- C'est vrai je n'en sais rien du tout.
- On est très mal assortis tu sais, lança tout à coup Emma.
- Ne dit-on pas que les contraires s'attirent... répondit le jeune homme.
- C'est un proverbe Moldu ça.
- Et alors, ça ne veut pas dire que ça ne s'applique pas aux sorciers.
Perdus dans le regard de l'autre, les adolescents se rapprochaient dangereusement tels deux aimants.
- Et si on rentrait ? J'ai toujours aimé voir Poudlard déserté par ses élèves... rompit brusquement Emma cet intense échange visuel.
- Comme tu veux, répondit-il, pris de court par la demande.
- Tu peux rester et rejoindre tes amis si tu préfères.
- Non ça va je vais te raccompagner. On ne se débarrasse pas aussi facilement de moi comme ça, Miss Oreiro.
- C'est vrai, j'avais oublié que les sociables étaient du genre collant ! plaisanta la brune avant que le jeune homme ne lui décoiffe les cheveux pour se venger en la tenant pour ne pas qu'elle s'échappe. Elle tenta de se débattre mais il lui était impossible de se dégager de son emprise.
- Tu viens de faire une grossière erreur Diggory, s'emporta Emma qui détestait qu'on l'embête de la sorte.
- Vraiment...? se contenta-t-il de répondre en la fixant. Puis il entreprit de la recoiffer avec ses doigts, effleurant au passage le visage de la jeune fille qui se raidit.
- Allez, rentrons.
Le jeune homme lâcha Emma et se dirigea vers la grande rue qui menait au château. Emma toucha ses cheveux et le rattrapa comme elle put. Ils ne parlèrent pas beaucoup sur le chemin du retour.
*** Une attirance... ***
« Emma ! »
La jeune fille se retourna et tomba nez à nez avec Cédric Diggory.
- Ca va, pas trop inquiète ? continua le jeune homme avec empressement alors que la jeune fille se trouvait dans la Grande Salle en compagnie de ses amis.
- Non ça va, même si je suis assez surprise qu'il ait réussi à entrer dans l'enceinte de Poudlard en dépit des protections magiques, répondit la brune.
- Vous croyez qu'il vont fermer l'école ? demanda Padma à l'ensemble du groupe.
- C'est possible, Poudlard est censé être l'endroit le plus sûr de Grande Bretagne ! proposa Anthony.
- Je ne pense pas qu'ils céderont à la panique aussi facilement, modéra Emma.
- Emma a raison, ils vont simplement fouiller le château dans tous les recoins et protéger d'avantage le château à l'aide des détraqueurs, assura Cédric au reste du groupe.
- C'est un préfet qui nous parle alors nous pouvons le croire ! s'exclama Terry Boot afin de détendre tant bien que mal l'atmosphère pesante.
- Et apparemment c'est à Potter que Sirius Black en veut, je pense que c'est surtout lui qui va être surveillé, ajouta Emma.
- Je vous laisse, mes devoirs de préfets m'appellent. Bonne soirée, annonça le Pouffsouffle avant de se consacrer exclusivement à Emma.
- Tu dois aider à fouiller le château ? demanda la jeune fille.
- Pour une heure ou deux, après il faudra s'occuper de l'organisation du camping improvisé dans la Grande Salle.
- Fais attention à toi, chuchota-elle pour ne pas que ses amis ne l'entendent.
- Promis, fit-il à son tour en lui caressant la joue du bout des doigts avant de s'en aller vers le rassemblement de professeurs et de préfets qui tentaient d'organiser leur expédition.
En effet, un mouvement de panique avait parcouru tout Poudlard. Sirius Black, ancien mangemort en fugue, avait réussi à s'introduire à l'intérieur du château et avait attaqué la salle commune de Gryffondor cherchant vraisemblablement à s'en prendre à Harry Potter.
Tous les élèves étaient rassemblés dans la Grande Salle et devaient dormir sur place pendant que professeurs et préfets s'affairaient à fouiller le château avec l'aide des détraqueurs qui prendraient leur relève durant la nuit.
Emma chercha plusieurs fois du regard son nouvel ami, guettant son retour. Lorsqu'il revint enfin, il s'affairait toujours à ses obligations et elle l'observait de loin de temps à autre. Quelque chose de nouveau apparaissait en elle à chaque fois qu'elle croisait ses yeux clairs. Peut-être était-elle inquiète finalement ou alors était-ce autre chose ?
*** Une nouvelle sensation...***
« Tu sais qu'il n'arrête pas de te regarder ? »
Emma, Mandy et Padma étaient toutes trois dans leur lit et discutaient avant de s'endormir jusqu'au moment où la blonde avait lâché cette phrase.
- Mandy, je t'ai déjà dit que je ne voulais pas en parler.
- Je pense que cela te ferait pourtant du bien d'en parler. Tu sais c'est comme ça que ça se passe entre amies, soutint Padma.
- Et qu'est-ce qui vous fait dire que ça me fera du bien ! J'ai peut-être tout simplement envie d'oublier cette histoire qui n'en ai même pas une d'ailleurs.
- Il y a que toi aussi tu le regardes Emma... continua Padma.
- On se demande pourquoi tu l'évites et nous ne sommes pas les seules à nous le demander je crois... enchaina Mandy devant le manque de réponse de la brune qui s'était tournée vers le côté droit de son lit qui se trouvait face à ceux de ses camarades.
- On se dit que peut-être tu as peur de ce que tu ressens, supposa Padma.
- Je ne ressens rien du tout, répliqua l'intéressée.
- Emma... supplia presque la blonde.
Un long silence s'imposa dans la pièce au sein de laquelle deux des amies se demandaient mentalement si elles n'étaient pas allées trop loin, alors que la troisième se sentait submergée par tout un tas d'émotions et compressée de toute part comme si elle avait retenu sa respiration si longtemps qu'elle n'arrivait plus à la reprendre. Quand elle inspira de nouveau ce fut comme une libération de toute cette tension accumulée depuis quelques jours.
« Je crois que vous avez raison les filles... »
*** Une prise de conscience...***
« Salut Cédric... »
La jeune brune avait assisté à l'entrainement de Quidditch des Pouffsouffle depuis les gradins après s'être placée le plus en hauteur possible. Ainsi positionnée, elle savait qu'il la verrait. La Serdaigle s'était forcée de ne pas se contenter d'attendre à l'entrée du stade afin d'éviter une quelconque marche arrière. Cela faisait une semaine qu'ils ne s'étaient pas parlés. La jeune fille avait évité de rencontrer le chemin du jeune homme. Cependant, la conversation avec ses amies lui avait permis d'accepter ce que son cœur lui disait. Le lundi suivant le match de Quidditch emporté de justesse par les Pouffsouffle, elle s'était ainsi décidée à lui parler.
A la fin de l'entrainement, Cédric Diggory avait enfourché son balai et volé jusqu'à la jeune fille qui l'avait abordé la première à son arrivée.
- Emma, la salua-t-il à son tour en descendant de son balai.
- Félicitations pour samedi !
- Merci mais je ne pense pas que le résultat aurait été le même s'il n'y avait pas eu l'arrivée de ces détraqueurs.
- C'est possible, mais je te signale que les détraqueurs ne font pas uniquement effet sur Potter, même si celui-ci à l'air d'y être particulièrement sensible. Toute ton équipe a su garder son sang froid et continuer le match.
- Si tu le dis...
- Tu n'as pas l'air très convaincu, rigola faiblement la jeune fille alors que le jeune homme paraissait calme mais sans aucune expression.
- Tu voulais me dire autre chose ? questionna-t-il alors comme s'il était impatient que leur conversation se termine, ce qui déstabilisa la brune.
- Euh... oui.
- Je t'écoute, dit-il après avoir expiré plus fort qu'il ne l'aurait voulu tout en s'asseyant aux côtés de la Serdaigle.
- Je voulais m'excuser de mon comportement de ces derniers jours, commença-t-elle.
- Tu n'as pas à le faire. Je pense avoir compris le message, la coupa-t-il. C'est moi qui devrait m'excuser d'avoir été si entreprenant, avoua-t-il en jouant avec les gants de protection qu'il venait tout juste de retirer.
Un blanc s'installa entre les deux adolescents assis côte à côte, alors que la nuit était tombée depuis longtemps déjà. Emma ne s'attendait pas à ce qu'il ait interprété sa récente attitude comme un non à ses avances implicites.
- Je crois... que tu as mal interprété mon attitude, le contredit-elle d'une voix faible, le regard fixé sur le terrain illuminé par des projecteurs magiques. Elle le sentit se retourner brusquement vers elle.
- Une promenade au clair de lune ça te tente ? proposa-t-il soudainement en se levant et en lui désignant son balai.
- Je ne crois pas que ce soit une bonne idée, Cédric.
- Quoi tu as le vertige ?
- Il est vrai que je ne suis pas très à l'aise en balai, mais c'est surtout qu'il fait nuit.
- Poudlard peut être assez spectaculaire de nuit.
- Et que fais-tu des détraqueurs qui vadrouillent un peu partout ?
- N'as-tu pas dis que je savais garder mon sang froid face à eux ? répliqua-t-il en enfourchant son balai et en lui tendant la main. Crois-moi ça vaut le coup.
- D'accord... accepta-t-elle alors en lui donnant la main.
Ce contact leur donna à tous deux des frissons. Le Poufsouffle entraina la jeune fille derrière lui et lui fit poser sa fine main sur son épaule.
« Accroche-toi bien. »
A peine la jeune fille fut-elle installée qu'il décolla illico en lui arrachant une exclamation de surprise. La brune sentit le vent s'engouffrer sur son visage alors que ses cheveux fouettaient dans les airs. Elle avait fermé les yeux dès l'instant où ses pieds avaient quitté le sol. Elle serrait Cédric tellement fort, l'étranglant presque, que celui-ci plaça finalement les mains d'Emma de manière à ce qu'elle s'accroche à son buste. Ce fut seulement à ce moment qu'Emma se rendit compte de leur proximité extrême. Elle ne put s'empêcher de constater que le jeune homme était plutôt musclé. Ce changement de position l'ayant forcée à ouvrir les yeux, elle pencha légèrement la tête vers le bas afin d'y voir quelque chose. Tout allait tellement vite et tout était tellement sombre qu'elle décida de regarder vers le haut. Contrairement à ces derniers jours, le temps était plutôt dégagé et la pleine lune d'il y a quatre jours avait laissé place à un ovale lumineux trônant dans ce ciel parsemé de quelques étoiles. Son observation s'interrompit lorsque le jeune homme entreprit une descente.
- On est arrivé, fut-il obligé de préciser alors que la jeune fille ne semblait vouloir le lâcher.
- Désolée... fit-elle en s'éloignant du balai.
- Ca va ? s'inquiéta-t-il de la rigidité de la brune.
- Oui, c'est juste que ça faisait longtemps, le rassura-t-elle.
- Retourne-toi, lui dit-il alors.
Lorsqu'elle s'exécuta elle en eut le souffle coupé. Poudlard illuminé de toutes ses lumières à quelques kilomètres de là, leur offrait une splendide vue qui se reflétait sur le lac. La lune quant à elle éclairait toute la vallée qui les séparait du château. Lorsqu'elle reprit son souffle, elle sentit les mains du jeune homme se poser sur ses épaules alors qu'il se tenait derrière elle. Elle le laissa faire et apprécia ce moment.
- C'est merveilleux, s'exclama-t-elle.
- Je te l'avais dit, lui souffla-t-il à l'oreille tandis que des frissons parcouraient la jeune fille toute entière.
Ils restèrent ainsi quelques minutes, décrivant parfois les quelques éléments du paysage qui s'offrait à eux. Quand soudain, la jeune fille eut de nouveaux frissons cependant bien différents de ceux provoqués par le contact de Cédric. Un froid intense s'insinua alors en elle et toutes les émotions de joie, de plaisir ainsi que tout autre sentiment positif disparurent en un instant. Un immense chagrin traversa Emma, le même que celui qu'elle avait ressenti durant le match de Quidditch, le même qu'elle avait ressenti il y a des années de cela. Ce fut cette même tristesse qui l'avait submergée lors de la mort de son père, celle qui l'avait changée à tout jamais. Son cœur se serra si fort que ses jambes la lâchèrent. Cédric dans un état similaire, la rattrapa tant bien que mal et la remit sur pieds.
- Il faut qu'on parte, réussit à dire Emma d'une voix tremblante.
- Viens, acquiesça-t-il en la faisant monter sur le balai et en se plaçant derrière elle de peur qu'elle ne tombe.
Il partit comme une fusée, allant le plus loin possible de ces détraqueurs qui approchaient du lieu où ils se trouvaient. Ils n'étaient pas Sirius Black et espéraient donc que les monstres ne les suivent pas. Petit à petit les effets s'estompèrent et les deux jeunes chassèrent de leur esprit ce malheur intense qu'ils avaient été forcés de subir. Cédric ralentit alors l'allure du balai et serra un peu plus fort la jeune fille de son bras qui la tenait. Celle-ci se rendant compte de sa position se tînt un peu mieux au manche et se redressa.
- Ca va mieux ? demanda-t-il.
- Oui beaucoup mieux... Et toi ?
- Moi aussi. J'espère qu'on n'aura pas trop de problèmes.
- Mais ça valait le coup, dit-elle en reprenant les mots que le jeune homme avait utilisé quelques temps avant.
- Tu veux guider le balai ? proposa alors le jeune homme.
- Absolument pas.
- Je suis curieux de voir ce que tu donnes.
- Une chose est sûre, ce n'est pas après ce qui vient de se passer que je vais faire voler un balai, assura la jeune fille d'un air catégorique.
- C'est ce qu'on verra, lui répondit-il en lâchant le balai qui perdit alors de l'altitude.
- Cédric, non ! cria la jeune fille alors obligée de récupérer le manche et de le guider. Il y eut quelques secousses mais le balai reprit la bonne direction avançant tant bien que mal vers le château et virevoltant un peu de gauche à droite.
- Tu vois que tu y arrives. Bon j'avoue que c'est un peu la valse mais on ne s'est pas écrasés c'est le principal.
- Lorsque l'on sera posés je te conseille de t'éloigner le plus loin possible de moi, le menaça-t-elle.
- Oh ça je n'en ai aucune envie, lui souffla-t-il avec une pointe de charme à l'oreille.
La jeune fille se contenta de se concentrer sur la direction que devait prendre le balai, à savoir droit devant elle. Au bout d'un moment l'objet volant fila droit, sans valser. Quand ils furent au dessus du terrain de Quidditch, Cédric reprit les commandes et lui proposa de la raccompagner jusqu'au sommet de la tour des Serdaigle, ce qu'elle accepta. Ils y arrivèrent au bout de quelques secondes et descendirent du balai.
- Merci beaucoup de m'avoir fait découvrir tout cela, Cédric, remercia la jeune fille.
- Mais de rien. Par contre je pense qu'il faudra stopper les promenades du genre tant que les détraqueurs seront là ! plaisanta-t-il.
- Tu as raison, sourit la brune.
- C'est l'heure du repas, il faudrait y aller.
- Déjà ! Je n'ai pas vu le temps passé.
- Moi non plus...
- On se verra peut-être au dîner.
- Bien sûr. Il est temps que je me change ! dit-il en désignant sa tenue de Quidditch avant d'enfourcher son balai.
- Je trouve que ça te va plutôt bien ! complimenta la jeune fille.
- Un compliment d'Emma Oreiro, rien ne pourrait me faire plus plaisir ! s'écria-t-il en volant autour de la jeune fille.
- Ah oui ? demanda-t-elle mutinement, le faisant s'arrêter devant elle.
- Ca reste à voir...
- On se voit au dîner alors ? enchaina maladroitement Emma.
- Ok... acquiesça-t-il un peu plus gravement, le regard un peu déçu.
Puis il partit comme une fusée. La jeune fille se maudissait d'avoir une nouvelle fois fuit ses avances implicites. Elle s'appuya sur l'un des créneaux de la tour pour le regarder s'éloigner lorsque soudain il fit demi-tour. En un rien de temps il fut devant elle, flottant sur son balai.
Ils se regardèrent, se dévorant littéralement du regard et s'avancèrent l'un vers l'autre jusqu'à ce que leurs lèvres se touchent délicatement. Le balai poussa alors une accélération et les deux adolescents approfondirent leur baiser.
*** Un premier baiser... ***
Fin novembre
Des taquineries lors de la défaite de Poufsouffle.
Fin décembre
Une nouvelle sortie à Pré-au-Lard en amoureux chez Madame Pieddodu.
Vacances de Noël
Un manque et des dizaines de lettres.
Janvier
Une baignade dans la salle de bain de préfet.
Février
Une bataille de boules de neige dans le parc de Poudlard alors que la plupart des élèves se trouvent à Pré-au-Lard. (Une Saint Valentin passée dans la salle de bain des préfets)
Mars
Des places de concert pour le groupe favori de Cédric offertes par Emma pour son anniversaire.
Avril
Un concert à deux durant les Vacances de Pâques.
Mai
Emma réfléchit sur sa relation, elle se trouve différente d'avant et dépendante de celui qu'elle aime.
*** Une relation...***
« Salut ma belle ! »
Cédric s'avança vers sa petite-amie, la prit par la taille et l'embrassa. Le mois de juin avait été synonyme de révisions et d'examens. Les résultats venaient de tomber pour Emma qui avait réussi ses évaluations de fin d'année haut la main. Cédric quant à lui n'aurait les résultats de ses BUSE que durant l'été. Depuis un peu plus d'un mois déjà la jeune fille réfléchissait bien trop à son goût mais elle ne pouvait s'empêcher de le faire. Elle se sentait de plus en plus mal à l'aise dans cette relation, ne se reconnaissant pas dans ce qu'elle était devenue. Mais qu'était-elle devenue en soi ? Une de ces filles ayant un petit-ami et qui passait son temps à roucouler, à penser à lui sans envisager ce qu'il adviendrait de demain. Une question la taraudait : à quoi tout cela menait-il ? Et si la réponse était "rien" alors pourquoi continuer ainsi ? N'était-ce pas se faire du mal que de garder l'illusion d'un bonheur alors que celui-ci s'avérait probablement éphémère. Plus on y goutait, plus la douleur ressentie n'était-elle pas plus intense et déchirante à la fin ?
L'année scolaire était désormais terminée et tous les élèves rentreraient le lendemain. Cela faisait bientôt six mois que le couple s'était formé. Emma se demandait plus que jamais s'il tiendrait durant les vacances d'été. Cependant, ce qu'elle craignait le plus était la rentrée prochaine et le nouveau cycle qui débuterait. Elle redoutait la persistance de cette monotonie qu'elle sentait déjà poindre dans ce Poudlard qui ne changerait jamais.
De plus, la jeune fille détestait ressentir cette dépendance à l'égard de son petit-ami, comme si cette relation lui faisait perdre le contrôle d'elle même. Eprouver des sentiments amoureux était facteur d'un plaisir certain mais elle y rattachait automatiquement la déchirure que pourrait provoquer la perte de ce bonheur. Ainsi, il lui était très complexe et tortueux de ressentir de trop fortes émotions. Or l'amour n'était-il pas l'émotion la plus intense ? Persistait alors une réflexion : la douleur n'était-elle pas moins forte si la déchirure était attendue voire provoquée ? Quoiqu'il en était, Emma ne supportait plus de gamberger de la sorte et ne trouvait qu'une seule issue à tout ceci.
- Et si on allait dans un endroit tranquille ? demanda la jeune fille d'un air indéchiffrable à la fin de leur baiser.
- Avec plaisir, lui répondit le jeune homme muni de son sourire charmeur qui serra plus que jamais le cœur meurtri d'Emma.
La Serdaigle était incroyablement tendue mais tentait de ne pas le montrer. Le couple s'avançait vers une pièce vide en se tenant la main. La jeune fille s'accrochait fort à lui comme si un naufrage dans les profondeurs des abimes l'attendait une fois le contact rompu . Arrivés dans la salle de classe déserte, Cédric entraina la brune vers lui et l'embrassa de nouveau. Cette dernière ne se fit pas prier et l'embrassa de toutes ses forces, le décompte étant lancé. Il la posa sur l'une des tables afin qu'elle soit à peu près à sa hauteur. Lorsque le baiser fut rompu, ils s'observèrent yeux dans les yeux, le jeune homme jouant avec l'une des mèches d'Emma. Il décela dans le regard de cette dernière quelque chose d'anormalement triste et en conclut qu'elle pensait aux vacances d'été et à leur prochain éloignement.
- Ne t'inquiète pas, on s'écrira souvent. Et puis c'est la Coupe du Monde de Quidditch il y a de fortes chances qu'on y soit au même moment. Une chose est sûre tu me manqueras énormément.
- Toi et ton Quidditch... tenta-t-elle de plaisanter, sans réussite.
- Que veux-tu je ne changerai jamais ! lança-t-il avant de lui donner un baiser sur la joue et de descendre vers son cou.
- Cédric... supplia-t-elle d'une voix tremblotante.
A ce moment, le jeune homme redressa vivement la tête, surpris de la réaction de sa petite amie.
- Qu'y-a-t-il Emma ? lui demanda-t-il de plus en plus inquiet en remarquant les larmes roulants sur les joues de la jeune fille.
- Cédric, tu n'imagines même pas à quel point je suis horrible.
- Mais qu'est-ce que tu racontes, tu es loin d'être horrible, tu es même la plus jolie..
- Oh Cédric... le coupa-t-elle en dégageant ses jambes et en descendant de la table. Je n'en peux plus de toutes ces réflexions, de ces pensées qui me polluent l'esprit sans cesse.
- De quoi parles-tu ? Quelles pensées ? demanda Cédric totalement perdu.
Il ne l'avait jamais vu ainsi. Elle semblait au bord de l'hystérie, parlant rapidement et faisant les cents pas.
- Si je me dis horrible, c'est parce que ce que je vais te dire va te faire énormément de mal, reprit Emma sur un ton plus calme et en fermant les yeux.
- Et qu'est-ce que tu vas me dire... questionna-t-il sur un ton grave empli d'appréhension.
- On ne peut pas continuer ainsi, avoua-t-elle après avoir ouvert les yeux et inspiré profondément.
Puisque le jeune homme, figé, continuait de la fixer sans réagir elle poursuivit.
- Je suis vraiment désolée de te dire cela comme ça juste avant les vacances... mais il est préférable que je le fasse avant que ça n'empire.
- Je ne comprends pas Emma. Que veux-tu changer ? Tu n'es pas bien avec moi ? Je suis vraiment désolé s'il y a quelque chose qui t'ait déplu... Je pensais que tu étais heureuse avec moi.
- Je l'étais oui... Mais il y a une fin à tout, s'arracha-t-elle cette dernière phrase, une nouvelle crise de larmes la parcourant.
Elle continua alors ses cents pas afin de se calmer de nouveau.
-Tu veux dire que toi et moi c'est... fini ? comprit-il sans la regarder dans les yeux.
- Je t'avais dit que j'étais horrible et que je te ferai du mal.
- Tais-toi, on croirait que tu prends du plaisir à m'en faire !
- Oh non, ne dit pas ça je t'en prie... Si seulement tu pouvais ne pas souffrir...
- Souffrir revient à dire que je t'aime, Emma. Et toi, souffres-tu ? répliqua le jeune homme durement en commençant à s'agiter.
- Si je fais ça c'est pour ne pas souffrir davantage un jour où l'autre. Car je sais que ça serait arrivé si...
- Si on continuait « comme ça ». Tu n'es qu'une sale égoïste Emma, tu le sais ça ?
- Je sais... Je l'ai toujours été.
- Non pas toujours...
- Alors tu vois mon vrai visage. Emma Oreiro n'est qu'une sale égoïste, asociale et qui se fout du reste du monde.
- Ce n'est pas l'Emma que je connais.
- Je ne peux pas être celle que tu veux que je sois Cédric, ça ne me correspond pas.
- Par Merlin, tu as quatorze ans, qu'en sais-tu de qui tu es ou non !?
- Justement j'en ai quatorze et toi seize ans. Où crois-tu que cela va nous mener ? Je ne vois pas l'intérêt de continuer quelque chose qui de toute manière va disparaître un jour où l'autre.
- Alors c'est ça ton problème ? Et ça l'a toujours été d'ailleurs ! Tu te souviens de cette promenade à Pré-au-Lard, tu m'avais dit que tu ne voyais pas l'intérêt de construire quelque chose puisqu'un jour où l'autre tout s'effondrerait. C'est idiot comme façon de penser, c'est comme si tu ne voyais pas l'intérêt de vivre puisque de toute manière on meurt tous un jour !
- On ne contrôle pas ce que l'on pense, ni ce que l'on est.
- C'est nous qui choisissons de devenir la personne que l'on est.
- On est ce que l'on est en fonction du vécu qu'on a.
- Je t'en prie épargne moi l'excuse de ton père qui est mort lorsque tu étais encore une petite fille.
A cette phrase Emma se raidit et posa un regard noir sur Cédric. Elle s'avança alors vers lui lentement, le menaçant des yeux verts qu'elle avait hérités de son paternel.
- Je t'interdis de parler de mon père de la sorte, cracha-t-elle.
- Je suis désolé, je ne voulais pas te blesser, se radoucit-il.
- C'est pourtant simple à comprendre ! Je ne veux plus jamais souffrir comme j'ai pu souffrir par le passé, lâcha la jeune fille d'une voix presque suppliante.
- Je ne pense pas que ça arrivera un jour, Emma. Perdre un parent que l'on aime et qui nous a aimé très fort est une dure épreuve qui peut s'avérer traumatisante. Mais appliquer cette expérience à toutes ces choses qui font que la vie peut être appréciable n'est pas la meilleure des solutions.
- C'est celle que j'ai trouvé pour me protéger.
- Je t'ai faite sortir de ce cocon auquel tu t'accroches, pourquoi vouloir y retourner ? s'exclama avec douleur le jeune homme.
- Peut-être que ce n'est pas à toi de m'en sortir, Cédric, prononça alors simplement la jeune fille, comme si elle venait tout juste de se rendre de compte du sens de sa phrase.
*** Une séparation...***
« Comme j'ai hâte de savoir qui sera le gagnant ! »
Mandy sautillait sur place toute excitée par cette finale. Autour d'elle se trouvait tout leur petit groupe de Serdaigle. Emma et Michael qui avaient rompu quelques semaines auparavant se tenaient aussi loin que possible l'un de l'autre. La jeune fille espérait qu'une fois les vacances passées, tout redeviendrait normal entre les deux ex-petit-amis. Elle s'était rendu compte que c'était une grave erreur d'avoir voulu prolonger le rapprochement qui s'était opéré durant les dernières vacances d'été, il y avait presque un an de cela peu après qu'elle et Cédric se soient séparés. Peut-être avait-elle eu l'espoir que cette personne qui la ferait un jour sortir de « ce cocon » comme l'avait décrit Cédric, était tout simplement devant ses yeux depuis tout ce temps. Mais elle avait eu tort. Michael et elle n'étaient pas fait pour être ensembles.
- Mandy, on a tous hâte de savoir ! Calme-toi un peu et suis le jeu veux-tu ! s'écria Terry qui derrière Mandy tentait d'apercevoir quelque chose.
- Ce n'est pas non plus comme si l'on pouvait suivre quelque chose dans tout ce labyrinthe ! la défendit Padma.
- Regardez c'est Fleur Delacour ! intervint Anthony qui avait aperçu la française à l'entrée du labyrinthe.
- C'est elle qui a du lancer les étincelles ! Harry et Cédric sont toujours en lice ! indiqua Mandy.
- J'espère que Krum ne va pas trop causer de problèmes à Potter ! lança Michael un peu bougon.
- On sait Michael, tu es pour Potter et non pas pour Diggory, pas la peine d'être désagréable, s'exaspéra Terry.
- Il y a d'autres étincelles, constata Emma concentrée sur le labyrinthe.
- Par Merlin, c'est Krum ! Regardez ! Il ne reste que Poudlard maintenant ! cria Terry à l'image de la majorité des gradins.
Tous les élèves de Poudlard sautaient, hurlaient et applaudissaient dans tous les sens. Désormais, le gagnant serait soit Harry Potter, soit Cédric Diggory.
- On a gagné ! s'exclama Mandy.
- Il ne reste plus qu'à voir lequel de Harry ou de Cédric va remporter le tournoi ! s'extasia Padma.
- Quels sont vos pronostics ? s'enquit Anthony.
Michael répondit automatiquement Potter et fut suivi dans son choix par Padma et Anthony alors que Mandy pencha plutôt pour Cédric, tout comme Terry et Emma. La brune regardait fixement le labyrinthe, anxieuse. Elle ne savait pas pourquoi mais elle avait un mauvais pressentiment. Tout cela lui paraissait trop long. Au bout d'un quart d'heure, toujours rien ne se passa et l'effervescence des élèves de Poudlard était quelque peu retombée. Quand soudain tout s'enchaîna rapidement.
- Regardez ! Ils sont revenus tous les deux avec la coupe ! Ils sont à égalité ! s'écria Terry à peine audible à cause de la foule.
- Pourquoi il est allongé ? demanda Emma en fixant la scène qui se déroulait sous ses yeux.
- Qu'est-ce que tu dis Emma ? On n'entend rien ici, c'est la folie ! lui demanda Mandy.
- Il se passe quelque chose d'anormal... Pourquoi il ne bouge pas ! parla Emma plus à elle même qu'aux autres.
- C'est bizarre ils ont l'air choqué, remarqua Padma à son tour.
- Peut-être qu'ils ne sont pas contents qu'ils soient revenus ensemble, suggéra Terry.
- On dirait que Potter crie quelque chose... Il a l'air en colère, nota Michael.
- Emma, où tu vas ? demanda la blonde en voyant sa camarade quitter leur rangée.
La jeune fille se dirigea vers le bas des gradins en courant. Elle voulait savoir ce qu'il s'était passé, savoir pourquoi Cédric était toujours allongé, savoir pourquoi mis à part les gradins personne ne s'extasiait face à la victoire de Poudlard, savoir ce que Potter hurlait de la sorte... Enfin, elle fut assez proche pour pouvoir entendre les élèves des premières rangées qui avaient tout entendu et tout vu. Un mouvement de panique aussi rapide qu'une onde à la surface de l'eau traversa la foule. Certains pleuraient, d'autres criaient. Ce n'était pas des cris de joies, bien au contraire.
« Oh Merlin c'est pas possible ! »
« Qui est revenu ? »
« Cédric Diggory est mort »
Ce fut un choc pour Emma qui ne put que s'accouder à la barrière de protection face à elle. En contrebas, se déroulait la scène qui s'offrait aux yeux de milliers de spectateurs qui ne se rendaient pas encore compte de l'horreur qui s'était produit. Elle le vit, lui, allongé par terre, immobile. Au dessus du jeune homme inerte, se tenaient ses parents et sa petite-amie Cho Chang, pleurant et criant de douleur.
Un unique mot put sortir de sa bouche.
« Cédric... »
*** Une disparition...***
Il était une fois...
Un échange de prénom, un rendez-vous, des battements de cœur qui s'accélèrent,
un rapprochement, une attirance, une nouvelle sensation, une prise de conscience,
un premier baiser, une relation, une séparation,
et une disparition...
